Voici un nouveau chapitre. Je tenais à tous remercier pour vos reviews. J'attends vos réactions avec impatience !

Bonne lecture !



oOo

Un coup d'œil à sa montre suffit à Harry, pour confirmer ce qu'il savait déjà, son avion avait décollé sans lui, et maintenant, il allait être condamné à prendre L'Eurostar pour regagner Paris, et ensuite prendre un TGV pour le ramener sur Lyon. Mais compte tenu de l'heure, il allait devoir dormir à Londres pour cette nuit, il se sentait fatigué, et courir après les trains maintenant, ne l'enthousiasmait guère.

Alors qu'il allait sortir du salon de thé, Harry sentit une main s'abattre sur son épaule, lui faisant écarquiller les yeux. Drago se tenait devant lui, avec la fille d'Hermione dans les bras. A elle seule, cette phrase était surréaliste. Le noble et pur Drago Malfoy tenant et réconfortant, la fille de la Sang de Bourbe Hermione Granger. Il y avait de quoi rire, vraiment.

« Attends Potter, je crois qu'il faut qu'on parle… »

Se dégageant violemment de l'emprise du blond, Harry quitta le salon de thé, incapable de pouvoir penser convenablement.

Il devait quitter ce pays de fou. Rien de tout cela n'était réel. Drago Malfoy ami avec Hermione. On n'avait plus qu'à lui annoncer que Voldemort prenait le thé avec eux tous les dimanches, et il n'avait plus qu'à aller se pendre.

« Bon sang Potter ! » S'écria Drago dans son dos. « Vas-tu donc arrêter de prendre la fuite pour une fois dans ta vie ! » Lui hurla-t-il dans la rue, faisant se stopper les passants.

Il ne manquait plus qu'on le reconnaisse. Merlin, pourquoi avait-il décidé de venir se promener au Chemin de Traverse. Il était fou. Ce n'était pas une chambre d'hôtel qu'il allait prendre mais l'Eurostar le plutôt possible, quitte à dormir dans la gare.

Soudain Harry se sentit happé en arrière, avant qu'il ne ressente les horribles effets du transplanage. Rouvrant les yeux, le brun constata qu'il se trouvait dans le salon d'une somptueuse maison, maison qu'il identifia comme étant celle de Malfoy, s'il se fiait à l'elfe qui s'inclinait devant lui.

Il n'était pas au manoir Malfoy, cette demeure en était même à l'opposée. Claire, lumineuse, grande et chaleureuse. Chaleureuse, jamais il n'aurait pensé que ce mot pouvait s'associer à Drago Malfoy.

« Tu comptes rester debout ? » Se moqua Malfoy en se servant un verre de Whisky avant d'en proposer un à Harry.

Tendant son verre au brun, Drago se laissa tomber sur un fauteuil, son regard analysant Harry.

« Alors comme ça tu es vivant » Ne put s'empêcher de dire Malfoy sous le soupir d'Harry.

« Oui je suis vivant… » S'agaça Harry sous le sourire du blond.

« Bien sûr, je ne vois même pas pourquoi j'ai cru à ta pseudo-mort. Tu es tellement égoïste, qu'il fallait bien qu'on te chérisse avant ton grand retour »

« Je ne reviens pas ! » S'écria Harry en se levant du fauteuil sur lequel il venait de se laisser tomber.

Drago but une gorgée de son whisky, prenant tout son temps, continuant d'étudier Harry. Harry Potter, le grand sauveur de la communauté magique, était l'un des hommes les plus lâches qu'il connaissait, et pourtant, rien n'aurait pu prédire que le brun prendrait la fuite après sa victoire, laissant une femme seule et anéantie derrière lui. Et pourtant, il l'avait fait, il avait laissé Hermione.

« Alors qu'est ce que tu deviens ? » Lui demanda Drago d'un air tout à fait sérieux

« Je travaille pour une maison d'édition » Répondit Harry avec un léger sourire, il aimait tant son travail. « Et toi ? »

« Je suis avocat. Je possède d'ailleurs mon cabinet »

« Seul ? » S'enquit Harry amusé de voir un ancien mangemort travailler pour la justice

« Non j'ai un associé, ou devrais-je dire une associée. J'ai monté mon cabinet avec Hermione »

Le sourire amusé qu'abordait Harry se fana, le jeune homme baissant la tête. Il avait passé 4 ans à essayer de l'oublier. Et maintenant, chaque mot revenait lui marteler l'esprit, un peu plus fort. Son passé exhumé comme par magie. Perverse sorcellerie.

« Comment va-t-elle ? » Demanda-t-il d'une voix légèrement tremblante.

«Si nous tenons compte du faîte que l'homme, qu'elle aimait et qu'elle croyait mort, l'a en réalité quitté puis abandonné, en lui faisant au passage un enfant. Oui vraiment Hermione est la plus heureuse des femmes ! » S'exclama durement Drago, sa colère à peine visible dans sa voix.

