Bonjour, bonjour! J'avais commencé à écrire un nouvel OS il y a plusieurs mois en arrière et au jour d'aujourd'hui, je ne l'ai toujours pas terminé (Honte sur moi). Mais j'avais tellement envie de vous poster un nouvelle petite histoire que ni une ni deux, j'ai rédigé celle-ci! Et attention.. En 8 jours! Je me surprends énormément, presque 4 000 mots écrits et aussi rapidement, c'est un véritable record sur ce compte. A moi la médaille en chocolat ohohoh.
J'espère qu'elle vous plaira, j'attends vos avis avec beaucoup d'impatience. :D
C'était Rei qui avait fait le premier pas vers le nageur blond, il y a quelques mois.
Depuis son intégration dans l'équipe de natation – en partie due à l'acharnement sans fin du blond –, les deux s'étaient rapidement rapprochés, et avaient partagé presque aussitôt des moments ensemble. Notamment à la bibliothèque, lieu sacro-saint pour Rei, que l'on savait studieux et à la recherche d'une perfection dans tous les domaines. Il y entraînait Nagisa plusieurs fois par semaine, et si au début le nageur de crawl s'y ennuyait fermement, et ne comprenait pas cette passion du travail qu'avait son ami, au point de déconcentrer le bleuté toutes les cinq minutes pour savoir s'il avait terminé, il avait petit à petit commencé à se faire plus patient et plus compréhensif. Il savait aujourd'hui que travailler autant permettait au plus jeune de se sentir en sécurité pour son futur, d'être certain que peu importe ses choix, ses résultats lui offriraient toujours les meilleures écoles et les meilleures débouchées.
De plus, à force de le côtoyer, Nagisa avait découvert que Rei n'était pas si sûr de lui et débordant de confiance qu'il n'y paraissait. Il avait énormément de faiblesses qu'il cachait donc derrière son travail et une attitude faussement présomptueuse. Le blond l'avait déjà surpris plusieurs fois à frissonner et jeter des coups d'œil paniqués à la piscine du lycée lors des entraînements, avant d'essayer de se reprendre. Ou sursauter dès qu'il entendait les feulements d'un chat, la nuit, quand ils rentraient tout les deux d'Iwatobi. Dans tout les cas, il prétendait ensuite que rien ne s'était passé, et qu'il allait bien.
Alors, Nagisa pouvait vraiment comprendre son sérieux habituel, et le laissait désormais revoir ses cours et faire ses exercices en paix. Parfois, il quittait la table, après avoir prévenu le plus grand d'un signe de main, et se baladait dans les allées de la bibliothèque pour revenir avec un manga, et quelque fois, des livres. A d'autres moments, il se mettait aussi à travailler, motivé par la concentration et la passion qu'y mettait son camarade. Et dans ces moments, Rei quittait ses cours de physique des yeux pour répondre aux questions que se posait son ami et lui expliquer avec trop de détails ce qu'il ne comprenait pas. Grâce à ça, Nagisa avait vu certaines de ses notes aux examens monter de quelques points, ce qui le motivait d'avantage à accompagner le bleuté dans la sainte bibliothèque.
Si Rei avait un bon impact sur les études de Nagisa, le contraire était aussi vérifiable ! Ce dernier apportait à Rei ce côté humain qui lui manquait parfois. On pouvait notamment utiliser l'exemple des entraînements de natation même si Rei avait vu sa nage s'améliorer, il avait toujours beaucoup de lacunes, comparé à ses amis. Nagisa s'était volontairement proposé pour l'aider à remédier à ça, et si les premiers essais avaient été assez désastreux, le nageur papillon avouait avec honnêteté que son ami était un bon professeur !
