Note : la série n'est pas à moi. Je ne gagne pas d'argent.
Remerciements à :
JaneandThérésa : j'espère que le prochain te plaira tout autant,
S-damon-s : je m'efforce de coller aux personnages aussi j'apprécie ton commentaire, ça prouve que je me suis pas mal débrouillée.
Gavroche31 : tu as raison Lisbon n'a pas le dernier mot face à Jane. Cependant, rien ne dit que la situation ne changera pas dans l'autre sens.
Désolée, j'ai mis un peu plus de temps pour faire ce second chapitre. Je ne suis pas très satisfaite du 1er. Aussi, je voulais faire mieux pour le suivant.
LA COUVERTURE ROUGE – Chapitre 2
L'agent LISBON se servait son 3ème café en deux heures. L'horloge affichait 9 H 00 du matin et elle était d'excellente humeur.
Comme prévu, elle avait pu terminer tôt la veille. Une fois rentrée chez elle, elle avait enfilé son vieux et ample tee-shirt de la fac dans lequel elle se sentait si bien, s'était trémoussée sur les SpiceGirls le temps qu'elle se prépare un plateau télé. Sa soirée s'était terminée devant un film en noir et blanc accompagné d'un pot de glace au chocolat. Et miracle, elle avait pu dormir une nuit complète sans interruption. 8 H 00 d'affilées.
Elle avait la forme. Mieux que cela, elle avait des fourmis dans les jambes, l'esprit léger et de l'énergie à revendre. Avec un soupir, elle jeta un regard mélancolique sur les fenêtres de l'espace de travail. Le soleil illuminait la pièce d'une brillante clarté qui annonçait une belle matinée ensoleillée.
Pitié, faites que le téléphone sonne aujourd'hui !
Elle était arrivée de bonne heure, et son équipe était déjà là, attelée à la tâche. Elle avait passé un accord avec HIGHTOWER en cette période dite « creuse ». Elle avait réussi à leur obtenir l'autorisation de quitter, exceptionnellement, les bureaux plus tôt s'ils faisaient l'essentiel de leur travail dans la matinée. Aussi, s'étaient-ils organisés pour arriver une heure à l'avance le matin afin de pouvoir sortir à 14 H 00. Elle savait que CHO et RIGSBY avaient planifiés une partie de basket ball avec une autre équipe du CBI pour 15 H 00. VAN PELT allait enfin pouvoir s'octroyer une après-midi shopping qu'elle ne cessait de reportait faute de temps. Et Jane…
Lisbon fronça les sourcils se rendant compte qu'elle n'avait pas vu le Mentalist à son arrivée.
Elle quitta l'espace détente pour les bureaux de ses collègues et demanda :
« Est-ce que quelqu'un a vu Jane ? »
Il y eu alors un échange de regards significatifs entre Van Pelt et Rigsby. Au vu des personnages, elle n'aurait pas été surprise mais l'expression de leur visage ne correspondait pas. Ils étaient gênés. Comme s'ils savaient quelque chose qu'elle ignorait. Cho fit la sourde oreille. C'était mauvais signe. Lisbon sentit sa bonne humeur s'envoler à tire d'ailes.
« Il y a un problème avec Jane ? » Elle tentait de se persuader que s'énerver ne servirait à rien.
Nouvels échanges de regards hésitants. Le malaise allant en s'intensifiant ou pour éviter que leur patronne passe en mode « Interrogatoire SS », Cho sortit de son mutisme et expliqua la situation en quelques phrases claires et concises.
« Il est là »
Pause.
« Et… ? » encouragea la petite brune.
« Il n'est pas de bonne humeur. »
Nouvelle pause.
D'accord, se dit Lisbon. Ces quelques jours de « repos forcé », lui avait fait oublier à quel point le mutisme, et la fidélité masculine, de l'agent asiatique lui tapait sur les nerfs.
« Il est énervé parce que… » Insista t'elle en serrant les dents. Quoi, ils n'allaient quand même pas jouer au pendu pour savoir ce qui contrariait Môssieur.
C'est Rigsby qui enchaîna.
« Quand on l'a vu, on lui a conseillé d'aller voir un docteur. » Le Géant semblait toujours aussi mal à l'aise.
« Quoi, vous avez fait une mauvaise blague et il s'est vexé, c'est ça ? » s'étonna Lisbon, le poids sur sa poitrine devint moins lourd soudain. Si seule la fierté de Monsieur avait été touchée, il n'y avait, alors, pas de quoi s'affoler.
« Non patron, continua Van Pelt. Quand on est arrivé, il était en train de se préparer un thé. On a trouvé qu'il avait vraiment mauvaise mine. Hier soir, il éternuait. Maintenant, il tousse. »
La jeune agent jeta un coup d'œil à son collègue asiatique comme pour demander son soutien.
