Titre : Gleex-men
Auteurs : neufvies et lacebird
Fandom : Glee
Genre : UA, X-men, super-héros
Personnages : tous ou presque
Pairings : Klaine (à venir) et d'autres
Rating : PG
Commentaires : Merci pour vos commentaires et les followers ! Ça fait bien plaisir de voir que le concept intéresse des gens ! Les personnages vont apparaître petit à petit, ainsi que leur pouvoirs. J'espère que la suite vous plaira autant ! N'hésitez pas à poster un petit mot, une question, une critique etc... :) Bonne lecture !


TINA


« Tina, à toi. »

Je suis tellement prise de court que je me mets à bégayer :

« Hein ? Q-q-qu... pour-quoi ?

-Pour faire l'exercice, voyons », répond le prof de physiques.

Je me lève et vais au tableau. Je n'ai pas l'habitude que l'on m'appelle. Ceci sera l'exception qui arrive tous les six mois environ. Je fais mon travail, ni particulièrement mal, ni particulièrement bien et personne ne proteste, comme ça a toujours été le cas.

Quand j'ai découvert que j'étais une mutante, ça a été à la fois le plus beau et le pire jour de ma vie. J'étais en cours, en primaire, et ça s'est passé en plein milieu de la classe. J'ai disparu. J'étais toujours dans la salle, mais mon corps n'était plus là. Invisible. J'ai tout d'abord été paniquée, je ne savais pas quoi faire et j'ai cru que je ne réapparaitrais jamais. Je n'ai pas osé parler, de peur de créer un malaise et surtout d'avoir l'air d'un monstre de foire. Mais ensuite, j'ai ressenti une grande joie. J'étais différente. Je me suis toujours sentie différente des autres, mais j'étais si timide et calme qu'on ne me remarquait pas. Je n'avais pas d'amis et je ne savais rien faire de particulier. C'était enfin le moment pour moi de me faire remarquer.

Mais tout le paradoxe est là. Personne ne s'en est rendu compte. L'institutrice a envoyé les enfants en récréation, et quand ils sont revenus, j'étais toujours là, invisible, dans un coin de la classe. A la fin de la journée, ils n'ont pas non plus vus que mes affaires étaient encore sur mon pupitre. Je me souviens encore de cette sensation de vide et de tristesse quand la maîtresse a éteint les lumières et a fermé la porte derrière elle sans un regard vers ma place. Je suis restée là encore quelques minutes, puis j'ai pris mes affaires et je suis rentrée chez moi. J'avais un don. Je pouvais me rendre invisible. Mais je l'étais déjà bien avant.

En entrant à la Gleex académie, tout a changé. J'ai commencé à être reconnue non seulement pour mon pouvoir mais aussi en tant que personne, car finalement, ici, nous sommes tous différents mais nous nous ressemblons. Je me suis fait des amis. Mais je reste encore peu visible. Au début, je levais tout le temps la main en cours de capacités, mais on ne m'interrogeait jamais. Ça ne m'étonne pas vraiment, ça a toujours été comme ça, mais ça commence vraiment à m'embêter. Quand je vois des élèves comme Rachel Berry ou Santana Lopez briller de par leurs pouvoirs, ça me rend jalouse. Je l'avoue. De toutes façons, je peux être jalouse tout mon soûl, personne ne le saura puisqu'on ne me voit pas.

« Salut Tina. »

Bon, je suis un peu mauvaise langue, puisque j'ai des amis sur qui compter, aujourd'hui. Je salue Artie et Mercedes qui viennent de me rejoindre au réfectoire du lycée.

« Salut », réponds-je. Je remarque qu'ils sont accompagnés d'un garçon que je ne connais pas.

« Voilà Kurt, me présente Mercedes. Kurt, c'est Tina. Il est arrivé cette semaine.

-Tu viens de découvrir ton pouvoir ? demandé-je, alors qu'ils s'asseyent avec leurs plateaux.

-Hum, oui, on peut dire ça, répond-il.

-Tu n'es pas sûr de quand il s'est manifesté ?

-Si, enfin, pas vraiment, non. Mais c'est surtout que je ne suis pas sûr qu'on puisse appeler ça un pouvoir.

-Nous y revoilà… soupire Mercedes.

-Qu'est-ce que c'est ? demandé-je, piquée par la curiosité.

-C'est… » Il hésite, fait la moue et annonce à contrecœur : « D'annuler les pouvoirs.

-Et c'est… mal ? tenté-je.

-C'est super, affirme Mercedes d'un ton appuyé. C'est grâce à lui que je ne suis pas devenue folle.

-Ah oui ! Tu m'avais bien parlé de ça, réalisé-je soudain. C'était donc grâce à toi, Kurt ? » Il hausse les épaules.

