Bonjour !
Comment allez vous ? J'espère que vous profitez bien de ces vacances qui commencent. Je ne sais pas si quelque uns ont passés leur BAC cette année, mais en tout cas je vous dit merde !
Je vous poste donc la suite malgré l'absence totale de reviews. J'avoue que sans avis, il est difficile de continuer alors dites moi au moins ce que vous en pensez, ça m'éclairerait un peu. Je ne sais plus si je l'avais déjà dit mais cette fiction ne contiendra pas énormément de chapitres, je sais cependant comment elle va se finir.
Sur ce je vous laisse lire et juger !
XOXO, Jenn'.
Le soleil est déjà fort haut dans le ciel et une légère brise souffle. L'odeur de la terre me chatouille le nez. Après avoir soigneusement ouvert les yeux, j'observe les lieux. Je me trouve dans un champ fleuri, et tout près se trouve un point d'eau. Comment suis-je arrivé ici ?
Progressivement, les événements se remettent en place dans mon esprit. La conclusion me saute au visage : je suis en train de rêver. Aussitôt, une légère panique s'empare de moi. D'habitude lorsque cela m'arrive, je suis pourchassé, persécuté jusqu'à mon réveil. Tout semble tellement paisible ici, je ne peux pas imaginer qu'un quelconque élément négatif pourrait survenir et tout gâcher.
Un bruissement me fait sortir de mes réflexions, un peu plus loin, une silhouette semble m'observer.
Sur mes gardes je me relève, portant ma main à ma taille pour saisir son katana.
«- Inutile de le chercher, tu ne l'as pas. Tu es dans un rêve ici et bien que spécial, tu ne le maîtrises pas.
- Qui êtes-vous ? Qu'est-ce que je fais ici ?
- Tu ne me reconnais donc pas, Chizuru Yukiura ? Tu me vexes, tu sais.
- Il est difficile de reconnaître celui dont on ne voit pas le visage.
- Autant pour moi. Celà te convient-il ?
- Chigake...
- Tu vois quand tu veux.
- Je ne comprends pas...
- Je suis persuadé que si, au contraire. Mais bon faisons comme si c'était bel et bien le cas. Suis-moi.
- Le thé nous attend. »
Je n'ose pas décliner l'invitation. J'ai beau être dans un rêve, je reste sans défense et le souvenir de ce dont il était autrefois capable d'accomplir est encore parfaitement présent. Nous arrivons à un petit abris dans lequel se trouve une table basse apprêtée de bonnes choses et deux coussins sur lesquels nous nous asseyons.
«- Bien maintenant que nous sommes installés, parlons.
- Très vas-y, je t'écoute.
- Tu as changé.
- Ce sont des choses qui arrivent quand la vie tente de vous briser.
- Quel impitoyable discourt. Te considères-tu comme brisée ?
- Comment pourrais-je ne pas l'être ?
- Il me semble que tu as plus ou moins choisi ton destin.
- J'ai seulement choisi mon camp. Mais ôtes-moi d'un doute : tu es mort.
- Autant que toi tu es en vie. Je dois avouer que je ne m'attendais pas à ce que tu vives aussi longtemps. Mais tu n'es pas ici pour ça. Je vais être direct. Des choses se préparent et le fait que je t'en parle m'est normalement interdit. Cependant, je reconnais en toi les vrais valeurs d'un Oni digne de ce nom. Il va falloir que tu comprennes que tu ne peux pas lutter. Plus maintenant. Ta vrai nature doit faire surface. C'est vital. A l'heure qu'il est, tu es inconsciente, mais lorsque tu te réveilleras, tes compagnons seront là.
- Tu veux parler de...Shinpachi et Sanosuke ?
- Tout à fait. Mais vous devez vous préparer. Des événements imprévisibles pour toi vont survenir, te mettant probablement en difficulté. Je ne me fait pas de soucis pour autant. Tu es bien entourée. N'en oublis cependant pas mon conseil. Souviens toi de qui tu es.
- Je ne comprends toujours pas, de quoi parles-tu ?
- Je ne suis pas autoriser à t'en dire plus. Maintenant, finis donc ton thé avant de retourner d'où tu viens. »
Il ne prononce plus un mot et je comprends alors qu'il ne dira plus rien. Profitant des derniers instants de quiétude, j'avale une gorgée du liquide doux et chaud, le sentant parcourir ma gorge.
Mes paupières finissent par s'alourdir, et inévitablement, je replonge dans les méandres du sommeil.
*o*o*o*o*o*o*o*o*o*
« - Chizuru ! Chizuru ! Est-ce que tu vas bien ?
