Bonsoir! Comme promis, un petit chapitre pour fêter l'anniversaire d'Oikawa! Happy Birthday :D
Chapitre 02
Après quelques semaines passées à l'hôpital, Oikawa prépara ses affaires avec un grand sourire, tout excité. C'est aujourd'hui qu'il allait quitter l'hôpital, et Kuroo allait le ramener chez lui et rester jusqu'au dimanche midi. Il était vraiment heureux, il n'allait plus à rester enfermé dans sa chambre d'hôpital, il allait pouvoir rentrer chez lui, aller en cours, marcher dans la rue ! Cela faisait une semaine qu'on lui avait retiré son plâtre et qu'il faisait de la rééducation pour son bras gauche et sa jambe droite, et il devait encore marcher avec une béquille en soutien pour faire de longs trajets. Mais qu'importe !
Toujours tout sourire, il ferma sa valise et se retourna pour découvrir Kuroo qui l'attendait devant la porte.
« -'lut. T'es prêt ?
-J'arrive ! »
Sur ces mots, il alla chercher sa valise, mais Kuroo le devança et la porta d'autorité. Il n'avait vraiment pas envie qu'Oikawa se blesse. Ce dernier attrapa alors le vivarium de sa tortue d'une main, sa béquille de l'autre et ils sortirent de l'hôpital.
« -Aujourd'hui, c'est le grand jour, pas vrai, Kero ? Je sors enfin de l'hôpital, et toi, tu vas connaitre autre chose que cette chambre !
-Kero ? Tu as appelé ta tortue Kero ? Mais c'est pas une grenouille… fit remarquer Kuroo.
-Je sais bien, crétin, mais je voulais que son nom rappelle le tien et celui de Tsukishima, alors le « Ke » pour Kei et « ro » pour « Kuroo. »
Kuroo ne put retenir un petit sourire attendri à cette explication. Ce serait mentir que de dire qu'il n'était pas heureux de cette attention. Oikawa voulait donner une partie de son nom à la tortue, tortue qu'il aimait beaucoup, alors comment ne pas l'être ?
Ils marchèrent lentement, au rythme d'Oikawa qui, même s'il avait pu aller plus vite, ne l'aurait pas fait après être resté plusieurs semaines enfermé dans sa chambre, il voulait profiter du monde extérieur. Pendant son hospitalisation, il avait beaucoup réfléchi, et n'était plus le même qu'avant. Il était plus honnête, détendu, et léger. C'était agréable de ne plus être tourmenté à longueur de journée.
« -Merci, Kuroo, dit-il soudainement.
-C'est rien je te devais bien ça. »
Oikawa s'arrêta et fronça les sourcils, perdant tout sourire.
« -Toi… Tu crois toujours que c'est de ta faute, pas vrai ?
-…
-Je t'ai déjà dit que non ! Tu vas culpabiliser encore combien de temps ?
-Qu'est-ce que j'y peux ?
-Tu crois que ça me fait plaisir de te voir comme ça ? demanda-t-il en lui donnant un coup de béquille.
-Aïe… ! »
Kuroo pesta en se massant là où Oikawa l'avait frappé. Il continuait à croire qu'il était responsable, et Oikawa continuait à penser le contraire. Ils ne pouvaient pas tomber d'accord. Il soupira en décidant qu'ils devaient en discuter.
« -Et en quoi je ne suis pas responsable, pour toi ?
-En quoi tu serais responsable, plutôt ?
-C'est évident, c'est moi qui t'ai fait fuir, sans moi tu te serais pas trouvé sur cette route.
-C'est moi qui n'ai pas regardé avant de traverser, et c'est la voiture qui roulait trop vite, à ce que j'ai entendu dire.
-…
-Si tu restes avec moi juste par remord et pitié, c'est pas la peine de continuer. » dit-il sèchement en repartant.
En réalité, il n'était pas prêt à l'abandonner de la sorte, mais il espérait que lui poser un ultimatum le ferait changer d'avis. Et il avait raison. Kuroo hésita un instant tout en sachant pertinemment qu'il allait de toute façon céder, et finit par le rejoindre. Il le frappa doucement à l'arrière du crâne.
