Bonsoir !
J'aimerais vous dire merci pour l'accueil que j'ai reçu sur cette histoire, j'ai vraiment aimé lire vos commentaires ! Normalement j'ai répondu aux inscrites, celles qui ne le sont pas, n'hésitez pas à ouvrir un compte ça me permet de vous répondre !
Je crois que vous avez été unanimes sur Edward, personne ne l'aime mais en même temps c'était carrément le but! Et il ne va pas vous plaire non plus dans ce chapitre mdr mais c'est pas le but non plus alors...
Je vous embête pas plus et je vous souhaite une bonne lecture :)
Je vous retrouve en bas^^
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Chapitre 2
Lorsque Bella se réveilla le lendemain en fin de matinée, elle mit quelques minutes à comprendre où elle était exactement. Elle n'avait pas passé beaucoup de temps dans cette chambre ces dix dernières années mais rien n'avait changé, tout était exactement comme elle l'avait laissé la dernière fois qu'elle y avait mis les pieds. Et quelque part ça la mettait mal à l'aise. Pourquoi Charlie n'avait pas transformé cette pièce en bureau ou salle de gym ou encore en chambre d'ami ?
Elle ne se rappelait cependant pas comment elle était montée jusque dans la chambre. Il lui semblait s'être endormie sur le canapé mais elle était contente d'y être parvenue ne serait-ce que pour les courbatures qu'elle aurait eues sans aucun doute.
Elle s'étira et se leva lorsqu'elle entendit son téléphone bipper légèrement. Le bruit était comme étouffé et elle se rappela qu'elle l'avait enfoui au fond de sa valise la veille au soir. Elle l'ouvrit donc et récupéra son téléphone pour voir des dizaines d'appels et de messages manqués, tous provenant d'Edward. Elle s'en voulait de ne pas l'avoir appelé en arrivant à Forks mais elle devait avouer qu'avec tout ce qu'elle avait vécu émotionnellement, son futur mari n'avait pas été une priorité.
Elle lut les messages en diagonale et décida de l'appeler directement pour apaiser ses inquiétudes.
-Isabella, répondit-il vraisemblablement en colère, ce serait bien que tu répondes au téléphone lorsque je t'appelle.
-Je suis désolée Edward, lorsque j'ai appris que Charlie allait bien, je suis littéralement tombée de fatigue, essaya-t-elle d'expliquer.
-Bien, quand rentres-tu ?
-Probablement dimanche soir, commença-t-elle mais il la coupa.
-Tu viens de dire qu'il allait bien Isabella, j'ai besoin de toi demain.
-Edward, essaya-t-elle d'en placer une, mon père se marie demain, je dois être là, lui aussi à besoin de moi.
-Pas autant que moi Isabella, lui dit-il. C'est important pour moi et tu le sais.
Son ton était strict et d'ordinaire, elle n'aurait pas répondu mais là elle venait de se lever après seulement quelques heures de sommeil et elle était irritable.
-Le mariage de mon père est important pour moi Edward, je rentrerai dimanche soir.
Elle lui fit ainsi comprendre que sa décision était sans appel.
-Bien, je vois où sont tes priorités, répondit-il sèchement avant de raccrocher.
Bella resta la bouche grande ouverte quelques minutes en regardant son téléphone pour être sûre qu'elle ne s'était pas trompée et qu'il lui avait bien raccroché au nez.
C'était la première fois qu'il lui parlait comme ça et qu'il mettait fin à la discussion sans essayer de la comprendre ou au moins de trouver un terrain d'entente qui leur convienne à tous les deux.
Elle essaya de tourner la situation dans tous les sens, elle ne comprenait pas ce qui lui avait pris. D'accord cette remise de prix était importante, elle le savait, c'était en quelque sorte l'aboutissement de plusieurs années de travail acharné mais le mariage de son père était également un événement important. Personne à part Edward ne se rendrait compte de son absence à cette soirée mais ici, à Forks, tout le monde remarquerait que la propre fille du marié n'était nulle part en vue.
Elle soupira et envoya un message à Edward pour essayer d'apaiser les choses. Elle ne voyait pas à quel moment cette histoire était de sa faute mais elle n'aimait pas qu'ils soient fâchés.
Bella posa son téléphone sur la table de nuit, prit quelques affaires de rechange avant d'aller dans la salle de bain pour prendre une bonne douche et finir de se réveiller complètement.
-Je ne sais pas Jasper, tu crois qu'elle voudra ? entendit-elle Charlie demander à Jasper alors qu'elle sortait de la salle de bain un peu plus fraîche qu'au réveil.
-Tu ne sauras jamais si tu ne lui demandes pas vieil homme.
Bella ne connaissait pas Jasper mais elle était capable de déceler l'affection qu'il y avait dans ses paroles quand il s'adressait au "vieil homme".
-Me demander quoi ? dit-elle en arrivant dans l'encadrement de la porte de la cuisine.
Elle vit le visage de son père s'empourprer et ne put que sourire devant ce trait assez gênant qu'elle partageait avec lui.
-Si tu voulais bien m'accompagner jusqu'à l'autel ? demanda-t-il timidement.
-Oh, s'exclama Isabella, ooooh !
Elle se mit à rougir furieusement à son tour et se retrouva muette, incapable de lui dire qu'elle serait très heureuse de le faire.
-C'est un tout petit mariage, ajouta Charlie pour essayer de la convaincre pensant qu'elle allait dire non, juste une cinquantaine de personnes, des amis d'enfance que tu connais déjà et…
-J'en serais très honorée Charlie, finit-elle par dire en lui souriant tendrement.
Il laissa échapper un petit soupir de soulagement et lui sourit en retour.
-Bon dieu j'ai l'impression de voir deux inaptes émotionnels, soupira Jasper en regardant le père et la fille aussi mal à l'aise l'un que l'autre. Allez faites-vous un câlin qu'on n'en parle plus !
