Notes : Je ne vous remercierai jamais assez pour les commentaires sympathiques et fort nombreux
qui ont accueilli le premier chapitre, ainsi que les mises en favori et/ou les suivis, je ne pensais pas
que cette histoire fût autant appréciée malgré son côté sombre. Vous êtes merveilleuses/merveilleux !
Aë, Alexandra48, ange, Black Banshee, Cassandre, Chloay, Chocogrenouilles, chouetteensucre, Darkklinne, Drennae, Eileen1976, Eilonna, Eladora, espe29, HermyBella, IsabellaBlackPotter, jeanneo patronum, Jinks, Kyara, LaurineRogue, Lehyanne, LuluHawaiiMalfoy, Magiquement, manon, Marshkasna, MaryJanee, MarynSnp, Mary12, Melusine, mmcalmar, nonowX3, Noumea, Pimprenelle, Serpenta, sev9hermi, stnijoma, TristanIseult, WendySnape, WessemAssbai, WitchSpirit, Zeugma412...
Quelle vie attend Hermione, auprès de Severus Prince, maintenant qu'elle est son esclave ? Quelles seront les nouvelles règles auxquelles elle devra se plier ? Le sorcier fera-t-il preuve de mansuétude ? Chapitre assez long...
Excellente lecture à tous/toutes !
Avertissement : scènes pouvant heurter la sensibilité de certaines personnes en fin de chapitre.
Je rappelle que ce n'est qu'une fiction, non pas la réalité. Soyez indulgents...
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Chapitre II - La Vie de Château
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Ignorant la douleur qui vrille encore la chair tendre, le sorcier saisit Hermione par le bras, libérée du Sort d'Entrave. Il la met debout sans ménagement, sans tenir compte de sa difficulté à tenir la position verticale, épuisée, affaiblie par sa détention et la brûlure récente. Son visage toujours indéchiffrable, il l'entraîne fermement, malgré ses difficultés à suivre son pas de charge. Elle lui appartient, corps et âme, et il prendra un plaisir incommensurable à le lui enseigner. Ils traversent de nombreux couloirs, et finalement se retrouvent à l'extérieur du Manoir. Arrivés au point de transplanage, sur une dalle plus claire que les autres, il l'enveloppe entre ses bras. Elle ne se débat même pas : elle n'est qu'une poupée de chiffon incapable de réagir. Elle n'en a plus la force, ni la volonté, du moins pour le moment. Elle est si lasse ! Ils disparaissent dans un tourbillon familier mais désagréable. La nausée s'ajoute aux tourments physiques d'Hermione. Une nouvelle vie l'attend...
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Ils se retrouvent sur un sol mou, de l'herbe grasse, et quand Hermione ouvre les yeux, tout tourne autour d'elle. Rogue ne bouge pas, et la maintient en attendant qu'elle récupère. Quand le vertige disparaît, la jeune fille constate qu'ils sont dans un jardin, plutôt mal entretenu, mais qui a dû être beau autrefois. Devant eux se dresse un château, en partie masqué par une brume, heureusement mouvante, ce qui lui permet d'en avoir un bel aperçu. Elle pourrait le trouver superbe, car il semble tout droit sorti d'un conte de Perrault, si ce n'était son appartenance à Rogue. Finement ouvragé, ses tourelles en ardoise lui donnent un charme suranné. Elle n'a pas le temps de s'appesantir sur la beauté des lieux que le sorcier la prend par le coude et l'entraîne vers le porche. Au-dessus du linteau en granit, est gravée en relief et en graphie gothique textura quadratur, la lettre P. Pour Prince, évidemment, ainsi qu'une devise latine : Suaviter sed fortiter *. Un frisson parcourt l'échine d'Hermione. C'est ici que commence sa vie d'esclave au service du traître.
Dès qu'ils franchissent le perron, une lourde porte d'entrée en noyer s'ouvre dans un grincement sinistre. La sorcière ne peut retenir un mouvement de recul, dû à la terrible appréhension qui lui tord les entrailles, mais Rogue la maintient étroitement par la taille et siffle sur un ton dangereux :
"Entre, esclave ! Ne m'oblige pas à commencer ton dressage maintenant, dans ton état tu risquerais de ne pas y survivre...
- Je crois pourtant que votre Maître n'apprécierait pas : ne vous a-t-il pas ordonné de me garder en vie ? crache Hermione avec un aplomb qu'elle est loin d'éprouver.