Lui, qui craignait les jugements et moqueries des autres, savait que Nagisa ne rigolerait jamais de ses difficultés et de ses hontes. Il avait aussi l'impression que l'autre était capable de lire en lui, qu'il savait quand Rei était épuisé moralement et quand il fallait stopper l'entraînement. Aidé de Gou, qui jugeait de ce qu'il fallait faire progresser, Nagisa avait réussi à améliorer les performances de son camarade et lui faire faire des départs efficaces, le tout en assez peu de temps. Rei avait alors réalisé qu'il était normal de ne pas être naturellement doué en tout, et que la perfection était très difficile à atteindre. Bizarrement, cette réalisation l'avait encore plus motivé à exceller dans ses activités, comme s'il voulait se prouver qu'il était quand même possible d'y arriver.
Quand Rei affichait des signes de peur, Nagisa avait toujours un petit mot à ajouter pour lui montrer que c'était normal.
- Rei-chan, tu ne stresses pas pour le contrôle de cet après-midi ?
- Wow, ces chats m'ont surpris ! Pas toi ?
Avec la complicité que leurs permettaient ces moments, Rei et Nagisa avaient fini par se confier un peu plus l'un à l'autre. Sur les difficultés qu'ils avaient, leurs craintes, leurs situations familiales, la pression des cours.. Ils profitaient aussi des week-ends pour organiser des sorties, prétextant qu'ils ne voulaient pas y aller seuls. Ainsi, le bleuté avait pu pour la première fois aller dans un train fantôme, son image impeccable laissée au placard alors qu'il en était sorti aussi tremblant et livide que Nagisa !
Ils avaient partagé des fous-rires incontrôlables, Nagisa découvrant au passage que l'humour de Rei était dévastateur. Ils avaient aussi, parfois, passé la journée et la nuit chez la famille de l'autre, qui voyaient toutes deux cette amitié sous un bon œil.
Le blond et le bleuté se complétaient et ça, le premier l'avait rapidement constaté. Et il avait également réalisé autre chose.
Il était amoureux de celui qu'il considérait jusque là comme son meilleur ami.
Cette réalisation lui était venue comme ça, un soir où Rei était chez lui. Ils jouaient tous les deux à un jeu vidéo nouvellement sorti, et riaient bruyamment en même temps qu'ils essayaient de faire perdre l'autre en se donnant des coups de coudes ou en se poussant. A un moment, le blond avait tourné la tête vers son camarde, voulant se vanter de sa victoire, mais à la place, il était resté figé, la bouche bêtement ouverte, totalement surpris par ce qu'il voyait.
Face à lui, Rei, qui avait retiré ses lunettes dans le but de s'essuyer les yeux, pleurait littéralement de rire. Un large sourire était accroché à ses lèvres, dévoilant des dents éclatantes et une adorable fossette à sa joue. Adorable, c'était exactement le terme qui lui correspondait à cet instant. Ce n'était pas la première fois qu'il voyait son ami rire, mais cette fois-là, il fut particulièrement touché. Rei était beau. Et le plus âgé réalisait aussi en cet instant, que ce n'était pas la première fois qu'il pensait cela.
Il était beau quand il riait. Il était beau quand il travaillait à la bibliothèque.
Quand il était en cours, quand il sortait de la piscine par l'échelle à la fin de leurs entraînements, quand il mangeait quelque chose de bon.
Il était beau quand il était concentré, quand il avait peur d'un bruit, quand il était gêné.
Il était beau quand il lisait un livre, quand il prenait le métro.
Nagisa l'avait déjà pensé plusieurs fois. Et il se prenait cet aveu comme une baffe.
Gêné, il s'était de nouveau concentré sur sa manette, et savourait amèrement sa victoire, passant et repassant chaque moment où il s'était surpris à avoir de l'attirance pour Rei.
Le soir, Rei retourné chez lui, il ressassait toujours la chose, en contemplant le plafond de sa chambre, incapable d'en dormir. Et quelques jours après, une certaine distance s'était installée entre lui et son meilleur ami, provoquant l'inquiétude de ce dernier. Le blond ne l'avait pas attendu pour aller à la bibliothèque, et était, selon Makoto, directement rentré chez lui. Il avait brutalement laissé Haruka s'occuper de ses entraînements particuliers, et les SMS qu'ils s'envoyaient étaient brefs, banals. Quand le plus âgé répondait.