Bella et Charlie s'observèrent, ne sachant pas quoi faire exactement puis Charlie se leva et prit sa fille dans les bras pour la première fois depuis qu'elle n'était plus une enfant.
-Je suis content que tu sois là, lui chuchota-t-il à l'oreille et, même si elle ne pouvait pas le voir sur son visage, elle entendit l'émotion dans ses paroles et sa gorge se serra.
-C'est bon de te revoir, dit-elle en fermant les yeux.
Elle prit une grande inspiration et l'odeur de son père pourtant si étrangère lui sembla tellement familière. Il sentait la forêt juste après la pluie, cette humidité dans l'air juste après une averse en plein milieu du printemps. Il sentait la maison et l'enfance et à cet instant, elle comprit à quel point son père lui avait manqué.
Jasper finit par se racler la gorge et le père et la fille se décollèrent maladroitement, surpris de s'être laissés aller aussi longtemps.
Charlie baissa les yeux sur le sol et passa une main dans ses cheveux, gêné, et Bella sourit en remarquant qu'ils commençaient à grisonner au niveau de ses tempes.
-Bella, je dois aller travailler aujourd'hui mais Jasper a promis de te tenir compagnie.
-Oh, rougit-elle, je peux m'occuper toute seule, je n'ai pas besoin d'une baby-sitter.
Il avait fini par être gentil avec elle hier soir mais elle ne savait pas vraiment s'il continuerait dans cette lancée toute une journée. Et elle ne voulait pas non plus imposer sa présence s'il avait autre chose à faire.
-Pas de problème pour moi, se surprit à dire Jasper, à moins que tu ne veuilles faire autre chose…
-Non! s'exclama-t-elle avec un peu trop d'enthousiasme avant de se reprendre, ce n'est pas ce que je voulais dire, tu as sûrement mieux à faire de ta journée, je peux m'occuper toute seule.
-C'est vrai que j'ai pas mal de choses à faire pour préparer le mariage de demain mais je ne suis pas contre un coup de main, sourit-il finalement.
Et ce sourire sembla éblouir Bella qui cligna des yeux plusieurs fois pour essayer de se remettre. Elle ne savait pas si c'était le fait qu'il était plus prononcé d'un côté que de l'autre de sa bouche ou si c'était cette fossette qu'il avait dans le creux de la joue mais quelque chose se contracta dans son bas ventre et son coeur sembla vouloir sortir de sa poitrine.
-Bien les jeunes, rit Charlie en tapant dans le dos de Jasper qui grimaça et secoua la tête, je vous vois ce soir, je ramènerai chinois pour le dîner !
Quelques secondes plus tard, la porte d'entrée se refermait tandis que Bella et Jasper n'avaient toujours pas bougé.
Elle finit par se racler la gorge mais, n'étant pas certaine de sa voix, préféra ne pas parler et se dirigea plutôt vers la machine à café.
Une chose qu'elle avait en commun avec Charlie c'était bien la passion du café et elle salivait déjà rien qu'à entendre les grains se moudre à l'intérieur de la machine.
-Vous vous ressemblez beaucoup, annonça Jasper qui était assis à table derrière elle.
Ce n'était pas une question alors Bella resta silencieuse. Elle leva la tête vers l'étage lorsqu'elle entendit son téléphone sonner et soupira en pensant être discrète mais Jasper l'entendit:
-Tu ne vas pas répondre ?
-Pas que ce soit tes affaires, dit-elle un peu plus sèchement que ce qu'elle avait prévu, mais non, se radoucit-elle, je ne supporterai pas une deuxième dispute avant d'avoir bu un café.
Ou même deux, pensa-t-elle.
-Est-ce que ça a un rapport avec l'énorme caillou à ton annulaire ? demanda-t-il alors qu'elle lui tournait toujours le dos.
Elle regarda l'énorme diamant à son annulaire gauche et pour la première fois depuis qu'elle l'avait au doigt, elle voulait le cacher, l'enfouir quelque part bien profondément pour ne pas qu'il le voie. Elle agrippa alors le plan de travail de toutes ses forces jusqu'à ce que les jointures de ses doigts deviennent blanches.
-Pardon, dit-il finalement comprenant qu'elle ne lui répondrait pas, je ne voulais pas être indiscret. Est-ce que Charlie sait ?
Elle se tourna finalement pour le regarder dans les yeux et secoua la tête négativement. Le café termina de couler et elle le prit avant de s'asseoir en face de lui.
-Tu devrais lui dire très vite, conseilla-t-il en voyant la panique dans ses yeux.
Pensait-elle qu'il allait tout balancer à Charlie ? se demanda-t-il. Il réalisa alors qu'il n'avait pas dû faire une très bonne impression sur elle cette nuit et se promit de changer cela aujourd'hui.
-Il n'est peut-être pas très observateur niveau bijoux mais c'est plutôt un gros caillou que tu as là, sourit-il d'une façon qui se voulait bienveillante.
Mais lorsqu'elle le regarda, tout ce qu'elle vit fut de la moquerie et elle mit sa main sous la table, mal à l'aise, pour qu'il arrête de parler de sa bague.
Lorsque son téléphone sonna de nouveau, elle avait quasiment fini son café et décida de le terminer en quatrième vitesse pour pouvoir répondre avant qu'Edward ne tombe sur la messagerie ce qui l'énerverait encore plus que ce qu'il était déjà. Elle posa sa tasse dans l'évier et, sans un mot pour Jasper monta les escaliers quatre à quatre.
-Allo ? répondit-elle à peine essoufflée sans prendre le temps de regarder le numéro de l'appelant.
-Pourquoi mon frère est en train de faire un caprice comme un gosse de quatre ans dans un supermarché ?
