DISCLAIMER : Tous les personnages et l'univers de Harry Potter appartiennent à JK Rowling.
Rating : M+
Genre : romance / slash / Yaoi
Partie 1 - Harry
C'est des jours entiers
Ployer sous un fardeau
Jamais léger
Toujours courber le dos
Avant toi
Avant toi laisse-moi te dire que
C'est traîner des pieds
C'est exister à peine
Désespérer
Que quelque chose advienne
Avant toi
Avant toi laisse-moi te dire
Avant toi c'était quoi
Sinon un préambule
Un long chemin de croix
Puis tout bascule
Avant toi c'était rien
Ou si peu que mon corps
Avant toi se souvient
De s'être senti mort
Chapitre 1
Mercredi 8 octobre 2008 – Hôpital Ste Mangouste
Pour le deuxième jour consécutif, Ron et Hermione sortirent d'une des cheminées qui donnaient accès au lobby de l'hôpital Ste Mangouste. Ils ne prirent plus la peine de passer par le bureau d'accueil, ils savaient exactement où ils devaient aller.
Ils prirent l'ascenseur qui menait au premier étage, au service des blessures par créatures magiques et se dirigèrent vers la chambre 104. Une lumière rouge clignotait au-dessus de la porte, indiquant que des soins étaient en cours.
-Je ne veux pas être pessimiste, mais ça semble mal parti, dit Urquhart Rackharrow depuis son portrait. J'ai entendu les guérisseurs dire que la blessure avait été causée par un loup-garou…
-QUOI ? glapit Hermione.
-C'est impossible, murmura Ron qui avait soudain pâli.
La porte de la chambre s'ouvrit au même moment sur Seamus Finnigan, accompagné de deux infirmières.
-Alors ? demanda avidement Hermione. Comment va-t-il ?
- Il n'y a pas d'amélioration, soupira Seamus. Sa fièvre n'a toujours pas diminué. J'ai posé un sort de refroidissement pour essayer de compenser.
- C'est vrai que c'est un loup-garou qui lui a fait ça ? demanda Ron.
Seamus lança un regard irrité à Urquhart Rackharrow, mais celui-ci avait, fort opportunément, quitté son portrait.
- Nous n'en savons rien, admit-il.
- Comment ça, vous ne savez pas ? s'énerva Ron. Si jamais…
- L'apparence de la plaie correspond à celle d'un loup-garou. Mais il ne présente aucun des effets habituels d'une contamination.
- C'est à dire ? demanda Hermione.
- Augmentation de l'agressivité, développement de la masse musculaire, rétractation pupillaire… énuméra Ron. Hm… je veux dire… ce sont les effets qu'on a observé chez Bill après qu'il ait été attaqué par Greyback, expliqua-t-il devant l'air étonné de Seamus.
- C'est bien ça, confirma ce dernier. Or, Harry ne présente aucun autre symptôme qu'une très forte fièvre.
- On peut le voir ?
Seamus hocha la tête et ouvrit la porte de la chambre.
Comme les jours précédents, Harry était allongé sur le lit en métal, le drap remonté jusqu'aux épaules. Son visage était luisant de sueur et sa respiration précipitée.
- Est-ce qu'il a repris conscience ? interrogea Ron.
- Par intermittence, dit Seamus. Et jamais suffisamment pour qu'on puisse l'interroger sur ce qui s'est passé.
Ron eut un claquement de langue exaspéré. En tant que Chef des Aurors, il était censé être informé de toutes les missions en cours et de tous les déplacements des équipes. Or, Harry semblait s'être lancé sur une piste, sans prévenir personne. Il avait été attaqué par on ne savait quoi, et il avait juste eu la force de transplaner à Ste Mangouste où il avait perdu connaissance.
- Cette fièvre persistante peut laisser supposer un empoisonnement, dit pensivement Hermione.
- C'est plus que probable, convint Seamus.
- Qu'est-ce que vous attendez pour le transférer dans le service des empoisonnements ? réagit Ron avec humeur.
- Harry a été admis pour une blessure par créature vivante. Pour le transférer dans un autre service, il faut que cette blessure soit traitée, sinon ils ne l'accepteront pas. Or, elle ne l'est pas car toutes les potions que je lui donne sont neutralisées par… ce poison.
Hermione ouvrit de grands yeux.
-Mais c'est complètement ridicule ce que tu dis là !
Seamus croisa les bras sur son torse, en une attitude défensive.
- Ah oui ? dit-il d'un ton aigre. Eh bien, tu aurais mieux fait de t'en préoccuper avant de soutenir les projets ridicules de cet idiot de Zacharias Smith ! Voilà à quoi a abouti son plan de restructuration et de refinancement des services de santé ! Un plan qui a été approuvé grâce à ton intervention, Madame la Sous-Secrétaire au Budget.
- Hé Finnigan ! intervint Ron. Tu ne t'en prends pas à ma femme, ok !
- Je m'en prends à tous ceux qui m'empêchent de soigner mes patients correctement !
Hermione baissa les yeux. Manifestement, elle n'avait pas pris la mesure de la situation.
- Il s'agissait avant tout de faire des économies, tenta-t-elle de se justifier. Certains départements étaient au bord de la faillite, raison pour laquelle le cloisonnement semblait une bonne idée…
- Eh bien, comme tu le peux le voir, ce n'est pas le cas. Voilà ce qui arrive quand des réformes sont mises en place par des bureaucrates qui ne connaissent rien de notre métier !
- Ecoute, je…
- Stop ! intervint Ron. Ce n'est pas le moment de discuter de ça ! Ce qui compte, c'est de soigner Harry. Seamus, il n'y a vraiment pas moyen de le faire voir par un spécialiste des poisons ? Même… en cachette ? Ou en faire venir un de l'extérieur ?
- Non, répondit Hermione à la place de Seamus. C'est contraire au règlement.
- On s'en fout du règlement ! s'énerva Ron.
- Peut-être mais Seamus risque sa place ! rétorqua Hermione.
- ET HARRY RISQUE SA VIE !
Seamus soupira lourdement.
- J'ai peut-être une solution.
- Laquelle ?
- Je ne peux pas vous en parler. Mais laissez-moi jusque demain matin. Si demain, rien n'a changé, je pourrai toujours le transférer à l'Hôpital O'Leary à Dublin ou à St Prosper à Paris.
Ron et Hermione se regardèrent avant de hocher la tête.
-On te fait confiance, Seamus, dit Ron.
- Merci.
Seamus sortit de la chambre et se passa la main dans les cheveux.
Une solution… C'était vite dit. Par Merlin, comment allait-il le convaincre de transgresser toutes ses foutues règles d'anonymat pour venir examiner un patient ? Ce patient-là en particulier…
C'était mission impossible.
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Dans la chambre, Ron et Hermione étaient toujours au chevet de Harry.
- On l'a abandonné, murmura Ron après un long moment de silence.
- Ce n'est pas vrai ! dit Hermione. Il.. il ne nous a rien dit ! Comment aurait-on pu deviner qu'il allait si mal ?
- Peu importe. Nous sommes ses meilleurs amis. On aurait dû s'en apercevoir.
- Ron…
- Tu sais que j'ai raison.
Hermione ne répondit plus rien. C'était la vérité. Ils avaient été tous les deux trop obnubilés par leurs carrières, leur mariage et la naissance de leur fille pour faire attention à Harry.