- Tu n'as nullement besoin de parler si près de mon visage, je t'entends parfaitement bien, Saito.
- On peut dire que ton arrivée a été fracassante, Chizuru.
- Shinpachi ! Sanosuke !
- C'est toi qui crie maintenant...
- Au diable ! Je suis tellement heureuse de vous savoir en vie.
- Tu nous as beaucoup manqué toi aussi. Mais après tout, nous t'avions promis que ce n'était pas un adieu, non ?
- Oui c'est vrai, mais après tout ce temps sans nouvelles, j'avais perdu espoir de vous retrouver un jour. Mais vous voici. Je n'ose pas y croire. Je suis tellement soulagée.
- Nous parlerons de tout ça plus tard. Tu dois te reposer, tu es rester inconsciente un moment et tu n'as pas mangé avec tout ça. Et puis, avec des cernes pareilles, tu feras pas long feu.
- Merci Saito. Mais restez avec moi alors. Je ne pourrais pas rester en place si je vous sais dans la résidence et que je ne peux pas vous voir. »
Je restais couchée encore une journée, à la demande de mes compagnons. Le temps était passé depuis la dernière fois que nous nous étions vu. Nous étions certes toujours aussi proches, mais la nouvelle complicité qui me liait à Saito avait pris une certaine place. Je devais apprendre à me partager entre ces trois êtres qui étaient aujourd'hui une source de joie immense de par leur retour. Il avait cependant été question de ce temps passé sans nous voir. Chacun avait ses propres interrogations et ses réponses à fournir. Ça n'avait pas été simple. Pour personne. Chaque fois il fallait ressasser le douloureux souvenir des pertes que nous avions subit.
Mes amis avaient fini par reprendre leurs marques dans ce lieu qu'ils avaient connu mais qui avait par bien des aspects changé. Je m'étais vite rendu compte qu'ils étaient sereins. Ils étaient chez eux. Ni plus ni moins. Senhimé était aussi venue me rendre visite et avait été considérablement heureuse du retour de mes amis à Kyoto. Pour fêter leur retour, nous nous étions rendus en ville.
De nouveau, la vie s'organise dans la résidence. Nous comptons désormais deux nouveaux membres au sein de notre équipe. Ma charge de travail en est beaucoup moins importante.
A mon plus grand regret, mes tourments me poursuivent, encore. Les herbes que Saito m'avait conseillé commence à ne plus faire effet aussi bien qu'auparavant. Je n'en dis rien, ne voulant alerter personne. Alors je m'entraîne davantage. Toujours plus. Je fais des rondes dans la ville, de jour comme de nuit, tâchant de conserver un rythme qui n'éveillera pas les soupçons quant à mon état. Lorsque je ne suis pas de service, je passe la nuit à m'occuper de la paperasse tout en étudiant les notes laissées par Yamazaki, juste qu'à ce que je tombe de fatigue.
C'est après une énième modification de la vérité que je pars en ronde avec deux équipes.
Rapidement, chacune se scinde en trois petits groupes pour couvrir plus de terrain.
«- Yukimura...
- Oui, Kaitou ?
- Je souhaite vous faire part de certaines choses qui se murmurent depuis quelques temps.
- Tu as toute mon attention.
- Des rumeurs circulent. Des choses étranges se produiraient dans les quartiers nord. Des choses que nous devrions plus voir.
- Que veux-tu me dire ?
- Et bien...nous ne prenions pas cela au sérieux. Il pouvait s'agir d'une simple plaisanterie de mauvais goût...
- Je ne suis pas vraiment d'humeur à attendre. Parles.
- Des hommes. Des hommes aux cheveux blancs auraient été aperçu, au nord.
- Quoi ? C'est impossible. Tu le sais aussi bien que n'importe qui ayant fait parti du Shinsen Gumi non ? Ils ont été éradiqué, purement et simplement.
- Je sais, je voulais juste vous en faire part.
