Je m'excuse à l'avance pour ce qui va suivre, et vous souhaite tout de même une bonne lecture!


Sa respiration perd sa profondeur. Son esprit émerge d'un sommeil sans rêve. Les paupières d' Obi-Wan s'ouvrent à peine, se referment, et s'ouvrent à nouveau. Ses yeux s'adaptent à la lumière onctueuse du matin, et l'humidité ambiante contraste avec l'air sec de la veille.

Obi-Wan est détendu et voir Anakin allongé face à lui rend son réveil plus agréable. La tête d' Anakin repose sur son bras replié, sa peau est salie par la poussière noire par endroits, ses cheveux sont sales et deux fines boucles collent à son front. Sa respiration est régulière, ses lèvres sont à peine entre-ouvertes et son souffle a dégagé un cône dénué de poussière sur le sol.

Obi-Wan reste plongé dans sa contemplation, mémorise, s'imprègne et en perd la notion du temps. Il se souvient des matins où il se réveillait pour trouver un jeune Anakin endormi et enroulé dans une couverture à côté de son lit après un cauchemar, lorsqu'ils partageaient en silence un dernier repas avant de partir au combat, leurs séances de méditation dans le Jardin du Temple,... Tous ces moments hors du temps, auquel vient s'ajouter l'instant présent. Et Obi-Wan se dit qu'il se peut que ce soit le dernier. Seul le vent brise le silence alors que son cœur est se sert dans sa poitrine, et cette douleur s'étend jusque sous ses côtes, pour le prendre aux tripes. Elle y reste ancrée. Il s'assure que ses boucliers mentaux sont suffisamment élevés pour ne pas alerter l'endormi.

Il lève sa main vers Anakin pour dégager son front, mais la douleur de son dos se réveille sous la soudaine tension et un gémissement lui échappe. Les paupières d' Anakin s'ouvrent instantanément, comme s'il n'avait jamais été assoupi. Redressé sur un coude, il se penche vers son Maître.

Obi-Wan ferme les yeux pour contenir sa douleur et la cacher. Il a l'impression que son dos est en feu, mais il s'efforce de lever une main vers Anakin pour le rassurer.

« Je vais changer tes pansements. » dit Anakin d'une voix rauque, seule preuve de son réveil.

Obi-Wan l'entend se lever alors qu'il souffle sa douleur et tente de se détendre. Il entend son élève s'asseoir derrière lui, retirer des gants, puis le loquet de la boite de soin cliqueter. Il ne parvient pas à contrôler les petits tremblements qui l'animent et cache son visage dans le cuir qui lui sert d'oreiller. Il tente d'accepter la douleur avant de respirer le parfum apaisant du textile. Outre la fragrance singulière du tissu, il reconnaît l'effluve de la fumée, de la terre et d' Anakin.

Une main se pause sur son épaule avec légèreté. Après un court instant, les doigts se pressent un peu sur la tunique dans un demande silencieuse.

« Vas-y. »

La main quitte son épaule et vient chercher le pan de tissus croisé sur son torse. Anakin l'aide à manœuvrer son bras à travers la manche. Une fois exposée, la peau d' Obi-Wan se couvre de chair de poule.

Anakin fronce les sourcils à cette vue. La chaleur est presque étouffante alors que le soleil est à peine levé. La préoccupation le gagne davantage.

Il poursuit néanmoins ses soins, et procède avec le plus de douceur possible. Il voit les muscles d' Obi-Wan se tendre lorsqu'il décolle les patchs, et lui envoie du réconfort par leur lien.

Obi-Wan tente de contrôler sa respiration, les yeux toujours clos. Il ressent la caresse de réconfort d' Anakin mais cette douleur particulière qui lui comprime la poitrine et le ventre ne lui permet pas d'être aussi détendu qu'il le voudrait. Il se concentre sur les mains d' Anakin lorsqu'elles rentrent en contact avec sa peau, la chaleur de ses doigts. Il profite de chaque instant, chaque sensation.

Les mains d' Anakin tremblent un peu lorsqu'il jette les patchs imbibés de sang dans un coin de la petite caverne. Il reste assis quelques secondes, les yeux rivés sur le corps tremblant d' Obi-Wan, hésitant. L'idée même de ce qu'il va faire le rebute, mais ils n'ont plus le choix. Ils doivent avoir toutes les chances de leur côté, le temps presse.

A contre cœur, il finit par se relever et se rasseoir face à son Maître. Anakin se penche pour attraper le pan de tissus derrière Obi-Wan. Il le couvre sans faire repasser son bras dans la manche et laisse reposer sa main sur la courbe de son épaule. L'homme allongé tourne un peu sa tête vers lui, abandonnant le cuir pour regarder Anakin dans les yeux pour la première fois de la journée.