- A ton avis, pourquoi Seamus fait tant de mystères ? demanda-t-elle.
- Je n'en sais rien. Pour ne pas nous donner trop d'espoir, peut-être…
- J'espère qu'il ne fait rien d'illégal…
Ron eut un petit rire désabusé.
-Honnêtement, ça m'est égal. Tout ce que je veux, c'est qu'il parvienne à sauver Harry.
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Il était passé 23 heures et les couloirs de Ste Mangouste étaient déserts.
Au premier étage, le seul bruit qu'on entendait était le tic tac de l'horloge au-dessus du bureau d'accueil et le couinement des semelles en caoutchouc de l'infirmière de garde. A la lueur de sa baguette, elle passait dans toutes les chambres afin de vérifier que les patients dormaient ou n'avaient besoin de rien.
Après avoir refermé la dernière porte, elle éteignit sa baguette d'un nox informulé et retourna dans le local de garde, inconsciente de la présence de deux silhouettes tapies dans l'ombre, quelques mètres plus loin.
-C'est bon, chuchota Seamus en passant la tête à l'angle du couloir. On peut y aller.
Prudemment, et le plus silencieusement possible, il longea les murs, suivi de près par un autre homme, revêtu d'une longue cape noire dont la capuche était rabattue sur sa tête.
Arrivés devant la chambre 104, ils se glissèrent prestement à l'intérieur. Seamus alluma la lumière et plaça un sort de silence sur la porte.
-Voilà, dit-il. Le prochain tour de garde est dans deux heures. Il ne faut pas trainer.
L'homme qui l'accompagnait avait ôté son capuchon et fixait le patient d'un air impénétrable.
- Pourquoi ne m'as-tu pas dit qu'il s'agissait de Potter ? demanda Draco Malefoy.
- Parce que ça n'a aucune importance !
- Pour moi, oui !
- Et quoi ? s'énerva Seamus. Tu vas le laisser mourir à cause de vieilles rancunes ?
- Tu ne sais pas de quoi tu parles !
- Je sais qu'il va mourir si tu ne l'aides pas !
Comme Malefoy ne daignait pas bouger, Seamus perdit patience.
-Je te rappelle que c'est grâce à moi si l'Hôpital t'a engagé comme fournisseur agréé. Et je ne pense pas t'avoir demandé quoi que ce soit en retour !
Malefoy soupira lourdement. Il posa une petite sacoche par terre et se défit de sa cape qu'il jeta sur une chaise. Il s'approcha du lit et posa la main sur le front de Harry. Il était brûlant.
- Combien ?
- A 20 heures, il avait encore 39,5, dit Seamus. Il est soumis en permanence à un sort de refroidissement. Sans cela…
Malefoy ne fit aucun commentaire. Il ôta le drap qui recouvrait Harry. Ce fut un choc. Harry Potter n'avait jamais été très épais durant son adolescence mais il s'était remplumé après avoir intégré le programme de formation des Aurors. En tout cas, c'est ce qu'il lui semblait après l'avoir vu à l'époque, en couverture de Sorcière Hebdo. Or, l'homme qui était allongé devant lui était particulièrement maigre. Ses côtes étaient visibles, ses hanches saillaient sous son pantalon de pyjama.
- Depuis combien de temps ne se nourrit-il plus ?
- Nous n'en savons rien. Plusieurs semaines, voire plusieurs mois. Ron et Hermione n'ont rien vu.
Seamus ne releva pas le petit rire moqueur.
- Je lui administre des potions nutritives mais elles ne font aucun effet, pas plus que celles contre la fièvre. C'est pourquoi je pense qu'il a été empoisonné.
- Ça ne fait aucun doute. Reste à savoir par quoi. Il a été admis suite à une blessure par créature vivante, c'est ça ?
- Oui.
Avec des gestes précis et légers, Malefoy détacha le pansement qui se trouvait juste sous les côtes, laissant apparaître quatre longues lacérations espacées de deux centimètres.
- Au début, nous avons pensé à un loup-garou, dit Seamus, mais…
- Ce n'est pas un loup-garou, dit Malefoy, catégorique.
Contre toute attente, il se pencha et renifla la plaie.
- Les lacérations faites par un loup-garou dégagent une odeur de viande avariée et…
- Elles s'infectent très rapidement, acheva Seamus. Je sais mais…
- Il a d'autres blessures ?
- Non.
Malefoy eut un froncement de sourcils peu convaincu. Il se recula, comme s'il essayait de visualiser les circonstances de l'attaque. Puis, avec méticulosité, il se pencha sur Harry et examina chaque centimètre carré de peau sur son torse, ses bras et ses épaules.
- Que cherches-tu ? demanda Seamus.
- Aide-moi à le retourner.
Le médicomage obtempéra et tira Harry vers lui afin que Malefoy puisse examiner son dos.
- Ici ! dit ce dernier en montrant une toute petite tache brune au milieu de son omoplate.
- C'est un grain de beauté, non ?
- Non. C'est une piqûre. Potter a été attaqué par un nundu.
- Un nundu ?
Seamus réfléchit à l'affirmation de Malefoy. Il n'avait peut-être pas tort. Le nundu était une sorte de léopard géant qui, le plus souvent, tuait ses proies en les lacérant au niveau de la gorge ou des entrailles. Mais la bête avait également un dard au niveau de la queue. Un dard empoisonné.
Les lésions de Harry et sa forte fièvre étaient donc compatibles avec l'attaque d'un nundu. Seamus se fustigea de ne pas y avoir pensé plus tôt.
- Si comme je le crois, Potter s'est défendu en lui jetant un sort, continua Malefoy, le nundu a mis plusieurs secondes avant d'être immobilisé, à cause de sa taille imposante. Ça lui a laissé le temps de frapper Potter dans le dos et de l'empoisonner avec son dard.
- Et tu connais le remède à ce poison ?
- Oui.
Sans rien ajouter, Malefoy retourna vers la sacoche qu'il avait laissée par terre. Il murmura un sort et celle-ci se transforma en une armoire à tiroirs de taille moyenne.
- Waouh, commenta Seamus. Impressionnant.
- Et surtout très pratique. J'ai mis presque deux ans à la concevoir.
Il ouvrit plusieurs tiroirs pour en extraire différentes fioles qu'il posa sur une table toute proche. Il sortit également un erlenmeyer et des instruments de mesure.
- Tu auras assez de temps ? s'inquiéta Seamus en consultant sa montre.
- C'est une préparation à froid, répondit simplement Malefoy.
Seamus supposa que cela voulait dire oui et laissa Malefoy à ses ingrédients et à ses manipulations. Bientôt, on n'entendit plus que la respiration laborieuse de Harry et le tintement des instruments en métal contre le verre.
- Mais qu'est-ce qu'Harry faisait avec un léopard géant ? questionna Seamus après quelques minutes.
- Tu attends vraiment une réponse de ma part ?
- Non. Je me dis juste qu'il faudrait peut-être prévenir le Ministère s'il y a une bête sauvage qui se promène dans la ville…
- Le nundu est mort, affirma Malefoy. Ils ne survivent que quelques heures à peine, après avoir utilisé leur dard.
