Tout d'abord merci infiniment à toi « tilou » pour ta review encourageante ! J'espère que tu ne seras pas déçu(e) par la suite que je poste tout de suite puisque j'ai un peu de temps.

Chapitre 2 S'adapter

C'est l'aube et Brook qui nous réveillent en douceur sur l'air du Bon rhum de Binks. Je me coiffe rapidement, attache mes cheveux dans mon éternelle queue de cheval et sors sur le pont, encore en tenue de nuit. Zoro s'entraîne à la proue du navire, une bonne odeur me parvient de la cuisine et Brook joue près du mat. Les autres m'ont vite rejointe… mais eux sont habillés !

Je salue les autres avec entrain et me dépêche d'aller enfiler un jean bleu, des chaussettes blanches, mes baskets grises à bandes rouges et un T-shirt jaune or portant l'inscription « Sunny ». J'arrive juste à temps Sanji nous appelle pour le petit déjeuner.

Comme hier, je retrouve placée entre Nami et Zoro. Sanji et Ussop me font face. Je me sers un verre de jus d'orange et un seul petit morceau de croissant. Je mange très lentement pour finir en même temps que les autres. Comme cette fois Robin s'est proposée pour aider Sanji, je suis sortie moi aussi après le repas.

- Eh, Claire, viens donc pêcher avec nous ! me hèle Luffy.

Je n'hésite qu'une seconde :

- D'accord ! Tu as une canne à me prêter ?

- Attends, je vais t'en chercher une ! me crie Ussop.

Il revient quelques secondes plus tard avec une troisième ligne.

- Chopper ne viens pas ?

- Non, il a dit qu'il devait refaire son stock de Rumble Balls.

- Alors à nous trois !

Nous nous installons sur la barrière de sécurité. Et j'ai tôt fait de gagner le concours haut-la-main, au grand désespoir des garçons ! Je les laisse se charger de mettre les poissons dans le vivier et descend voir Franky à l'atelier.

- Coucou Franky !

- Tiens ! C'est toi p'tite sœur ? Je te croyais à la pêche ?

- Oui, mais en fait on a terminé. Je suis venue voir si je ne pouvais pas t'aider et apprendre par la même occasion !

- Tu tombes bien, je travaille sur la construction d'une nouvelle arme ! Ça te dit de voir comment on fait un plan ?

- Ouais !

Et Franky me prend sur ses genoux pour me montrer. Je passe le reste de la matinée avec lui, jusqu'à ce que notre chef-cuistot nous appelle pour le repas de midi. À table, Ussop raconte à Luffy, Chopper et Brook les épouvantables blessures fictives qu'il a reçut. Je passe la main sous mon T-shirt et me frotte le ventre. Sanji est aux fourneaux, les filles parlent de mode. Zoro mange silencieusement à côté de moi. Il me lance un regard furtif qui fait aussitôt ressortir ma main. Je me plonge alors dans une écoute attentive de la conversation des filles. Je n'y comprends rien mais ce n'est pas grave. Le repas terminé, Chopper s'engage à la vaisselle. Avant que je ne sorte, Sanji me lance :

- Claire, tu veux bien me donner un coup de main pour préparer le repas en fin d'après-midi ?

- Avec le plus grand plaisir !

En attendant, je finis le livre de Robin et perd une deuxième partie de pêche avec les garçons… pour leur plus grande joie ! Nous nous hâtons tous de mettre le fruit de notre chasse dans l'aquarium avant de nous précipiter pour l'admirer. Puis je retourne à la cuisine en regardant du coin de l'œil Luffy et Ussop mettre du Tabasco dans le thé de Brook qui faisait la sieste. Sanji arrive quelques instants plus tard il était allé porter du thé à Nami et du café à Robin.

- Prête ?

- Oui !

- Alors épluche donc les carottes pendant que j'épluche les pommes de terre.