En revanche, lors des repas sur le toit du lycée, ou lors de leurs sorties tous ensemble, Nagisa était plein de vivacité, lui parlait presque normalement. Son comportement effrayait de plus en plus Rei, qui pensait avoir fait une bêtise quelque part. Pour que le plus petit l'évite, et fasse comme si tout allait bien devant les autres, c'était que le problème devait être vraiment grave. Pourtant, même si l'envie d'intervenir le démangeait, le bleuet ne savait pas du tout quoi faire. Nagisa ne voulait sûrement pas lui en parler maintenant.. C'est pourquoi Rei décida de simplement ronger son frein, jusqu'à ce que le blondin décide de s'expliquer.
…
- Nagisa, tu peux m'expliquer où est le putain de problème depuis trois semaines ?
- Lâche moi, tu me fais mal ! Il n'y a rien du tout !
Nagisa criait. Et Rei n'avait pas réussi à cacher sa curiosité, son inquiétude plus longtemps. Leur relation s'était vraiment détériorée, au point où en dehors du club et des déjeuners avec l'équipe, ils ne se parlaient aucunement, même plus par messages. Et Rei était à bout de nerfs, sûrement autant que le blond à ce moment-ci. Ce dernier ne devait sûrement pas réaliser à quel point Rei tenait à lui, et le nageur papillon l'avait également compris très récemment. Il tenait énormément à son ami. Parmi tout les membres d'Iwatobi, il était le seul avec lequel il était aussi proche, chez qui il passait des week-ends, et à qui il racontait ses problèmes. Ce sevrage brutal lui avait fait durement prendre conscience de la force de ses sentiments à l'égard du blond, qui s'avéraient être plus solides qu'une amitié, et l'avaient muni d'un besoin viscéral de savoir ce qui se tramait dans la petite tête blonde. Parce qu'il ne pourrait pas tenir plus longtemps à le voir l'éviter, et s'enfermer dans un mutisme dès que le perfectionniste avait le malheur de lui adresser la parole !
- Tu te paies ma tête, c'est ça ? Tu penses que je n'ai rien remarqué ?! Tu m'évites, Nagisa ! Et pas depuis deux jours, non. Depuis trois semaines !
- Depuis quand tu te soucies de mes problèmes ? Je t'ai pas sonné, Rei-chan !
A présent, le plus âgé avait les yeux humides de larmes, mais tentait quand même de concentrer son regard sur son vis-à-vis, qui tenait toujours avec fermeté son poignet entre ses doigts. Il était figé. Il avait fait pleuré la personne la plus importante à ses yeux. Son ventre était noué, et derrière ses lunettes, sa peau pâlissait dangereusement.
Voyant son manque de réaction, le plus petit essaya de se dégager, mais c'est ce qui fit revenir Rei à ses esprits. Il tira d'un coup assez sec sur le bras qu'il tenait, pour attirer le blondin dans ses bras, dans lesquels il l'étouffa presque par la force de son étreinte. Bien vite, les doigts de Nagisa s'accrochèrent aussi au dos du bleuet, froissant la chemise repassée. Il pleurait, comme un enfant. Ses épaules se secouaient, Rei sentait les larmes et sûrement la morve mouiller son uniforme, et Nagisa gémissait des paroles incompréhensibles entre deux reniflements. Toutefois, ça n'empêchait pas Rei de vouloir le consoler, au contraire, il passait et repassait sans cesse sa main dans les mèches couleur du soleil, puis sur la nuque chaude, et enfin dans son dos, effectuant des gestes imprécis qui se voulaient calmants et bienfaiteurs.
Se penchant vers l'oreille de son aîné, il murmura doucement, toute colère envolée :
- Tu m'as énormément inquiété, tu sais ? Je pensais avoir fait quelque chose de mal, et je ne trouvais pas quoi..
- … C-C'est entièrement de ma faute. Le problème vient de m-moi.. Tu n'as r-rien à te reprocher Rei-chan..
- Dans ce cas, explique moi ? Peut-être que je pourrais t'aider à arranger ce problème.. Je suis là pour ça. Toujours. Je pensais que tu le savais !
