Merci à toutes celles qui m'ont laissé des commentaires, c'est très apprécié.

Je voulais publier ce chapitre plus rapidement mais des ennuis de santé m'ont obligée à retarder sa sortie. Je mettrai moins de temps pour le prochain.

Damon, Elena, Bonnie et Caroline sont en pleine discussion quand Stefan rentre chez lui. Tout le monde se tait en avisant sa présence. Il leur sourit, se sert un verre et s'installe confortablement dans un fauteuil.
—Continuez. Faites comme si je n'étais pas là.
Elena, qui a toutes les raisons de lui en vouloir, pince la bouche, se tourne vers Damon en lui tournant ostensiblement le dos, et reprend la discussion.

Il s'agit apparemment d'essayer une fois de plus d'éliminer Klaus car Elena et Damon s'inquiètent de ce qu'il mijote au sujet de Caroline.

Stefan serre les dents et s'abstient d'intervenir. Il sait par expérience que s'énerver ne sert à rien quand Elena a une idée dans la tête. Ce qu'il doit faire, c'est discuter avec Damon seul à seul, le persuader que c'est inutile pour l'instant.

Il se lève et se rend finalement dans la cuisine pour aller boire une poche de sang tout en continuant à écouter la conversation. Caroline est celle qui est la moins favorable à la mort de Klaus, elle leur rappelle qu'il lui a quand même sauvé la vie.

Stefan est content qu'elle aille bien, sincèrement, mais l'idée que Klaus est allé jusqu'à chez elle et lui a donné son poignet pour qu'elle boive son sang l'énerve au plus haut point. L'Original a forcément une idée derrière la tête et Stefan préfère penser que c'est par vengeance plutôt que parce qu'il s'intéresse à elle d'une façon qu'il ne veut même pas imaginer une seconde.

Apparemment Elena pense comme lui car quand elle répond à Caroline, il entend le doute dans sa voix.

Ils discutent encore quelque minutes sur une stratégie à adopter mais sans vraiment se décider, et finissent par se disent bonne nuit en raison de l'heure tardive.

Stefan se retrouve enfin seul avec Damon qu'il rejoint dans le salon.
Son frère hausse les sourcils tandis qu'il se sert un nouveau verre.
—Je ne t'ai pas entendu t'exprimer ce soir, Stefan. Je croyais pourtant que tu voulais te venger de Klaus.
Stefan garde un visage impassible, s'assoit face à son frère et répond le plus calmement possible.
—On ne doit pas le tuer.
—Oh, et pourquoi ça ? C'est à cause de lui que Tyler a mordu Caroline et qu'elle a failli mourir !
—Mais il l'a sauvée ! En plus on ne sait pas ce qu'il y a dans le quatrième cercueil, on peut avoir besoin de lui le jour où on arrivera à l'ouvrir.
Damon lève les yeux au ciel avec un petit sourire.
—On peut aussi tuer Klaus et balancer ce cercueil au fond de la mer. Et hop, on est débarrassé des deux.
La mâchoire de Stefan se contracte pendant qu'il réfléchit. Il a bien remarqué que son frère semble guetter chacune de ses réactions, il doit donc être prudent.
—C'est une mauvaise idée. Après tout, on ne sait pas ce qu'il y a dans ce cercueil, ce qu'il contient pourrait très bien nous être utile.
Damon plisse les yeux.
—Je crois définitivement qu'on doit se débarrasser de lui. Le plus tôt possible. Je vais appeler Alaric pour lui dire de passer demain.
Non !
Stefan n'a pas pu empêcher le cri de sortir de sa gorge. Il essaye de calmer la panique qui l'a envahi brusquement et passe la main sur son visage en tentant de reprendre un air indifférent.
Damon hausse les sourcils et sourit ironiquement.
—Mmh, laisse-moi récapituler ça. On ne tue pas Klaus parce qu'il pourrait nous être utile contre le cercueil, et on ne se débarrasse pas du cercueil parce qu'il pourrait nous être utile. Contre Klaus peut-être ? Stefan, rappelle-moi pourquoi tu veux te venger de Klaus déjà ?
—Il a voulu te tuer ! Et tuer Elena !
—C'est vrai. Mais on est toujours là? Et Elena ne craint plus rien vu que sans elle, il ne peut pas créer d'hybrides.
—Il m'a obligé à le suivre et à tuer des gens.
—Tu es un vampire, Stefan. Tu as déjà fait ça des centaines et des centaines de fois en plus de cent ans.
Stefan laisse son regard se perdre dans l'alcool au fond de son verre et donne son dernier argument à voix basse.
—Il a utilisé la compulsion sur moi.
Damon fait une grimace en haussant les épaules.
—Et ?
Son frère n'a pas l'air de le prendre au sérieux ce qui ne fait qu'accentuer l'énervement que Stefan éprouve depuis qu'il est rentré.
—Il m'a hypnotisé ! Il m'a privé de ma liberté quand on était au gymnase.
—Et ? répète Damon. C'est Klaus, je te rappelle. C'est tout à fait le genre de choses qu'il a l'habitude de faire.