- Ma patience a des limites, je te conseille de ne pas jouer à ce jeu-là ou tu le regretteras amèrement", rétorque calmement le sorcier d'une voix basse.
C'est alors qu'une étrange créature interrompt l'altercation. A la regarder de plus près, Hermione reconnaît un elfe et ô bizarrerie, il ressemble étrangement à Dobby, grâce à qui, en compagnie de Ron et Harry, elle a pu s'enfuir du Manoir Malfoy il y a quelques mois. Aussitôt, ses yeux piquent et des larmes menacent de couler. Pauvre Dobby, il s'est sacrifié pour nous sauver la vie, mais a perdu la sienne !
"Bonjour, Maître. Je suis heureux de vous accueillir dans la demeure de vos ancêtres, salue le petit être aux longues oreilles, ses gros yeux globuleux regardant tour à tour les nouveaux arrivants.
- Merci, Gandral, répond posément Rogue - se tournant vers la jeune fille - Je te présente ma nouvelle esclave : Hermione."
Nouvelle esclave ? Cela signifie qu'il en possède déjà une ou plusieurs ? Cet homme est pire que tout ce que j'ai pu imaginer...
Comme s'il avait lu dans ses pensées, Rogue ajoute, le ton moqueur, en direction de son elfe, mais Hermione sait que sa déclaration s'adresse autant à lui qu'à elle :
"Elle n'est pas encore formée, mais c'est une bonne élève, elle apprend vite... Conduis-la dans la salle de bains de la Tour Nord. Comme tu peux le constater, elle a besoin d'un bon lavage malgré le Récurvite que je lui ai administré. Je m'occuperai d'elle ensuite... Regardant la jeune fille droit dans les yeux :
"Tu trouveras tout ce qu'il te faut pour ton corps et tes cheveux, ainsi que des vêtements propres. Tu auras également de quoi t'épiler... entièrement. Il insiste particulièrement sur le dernier mot. Si tu ne le fais pas correctement, sache que je m'en occuperai personnellement... Tu as une heure. Passé ce délai, je viendrai te récupérer moi-même."
Hermione saisit parfaitement le sous-entendu. Elle ne répond rien, mais intérieurement, elle fulmine. Dieu, comme je le hais ! Gandral prend alors la parole :
"Veuillez me suivre, Mademoiselle."
Comprenant qu'il est pour l'instant dans son intérêt d'obéir - elle ne dispose ni de baguette, ni d'un allié dans la place - et désirant plus que tout se laver, il y a si longtemps qu'elle n'a pas eu le loisir de se prélasser dans un bain, elle emboîte docilement le pas à la suite de l'elfe. Beaucoup de couloirs et de portes de part et d'autre. Machinalement, la jeune fille essaie d'établir un plan des lieux. Peut-être un jour sera-t-elle en mesure de s'échapper de cette prison, elle ne doit donc rien laisser au hasard...
"La salle de bains est derrière cette porte, Mademoiselle. Je vous laisse", déclare Gandral en ouvrant une porte avec une poignée en cuivre. Il s'écarte ensuite pour laisser passer la jeune fille.
Hermione pénètre seule dans la pièce. Immédiatement, un nuage de vapeur l'assaillit. La salle est immense, tout de marbre blanc. Un sablier est posé sur un lavabo, laissant s'écouler les grains, certainement là pour indiquer l'heure qui passe. Un pan de mur entier est recouvert d'un miroir. Elle marque un temps d'arrêt, horrifiée par l'image que lui renvoie la glace. Elle peine à se reconnaître. Est-ce vraiment elle, cette jeune fille maigre, sale, les cheveux dans un enchevêtrement inextricable, des contusions sur presque tout son corps blafard ? Une main tremblante se lève, écartant quelques mèches rebelles, découvrant son visage. Des cernes profonds autour de ses yeux qui ont perdu de leur éclat. Pourquoi Rogue la veut-il, elle ? Il aurait pu prétendre à d'autres filles, bien plus belles, des Sangs-Purs...
Son regard se porte sur la marque qui dépasse de son décolleté. Elle abaisse le tissu et dans le reflet de la glace, elle peut lire le tatouage infamant : PS, ce qui se lit pour les autres personnes SP, pour Severus Prince, le S est enroulé autour de la lettre P comme un serpent. Un afflux soudain de larmes sort de ses yeux et se répand sur ses joues.