-Salut Ali, soupira Bella à la fois déçue et soulagée que ce ne soit pas Edward. Qu'est-ce qu'il a fait ?
-Il n'arrête pas de me harceler au téléphone depuis ce matin pour que, je cite, "t'aide à retrouver la raison" et "rentrer tout de suite à la maison".
-Désolée pour ça Ali, s'excusa Bella.
-Tu l'as enfin quitté ?! demanda-t-elle avec un peu trop d'enthousiasme dans la voix.
-Quoi ?! Non ! Bien sûr que non ! Pourquoi tu penses à une chose pareille ?
-Qu'est-ce qui lui prend alors ? Il chie littéralement dans son froc là !
-J'ai reçu un appel de l'hôpital de Forks pendant ma garde hier me disant que mon père avait été admis aux urgences. Je suis partie dès que j'ai pu me libérer et quand je suis arrivée ici, il y avait eu un malentendu, expliqua-t-elle sans parler de l'implication de Jasper, et mon père allait bien, juste un poignet foulé.
-Ca n'explique pas pourquoi Eddie réagit comme si on lui avait confisqué son jouet préféré.
-C'est parce que je lui ai dit que je ne rentrerais que dimanche car demain mon père se marie. Je n'ai jamais reçu l'invitation.
-Oh ! comprit-elle enfin, c'est à propos de cette remise de prix n'est-ce pas ?
-Exactement, souris-je.
Alice connaissait bien son frère, comme toujours elle avait cerné le problème en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire.
-On lui a vraiment confisqué son jouet préféré alors !
-Je ne comprends pas, dit Bella en fronçant les sourcils.
-Mon frère a toujours aimé briller en société et avoir une jeune femme magnifique à son bras lors d'une remise de prix fait toujours son effet. D'autant plus si la demoiselle en question affiche un diamant de cent mille dollars à son annulaire, expliqua Alice.
-Cent mil…
La somme était tellement exorbitante que Bella avait du mal à la dire sans s'étouffer.
-Tu déconnes Ali ? demanda-t-elle à la limite de l'hyperventilation.
-Oh seigneur, se moqua alors son amie, je donnerais au moins la moitié de cette somme pour voir ta tête en ce moment ! Non ! Oublie ça ! Je donnerais le double !
-Dis-moi que tu plaisantes Alice, gronda alors Bella en essayant de toutes ses forces de rester calme.
-Je ne t'ai jamais menti Bella, je ne vais pas commencer aujourd'hui.
-Oh mon dieu.
-Bella ?
-Oh mon dieu. Oh mon dieu. Oh mon dieu.
-Bella calme-toi.
-Ali, couina-t-elle au désespoir. Je ne peux pas porter cent mi… cent mil… cent m… PUTAIN ALI JE N'ARRIVE MÊME PAS À LE DIRE !
-Je vois ça ma belle, il faut que tu te calmes, ce n'est qu'une bague et crois-moi vu les moyens de mon frère, elle aurait pu faire le triple sans problème, calme-toi.
-Ca ne me rassure pas vraiment ça, Ali.
-Essaie de caler ta respiration sur la mienne, iiiiiiiiiinnnnnnnspire, eeeeeeeeeexxxxxxpire, c'est bien, dit-elle avant de recommencer.
Et au bout de quelques minutes, Bella avait retrouvé son calme.
-Je ne peux pas porter cette bague à Forks, dit subitement Bella. C'est plus que le budget annuel de la ville ! Tu imagines tout ce qu'ils pourraient faire avec cet somme ici ?
-Bella, tenta de la raisonner Alice, le prix n'est pas marqué dessus, personne n'a besoin de le savoir.
-Moi je le sais! Ali, je crois qu'elle a triplé de volume depuis tout à l'heure, s'affola de nouveau Bella en regardant la bague a son doigt.
-C'est un effet d'optique Bella, elle est comme ce matin.
-Elle est ENORME ! chuchota-t-elle en panique.
-Elle est comme ce matin, ni plus petite ni plus grosse.
-Je ne peux pas la porter ici Ali.
-Tu n'es pas obligée de la porter si Edward n'est pas là, lui conseilla finalement Alice, mais ne l'oublie pas quand tu reviens, la ville pourrait la vendre pour réparer les infrastructures, se moqua-t-elle gentiment.
-Je la laissais dans mon casier au travail tu te rends compte ! s'exclama alors Bella.
-Y a pas une serrure ou quelque chose ?
-Si un cadenas avec un code mais…
-Mais quoi ?
-J'ai jamais compris comment changer le code. Oh mon dieu Alice j'avais cent mi…
-Arrête de te faire du mal à essayer de le dire tu me donnes le tournis.
-Désolée c'est juste que j'aurais pu me la faire voler je ne sais pas combien de fois, réalisa alors Bella.
-Attends une minute, c'est quoi le code de ton cadenas ?
-C'est quatre zéros.
-Oh mon dieu ! s'exclama Alice à son tour.
-Ah tu vois ! Tu te rends compte ? Je crois que je vais jamais oser la porter Alice, lui confia-t-elle alors.
-Bella, il va falloir que j'y aille si je ne veux pas être en retard à l'école mais je t'appelle ce soir et on en reparle d'accord ?
-D'accord.
-Ca va aller ? s'inquiéta-t-elle.
-Oui, merci Ali. A ce soir.
-A ce soir.
Alice avait à peine raccroché le téléphone que Bella avait déjà mis la bague dans le tiroir de sa table de nuit. Elle l'ouvrit plusieurs fois pour la regarder puis referma toujours brusquement le tiroir. Chaque fois elle avait l'impression que le diamant avait grossi un peu plus.
Elle répéta son manège jusqu'à être interrompue par Jasper qui frappa à la porte de sa chambre:
-Je dois aller installer les tables et les chaises pour demain et finir la déco vu que Charlie ne pourra pas le faire avec son poignet foulé, est-ce que tu veux venir avec moi ou rester là ? demanda-t-il à travers la porte.