« -Tu m'énerves. Tu sais comment faire pour obtenir ce que tu veux. »
Oikawa lui sourit. Comment Kuroo pouvait-il résister à ce sourire si rare ? Ils arrivèrent enfin chez Oikawa, dont Kuroo connaissait déjà tout le rez-de-chaussée. Il suivit lentement Oikawa jusqu'à sa chambre, à l'étage, et posa sa valise au pied de son lit. Il examina ensuite la grande chambre vide. N'importe quel enfant aurait rêvé d'avoir une chambre aussi immense, mais pourtant Oikawa ne semblait pas l'apprécier, c'est même à peine s'il la considérait comme sa chambre, à y voir l'absence de décoration et d'éléments personnels. Cette chambre était froide, impersonnelle, avec des murs blancs nus, un parquet poussiéreux après ces semaines où personne n'y avait mis les pieds, et les quelques meubles qu'étaient son lit, sa table de chevet, son placard, son bureau et sa bibliothèque. Tout cela illustrait parfaitement bien la vie d'Oikawa jusqu'à aujourd'hui.
Kuroo aurait voulu l'enlever et l'emmener loin, loin d'ici. Il voulait lui trouver un endroit chaleureux, familial, heureux, où ils pourraient vivre tous les deux, et où Oikawa pourrait vraiment se détendre. Un endroit qu'Oikawa pourrait véritablement appeler « chez moi » avec le sourire. Mais c'était impossible, pas aujourd'hui.
« -Qu'est-ce que t'as ? Un problème ? demanda Oikawa en posant sa tortue sur son bureau.
-Depuis combien de temps tu habites ici ?
-Depuis toujours. Pourquoi ?
-T'as pas beaucoup d'affaires.
-Je suppose. »
Un silence gêné s'abattit entre eux. Oikawa ne savait pas trop quoi dire, et Kuroo se retenait de critiquer. Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas vus ainsi, et c'était la première fois que Kuroo entrait dans sa chambre. Oikawa sentait qu'il s'agissait d'une étape importante dans leur relation : Kuroo et lui allaient vivre et dormir sous le même toit en étant officiellement en couple. Cette simple idée effrayait Oikawa, il ne savait pas du tout comment réagir. Constatant qu'il n'était pas prêt de faire quoi que ce soit, Kuroo alla chercher de quoi faire le ménage et insista pour qu'Oikawa reste assis et le laisse faire.
« -Une bonne chose de faite, s'exclama Kuroo en s'essuyant le front après avoir terminé le ménage.
-Merci. »
Hésitant, Kuroo s'assit sur le lit, à côté d'Oikawa, et examina vaguement la chambre du regard. Le silence était pesant et très désagréable, ils ne trouvaient rien à dire. Les mains liées posées sur ses jambes, Oikawa tournait la tête à droite et fixait le mur tandis que Kuroo regardait le mur à sa gauche en tapotant du pied sur le sol.
« -Et… Et donc, tu fais quoi pendant que tu es comme ça, dans ta chambre ? demanda Kuroo en brisant le silence.
-Pas grand-chose.
-Pour de vrai ? » demanda-t-il en tournant son regard vers lui.
Oikawa croisa son regard et le détourna prestement. Cette situation le rendait affreusement timide, ce qui était inhabituel pour lui, il ne savait pas quoi faire.
« -J-Je passe pas beaucoup de temps dans ma chambre. En général, je sors faire du sport, ou je reste devant la télé. Ah, si, parfois je reste aussi sur mon ordi portable dans ma chambre. Mais je passe le plus clair de mon temps à m'entrainer, en fait.
-Ah bon… Et… Tu veux faire quelque chose en particulier ?
-… Pas vraiment… »
Ils restèrent un instant silencieux, se demandant s'ils pouvaient dire ce qu'ils pensaient, puis commencèrent en même temps :
« -En fait…
-Vas-y, l'invita Oikawa.
