Et voilà, chapitre 2 de cette petite histoire. On reste encore dans le drame pour l'instant mais le ton commencera à s'alléger dès le prochain chapitre (qu'on soit bien d'accord, ce ne sera quand même pas la fête tout de suite !).

En commentaire, quelqu'un m'a fait remarquer que j'aurais pu plus décrire la scène de la dispute entre Anna et ses parents. Je pense que la réponse à cela pourrait intéresser d'autres lecteurs donc je la reformule ici. J'ai volontairement fait une scène courte pour plusieurs raison :

1-Pour éviter de remuer le couteau dans la plaie des lecteurs ayant eu un très mauvais coming-out.

2-Pour donner un côté violent par sa soudaineté. On était dans un point de vu externe mais centré sur Anna. Je voulais faire ressortir une certaine incompréhension de sa part. Tout va vite, son monde s'écroule en quelques secondes, sans explication, sans possibilité de discuter. C'est cruel, c'est dur, et elle n'est qu'une ado qui n'a pas forcément le réflexe de se battre face à l'autorité parentale.

3-Il fallait que je reste concise pour ne pas qu'Anna en apprenne trop sur Elsa et sa relation avec ses parents.

4-Plus de détails, c'était rajouter un côté encore plus sombre car tout ce que j'expliquais dans le point 2 n'est que sous-entendu. Cette histoire a pour but de devenir légère et drôle alors autant ne pas décourager les lecteurs dès le début !

Sur ce, bonne lecture !


Chapitre 2

Elphaba griffonna quelque chose sur le carnet en face d'elle sous le regard presque inquiet d'Elsa. Ça faisait bien une grosse demi-heure que la brune était penchée sur son papier avec un air contrarié.

-Ok, c'est bon ! Regarde-moi ça !

Elphie fit glisser son carnet vers la blonde avec un air triomphant sur le visage. Le regard d'Elsa parcouru la première feuille. Elle avait l'habitude des abréviations et de la manière déstructurée qu'avait Elphaba d'organiser ses pensées mais, même comme ça, elle était incapable de déchiffrer les hiéroglyphes en face d'elle. La brune la regarda un instant avant de rouler les yeux et d'expliquer chaque point de son plan en l'indiquant sur la feuille.

-Ok, « Mission Anna pour Noël » ! Phase un, tu me donnes son numéro. Phase deux, tu la préviens pour qu'elle ne me prenne pas pour une folle. Phase trois, je discute avec elle sur plusieurs médias histoire qu'elle ait quelque chose à montrer à ses parents et qu'ils me fassent un minimum confiance.

Elle regarda Elsa.

-Il va falloir que je me fasse un nouveau compte Facebook, je dois avoir plus de photos de toi sur le mien que tes parents dans leurs albums de famille.

-Surtout qu'ils les ont probablement brûlées.

La remarque avait été faite avec humour, mais cela n'empêcha pas Elphaba de regarder son amie tristement. S'il y avait bien quelque chose qu'elle comprenait, c'était la douleur d'être reniée par sa propre famille. C'est à travers cette peine qu'elles avaient appris à se comprendre et étaient devenues inséparables après tout.

-Bref. Ensuite j'invente une journée porte ouverte à la fac pour les vacances et on importe la petite rousse à croquer qui te sert de sœur.

-Ça ne marchera pas…

-Pourquoi ?

-Mes parents savent que je vais en cours ici. Même s'ils avalent le mensonge, ils ne prendront pas le risque que leur précieuse petite princesse puisse me croiser au détour d'un couloir et être contaminée par ma présence. En plus Noël c'est sacré dans ma famille…

-On ne sait jamais ! Ça ne coûte rien de tenter, file-moi son numéro.

Le regard insistant d'Elphie eut vite raison de toutes les excuses internes qu'Elsa avait pu trouver et elle sortit son téléphone de sa poche en soupirant bruyamment pour signaler son mécontentement. Un sourire victorieux étira les lèvres de la brune pour toute réponse.

Il y eut une vibration et Elsa manqua de faire tomber le téléphone, qu'elle déverrouillait à ce moment là, de surprise.

-C'est elle !

Le regard de la blonde était terrifié alors qu'elle tournait son portable vers Elphie pour qu'elle puisse y voir le visage chocolaté de la cadette.

-Répond, andouille !