« Nous lui avons conseillé de consulter un médecin. Tous les trois. Nous avons insisté… Un peu trop peut-être. » Elle termina sa phrase dans un murmure, sa voix chargée de crainte.
Lisbon ne voyait pas en quoi la situation pouvait les gêner. Face à un collègue (et ami) malade, ils avaient fait preuve de sollicitude. Rien de plus normal. Alors d'où venait le malaise ?
« Je comprend. Et où est-il ? » En indiquant d'un geste le canapé que leur consultant occupait habituellement et qui était, présentement, vide.
« Il est monté à l'étage » lui indiqua Rigsby avec réticence.
« Bien je vais monter le voir. »
« Je ne vous le conseille pas. » Cho était sorti soudainement de son mutisme sur un ton particulièrement autoritaire, à la grande surprise de sa supérieure.
« Et pourquoi cela ? »
Nouveau silence. RIGSBY et VAN PELT, leur nez collé presque à leur écran d'ordinateur, ne semblaient plus vouloir prendre part à la conversation. CHO et LISBON se mesuraient du regard.
Perdant patience, la jeune femme s'exclama :
« Cho si vous ne crachez pas le morceau, je vous jure que… »
« Il nous a envoyé baladé. Il nous a traités d'incompétents. Que nous ferions mieux de nous concentrer sur la recherche de John le Rouge. Il nous a vivement conseillé de revoir, ouvrer les guillemets « l'ordre de nos priorités. Car si courir derrière un ballon en fait parti, alors autant rendre notre plaque ». La dessus, il a récupéré les dossiers portant sur les affaires de John le Rouge et s'est réfugié au 1er ».
Lisbon, sonnée, eu un sourire de dérision.
Du typiquement Jane. Il avait insulté son équipe et les 3 agents avaient quand même cherché à le couvrir.
Finalement la journée risquait d'être longue.
« Jane, je peux entrer ? ». Elle se trouvait devant la porte coulissante du « Grenier ». Une grande pièce qui servait de débarras la plupart du temps et qui offrait l'avantage d'une vue magnifique sur la ville par de larges vitraux encrassés de poussière. Le Mentalist avait opté pour ce lieu, lorsqu'il ressentait le besoin de s'isoler lors d'une enquête, quand il n'y avait rien à faire ou encore quand il ne voulait pas rentrer chez lui.
Elle avait d'abord tapé sur la tôle d'acier qui faisait office de porte et un « BONG » sonore avait retenti. A moins d'être sourd, un bruit pareil était difficile à ignorer. Pourtant elle n'avait reçu aucune réponse. Hésitant à pénétrer dans la pièce sans y avoir été invitée au préalable, avec pour conséquence de déclencher les foudres du beau blond, elle tergiversa pendant 3-4 mn. Si elle entrait sans attendre, il risquait de lui renvoyer à la figure tous son venin. En même temps, s'il n'avait répondu, c'est, peut-être, parce qu'il était endormi. Dans ce cas là, rien ne l'empêchait d'entrer pour s'assurer de son état. Ne parvenant pas à se décider, c'est sa patience qui parla pour elle. Elle n'allait quand même pas, passer toute sa journée devant cette porte !
Elle attrapa la poignée et fit coulisser sur ces rails le lourd manteau de fer. Un bruit de ferraille à réveiller les morts résonna dans le couloir et elle fit une grimace de dépit. Les fois précédentes, elle ne se souvenait pas d'avoir déclencher un pareil vacarme. Surement parce que la porte était déjà ouverte à son arrivée. Sinon, elle s'en serait souvenue. Il faudra qu'elle demande au technicien chargé de la maintenance du bâtiment, de se charger de l'huiler la porte de fer. Elle préféra ne pas penser aux chances de le voir lui rire au nez avec sa gueule de fouine.
« Quoi, perdre du temps pour une pièce inutilisée ? Ah ! C'est vrai ma p'tite dame, qu'y a mec qui y va de temps en temps, quand ça lui chante. Bin ! Vous comprenez ma p'tite dame, que je n'ai pas que ça à faire, moi. Il faut que je m'occupe du luminaire des WC du second qui n'arrête pas de clignoter. Du bureau de la nana du Chef d'Equipe du 1er qui veut faire déplacer son bureau parce qu'il ne répond pas aux normes du Bureau du CHS…. J'vous en foutrai moi des normes. Tout ça parce que son bureau est palèl…. paral… Parce qu'elle a le soleil dans le dos et que ça lui fait, comme qui dirait, des reflets sur son écran. Non ! Mais Vraiment ! Et puis il faut faire la demande par écrit. Faut bien que je justifie mon boulot auprès de mon boss, moi ! Remplissez-moi l'imprimé n°… et je m'en occupe… une fois que j'aurai fait les autres… » Lisbon serra les dents. Elle le lui remplirait son fichu bout de papier. Et ensuite, elle le lui ferait avaler avec ses réflexions débiles.