La main mécanique d' Anakin quitte l'épaule sur laquelle elle repose pour effleurer la joue d' Obi-Wan, et se pauser sur sa mâchoire, les doigts plongés dans ses cheveux. Le pouce de métal caresse doucement sa joue, et Obi-Wan parvient enfin à se détendre. Sa respiration devient plus régulière et ses tremblements disparaissent. Leurs regards ne se sont pas lâché, et Anakin sent la colère monter en ne voyant que l'excuse dans les yeux de son Maître.

« Ils vont venir. Ils vont nous trouver. »

Obi-Wan sent la main d' Anakin se crisper alors qu'il tente de le convaincre, et il ferme les yeux, incapable de le regarder plus longtemps. Il s'ouvre à la Force qui fléchit de nouveau. Il ne discerne rien dans le futur. Son cœur se serre et il ne trouve toujours pas la force de contredire Anakin. Il inspire profondément et relâche ses émotions dans la Force.

La main quitte sa joue.

« Mais je dois retourner à mon vaisseau. Si je peux les contacter plus tôt... »

L'angoisse gagne soudain Obi-Wan et Anakin est surpris en voyant ses yeux s'ouvrir. Le visage trop blanc de son Maître est impassible, mais ses yeux sont embués.

Anakin sent sa gorge se serrer alors qu' Obi-Wan détourne le regard et acquiesce avant de refermer ses paupières. La tension a regagné son corps et il tremble à nouveau.

« Je ferai vite. »

Sa voix est plus faible qu'il ne l'aurait voulu. Le colère l'anime toujours, mais elle est cette fois dirigée contre lui-même.

Une dernière pression délicate sur son épaule et Obi-Wan l'entend se lever et partir. Et lorsqu'il ouvre les yeux, sa vision se trouble, la douleur infernale n'a plus quitté son cœur ni ses entrailles un seul instant. Et une fois le son des pas boitant rendus inaudibles par le vent, il autorise enfin une larme à glisser sur sa tempe.

Anakin marche le plus vite qu'il peut, usant de la Force pour presser le pas. Il ne sait pas depuis combien de temps il marche exactement, perdu dans ses pensées.

Il tente de maîtriser sa colère et la sensation d'impuissance qui le submerge lorsqu'il pense à Obi-Wan. Au cours de leurs nombreuses missions, il n'a jamais vu Obi-Wan être aussi fataliste, et ça l'inquiète autant que ça l'irrite.

A cet instant, il est certain de n'avoir jamais eu plus envie d'être au Temple, d'être dans ce qui se rapproche le plus d'une maison pour lui, d'être en sécurité. Il arrive au vaisseau plus vite qu'il ne le pensait. L'abri lui semblait tellement plus éloigné de la zone de crash la veille.

Le soleil est à son point culminant et frappe le sol de ses rayons, le surchauffe. Le ciel a retrouvé un bleu intense, et le vent n'offre aucune fraîcheur.

Obi-Wan émerge d'un sommeil fiévreux en entendant un son. Les yeux clos, il inspire, le visage toujours plaqué contre le cuir. Anakin. L'épuisement embrume son esprit et il se sent retomber dans le sommeil. Le son retentit à une deuxième reprise et cette fois il a les yeux grands ouverts. Il remarque immédiatement les trois petites silhouettes claires qui semblent en équilibre sur la ligne d'horizon et qui brillent dans le décor. L'espoir l'envahit.

Ils sont venus. Ils sont là. Nous allons survivre.

Obi-Wan se redresse, laisse la tunique glisser de ses épaules et se frotte les yeux. Il se concentre ensuite davantage sur les individus. Il lui faut quelques secondes de plus pour s'apercevoir qu'elles s'avancent vers lui, de plus en plus vite, jusqu'à se mettre à courir. Ils l'ont retrouvé.

Nous allons survivre.

Obi-Wan cligne des yeux rapidement, sa vision se précise encore. Ils se précipitent vers lui à une rapidité ahurissante. Les pans de tissu d'un jaune éclatant de leur tunique volent derrière eux. Et c'est seulement lorsqu'ils sont enfin assez proche d' Obi-Wan, et que toute fatigue a quitté son esprit, que la vérité le frappe.

Le son retentit à nouveau, et cette fois Obi-Wan comprend qu'il s'agit d'un rugissement. Il se tend, et l'instinct prend le contrôle de son corps. Instantanément, il porte la main à sa hanche mais sa main se referme sur l'air et son sang se glace. Il regarde rapidement autour de lui et remarque que sa ceinture est posée plus loin, avec le reste de ses vêtements abîmés.

