Chapitre 2

Un voyage de rêve

Cela faisait maintenant deux jours que les amis avaient embarqué à bord du paquebot « Le Dauphin », un magnifique vaisseau où tout transpirait le luxe, le charme et l'élégance. Dans ce navire, il y avait tout ce dont on pouvait rêver pour des vacances parfaites : des copains pour les enfants, des spas ou des piscines pour se détendre, des casinos pour y dépenser sans compter ou des boîtes de nuit pour faire la fête.

En outre, ils avaient été installés dans une merveilleuse suite, la plus grande et la plus magnifique du navire. En entrant dans la suite, on arrivait dans une immense pièce donnant sur l'océan avec un grand salon et une grande table en marbre. C'est sur cette table qu'ils profitaient des délicieux plats cuisinés pour eux par les chefs du bateau. Les chambres se trouvaient autour de cette pièce avec dans chacune d'elles, une vue sur l'océan.

Le soir du deuxième jour à bord, Richard et Javier étaient installés sur la terrasse au bord de l'océan et savouraient une bière après le dîner. Ils observaient tous deux sans dire un mot l'étendue silencieuse qui se répandait sous leurs pieds.

-Tu sais, fit remarquer Javier, l'océan et son immensité m'ont toujours fait peur. Quand j'étais enfant, avec ma mère, on allait tous les ans en Californie l'été. Chaque fois, je restais sur la plage pendant des heures sans oser mettre un orteil à l'eau tellement j'avais peur d'être avalé par les bras de l'océan.

-Il y a toujours quelque chose d'un peu effrayant dans l'océan, expliqua Rick, mais tu sais, je pense qu'il n'y a pas d'endroit plus sûr sur cet océan que ce navire actuellement.

-Je suis d'accord !

-De manière objective, je pense qu'on peut dire que même si une guerre se déclarait, ces vacances resteraient parfaites. Néanmoins, on est tous de même confrontés à un risque majeur dans la mesure où demain, on est vendredi 13. D'ailleurs, est-ce que je t'ai déjà raconté pourquoi le vendredi 13 est un jour qu'on dit maudit ?

-Non mais ça m'intéresse !

-Il y a bien longtemps, existait l'ordre du Temple. C'était un ordre religieux et militaire issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres sont appelés les Templiers. Après la perte définitive de la Terre sainte consécutive au siège de Saint-Jean-D'acre de 1291, l'ordre fut victime de la lutte entre la papauté et le roi de France, Philippe le Bel. L'idée de détruire l'ordre du Temple était déjà présente dans l'esprit du roi Philippe IV le Bel, mais ce dernier manquait de preuves et d'aveux afin d'entamer une procédure. Or, un jour, le grand policier du royaume de France recueillit les aveux d'un templier condamné à mort qui lui avoua le reniement du Christ, les pratiques obscènes des rites d'entrée dans l'ordre et la sodomie. De ce fait, au matin du vendredi 13 octobre 1307, tous les templiers du royaume furent arrêtés.

Quand Kate entendit cela, elle sortit sa tête par la fenêtre afin d'interpeller son compagnon et son collègue.

-Rick, est-ce que tu pourrais arrêter de disserter sur l'histoire du vendredi 13 et pourrais-tu venir rejoindre ta femme au lit ? Javier, je crois que Lanie t'attend aussi.

Le lendemain matin, quand ils se réveillèrent, Javier et Kate décidèrent d'aller faire un jogging sur le pont du bateau. Ils firent quelques tours du bateau avant d'aller dans la salle de sport pour y soulever quelques kilos de fonte.

Après avoir fini leur sport du matin, les deux policiers regagnèrent leur suite où le reste du groupe était installé pour prendre le petit-déjeuner.

-Comment s'est passé votre jogging ? Demanda Alexis

-Plutôt bien ! Répondit Javier

-Alors, questionna Alexis, est-ce que savez ce qui est prévu aujourd'hui sur le bateau ?

-Selon le programme, lut Jenny en prenant la brochure du voyage, il y a un spectacle de magie ce soir au théâtre mais je ne vois rien de prévu pendant la journée. Du coup, je propose une journée tranquille à lambiner autour de la piscine.

-J'approuve complètement cette idée, répondit joyeusement Lanie.

Enchantés par la journée qui commençait, les amis allèrent vers la piscine pour savourer la douceur du soleil des Caraïbes et la Dolce Vita que ce magnifique bateau leur apportait.

À la fin de la journée, Rick et Kate décidèrent d'inviter leurs enfants à dîner dans le restaurant gastronomique pour leur permettre de se réunir en famille.

Kate était toujours infiniment heureuse dans ces moments-là. Son regard se posait sur ses fils, sa fille Johanna, sa belle-fille Alexis qui avec le temps était devenue comme sa fille, son mari, leurs sourires, en un mot, leur bonheur.

Tandis qu'ils dînaient, ils virent le capitaine du paquebot s'approcher de leur table. L'homme se promenait entre les tables du restaurant. Il les salua :

-Bonsoir, monsieur Castle ! Nous sommes vraiment très honorés de vous compter parmi les membres de ce bateau. J'espère que vous êtes satisfait de votre suite !

-Merci capitaine, répondit Castle, notre suite est un vrai chef-d'œuvre. C'est le plus bel endroit où j'ai dormi de toute ma vie.

-Je suis ravi d'entendre que cette suite vous satisfait, dit le capitaine en regardant sa montre, puisque c'est un petit peu l'apogée du savoir-faire de notre compagnie. Je suis désolé mais je ne vais pas pouvoir rester avec vous longtemps. Je dois aller au poste de pilotage. Nous sommes presque à Porto Rico et selon la tradition, nous allons devoir faire une manœuvre assez complexe appelée la révérence.

-Pourriez-vous nous expliquer en quoi consiste cette manœuvre ? Demanda Alexis

-C'est plutôt simple, expliqua le capitaine, à vrai dire. Normalement, quand un paquebot arrive à proximité d'une île, il est d'usage de s'approcher au maximum de la côte dans le but de saluer les habitants de l'île.

Après le dîner, ils rejoignirent le reste de leurs amis et tous ensemble ils se rendirent au théâtre pour voir le spectacle de magie. Le spectacle commença. Les enfants étaient tous émerveillés par ce qui se passait devant leurs yeux quand soudain l'un des rideaux du rideau rouge du théâtre bascula d'une manière étrange.

-Ça fait partie du spectacle, le fait que le rideau soit comme ça ? Demanda Pablo, le fils de Javier et Lanie

-Je ne crois pas ! Répondit son père