Le regard que lui jeta Jane à son entrée, n'avait rien d'endormi. Il était même bien réveillé. Et surtout hostile. Ses boucles blondes étaient toutes emmêlées, son gilet bleu ciel ouvert sur sa chemise blanche. Un tel laisser-aller dans sa tenue vestimentaire ne lui ressemblait pas, songea la jeune femme en fronçant les sourcils.
A son tout, il la jaugea d'un regard qu'elle trouva terne. Des cernes s'étaient formés sous ses yeux. Et son front luisait de sueur.
Elle déglutit péniblement et avança dans la pièce.
« Bonjour Jane ! » dit elle poliment.
Il la regarda un moment avant de se détourner pour s'intéresser aux papiers étalés devant lui. Elle s'approcha, prenant appui contre l'un des radiateurs de la pièce. Qu'elle trouva tout juste tiède.
« Les autres m'ont prévenue que vous n'aviez pas l'air en forme, aussi je suis montée voir comment vous alliez. »
« Je vais bien » affirma t'il fermement. Effet totalement gâché par le filet de voix qui sortait avec difficulté de ses lèvres. Effet dont il était conscient au vu de la grimace de contrariété qui tordit ses traits, un instant.
« Hum ! Hum ! » elle hocha la tête en essayant d'être la plus neutre possible.
« Vous avez du sirop chez vous ? » demanda t'elle timidement pour relancer un semblant de communication.
« Ca ne vous regarde pas ! »
Charmant !
« Je dois en avoir chez moi. Je peux, peut-être, vous en ramener si vous voulez. Mais le mieux, se serait d'aller consulter un médecin, il vous donnera de quoi adoucir votre gorge et calmer vos maux de tête… »
« Lisbon, la ferme ! » Il se courba en deux, secoué par une sérieuse quinte de toux. Quand il parvint à se calmer, il semblait furieux.
« Je sais ce que vous essayer de faire ! » Cracha t'il d'une voix sifflante.
Effarée, elle sentit une inquiétude sourde lui torde un peu plus les entrailles. Elle ne le reconnaissait pas. C'était un homme diminué et en colère qui se trouvait devant elle. Il était furieux après lui car conscient de ses faiblesses. Malgré son état d'extrême fatigue qui le fragilisait, il semblait entourer d'une aura menaçante destinée à décourager quiconque chercherait à l'approcher.
« Je ne comprends pas » Murmura t'elle d'une voix hésitante.
« Vous espérez vous débarrasser de moi. » Nouvelle quinte de toux.
« Comme ça, vous pourrez refilez l'affaire de John le Rouge à une autre équipe dans mon dos ».
Elle était sidérée. Mais ou est ce qu'il avait été cherché une idée pareille ?
« Vous dites n'importe quoi. » Souffla t'elle d'une voix basse. Elle était trop bouleversée pour hausser le ton.
« Vraiment ! Vous laissez votre équipe partir plus tôt alors que nous pourrions revoir en détail les dossiers. » Assena t'il impitoyable.
« Nous l'avons déjà fait ! » Affirma t'elle d'un ton plus assuré, singulièrement énervée face à l'injustice dont il accablait son équipe.
« Et bien, il faut recommencer ! » ordonna t'il d'une voix plus forte.
« C'est ce que nous ferons dés que nous aurons de nouveaux éléments. En attendant, MON équipe (elle insista beaucoup sur le pronom personnel) a besoin d'un peu de repos pour pouvoir être efficace. Il est hors de question qu'ils s'épuisent sur un dossier que nous avons déjà étudié en détail. Vous-même devriez aller vous reposer, vous êtes malade… »
« Stop ! Je vous interdis de faire comme si… » Quinte de toux.
« Comme si quoi ? »
Les yeux verts heurtèrent les yeux bleus et ne les lâcha plus.
Il reprit son souffle.
« Je vous interdit de vous comporter comme si vous étiez une parente, ma mère ou ma femme ! Vous n'êtes rien ! » Les mots parurent se répercuter sur les murs et leur revenir comme une balle de ping-pong, comme un écho regrettable.
Un ange passa.
« Je pensai être votre amie et à ce titre vous proposez mon aide. » lâcha t'elle dans un murmure douloureux.
Les yeux bleus semblaient flous et lointain. Elle n'était pas sure qu'il soit encore avec elle.
« Je m'en voudrai de vous imposer ma présence. » chuchota t'elle. Encore un autre murmure, sur un ton un peu plus guindé cette fois.
Sans un mot, il la regarda quitter la pièce.