Un juron lui échappe alors qu' un cri résonne à nouveau. Obi-Wan jette un regard vers ce qui court vers lui et il les discerne très bien à présent. De longues et fines jambes blanches franchissent les pans éclatants, et arborent de puissantes serres aux ergots. Outre les vêtements, de grandes plumes jaunes recouvrent les créatures jusqu'au sommet de leur tête, mais leur visage est caché par un masque noir. Leurs longs bras peints de rouge se préparent à tuer.

Obi-Wan se précipite vers son sabre, réveillant de plus belle la douleur de son dos. Il tombe au sol, et lâche un souffle douloureux. Il entend les pas marteler le sol, et la panique monte encore, anime tous ses gestes. Une seconde il regarde les monstres, et la suivante son sabre laser.

L'objet de métal vole jusqu'à sa main et il se redresse au moment où l'une des immense créatures hurle en se précipitant vers lui. Elle retire son masque et dévoile une immense bouche remplie de dents, aussi noires que la peau qui l'entoure, surplombée par deux petits yeux perçants rouge vif. Un instant, Obi-Wan se dit que c'est probablement à ça que ressemble les démons. Il allume son sabre par automatisme, et tranche. L'instant d'après, son dos est en feu. La bête tombe à terre, coupée en deux à l'abdomen.

Cela n'arrête pas les deux autres qui sautent à leur tour sur le Jedi. Mais la petite caverne n'est pas faite pour ce type de combat. Obi-Wan heurte les parois de son sabre en frappant les bêtes, et il parvient à éviter de justesse de se fracasser la tête sur la pierre en évitant une mâchoire. Des grognements résonnent alors que le bourdonnement du sabre laser s'exacerbe au contact de la chair.

Obi-Wan tombe sur ses genoux avant de s'effondrer.

Anakin, les bras chargés de sa veste de Jedi et de pièces mécaniques récupérées sur le vaisseau, quitte ses bottes du regard pour se fixer au loin. Un fléchissement soudain dans la Force lui fait presser le pas. Il reconnaît la crête de pierre près de laquelle se trouve la grotte. Ses pas accélèrent encore. Il a pris plus de temps qu'il ne l'avait prévu, et la séparation avec son maître lui parait maintenant insupportable. Alors qu'il n'est plus qu'à quelques mètres, il remarque une tache jaune au sol qui dépasse de l'abri. Il se met à trottiner, et son cœur s'emballe en entendant un grognement. Il dépose son lot, attrape son sabre avant de l'enclencher et se précipite vers la caverne.

Un sang particulièrement poisseux tapisse l'entrée et des restes démembrés y sont éparpillés. Anakin remarque ensuite la moitié d'une créature effrayante qui remue au sol, et semble vouloir ramper vers... Obi-Wan !

Anakin achève la créature agonisante d'un coup sec de son sabre laser et se précipite vers son maître qui semble inerte. Il pose un genoux à terre et ne parvient qu'à regarder Obi-Wan, incertain de savoir s'il doit le changer de position. Les patchs se sont pour la plupart détachés de son dos, et le peu de soin que la plaie avait reçu semble effacé. L'entaille semble même s'être agrandie. Une énorme tache rouge s'assombrit sur ses côtes et de multiples griffures recouvrent les épaules nues d' Obi-Wan. Anakin, la gorge comprimée, parvient à le retourner sur son flan et se retrouve avec les paumes couvertes de sang.

« Obi-Wan... ! » Toute l'appréhension d' Anakin est chargée dans sa voix.

Obi-Wan tousse, crache du sang et un filet rouge coule sur sa joue. Ses yeux sont vitreux et sa peau est couverte d'une fine pellicule de transpiration. L'apaisement le gagne à la vue de son apprenti.

« An.. akin... » Il déglutit « Je... J'ai cru... »

- J'ai cru que c'était eux. Résonne la voix d' Obi-Wan dans leur lien.

Anakin dégage les mèches blondes du visage de son maître, impuissant. Et soudain, Obi-Wan relâche ses boucliers mentaux, incapable de les maintenir plus longtemps. Anakin est submergé par la douleur de son Maître et son esprit lui devient si limpide qu'il en discerne toutes les émotions. La culpabilité, l'excuse, l'affection, le soulagement, l'anxiété, la tristesse, la gratitude, le fatalisme. Son cœur bat douloureusement dans sa poitrine alors qu'il caresse les cheveux d' Obi-Wan dans une vaine tentative de le rassurer. Ou de se rassurer lui-même, il est incapable de le savoir.

- Ça va aller, je suis là, on va s'en sortir !