-Non, toi d'abord. »
Ah, ils étaient vraiment ridicules… C'était vraiment lamentable.
« -En fait, comment dire… Te moque pas, mais pour être honnête, j'ai pas envie de faire quoi que ce soit de spécial parce que… être avec toi me suffit pour me faire me sentir bien… » murmura-t-il en rosissant.
Le cœur de Kuroo s'emballa. Ils pensaient la même chose… Il détourna son visage embarrassé et attrapa doucement la main d'Oikawa.
« -Bah tu vois, c'est exactement ce que j'allais dire… »
Rassuré et heureux, Oikawa resserra sa main sur celle de Kuroo et se rapprocha de lui jusqu'à ce que leurs épaules se frôlent.
« -Merci, déclara soudain Oikawa.
-… Je sais pas pourquoi t'arrêtes pas de me remercier, mais t'as pas besoin. Je me souviens pas avoir fait quoi que ce soit qui mérite ta reconnaissance. Si je sors avec toi, c'est pas par charité, mais parce que j'en ai envie.
-… Merci quand-même. »
Il lui était reconnaissant pour tout ce qu'il avait fait pour lui, il le remerciait de l'aimer et d'avoir illuminé sa vie. Il l'avait sauvé de sa pauvre petite vie minable, froide et solitaire, d'une tristesse à laquelle il s'était habitué, et aujourd'hui, il n'imaginait pas faire sa vie sans lui.
« -… J'ai envie de jouer au volley, gémit Oikawa.
-T'as pas encore le droit.
-Je sais, mais j'ai envie… »
Il se leva, alla chercher un ballon dans son armoire et retourna s'assoir. Il fit tourner le ballon entre ses mains, appréciant le contact de la balle contre la paume de ses mains. Un sourire réjoui apparut sur son visage.
« -T'as fait des matchs dernièrement ? demanda Oikawa.
-Pas vraiment…
-Ah bon ? Pourtant, c'est la période.
-J'avais d'autre priorités. »
Oikawa comprit alors de quoi il retournait et son visage s'assombrit. Kuroo avait sacrifié ses matchs pour venir le voir, mais cela ne rendait absolument pas Oikawa heureux. Il ne voulait pas être un boulet pour lui et l'empêcher de faire ce qu'il aimait.
« -T'aurais pu y aller. Tu aurais pu juste me prévenir, ça m'aurait pas dérangé. » dit-il avec remord.
Kuroo soupira et l'attrapa par les épaules pour l'obliger à se tourner vers lui et le regarder dans les yeux.
« -Arrête ça un peu. J'ai pas fait ce choix par obligation mais parce que je le voulais, alors arrête de toujours dire des choses pareilles. J'avais envie d'être avec toi plus que de faire des matchs. Alors arrête de t'en vouloir pour tout et n'importe quoi.
-Ah ? C'est bien à toi de dire ça ! C'est toi qui t'en veux pour mon accident alors que t'y es pour rien ! s'énerva Oikawa.
-C'est pas pareil.
-C'est exactement la même chose ! En quoi ce serait différent ?
- Parce que là, c'était vraiment ma faute.
-… D'accord, disons que c'est ta faute, si c'est ce que tu penses, alors laisse-moi dire que c'est aussi ma faute. » dit-il en se dégageant de sa prise et en tournant la tête d'un air boudeur.
Oikawa le laissait se blâmer, alors que Kuroo le laisse faire de même, après tout ! Même s'il faisait cela pour le protéger, Oikawa n'en voulait pass et n'en avait pas besoin. Il voulait qu'ils soient sur un pied d'égalité, mais le brun ne semblait pas le comprendre et était toujours aux petits soins avec lui, c'était assez agaçant à la longue.
« -Hé, Oikawa.
-Quoi ?
-Tu fais la tête ? T'es énervé ?
-Oui. »
Mal à l'aise de l'avoir mis en colère, Kuroo chercha un instant comment se faire pardonner. De son index, il tapota son épaule.