Elsa laissa glisser son doigt tremblant sur l'écran et porta le combiné à son oreille. Il n'y eut rien. Pas un bruit. Et puis, un son étouffé.

-Anna ? Anna, c'est toi ? Qu'est-ce qui se passe ?

Le son devint plus fort et Elsa comprit enfin de quoi il s'agissait. Une respiration douloureuse entrecoupée de hoquets étouffés. C'était un son qu'elle n'avait pas souvent entendu et pourtant elle aurait pu le reconnaître entre mille. Sa sœur était en larmes. Une vraie crise comme elle en avait rarement eu.

-Anna, merde, tu pleures ? Anna !

Elphaba la regarda, inquiète, en lui faisant signe de mettre le téléphone en haut-parleur, ce qu'elle fit immédiatement. La blonde posa l'appareil sur la table et se pencha au-dessus, attendant une réponse de la petite rousse.

Les deux jeunes femmes retenaient leur souffle comme si le moindre bruit aurait pu briser la cadette de l'autre côté du combiné. Les sanglots augmentèrent. Puis il y eut un bruit de respiration fort, et enfin…

-Aide-moi, s'il-te-plaît, aide-moi… Elsa.

-Parle-moi Anna, qu'est-ce qui se passe ? Où es-tu ?

La voix de sa sœur semblait calmer légèrement la plus jeune fille qui répondit plus vite et plus intelligiblement cette fois-ci.

-Je… Ils m'ont interdit de rentrer Elsa. Je ne sais pas quoi faire. Il fait nuit, j'ai peur…

Il y eut un petit cri étouffé.

-J'ai peur Elsa…

Les yeux de la blonde étaient écarquillés. Ils avaient osé le faire à Anna, à sa précieuse petite sœur. Ils lui avaient fait la même chose qu'à elle…

Elphaba posa sa main sur le combiné pour ne pas être entendue de la petite rousse.

-Elsa, reprend-toi bordel ! Elle a besoin de toi ! Agis comme la grande sœur que tu es !

La blonde attrapa le téléphone et se leva en enfilant sa veste posée derrière sa chaise.

-Elphie, prend tes clefs de voiture. Anna, dis-moi exactement où tu es, j'arrive.

Il y eut un nouveau sanglot alors qu'Elphie secouait les clefs qu'elle tenait déjà à la main.

-Je viens te chercher Anna. Dis-moi juste où !

Les deux filles avaient déjà sauté dans la vieille 205 d'Elphaba et Elsa entrait le nom de la ville de son enfance dans le GPS de la brune. Elle n'eut même pas besoin de faire signe à Elphie pour qu'elle démarre en trombe une fois l'itinéraire chargé.

-Je suis devant chez Kristoff…

Elsa fouilla rapidement sa mémoire. Elle aimait bien le meilleur ami de sa sœur et il lui semblait se souvenir de ses parents comme de gens doux et dignes de confiance.

-Tu peux entrer chez lui pour m'attendre ? Je suis à…

Elle regarda l'heure indiquée sur le GPS.

-Deux heures trente de toi.

-Compte deux heures dix, lui chuchota Elphaba.

-Plutôt deux heures dix, Anna. J'arrive dans deux bonnes heures.

-Je ne peux pas… Ils sont partis en vacances…

-Merde !

Elphaba posa sa main sur le combiné.

-Il n'y a pas un café, ou autre, où elle pourrait attendre au chaud.

-C'est un bled pommé… on a une ligne de bus qui passe toutes les heures au mieux…

-Merde.

-C'est ce que je disais.

Elsa poussa la main de son amie pour reprendre la conversation avec sa sœur.

-Ok ok… Anna, écoute-moi attentivement. Ne bouge pas d'où tu es. Tu sais toujours forcer le portail de Kristoff ?

-Oui…

-Alors entre dans le jardin, ferme le portail derrière toi et pose-toi devant la porte d'entrée. Tu seras plus en sécurité que dans la rue.

-O- ok…

Il y eut du bruit un moment, indiquant que la petite rousse suivait les instructions de sa sœur. Et puis, plus rien.

-C'est bon.

-Ok, c'est bien Anna. Je serais là dans moins de deux heures. Tu peux tenir jusque là ?

Un son de tissu froissé traversa les enceintes du téléphone et Elsa pouvait parfaitement imaginer sa sœur hochant furieusement la tête.