Stefan se lève, frustré de ne pas réussir à faire comprendre son point de vue par son frère.
—Il n'avait pas à faire ça sur moi ! J'étais avec lui volontairement ! Il... il m'a trahi !
—Trahi ? Pour qu'il y ait trahison, il faut qu'il y ait… je ne sais pas moi, un rapport de confiance entre vous. C'est le cas Stefan ?
Stefan ne répond pas conscient d'avoir révélé plus qu'il n'en avait l'intention.
Damon a l'air maintenant à la fois moqueur et suspicieux comme s'il venait soudainement de comprendre quelque chose. Il se lève, s'approche de son frère et observe son visage.
—Quel genre de relation vous avez exactement tous les deux ? Parce que je ne vois vraiment pas en quoi il t'aurait trahi. Il t'a menacé, fait du chantage, trimballé à travers le pays, obligé à redevenir l'assassin que tu étais, ok. Mais trahi parce qu'il a utilisé la compulsion ? C'est juste un détail...
Stefan sursaute à ce mot. Pour lui ça n'a rien d'un détail, au contraire. C'est ce qui a brisé le lien qui existait entre lui et Klaus, et la peine qu'il ressent s'entend fait trembler un peu sa voix quand il répond à son frère.
—Tu ne comprends rien Damon. Il n'aurait jamais dû faire ça. Pas après tout ce qu'on a-
Stefan s'arrête avant d'en dire trop. Son frère ne connait pas son passé avec Klaus et c'est aussi bien ainsi.
—Tu ne comprends pas.
Stefan se détourne et repose un peu brusquement le verre qu'il vient de se resservir. Il a peut-être trop bu ce soir, c'est pour ça qu'il se sent si triste et fatigué et incapable de garder une attitude impassible avec son frère. Il connaît Damon mieux que personne. Évidemment qu'il a entendu la note désespérée dans sa voix, et il n'a sûrement pas manqué non plus de remarquer toutes les émotions qu'il essaye vainement de cacher. Il lui en a déjà bien trop dit.
—Je crois qu'au contraire je commence à très bien comprendre. Tu ne m'as pas répondu d'ailleurs. Qu'y a-t-il entre vous deux ? Parce qu'il y a quelque chose, c'est évident.
Damon le regarde pensivement à présent, il semble même un peu inquiet.
—Je ne vois pas ce que tu veux dire. Je te l'ai dit, il m'a trahi, je veux me venger. Ça s'arrête là.

Stefan a répondu d'une voix blasée, comme si le sujet ne l'intéressait plus, et se dirige vers sa chambre soudain pressé d'en finir avec cette conversation.
—Mais oui bien sûr Stefan. C'est pour ça que tu avais l'air si bouleversé à l'idée de sa mort.
Damon pose son verre sur la table et une fraction de seconde plus tard, il bloque le passage à Stefan.
—Puisque tu en pinces pour ce... cet Original, ça ne te dérange pas trop si je me rapproche d'Elena.

Son ton moqueur, la façon dont il tourne en ridicule ce qu'il éprouve pour Klaus et surtout le fait que Stefan sait très bien que Damon est loin d'avoir attendu sa permission avant de se rapprocher d'Elena ont raison de son calme apparent et il laisse éclater sa colère en levant son poing pour frapper son frère.

Mais l'aîné des Salvatore, qui a beaucoup moins bu, arrête son geste et pose une main sur l'épaule de son frère. Il n'y a plus aucune moquerie dans sa voix quand il lui dit d'une voix douce:

—Tu devrais prendre le temps de réfléchir un peu à tout ce que tu ressens, Stefan. Oublie cette histoire de cercueils et d'hybrides et demande-toi ce que tu désires vraiment.

Damon est assis au comptoir de son bar préféré à flirter outrageusement avec la nouvelle serveuse quand son instinct l'avertit d'un danger. Son regard fait le tour de la salle et tombe sur Klaus qui se dirige vers lui, l'air de mauvaise humeur. Qu'est-ce que son frère peut bien lui trouver ? se demande-t-il encore une fois.

—Où est Stefan ?

Damon sourit. Il y a au moins une chose qu'il apprécie chez l'Original, c'est qu'il va toujours droit au but.

—Mon petit frère te manque, Klaus ?

