Coucou ! Enfin, c'est les vacances ! Depuis le temps que les attendait, c'est vraiment la joie ! Grasses mat' et nuits sans fin me voilà !

C'est très bientôt Noël en plus de ça, et j'ai vraiment trop trop hâte de recevoir mes cadeaux ! :D

Rose : Merci pour ta review ! Goenji, on apprendra au fur et à mesure de l'histoire ce qui l'a amené à cette situation, quelles sont ses véritables motivations et sa vision des choses ! J'espère que ce chapitre te plaira ! :)

Guest : Ahah, oui, je vois que le coup des saucisses apéro ont bien fait rire (personnellement, je comprends que ce soit le faible de Fudo, j'adore ça aussi ! :d) Merci pour ta review, et j'espère que ce chapitre-ci te plaira aussi !

En ce qui concerne ce chapitre, et comme je l'avais fait remarquer dans le premier chapitre, j'ai mis l'accent sur la relation actuelle de Kido avec ses amis d'enfance (ici Sakuma), et j'ai commencé à tailler le portrait de Goenji. Fudo est très peu présent, j'en suis désolée, mais le prochain chapitre saura me rattraper !

Vous vous laisse voir ça par vous-même, enjoy !


Kido n'eut même pas besoin de faire signe à Sakuma pour qu'il souffle dans le sifflet. Les joueurs s'arrêtèrent en stoppant le ballon alors que le blanc les fixait d'un air désapprobateur.

«Ryuuzaki ! Dis-moi pourquoi j'ai sifflé ?» lança-t-il sèchement.

«Je ne sais pas, Monsieur.» fit le concerné, nerveux.

«Combien de fois je t'ai dit d'ouvrir ton jeu ? Tu ne dois pas rester statique sur le terrain, si tu n'as aucune ouverture là où tu te trouves, remontes jusqu'à pouvoir faire une passe !»

«Bien, Monsieur !»

Le blanc allait relancer le jeu lorsque Kido ajouta, calmement:

«Sasaki, tu devrais surveiller davantage ta gauche; quelques pas sur le côté et Ryuuzaki pouvait t'envoyer le ballon.»

«Excusez-moi, Kido-sosei, j'y ferai attention.»

Le châtain hocha la tête et Sakuma siffla enfin, avant de retourner s'asseoir aux côtés de son supérieur sur le banc de touche abrité de la pluie. Ils restèrent à observer le match d'entraînement dans un silence seulement interrompu par les clapotis de l'eau sur leur toit.

«Excuse-moi, je ne savais pas que tu avais quelque chose à ajouter.»

«C'est rien, ta remarque était plus importante que la mienne.»

«Mais tu l'avais vu aussi... Alors que j'avais manqué l'ouverture de Sasaki.»

«Ça viendra avec le temps...»

«Ou avec les lunettes.»

Le châtain sourit, amusé. Oui, peut-être que ses lunettes avaient un rapport avec le fait qu'il soit plus apte à repérer les erreurs des enfants. Mais Sakuma ne devait pas se décourager, ni se déprécier pour autant. Le commandant laissa son regard se promener du terrain au profil sombre de son ami et retint un soupir. Il s'était demandé s'il s'agissait de son imagination ou si son assistant -il détestait ce mot- laissait comme un froid entre eux depuis quelques temps. Avant, cette discussion l'aurait amusé autant que lui, et ils auraient ri comme les deux bons amis qu'ils étaient. Et Kido n'arrivait pas à croire que cette indifférence n'était due qu'à la déception d'avoir raté une faille.

«Tu as quelque chose à me dire, Sakuma.» dit-il calmement en reportant son attention sur les joueurs.

«Pas vraiment.» mentit le concerné.

«Tu oublies à qui tu parles ?»

Sakuma fixa ses lunettes et poussa un soupir résigné. Oui, n'oublions pas à qui il essayait de mentir, autant dire que c'était joué d'avance. Il sembla chercher ses mots, perdu dans ses pensées, le regard rivé sur le jeu des élèves.