- Anakin, je... Je ne vais pas-

Anakin ressent une vrille dans la Force, mais l'idée de perdre son Maître le rebute avec une telle force qu'il refuse d'y croire.

- On va s'en sortir ! Tu vas t'en sortir !

Une nouvelle toux secoue Obi-Wan, un peu plus de sang dégouline de sa bouche et forme une tache sombre sur le sol.

- Je suis si fier de toi, Anakin.

Anakin se penche un peu plus vers son Maître et lève ses deux mains pour encadrer le visage d' Obi-Wan. Ce dernier soupire au contact de la paume ardente du plus jeune, heureux qu'il soit à ses côtés. Sa respiration est erratique, son corps tremble de froid et il ne discerne plus le décor. Seul le visage d' Anakin est encore net et il y apporte toute sa concentration. Leurs yeux sont vissés ensemble, incapable tout deux de regarder ailleurs. Leur lien tremble sous l'intensité du moment, et Anakin s'y accroche de toutes ses forces, refusant d'accepter ce que lui crie maintenant la Force.

- Obi-Wan, ne parle pas comme ça...

- Je suis heureux d'avoir pu être ton enseignant, de t'avoir eu à mes côtés. J'avais si peur d'échouer. De ne pas être à la hauteur. Mais tu feras un grand maître Jedi.

Les épaules d' Anakin tremblent et il sent ses yeux piquer. Ses pouces caressent inlassablement les joues pâles et froides d' Obi-Wan qui esquisse un sourire.

- Maître...

- Ne sois pas triste Anakin. Il n'y a pas de mort, il y a la Force.

Anakin se penche encore plus, et colle son front à celui d' Obi-Wan. Sa respiration est hachée et ses épaules tremblent sous les sanglots mais il tente de se contenir. Une larme roule sur sa joue, seule preuve de son échec. Obi-Wan lève lentement la main pour effleurer la joue de son apprenti et chasser la larme. La respiration d' Obi-Wan est sifflante à présent.

- Ne pars pas. Je t'en prie.

La main d' Obi-Wan retombe sur le poignet d' Anakin pour s'y accrocher. La force vrille à nouveau, comme animée par un séisme.

- Je t'en prie.

- Anakin...

Une deuxième larme roule sur les joues du plus jeune, et plus que la douleur qu'il ressent d' Obi-Wan, son cœur le fait agoniser. Il enveloppe la force d' Obi-Wan de la sienne et sent celui-ci l'étreindre en retour. Anakin s'écarte à peine, et leurs yeux s'accrochent à nouveau.

- Ne sois pas triste. Je serais toujours là.

Anakin ressent une pression douce de Force contre son buste, juste au niveau de son cœur. Obi-Wan tente un sourire rassurant mais ne voit que de la détresse dans les yeux dans son ancien padawan.

- Je serai toujours là.

Anakin sait que l'affection leur est défendue, mais il ne peut se contenir. Les émotions sont trop intenses et il est incapable de les relâcher dans la Force. Il se penche soudainement vers Obi-Wan, et effleure à peine son front de ses lèvres.

- J'ai si peur.

Sa pommette.

- Tu es tout ce que j'ai.

Son front à nouveau et il s'y attarde.

- Obi-Wan...

Même dans la Force, sa voix est tremblante, suppliante.

- Anakin... Je...

Anakin se recule légèrement et Obi-Wan inspire douloureusement lorsqu'il réalise qu'il ne le distingue presque plus. Une larme coule finalement sur la tempe d' Obi-Wan, et rencontre la main d' Anakin, qui attend patiemment que son maître continue de parler, espérant reculer toujours plus l'échéance. Mais bien plus fort que n'importe quelle parole, leur lien spirituel s'anime et devient soudainement incandescent. Anakin se retrouve engouffré sous une vague d'émotion provenant de son maître. Il est enveloppé par un sentiment si pur et puissant qu'il se sent suffoquer. L'instant d'après il est soudainement dépouillé du lien lorsque celui-ci chute dans l'inexistence. Et tout s'arrête. Anakin n'entend plus rien, ni dans la Force, ni autour de lui.

Il émerge lorsqu' Obi-Wan, le regard fixé dans l'espace à côté d' Anakin, prononce dans un souffle :

« Maître... »

Et Obi-Wan ferme les yeux, sont corps devenu amorphe.

Leur lien se déchire, la douleur émerge et Anakin se brise.

Un vaisseau survole la surface de la planète depuis près d'une demi-heure. Les radars s'agitent soudain alors que les occupants reconnaissent les carcasses de vaisseaux de guerre. L'appareil ralenti et soulève un panache de poussière en atterrissant. La rampe de débarquement s'abaisse et trois clones en sortent.