Le salaud ! Si seulement je pouvais lui faire payer au centuple ce qu'il me fait subir ! Que ne donnerais-je pour qu'il soit à ma merci !
Abandonnant momentanément ses idées de vengeance, elle s'éloigne du miroir et s'avance vers la baignoire. Cette dernière est immense, encastrée dans le sol : quasiment une mini-piscine de plusieurs mètres, qui bouillonne, provoquant une mousse épaisse, et qui dégage des vapeurs opaques de senteurs florales. Un système permet de renouveler l'eau qui est aspirée au travers d'une grille. Elle défait le lacet de son corsage et laisse glisser la robe au sol. Ses sous-vêtements suivent le même chemin. Elle se sent inexorablement attirée par ce bain parfumé, enjambe ses habits et descend les quelques marches qui permettent d'accéder à l'onde. Elle s'enfonce dans l'eau chaude ; une chair de poule due au plaisir parcourt son corps, et elle sent immédiatement des bienfaits apaisants et relaxants. Rogue a raison : malgré le Sort de Nettoyage dont elle a bénéficié précédemment, elle se sent sale et profite au maximum de sa bonne fortune du moment. Des éponges végétales, des shampoings et des gels douche aux arômes divers sont disposés tout autour de la baignoire. Elle s'en saisit et se lave consciencieusement, en évitant malgré tout la Marque de peur de raviver la sensation de brûlure.
Pourtant, l'elfe a certainement versé une ou plusieurs potions calmantes car ses ecchymoses s'estompent et toutes les douleurs qui les accompagnaient disparaissent elles-aussi. Elle se sent si bien qu'elle en oublierait presque les raisons pour lesquelles elle se trouve dans cette baignoire. Il est temps de s'occuper de sa chevelure. Elle attrape un shampoing à la rose et se lave trois fois les cheveux afin d'être sûre de leur propreté. Il ne lui reste qu'une chose à faire. Elle hésite longuement, pesant le pour et le contre, mais connaissant le sorcier, elle sait qu'il mettra sa menace à exécution. Elle attrape le pot de crème dépilatoire et badigeonne les parties de son corps concernées avec le contenant. Elle laisse agir une dizaine de minutes, suivant les recommandations du mode d'emploi. Quand elle en a terminé, elle se rince soigneusement, puis repose sa tête en arrière, sur le bord de la piscine et laisse ses pensées vagabonder.
Ses parents sont en Australie, ignorant qu'ils ont une fille. Dumbledore est mort. Harry est mort. Remus, Tonks, Lavande, ne sont plus également. Parmi les survivants, nombre d'entre eux sont prisonniers des Mangemorts. Qu'est-il advenu de Ron, de Neville, de Kingsley ? Ont-ils réussi à s'enfuir ? Organisent-ils la Résistance dans la clandestinité ? Savent-ils que les prisonnières sont réduites en esclavage auprès de Mangemorts sans pitié ? De chaudes larmes coulent de ses yeux sans même qu'elle s'en aperçoive. Reverra-t-elle un jour son père, sa mère, l'un de ses camarades ? Elle pleure longtemps. Ses paupières papillonnent et tout doucement, sans y prendre garde, Hermione dérive vers un sommeil réparateur.
Quand Severus, excédé qu'Hermione ait dépassé son temps imparti décide d'entrer dans la salle de bains, c'est pour trouver son esclave endormie dans l'eau moussante. Seuls son visage et son buste émergent de l'eau. Sa colère tombe aussitôt, il est troublé par le charmant tableau qui s'offre à son regard.
Ses reins s'enflamment en apercevant les jeunes tétons roses dépasser. Il brûle de la posséder, de la faire sienne dès maintenant, mais il saura être patient, c'est là l'une de ses principales vertus. Il a attendu très longtemps pour l'avoir, et veut que sa première fois - il sait qu'elle est vierge - soit mémorable. Il saura la façonner de telle sorte qu'elle se pliera à tous ses caprices, qu'elle le suppliera de la prendre, et des heures de plaisir charnel les attendent. Par Merlin, comme il a hâte d'être à ce jour !
