Le moment du repas arriva enfin, bien trop rapidement aux yeux de Sanji qui se sentait nerveux sans trop savoir pourquoi, ou plutôt sous vouloir savoir pourquoi. La danse du repas commença comme d'habitude, Sanji faisant ses pirouettes aux filles les yeux en forme de cœur, Luffy tentant de prendre la part des autres… la joyeuse cacophonie rassurante et habituelle. Sauf que ce soir là, Sanji introduisit à cette partition bien rodée des notes destinées à un marimo qui fini par se douter de quelques choses. En effet, soit le cuistot du Sunny devait particulièrement maladroit ce soir là, soit il profitait de la moindre petite occasion pour le toucher, l'effleurer, le caresser.
Dès que Sanji passait à proximité de Zoro, il en profitait pour lui frôler le dessus de sa main en posant son assiette, lui caressait légèrement le dos en se penchant au dessus de lui pour resservir un de leur amis, posa une main légère sur sa cuisse pour ramasser une cuillère qu'il avait par mégarde laissée tomber… tant et si bien que Zoro fini par sortir de table et de la cuisine en marmonnant un truc « trop dégeulasse, vais prendre l'air » et s'en alla se planter sur le toit du Sunny pour pouvoir reposer un peu son pauvre cerveau qui carburait à plein régime. Ce satané cuistot avait décidé d'avoir sa peau, il en était sur. A chaque fois que Sanji le touchait ou le frôlait, Zoro avait ressenti des bouffées de chaleur et de plaisir lui parcourir le corps à tel point qu'il avait eu peur que les autres s'en rendent compte et avait préféré battre en retraite. Il pourrait toujours aller se servir quelque chose plus tard, quand tout le monde, surtout le cuistot, aurait déserté la cuisine.
Surtout que du temps il allait en avoir, vu que c'était à lui d'assurer le tour de garde. Il s'installa confortablement et ferma les yeux.
Dans la cuisine maintenant calme, Sanji faisait la vaisselle en mode automatique, son cerveau réfléchissant à autre chose. Zoro avait réagit. À toutes ses petites attentions, à touts ses attouchements, il avait réagit et sans sortir ses sabres ! Sanji l'avait senti se raidir à chaque fois qu'il le touchait et l'avait même senti frissonner quand il lui avait très légèrement caresser le dos à un moment. Tout cela le confortait dans l'idée que Zoro avait des sentiments pour lui, des sentiments plus forts que ceux que l'on éprouvait pour un simple ami. Mais, et lui alors, que ressentait 'il pour l'épéiste ? Il se sentait bizarre depuis qu'il avait compris que Zoro l'aimait. Ce pourrait il que lui aussi éprouvait des sentiments autres que l'amitié ? C'est vrai que cette tête de brocolis était bien fait, bien que doté d'un caractère de chien et totalement dépourvu de sens de l'orientation. Oui, Zoro était beau, Sanji le reconnaissait sans difficulté, mais de là a dire qu'il était attiré par lui…
Poussant un soupir, il posa son torchon et attrapa plusieurs bouteilles d'alcool et deux verres puis partit à la recherche de Zoro.
Il le trouva facilement, Zoro aimait être en hauteur. Cette fois, il n'était pas monté jusqu'à la vigie, son point de chute préféré, mais avait quand même choisit un point en hauteur. Tout le monde était parti se coucher, la nuit promettait d'être calme. Il s'approcha de Zoro et s'asseilla à coté de lui. Zoro ouvrit un œil, grogna pour signifier qu'il l'avait vu et referma les yeux. En silence, Sanji servit deux verres généreux et en tandis un à l'épéiste. Pour ce qu'il avait prévu de faire, Sanji avait besoin de se sentir un peu plus décomplexé et avait pour cela besoin de l'effet de l'alcool.
Ils burent ainsi en silence la première et la moitie de la seconde bouteille. Sanji se sentait bien, l'alcool l'avait grisé mais il n'était pas encore saoul. Il devait le faire maintenant sinon il serait trop tard pour faire quoi que ce soit ou pour s'en souvenir, tout en étant conscient que cette quantité d'alcool devait avoir à peine fait de l'effet à Zoro, bien plus habitué que lui a boire.
« Zoro… ? »
Ce dernier ouvrit les yeux, étonné que le cuistot s'adresse à lui par son prénom. C'était rare... Et étrange. Silencieux, il attendit prudemment la suite.
Sanji tournait dans ses mains son verre presque vide, luttant contre l'envie de se resservir et de ne rien dire.
« Tu m'aimes, pas vrai ? »
Zoro ouvrit la bouche, puis la referma, ne sachant pas quoi dire. Sanii avait résumé en une toute petite phrase ce qu'il ressentait. C'était un peu frustrant de se savoir si transparent aux yeux des autres. Il s'aperçut que Sanji le regardait et il rougit. Ce maudissant en silence, il tourna la tête.
« Vas-y, fous toi de ma gueule une bonne fois, après je te découpe en deux ! »
Il avait rougit, Sanji l'avait clairement vu. Et maintenant, il se montrait agressif, ce qui était tout à fait normal. Bien que Sanji se serait attendu à recevoir un coup de sabre plutôt qu'une phrase acerbe. Replongeant dans la contemplation de son verre, Sanji se jeta à l'eau :
« Et si je n'avait pas envie ? »
« De quoi ? »
« De me foutre de toi ?... si j'avait plutôt envie de…enfin de… je sais pas ce que je ressent, je… »
Sanji ne trouvait pas ces mots, il ne savait pas vraiment comment se faire comprendre par Zoro, levant les yeux vers lui, il vit que l'autre le regardait avec des yeux ronds, sans comprendre où son ami voulait en venir, du Zoro tout craché quoi !
« Putain, marimo tu pourrait m'aider un peu, non ? »
« T'aider à faire quoi ? Tu finis pas une phrase, je pige que dalle ! C'est si dur de faire des phrases complètes ? »
« Parce que toi, tu en a fais beaucoup des phrases complètes ces derniers temps ? Espèce de crétin ! J'essaie de te faire comprendre que, si tu veux, toi et moi on pourrait… enfin…, tenter de… ensemble. »
Le visage de Zoro s'éclairât d'un magnifique sourire quand il comprit, enfin, ce que Sanji essayait de lui faire comprendre
« Alors, comme ça, je ne te laisse pas indifférent ? C'est plutôt une surprise, j'aurais cru que tu m'aurais plutôt jeté par-dessus bord en apprenant ce que j'éprouvais pour toi ! »
« Bah… J'y ai pensé ! »
Zoro rigola doucement. Cette soirée qui avait plutôt mal commencé se présentait finalement bien. Il se pencha vers Sanji et passa sa main sur sa nuque, rapprochant ainsi son visage du sien. Doucement, il gouta enfin aux lèvres du blondinet qui se crispa un peu au début pour au final se laisser aller à l'étreinte. Ce fut même lui qui approfondit leur baiser, entrouvrant les lèvres, accueillant avec plaisir la langue de son amant. Et bien que ses lèvres soient occupées avec celles de Zoro, le cerveau de Sanji continuait a carburer à fond.