Il avait envie qu'elle vienne, il voulait lui montrer qu'il n'était pas un connard insensible comme il avait paru la veille. Mais si elle voulait rester là, il n'allait pas non plus imposer sa présence. Si elle s'arrêtait à sa première impression, ce n'était pas son problème, essaya-t-il de se convaincre.
La porte s'entrouvrit alors sur la jeune fille, les yeux un peu plus écarquillés qu'habituellement et une jolie coloration rosée sur ses joues.
-Je vais venir t'aider, souffla-t-elle comme si elle était hors d'haleine.
-Je t'attends en bas, sourit-il en passant une main maladroite dans ses cheveux.
xoxox
-Tu voudras bien me faire passer la banderole quand je serai là-haut s'il te plaît Isabella ? demanda Jasper avant de monter sur l'escabeau.
-Bella, sourit-elle plus détendue que toute à l'heure.
-S'il te plaît Bella, répéta-t-il heureux qu'elle l'autorise à utiliser son surnom.
Ils avaient installé les chaises et les tables ensemble dans un silence confortable et là, ils allaient s'attaquer à la décoration de la salle.
-Comment as-tu connu mon père ? demanda-t-elle et elle vit Jasper suspendre son mouvement à la question.
Son regard s'assombrit, ses lèvres se pincèrent pour ne former qu'une mince ligne et son visage sembla s'affaisser.
-Charlie ne t'a jamais rien dit ?
Elle vit qu'il était étonné qu'elle ne sache pas déjà mais vu l'expression de son visage, ce n'était pas un étonnement très joyeux. Il semblait porter toute la misère du monde sur ses épaules tout à coup.
-Non, il est toujours très discret sur sa vie alors celle des autres, plaisanta-t-elle pour essayer de détendre l'atmosphère mais n'eut pas l'effet escompté puisqu'elle le vit grimacer. Ca ne me regarde pas, laisse tomber, tu n'es pas obligé de me raconter.
-Je suis désolé, soupira-t-il en finissant d'accrocher la décoration.
Il descendit de l'escabeau et lui fit face:
-Ce n'est pas une période de ma vie dont j'aime me rappeler.
-Je n'ai pas besoin de savoir, s'excusa-t-elle, je voulais juste faire la conversation.
Elle lui offrit un petit sourire sincère et sortit une nouvelle banderole à accrocher.
Il déplaça son escabeau et monta pour mettre la décoration qu'elle lui tendit en place.
-Charlie m'a dit que tu étais infirmière aux urgence pédiatriques ?
Il posa la question même s'il connaissait déjà la réponse. Il savait à peu près tout d'elle. Depuis le temps qu'il vivait avec Charlie, il la connaissait bien, même s'il ne l'avait jamais vue avant la veille.
-Tu connais déjà la réponse, le taquina-t-elle, puisque tu as téléphoné à mon service hier.
-Pour ma défense, j'ai essayé ton portable en premier.
-On ne capte rien du tout dans les vestiaires.
Il descendit de nouveau de l'échelle et la déplaça ailleurs avant de remonter pour accrocher la nouvelle guirlande que tenait Bella.
-C'est pas trop dur ?
-Quelle partie ? sourit-elle en repensant à une conversation similaire qu'elle avait eu avec Edward au tout début de leur relation.
Il s'était inquiété du rythme de travail et des horaires en décalé.
-De ne voir que des enfants malades ou blessés toute la journée ?
Elle soupira, Edward ne s'était jamais préoccupé de ses patients.
-Même si c'est la partie la plus compliquée du travail, je ne la changerais pour rien au monde. Voir la gratitude dans les yeux de mes patients, certains nous prennent même pour des supers-héros, sourit-elle au souvenir qu'elle avait de certains de ces petits anges. Et ce que j'aime en travaillant auprès des enfants c'est que tu as ce que tu vois, il n'y a pas de faux-semblant, pas de mensonge et encore moins d'hypocrisie.
Son regard s'illuminait lorsqu'elle parlait de son travail et il faillit rater un barreau en descendant. Elle était tellement belle avec cette passion qui l'animait et faisait briller ses yeux.
-Et même quand je passe la nuit les mains dans le vomi et qu'à la fin du mois la paye est minable, tous ces moments privilégiés en valent la peine.
Elle repensa à ce qu'avait dit Edward la veille, qu'après le mariage, elle n'aurait pas besoin de travailler. Ils n'avaient pas eu l'occasion d'en reparler et elle s'était persuadée qu'elle avait réellement mal compris ses paroles. Mais au fond d'elle, elle savait que ce n'était pas le cas et en parlant de son expérience en tant qu'infirmière pédiatrique, elle savait qu'elle serait incapable de quitter son emploi était gratifiant et important pour elle.
-Tu es partie bien loin, plaisanta-t-il en secouant sa main devant les yeux de Bella pour capter son attention.
-Désolée, dit-elle en baissant la tête embarrassée, je réfléchissais à quelque chose de pas important.
Elle leva alors la tête et réalisa qu'ils venaient machinalement de finir d'accrocher toute la décoration.
-C'est magnifique, souffla-t-elle en regardant ce qu'ils venaient d'accomplir.
Il restait encore le couvert à mettre mais la décoration, bien que simple, était parfaite.
-Oui, magnifique, soupira alors Jasper en ne parlant absolument pas de la décoration mais plutôt de la jeune fille brune à ses côtés.
Il la vit rougir un peu lorsqu'elle comprit qu'il parlait d'elle mais elle n'eut pas le courage de le lui faire avouer.
-Piiiiiiiizzzzzzaaaaaaaaaaaa !
Bella sursauta lorsque quelqu'un hurla en entrant dans la salle de mariage. Elle se tourna alors vers la source du vacarme et passa une main là où battait son coeur comme pour l'empêcher de bondir à travers sa poitrine.