De sa baguette, il fait disparaître l'eau, s'empare d'un drap de bain chaud et moelleux, descend les marches de la baignoire, et enveloppe avec une infinie tendresse la jeune fille dans le cocon de douceur. Le jeune visage est ravagé par les pleurs. Il passe délicatement un doigt sur les traces qui s'effacent aussitôt. Il n'en est guère bouleversé, il sait que ces dernières heures ont été cruelles pour elle, et que ce n'est pas fini, surtout maintenant qu'elle est entre ses mains. Il l'emporte vers sa chambre qui est contiguë à la sienne. Sa tête repose contre son torse, et il hume avec délice le délicat parfum de rose qu'exhalent ses cheveux qui lui chatouillent agréablement le nez.
Il la dépose sur le lit que Gandral a préparé pour elle. Quand elle est allongée, la serviette s'ouvre tout naturellement, et il ne peut s'empêcher de contempler le corps juvénile qui lui appartient. Les potions versées dans l'eau du bain ont réussi leurs effets, sa peau est à présent totalement indemne, sauf son sceau qui se détache sur le derme pâle, doux comme une pêche veloutée du Roussillon. Elle a obéi et s'est rasée complètement. Un sourire satisfait éclaire les traits du sorcier. Il caresse doucement sa Marque, empli par un sentiment possessif, et Hermione gémit. Il sent son sexe prendre de l'ampleur dans son boxeur. Il est à deux doigts de transgresser la promesse qu'il s'est fait d'attendre pour la posséder.
Malgré sa minceur, elle est magnifique. Il aime tout en elle : son visage finement ciselé, ses yeux ambrés, ses boucles brunes avec lesquelles il peut jouer comme avec des ressorts souples, sa poitrine absolument parfaite, ni trop petite, ni trop grande, ses jambes bien proportionnées, et sa jolie minette totalement glabre. Dans quelques semaines, elle retrouvera les formes qui étaient les siennes à la fin de la sixième année et qui l'ont tenu éveillé de longues heures dans son lit de Poudlard, l'obligeant à se soulager manuellement.
Quand son regard se pose sur une goutte d'eau échappée d'une mèche humide et qui se dirige vers un mamelon en laissant une traînée humide, Severus n'hésite plus et abaisse sa bouche sur le téton insolent qui semble le supplier de s'en occuper. Il l'aspire lentement, buvant le liquide, et fait tourbillonner sa langue autour du petit caillou qui durcit et grossit dans sa bouche. De petits gémissements de plaisir s'échappent des lèvres boudeuses entrouvertes. Enhardi par ce succès, le sorcier poursuit son traitement sensuel. Sa main s'empare du sein jumeau et son pouce agace la pointe jalouse tandis qu'il lèche, aspire, mordille le premier téton, provoquant des bruits de succion plus qu'érotiques. Son sexe est plus que dur, et il brûle de l'enfoncer dans le doux réceptacle féminin. Il fait un violent effort sur lui-même pour se contenir. Après tout, il dispose d'une autre esclave dans l'aile ouest du château qui sera plus qu'heureuse de lui apporter le soulagement dont il a tant besoin.
Il se relève, sèche les longs cheveux d'un simple Sort Informulé. Il la vêt de l'une des nombreuses chemises de nuit qui garnissent l'armoire en merisier. Il remonte le drap et la couverture sur son corps. Il jette un dernier regard sur la forme endormie. Il va la laisser se reposer de tout son soûl, elle en a grandement besoin après son séjour dans l'un des cachots Malfoy. Ensuite, il lui expliquera les Règles...
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SP SP SP
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Hermione ouvre difficilement ses paupières, lourdes comme du plomb. Tout son corps est douloureux, comme si un rouleau-compresseur lui est passé dessus plusieurs fois. A contrario, elle se sent tellement bien dans la douceur ouatée qui l'enveloppe ! Peut-être a-t-elle simplement rêvé être l'esclave de Rogue ? Elle est certainement au Square Grimmaurd, dans la chambre allouée par Harry, et dans quelques secondes la voix de Ron, joyeuse et forte va éveiller toute la maisonnée... Mais une voix caverneuse la ramène dans la triste réalité.
"Mademoiselle ! Vous êtes enfin réveillée. Vous avez dormi plus de quarante-huit heures. Vous devez faire votre toilette et prendre votre petit déjeuner avant que le Maître ne revienne !"