—Où est-il ?

Rien que pour le plaisir d'énerver Klaus, Damon se tourne tranquillement vers la serveuse et lui fait signe de lui servir un autre verre qu'il prend tout son temps pour boire à petites gorgées.

Klaus ne dit rien, debout à côté de lui, les yeux fixés sur lui, seule une petite crispation de la mâchoire trahit son impatience.

Damon l'observe à son tour par-dessus son verre en se demandant s'il sait ce que Stefan ressent pour lui, et ce que lui ressent pour Stefan. Jusqu'où la relation entre ces deux-là a-elle bien pu aller. Pas très loin à en juger par le fait, qu'il y a quatre jours, son frère avait plutôt l'air de ne pas du tout savoir où il en était. Mais quand même suffisamment loin pour faire naitre entre eux quelque chose de particulier.

Jusqu'à sa discussion avec son frère, Damon n'avait jamais vraiment réfléchi aux raisons qui avait poussé Klaus à vouloir Stefan à ses côtés, mais depuis il se posait beaucoup de questions. Et il avait bien l'intention de trouver des réponses.

—Assieds-toi, je t'offre un verre.

Klaus serre les lèvres, puis soupire et s'assoit finalement sur le tabouret que Damon désigne.

La serveuse apporte un autre verre. Klaus s'en saisit et un sourire froid sur les lèvres demande où est Stefan pour la troisième fois..

—Pourquoi tu ne demandes pas à sa petite amie, tu sais, Elena ?

Le sourire de Klaus se fige brièvement sur ses lèvres et Damon ne l'aurait même pas remarqué s'il avait été moins attentif. Il retient à grand-peine un sourire de triomphe. Klaus n'aime pas entendre parler d'Elena. Ce vampire vieux de mille ans et qui fait peur à tout le monde serait-il jaloux, comme n'importe quel humain normal ?

—Il n'y est pas, j'ai vérifié. D'ailleurs, je pensais… je croyais qu'ils n'étaient plus ensemble ?

Une lueur d'incertitude traverse rapidement ses yeux bleus et Damon se rend compte que l'Original aussi a des failles. Il n'est pas que le sale type sans cœur qui ne cherche qu'à créer une armée d'hybrides comme il tente de le faire croire à tout le monde. Stefan semble être l'une de ses failles. Il n'a même pas évoqué les cercueils une seule fois.

Pour un peu, Damon éprouverait presque de la sympathie pour lui. Et il décide donc d'arrêter de jouer avec ses nerfs.

—Il est parti quelques jours. Il ne va pas tarder à revenir.

Klaus regarde son verre et Damon finit par se demander s'il l'a entendu quand il tourne brusquement la tête vers lui avec un air qu'il ne lui a jamais vu. Pour la première fois, il a l'impression de voir le vrai Klaus.

—Qu'est-ce que Stefan attend de moi ?

Damon se retient de lui dire que pour quelqu'un qui a vécu aussi longtemps que lui, il ne connaît pas grand-chose aux sentiments et à la psychologie. Au lieu de ça, il réfléchit quelques instants avant de répondre.

—Stefan accorde beaucoup d'importance à la confiance. Et toi, tu ne lui as pas fait confiance.

Klaus grogne d'un air exaspéré.

—Je sais tout ça. Je n'aurais pas dû le faire mais je l'ai fait. Et après j'ai fait tout ce qu'il m'a demandé. Mais il est toujours tellement en colère.

Damon soupire. Il va falloir lui mettre les points sur les i.

—Si tu le regrettes vraiment, alors excuse-toi. C'est tout ce qu'il attend de toi.

—M'excuser ?

Klaus le regarde avec les yeux légèrement écarquillés comme s'il n'avait jamais entendu ce mot avant. Et Damon se dit que ce ne doit pas être très loin de la vérité. Ce type n'est sûrement pas du genre à s'excuser ou à prendre en considération ce que les autres éprouvent.

—C'est tout ce que je dois faire ? M'excuser ? demande-t-il encore d'une voix incrédule.

Damon hausse les épaules sans répondre, après tout, ils n'ont qu'à se débrouiller entre eux.

Klaus finit son verre, descend du tabouret, et s'éloigne perdu dans ses pensées.

Damon l'observe quitter le bar et attrape son whisky en se demandant s'il doit considérer Klaus comme le futur petit ami de son frère, voire comme son futur beau-frère. Arg ! Une grimace dégoûtée s'affiche sur son visage à cette idée. Il vide son verre d'un trait pour oublier cette idée, et remarque Elena qui s'approche de lui. La charmante et ravissante Elena qui arrive enfin. Et Damon oublie aussitôt tout le reste.