« -Allez, arrête de bouder, Oikawa. Oikawa, tu m'écoutes ? … Tooru. »
Il sourit en le voyant réagir à l'entente de son prénom. Il se pencha vers lui, l'embrassa sur la joue et le prit dans ses bras.
« -…T'es persistant… » marmonna Oikawa en posant sa tête contre le torse chaleureux de son amant.
Ils restèrent un instant ainsi, sans bouger, jusqu'à ce que Kuroo se retire brutalement, le faisant chuter en arrière, et se pencha vers lui. Le ballon que tenait Oikawa roula par terre et disparu sous le lit. Kuroo caressa sa joue du bout de ses doigts et l'embrassa tendrement. Ses gestes étaient lents, doux, il n'était pas pressé. Il avait tout son temps, et comptait bien en profiter.
Ce fut comme si Oikawa avait oublié qu'il était en colère contre Kuroo, et il passa ses bras autour de son cou pour l'attirer un peu plus à lui. Leurs lèvres se séparèrent et se retrouvèrent encore et encore.
« -Au risque de te remettre en colère… je te rappelle… pas de sexe… » réussit-il à articuler entre deux baisers.
Mais le châtain avait tellement envie de l'embrasser qu'il ne perdit pas de temps en protestations inutiles et profita déjà de ce qu'il avait. Pendant tout ce temps qu'il avait passé à l'hôpital, Kuroo s'était retenu de le toucher et de l'embrasser, cela faisait des semaines qu'il n'avait pu gouter à ses lèvres. Comment était-il censé se retenir ? Kuroo fit mine de s'éloigner mais Oikawa ne le laissa pas faire et continua de l'attirer à lui.
« -Oikawa… lâche-moi… ! » protesta le brun.
Mais il l'ignora purement et simplement et continua de l'embrasser, jusqu'à ce que Kuroo le morde.
« -Aïe ! Mais ça fait mal ! s'insurgea Oikawa en le lâchant.
-T'avais qu'à arrêter quand je t'ai demandé, crétin. Pourquoi t'es aussi pressé, ça t'a manqué ?
-… Et toi, pourquoi t'es aussi peu pressé d'abord ? demanda Oikawa, vexé.
-Si on continue, je ne vais plus pouvoir me maitriser, et je risque de faire des choses que je regretterai après. »
Oikawa détourna le regard, honteux. C'était vraiment important pour lui, et Oikawa se montrait égoïste, ne pensant qu'à ses propres désirs. Il fallait qu'il se mette à sa place : si c'était Kuroo qui avait eu un accident et qu'Oikawa se sentait responsable, il voudrait lui-aussi le voir guérir le plus vite possible, pour pouvoir oublier sa culpabilité. Kuroo aussi se retenait certainement, mais ne pouvait s'autoriser à le toucher. Il devait avoir peur de faire quelque chose qui risquerait de ralentir sa guérison, ou même pire : le blesser. Si leurs positions étaient inversées, il serait terrifié par cette simple idée.
Il se redressa sur son lit et s'assit.
« -D'accord. Je peux comprendre ce que tu ressens, j'arrête de t'embêter avec ça. Mais je vais bien. »
Kuroo le regarda avec surprise, puis lui sourit gentiment, heureux qu'il le comprenne et fasse des efforts pour lui.
« -Et puis, il faut voir le bon côté des choses ! s'exclama Oikawa.
-… A savoir ?
-Mon entorse a eu le temps de guérir totalement ! »
Kuroo laissa s'échapper un léger rire à cette remarque et lui ébouriffa ses cheveux bouclés.
« -En récompense à tes efforts, je vais cuisiner pour toi. »
Sur ces mots, il se releva et partit dans la cuisine. Toujours souriant, Oikawa attrapa son ordinateur portable et regarda rapidement ses messages. Après plusieurs semaines, il n'y en avait quasiment pas, mais cela lui importait peu. Il avait Kuroo, et aussi Kageyama, Hinata, Tsukishima, Bokuto, et dans une moindre mesure, son équipe. Il allait bien. Il était sous le même toit que son petit-ami, mangea avec lui, passa une agréable soirée avec lui dans sa chambre, à parler, à flirter, à s'engueuler, à se réconcilier, comme à leur habitude, et au final, il était plus de minuit et ils étaient toujours debout en pleine forme.