«Je voulais te parler de ta décision... A propos du Fifth Sector et tout ça.»

Kido ne releva pas, laissant la pluie combler le vide de sa réponse. Sur le terrain, Miyabino donnait des directives encourageantes à ses équipiers pour les guider du mieux possible, la fatigue commençant à peser dans leurs jambes.

«Tu sais que les autres te détestent pour avoir plié face à eux...»

«J'assume mon choix, Sakuma.»

Le blanc fut coupé court dans sa réflexion et osa enfin regarder son ami en face.

«Ton choix... Alors c'est vraiment toi qui as décidé de nous rallier au Fifth Sector ?»

«Oui.»

Sakuma soupira et pinça ses lèvres avant de reprendre:

«Tu sais ce que les gens disent... Que tu y a adhéré parce que ce sont tes convictions.»

«Et alors ?»

«Comment ça, et alors ?»

Sakuma semblait profondément choqué par ce que venait de dire son vis-à-vis. Le commandant avait compris où son ami essayant d'en venir, mais il ne pouvait pas lui avouer. Si Sakuma n'était pas assez discret et qu'on apprenait que Teikoku jouait la taupe, Senguuji, ou même Ishido allaient peut-être s'en prendre à eux. Kido ne voulait faire courir le moindre risque à son ami ou ses joueurs, il préférait porter seul le fardeau du double jeu. Même si le blanc se détournait de lui après ça, comme les autres, il valait mieux qu'il agisse seul cette fois. Il ne pouvait pas risquer de se trahir alors que Goenji et lui allaient enfin se rencontrer et discuter sérieusement; on n'est jamais mieux servi que par soi-même et surtout, on ne met personne en danger.

«Je t'ai suivi parce que je pensais que tu comptais changer les choses !» reprit le second, troublé. «Les gamins n'arrêtent pas de me demander si tu comptes agir, ils croient vraiment en toi.»

«Et bien tu t'es trompé, et eux aussi. Rejoindre le Fifth Sector était la meilleure chose à faire.»

«Je ne te crois pas. Raimon et Hakuren résistent bien eux, pourquoi pas Teikoku ?»

«Tu ne comprends pas, Sakuma. Ceux qui ne se plient pas maintenant devront s'incliner de force très bientôt, ou ils seront anéantis... Un lion ne se bat pas avec une souris.»

«Je rêve, Kido ! Tu as peur ?!»

Le châtain se rendit compte que les élèves avaient arrêté de jouer pour observer leur dispute et il se racla la gorge pour le faire remarquer à son interlocuteur. Sakuma croisa le regard inquiet de Miyabino et reprit son calme, expirant sereinement.

«Ça suffit les garçons, allez vous réchauffer, vous en avez assez fait.»

Les joueurs, trempés, obéirent calmement et se dirigèrent en groupe vers les vestiaires pour prendre une douche bien chaude. Pourtant, le jeune gardien et Mikado, le capitaine, restèrent en retrait un moment. Alors que leurs équipiers disparaissaient dans le bâtiment, ils s'approchèrent discrètement de leur coach.

«Ça vaut aussi pour vous deux.» lâcha Sakuma en voyant les garçons qui restaient.

«Oui Monsieur... Mais avant ça j'aurai quelque chose à dire au commandant de la part de toute l'équipe.» fit le plus grand.

«Je t'écoute, Mikado-kun.»

L'attaquant ne perdit pas la face devant le visage pourtant si intimidant du coach. Il avisa respectueusement ses lunettes vertes et après un regard complice au gardien, il déclara:

«Teikoku est et sera à vos côtés, Kido-sosei. Nous sommes fiers d'être sous votre commandement.»

L'entraîneur sentit une bouffée d'émotion le traverser de toutes parts alors que son visage ne laissait paraître qu'un sobre sourire. Ces gosses ne pouvaient pas imaginer à quel point leurs mots le réconfortaient; ils lui resteraient fidèles, même s'ils ne comprenaient pas ses décisions. Il n'avait plus de questions à se poser à présent, il devait aller au bout, pour eux, pour Goenji et le football.