Le silence se réinstalla dans la chambre pendant un bon quart d'heure, durant lequel Malefoy continua de préparer son antidote.
- Malefoy ?
- Hum ?
- J'ai appris pour Mark. Je suis désolé.
- Pourquoi ? Tu n'y es pour rien.
- Je sais, mais…
- Vous n'êtes pas fatigués, vous les Gryffondors, de toujours porter le poids du monde sur vos épaules ?
- Ça s'appelle de l'empathie, Malefoy ! C'est quelque chose de normal, particulièrement envers un ami.
Pour la première fois depuis le début de l'échange, Malefoy leva les yeux de sa préparation et fixa Seamus.
- Toi et moi, on a couché ensemble, Finnigan. Ça ne fait pas de nous des amis pour autant.
- Merci de me rappeler pourquoi je t'ai quitté, Malefoy. J'avais presque oublié combien tu pouvais être un vrai connard par moment !
- Oh, ne me dis pas que je t'ai déçu. Après tout, je n'étais qu'un lot de consolation.
- Tu étais bien plus que ça, et tu le sais. Sinon je ne serais pas resté six mois avec toi.
- Tu es resté le temps de te remettre de l'immense déception de comprendre que ton amour de toujours était désespérément hétérosexuel. Et homophobe.
Seamus ne répondit rien. Malefoy se remit à l'ouvrage dans le silence le plus complet.
- C'est prêt, dit-il quelques minutes plus tard, en soulevant devant ses yeux une fiole remplie d'un liquide violet.
- Ok, dit Seamus. Je vais tenter de le réveiller un peu.
Il tapota les joues de Harry légèrement.
-Harry ! Allez, Harry, fais un effort… réveille-toi…
Harry gémit faiblement, sa tête dodelinant de gauche à droite. De la sueur perlait sur son front et le long de ses tempes.
-Reste tranquille, Harry, dit Seamus en inclinant sa tête vers l'arrière.
Puis il fit un signe à Malefoy, lui indiquant qu'il pouvait administrer la potion. A l'aide d'une longue pipette, Malefoy préleva du liquide violet et le fit couler dans la gorge de Potter. Celui-ci eut le réflexe de tousser mais Seamus lui referma la bouche pour le forcer à avaler. Avec une douceur étonnante, Malefoy posa sa main sur le front de Harry pour lui maintenir la tête en arrière.
- C'est bon, murmura-t-il. Il l'a ingérée.
- Combien de temps pour que la potion agisse ?
- Quelques minutes. La température devrait commencer à baisser.
Ils patientèrent un petit moment, puis Seamus leva le sort de refroidissement et fit apparaître un thermomètre magique qu'il plaça sous la langue de Harry.
-38,9. Par Merlin, ça fonctionne ! soupira-t-il avec soulagement.
Malefoy hocha la tête et remit la fiole de potion à Seamus.
-5 gouttes toutes les deux heures. Le poison devrait avoir complètement disparu au matin. Sa fièvre aussi.
Sur ces mots, il agita sa baguette pour nettoyer son matériel. Sitôt les coupelles, les instruments et les fioles rangés à leur place dans l'armoire, il lui redonna l'apparence d'une simple sacoche. Puis il enfila sa cape et rabattit son capuchon sur sa tête.
- Merci Draco, dit Seamus. Merci d'avoir sauvé Harry.
- Je veux que tu me donnes ta parole qu'il n'en saura jamais rien.
Seamus soupira lourdement.
- Draco…
- Ta parole, Seamus.
- D'accord. Tu as ma parole.
- Bien.
L'instant d'après, Malefoy avait disparu.
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Jeudi 9 octobre 2008 – Hôpital Ste Mangouste
Harry papillonna des paupières. Une forme floue se dessinait devant ses yeux.
- Harry ? Harry ? disait une voix familière. Est-ce que tu m'entends ?
- Je… oui, croassa-t-il.
- Oh Merlin ! fit une deuxième voix, féminine celle-là.
Harry fit un effort pour reprendre ses esprits. Il se sentait un peu nauséeux et surtout, il avait l'impression d'avoir avalé un sac de sable.
- Soif, murmura-t-il.
- Oui, bien sûr. Tiens.
La forme floue le soutint par la nuque en même temps qu'elle approchait un gobelet de ses lèvres. Harry but une première gorgée qui lui fit atrocement mal. La seconde par contre fut une véritable bénédiction.
-Doucement, dit la voix alors qu'il n'avait qu'une envie, finir le gobelet en entier.
Il but encore un peu puis se repositionna sur l'oreiller en soupirant. Il se souvenait. L'attaque du nundu. Son transplanage à Ste Mangouste. La brûlure continue dans tout son corps, pendant des heures, des jours. La certitude qu'il allait mourir jusqu'à ce qu'il sente la douleur refluer aussi soudainement qu'elle était apparue, remplacée par une douce chaleur qui se propageait depuis son front. Puis plus rien, comme un néant bienfaisant.
-Harry ?
Ce devait être Seamus. Il reconnaissait sa voix. Il se souvenait l'avoir entendue lors de ses rares moments de conscience. Tout comme il se souvenait d'avoir entendu Ron et Hermione, paniqués, désespérés. Il y avait aussi eu cette troisième voix. Une voix dont le souvenir était enfoui très loin. Trop loin.
Il ouvrit les yeux. La nausée était passée.
- Harry ? Comment tu te sens ? demanda Seamus.
- Ça… ça peut aller… je crois…
- Tu te souviens de ce qui s'est passé ?
- J'étais dans un hangar… près du port de Plymouth… et il y avait le nundu…
- Quoi ? s'exclama Ron. Mais qu'est-ce que…
Ron se tut sous le regard impérieux de Seamus.
- Le nundu t'a attaqué, c'est bien ça ?
- Oui, reprit Harry. Je lui ai lancé un sort mais il est tout de même parvenu à m'atteindre dans le dos avec son dard. Je me souviens d'avoir transplané ici immédiatement et puis… plus rien.
- Tu as eu une très forte fièvre qui a duré pratiquement trois jours, expliqua Seamus. Nous sommes parvenus à la faire tomber et à évacuer le poison de ton organisme. Tu es tiré d'affaire mais tu as besoin de reprendre des forces. Je vais demander à ce qu'on t'administre une potion reconstituante.
Harry hocha la tête. Rien que prononcer quelques phrases l'avait épuisé.
- Repose-toi maintenant.
- Mais… il faut que je sache… commença Ron.
- Ça devra attendre demain, lui répondit sèchement Seamus. Il n'est pas en état de subir un interrogatoire.
Ron n'objecta pas et tous les trois sortirent de la chambre. Le temps de refermer la porte, Harry s'était déjà rendormi.
- Il a vraiment été attaqué par un nundu ? demanda Ron alors qu'ils étaient dans le couloir.
- Oui, confirma Seamus.
- Mais… comment l'as-tu ? Et comment l'as-tu soigné ? questionna Hermione.
- Ça n'a aucune importance. L'essentiel est qu'il soit guéri.
Le ton catégorique de Seamus la dissuada de poser davantage de questions.
- Merci Seamus, dit-elle visiblement soulagée.
- Il n'y a pas de quoi. J'ai fait mon travail.
- Je vais parler au Ministre du problème que représente le cloisonnement. Nous allons trouver une solution, tu as ma parole.