Voyant qu'il n'est pas passionné par le sujet, j'aborde un nouveau thème, et nous découvrons vite que nous aimons tous la musique et que nous chantons à nos heures perdues. Kurt est très enthousiaste et nous en venons à chanter ensemble un titre de Florence and the machine.

« Wah, mais c'est qu'il chante ! entend-on soudain. Tu sers peut-être à quelque chose, finalement, Gleenutile ! » Eclats de rire. C'est Puck et la trinité cheerleader. Où qu'on aille, Gleex académie ou pas, il y aura toujours des gens comme eux. Populaires. Ils l'étaient déjà dans leur ancien lycée, et ils ont la chance d'avoir un pouvoir cool. Il n'y a pas de justice…

« Arrêtez de l'appeler comme ça ! s'énerve Mercedes. Il n'est pas inutile !

-Euh… je crois que c'est pas un vrai mutant, lance Santana d'un air mauvais, et donc, qu'il est inutile ici. Franchement, qu'est-ce qu'il fait ? »

Mercedes veut parler mais elle est coupée par un coup de vent qui balaye nos plateaux.

« Est-ce qu'il t'aide à débarrasser gentiment comme moi ? » ironise-t-elle.

Puck tend la main et une petite boule de feu s'écrase au milieu de notre table, nous faisant sursauter et reculer violemment à plusieurs mètres.

« Est-ce qu'il vous tient au chaud pendant les longues nuits d'hiver ? » dit-il en nous faisant un clin d'œil. Mercedes et moi nous regardons avec une grimace dépitée.

Un peu paniquée, je cherche un moyen d'éteindre le feu et me rend compte que je suis devenue invisible. Ça arrive souvent quand je suis nerveuse, je ne contrôle pas mon pouvoir. Quinn, qui rigolait jusque-là, décide d'intervenir pour que la situation n'empire pas. Elle tend la main, prête à recouvrir le feu de sa glace. Elle n'a pas volé son surnom de « Ice Queen », avec son air supérieur qui lui donne cet aura glaciale.

Au bout de quelques secondes où rien ne se passe, nous prenons tous conscience que quelque chose ne va pas. Quinn se concentre, mais rien ne vient. Elle n'est pas arrivée il y a très longtemps, rien d'étonnant à ce qu'elle ne maîtrise pas ses capacités, mais on ne l'a jamais vu incapable de sortir la moindre particule de glace. Le feu commence à s'étendre à toute la table et des cris fusent. Santana, voulant agir, tend la main à son tour.

« Non idiote ! » hurle Kurt, mais trop tard, le coup de vent intensifie le feu, et c'est maintenant un mur de feu qui s'élève dans le réfectoire et qui déclenche l'alarme de sécurité.

Quinn a abandonné toute idée d'utiliser son pouvoir, elle frappe Puck.

« Mais fais quelque chose, crétin ! hurle-t-elle.

-Qu'est-ce que tu veux que je fasse ? réplique-t-il. Moi je mets le feu, pas le contraire. »

La salle s'est vidée en quelques instants, mais le mur de feu nous a bloqué Kurt et moi dans un coin. La terreur qui m'assaille est sans précédent. Je voudrais hurler mais rien ne me vient. Je suis aussi silencieuse qu'invisible.

« Tina ! »

Je sursaute et me tourne vers Kurt qui me tend la main. En levant la mienne pour la saisir, je découvre que je suis à nouveau visible. C'est bizarre, mon invisibilité dure généralement plus longtemps que ça. Mais je suis un peu rassurée, et je serre la main de Kurt très fort. Les professeurs se bousculent dans la pièce, nous criant de tenir bon et que les secours arrivent. Ils empêchent les élèves de s'approcher, même si certains d'entre eux pourraient être en mesure de nous aider. Kurt est calme, mais je vois qu'il est effrayé lui aussi.

L'instant d'après, je ne comprends plus rien. Je suis dans la cour, un linge humide sur la tête. La seconde qui suit, Kurt est là lui aussi. Nous nous regardons, abasourdis. Monsieur Schuester pose une main sur nos épaules.

« Kurt, Tina, vous n'avez rien ?

-N-non… qu'est-ce qui s'est passé ? demandé-je, hébétée.

-J'ai figé le temps quelques instants, explique monsieur Schuester dont c'est le pouvoir. Mike Chang est venu vous chercher l'un après l'autre. Je ne l'y ai pas encouragé, se défend le professeur, il a fait ça sans me demander mon avis. Mais en tous les cas, vous voilà sain et saufs. »

Il pousse un soupir de soulagement. Kurt, perdu, me regarde et je lui explique que le pouvoir de Mike est la super vitesse. Je vois notre sauveur quelques mètres plus loin. Mouillé lui aussi, il se fait engueuler par des profs qui lui reprochent son inconscience. Il faudra vraiment que j'aille le remercier.