-Maintenant, dis-moi exactement ce qui s'est passé.

Il y eut une inspiration, comme si la jeune fille allait réussir à parler tout de suite, simplement en concentrant son courage dans l'air qui gonflait ses poumons. Et puis, les sanglots qui s'étaient calmés revinrent de plus belle.

-Oh Anna… Je sais que c'est dur… Mais j'ai besoin de savoir pour voir si je peux arranger la situation avec papa et maman (Elphie pouvait voir une grimace déformer les traits de son amie à l'utilisation de l'appellation familièrement affectueuse pour ses parents) ou si je te ramène avec moi…

Les pleurs d'Anna mirent un moment à se calmer assez pour qu'elle puisse articuler difficilement.

-Je ne veux pas que… que tu… tu… me détestes aussi…

-Oh, Anna… rien de ce que tu pourrais dire ne me ferait te détester.

Et c'était vrai. Depuis l'instant où son père lui avait mis la frimousse pleine de tâches de rousseur de sa sœur dans les bras, Elsa avait su qu'elle pourrait tout le pardonner. Jusqu'à la fin de ses jours.

La rousse calma ses sanglots relativement vite, mais il lui fallut encore quelques minutes pour réunir le courage nécessaire à cet aveu.

-Maman a… elle a…

Elsa et Elphaba restaient religieusement silencieuses, se concentrant l'une sur le téléphone et l'autre sur la route, pour laisser Anna prendre le temps dont elle avait besoin sans la presser.

-Elle a découvert que j'étais gay…

-L'enfoirée !

Elphaba posa une main sur ses lèvres en se rendant compte qu'elle avait parlé tout haut. Elle regarda Elsa du coin des yeux. La blonde était restée figée de stupéfaction mais, lorsqu'elle ouvrit la bouche, Elphie pouvait lire dans ses yeux exactement ce qu'elle s'apprêtait à dire. Elle lui posa donc la main sur la bouche en la fusillant du regard (chose compliquée sans quitter la route des yeux). Lorsqu'Elsa hocha la tête, Elphaba déplaça sa main de la bouche de la blonde au micro du téléphone pour rendre leur conversation privée.

-N'y pense même pas Elsa. Il s'agit d'Anna aujourd'hui. Elle n'a pas besoin de ton histoire mais de soutien.

La blonde hocha la tête. Elle avait une confiance aveugle dans le jugement de sa meilleure amie et la brune lui lança un dernier regard avant de remettre sa deuxième main sur le volant.

-Anna, ce n'est rien, tu n'as pas à avoir honte ou autre. Tout va bien. Je te ramène à la maison.

Se rendant compte de l'ambiguïté de sa phrase, la blonde précisa.

-Chez moi. Tu rentre à la maison avec moi, Anna.

Il y eut un sanglot unique de l'autre côté du téléphone. Un sanglot de soulagement, et Elphaba leva un pouce en l'air dans la direction de sa copilote.

-D'accord…

Elsa sourit tristement avant de penser à quelque chose.

-Anna, il te reste combien de batterie sur ton portable ?

Un instant.

-Vingt-cinq pourcent.

-Ok. On va raccrocher Anna, ta batterie ne tiendra pas tout le trajet. Tu vas couper le wifi et la 4G pour l'économiser. Je veux pouvoir te joindre en cas de problème. Et si tu sens que tu n'es plus en sécurité, bouge, appelle la police et préviens-moi. D'accord ?

-D'accord…

Il y eut un silence.

-J'arrive Anna.

Et Elsa raccrocha.

La blonde se tourna vers son amie.

-Tu peux accélérer ?

-Quinze kilomètres/heure, pas plus, après le volant tremble trop pour que j'aie confiance en mon Nimbus 2000.

Elsa sourit à l'utilisation du surnom qu'elle avait donné à la vieille Peugeot d'Elphaba.

-Fais-le.

-Ok, mais c'est toi qui paye les prunes éventuelles et après deux flashs, je repasse à la limite autorisée. Mes points ne sont pas infinis.

-Deal.

Le silence s'installa dans la voiture alors qu'Elphaba se concentrait sur la route et qu'Elsa fixait anxieusement l'heure sur le tableau de bord en serrant son portable contre sa poitrine.

-Calme-toi. Tout va bien aller. On y sera bientôt.