«Merci. Allez vous doucher maintenant.»

Les deux garçons s'inclinèrent avant de détaler sous la pluie pour rejoindre leurs camarades. Sakuma, qui avait suivi l'échange silencieusement se redressa en expirant, alors que Kido laissait son regard vague filer derrière les pas de ses joueurs. Heureusement qu'ils ne pouvaient pas saisir l'ampleur du problème, avec leur âme d'enfant.

«Tu comprends maintenant, Sakuma ?» reprit-il, placide. «Ces gamins veulent jouer au foot. Pas se faire détruire.»

«Pendant combien de temps encore on pourra appeler ça du foot ?»

Sakuma lâcha un «tss» amer et se détourna de son interlocuteur, prêt à quitter l'abri.

«Comme tu dis, Kido, n'oublions pas que ces gamins veulent jouer au foot.»

Sans rien ajouter, le blanc quitta l'aubette des bancs de touche, laissant son supérieur méditer avec la pluie. Kido restait perplexe: est-ce que Sakuma allait le laisser tomber lui aussi ? Il aurait préféré garder son ami près de lui, pour l'éviter d'aller rejoindre les rebelles, qui souffriraient tous de leur décision le moment venu. Il ferma les yeux. Il avait fait le bon choix, aucun doute là-dessus, il avait fait en sorte de mettre son équipe à l'abri, et d'infiltrer seul l'organisation; avec un peu de chance, tout redeviendrait comme avant sans même avoir eu besoin de mêler ses amis à ça. Enfin, ils s'y mêlaient seuls, de leurs côtés, mais au moins ils ne seraient pas attrapés pour avoir protégé sa couverture. Il avait entendu dire que des espions avant lui avaient été découverts, et que leurs vies, leurs maisons et leurs carrières avaient été brisées, écrasées par la puissance que le Fifth Sector accumulait petit à petit.

Seul, il n'impliquerait personne dans sa chute.

Mais... La solitude, c'était si pénible, les secrets si durs à connaître, et si lourds à porter ensuite... Rien ne disait qu'il ne tomberait pas lui-même avant. Qu'il ne se trahirait pas tout seul, puisque seul à décider, qu'il n'agirait pas de manière insensée, puisque personne ne serait là pour le retenir. Il déglutit. Comme un lionceau qui ne sait pas mordre. Il plongea sa main dans sa poche pour saisir son portable et prit dans celle de sa veste la carte de visite que Fudo lui avait laissée quelques jours plus tôt. Pourquoi Fudo et pas Sakuma ? Fudo était plus malin, et moins impliqué personnellement. S'il avait besoin d'un allier, il fallait qu'il le conseille impartialement, sans se préoccuper de lui ou du mal qu'il pourrait faire en rétablissant le bien.

Il avisa le numéro griffonné au dos de la carte -une carte qu'il avait sans doute chipé à quelqu'un- et tapa le numéro sur son clavier de téléphone, fébrile. Après une courte hésitation, il décida d'appeler. Son doigt pressa la touche et il porta l'objet à son oreille.

«Allo ?» fit l'interlocuteur après quelques secondes d'attente.

«C'est Kido.» prévint-il.

«Oh

Il crut entendre comme un sourire dans la voix de l'autre, mais difficile à dire, puisqu'on ne peut pas vraiment entendre les sourires.

«Alors comme ça le chaton veut devenir un roi lion ?»

Kido tiqua en s'entendant comparé à un chaton inoffensif : le résistant exagérait un peu trop.

«Avant tout, promets-moi que ça ne concerne que nous.»

«Que nous ? Tu exagères un peu. Il faudra prévenir certaines personnes de ton véritable statut.»

«Juste toi et moi.»

«Toi, moi et Hibiki-san.»