Kuroo descendit dans la cuisine pour leur chercher à boire, mais il se passa quelque chose qu'il n'avait pas prévu.
Alors qu'il avait deux verres d'eau dans les mains, il se retourna pour sortir de la cuisine mais tomba nez à nez avec une femme, élégante, de longs cheveux châtains bouclés tombant en cascade sur ses épaules. Ils se regardèrent un instant avec surprise, puis la femme attrapa un couteau sur la table de la cuisine et le pointa vers Kuroo. Ce dernier lâcha les verres qui éclatèrent au sol en une centaine de morceaux de verres tranchants et fit un pas en arrière, les mains levées en signe d'innocence.
« -Que faites-vous chez moi ? » demanda-t-elle avec un calme effrayant pour quelqu'un dans sa situation.
Heureusement pour lui, Oikawa, attiré par le bruit, arriva et se plaça entre eux, protégeant Kuroo de son corps.
« -T'es folle, t'aurais pu le blesser !
-Tooru ? Que fais-tu là ?
-C'est aujourd'hui que je suis sorti de l'hôpital.
-Ah, vraiment ? C'était aujourd'hui ? Et qui est-ce ? demanda-t-elle d'un air neutre et peu intéressé en baissant son couteau.
-Il est avec moi. »
Malgré qu'il ne puisse voir que le dos d'Oikawa, Kuroo devinait à ses muscles crispés et sa voix dur qu'il était tendu. Cette femme devait certainement être sa mère. Il se contentait pour l'instant de regarder la scène entre la mère et le fils en silence. La femme fronça les sourcils d'un air suspicieux mais toujours très élégant.
« -Quelle est la nature de votre relation ?
-Nous… sortons ensemble, dit-il comme honteux.
-C'est une plaisanterie ? Tu fais cela pour nous embarrasser, ton père et moi ? Je désapprouve cette relation. »
La tête basse, Oikawa serra les poings et la mâchoire sans rien oser répondre mais n'étant visiblement pas d'accord. Agacé de voir Oikawa aussi mal à l'aise et soumis, Kuroo prit les devants : il passa devant Tooru, le protégeant à son tour, et s'arma de son sourire le plus commercial.
« -Pardonnez ma présentation tardive. Je m'appelle Kuroo Tetsurou. Enchanté. Au risque de vous froisser, je me permets de vous informer que je n'attendais ni ne me souciais de votre approbation. Moi-même je refuse que vous soyez sa mère, mais je n'y peux rien. Si vous refusez de vous occuper de votre fils, n'empêchez pas les autres de le faire. Je ne vous laisserai pas lui bousiller sa vie. Il est avec moi, maintenant, je le rendrai heureux. Laissez-le tranquille. Viens, on remonte. » finit-il en attrapant sa main et en le trainant derrière lui.
Choqué par sa franchise, Oikawa ne réagit pas tout de suite, ne s'attendant pas à ce que Kuroo prenne aussi vivement sa défense.
« -A-Attends, je ne peux pas marcher trop vite, je te rappelle ! » s'exclama-t-il.
Kuroo le porta alors sur son épaule, comme si de rien n'était. Au début surpris et gêné, Oikawa releva timidement son visage pour voir celui interloqué de sa mère. Heureux de la réaction de son petit-ami, le châtain sourit doucement. Lorsqu'ils se retrouvèrent dans la chambre quelques minutes après, Kuroo le reposa doucement par terre et alla claquer la porte, faisant sursauter Oikawa.
« -…Pourquoi t'es énervé… ? osa timidement Oikawa.
-Hu ? » grogna Kuroo en se retournant vers lui.
Le visage énervé et crispé, il fusillait inconsciemment Oikawa du regard.