-Oups, pardon Jazz, je ne savais pas que tu n'étais pas seul, dit le nouveau venu en remuant ses sourcils de haut en bas.
Bella fronça les siens, ce gars lui disait quelque chose, elle le connaissait mais elle n'arrivait pas à se rappeler où elle l'avait vu.
-Pas de problème mec, répondit Jasper en allant lui donner une accolade virile avant de se tourner vers Bella, je te présente Em…
-Emmett ?! demanda-t-elle étonnée en écarquillant les yeux de surprise. Emmett McCarty ?
Ca ne pouvait pas être lui, c'était impossible !
-Bella Swan ? réalisa-t-il en la regardant de plus près. Bon dieu tu n'as pas grandi !
-Toi par contre, tu es tombé dans un shaker de protéine à l'adolescence, rit-elle alors qu'il la prenait dans ses bras pour la faire tournoyer.
-Vous vous connaissez ?
Emmett et Bella s'arrêtèrent pour regarder Jasper.
-Il parait pas comme ça, lui chuchota Emmett de façon à ce que Jasper entende tout de même, mais il est super intelligent comme gars.
Et les deux explosèrent de rire sous la gêne visible de Jasper qui venait de réaliser à quel point sa question était idiote.
-Cette fille a été mon premier amour Jazz, difficile de l'oublier.
Il avait passé un bras autour des épaules de Bella et souriait à son ami d'un air triomphant. Cette dernière était devenue toute rouge et Jasper se surprit à regarder la couleur s'étendre jusqu'à la naissance de sa poitrine et se demanda jusqu'où le rougissement pouvait bien aller, ce qui n'échappa pas à Emmett. Jasper secoua la tête pour se reprendre et réalisa ce que venait de lui révéler son ami d'enfance.
-Comment ça ton premier amour ?
-Tu te rappelles cet été-là après... commença-t-il avant de s'interrompre ne sachant pas si Bella connaissait l'histoire de son ami, on devait avoir treize ou quatorze ans, tu étais parti pour l'été et Bella est venue visiter Charlie ?
Lorsque Jasper acquiesça il poursuivit:
-Juste après ton départ le Chef m'a chopé en train d'entrer par effraction à la piscine municipale en dehors des heures d'ouverture et m'a donné des travaux d'intérêt général en guise de punition. Ca consistait principalement à tondre sa pelouse et c'est là que j'ai rencontré Bella, sourit-il en la ramenant vers lui d'un geste brusque qui la déséquilibra un peu mais il la tenait tellement fort qu'elle ne tomba pas. C'était mon premier baiser, dit-il d'un air rêveur. J'ai mis des mois à me remettre de ton départ Belly.
Il la regarda en feignant la tristesse et lui fit un clin d'oeil pour la rassurer sur ses intentions actuelles qui n'avaient rien de déplacées. Il avait seulement vu le regard alangui de Jasper et voulait juste s'amuser à le provoquer un peu.
-C'était également mon premier baiser, dit-elle en se prenant au jeu sans réellement comprendre quelles étaient les règles. J'ai tout de suite remarqué ce petit garçon chétif qui avait du mal à pousser la tondeuse lorsque le terrain n'était pas en descente.
-Hey! J'ai eu une puberté tardive, se défendit-il, toi par contre, tu n'as pas pris un centimètre depuis !
-Non, mais j'ai embrassé plein d'autres gars! plaisanta-t-elle en lui offrant un sourire taquin.
Jasper était à deux doigts d'intervenir mais se retint. De quel droit aurait-il eu quelque chose à dire à ça ? Il remarqua alors un détail -pas si petit que ça- qui le troubla: Bella ne portait plus sa bague de fiançailles au doigt mais il n'eut pas le temps de se poser plus de questions qu'Emmett enchaînait:
-Moi aussi Belly, qu'est-ce que tu en dis ? Si on s'embrassait à nouveau histoire de comparer nos progrès ?
-Emmett, interrompit Jasper avant que Bella n'ait le temps de répondre, garde ta langue dans ta bouche, j'ai pas envie de voir ça !
-Tu es sûr que c'est la seule raison ? le taquina alors Emmett en le défiant du regard.
Bella se mit à rire sans comprendre ce qui arrivait aux deux garçons mais ils semblaient tellement proches que ce n'était pas étonnant, ils n'avaient pas besoin de beaucoup de mots pour se comprendre.
-Emmett, grogna Jasper pour bien lui faire comprendre de laisser tomber.
-Tu avais pas amené une pizza ? demanda alors Bella pour changer de sujet lorsqu'elle vit Jasper se crisper.
Etait-il en colère ? Elle ne comprenait pas et, comme son estomac choisit ce moment pour se manifester bruyamment, ses interrogations furent reléguées au second plan. Les garçons ricanèrent en l'entendant et tous les trois s'installèrent sur une table pour partager la pizza et la discussion resta légère jusqu'au départ d'Emmett.
-J'ai du mal à me dire que le petit garçon timide avec la peau sur les os est devenu aussi impressionnant! s'exclama Bella une fois Emmett parti.
-Emmett était peut-être un gringalet à l'époque, intervint Jasper en mettant une nappe sur la table d'honneur, mais il n'a jamais eu une once de timidité en lui !
Bella partit dans un éclat de rire, lâchant le fer à repasser qu'elle utilisait pour faire en sorte que les nappes n'aient pas de plis.
-J'ai dit quelque chose de drôle ?
-Non je me souviens juste de la façon dont il a presque fallu que je lui viole la bouche pour qu'il m'embrasse enfin ! Mon dieu, ajouta-t-elle en rougissant, quelle honte !
-Ce n'est jamais honteux d'aller chercher ce que tu désires, décida-t-il de dire en la regardant droit dans les yeux.
