Il y a maintenant longtemps que cette histoire n'est plus d'actualité, quelle idée, quelle connerie. Oh, bien sûr, je me disais bien que c'était trop beau ! Mais rêver fait parti de la vie, non ? C'est ce qu'on dit, par chez moi.
Quand je l'ai rencontré, lui, l'homme de mes songes, je ne m'y attendais pas. Vous vous attendrez à trouver, devant vous, l'homme, ou la femme, qui vous serez indispensable d'aimer ? Eh bien, moi non. La bouche béatement ouverte, les yeux fixés sur cette beauté inimaginable, je vivais le plus beau jour de ma courte existence. Il me sourit, et je crus mourir de bonheur, là, sur ce quai de gare miteux, devant lui. Mais je me reprit bien vite et lui répondit d'un sourire éclatant de joie. J'étais heureux. Peu après, il monterait dans ce train et entrerait dans un wagon voisin, seul. Et arrivé devant la grande porte de l'école, il me présentera sa main en rougissant, nous passeront de fabuleux moments, ensemble. Et il m'aimera, au premier instant, au premier contact, et jusqu'à la fin. Je le savais, je m'en réjouissais d'avance, comment cela aurait pus se passer autrement, c'était écrit. Je l'avais rêvé...
Mais quand il passa devant le wagon plein où je me trouvait, son regard ne s'attarda pas, et il n'était pas seul. Il me semble avoir haïe ces misérables crétins dès cet instant. Et devant la grande porte, il discutait avec eux, me regardant brièvement en rougissant. Ce serait pour bientôt, il viendrait à moi, avec ses pommettes rondes gonflées. Mais il ne vînt pas, alors, m'impatientant, j'allai vers lui. Je le salua, et lui tendit la main en me présentant, comme un Lord devant une Lady, quoi qu'il ne ressemble en rien à une femme, et encore moins une Lady. Mais bref, je lui tendit donc la main, et ce crétin se détourna. Les deux qui l'accompagnaient ne cessaient de se retourner pour me regarder de leurs yeux d'abrutis, et j'ai bien cru vouloir les tuer. Pour la deuxième fois, ils l'éloignaient de moi, m'éloignaient de mon rêve.
Il me méprisa, me détesta. Des jours entiers je l'entendais répéter ses injures qui ne me touchaient pas, qui ne me touchaient plus. Et puis, pour je ne sais quelle raison, peut-être la peur, le besoin d'aide, ou l'âge et la maturité, quoi qu'il en fut, il vînt vers moi. Et ce fut un rêve, plus beau que tout, le plus formidable de mes rêves, fut celui-ci, ce rêve qui n'en était pas un. Avec sa main tendue et les joues rouges, le temps ayant affiné ses traits, ce qu'il était beau. Il m'a sourit tristement, avec cette appréhension au fond des pupilles, j'ai pris sa main, et l'ai caressée, sa peau était douce, et sa chaleur contrastait avec le froid glacial de mes doigts. Je n'espérais plus ce moment, depuis longtemps, et cela le rendit plus magique encore, parce qu'il n'était pas prévu, que je ne l'avais pas rêvé. Il se présenta, et je fis de même avec une pointe d'ironie.
Depuis ce merveilleux instant, nous nous étions quelques fois salués au détour d'un couloir, à l'entrée d'un cours ou dans un escalier. Aucune discution, mais aucune insulte, aucune lueur de rage dans ses si beaux yeux, seulement des sourires étirant ses lèvres. Et quelles lèvres ! Elles m'obsédaient, je ne pensais qu'à elles lorsqu'il s'arrêtait pour me serrer la main. Mais nous étions amis. Je ne désirais que plus, mais nous étions amis. Nous avons passé beaucoup de temps ensemble, à réviser, à s'apprendre mutuellement, et à rire.. C'était formidable ! J'adorais tout de ce lui plus vieux, plus fort, plus souriant. Il était aussi parfait que je l'imaginais. Et je l'aimais. Oui, j'aimais ses formes musclées, sa peau, son odeur que je ne sentais qu'à peine, ses yeux si envoûtants, sa voix autoritaire... Je le connaissais déjà par cœur, je connaissais ses points forts, comme ses points faibles, ses préférences, le goût de ses lèvres que je ne touchais pas, la texture douce de ses cheveux, son air perdu au réveil. Tout. Et pourtant, il était si différent, ses gestes n'étaient que.. amicaux, sa voix ne murmurait rien à mon oreille, mis à part «On se retrouve sur le terrain, j'ai besoin d'entraînement.» Et son entraînement n'avait rien à voir avec celui que j'attendais ! Monter sur un ballais et faire Sabrina-l'apprentie-sorcière en volant après une balle dorée pendant deux heures pour se retrouver couvert de boue et dans des douches séparées, je n'y trouve rien d'attirant. Même en sachant qu'il promène ses mains sur le corps que j'ai touché, embrassé et aimé dans mes rêves... Non, vraiment, rien d'intéressant !
Le temps des examens est arrivé, et ne jouions beaucoup moins ensemble. On se croisait peu, ne s'arrêtait pas pour se saluer, nous n'occupions pas le terrain de Quidditch.. j'avais à peine l'impression de l'avoir réellement connu, dans cette vie. Un soir, alors que nous travaillions tous deux à la bibliothèque, je suis allé vers lui. Il m'a regardé, étonné, et ce regard était le même que le premier qu'on ai échangé, sur ce quai crasseux. Nous avons ensuite travaillé ensemble sur les révisions qu'on nous avait donné, vous savez, les trucs bien chiants à apprendre par cœur, à appliquer, comprendre, etc.. à la fin de la soirée, vers 22 heures en fait, la bibliothèque a fermé, nous avons marché un peu ensemble mais arrivé devant la porte de mon dortoir, il n'y avait plus d'échappatoire. Je devais le laisser s'éloigner de moi pour retrouver ses amis, son lit et sa vie où je n'existe plus. J'aillais m'effacer discrètement derrière la peinture lorsqu'il s'arrêta. Il se retourna, vînt vers moi et embrassa ma joue, je sentais le rouge monter alors je lui souris et je partis.
Cette nuit fut une des meilleures de cette triste année... car peu d'autres ensuite furent calmes et apaisantes.
J'avais décidé de n'écrire que 2 chapitres, mais comme je n'arrive pas à terminer avec celui-ci, il y en aura plus. :D
Bisous,
A.
Feasie : Je te remercie, tout d'abord ! Et puis même si c'était long, comme tu dis, ta review était très agréable à lire. Pour ce qui est des fautes, "l'a rejointe rejoint (avec l'auxiliaire avoir le participe passé ne s'accorde pas)" et bien si ! C'est "rejointe", parce qu'avec lauxiliaire avoir le partcipe passé s'accorde avec le COD s'il celui-ci est placé devant l'auxiliaire. :D J'me sens puissante là, faut qu'j'arrête. "
Bon, bah... bisous à toi ! Et merci pour ta correction.
Drayry972 : Oh, t'inquiète pas ! C'est pas si triste que ça, tu véras. ;) Enfin, je sais pas encore en fait, j'ai rien écrit de plus.. mais j'suppose que ça ne sera pas très triste et que tu n'auras pas besoin de mouchoirs ! Si c'est le cas dis-le moi, j't'en achèterai un paquet. Bisous.