- Merci Hermione.
- Guérisseur Finnigan ?
Seamus se tourna vers l'infirmière qui venait de l'interpeller.
- Oui Shirley ?
- Le livreur de Peacock's Labs a déposé un paquet pour vous. Il dit que c'est une commande urgente.
- J'arrive. Si vous voulez bien m'excuser, dit-il à Ron et Hermione. Il faut que j'y aille.
- Bien sûr, dit Hermione. Nous reviendrons demain.
Ils empruntèrent le couloir qui menait aux ascenseurs, tandis que Seamus se dirigeait vers le bureau des infirmières.
Sur le comptoir, il trouva une boîte à son attention. Elle contenait une dizaine de petites fioles, un pot en terre cuite et un parchemin enroulé. Seamus le prit et fit sauter la pastille en cire verte qui le scellait.
« Finnigan,
Les fioles contiennent une potion reconstituante que je viens de préparer. Elle conviendra beaucoup mieux que celle que je fournis habituellement à l'hôpital. Commence avec deux fioles par jour. Si la potion fonctionne bien – et elle fonctionnera, j'en suis sûr – je t'en ferai livrer d'autres. L'idéal dans son cas, serait de suivre le traitement pendant deux mois.
Attention, cependant : préviens Potter qu'il ne peut en aucun cas consommer de la menthe durant le traitement. La plante réagit très mal avec les yeux de scarabées utilisés dans la potion.
J'ai également ajouté un baume cicatrisant que j'ai adapté pour qu'il réagisse plus efficacement aux blessures de nundu.
Le tout sera facturé évidemment.
D. »
Seamus ne put s'empêcher sourire. Draco avait dû travailler toute la nuit pour préparer tout ça. Il replia le parchemin et le rangea dans la poche de sa robe.
- Shirley, dit-il à l'infirmière. Cette boîte contient le traitement du patient de la chambre 104. Une fiole matin et soir. Même chose pour l'application du baume.
- Je m'en occupe Guérisseur Finnigan.
- Merci Shirley. Je repasserai l'examiner cet après-midi.
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Vendredi 10 octobre 2008 – Hôpital Ste Mangouste
Le lendemain matin, Harry se réveilla en bien meilleure forme qu'il ne l'avait été depuis… eh bien, depuis tellement longtemps qu'il ne s'en souvenait plus.
- Bonjour Monsieur Potter ! dit joyeusement l'infirmière en entrant dans sa chambre. C'est l'heure du petit-déjeuner !
- Ah, bien. Je meurs de faim !
Ça aussi, c'était nouveau. Depuis des semaines, voire des mois, il avait perdu l'appétit. Il se nourrissait quand il y pensait et bien souvent… il n'y pensait pas. Mais la veille, quand on lui avait présenté son plateau-repas, il n'en avait fait qu'une bouchée. Et ce matin, il avait l'impression qu'il pourrait avaler un bœuf.
- N'oubliez pas votre potion, dit l'infirmière en posant le plateau sur ses genoux.
- Ça, je ne risque pas, dit-il avec un grand sourire.
Il déboucha la fiole marquée d'un petit paon albinos qui faisait la roue. Il en avala le contenu d'un trait avant de la remettre à l'infirmière.
- Vous êtes bien le seul patient que je connaisse qui boit ses potions sans faire d'histoire ! rigola-t-elle.
- Elle a le goût de la tarte à la mélasse. J'adore la tarte à la mélasse.
- Ah bon ? C'est plutôt rare, ça. Je repasserai après votre toilette pour soigner votre blessure. A tout à l'heure.
Sitôt l'infirmière repartie, Harry s'attaqua à son petit-déjeuner. Le café au lait était tiède et pas assez corsé, les œufs un peu trop baveux et les toasts un peu trop mous, mais peu lui importait. Il avait faim.
Tout en mangeant, il réfléchissait à la potion qui lui avait été prescrite. Par le passé, il avait déjà pris des potions reconstituantes mais leur effet n'avait pas été très spectaculaire. Contrairement à celle-ci.
Peacock's Labs, se rappela Harry. Ce nom ne lui disait rien. Ce n'était en tout cas pas un des laboratoires avec lesquels le Bureau des Aurors travaillait.
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Quand Ron entra dans la chambre 104 au milieu de l'après-midi, il trouva Harry en train de lire la Gazette du Sorcier. Elle titrait en grand sur la découverte de deux cadavres à Inverness, dans le nord de l'Ecosse.
- Salut Ron ! dit-il en le voyant entrer.
- Salut Harry. Tu as l'air d'aller beaucoup mieux qu'hier !
- Oui. Seamus pense que je pourrai sortir demain.
- C'est une bonne nouvelle.
Ron prit une chaise et s'installa à côté du lit.
- Tu nous as fait une de ces peurs…
- Ouais… moi aussi, je me suis fait peur.
- Harry… je suis désolé, mais… il faut absolument que je sache…
Voyant que son ami sortait un carnet et une plume de sa poche, le sourire de Harry se fana quelque peu.
- Je vois, dit-il. En fait, c'est le Chef des Aurors qui vient me rendre visite.
- Je regrette, je n'ai pas le choix. Shacklebolt devient fou avec cette histoire. Tu étais censé travailler sur un trafic de boursoufs et tu te retrouves aux prises avec un nundu !
Harry soupira.
- Je travaillais en effet sur le trafic de boursoufs. J'étais parvenu à identifier cinq animaleries qui faisaient partie du réseau. En épluchant leurs comptes, j'ai remarqué qu'elles faisaient toutes régulièrement un dépôt de gallions vers un même coffre numéroté à Gringott's. D'après les gobelins, ce compte appartient à un nommé Bolton Bollock. Le type est bibliothécaire à Exeter mais il possède un petit hangar dans le port de Plymouth. J'ai trouvé ça curieux alors je me suis rendu sur place.
- Tout seul ? Sans avertir personne ? demanda Ron, un peu sèchement.
- Oui, tout seul.
- Où était ton coéquipier ?
- Travis était chez lui. Je suppose.
- Tu supposes ?
- On était au milieu de la nuit.
Ron pinça les lèvres en une moue contrariée.
- Et ensuite ?
- J'ai entendu des bruits près du hangar, alors je me suis approché. Des hommes étaient en train de charger des caisses dans un camion. Elles contenaient des animaux.
- Lesquels ?
- Je ne sais pas. Je n'ai pas bien vu. Tout ce que je sais c'est qu'en chargeant une caisse plus grande que les autres, un des types a juré copieusement. Apparemment, deux nundus avaient été enfermés dans la même caisse et s'étaient entretués. Le type a dit de laisser la caisse dans le hangar, qu'elle ne leur servait plus à rien et qu'ils reviendraient plus tard pour la faire disparaître. J'ai réussi à me faufiler dans le hangar avant qu'ils ne referment les portes et qu'ils partent.
- Tu t'es laissé enfermer dans le hangar ? Mais pourquoi ?
- Je voulais examiner la caisse de plus près. Peut-être qu'il y avait des indications dessus. Un nom, une adresse, que sais-je.
- Et c'était le cas ?
- Il y avait un nom. Ragus. Apparemment la caisse provenait d'Angola.
Ron nota immédiatement l'information.
- C'est là que le nundu t'a attaqué ?