-Tu ne comprends pas…

-Quoi ?

-C'est Anna… elle ne pleur jamais.

-Sérieux ?

Elsa pouvait être une telle madeleine quand elle s'y mettait qu'Elphie avait du mal à s'imaginer sa sœur autrement.

-Sérieux. C'est une optimiste têtue avec un caractère de cochon. Je ne l'ai vu pleurer qu'à la mort de son chat i ans. Je ne peux même pas imaginer l'état dans lequel elle est pour pleurer autant.

-Bah, tu peux un peu. Tu t'es faite dégager de la famille avant elle…

-C'était différent. J'avais déjà mon appart', ma bourse et mon boulot à mi-temps…

Elsa regarda ses mains, perdue, et vit celle d'Elphie les attraper et les serrer doucement. Sa peau mate contrastait joliment sur la pâleur de la sienne.

-Elle t'a toi. Elle ira bien.


Les tremblements d'Anna, qui avaient cessés pendant son moment au téléphone avec Elsa, avaient redoublé en puissance après avoir raccroché. Elle était assise sur les quelques marches devant la maison de Kris, ses jambes repliées contre elle. Elle les serrait dans ses bras en se balançant d'avant en arrière. Ses larmes avaient zébré ses joues et elle devait avoir la marque de ses genoux imprimée sur le front. Elle ne savait pas depuis combien de temps elle était là, dans cette position. Elle avait depuis longtemps cessé de regarder son portable pour vérifier l'heure. Les minutes ne voulaient juste pas passer ce soir. Elle avait aussi arrêté de lever la tête à chaque bruit de moteur. Ce n'était jamais Elsa. Elle n'arriva pas à contenir un nouveau sanglot et hoqueta en se balançant un peu plus fort.


-Là ! Le portail bleu !

Elphaba appuya un peu plus fort sur l'accélérateur avant d'effectuer un dérapage digne d'un film d'action, devant le portail en question, et Elsa sauta hors de la voiture sans même en attendre l'arrêt total. La blonde s'élança en courant et sauta la grille dans un mouvement souple sous le regard médusé de son amie. Depuis quand Elsa était-elle assez sportive pour ce genre d'acrobatie ?

Elphie coupa le contact et sortit de l'habitacle en serrant ses bras autour d'elle. Il faisait frais cette nuit. Elle regarda autour d'elle, sachant qu'il valait mieux laisser un peu d'intimité aux deux sœurs. Le quartier était sombre mais propre. Le genre d'endroit où l'on imaginait mal ce genre de drame. Elle soupira. Ce genre de drame était partout, et encore ridiculement commun. Elphaba se frotta l'arrière du crâne en faisant quelques pas dans la nuit et regarda sa montre. Vingt deux heures vingt deux. L'heure de faire un vœu.


Anna entendit à peine le crissement de pneus au-dessus des battements erratiques de son cœur. Elle essayait de se calmer, il fallait qu'elle se calme avant l'arrivée d'Elsa. Sa sœur ne pouvait pas la voir comme ça. Elle ne devait pas la voir comme ça.

La petite rousse senti une douce chaleur l'entourer et la maintenir là, ancrée, sans pouvoir se balancer. Presque instantanément, ses muscles se détendirent et elle cessa de trembler.

-Là… chut, ça va aller… je suis là.

La voix d'Elsa était douce comme du miel et réconfortante. La blonde la serrait dans ses bras, ni trop fort, ni trop peu.

-Je suis là, Anna…

La petite rousse avait l'impression de pouvoir respirer pour la première fois depuis des années et ses larmes coulaient librement, libératrices, loin du fardeau qu'elles semblaient être seulement quelques instants plus tôt.

Elsa était là, elle avait tenu sa promesse et la protégeait du monde de ses bras pourtant si fragiles. Elle chuchotait des paroles rassurantes dans son oreille. Elle était là.

La blonde n'avait jamais vu sa sœur dans un tel état. Sa Anna, si forte et courageuse, lui semblait fragile, déjà cassée. Elle la serrait contre elle comme pour recoller les morceaux avant de perdre une pièce de ce magnifique petit bout de femme. Elle lui parlait aussi, doucement pour ne pas l'abîmer plus qu'elle ne l'était déjà, mais assez fort pour qu'elle puisse l'entendre et la comprendre. Elle lui disait des choses rassurantes, des choses vraies et des choses qu'elle pensait. Elle lui parla longtemps, sans s'arrêter et sans lui laisser le temps de réfléchir, jusqu'à ce qu'Anna se calme et que sa respiration devienne lente et posée. Alors, elle lui dit cette phrase qu'elle avait tant eu besoin d'entendre quand elle avait été à sa place des années plus tôt.