J'obtempère. Nous entendons bientôt le squelette hurler, et je ne peux m'empêcher de pouffer. Le temps que j'en finisse avec les carottes, Sanji a déjà terminé ses pommes de terre mais a aussi préparé des poireaux, des champignons et deux autres légumes que je ne connais pas. Sanji fait finalement cuire sa soupe. Il se tient debout, une main dans sa poche gauche, l'autre remuant le contenu de la marmite au moyen d'une louche. Je m'installe à côté de lui, sur un tabouret du bar, les mains crochetées à l'assise, entre mes jambes. Nous gardons le silence un certain temps, c'est pourquoi je suis plongée dans mes pensées quand il le brise :

- Tu sais, grâce à toi, je n'ai jamais eu autant d'aide après le repas.

- Vraiment ?

- Ouais.

- Dis-moi Sanji…

- Oui ?

- Pourquoi tu ne te bats qu'avec tes jambes ? C'est à cause de Zeff ?

- Oui et non. Le fait est que je partage ses convictions. Je considère donc que les mains d'un cuisinier sont trop précieuses pour qu'on les utilise pour se battre.

- Je vois.

- Et toi ? D'où viennent donc tes capacités ?

- Le tir à l'arc est naturel chez moi. J'ai ce don depuis toute petite.

- Et ta mystérieuse discrétion ?

- Ça, je…

Je pousse un profond soupir et les larmes me montent aux yeux. Je baisse la tête mais répond tout de même :

- Je ne vais pas te mentir, Sanji. J'ai passé des années à fuir et à me cacher. J'ai tellement souhaité devenir transparente que j'ai finalement réussit.

Je serre les poings et les larmes coulent franchement cette fois. En silence. Je rentre ma tête dans mes épaules et finit par proférer d'une voix rauque :

- En fait, je ne sais même pas ce qui me maintient en vie… ce qui m'empêche de…

- Tu as conscience que la vie n'a pas de prix.

- Sans doute…

- C'est pour ça que tu ne manges presque rien ?

Je relève brusquement la tête :

- Tu as remarqué ?

- On n'arnaque pas un cuistot.

Cette remarque m'amuse. Je me reprends et sèche mes larmes d'un revers de main.

- Je suis désolée Sanji, surtout que ta cuisine est délicieuse. Pardon si je t'ai ennuyé en te racontant mes petites misères…

- T'en fais pas pour ça.

Il tira sur sa cigarette puis se tourna vers moi pour ajouter avec un sourire encourageant :

- Tu vas voir, petite sœur, on va te redonner le goût de vivre ! Et je vais te faire manger à nouveau, je te ferai de plus petites parts.

- C'est vrai Sanji ?!

Ses paroles m'ont soulagée à un tel point ! Je n'y comprends rien mais mon cœur se rempli d'espoir et de joie. Je saute de mon tabouret et me jette dans les bras de Sanji. Il pose une main sur ma tête et l'autre sur mon épaule.

- Allez, ça va aller p'tite sœur. Tu veux bien mettre la table s'il te plaît pendant que je prépare la suite ?

Je me dégage doucement et lui adresse un sourire rayonnant :

- Pas de souci, grand frère !

Il me rendit mon sourire avec un clin d'œil complice. Puis j'ajoutais :

- Sanji ?

- Oui ma petite chérie ?

- Tu ne diras rien aux autres ?

Il hausse les épaules :

- Comme tu veux.

Le repas est tout aussi animé que la veille. Sanji me sert discrètement une assiette spéciale en me chuchotant :

- Je ne veux pas qu'il en reste une miette.

Il m'a donné une portion ridicule par rapport aux autres mais c'est déjà beaucoup pour mon estomac qui refuse toute nourriture. Mais je fais l'effort d'obéir à Sanji. Je gifle même la main de Luffy lorsqu'elle s'approche un peu trop près de mon assiette !