- Oui. Un était mort, l'autre seulement blessé. Ces bestioles ont une force démentielle. Même blessé, il est parvenu à pulvériser la caisse. Je n'ai pas eu le temps de reculer qu'il me lacérait les côtes avec ses griffes. Je lui ai jeté un sort mais il n'était pas suffisamment puissant pour l'immobiliser complètement. J'ai alors ressenti une brûlure atroce dans le dos et j'ai utilisé le peu de forces qu'il me restait pour transplaner ici.
Ron hocha la tête, tout en continuant à écrire.
- Je suppose que ça ne sert plus à rien de retourner au hangar. Tout aura été vidé, dit-il sombrement.
- Ce n'est pas sûr, contra Harry. D'après les relevés de comptes, les dépôts en gallions ont lieu tous les mois. Ça laisse supposer qu'ils reçoivent des livraisons clandestines tous les mois également.
- Tu es sûr de ne pas avoir été repéré ?
- Certain.
- Parfait, dit Ron en souriant largement. Je vais donner ces informations à Eddie et lui demander d'organiser une filature.
- Eddie ? Carmichael ?
- Oui. Shacklebolt lui a demandé de reprendre le dossier.
- Quoi ? s'insurgea Harry. Mais pourquoi ? Je sors demain ! Je vais pouvoir reprendre…
- Harry, coupa Ron. Tu as été attaqué par une bête sauvage ! Tu as besoin de repos !
- Non ! J'ai des potions et elles sont…
- Je regrette, Harry. C'est la décision de Kingsley. Pas la mienne.
Harry s'affaissa contre son coussin, complètement abattu. Ron referma son carnet et le fit disparaître dans sa poche.
- Tu as fait un boulot incroyable dans ce dossier, dit-il sans oser regarder Harry dans les yeux. Je ne sais pas comment tu as fait pour récolter autant d'informations en si peu de temps.
- Parce que je suis un bon Auror, Ron. Un putain de bon Auror.
- Je sais, Harry.
Ron aurait aimé lui dire quelque chose de plus réconfortant, mais il savait ça ne servait à rien. A la place, il se leva et posa sa main sur son épaule.
-Repose-toi, maintenant. Hermione passera sûrement te voir ce soir.
Harry hocha la tête. Ron s'en alla, sans parvenir à dissimuler son embarras.
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Samedi 11 octobre 2008 – Hôpital Ste Mangouste
- La blessure cicatrise bien, dit Seamus en replaçant correctement le pansement. Mais il faudra que tu continues à la soigner avec le baume que je t'ai prescrit pendant au moins une semaine. Quant à la potion reconstituante, tu dois la prendre durant 60 jours.
- Si longtemps ?
- Oui Harry. Tu n'en as peut-être pas conscience mais tu es arrivé ici dans un sale état. Et je ne parle pas seulement de ta blessure et de la fièvre.
Harry fit une moue contrariée et haussa les épaules. C'est un sujet qu'il ne voulait pas aborder.
- 60 jours insista Seamus. Pas un jour de moins.
- C'est promis, soupira Harry.
- Et surtout, fais bien attention de ne pas consommer de la menthe durant ton traitement. La plante est incompatible avec un des ingrédients contenus dans la potion.
- Ce n'est pas un problème, j'ai horreur de la menthe.
- Bien. Il te reste des fioles pour trois jours mais j'en ai recommandé. Reviens après-demain, je te donnerai une réserve pour 10 jours.
- Pourquoi ne pas me donner toute la cure ?
- Parce qu'ainsi, je peux t'examiner et surveiller que tu te soignes correctement.
Seamus eut un petit sourire en coin en voyant Harry lever les yeux au ciel.
-Allez, viens, dit-il. Je vais signer ta feuille de sortie.
Les deux hommes se dirigèrent vers le bureau des infirmières.
- Euh… Seamus, commença Harry prudemment.
- Oui ?
- Je me demandais… à part Ron et Hermione, est-ce que quelqu'un d'autre est venu me voir pendant que j'étais hospitalisé ?
- Hm… non, pas que je sache. Pourquoi ?
- Je ne sais pas. J'ai le souvenir d'une voix. Et surtout de la sensation d'une main sur mon front.
- Une main sur ton front ? répéta Seamus en se raidissant.
- Oui. J'ai senti… je ne sais pas… comme si… enfin bref. Est-ce qu'il avait quelqu'un d'autre ?
- Ce devait être une des infirmières.
Harry n'était pas totalement convaincu.
- Et concernant le remède à mon empoisonnement ? persista-t-il. Tu… tu as fait appel à quelqu'un ? Tu m'as toujours dit que les poisons n'étaient pas ton domaine de prédilection…
- Eh bien, il faut croire que ça l'est devenu, répondit sèchement Seamus.
Il lui tendit son bon de sortie.
-N'oublie pas. Je t'attends dans deux jours.
Il partit à pas pressés.
-Il vous a menti.
Harry sursauta. Il regarda à gauche et à droite avant de comprendre que la voix venait du tableau accroché au mur. Urquhart Rackharrow, indiquait la petite plaquette métallique vissée en-dessous du cadre. Harry se souvenait avoir discuté avec lui dix ans auparavant, lorsqu'il était venu rendre visite à Arthur Weasley après qu'il ait été mordu par Nagini.
- Qui a menti ?
- Le guérisseur Finnigan. L'autre nuit, quand vous étiez au plus mal, il a fait venir quelqu'un. En douce. La nuit.
- Qui donc ?
- Je n'en sais rien. C'était un homme. Il portait une longue cape noire avec un capuchon.
Harry fronça les sourcils. Il était au courant des nouveaux protocoles de soins qui impliquaient dorénavant un cloisonnement des services. C'était sans doute pour cette raison que Seamus avait attendu la nuit pour faire entrer quelqu'un de l'extérieur. Mais pourquoi lui cacher cette information ?
- Vous êtes certain de n'avoir rien vu de particulier qui permette d'identifier cet homme ? demanda Harry.
- Hm… non. Ah si ! Il portait une sacoche fermée par une boucle en cuivre. Il y avait un paon gravé dessus.
- Un paon ?
- Oui. Je l'ai remarqué car il était blanc.
Un paon. Blanc. Exactement comme le logo sur les flacons de potion qu'on lui donnait. Sans attendre, Harry retourna au bureau des infirmières.
-Ce n'est pas la peine de dire merci, petit malotru !
Il ne prit pas égard aux récriminations du portrait et appela l'infirmière.
- Un problème Monsieur Potter ? demanda cette dernière en apparaissant derrière le comptoir.
- Aucun. Je voulais juste savoir si vous connaissiez l'adresse du laboratoire qui fournit mes potions. Peacock's Labs.
- Oh. Je suis désolée, Monsieur Potter, mais je ne saurais vous le dire. C'est le service pharmaceutique qui s'occupe des commandes.
- Ce n'est pas grave. Merci quand même.
Harry quitta l'hôpital Ste Mangouste en se promettant de faire de plus amples recherches sur Peacock's Labs.
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Lundi 13 octobre 2008 – Ministère de la Magie, Bureau des Aurors
A peine de retour au Bureau des Aurors, Harry se rendit aux archives. Le service était tenu par Serguei Pokrovski, un sorcier d'origine russe. Grâce à un sort qu'il avait mis au point, il n'avait pas son pareil pour trier, classer et archiver la documentation. Mais surtout, il avait une mémoire phénoménale, qui le rendait incontournable pour n'importe qui ayant besoin d'une information.