Kido resta interdit. Hibiki ?

«C'est la Résistance.»

«Hibiki ?»

«Il dirige la Résistance. Je te promets que personne d'autre que lui, toi et moi, ne sera au courant te concernant.»

«Comment je pourrais en être sûr ?» demanda le châtain, suspicieux.

«On sait tous les deux que plus il y aura de personne qui savent, moins ta couverture sera crédible. Tout ce que je veux, c'est le vrai football. Je n'ai rien à gagner en parlant de toi à tout le monde.»

C'est vrai, si Fudo était sincère, il n'avait rien à craindre. Ce n'est pas pour les beaux yeux d'Endo que le brun cracherait le morceau, le coach de Teikoku pouvait dormir tranquille.

«Alors qu'est-ce que tu attends de moi au juste ?» reprit le châtain.

«Des infos. Toi tu es la taupe, moi l'indic, Hibiki la base de données pour les résistants.»

«En quoi mes données seraient intéressantes ?»

«Si tu arrivais à te rapprocher de Goenji... Enfin, Ishido, et que tu arrivais à savoir qui parmi nous est soupçonné de quoi, on aura une marge de manœuvre pour le retirer fissa de la circulation, avant que le Fifth Sector ne s'en charge.»

«Ils sauront vite qu'ils sont espionnés si on procède comme ça.»

«C'était un exemple, Kido-kun.» répliqua le brun d'un ton faussement irrité.«Mais en gros, c'est à ça que se résume ton job.»

«Et comment je les transmets, les infos ?»

«Pas par mail en tout cas. Ne rentre pas mon numéro dans ton portable, retiens le, on évitera les fouilles inopinées. Ensuite, efface ton historique d'appels régulièrement mais pas trop, histoire de pas attirer l'attention si jamais ils se mettaient à vérifier les portables.»

«Ça réponds pas à ma question.»

Kido se demanda si il imaginait vraiment ou si le brun rigolait bel et bien de l'autre côté de la ligne.

«Tu m'appelles, sans laisser de message si jamais je réponds pas. Pour le lieu de rendez-vous, on verra en temps voulu. Est-ce que tu es déjà en contact avec Ishido Shuuji ?»

«Je bois un verre avec lui ce soir, normalement à 19h, au Sherleyton Lounge.»

D'ailleurs il n'allait pas tarder à y aller.

«Ça me dit quelque chose, c'est marrant.» commenta le brun. «J'espère que tu tiens l'alcool, Ishido va peut-être essayer de te faire parler pour être sûr de ta loyauté.»

«C'est bon, je sais y faire. On se rappelle.»

«Avec plaisir Kido-kun.»

Le concerné soupira en raccrochant. Etait-ce bien raisonnable d'en parler au téléphone ? Sans doute que ça ne posait pas encore de problème, il n'y avait aucune raison pour qu'on le surveille si ? Il se leva en réprimant un grognement irrité. Des infos. Tout ça lui paraissait trop facile; quoi, juste au moment où il se rapprochait de Goenji, il entrait en contact avec la Résistance ? A bien y penser ça ressemblait à tout sauf à une coïncidence. Soit le brun bossait pour le Fifth Sector et le testait, soit Goenji connaissait ses contacts et espérait pouvoir s'en servir. Ou peut-être qu'il était vraiment trop suspicieux.

Il avisa la pluie au dehors et grimaça, ne voulant pas se mouiller. Il allait appeler son chauffeur pour qu'il vienne le chercher avec un parapluie, puis le conduise à ce lounge de la 26e rue.


«En tout cas, je ne pensais pas que tu viendrais accompagné.»

«Oh... Excuse-moi de ne pas t'avoir prévenu. Tu en veux une aussi ?»

Kido n'en crut pas ses oreilles.

«N-Non !»

«Sois pas timide.»

Goenji le gratifia d'un sourire nonchalant et fit se pencher vers lui une de ces filles qui l'entouraient d'un peu trop près.