Une semaine plus tard, je m'étais bien adaptée, et je m'étais fait ma place dans l'équipe. J'avais l'avantage de m'entendre bien avec tout le monde. J'aimais pêcher avec Luffy, construire des machines avec Ussop et Franky, lire et partager avec Robin, chanter avec Brook, discuter de cartes et apprendre les rudiments de la mode avec Nami, apprendre les bases de la médecine avec Chopper et cuisiner avec Sanji. Seul Zoro semblait ne pas vraiment m'accepter, sans pour autant me rejeter. Et surtout… je n'avais pas dormi depuis plus d'une semaine !

Cette nuit-là non plus je n'arrivais pas à fermer l'œil. Pourtant j'étais épuisée. Alors je suis sortie en faisant bien attention de ne pas réveiller les filles. Pour une fois, j'avais envie de compagnie. C'était le quart de Zoro. Je suis montée le voir à la vigie. Il était assis en tailleur près de ses chers sabres. Curieusement, il n'était pas en train de dormir. Il sursauta quand je m'assis en face de lui.

- Qu'est-ce que tu fiches ici ?

- Je n'arrive pas à dormir.

- Je dois reconnaître que tu es très douée je ne t'ai même pas entendu approcher.

- Merci mais t'es pas obligé de me le dire en faisant la gueule.

- Ça va ! D'abord je dis les choses comme je veux !

Je ne peux retenir un sourire devant ce comportement puéril. Tout à coup, je commence à me sentir mal. Instinctivement, je vais me placer dans le creux des jambes de Zoro et m'appuie contre lui. Surprit, il a un mouvement de recul. La question sort de ma bouche sans que je réfléchisse et avant qu'il ait pu protester :

- Dis-moi, grand frère, as-tu jamais ressenti de l'angoisse ? Non pas de la peur mais une réelle angoisse ?

Prit au dépourvu, il répond maladroitement :

- Quoi ? Si… Je… Non. Jamais.

Mes yeux se perdent dans le vague.

- Tu as de la chance…

Je sens son regard sur moi tendit que je relève la tête pour fixer la lune. Mais il n'ajoute rien.

- Tu sais, Zoro, avant, j'avais deux grands frères. Ils étaient toujours là pour me protéger. Un jour, je me suis retrouvée seule. Mes frères étaient… partis. C'est ce jour là que mon enfer a commencé. J'ai angoissé chaque jour, de plus en plus fort. Ils me manquaient et la solitude me tuait. J'ai une sensibilité qui me permet de me sortir de situations délicates, d'être discrète comme c'est normalement impossible, d'aider les gens ou de les manipuler. Je ressens tant de choses ! Mais… le revers de la médaille c'est que… on peut aussi me faire souffrir et me torturer par les sentiments. Je connais l'angoisse…

Je fonds en larmes. Zoro ne dit rien. Mais il pose ses mains sur ses genoux et son menton sur ma tête. Je me sens si soulagée que mes larmes redoublent. Il finit par prononcer d'une voix grave :

- Je serais ton grand frère si tu veux.

Une telle phrase de la part de cet escrimeur était précieuse. Je su l'apprécier à sa juste valeur.

- Merci… grand frère.

Je me suis endormie contre lui sans m'en rendre compte. Je ne m'en aperçu qu'en entendant les pas de Sanji. Mais je n'ai pas ouvert les yeux tout de suite, ce qui me permit de l'entendre dire :

- Tu sais quoi Marimo ? C'est la première fois qu'elle dort depuis qu'elle est sur le Sunny.

- Hein ?! Comment tu sais ça, sourcil en vrille ?

Leur échange c'était fait sur un ton étrangement calme et dénué de toute animosité. Le cuisinier poursuivit :

- Tu n'as pas remarqué ses cernes qui empiraient jour après jour ? Elle était aussi de plus en plus pâle.

- Nan. Mais j'ai remarqué qu'elle se frottait le ventre à chaque fois qu'on parle de blessure. J'aimerai bien savoir pourquoi.

J'ouvris alors les yeux et me levais.

- Je peux vous montrer si vous voulez, déclarais-je d'une voix tremblante.

À suivre…

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