- Bonjour Serguei.
- Oh Harrrry ! Ça fait plaisirrr de te rrevoirr ! Tu as l'airr en forrme !
- Oui, je suis complètement rétabli. Merci.
- Que puis-je fairre pourr toi ?
- Je cherche des renseignements sur un laboratoire privé. Peacock's Labs. Ça te dit quelque chose ?
- Hm… laisse-moi vérrrifier.
Il disparut dans les rayonnages qui s'étendaient derrière son bureau et dans lesquels lui seul était autorisé à circuler. Il en revint quelques minutes plus tard, un fin dossier à la main.
- On a trrrès peu de choses, dit-il en ouvrant la farde. C'est un laborrratoire prrivé, crréé en 2003. Inconnu de nos serrrvices jusqu'à ce qu'il demande son agrrrément en 2005 pourrr trrravailler avec Ste Mangouste. Il est leurr fourrnisseurr prrincipal depuis cette date.
- A qui appartient le laboratoire ?
- Malcom Drrake.
- Et où se trouve le labo ?
- Jones Hill, à Brrradforrd on Avon.
- Merci Serguei ! C'est tout ce dont j'avais besoin.
- Pas de quoi, Harrry, dit l'archiviste en refermant son dossier.
Très satisfait, Harry regagna son bureau, bien décidé à se rendre à Bradford sans attendre.
- … la filature est en place. Je crois qu'on va démanteler un des plus gros trafics d'animaux magiques de ces vingt dernières années.
- Ta carrière est assurée, Eddie. Ça sent la promotion et…
Les deux hommes s'arrêtèrent net au coin du couloir en voyant Harry devant eux.
- Oh salut Harry, dit Eddie Carmichael. Tu… tu es déjà de retour ?
- Oui. Juste quelques petites griffes. Pas de quoi fouetter un fléreur.
- Hum… Est-ce que Ron t'a dit que…
- Que tu reprenais mon dossier ? Oui.
- Ecoute, Harry… je voulais que tu saches que…
- Que tu n'as rien demandé ? Je sais. Mais tu n'as pas refusé non plus !
- Hé ! Ce n'est pas de sa faute ! intervint Marcus Belby.
- Laisse Marcus. Harry, je suis désolé…
Harry préféra ne rien répondre. Il secoua la tête en soupirant et poursuivit son chemin.
Arrivé dans son bureau, il y trouva Ron Weasley.
- Ron, dit-il sommairement.
- Salut Harry. Où est Travis ?
- Aucune idée, répondit-il en se laissant tomber sur sa chaise.
La pièce était relativement petite, occupée par une armoire à dossiers et deux bureaux, celui de Harry et celui de son coéquipier, Travis.
-Peu importe, dit Ron. Voici trois nouvelles affaires.
Il tendit à Harry trois fardes bleues de petite épaisseur.
- Hm, fit Harry en feuilletant rapidement leur contenu. Une théière mordeuse à Basildon, des vols de baguettes à Luton et des potions trafiquées à Twickenham. Passionnant.
- Je ne suis pas responsable de l'actualité du moment, répliqua Ron.
Harry conserva deux dossiers et rendit le troisième à Ron.
-Je garde l'affaire des potions et les vols de baguettes. La théière mordeuse, c'est du ressort du département des détournements des objets moldus. Ou bien celui des usages abusifs de la magie.
Ron reprit la farde sans faire de commentaire. Mal à l'aise, il soupira avant de se diriger vers la porte. Il tapota la main sur le chambranle, pas certain de ce qu'il devait faire.
- Tu as l'air en forme, finit-il par dire en se retournant vers Harry.
- Oui. Je vais bien.
- Tant mieux.
Il se dandina d'un pied sur l'autre, avant d'ajouter :
-Ginny revient d'Australie jeudi. Maman aimerait organiser un repas dimanche avec toute la famille. Elle voudrait savoir si tu seras là.
Harry ne put s'empêcher de sourire à l'idée que Molly Weasley le considérait toujours comme un membre de la famille.
-Je serai là, confirma-t-il. Avec plaisir.
Ron parut soulagé.
-Génial. Je vais lui envoyer un hibou directement.
Il allait repartir mais se ravisa une fois encore.
- Harry, je suis vraiment désolé pour l'affaire du trafic d'animaux. Ça ne te consolera peut-être pas mais, sache que je trouve injuste que Shacklebolt t'ait retiré le dossier. Je le lui ai dit mais ça n'a rien changé.
- Tu as tort, Ron. Ça me réconforte beaucoup de savoir que tu m'as soutenu.
- On sait tous que c'est toi qui devrait être à ma place, Harry. Et personne ne comprend pourquoi ce n'est pas le cas.
- Ne dis pas ça. Tu es un excellent Auror. Tu mérites ce poste autant que moi.
Ron haussa les épaules en souriant pauvrement.
-Je vais te laisser travailler. A plus tard.
Harry se laissa retomber contre son dossier de chaise en soupirant. Il regarda d'un œil torve les deux fardes qui se trouvaient sur son bureau. D'un coup de baguette, il fit léviter celle relative aux vols de baguettes jusque sur le bureau de Travis. Son coéquipier était un type sympa mais un tire-au-flanc de première. Travailler un peu ne lui ferait pas de mal. Il rédigea une petite note à son attention, lui indiquant qu'il se rendait à Twickenham pour enquêter sur les potions trafiquées. Son coéquipier n'avait pas besoin de savoir qu'il ferait un détour par Bradford-on-Avon.
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Bradford-on-Avon, Wiltshire
Bradford-on-Avon était une charmante petite ville du sud-ouest du Wiltshire. Ses ruelles bordées d'arbres, son pont en pierre surplombant la rivière, ses petites maisons à colombages, tout invitait à la promenade en cette magnifique journée d'automne. Harry résista pourtant à la tentation de profiter du paysage pour se concentrer sur sa destination.
Il remit de l'ordre dans sa tenue qu'un transplanage et un déplacement par cheminette avaient quelque peu froissée.
Jones Hill se situait à la sortie de la ville. La route longeait de grandes étendues champêtres avant de disparaître dans la forêt.
Harry était perplexe : il ne voyait aucun immeuble à l'horizon qui pouvait faire office de laboratoire. Il décida néanmoins de continuer son chemin. Après dix minutes de marche, la route prenait un virage à gauche vers le cœur de la forêt. C'est là qu'il aperçut, en retrait de la chaussée, une petite construction en bois. Ce détail n'inquiéta pas Harry. Il savait que les habitations sorcières les plus modestes pouvaient receler de surprenants espaces.
Il s'engagea sur le sentier qui menait à la cabane, non sans avoir vérifié le nom gravé sur un petit panneau de bois juste à l'entrée. Peacock. Il était au bon endroit.
Harry frappa à la porte et dut attendre une bonne minute avant que le battant ne s'ouvre sur une dizaine de centimètres à peine.
- C'est pourquoi ? demanda une voix.
- Je cherche Malcom Drake, dit Harry.
- Vous lui voulez quoi ?
- Je dois lui parler.
- Il n'est pas là.