«Usagi-chan, et si tu allais prendre soin de notre invité ?»

«Tout de suite, Ishido-sama.»

La belle femme trop peu vêtue quitta le genou de son maître et se dirigea sensuellement vers son nouveau patient, qui déglutit. Il avait des principes, et traiter une femme de cette façon en brisait plus d'un. Mais comme le blond le fixait d'un air satisfait, il ne protesta pas et accueillit la rouquine à côté de lui.

«Je ne vais pas vous manger, Monsieur.» rigola gaiement la jolie courtisane.

Puis, avant que le châtain n'ait pu dire quoi que ce soit, elle s'installa confortablement sur ses cuisses, en passant ses bras autour de ses épaules.

«Tu ressembles déjà un peu plus à un membre du Fifth Sector.» s'amusa à remarquer son confrère.

Cette déclaration lâcha un frisson dans son échine, et il tenta de fermer les yeux là-dessus. Il se doutait bien que l'organisation ne faisait pas que des choses propres, mais il n'imaginait pas que ce serait si libertin. Ishido venait tout de même de lui prêter une prostituée. Il n'aimait pas trop ça.

«Ooh allez, détends-toi, Kido.»

Le châtain décida d'ignorer les mains baladeuses qui parcouraient désormais le corps de son vis-à-vis, y compris dans des endroits qui ne devaient pas être explorés en public. C'était d'une décadence magistrale, il n'aurait jamais cru que Goenji se livrerait un jour à un tel abaissement moral.

«Usagi-chan, qu'attends-tu pour régaler la galerie ?»

«Tout de suite, Ishido-sama.»

«Non ! Je...»

Le blond éclata d'un rire chaleureux qui fit frissonner son interlocuteur et interrompit sa catin dans son objectif de chauffer son nouveau support.

«Qu'est-ce que tu es prude, Kido ! Je ne me souvenais pas de toi aussi effarouché.»

Prude ?! Plus la soirée avançait et plus Kido se demandait à quoi jouait son ami; il y avait certaines choses qu'il pouvait cautionner, d'autre qui lui étaient inadmissible, et avoir ce genre de rapport en public en faisait partie. Mais où était passé le Goenji de son enfance ?

«C'est incroyable. Tu as plus de valeur morale que tous les membres du Fifth Sector réunis et pourtant, tu es l'un de nous. Plus le temps passe, plus je m'interroge sur tes motivations.»

Et voilà. Kido se maudit de trop réfléchir. C'était des putes, merde, elles étaient payées pour. Il ne fallait pas penser à leurs vies malheureuses, et leurs esprits étriqués par l'arrogance des hommes dont elles prenaient soin. Et se laisser faire dorénavant.

«Je suis conscient de ta force, Ishido. Mieux vaut suivre le géant que lui faire face et se faire écraser.»

«Je te reconnais bien là. Tu as toujours su prendre les bonnes décisions.»

Goenji s'interrompit lorsqu'un serveur vint poser une bouteille de sake sur la table basse qui les séparait. Une de ses filles gloussa joliment et se pencha pour servir leurs verres, avant d'en apporter un à son protecteur. Usagi-chan fit de même alors que Kido essayait de ne pas avoir l'air méfiant.

«Cul-sec Kido.» lança le jeune homme d'un ton enjoué, et il avala le contenu de son verre.

Kido prit celui que la rousse lui tendait, et l'imita sans trop réfléchir -ça ne lui réussissait vraiment pas. Le liquide coulant dans sa gorge lui brûla l'intérieur et il ferma les yeux pour mieux savourer l'alcool au goût prononcé. Au moins, Goenji n'avait pas perdu le goût des bonnes boissons. Ce dernier lâcha un soupir de soulagement en rendant le verre à ses filles et avisa de nouveau son interlocuteur.

«On le sent bien.» commenta le châtain.

«Exactement. Rien ne vaut les jeunes brassées. Allez les filles encore.»

Les filles obéirent.