Harry resta prostré sur le fauteuil n'osant pas relever la tête. Le blond venait de lui annoncer qu'il avait une fille. Lui Harry Potter était papa. Un père ne valant pas mieux qu'une enflure, il avait abandonné sa mère et sa fille.

Ne supportant plus le regard de Drago sur lui, Harry transplana directement chez lui, ne se souciant même plus des autorités magiques françaises. Il avait une fille. Cette cruelle vérité l'effrayait plus que n'importe quoi d'autre.

Se laissant tomber sur son canapé, Harry alluma machinalement la télévision, observant sans réellement voir le programme qui défilait. Comment la vie qu'il s'était acharné à construire en 4 ans, avait-elle pu voler en éclats en quelques heures ?

Il n'avait souhaité qu'une chose, qu'on l'oublie le temps qu'il panse ses blessures. Mais la réalité le rattrapa très vite, en quatre années, il n'avait toujours pas guéri, et trop occupé à ne penser qu'à lui, il ne s'était pas soucier des personnes qu'il laissait derrière lui, et plus particulièrement d'Hermione.

Hermione…Jamais il n'avait autant aimé une femme qu'elle. Ces quelques mois ensemble étaient les plus beaux qu'il n'avait jamais vécu. Ces moments, il les devait à Ron, à sa fuite…

« Il…il est p…parti ! Il a transplané ! »

Hermione se jeta dans un fauteuil, se recroquevilla et fondit en larmes.

Harry se sentait hébété. Il se pencha, prit l'Horcruxe et l'accrocha autour de son cou. Puis il arracha les couvertures du lit de Ron et les étala sur Hermione. Enfin, il grimpa dans son propre lit et fixa des yeux le toit sombre de la tente, écoutant la pluie qui tambourinait sur la toile. (Passage du chapitre 15 'La revanche du gobelin' du tome 7)

Ils avaient passé plus d'une semaine sans se parler. Hermione se murant dans le silence, lui ruminant sa colère, et enfin sa culpabilité. Jamais, il n'aurait dû les entraîner dans cette aventure, encore moins Hermione.

Il en voulait tellement à Dumbledore, de lui avoir caché des choses. Cacher son passé, ses défauts, comment détruire un Horcruxe, où en trouver un. Maintenant, il se retrouvait dans une tente à crever de faim et de froid, avec un ex-meilleur ami et une meilleure amie qui lui en voulait. Trop fière et trop bonne pour l'avouer, elle se contentait de l'ignorer, mais c'était ce qu'il y avait de plus destructeur. Une Hermione qui ne lui parlait plus.

Avec ce silence plus que pesant, il avait eu le temps de réfléchir, pour lui, c'était certain, ils devaient se rendre à Godric's Hollow. Mais comment convaincre la jeune femme ?

Prenant son courage de gryffondor à deux mains, Harry inspira profondément, s'approchant d'Hermione qui s'était pelotonné sur le fauteuil, les contes de 'Beedle le Barde' ouvert sur les genoux, un livre de runes posé sur l'accoudoir.

« Hermione, écoute… je… »

« J'ai besoin de ton avis, ce symbole ne te dit rien ? » Lui demanda-t-elle n'ayant même pas remarqué qu'il avait parlé.

Harry se pencha par-dessus le fauteuil, observant le symbole que lui désignait son ami. Il l'avait déjà vu quelque part, mais où… Cherchant dans sa mémoire, la provenance de ce symbole, Harry se laissa envahir par l'odeur douce et réconfortante d'Hermione.

Il avait passé une semaine dans une colère sans nom, et maintenant, celle-ci semblait s'être envolée très loin. Hermione l'apaisait…

Sursautant en entendant son téléphone sonner, Harry papillonna des yeux, s'ancrant à nouveau à la réalité, laissant le répondeur s'enclencher.

« Salut Harry, c'est Marion. Ecoute comme tu n'étais pas là aujourd'hui, je voulais te tenir au courant de la réunion. Cyril, nous a donné à tous, l'esquisse d'un nouvel auteur, il veut notre avis, selon lui, on a décroché la poule aux yeux d'or ! A lundi au bureau. »

La conversation se coupa, ne laissant qu'un bip temporaire, avant que le silence ne règne à nouveau en maître dans l'appartement. Se relevant de son canapé, Harry alla chercher une bouteille de whisky, l'ouvrant l'esprit ailleurs, avant de porter le goulot à ses lèvres.

Ce soir, cette bouteille serait sa plus fidèle amie, et tant pis pour la gueule de bois qui se taperait demain, de toute manière, il ne travaillait pas, le dimanche étant le jour du seigneur, comme avait l'habitude de dire les français.

oOo

TBC...