« -Pourquoi je suis énervé ? T'es sérieux ?! T'as vu comment elle te parle et comment elle parle de toi ? Désolé, mais même si c'est ta mère, je peux pas l'accepter. »
Oikawa était heureux que Kuroo s'énerve pour lui, cela signifiait vraiment beaucoup pour lui. Il ne pouvait pas s'empêcher de sourire malgré la colère de Kuroo.
« -C'est bon, calme-toi, c'est pas si grave, dit-il calmement.
-…Y a rien de drôle, pourquoi tu souris ?
-Je suis content que tu te mettes en colère pour moi. » avoua-t-il tranquillement.
Kuroo se calma instantanément et le regarda étrangement. Il ne savait pas s'il devait être triste, attendri, énervé, ou amusé. Il était son petit-ami, évidemment qu'il allait s'inquiéter pour lui… ! Il s'assit à côté de lui et posa sa tête sur son épaule.
« -Tu m'aurais pas défendu, toi ?
-Bien sûr que si.
-Alors sois pas si surpris. »
Ils se turent un instant, Kuroo réfléchissant à ce qu'il allait dire, un peu nerveux. D'un air sérieux qui ne lui ressemblait pas, il se leva et regarda Oikawa avec détermination.
« -Tu penses que tu vas réussir tes examens de fin d'année ?
-Euh… oui, je pense…
-Et t'as déjà choisi ta future école ?
-Non, pas encore.
-Alors… installons-nous quelque part.
-Installer… Tu veux dire habiter ensemble ? demanda Oikawa sans y croire.
-Sauf si tu veux pas… Mais comme ça, tu n'auras plus à vivre avec tes parents, c'est l'occasion de prendre un nouveau départ. Et… on pourra être rien que tous les deux… »
Cela faisait un moment qu'il y pensait, et qu'il imaginait ce qu'il pourrait dire, comment le lui proposer, mais maintenant qu'il le faisait, il n'osait pas le regarder dans les yeux. Il avait peur qu'Oikawa refuse et s'il refusait, les conséquences pourraient être graves : à vouloir aller trop vite, Oikawa risquait de vouloir le quitter, et Kuroo était terrifié par cette idée. Angoissé, il attendit une réponse qui se fit désirer.
« -Je… C'est un peu soudain, j'ai tellement de choses à penser que je suis pas sûr de ce que je devrais répondre, pour être honnête. Mais c'est d'accord.
-… C'est vrai, tu veux bien ? demanda Kuroo sans y croire.
-C'est ce que j'aimerais dire, mais je ne vois pas comment on pourrait s'installer alors qu'on n'a pas de revenus…
-C'est pas un problème ! S'il n'y a que ça, je peux trouver un p'tit boulot, et mes parents pourront nous prêter de l'argent, s'exclama-t-il enjoué et motivé.
-A-Ah bon ? Ca sera suffisant, tu penses ? demanda Oikawa, un peu surpris par cette brusque explosion de joie.
-Sinon, je suis sûr qu'on pourra extorquer de l'argent à tes parents !
-Extorquer… ? » répéta Oikawa, incrédule.
Sans qu'il ne s'y attende, Kuroo se pencha vers lui et le serra dans ses bras, visiblement ravi de la tournure que prenaient les évènements. Les joues légèrement rosies de bonheur, Kuroo le serra contre lui et l'embrassa sur la joue. Il entendit à son oreille Oikawa rire doucement puis lui retourner son étreinte, amusé de sa réaction enfantine. Il était rare de le voir aussi enjoué et câlin, alors Oikawa en profitait.
« -…Le-Le verre… bégaya soudainement Kuroo
-Hein ?
-Le verre que j'ai fait tomber, j'ai oublié de ramasser les morceaux. »
Se disant, il relâcha Oikawa et sortit de la chambre. En réalité, il y avait pensé soudainement et s'en était servi comme excuse pour s'enfuir, gêné qu'il était de toute cette précédente scène dégoulinante d'amour. Mais il était véritablement heureux, il allait pouvoir vivre ave l'homme qu'il aimait, c'était inespéré ! Il voulait le sortir de là, le sortir de cet environnement déplorable dans lequel il vivait avec ses parents. Il allait le sauver, lui donner la chance qu'il méritait.
