1 er Septembre
Lever du soleil, quelque part dans la forêt .
Robin prit ses sacs et pour la cinquième fois aujourd'hui soupira au poids de ceux ci.
Franchement qui a besoin de tant de sac? Il se remit à marcher.
Qui a besoin d'autant de vêtement? De tee-shirt en coton, de polo et de pull? C'est décidé, je vais abandonner certains sacs.
Aussitôt dit, aussitôt fait, pas un,pas deux mais trois sacs atterrirent contre un arbre. Il sourit, remet les autres sacs sur son dos et repart dans sa direction quand à peine 3 pas plus loin, il entend:
" Robin James Robert Locksley. Pas un pas de plus". Surpris, il se figea en entendant la voix aiguë derrière lui. La voix se rapproche en continuant:
" Tu as intérêt de ramasser ces sacs aussi vite que tu les balancés!"
Pour ne pas exciter le courroux maternel, Robin fait volte-face et ramasse les trois sacs d'un seul geste et les serre contre lui comme une protection pour les éventuelles conséquences physiques tout en plaquant un sourire sur son visage. Le même sourire qu'il abhorre à chaque bêtise et toute les fois où il est pris en flagrant délit.
Après quelques instants, il ne peut plus supporter le silence et le regard intense de sa mère.
_" Je suis désolé Maman. Je te demande pardon. Je n'aurai pas dû le faire ."
_ " Faire quoi Robin?", elle appuie bien sûr son prénom.
_ " Balancer les sacs? Contre un arbre?", sa mère fronce les sourcils à son ton incertain.
_ " Ça ira cette fois!" Elle soupire. "Robin, qu'est ce qui ne va pas? Et n'ose pas me répondre que rien ne te dérange !"
_ " Maman! Rappelle moi pourquoi je dois aller dans cette école? !
_ "Robin, c'est sans doute la meilleure école de tout le continent!"
_ " D'accord. Rappelle moi pourquoi je dois aller à l'école quand je pourrais rester m'occuper de toi, des hommes, du camp. Vivre comme on l'a toujours fait: dans la nature?!" Le visage de sa mère fait miroir au sien. La même forme du visage, des yeux bleu perçant, le nez droit, les fossettes. Robin a toujours pensé qu'il ressemblait à sa mère. Et elle a toujours dit qu'il était le portrait craché de son père. Il n'a jamais pu contredire puisqu'il n'a aucun souvenir de son père. Même pas l'ombre d'une voix ou d'une chaleur paternelle. Rien.
_ " Robin. Tu sais bien pourquoi. S'il te plaît, c'est déjà assez difficile. Je ne veux pas que tu t'en aille alors si toi aussi tu ne veux pas partir. ….Tu comprends je….je ne pourrais pas. Nous sommes en danger."
La pauvre femme semble au bord des larmes.
_ " Maman. Je ne comprends toujours pas comment je vais me protéger la forêt en étant cloîtrée dans un asile pour riche!"
_ " Robin" Le ton de sa mère est assez pour la dissuader Robin de prolonger l'argument.
_ " Très bien maman. J'y vais mais sache que je ne suis pas d'accord et que j'y vais principalement pour te faire plaisir!".
_ " Et je t'en remercie, mon chéri. "
_ " Et que je détesterai cette endroit de tout mon coeur. Je déteste déjà cette prison dorée pour adolescents riches et prétentieux."
_ "Comment peux - tu en être si sûr Binbbin?"
_ " Ok, d'abord maman. Ne m'appelle plus jamais comme ça et je le sais parce que ces gens là ne sont pas comme moi. Et je n'aimerai aucun d'eux. Je hais cette école de toute mon âme!" Le dégoût dans sa voix ne fit qu' amuser sa Mère davantage. Quel naïveté!
_ "Binbbin c'était comme ça que ton Papa t'appelait!"