C'est un long silence, entrecoupé de derniers reniflements, qui répondit à Rei. Il avait de plus en plus de mal à rester calme, alors que Nagisa était tout sauf joyeux. Ce n'était pas la première fois qu'il le voyait pleurer, mais l'effet était totalement différent étant donné que les larmes qui humidifiaient ses vêtements étaient provoquées, d'une manière ou d'une autre, par SA faute. Il le savait.
Alors qu'il s'apprêtait à desserrer son étreinte autour du blond, le pensant calmé, celui-ci se mit à nouveau à gémir et pleurer, et s'accrochait presque avec désespoir à Rei, qui ne savait s'il devait se réjouir d'une telle proximité ou céder à une vague de panique suite au retour des pleurs de son.. Pouvait-il encore le considérer comme un meilleur ami alors qu'il avait en ce moment même envie de l'étreindre éternellement, et embrasser chaque parcelle de son visage pour lui faire oublier ses peines ? Alors que même dans une telle situation, il sentait son cœur battre fortement dans sa cage thoracique ?
Nagisa balbutiait un autre florilège de mots sans sens, et semblait être parti loin, très loin. L'adolescent aux cheveux bleus prit alors son petit visage enfantin en coupe entre ses mains, et força son meilleur-plus-qu-un-ami à relever la tête vers lui. Les muscles de son visage étaient tous crispés, et ses lèvres tremblaient comme le feraient celles d'un bambin, réveillant un instinct presque paternel chez Rei.
- Nagisa, arrête s'il te plaît. Je.. Merde. Ça me fait vraiment du mal de te voir comme ça ! Tu n'as même pas idées..
- J'y peux rien ! Je suis désolé d'être comme ça ! Je suis horri-
Une des mains de Rei s'était rapidement glissée sur la bouche de son vis-à-vis, lui coupant la parole. Nagisa écarquilla un instant les yeux, inquiété par cette réaction. Le nageur qu'il aimait avait les sourcils froncés, et le fusillait du regard derrière ses lunettes. Il ne s'en sentait que plus mal dans sa peau. Mais Rei ne pouvait pas le laisser penser ça de lui-même. Depuis quand les rôles s'étaient inversés ? C'était lui, qui devait se lamenter sur sa personne et dire qu'il était horrible ! Pas le contraire ! Incapable de supporter ça plus longtemps, le bleuté partit dans un monologue :
- Tu n'es pas horrible. Je t'interdis, tu entends ? Je t'interdis de penser ça de toi, alors que c'est tout le contraire. Et n'aies pas l'air choqué, bordel ! Tu es merveilleux. Tu es un ami génial, Nagisa ! Sans toi, je ne serai jamais rentré dans l'équipe de natation, et je n'aurai jamais connu tout ce monde ! Je serai encore seul à l'heure actuel. Et tu m'accompagnes tout le temps à la bibliothèque, même quand tu n'en as pas envie, tout ça pour que je ne sois pas seul ! Et puis, tu me fais rire, et tu sais toujours quoi me dire quand ça va pas ! Je n'appelle pas ça être quelqu'un d'horrible..
Il ajouta presque aussitôt, comme pris d'une poussée de courage :
- C'est moi qui suis horrible, d'accord ? Je suis horrible, Nagisa.. Le pire gars qui puisse exister. Je suis égoïste.. Parce que pendant que toi tu n'es pas bien, la seule chose à laquelle je pense c'est à ton corps que j'ai contre moi, et qui me tient ! Je fais une fixation sur ça, sur tes mains, et sur le fait que tu sens bon, et que si je peux sentir ton odeur, c'est parce que tu es collé contre moi ! Et mon cœur ne pense qu'à ça aussi, j'ai l'impression qu'il va sortir à tout moment de ma poitrine, juste parce que tu es là ! J'ai des vertiges, comme si j'étais dans une montagne russe.. Et je t'en veux tellement pour cette distance que tu as installée ! Parce que tu es peut-être mal, mais moi aussi, hein. J'avais l'impression que mon monde s'était arrêté. Dès que tu souriais à quelqu'un d'autre que moi, je bouillonnais de rage. Parce que jusque là c'était de moi dont tu étais le plus proche ! Je suis le seul à te connaître aussi bien, et en l'espace de trois semaines j'ai été relégué au second plan !