«Donc, à ce que j'ai entendu dire, tu as perdu pas mal de tes amis en me rejoignant.»

«Ils ne comprennent pas qu'il faut être du côté des plus forts au lieu de résister bêtement.»

«On est bien d'accord. A ce qui est dit, Endo a décidé de faire la révolution.»

Le ton méprisant du blond ne surprit pas tellement Kido, qui but un autre verre de ce si bon sake.

«Je n'ai aucune nouvelles de lui. Je pensais qu'il s'était définitivement retiré.» dit-il en haussant les épaules.

«On parle du captain, Kido... Et du foot, sa grande histoire d'amour.»

Goenji était amer.

«Pourquoi les gens le suivent encore ? Ce n'est pas celui qu'on croit. Endo ne mérite pas plus que moi de contrôler le football.»

Il but un autre verre, secouant la tête pour se débarrasser de son amertume.

«Je t'aime bien, Kido. Tu es intelligent. Mais tu me rappelles vraiment trop ce connard.»

«C'est le passé que tu essaies de fuir en rejoignant la compagnie ?»

Le blond releva un regard foudroyant vers son vis-à-vis, qui déglutit. En fin de compte, un peu de réflexion avant de parler lui éviterait de frôler la mort par désintégration oculaire.

«Je ne fuie pas, Kido.» gronda le concerné. «Je ne fuie rien, et surtout pas Endo.»

Goenji reprit son air indolent et s'enfonça confortablement dans son canapé.

«Mais c'est vrai, le Fifth Sector va m'aider à faire une croix sur tout ça. Définitivement.»

«Comment ça ?»

Le blond sourit, et se lécha les lèvres avant de reprendre un verre de sake. Il fit signe au serveur de leur remettre une bouteille et daigna enfin répondre à son ami.

«Le Fifth Sector va bien au-delà de ce que les gens imaginent. Ce n'est pas qu'une question de contrôler le football.»

«Je comprends pas.»

«Ça viendra un jour.»

Encore un verre chacun et Kido, qui commençait à avoir chaud, défit le haut de sa cravate et les premiers boutons de sa chemise. Son interlocuteur trouva son geste amusant et l'imita, laissant sa chemise ouverte jusqu'au centre de son torse, sous le regard embrumé de son ami. Les mains espiègles de ses courtisanes vinrent immédiatement visiter cette nouvelle région de peau si délicieusement halée, alors que le châtain tentait de ne pas penser à celles de Usagi-chan sur son propre buste.

«Senguuji va détruire le concept du Final Frontier. Le comité du football japonais va mystérieusement fermer les portes de ce tournoi.»

Encore un verre. Kido n'y croyait pas. Tout ce que son ami avait sous-entendu ce soir, est-ce que c'était la vérité ou seulement des paroles en l'air ? Goenji avait tout de même laissé entendre que le Fifth Sector allait se débarrasser du comité de football qui jusqu'alors régissait le sport.

«Qu'est-ce qui va leur arriver ?» demanda-t-il sans trop avoir l'air de s'y intéresser.

«Paf, disparition.» rigola le blond. «Honnêtement, va savoir ce que Senguuji a prévu. En tout cas, soit sûr qu'il fera les choses proprement, personne ne saura rien.»

«On peut pas faire disparaître un tournoi national sans alerter personne.»

«Mais si. Je te l'ai déjà dit; ce n'est pas qu'une question de football. On a des cartes dans notre manche.»

Kido avait la tête qui commençait à tourner. Quelle horrible sensation... Il aurait aimé dire à Usagi de le laisser tranquille mais n'osait pas imaginer comment son ami réagirait. C'était encore pire que prévu, le Fifth Sector était bien plus pourri que ce qu'il avait imaginé jusque-là. Il se sentait d'autant plus rassuré de ne pas avoir mêlé ses amis à ça. Il eut presque un haut le cœur en pensant à Sakuma et les élèves, en pensant à la situation putride dans laquelle il les avait entraînés. Pas le choix n'est-ce pas ? Il ne savait même plus quoi penser.