Le capitaine Rex envoie chacun des deux soldats inspecter un appareil et se focalise sur son radar. Il modifie quelques paramètres et entre les coordonnées du comlink d' Obi-Wan. Le radar lui indique un point à proximité du vaisseau, et marche jusqu'à la destination. Il retrouve le comlink du Général Kenobi à moitié enfui sous la poussière et soupire.

«Des pièces manquent à l'appareil du Général Skywalker, Capitaine. »

« Sûrement des habitants locaux qui sont passés par là. »

Répond Rex en entrant les coordonnées du comlink d' Anakin dans son radar. Il faut quelques instants à l'appareil avant de signaler une faible réponse. Rex regarde dans la direction indiquée et ne voit que des montagnes au loin. Il attache le radar à sa ceinture et cours vers son vaisseau.

«Five, Echo, restez ici et continuez à chercher. Je vais vérifier une coordonnée. Laissez vos comlinks allumés. »

« Oui, Capitaine ! » Répondent les clones.

Rex sort un speeder du vaisseau et file vers les montagnes.

Quelques collines et minutes plus tard, il discerne le pied des reliefs. Un dernier coup d'œil au radar, et il file droit sur la destination jusqu'à ce qu'il aperçoive une petite caverne.

Lorsqu'il arrête son speeder à une distance sûre, il n'est pas certain de ce qu'il voit. Il identifie progressivement des membres, ce qui ressemble à du sang et une étoffe sombre qui recouvre quelque chose.

Rex s'avance prudemment, prêt à dégainer son blaster. Il inspecte la boite de soin, les vêtements déchirés et... Il est frappé par la surprise lorsqu'il reconnaît les vêtements en question. Son regard se porte instinctivement sur l'étole au fond de l'entre. Il s'avance, incertain de ce qu'il va trouver, et écarte ce qu'il reconnaît maintenant comme étant une veste Jedi.

Son souffle se bloque lorsqu'il reconnaît le général Kenobi, blanc et inerte. Il reste en suspend un instant, choqué. Il s'attendait à retrouver ses généraux blessés, mais pas mort. Il secoue la tête pour reprendre ses esprits et s'accroupit aux côtés du général. Il retire son gant et vérifie le pouls sans grand espoir. Il sursaute presque en sentant un battement pulser. Rex active son comlink sans attendre.

« Echo, Five ! Amenez le vaisseau sur mes coordonnées immédiatement et dites au robodroïde d'être prêt pour les soins ! »

« Tout de suite Capitaine ! »

Rex retire la cape d' Obi-Wan pour regarder l'étendue des dégâts, bien qu'il ne puisse pas faire grand chose. Il grimace en voyant les nombreuses coupures et plus particulièrement la plaie la plus grave.

« Vous avez toujours le don de vous mettre dans les pires situations, vous, les Jedi. » murmure Rex, déconcerté.

La présence de Yoda et Mace Windu est assez rare dans l'aile de soin du Temple. Leur puissance dans la Force brille et nombreux sont les jeunes apprentis et padawans impressionnés de croiser ces deux grands maîtres ici.

Les oreilles de Yoda se redressent un peu lorsque le soigneur sort de la pièce. Les deux maîtres attendent patiemment qu'il choisisse ses mots.

« Je suis désolé, je ne peux pas vous assurer qu'il survivra. Ses blessures sont très graves , et même si il parvient à s'en remettre, les séquelles seront conséquentes, voire irréversibles. »

Mace secoue doucement la tête, accablé. Yoda se contente de fredonner son abattement alors que ses oreilles se rabaissent.

Le soigneur se penche devant eux pour les saluer avant de partir.

Le silence plane un court instant, l'attention des deux Maîtres rivés sur la chambre d'hôpital. De l'autre côté de la baie vitrée, Obi-Wan est plongé dans un bacta tank. De nombreux câbles sont reliés à différentes parties de son corps, un masque lui permet de respirer et différentes machines donnent des informations sur son état.

« Rien pour lui, nous ne pouvons. Trouver Skywalker, nous devons. »

Anakin avance en boitant dans la fraîcheur de la nuit. Ses pas sont lourds, le vent secouent ses cheveux dans tous les sens, mais son regard est fixe sur les remparts d'un village. Dans chaque main, un sabre laser actionné crépite au contact de la poussière. Une seule chose est inscrite sur son visage : la haine.


Je tiens à remercier les personnes qui ont laissé un commentaire sur mon premier chapitre, ça m'a beaucoup motivé! MERCI! :) Et j'espère que ce 2e chapitre vous plait !