_ "Peter ne m'a jamais appelé comme ça! "
_ " Robin tu sais bien ce que je veux dire! Je parle de Robert ton père!"
_ " Mon père est celui qui a nourri, logé et protégé ma famille. Pas celui, qui nous abandonné ma mère et moi. Et certainement pas celui qui la battait, celui qui est parti en volant et pillant NOS affaires. Alors non Robert n'a pas été et n'est pas mon père!"
_ " Robin…." Bien sûr, Robin se sent coupable de mettre sa mère dans un tel état mais sur ce sujet il ne veut rien entendre. Cette personne n'est pas un père pas même un homme. Rien. Même les animaux se traitent mieux entre eux.
Peu importe mieux vaut ne pas penser à ce genre de chose.
_ "Maman peu importe. Et puis j'ai entendu dire que les filles la bas on des griffes à la place des ongles et des cros à la place des dents!" Sa mère se met à rire devant les mimiques ridicules de son fils.
_ Et comment buveraient-elles dans leur minuscule tasse de thé avec ça! Tu verras qu'elles sont très belles et certainement plus nombreuse qu'au camp. Et puis les gens doivent penser la même chose des filles qui vivent dans la forêt!"
Elle n'a sans doute pas tort là!
_ " De toute façon je ne suis pas intéressé!"
Sa mère le regarde curieusement.
_ " Ah et pourquoi? Marian t'a rendu ton statut de célibataire que je sache!"
Le voilà, le sourire malicieux que sa mère fait dès qu'elle lui parle de fille ou qu'elle a espionné une de ses conversations.
_ " Comment tu sais ça maman! Non, laisse moi deviner! Un arbre te l'a dit! Ce n'est pas ce qu'elle a dit. Elle est bouleversée pour l'instant elle m'a simplement dit que je suis célibataire maintenant!
Le déni est profondément marqué sur son visage.
_ " Ah mais comment! Tu ne l'étais pas déjà!"
Sa mère n'a jamais apprécié que Marian et lui soient ensemble.
_ " Maman, pas encore!"
Étant donné que Marian est déjà promise au fils de Nottingham. A quoi bon? Ça ne te donnera que des idées folles. Comme l'enlever et vous enfuir loin par exemple. C'est ce qu'elle lui avait toujours dit.
_ " Non non! Il n'y a pas de bague à ton doigt ni au sien ! Pour moi tu étais déjà célibataire! Et puis qui sait le jeune fille du pommier changer peut être ça!"
_ " Maman! Faut vraiment que tu arrêtes d' épier les conversations des gens!"
_ " Mon chéri, tu sais bien que dans la forêt ça résonne! Et que quand ça résonne n'es oreilles sonnent!"
Robin rit de bon coeur et sa mère le suivit à gorge déployée et ensemble, ils traversent la forêt. Robin jette un regard pas si discret en apercevant le pommier ce qui lui vaut un sourire malicieux de sa Mère. Puis, ils arrivent à la muraille qui sépare l'école des bois et s'arrête.
_ "C'est trop dangereux pour toi de traverser maman!"
_ " Je sais mais mais j'aimerai tellement t'accompagner mon chéri ! Comme tu as grandi! Nous sommes tous très fiers de toi!"
Sa mère cligne des yeux pour essayer de dissimuler les larmes qui arrivent.
_ " Merci maman. Je t'aime. Je ne vous deceverai pas! Prends soin de toi. Du camps. Et si JAMAIS vous avez besoin de QUOIQUE CE SOIT ! N'hesite pas!"
_ "Je sais! Je t'aime Robin James Robert Locksley! Âme !
_ "Moi aussi maman! Moi aussi! Coeur !"
Robin saute par dessus le mur et attend d'entendre sa mère s'éloigner en reniflard un peu. " âme-coeur" ça a toujours été leur façon de se dit au revoir. Petit, ils s'amusaient à le faire quand sa mère devait partir, l'écho dans les bois prolongeait le jeu à l'infini