Ses yeux s'ouvrent sur l'elfe qui les a reçus. Sa ressemblance avec Dobby est si frappante qu'elle demande tout en s'asseyant avec difficulté sur le lit s'ils n'ont pas un lien de parenté. Son regard examine les lieux. La chambre est grande, meublée avec goût. Tout le mobilier est en merisier. Il y a même une coiffeuse sur laquelle trônent brosses, onguents et parfums. Une grande fenêtre à carreaux donne sur le jardin. Il fait beau, elle entend même le gazouillis des oiseaux dans les arbres. Mais la voix inquiète de Gandral la presse :
"Venez, il faut obéir avant son retour, sinon nous serons punis !"
Hermione ne veut pas que l'elfe reçoive une correction ou se l'administre lui-même par sa faute, sa nature empathique ne peut l'accepter. Elle laisse échapper un soupir, se lève malgré les courbatures et se dirige vers la petite salle de bains attenante à la chambre, dont la porte est déjà ouverte. La dernière chose dont elle se souvient avant de s'endormir, c'est qu'elle prenait un bain... Soudain, une pensée horrible traverse son esprit. Quand elle interroge l'elfe, elle devine qu'elle ne va pas apprécier la réponse :
"Gandral, c'est vous qui m'avez amenée dans cette chambre, l'autre jour ?"
Les oreilles de l'elfe s'abaissent, ses yeux deviennent fuyants quand il avoue :
"Non Mademoiselle, c'est le Maître."
Hermione est conduite par l'elfe dans un immense salon aux meubles anciens mais de qualité. Plusieurs tableaux ornent les murs. Certainement des ancêtres de Rogue, si l'on se fie à la ressemblance de leurs traits, notamment des yeux noirs d'encre. Les portraits la scrutent avec curiosité. Ses orbes sont immédiatement attirés par la gigantesque bibliothèque regorgeant de centaines d'ouvrages anciens, mais un tapotement l'oblige à se détourner pour se retrouver devant son geôlier. Il est assis dans un fauteuil de cuir chocolat, les jambes légèrement écartées, sa baguette à la main. Il la détaille des pieds à la tête, le regard appréciateur, un sourire arrogant aux lèvres. Que ne donnerait-elle pour pouvoir lui effacer cette étincelle triomphaliste !
Effectivement, Severus est satisfait de ce qu'il voit. Elle porte la robe vert émeraude, au profond décolleté, ne cachant rien de sa Marque, qui s'arrête au-dessus des genoux et qu'il souhaitait qu'elle mette. Gandral a apparemment su trouver les mots pour qu'elle lui obéisse. Il sent la jeune fille sur le-qui-vive, incertaine de ce qui va suivre. Il peut lire une lueur d'appréhension au fond des yeux ambrés, renforcée par le grignotage de sa lèvre inférieure, même si elle fait de son mieux pour afficher une certaine bravoure.
Brave petite Gryffondor. Elle sera l'esclave parfaite pour moi...
Il se lève du fauteuil, et sa silhouette immense se déplace devant Hermione. A l'aide de sa baguette, il soulève le petit menton afin que son regard ne perde rien des émotions qui se jouent sur son visage. Il sent un léger tremblement qui se communique à la tige de bois. Sa voix profonde et soyeuse déclare posément :
"Aujourd'hui nous allons travailler sur la première des règles que tu devras absolument respecter.
Pour commencer, chaque fois que tu t'adresseras à ma personne, ce sera avec le respect approprié. Je vais accepter comme référence unique : Maître. M'appeler autrement sera, bien sûr, puni. De plus, tu n'es pas autorisée à prendre la parole, à quelques exceptions près. Sauf interdiction formelle, tu peux me supplier sans autorisation ou tu peux demander la permission pour poser une question. Par contre, en présence d'étrangers, tu ne prendras jamais la parole, sauf si je t'y engage. Comprends-tu, esclave ?"
Il l'observe comme un insecte sous un microscope, guettant une réaction. Les pensées de la jeune fille défilent à toute allure dans sa tête. Elle songe un instant à faire semblant de se soumettre, de jouer à ses petits jeux malades afin qu'elle puisse gagner sa confiance et pouvoir tenter une évasion plus tard. Mais en même temps, se prosterner si facilement devant ce monstre, c'est trahir tous les hommes et femmes, sorciers ou moldus qui sont morts en s'opposant à Voldemort et son système, toutes celles et ceux qui ont été torturés ou perdu des êtres chers et qui continuent de lutter pour leur liberté. Ce serait trahir Harry, mort en voulant les sauver. Non, elle ne peut pas, elle ne doit pas flancher.