- Mmmmpf !
- Non, ne dis rien ! C'est moi qui parle, j'ai aussi des choses à dire. Pendant trois semaines j'ai eu l'impression d'être piétiné ! J'arrivais plus à rien faire et toi.. Tu souriais aux autres ? Tu sais pourquoi ça a été très douloureux ? Parce que, toi, Nagisa, tu es important pour moi. La plus belle chose qui me soit arrivée. T'es ma faiblesse, mais ça bien sûr, je le comprends seulement quand tu n'es plus là. Quel con.. Mais merci, maintenant, je sais très bien que j'ai des sentiments pour toi, pour ne pas dire que je t'ai dans ma tête à chaque instant, alors tu peux arrêter d'être loin de moi, s'il te plaît ? Avant que je ne devienne totalement barge.
Il poussa un soupir, réalisant la gaffe qu'il avait faite en révélant ses sentiments. Il se sentait soulagé, mais apparemment, ce n'était pas le cas de Nagisa, qui était figé et le regardait avec de grands yeux humides. Le bleuté frotta ses yeux sous ses lunettes, puis replaça celle-ci avant de marmonner, vexé :
- Même si la nouvelle est choquante et que tu es sûrement dégoûté, tu as le droit de parler maintenant.. A moins que je ne te dégoûte à ce point ?
- MMMMPFFF !
Le blondin attrapa le bras de son ami, le serrant de ses petites mains, et l'éloigna de sa bouche, avant de rétorquer :
- Rei ! Stupide Rei ! Comment je suis censé répondre convenablement à ta déclaration si tu m'empêche de parler ?! Et ne décides pas de mes sentiments à ma place, tu es qui ? Ma mère ?
- .. Désolé..
Le blondin se rapprocha de Rei, et passa ses bras autour de son cou, en regardant ailleurs.
- Il y a trois semaines, j'ai pris conscience de mes sentiments pour toi, et ça m'a effrayé. Je ne m'étais jamais intéressé à personne jusque là, et savoir que c'était toi, la personne que j'aimais.. J'étais très heureux et mortifié à la fois. Je suis pas bête, je sais très bien qu'aujourd'hui ça n'est pas encore vraiment accepté. Je veux dire, d'aimer un autre garçon.. Et j'ai préféré mettre de la distance par moi-même.. Je pensais vraiment que tu allais me détester. Mais ce n'est pas le cas, de ce que j'ai compris ?
Les magnifiques yeux rosés de l'aîné se posèrent cette fois sur ceux violines de son vis-à-vis, et ne les quittèrent plus. Ses larmes s'étaient totalement taries, et Nagisa avait désormais les joues rougies, témoignant d'une certaine gêne face à cette nouvelle proximité. Mais un sourire joyeux barrait son visage.
Quant à Rei, il était en état de choc. C'était comme si on l'avait lâché dans le vide, les papillons dans son ventre étaient devenus centaines, puis milliers, et ne cessaient de battre leurs ailes. Les mots de Nagisa se répétaient inlassablement contre ses oreilles, dans sa tête, et s'il avait pu, il serait mort de bonheur. Il avait envie de faire tellement de chose à la fois à ce moment, mais tout ce qu'il parvint à faire fut de bégayer, en regardant Nagisa :
- Tu.. Tu m'aimes.. Moi ?
- Hm hm. On dirait bien que oui.
Pour le prouver, Nagisa maintint son étreinte d'un bras et de l'autre, il saisit une des mains de son aimé, entrelaçant leurs doigts ensemble, et posa cette paume plus grande sur son torse, là où son cœur battait avec force. L'instant était assez gênant pour eux, toutefois, des sourires rayonnants étaient visibles sur leurs deux visages. Rei ne comprenait toutefois pas ce qui faisait que le blond était amoureux de lui à ce point. Même dans ses yeux, on ne voyait qu'un flot immense d'amour, et de tendresse. Peut-être que Rei portait le même regard sur Nagisa ?