«C'est le sake qui remonte, Kido ?» se moqua le blond.

Le concerné déglutit, histoire de faire passer la nausée, sans vraiment y parvenir d'ailleurs.

«Combat le mal par le mal. C'est ce que j'ai fait et je m'en sors très bien. Usagi-chan, ressers-le.»

Le châtain n'osa même pas voir de double sens à la phrase de son vis-à-vis. Est-ce que Ishido parlait de l'alcool ou de son adhésion au Fifth Sector pour combattre la douleur ? Combats le mal par le mal, l'immoral par l'immoral. La rousse porta à ses lèvres le verre de sake, qu'il but sans être capable de la repousser. Sur la table, il avisa la deuxième bouteille qui se vidait dangereusement et sur le canapé, le blond qui réclamait une autre tournée pour lui aussi. Il vit clairement ou presque une des mains qui câlinait le blond se glisser insolemment sous la ceinture du maître, qui se faisait nourrir par une autre demoiselle.

«Jaloux, Kido ?» rigola-t-il, les gloussements de ses courtisanes faisant écho à son ton langoureux.

«On est dans un lounge, Ishido.»

«Je vois pas où est le problème. Tu préfères peut-être le harem ?»

Il claqua des doigts et les jeunes femmes échangèrent de place en rigolant joyeusement. Kido essaya d'ignorer les soins de ses nouvelles prétendantes et observa Usagi se mettre à califourchon sur les genoux de son maître, qui souriait paisiblement. Ce n'était ni drôle ni paisible. Juste malsain, bordel.

«Quoi, toujours pas satisfait ?»

«J'ai dit que je ne voulais pas de tes filles.»

«Tu n'imagines pas combien de gentils messieurs se sont investis dans le Fifth Sector grâce à ces charmantes demoiselles. Tu ne veux pas me faire croire qu'elles te laissent indifférent ?»

Indifférent, non, juste nauséeux et incrédule. A quoi jouait Goenji ? Avait-il sciemment échangé le corps de ces femmes contre de l'investissement ? Le châtain avait toujours su que le Fifth Sector ne trempait pas dans les bonnes choses, mais les histoires d'argent sale dont parlaient les rumeurs ne faisaient jamais mention d'une telle contrepartie. Le Fifth Sector était vraiment pourri jusqu'à la moelle, comment Goenji pouvait-il permettre, et surtout adhérer à cette horreur ?!

«Ton chauffeur est un imbécile, Ishido.»

Un homme baraqué les rejoignit et le blond le salua gaiement. Kido déglutit en croisant son regard ambré glacial et le quitta des yeux lorsque l'homme s'installa lourdement à côté du protégé de Senguuji.

«Toramaru-kun est très volontaire... Mais un peu empoté.» se moqua le blond alors qu'il demandait un troisième verre pour qu'Usagi-chan serve son nouvel invité.

«Il s'est trompé de route trois fois.»

Le nouveau venu avait une peau tannée, plus encore que son ami aux cheveux dorés, et dominait tout le monde de par sa taille et son épaisseur. Il avait des cheveux noirs presque bleus tant ils étaient foncés, qui encadraient sauvagement son visage peu commode.

«Kido-san, on m'a beaucoup parlé de vous.»

«Je suis désolé que l'inverse ne soit pas le cas.»

«Pas de problème.»

«Guraran est le chien de garde de Senguuji en personne.» fit Goenji d'un ton nonchalant. «C'est normal que personne ne parle de lui, c'est un homme de l'ombre.»

Kido hocha la tête; il voyait bien de quoi parlait Goenji, ce Guraran était un vrai cerbère. Imposant, froid, glacial même dans son ton respectueux. D'ailleurs ses larges épaules laissaient largement la place à deux têtes de plus. Le garde venait d'avaler sans hésiter une coupe de sake, et avait immédiatement demandé à être resservi.