Elle fut tellement happée par son regard brûlant qu'elle arrêta tout mouvement. Son rire s'étouffa au fond de sa gorge et son coeur se mit à battre la chamade.
-Crois-moi, quand tu as treize ans et aucune idée de ce que tu es en train de faire, c'est la honte, réussit-elle à dire d'une voix rauque qui sembla se répercuter directement dans le bas ventre de Jasper.
Il déglutit difficilement et se retint de fermer les yeux pour gémir. Il finit par secouer la tête pour tenter de retrouver ses esprits. Il fallait qu'il se reprenne, c'était la fille de Charlie et elle était fiancée, mais lorsqu'il leva les yeux sur elle, il eut du mal à se rappeler de son prénom et encore moins de ses nouvelles résolutions.
Il fit deux pas vers elle, il semblait sûr de lui alors qu'il avait du mal à tenir sur ses jambes. Il se retrouva alors très -trop- près et son odeur envahit ses sens. Il leva la main pour caler une mèche de ses cheveux derrière son oreille, délicatement, comme si le moindre geste brusque allait briser ce moment suspendu. Il laissa retomber sa main le long de son corps et s'autorisa alors à fermer les yeux. Il inspira profondément et profita de ce doux parfum qui avait un goût de fruit défendu.
-On… hum... devrait mettre le couvert, bégaya-t-elle et, lorsqu'il ouvrit enfin les yeux elle avait déjà disparu dans l'autre pièce.
Jasper soupira et se donna une claque mentale.
xoxox
Le reste de la journée s'était déroulée de façon embarrassante, pensa Bella sous le jet de la douche. Elle avait senti le malaise de Jasper qui l'avait à peine regardée dans les yeux après l'épisode de la mèche de cheveux et son inconfort avait nourri le sien au fil des heures.
Elle soupira en éteignant le robinet et attrapa la serviette pour se sécher lorsqu'elle réalisa qu'elle avait oublié de prendre des affaires de rechange. Elle grogna en tentant de sécher ses cheveux du mieux qu'elle pouvait avant d'enrouler la serviette sous ses bras. Elle passa d'abord la tête dans l'entrebâillement de la porte pour vérifier qu'il n'y avait personne dans le couloir, et par personne, elle voulait dire Jasper puisque Charlie n'était pas encore rentré.
Satisfaite de voir qu'elle était seule, elle sortit et piqua un sprint jusqu'à sa chambre lorsqu'elle entendit son téléphone sonner.
-Hey Ali! s'exclama-t-elle en mettant le haut-parleur pour pouvoir s'habiller en même temps.
-Tu as l'air de meilleure humeur que ce matin Bella.
Elle opta pour un débardeur et un pantalon de yoga comme ils n'avaient pas prévu de ressortir ce soir.
-J'ai passé ma journée à décorer la salle pour le mariage de demain et j'ai revu le premier gars que j'aie jamais embrassé ! rit-elle en se rappelant d'Emmett.
-Noooon! Et ? La flamme s'est-elle rallumée ? taquina Alice.
-Haha non, y avait pas vraiment de flamme à rallumer de toute façon. Mais j'ai été impressionnée de ses changements Ali, le gars est énorme! Dans le genre colossal ! Sa main fait ma tête alors qu'il était plus petit et plus maigre que moi à l'époque !
-Mhum arrête Bella, tu sais comment je les aime !
-Je sais et Emmett est carrément ton genre !
Alice aimait les gars qui la faisaient disparaître dans leur étreinte. C'était pas très difficile vu comment elle était minuscule mais plus ils étaient balaises, plus ils avaient leur chance avec elle.
-Il est célibataire ? demanda-t-elle limite en gémissant.
-Aucune idée, mais y a pas genre une règle tacite qui interdit à une fille de sortir avec un ex de son amie ou quelque chose comme ça, plaisanta Bella.
-Je suis presque sûre qu'il y a une date de péremption ou un truc du genre…
-Prescription tu veux dire, éclata-t-elle de rire.
Bella savait que son amie était en train de lever les yeux au ciel.
-Péremption, prescription, on s'en fout, c'est pas comme si j'allais me marier avec le gars ! Si c'est juste pour un coup au bout de cinq ans ça compte plus que c'est ton ex !
Toutes les deux se mirent à rire puis le silence se fit durant quelques secondes avant que Bella ne demande beaucoup plus sérieusement cette fois:
-Des nouvelles de ton frère ?
Elle voulait savoir autant qu'elle craignait la réponse. Elle entendit Alice soupirer à l'autre bout du téléphone et elle sut tout de suite que ce qu'elle allait dire n'allait pas lui plaire.
-Il n'a pas arrêté de m'appeler de la journée, j'ai fini par éteindre mon téléphone. Ecoute Bella, je vais le prendre en main demain, ne te tracasse pas pour lui et profite de ta journée avec ton père.
-Tu crois que je devrais essayer de l'appeler ?
-Ca m'étonnerait qu'il te réponde ma belle, lui dit-elle d'un ton désolé. Mon frère est une tête de mule et il a décidé qu'il était fâché contre toi car tu lui as dit non pour la première fois depuis le début de votre relation.
-Tu me fais passer pour une femme sans caractère qui dit oui à tout, remarqua Bella.
-Et c'est pas le cas ?
-C'est pas parce que je n'aime pas le conflit que je dis amen à tout ce qu'il veut, s'indigna Bella en réussissant à garder son calme malgré ce que lui disait Alice.
-Ne le prends pas mal Bella, mais c'est exactement ça. C'est quand, à part hier, la dernière fois que tu n'es pas allée dans le sens de mon frère ?
-Quand il a voulu bannir le café de la maison ? dit-elle mais ça sonnait plus comme une question.