La porte allait se refermer mais Harry la repoussa d'une main.
-Je suis l'Auror Potter, dit-il de sa voix la plus professionnelle. Ouvrez cette porte.
L'occupant des lieux sembla hésiter mais finit par obtempérer. Harry entra immédiatement.
L'endroit était aussi petit à l'intérieur qu'à l'extérieur et ne ressemblait pas du tout à un laboratoire mais plutôt à un magasin. Les murs étaient couverts d'étagères sur lesquelles se trouvaient des centaines de fioles. Au milieu de la pièce, se trouvait une grande table en bois sur laquelle étaient posées des boîtes en carton de toutes les tailles.
Harry prit alors attention à l'homme qui lui avait ouvert la porte. Il était grand, dégingandé et devait avoir 20 ans tout au plus.
- Qui êtes-vous ?
- Jimmy, M'sieur. Jimmy Combs.
- Vous travaillez ici ?
- Oui, M'sieur. J'suis livreur.
- Livreur ?
- Oui. J'apporte les commandes à Ste Mangouste. M'sieur Drake n'aime pas confier ses colis à des hiboux.
- Hm. Quand pourrais-je voir Monsieur Drake ?
- Bah… c'est qu'il ne vient jamais ici.
- Où est-il alors ?
- j'sais pas, M'sieur. J'l'ai jamais vu.
Harry fixa le jeune homme avec étonnement.
- Mais… qui vous donne vos directives de travail ?
- Bah, tous les matins quand j'arrive, il y a là une liste des commandes à préparer pour la journée, dit Jimmy en montrant la table. Je fais les colis l'matin et j'les livre après-midi.
- Il n'y a jamais de commande urgente ?
- Si, ça arrive. Quand c'est comme ça, M'sieur Drake envoie un hibou.
- Et votre paie ?
- Tous les derniers jours du mois, elle est déposée dans le coffre qui est là, dit-il en montrant un coffre en bois posé sur une des étagères. Jamais de retard. Et j'ai aussi une prime en fin d'année. C'est un bon patron, M'sieur Drake.
- Et qui vous a engagé ?
- J'suis passé par une agence de placement.
- Hm. Je vois. Et les potions ? Qui réalimente les stocks ?
- J'sais pas. Les étagères sont toujours suffisamment remplies.
Harry soupira. Il n'obtiendrait rien de plus.
-Bien. Merci Jimmy.
Un peu dépité de n'avoir pas pu rencontrer l'homme aux potions miracles, il ressortit de la cabane et reprit le chemin en sens inverse. A mi-parcours, il s'arrêta et se retourna. Il y avait quelque chose dans le paysage qui lui était familier. Un détail qu'il avait à peine remarqué en arrivant. Un manoir, immense, perché sur une colline et à moitié caché par la forêt qui l'entourait.
Le Manoir Malefoy.
Harry ne sut jamais ce qui l'avait poussé à faire ça mais l'instant d'après, il transplanait devant ses grilles.
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Manoir Malefoy
Alors qu'il s'attendait à être arrêté par une foison de barrières magiques et de sorts en tous genres, Harry fut étonné de trouver les grilles ouvertes et de remonter la longue allée qui menait au Manoir sans aucune difficulté.
Arrivé devant l'entrée, il actionna la lourde cloche accrochée à droite de la porte, anticipant le son lugubre qui s'en échapperait. A la place, il entendit un joyeux carillonnement se répercuter à l'intérieur de l'habitation.
Harry se fit alors la réflexion que, contrairement à ses souvenirs, rien n'était lugubre dans cet endroit. Les abords du Manoir étaient entourés de bosquets et de massifs de fleurs rigoureusement entretenus, les pelouses étaient verdoyantes et la bâtisse en elle-même, bien qu'imposante, était d'une grande élégance.
Tout à ses réflexions, il ne vit pas la porte s'ouvrir sur l'occupant des lieux. Quand il finit par remarquer que Draco Malefoy se tenait dans l'encadrement et le regardait de travers, il se rendit compte qu'il n'avait aucune raison valable de se trouver sur le perron d'une personne qu'il n'avait plus vue depuis près de 10 ans.
Maudite impulsivité qui le faisait agir sans réfléchir.
- Hum… Bonjour Malefoy, commença-t-il. Je… hum…
- Laisse tomber, Potter. Je sais pourquoi tu es là, dit Malefoy d'un ton sec.
- Tu sais ?
- Oh, ne me prends pas pour un idiot ! Ça fait la une de la Gazette depuis trois jours !
- Hein ?
- Evidemment, continua Malefoy avec colère, sitôt qu'il s'agit de meurtre et de magie noire, il faut que le Bureau des Aurors s'intéresse à moi !
Harry cligna des yeux. Meurtre ? Magie noire ? Malefoy parlait certainement des deux morts retrouvés dans une maison en ruines du côté d'Inverness. L'état des corps laissait supposer l'utilisation de sorts de magie noire.
- C'est bien pour ça que tu es là, n'est-ce pas ? insista Malefoy.
- Euh… c'est-à-dire que… oui ?
Autant saisir la balle au bond pour expliquer sa présence sur place, même si le dossier en question n'était pas le sien. Il avait été confié à Eleanor Brandstone et Owen Cauldwell.
- C'est scandaleux ! s'enflamma Malefoy. J'ai été jugé il y a dix ans ! Et j'ai été acquitté ! Pourquoi m'avoir défendu à mon procès si tu penses aujourd'hui que je pourrais faire une chose pareille ? Tu es un putain d'hypocrite, Potter !
- Malefoy, je…
- Ça n'en finira donc jamais ? A chaque fois qu'un illuminé utilisera la magie noire, on viendra m'accuser ?
- JE NE SUIS PAS VENU T'ACCUSER DE QUOI QUE CE SOIT ! cria Harry pour couper court à la logorrhée de Malefoy.
- Pourquoi tu es là, alors ?
- Pour… pour… te demander ton avis.
Réduire Malefoy au silence était un exploit en soi, mais Harry n'en profita pas vraiment. Il se dit avec horreur qu'il était peut-être en train de ruiner l'enquête de ses deux collègues. Peut-être que Malefoy était suspect, après tout. Et si ce n'était pas le cas, il doutait fortement que Brandstone et Cauldwell apprécient qu'il vienne en parler avec Malefoy pour « lui demander son avis ».
-… Potter ?
La voix de Malefoy le tira de ses réflexions.
- Excuse-moi. Tu disais ?
- Je te demandais si tu allais bien.
- Pourquoi cette question ?
- Parce que tu viens de dire que tu voulais me demander mon avis.
- Oui. Et alors ? Tu as admis durant ton procès que tu avais été élevé dans la magie noire. Même si tu ne l'as jamais pratiquée, je suis certain que tu en as une meilleure connaissance que n'importe quel Auror du département. Donc, oui, j'aimerais avoir ton avis.
Malefoy releva légèrement le menton avec un petit reniflement. Il s'écarta de la porte et dit :
-Entre. Je vais nous faire du thé.
Sans attendre, il traversa le hall d'entrée, Harry à sa suite. Celui-ci ne put s'empêcher de détailler la silhouette devant lui. Malefoy était habillé assez simplement, d'un pantalon noir, d'une chemise blanche et d'un cardigan vert foncé assez ajusté qui soulignait agréablement sa carrure et sa taille.