Le moment était magique. Féerique. Rei l'avait suivit sur le chemin pour rentrer chez lui, et l'avait rattrapé dans une petite ruelle pavée, calme. Personne n'était présent.
Et bien vite, aidés par cette ambiance, leurs mains s'étreignirent fermement, longeant leurs corps. Ils ne voyaient que l'autre, sa beauté, ses imperfections qui devenaient belles, les petites rayures sur les lunettes de Rei, la toute petite tâche de chocolat au coin des lèvres de Nagisa. Rei était d'ailleurs, très attiré par ces deux lèvres couleur pêche, rosées en leur centre. Elles apparaissaient comme une véritable friandise à ses yeux, semblaient sucrées. Il fit rapidement une fixation sur elles, au point d'en avoir un frisson, quand la petite langue rosée du plus âgé passa discrètement sur celle inférieure.
C'était un signe, n'est-ce-pas ?
En tout cas, Rei le prit tout comme. Et avec des gestes lents, son visage se pencha vers celui de son fraîchement petit-ami, son nez effleurant l'arrête de celui en trompette. C'est sa bouche qui suivit, frôlant celle, gourmande, de son vis-à-vis, de façon presque désagréable. Ça chatouillait. Et sans le contrôler, l'effleurement se fit plus appuyé, se transformant en baiser. Un simple contact lèvres contre lèvres. Ils avaient les yeux grands ouverts, et se regardaient toujours.
La bouche sous la sienne paraissait douce, lisse. Rei s'en fit un devoir de le vérifier et en même temps qu'ils fermèrent tout deux les yeux, presque synchroniquement, ses lèvres s'entrouvrirent et laissèrent passer furtivement sa langue, assez longtemps pour qu'il goûte à la douceur de la peau. Mais ce n'était toujours pas suffisant à ses yeux. Il en voulait plus. Il était affamé. Nagisa aussi.
Et alors que le bleuté voulut éloigner son visage qu'il sentait brûlant, l'espace d'un instant pour respirer de l'air frais et reprendre contenance, le blond posa une main à l'arrière de sa tête, et attira à nouveau sa bouche contre la sienne dans un véritable baiser, certes maladroit, mais totalement partagé. Ils passèrent de longues minutes à s'étreindre ainsi, s'embrassant par moment, se découvrant d'une nouvelle façon, plongés dans leur propre monde.
…
Depuis ce jour là, tout était redevenu comme avant entre eux. C'était même amplifié. Ils ne souhaitaient pas encore dévoiler leur relation à leurs amis, même s'ils se doutaient déjà sûrement de quelque chose. Dès qu'ils étaient rentrés chez eux, Nagisa et Rei s'envoyaient énormément de messages, parfois un peu trop, et ils s'appelaient quand ils ne pouvaient pas se voir le week-end. Cette proximité leur convenait parfaitement, ils y trouvaient un équilibre parfait, se retrouvaient parfois dans la chambre de l'autre, et y jouaient aux jeux-vidéos comme avant, mais tout en étant à moitié allongés sur l'autre, ou dans le cas de Rei, en déposant des baisers aériens sur les cheveux doux de son petit-ami, ou papotaient juste en entrecoupant leurs discussions de caresses et de baisers.
Cette relation sonnait comme une bénédiction pour les deux adolescents, qui se sentaient depuis, complets. Oh, parfois il y avait des bas, surtout que Nagisa s'avérait être très possessif et pleurnichard quand il s'agissait de Rei, qui lui se laissait trop faire avec certaines filles, ou même certains garçons, selon le blond, qui ne se sentait rassuré que quand les lèvres de son aimé longeaient son cou en lui chantant l'amour.
Ils n'étaient pas parfaits, même si Rei se voilait toujours la face à ce sujet, mais en tout cas, ils étaient heureux ensemble.
Et c'est ce qui importait le plus pour tout le monde.