Puck et ses copines ont disparus. Je ne sais pas si c'est parce qu'ils sont aussi en train de subir des remontrances dans le bureau d'un prof ou bien parce qu'ils se sont enfuis. Ça ne m'étonnerait même pas de leur part. De toute façon, ils ne s'en sortiront pas comme ça.

Tout le monde se précipite vers nous, nous demande comment nous allons, ce qui s'est passé, si nous avons besoin de quelque chose. Il y a un je-ne-sais-quoi d'étrange là-dedans et je ne comprends qu'au bout de plusieurs minutes : je n'ai pas l'habitude qu'on fasse autant attention à moi. Je me mets à rire. Et même pas parce que je suis nerveuse, mais parce que je suis heureuse.


KURT


Après l'incident, je n'ai même pas eu le temps de décider si j'étais complètement traumatisé ou pas, que Rachel m'a supplié de ne pas partir. Elle était tellement mélodramatique que sur le coup, j'ai nié toute envie de partir. A la réflexion, ç'aurait pu être une bonne raison pour quitter l'académie, mais après avoir dit que je ne comptais pas le faire, ça me semble difficile. Rachel, Mercedes et Finn m'en voudraient. Pourtant je suis déjà las. L'école est sympa, honnêtement. Les cours sont loin d'être mauvais, ce qui est une amélioration notable face à mon ancien lycée, j'ai pu rencontrer et revoir des gens chouettes, et j'ai réussi à faire croire à certaines personnes que mon pouvoir était de savoir coordonner des tenues. Brittany trouve ça formidable et elle me l'envie beaucoup. Elle a oublié que mon pouvoir était d'annuler les pouvoirs. Et je suis à peu près persuadé que « Vogue » ferait un bon surnom de mutant.

Malgré tout, grâce aux gros lourdauds du bahut, des tas d'élèves me font comprendre que je n'ai pas ma place parmi eux. Il est vrai que je n'arrive à rien en cours de capacités et il est déjà arrivé d'autres trucs comme celui de l'incendie à la cafétéria, bien que moins graves. On soupçonne que si Quinn n'a pas pu éteindre les flammes avec sa glace, c'est à cause de moi. C'est peut-être vrai, je ne le nie pas. Mais la différence, c'est que certains ont dit que je l'avais fait exprès. Et ça, je ne peux pas le supporter.

Me voilà donc au point de départ. Mes amis m'avaient presque convaincus que je me plairais ici parce que j'étais dans un endroit où on ne me jugerait pas pour ma différence, mais finalement, rien n'a changé.

« Alors, Porcelaine, pourquoi tires-tu cette tronche de six pieds de long ? »

Je me tourne vers Sue Sylvester, une prof de l'académie. Dire qu'elle est bizarre serait un résumé bien trop concis et assez loin de la vérité. Elle est bien plus que ça. Je ne suis pas sûr de ce que je pense d'elle. Sauf qu'elle m'effraie. Mais c'est le cas de tout le monde. Je m'apprête à répondre quand elle me coupe :

« Sûrement un problème d'adolescent : des boutons sur le nez, le dealer a refusé de faire crédit, ta copine est encore en cloque… non, remarque, ça ne doit pas t'arriver, ce genre de choses. Ça doit être que tu n'as pas pu avoir de places pour aller voir Hairspray. Bref, souris, prends donc un Prozac et viens me voir dans mon bureau. »

J'ai bien envie de répondre que si, j'ai eu les places, mais ça ne servirait à rien, elle n'écoute déjà plus. Je la suis, elle m'invite à m'asseoir tandis qu'elle se concocte une mixture dont je ne veux pas connaître le contenu. Tout en agitant un shaker, elle me lance :

« Je vais être directe : tu n'as rien à faire ici.

-Je vous demande pardon ? »

Je suis plutôt d'accord, mais au fond de moi, je n'ai pas envie qu'on me le dise. Surtout pas une prof.

« Cette école est faite pour les mutants, s'explique-t-elle. Les vrais mutants. Pas ceux qui ont un presque pouvoir et qui ne font aucun effort pour s'impliquer dans nos activités. »

J'ai envie de répliquer mais elle a raison. Je ne fais rien pour améliorer mon pouvoir. Si toutefois c'est seulement possible. Ça me vexe, et je ne sais même pas trop bien pourquoi. Je croyais que je m'en fichais de ce pouvoir, vu que je suis le premier à considérer qu'il n'a pas de valeur. Comme je ne veux pas perdre face à ses accusations, je réponds :

« Je suis un mutant. Que vous le vouliez ou non. »

Un choc à la tête me donne le tournis. Je me tiens à mon siège pour ne pas tomber et essaye de comprendre ce qu'il s'est passé. En relevant les yeux, je découvre un gant de boxe qui vole à côté de moi. Je recule violemment. Il ne bouge plus, cependant. Je me tourne vers Sue, assise dans son fauteuil, les jambes croisées sur son bureau, qui me fait un sourire plein de sarcasme.