Ils passèrent devant une porte que Harry reconnut comme celle donnant sur le salon où il avait été amené après avoir été capturé par les raffleurs. Malefoy bifurqua à gauche, remonta un couloir et les fit entrer dans une pièce pas très grande, mais très chaleureuse. La décoration était dans les tons jaune doux et blanc et de grandes baies vitrées donnaient sur le parc.
-Assieds-toi, dit Malefoy en lui indiquant un fauteuil en velours broché couleur crème.
Il se dirigea vers une desserte sur laquelle un service à thé était posé.
- Une préférence pour le thé ? demanda-t-il.
- Euh, non, dit Harry. Je ne m'y connais pas trop. Je n'en bois pratiquement jamais.
Malefoy se retourna et regarda Harry comme s'il s'agissait d'une insulte personnelle. Il ne fit toutefois aucun commentaire et continua sa préparation.
- Tu n'as plus d'elfe de maison ? demanda Harry, étonné que Malefoy s'occupe lui-même de servir le thé.
- Ce que tu peux être idiot, Potter. Evidemment que j'ai des elfes de maison. Comment parviendrais-je à entretenir tout seul un manoir de 1500 mètres carrés, sinon ? Sans parler des 1300 hectares de terrain.
Harry leva les yeux au ciel. Malefoy n'avait définitivement pas appris l'humilité.
-Tiens, lui dit-il en lui tendant une tasse en porcelaine. Et pour répondre à ta question, je préfère préparer mon thé moi-même.
Il s'assit dans le fauteuil qui faisait face à celui de Harry et porta délicatement sa propre tasse à ses lèvres. Harry en fit autant, avec circonspection. Ses yeux s'agrandirent de plaisir quand la première gorgée roula dans sa bouche. Le breuvage était divin. Ni trop chaud, ni trop tiède. Avec juste ce qu'il fallait de sucre.
- C'est délicieux, apprécia Harry.
- Thé blanc, de la région de Fujian.
Ils restèrent silencieux quelques instants, jusqu'à ce que Malefoy ne demande :
-Alors ? Que veux-tu savoir exactement ?
Harry reposa sa tasse sur la soucoupe, faisant légèrement tinter la porcelaine. Il semblait mal à l'aise.
-Hum… eh bien… peux-tu d'abord me dire si tu as eu connaissance de certaines… informations sur… les mangemorts en fuite ?
Le visage de Draco se ferma complètement.
- Ta tentative d'interrogatoire déguisé est lamentable, Potter. Si ta question est de savoir si je suis toujours en contact avec des mangemorts et si nous projetons de ressusciter le Seigneur des Ténèbres, je te suggère de me le demander franchement !
- Ce n'est pas du tout mon intention ! dit vivement Harry. Je veux seulement savoir si ces meurtres ont quelque chose à voir avec les mangemorts en fuite et si l'un ou l'autre d'entre eux a réapparu !
- Si c'était le cas, je serais déjà un homme mort, répondit Malefoy sombrement.
Harry ne fit aucun commentaire. Malefoy avait raison et cette perspective l'angoissait étrangement.
- Est-ce que le nom des victimes, William et Leona Stockwell, te dit quelque chose ? demanda-t-il à la place.
- Hm… Non. Pas vraiment.
- Et la manière dont elles ont été tuées ?
- De ce que j'ai lu dans la presse, elles ont été retrouvées… séchées, c'est bien ça ?
- Oui. Sans qu'aucune blessure n'ait pu être constatée à l'examen externe des corps.
Malefoy se leva et alla se placer devant la porte-fenêtre.
- Personnellement j'ai pensé à une momification, expliqua Harry. C'est un procédé moldu de…
- Je sais ce qu'est la momification, coupa Draco. Et ça n'a rien de moldu. Le procédé a été inventé par des sorciers égyptiens. Pourquoi as-tu écarté cette hypothèse ?
Harry gigota sur sa chaise. Comment expliquer à Malefoy que son hypothèse n'avait jamais été écartée puisque, n'étant pas titulaire du dossier, il ne l'avait jamais formulée.
- Hm… eh bien…
- Les corps ont-ils été vidés de leurs organes ? demanda Malefoy.
Nouvel instant gênant. Harry n'avait pas eu accès au rapport du médicomage légiste, il n'en savait donc rien.
- Je ne sais pas, admit-il. Je n'ai pas encore reçu le rapport du légiste.
- Est-ce normal que ça prenne autant de temps ?
- Il… il est assez débordé. Pour le moment.
Malefoy fit volte-face pour lui jeter un regard étrange.
- Hm. Dans ce cas, il serait peut-être plus utile d'en reparler quand tu auras pris connaissance de ce rapport.
Harry hocha la tête. Il reposa sa tasse sur le guéridon à côté de lui et se leva pour prendre congé.
- C'est sans doute préférable, en effet. Merci de m'avoir reçu, Malefoy.
- Pas de quoi. Je vais te raccompagner.
Alors qu'ils marchaient côte à côte dans le couloir, Harry posa la question qui le taraudait depuis qu'il était arrivé, il ne savait trop pourquoi.
- Et donc… tu vis seul dans une si grande maison ?
- Je ne vois pas en quoi ça te regarde, Potter. Mais… oui. Je vis seul.
- Tu… hm… tu as fait pas mal de transformations, non ?
Malefoy parut surpris mais se reprit bien vite.
- En effet. J'ai refait toutes les pièces ou presque. Tu peux imaginer pourquoi. Des travaux sont d'ailleurs toujours en cours dans les étages.
- N'aurait-il pas été plus simple de déménager ?
- Non. En dépit de… ce qui s'est passé dans ces murs, ça reste ma maison et j'y suis très attaché. Je suis né et j'ai grandi ici. Aussi étonnant que ça puisse paraître, j'y ai plus de bons souvenirs que de mauvais.
- Je comprends, dit Harry avec sincérité. L'endroit où j'habite est sinistre au possible mais je ne peux pas me résoudre à m'en défaire car c'est tout ce qu'il me reste de mon parrain.
- Pourquoi ne pas faire des travaux également ?
- J'y ai pensé mais… ça n'a pas vraiment d'importance.
Malefoy fronça les sourcils. Depuis quand Potter était-il aussi… défaitiste ? pensa-t-il en ouvrant la porte de l'entrée. Harry la franchit et s'arrêta sur le perron.
- Euh Malefoy… une dernière chose. Je me demandais… est-ce que tu connais un certain Malcom Drake ?
- Je devrais ?
- Il gère un laboratoire appelé Peacock's Labs, situé sur Jones Hill. Juste à la limite de ta propriété.
- Hm. Je ne crois pas. Pourquoi ? Tu es malade ?
- Justement, je ne le suis plus. Grâce à ses formidables potions.
- Si tu en es content, tu n'as qu'à lui envoyer un hibou.
- J'aurais aimé le rencontrer, en personne.
- Pourquoi ?
- Je… je voulais…
Harry cilla légèrement sous le regard aigu de Malefoy.
-Peu importe, conclut-il en souriant. Encore merci de m'avoir reçu.
Sur ces mots, il s'engagea sur l'allée en gravier. Malefoy le regarda s'éloigner quelques instants avant de refermer sa porte.
A suivre...