-Je t'aime.

Et ses lèvres se posèrent sur le front de sa cadette qui la serra enfin en retour.

Les lèvres d'Elsa sur son front étaient chaudes comme les mots qu'elle avait prononcés. Anna ne savait pas qu'elle avait désespérément besoin qu'on les lui dise avant qu'Elsa ne le fasse. Elsa l'aimait, elle était encore digne d'être aimée malgré tout et une dernière larme, de joie cette fois, coula de ses yeux fatigués alors qu'elle serrait sa sœur contre elle.

-Tu te sens de te lever ? On a de la route à faire…

La cadette hocha doucement la tête et Elsa l'aida à se mettre sur ses pieds, puis la pris par la main avant de descendre du perron des Reinsdyr. Là, elle se pencha pour ramasser la valise de la plus jeune avant de la tirer hors du jardin.


Elphaba vit les deux sœurs arriver vers elle alors qu'elle soufflait sur ses mains pour les réchauffer. Elsa lui fit un rassurant signe de tête et elle s'avança pour lui prendre la valise des mains.

-Je vais mettre ça dans le coffre.

Elle se retourna et ajouta dos aux deux autres.

-Je m'appelle Elphaba au fait.

Elle avait juste tourné la tête pour faire un sourire à la rousse qui lui répondit d'une petite voix.

-Anna.

Elphie claqua le coffre après y avoir mis la valise et revint vers les deux autres.

-Enchanté Anna, je suis la meilleure amie de ta sœur. Maintenant, montez, on se les gèle ici même si Elsa se fera un plaisir de me contredire… Je suis sûre qu'elle est à demi bonhomme de neige.

La blonde roula des yeux à cette remarque mais ne dit rien. Elphaba avait réussi à arracher un sourire fatigué à Anna. Elle se contenta donc d'ouvrir la porte arrière de la vieille voiture et d'y monter avec sa sœur.

La brune roula des yeux à son tour avant de prendre place derrière le volant.

-Je vois, je suis reléguée au rang de chauffeur. Puis-je au moins rouler plus lentement pour ne pas tuer mon vieux tacot Mme Arendelle ?

Elsa lui colla une claque sur l'épaule.

-Arrête ton cinéma, on dirait Glinda !

Elphie prit une moue offusquée mais la blonde ne se laissa pas interrompre.

-Roule comme tu veux tant qu'on arrive en un seul morceau.

-J'ai le droit de chanter ?

-Ok, mais pas trop fort.

La brune se tourna pour voir le visage endormi de la rousse sur l'épaule d'Elsa. Elle hocha silencieusement la tête avant de démarrer.

-Elle doit-être épuisée.

-Elle a dû pleurer toutes les larmes de son corps…

-Je vous ramène à la maison, ça ira.

Les yeux d'Elsa observèrent le peu du visage d'Anna qui leur était accessible en réfléchissant. Ce ne serait pas facile, mais Elphie avait raison. Ça irait.

-Tu voudras que je mette Mérida au jus ?

-Non, ça ira. Je l'appellerais dans la matinée. De toute façon elle ne rentre pas avant demain après-midi.

-Ok ok. N'oublie juste pas.

-Il n'y a aucun risque.

La brune regarda son amie dans le rétroviseur.

-Ça ira, Elsa.

-Je sais.


Je n'ai actuellement qu'un chapitre d'avance car j'attend que quelqu'un me dépose le DVD de Rebelle dans la journée pour me remettre un peu le caractère de Mérida en tête, il ne faudrait pas la rater !
Pour ceux qui ne connaissent pas Wicked, Elphaba est la méchante sorcière du "Magicien d'Oz", le fait qu'Elsa ait surnommé sa voiture le Nimbus 2000 est un clin d'œil au fait que l'Elphie originelle se déplace en balais volant.
J'espère que ce chapitre vous aura plu, n'hésitez pas à commenter pour me dire ce que vous en pensez !