«Mon job c'est de traquer ceux qui veulent du mal à l'empire Fifth Sector,» dit-il dans un grondement sourd «et leur briser la nuque en silence.»

Le blond rigola alors que l'homme aux larges épaules lâchait un sourire cruel. Kido était bien content d'avoir ces lunettes qui faisaient masque devant ses yeux trop expressifs. Cet homme faisait peur.

«Senguuji te veut à la soirée du Aurora maintenant.» reprit naturellement le garde.

«Quoi ?» fit le blond en prenant une moue d'enfant désappointé. «Mais je lui avais dit que je prenais ma soirée !»

«On discute pas les ordres du grand patron.»

Ishido soupira insolemment, sortant de sa poche un billet de 500$. C'était largement trop pour payer deux bouteilles de sake, même le meilleur sake du bar, mais le blond fit signe au serveur de venir chercher le paiement.

«Et gardez la monaie !»

Il essaya de passer devant Guraran mais perdit l'équilibre et fut rattrapé de justesse par la main gigantesque du garde du corps. Il rigola un peu avant de redevenir sérieux et se redressa pour saluer son ami:

«J'ai été ravi de te revoir, Kido. On remet ça.»

Le concerné hocha sobrement la tête alors que les filles qui s'occupaient de lui le quittaient pour aller soutenir leur maître, qui s'éloigna vers la sortie sous les regards en coin, suivi du Cerbère. Dans quel genre de soirée pouvait bien se rendre le blond dans son état ? Kido déglutit, incertain de ses propres capacités à marcher. Dire qu'il avait congédié son chauffeur en pensant que la soirée n'en finirait pas... Encore une excellente idée. Il regarda l'heure sur l'horloge derrière le bar; 23h47.

Il allait sortir et héler un taxi, en espérant ne pas vomir en route...


Voilà pour cette fois !

Pour ceux qui l'aurait noté, j'ai recyclé le nom du lounge où bossait Fudo dans Comment être un parfait Connard ! ;) C'était un petit clin d'œil xD

Alors, voyons tout ça ! J'adore le personnage de Goenji tel qu'on nous le présente dans IE GO (c'est surtout parce qu'en fait on ne nous le présente pas vraiment, ce qui nous laisse une marge d'interprétation notable). Vous aurez compris avec ce chapitre qu'il tourne un peu mal, notre blondinet préféré ! Vous en apprendrez d'avantage dans le chapitre suivant. Concernant la réaction de Sakuma, j'avoue avoir hésité au début ; dans l'anime, on ne manque pas une occasion de nous faire comprendre que Sakuma n'est en quelque sorte que le petit chien de Kido, à le suivre partout (comme Toramaru avec Goenji en fait). Je pense que Sakuma dans IE GO est parfaitement au courant du double jeu de Kido et que c'est la raison pour laquelle il le suit. Dans le cas où Kido lui aurait caché ses intentions, une telle réaction me paraissait appropriée : Sakuma nous a déjà prouvé sa capacité à se rebeller *se souviens de l'arc Shin Teikoku* !
Et enfin, Kido dans ce chapitre, est un saint. J'ai presque eu l'impression d'exagérer en le faisant réagir aussi violemment aux propos et aux actes déplacés de Goenji. D'un autre côté, Kido est noble, et donc très certainement prude, comme le fait remarquer Goenji.

Dans le prochain chapitre, Fudo viendra nous rendre visite à nouveau, et prendra des pincettes avec un Kido un peu éméché -hum hum...

Et si vous lisez ceci, je voulais vous demander si vous vouliez que je poste le prochain chapitre en avance. Je ne suis pas certaine d'être de retour pour samedi ou dimanche prochain, et je ne voudrai pas vous priver du prochain chapitre ! Dites-moi ce que vous en pensez, ok ? :)

Merci beaucoup et n'hésitez pas à poster une petite review, ça fait toujours super plaisir ! :D

Et Joyeux Noël !~