Et en y repensant c'était ridicule qu'il choisisse tout ce qu'elle ingurgitait, que ce soit la nourriture ou les boissons. Ce n'était pas parce qu'il ne voulait pas boire de café ou d'alcool qu'elle était obligée de faire pareil. Elle se rendit alors compte que ce midi, elle avait mangé une part de pizza pour la première fois depuis au moins huit mois et quelque chose dans cette constatation la choqua.
-Tu sais qu'il remplace ce qu'il y a dans tes pots par du déca n'est-ce pas ?
-De quoi ? s'étouffa-t-elle.
-Désolée, je pensais que tu savais, s'excusa alors Alice.
-Quoi d'autre ?
S'il était capable de faire ça, elle se dit qu'il était capable de beaucoup plus et vu le temps qu'Alice mit à se décider à avouer, elle eut sa réponse.
-Ali, dis-moi s'il te plaît.
-Mon frère est un manipulateur Bella, et il veut que sa vie privée fonctionne exactement comme au bloc opératoire. Ce qu'il dit est loi.
-Ali, gronda-t-elle alors à bout de patience.
-Je ne pense pas que l'invitation du mariage de ton père se soit perdue par inadvertance, débita alors Alice d'une toute petite voix.
-Tu insinues qu'il l'aurait cachée sciemment ?
-Je n'ai aucune certitude ok ? C'est juste une intuition que j'ai eue quand tu en as parlé hier.
-Ce serait vraiment taré de faire ça Ali.
-Je sais ma belle mais comme je t'ai dit, je n'ai aucune certitude d'accord ? Ecoute, je dois te laisser, je te promets d'essayer d'arrondir les angles pour toi demain afin qu'il soit calmé quand tu rentres dimanche d'accord ?
-D'ac, merci Ali.
-Je suis ton amie avant tout Bella, n'oublie jamais ça ok ? Si mon intuition est bonne, il a beau être de ma famille, ça ne lui laisse pas le droit de te traiter comme ça.
-Merci Ali, répéta Bella sincèrement.
Elle raccrocha et Bella s'allongea sur le lit, épuisée par les révélations que venait de lui faire Alice. Elle connaissait mieux son frère qu'elle, elle savait exactement comment il était et Bella se demanda si elle n'avait pas abandonné toute volonté de lutter lorsqu'elle avait emménagé chez lui.
Il avait à plusieurs reprises fait preuve de jalousie lorsqu'ils n'habitaient pas encore ensemble et qu'elle sortait avec ses amies. Ils s'étaient beaucoup disputés à cette période de leur relation mais elle détestait ça alors elle avait capitulé. Elle avait arrêté de sortir sans lui et avait ainsi perdu beaucoup de ses amies en cours de route. Elle avait mis ça sur le compte de la vie, les gens changent et s'éloignent, c'était commun. Mais il y avait plus que ça et au fond d'elle, même si elle ne voulait pas se l'avouer, elle savait. Edward l'avait éloignée volontairement de toute vie sociale en dehors de lui.
Aujourd'hui, elle ne sortait qu'en sa compagnie, dans des lieux ou des événements qu'il avait choisis. Ils faisaient toujours ce qu'il avait décidé.
Et elle savait que son contrôle sur sa vie sociale n'était qu'un début. Elle avait été volontaire dans un centre d'aide pour femmes maltraitées pendant ses études d'infirmière et même si elle refusait de voir les signes, ils étaient tous là.
Il contrôlait sa nourriture, ses vêtements, sa vie sociale et maintenant il était en train de l'éloigner de sa famille.
Comment n'avait-elle pas pu voir ça plus tôt ?
Elle savait comment la suite allait se dérouler.
Bientôt, comme il le faisait avec le café, il remplacerait ses pilules contraceptives pour qu'elle tombe "accidentellement" enceinte et elle serait alors coincée, seule avec un homme qui contrôlerait chacun des aspects de sa vie.
Et sa réflexion sur son travail ? Comment n'avait-elle pas connecté les points quand il lui avait dit ça ? Il ne lui restait plus que sa liberté financière maintenant qu'elle n'avait plus d'ami et, si Jasper ne l'avait pas appelée, plus de famille vers qui se tourner. Bien sûr qu'il allait faire en sorte qu'elle soit totalement dépendante de lui dans tous les aspects de sa vie.
Les larmes lui montèrent aux yeux sans qu'elle ne les anticipe.
Elle se sentait trahie au plus profond de son être par un homme qu'elle admirait et en qui elle avait une confiance totale.
Comment pouvait-il lui faire ça ?
Mais surtout, elle était en colère contre elle-même, et les larmes de tristesse se transformèrent vite en larmes de rage.
Comment avait-elle pu le laisser faire ça ?
Parce que oui, il pouvait être narcissique et manipulateur, elle n'avait rien fait pour l'en empêcher. Elle n'avait rien vu et elle s'énerva encore plus en se rendant compte à quel point elle avait été stupide !
Elle connaissait les signes, elle avait vu les situations dans lesquelles étaient des dizaines de femmes maltraitées. Ce n'était pas toujours physique et elle le savait. La maltraitance morale était souvent beaucoup plus difficile à détecter car elle n'était justement pas visible physiquement.
Mais elle avait toutes les données, pourquoi n'avait-elle rien vu ?
Comment avait-elle pu se laisser faire au point d'en arriver là ?
Cependant... était-ce vraiment ce qu'il faisait ?
D'accord il avait besoin de toujours tout contrôler mais n'exagérait-elle pas les choses ?
Elle était heureuse et elle l'aimait, il n'avait jamais été violent, pouvait-elle réellement se comparer aux femmes qu'elle avait vues au centre d'aide ?