Hermione rassemble tout son courage, refusant d'écouter son cœur qui cogne si fort dans sa poitrine. Elle espère que sa voix ne va pas marquer d'hésitation, qu'elle ne sera pas tremblotante. Elle prend une profonde inspiration et répond en affichant une assurance qu'elle est loin d'éprouver, s'obligeant à croiser le regard froid du sorcier :
"Non Rogue, je ne serai pas votre esclave. Vous pourrez peut-être me faire crier, ou trembler de terreur, ou encore me faire sangloter dans la douleur, mais vous ne m'obligerez pas à vous appeler Maître. Jamais, vous m'entendez ? "
Le sorcier plisse ses yeux sombres comme l'enfer, son regard dardé sur elle, mais il n'y a pas de colère, seulement un examen attentif de ses paroles. Après quelques secondes, le ton plein de sarcasme résonne aux oreilles de la jeune fille :
"Oh, oh, petite esclave rebelle, je crois qu'il est temps de commencer ta formation..."
Hermione n'ose imaginer ce que sous-entendent ces paroles. Elle n'a d'ailleurs pas le temps de réfléchir plus avant que Rogue l'entraîne vers les cachots sa main de rapace enserrant son poignet. ils traversent de nombreux couloirs de plus en plus sombres, dévalent des marches interminables, et enfin ils s'arrêtent devant une porte en bois sombre. Elle frissonne de froid et de peur, le couloir est si lugubre, seulement éclairé par quelques torches. Le sorcier ouvre la porte qui s'ouvre dans un grincement sinistre, et la pousse fermement à l'intérieur.
La pièce ressemble à une chambre de torture du Moyen Age. Il y a une table avec des bracelets en cuir intégrés, répartis deux par deux, ainsi qu'un coffret en bois, comportant certainement des instruments terrifiants dont elle n'ose imaginer l'utilité. Des chaînes en fer pendent du plafond et un tout un mur est garni de fouets, cravaches, martinets, chaînes, palettes et autres dispositifs horribles. Hermione repère quelques autres machines et pièces de mobilier qu'elle ne reconnait pas. Il y a même une immense croix en bois dans un angle de la pièce. Son cœur se met à pulser plus vite, sa lèvre inférieure se met à trembler, ses yeux ressemblent à des soucoupes. Severus ne perd rien des émotions qui traversent le visage de son esclave. La voix soyeuse s'élève tout près d'elle :
"Tu vas m'appeler Maître, et si tu me supplies correctement, je ferai cesser ton châtiment...
- Jamais !" crache Hermione en mettant dans sa voix tout le mépris qu'elle ressent pour le Mangemort, priant pour que sa voix ne produise pas trop de trémolos. Mais bien sûr c'est trop demander, son ton est plus aigu que d'ordinaire.
Un sourire étire les lèvres fines de ce dernier. Il savait qu'elle lui tiendrait tête, elle n'est pas Gryffondor pour rien ; il souhaitait sa rébellion. Il a remarqué l'infime tremblement de sa voix. Il anticipe la jouissance qu'il va éprouver à la faire plier.
"J'espérais que tu répondrais cela. Je vais prendre plaisir à te briser, esclave... avoue-t-il tranquillement, comme s'il discutait de la pluie ou du beau temps.
- Je vous interdis de m'appeler comme ça, Servilus !" éructe la jeune fille avec méchanceté.
Le sourire du Mangemort s'efface soudainement. Il devient blême. Comment connaît-elle ce surnom que lui a donné Sirius Black quand il était adolescent ? Il réfléchit rapidement et se souvient de la dernière séance d'Occlumencie donnée à Potter. Ce dernier a dû raconter ce qu'il avait vu à ses deux amis. Il serre tellement ses mains que ses jointures blanchissent. Il inspire lentement par le nez pour recouvrer son sang-froid. D'un mouvement de baguette, Hermione se retrouve les mains prises dans un bracelet de cuir, lui-même attaché à un anneau dont une partie est encastrée dans le mur. Elle est poussée brutalement face à la paroi, se retrouvant en équilibre instable, sur la pointe des pieds. La voix du sorcier, froide, chuchote dans le creux de son oreille :
"Dans moins d'un quart d'heure tu t'adresseras à moi en tant que Maître et tu me supplieras de t'épargner."