Il arriva dans la cuisine et se baissa pour ramasser les morceaux de verre, rêvant de sa vie prochaine avec Oikawa. Il y aurait surement des hauts et des bas, mais globalement, ils seraient heureux, non ? Alors qu'il attrapait un morceau de verre en rêvassant, il se coupa avec.
« -Aïe… ! »
Il relâcha l'objet tranchant et regard le filet de sang couler le long de son doigt. Voilà ce qu'il gagnait à rêvasser… Il ignora la douleur et finit de nettoyer les débris. Puis il remonta dans la chambre où l'attendait Oikawa. Lorsque ce dernier vit le sang gouter de son doigt, il fronça les sourcils et s'empressa s'aller chercher un pansement.
« -Assieds-toi. Tu pourrais faire un peu attention, quand-même… »
Kuroo obéit et s'assit à côté d'Oikawa. Ce dernier attrapa sa main et enroula le pansement autour de son doigt après l'avoir nettoyé. Une fois fait, Kuroo attrapa le poignet d'Oikawa et l'attira à lui pour poser ses lèvres sur les siennes en guise de remerciement.
« -Un homme qui en soigne un autre, c'est sexy… lui susurra-t-il à l'oreille.
-Tu dis ça, mais d'habitude c'est toi qui me soigne. Comment ça se fait que tu t'y connaisses autant, d'ailleurs ?
-Je te l'ai pas dit ? Mon père est kiné, et moi aussi j'ai envie de le devenir, alors je l'ai observé depuis tout petit, et j'ai fait des stages, alors je connais les bases. »
Oikawa s'imagina Kuroo en blouse blanche et avec des lunettes lui donnant un air intelligent, et rougit. C'est plutôt lui qui était sexy.
« -Si c'est ce que tu veux, je t'encourage, dit-il en se repassant son fantasme dans la tête.
-Merci. »
Fatigués, ils se changèrent rapidement et allèrent se coucher, collés dans l'étroit lit d'Oikawa. Nerveux, Oikawa était dos à Kuroo, crispé. Cela faisait une éternité qu'ils n'avaient pas dormie ensemble, dans le même lit. Il aurait bien voulu que Kuroo tente quelque chose, mais ne se faisait pas d'illusion. Il savait que Kuroo ne lui ferait rien avant qu'il soit totalement rétabli, et ce quoi qu'il lui en coute. Cela l'attristait quelque peu. Avait-il donc si peu envie de le toucher ? Il s'imagina une fois de plus leurs places échangées, si c'était Kuroo qui avait eu l'accident, et même s'il ne voulait pas brusquer les choses, il n'aurait pas pu se retenir et lui aurait sauté dessus. Si Kuroo ne tentait rien, c'est peut-être qu'il n'en avait pas si envie que cela.
Il sentit alors les bras du brun enlacer son ventre et son corps se coller au sien. Kuroo plongea son nez dans ses cheveux bouclés et profita de leur douceur et de leur douce odeur.
« -Je suis content que tu sois enfin sorti de l'hôpital… murmura-t-il à son oreille.
-… Moi aussi… »
Dans l'obscurité de la chambre et le visage toujours collé à celui d'Oikawa, Kuroo sourit. Il avait attendu ce jour depuis tellement longtemps, et même s'il n'osait pas lui dire en face, tant qu'Oikawa était dos à lui et que la pièce était sombre, il pouvait le lui avouer et dire des choses si embarrassantes qu'il n'aurait jamais eu le courage de dire autrement.
To be continued...
Kero est l'onomatopée utilisée par les japonais pour le bruit de la grenouille, c'est pour ça que Kuroo fait cette remarque ^^
Merci à tous ceux (toutes celles?) qui mettent des reviews, c'est super gentil et ça m'encourage! C'est vous qui me donnez la force de continuer même quand j'ai du mal à trouver l'inspiration :) Merci encore, et à demain pour le chapitre 3 :D