Non, sa situation était différente. Ses femmes avaient été usées et abusées des années durant, Edward n'était pas comme ça, quelque part dans son cheminement, elle avait raté quelque chose. Il ne pouvait pas en être autrement, elle se trompait et Alice aussi, elle avait tort, jamais il ne serait capable de faire quelque chose d'aussi malsain. Il n'avait rien à gagner dans le fait qu'elle n'assiste pas au mariage de son père, comme il n'avait rien à perdre si elle y allait.
Elle était fatiguée et à cran, elle se faisait très probablement des films. Edward l'aimait, il était incapable de lui faire ce genre de mal.
Soulagée de ses conclusions, elle essuya ses larmes d'un revers de la main et descendit partager le repas que son père venait de ramener.
xoxox
A quelques heures du mariage, Bella se trouvait sur la réserve Quileute dans le salon d'Emilie, la nièce de Sue, improvisé en salon de beauté.
Sue était en train de se faire maquiller par sa nièce tandis que Léah, sa fille, et Bella avaient un masque à l'argile sur le visage et les mains et les pieds dans un bain chaud pour "ramollir leurs cuticules". Peu importait ce que ça voulait dire, conclut Bella, cela faisait un bien fou.
-Maman, raconte à Bella comment tu as connu Papou !
Léah avait eu beaucoup de mal à accepter Charlie au début de leur relation, elle avait eu l'impression qu'il lui volait sa mère et il n'y avait rien de pire qu'une adolescente qui avait la sensation de ne plus être le centre du monde. Cependant, au fil des années, Charlie était devenu un père de substitution pour elle et aujourd'hui elle le considérait comme tel.
-Vous ne vous connaissez pas depuis avant notre naissance ? demanda Bella en parlant d'elle et de Léah.
Bella leva alors la tête et ouvrit les yeux pour regarder Sue lorsqu'elle lui répondit.
-Si et il me plaisait déjà à l'époque, mais j'étais beaucoup trop timide pour faire quoi que ce soit et il n'était pas beaucoup plus avenant que moi. Alors je suis sortie avec le seul qui m'ait montré de l'intérêt et vous connaissez la suite, dit-elle en faisant un clin d'oeil à Léah.
Elle était tombée enceinte à peu près en même temps que Renée, la mère de Bella, la différence était qu'Harry n'avait pas du tout assumé comme Charlie et s'était barré à la première occasion.
-Mon géniteur est un connard, dit Léah en levant les yeux au ciel, je suis contente qu'il ne soit pas resté dans les parages.
-Bref, les quinze premières années, j'ai été pas mal occupée, grimaça-t-elle au souvenir d'élever sa fille toute seule. C'est sans regret mais, ma fille, dieu que tu n'étais pas facile !
Les quatre femmes de la pièce se mirent à rire, même si Bella ne connaissait pas très bien Léah, elle avait eu vent à plusieurs reprises de son caractère bien trempé.
-Puis un jour, en sortant de la pharmacie, je vois mon amour secret de jeunesse en train de me verbaliser et je sais pas, ajouta-t-elle timidement, quelque chose s'est comme cassé en moi. Je me suis mise en colère et je l'ai traité de tous les noms. Comme quoi il n'avait pas le droit débouler dans ma vie après quinze ans sans prendre de mes nouvelles et me mettre un putain de PV.
Bella explosa de rire parce qu'elle savait que sous sa peau mate, il y avait très probablement un rougissement sur les joues de Sue à cause du gros mot qu'elle venait de dire.
-J'ai pris son PV, je l'ai déchiré devant lui, après je l'ai enfoncé dans la poche avant de sa veste et je lui ai dit que la prochaine fois qu'il mettait un papier sur mon pare brise il avait intérêt à ce que se soit une invitation à dîner!
-Noooon! s'exclama Bella incrédule.
Sue était une femme qu'elle qualifierait de timide et réservée, un peu comme elle et jamais de sa vie elle ne la voyait faire une chose pareille.
-Oh si ! assura Léah, j'étais là et c'est exactement ce qu'elle lui a dit !
-J'avais passé une très mauvaise journée. Quand j'y repense aujourd'hui je suis mortifiée, dit-elle en essayant de se cacher le visage dans les mains mais Emilie l'en empêcha, lui rappelant de ne pas gâcher son travail avec ses "sales pattes".
-Du coup c'est ce qu'il a fait ? demanda alors Bella.
-Ton père est un homme merveilleux Bella mais il est un peu long à la détente, s'amusa alors Sue. Il a fallu que j'use de beaucoup de stratagèmes pour qu'il se décide enfin !
-Comment ça ?
-Sam, mon mari, travaille avec lui, expliqua alors Emilie qui était passée à la coiffure de Sue. Ce n'était pas difficile d'avoir le planning de Charlie.
-Et les jours où il travaillait tu peux être sûre que maman était mal garée quelque part en ville, rit Léah et Bella écarquilla les yeux en regardant Sue qui haussa les épaules.
-J'ai attendu quinze ans qu'il se décide, j'en ai eu marre et j'ai pris les choses en main !
-Oh mon dieu, s'exclama Bella n'en croyant pas ses yeux. Et ça lui a pris combien de temps pour mettre le bon papier sur le pare brise ?
-Les dix jours les plus longs de ma vie, soupira alors Sue sous le rire des trois autres femmes. Mais c'était rien à côté du temps qu'il a mis pour me demander de l'épouser !
Bella baissa alors les yeux, un sourire un peu plus chagriné en repensant à sa propre demande en mariage. Contrairement à Charlie, Edward n'avait pas perdu de temps et elle n'était pas sûre que ce soit une bonne chose.
-À peu près huit ans, ricana alors Léah et Bella mit de côté ses inquiétudes et fit comme le lui avait suggéré Alice la veille et profita de sa journée.
xoxox
Voilà pour ce deuxième chapitre, j'espère que vous avez apprécié ;)
Je vous poste le prochain dès qu'il sera corrigé, vous aurez la suite de la journée avec le mariage^^
Passez une bonne semaine :)
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