Hermione voudrait répondre par la négative, mais la peur qui l'étreint l'en empêche. Le sorcier recule légèrement et, tranquillement, se délectant des frissons de dégoût qui parcourent la peau satinée sous la touche de ses doigts, fait glisser les bretelles de la robe qui tombe aux pieds de la jeune fille. Ses longs cheveux recouvrent son dos. D'un geste curieusement empreint de délicatesse, il relève sa chevelure et la fixe à l'aide d'une pince au-dessus de sa tête. Elle entend ses pas qui s'éloignent. Il décroche un objet. Quand il revient, il tient un fouet dans sa main droite, mais elle ne peut le voir. Un bruissement de tissu se fait entendre à proximité. Elle s'inquiète, une peur irraisonnée la fait frissonner. Non, non ! Il ne va pas, il ne peut pas... Mais Rogue a seulement ôté sa robe de sorcier. Il est en chemise et pantalon noirs. Il ne tient pas à ce que ses vêtements entravent ses mouvements qui doivent être d'une précision quasi-chirurgicale.
Il lance son bras une fois, faisant claquer l'instrument de sa torture contre la pierre, à deux doigts de son visage. Dans la panique, Hermione sursaute violemment et tire sur ses appuis, lui faisant presque perdre l'équilibre. Severus est satisfait. Il peut sentir le parfum particulier de la peur titiller ses narines, et il apprécie. Il ne perd rien de l'accélération de sa respiration, comme sa poitrine monte et descend plus vite, et ses petites narines qui palpitent. Elle fait de son mieux pour contenir sa terreur mais elle craquera, il le sait, elle le sait, même si elle ne veut pas encore se l'avouer...
"Dix coups devraient suffire, pour une première fois, esclave..." annonce d'une voix mortellement calme son bourreau.
La première grève qui l'atteint dans le dos, surprend Hermione et lui coupe la respiration. Elle n'a pas le temps de récupérer que la deuxième s'abat violemment sur son postérieur. Chaque coup entraîne une douleur cuisante qui se transforme en une intense sensation de brûlure. Severus assène le fouet méthodiquement, sans se presser, ne frappant jamais deux fois au même endroit le dos, les fesses, les jambes, laissant à chaque passage sur la fine peau d'albâtre une longue traînée rouge. Il est un expert dans l'art d'administrer le fouet et sait que les blessures qu'il inflige ne laisseront pas de cicatrices, il ne tient pas à abîmer le derme de son esclave, il s'est donné trop de mal pour l'obtenir, surtout avec Antonin et Fenrir désirant la posséder eux-aussi.
"Je te conseille de ne pas bouger si tu ne veux pas que je te fasse plus mal que prévu..." énonce sur un ton laconique le tortionnaire.
Hermione s'est promis de ne pas lui accorder le plaisir de l'entendre crier sa souffrance, mais à la cinquième grève, un cri aigu franchit ses lèvres. Elle ne reconnaît pas sa propre voix. Des larmes brûlantes s'échappent de ses orbes.
Un sourire éclaire les traits du sorcier. Il sait que son esclave commence à lâcher prise, qu'elle ne va pas tarder à implorer sa clémence. Il la fouette encore : une fois, deux fois, trois fois, se délectant de l'entendre hurler et de la voir se tortiller désespérément pour échapper à la lanière qui poursuit sa tâche implacablement, s'abattant sans relâche sur le derme délicat.
Pour la jeune fille, soudain, c'est l'humiliation ultime : sa vessie lâche et elle sent l'urine qui coule sur ses jambes, semblable à de l'acide qui brûle ses blessures et ajoutent à sa misère. Au coup de fouet suivant, elle est prête à donner à Rogue ce qu'il veut. Mais ses oreilles se mettent à bourdonner ; un gémissement sort de ses lèvres avant qu'elle ne tombe de tout son poids, retenue seulement par le bracelet de cuir qui pénètre et cisaille sa peau. Elle ne sent plus rien, il lui semble percevoir un juron avant de sombrer dans les ténèbres qui lui fournissent une éphémère victoire.
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* Suaviter sed fortiter = Doucement mais avec force, devise empruntée à la famille de Muyser (Duché de Brabant), et qui pour moi définit bien Severus Prince.
N'oubliez pas qu'un commentaire, même bref, me fait sauter au plafond ^^, et que c'est le seul "salaire" des auteurs de fictions...