« Ça, c'est un pouvoir, déclare-t-elle.

-J'en ai un moi aussi !

-Prouve-le ! »

Un nouveau coup, derrière la nuque cette fois. C'est un livre qu'elle m'a lancé.

« J'ai entendu dire que tu annulais les pouvoirs. Alors fais-le ! »

Je me lève, prêt à partir, mais une balle de mousse antistress vient se loger dans mon ventre et me coupe le souffle. Je veux qu'elle arrête mais je ne sais pas comment faire.

« Vous êtes une prof… ! m'indigné-je.

-Et il est de mon devoir d'enseigner des choses à mes élèves. Mais je ne peux rien t'enseigner si tu n'en as pas les capacités ! »

C'est comme si elle me traitait d'imbécile. J'enrage, mais rien n'y fait, je n'arrive pas à l'empêcher de me balancer des objets dessus. J'ai l'impression d'être de retour à McKinley, quand je ne pouvais rien faire pour échapper aux brutes qui me jetaient contre les casiers. Je me protège tant bien que mal avec mes bras, tentant de me rapprocher de la porte.

« Hey, Gleenutile, tu comprends, maintenant ? »

Même les profs connaissent ce surnom ? J'ai envie de pleurer, mais j'en ai assez. Pas question que je continue de me faire harceler dans ce nouveau lycée ! J'ai déjà donné ! Je me tourne vers Sue et j'ouvre grand la bouche, prêt à hurler ce que je ressens, quand la peluche qui se tient devant moi – et une fraction de seconde je me demande ce qu'un truc pareil peut bien faire ici – tombe au sol, avant de m'avoir frappé. Je pousse un soupir, coupé dans mon élan mais soulagé qu'elle me laisse tranquille. Cependant, la surprise sur le visage de mon professeur m'interpelle. Ce n'est pas elle qui a arrêté. J'écarquille les yeux, et je tente par tous les moyens de comprendre comment j'ai fait. Mais je n'en sais strictement rien. Mais je l'ai fait, je le sais. Sue, silencieuse depuis quelques instants, se manifeste par un grand sourire carnassier. Qu'est-ce qu'il lui prend ?

La porte s'ouvre avec fracas, me faisant sursauter, découvrant Rachel, Mercedes et Finn. Ils sont essoufflés et ont l'air alerte.

« Est-ce que ça va ? s'écrie Rachel.

-O… oui, bégayé-je. Allons-nous-en. »

Je les entraîne avec moi et nous courons en direction de notre dortoir à Finn et moi. Une fois arrivés, je m'effondre sur mon lit, le cœur battant à tout rompre.

« Qu'est-ce qui s'est passé là-dedans ? me demande Finn lorsqu'il a repris son souffle.

-Mercedes t'a entendu crier alors nous avons accouru, explique Rachel.

-Vous êtes gentils, dis-je. C'est Sue, elle voulait me parler. Elle m'a demandé d'utiliser mon pouvoir, parce qu'elle pense que si je ne peux pas, je dois quitter l'établissement.

-Quoi ? hurle Mercedes. Elle ne peut pas te faire renvoyer !

-Non, je ne pense pas.

-Elle t'a fait du mal ? » demande Finn, qui m'inspecte le visage. Je dois avoir des marques. Et je suis sûr qu'elle m'a fichu ma coiffure en l'air, moi qui y avais passé tant de temps.

« Oui, un peu, avoué-je.

-Il faut la dénoncer ! s'emporte Rachel, scandalisée, tandis que Finn se dirige vers la porte, prêt à en découdre avec Sue.

-Arrête ! hurlé-je en le retenant par le bras.

-Elle n'a pas le droit de te faire ça ! C'est une prof, bon sang ! J'arrive pas à le croire ! s'énerve mon frère.

-Je vais en parler, promets-je. Mais ne va pas te créer des ennuis pour moi. C'est toi qu'ils risqueraient de punir. »

De plus, un détail m'intrigue : la réaction de Sue n'était pas celle d'une prof qui veut me faire renvoyer à tout prix. Elle a souri. Elle était contente de voir mon pouvoir en action. Je pense qu'elle essayait de provoquer quelque chose en moi. Certes, elle est tout sauf pédagogue et je ne comprends pas comment on peut la laisser enseigner. Mais le fait est que ça a marché. Rien qu'un peu, c'est vrai, mais j'ai senti un je-ne-sais-quoi en moi qui m'a fait réagir. Maintenant la question est : puis-je le refaire ?