- Et tu as bien fait. »
Mon ton avait été sec. Plus que je ne l'aurais voulu. Il avait voulu bien faire. Je m'excuse, brièvement auprès de lui. Nous poursuivons notre chemin à travers les rues. Las, je prends le chemin de toits pour avoir une vue d'ensemble, comme toujours. Je me sens bien là haut. A ma place même. Une forte bourrasque de vent me fouette le visage, m'arrachant une légère grimace. Le temps se fait moins clément et le froid s'installe doucement. Notre tâche n'en sera que plus difficile. Cependant, ce n'est pas la fraîcheur naissante qui m'interpelle. C'est tout autre chose. Sans m'en rendre compte, mon instinct se met en route et une fragrance métallique, rouillé emplie mon oxygène. Du sang. Aucun doute possible. Une nouvelle bourrasque. La source se trouve plus à l'ouest de la ville. Silencieusement, je fais signe à mes compagnons de me suivre, tandis que d'autre s sont chargés d'aller cherche d'éventuels renforts. Une fois les ordres lancés, je me mets à traverser les toits, l'un après l'autre. Aussi silencieuse que le brise printanière. J'arrive rapidement sur les lieux suivie de peu par mes hommes. Toujours le plus discrètement possible j'entre dans le bâtiment. Ce qui était une fragrance devient une puissante odeur de sang. Insupportable. Du bruit se fait entendre dans la pièce qui jouxte celle dans laquelle je me trouve. En sortant dans le couloir, l'odeur s'intensifie. Plusieurs corps jonchent le sol. La plupart sont dans un état monstrueux. Il semble que leur mort n'aura pas été tranquille. Le bruit accapare de nouveau mon attention. Sans plus de cérémonie, j'ouvre le porte, brandissant son katana, prête à user la force. En face de moi se trouve, visiblement, un homme, portant des vêtements occidentaux comme j'en avais tant vu jusqu'à maintenant. Il est agenouillé au dessus d'un objet, un coffre si mon ouïe ne me trompe pas.
« - Je vous conseille vivement de ne pas faire de mouvements brusques. Vous allez vous relever, lentement, les mains bien en évidence. Je ne me répéterais pas. Quelqu'un qui cause un tel carnage ne peut pas rester impunis.
- Là dessus, je suis bien d'accord, dit-il en obtempérant. Mais je vous pris, de me laisser le bénéfice du doute quant à mon implication.
- Nous verrons cela. Retournez-vous que je vois à qui j'ai affaire. »
Avec précaution, l'homme se retourne. Son visage entre progressivement dans l'éclairage. Sa chevelure, cet air sage et posé, ces lunettes...C'est tout bonnement impossible.
« - Je savais bien que cette voix ne m'étais pas inconnue.
- Non. C'est impossible. Ça ne peut être vous. Je...
- Baisse ton arme, je ne serais pas aussi clément que toi dans le cas contraire. »
La surprise est telle que j'en ai occulté tout le reste, baissant ma garde.
«- Et bien voilà qui est bien déloyal. Tu n'attaques jamais de dos en temps normal.
- Sannan...Est-ce bien vous ?
- Je suis content de voir que tu ne m'as pas oublié, Chizuru.
- Comment ? Chi...
- Dites moi que je ne rêve pas, je vous en pris. Dites moi que tout ceci est réel.
- Aussi réel que ce carnage, malheureusement.
- Mais comment est-ce possible ?!
- …
- Heisuke !
- Je...Chizuru ! Nous t'avons enfin trouvé !
- Doucement . Ils pourraient revenir.
- Ils ?
- Les responsables de cette tuerie.
- Très bien, dans ce cas, venez avec moi. »
Je suis dans un état second. Instinctivement, je descends et sors du bâtiment, faisant signe à mes hommes que le champ est libre, mais de tout de même se montrer prudents. Une fois les ordres distribués. Je me retrouve de nouveau face à mes amis. Ceux que je savais morts. Et j'en avais eu la certitude. Ils avaient quitté ce monde après avoir épuisé leurs dernières forces humaines, leur condition de rasetsu les réduisant à l'état de poussière. Je n'y comprends plus rien.
«- Je suis perdue. Vous étiez...Je vous ai vu, tous les deux...
- Nous ne comprenons pas plus que toi, Chizuru. Mais il semblerait que nous ayons été ramené à la vie, pour une raison que nous ignorons encore.
- Mais ne te poses pas trop de questions tout de suite . Nous avons tout le temps d'y penser maintenant. Et je dois avouer que je meurs de faim !»
Mes deux ressuscités me faisaient face, un sourire bienveillant collé sur le visage. Sans doute à cause de mes pauvres nerfs, aiguisés par la fatigue croissante, je pars à rire. Un rire qui sonne faux mais un rire tout de même. Nerveusement, Heisuke se joint à moi avant de finalement se laisser aller. Sannan pose sur nous le même regard doux et paternel qu'il avait eu lors de mon arrivée au quartier général et que j'avais commencé à prendre mes repas avec tous les membres, sans son autorisation. A ce souvenir, je me rembrunis légèrement.
Après avoir veillé à ce que les lieux soient vidés de tout élément fâcheux, nous repartons vers la résidence, croisant en même temps les renforts que nous avions demandés au cas où...J'explique brièvement que je suis pas seule au sein du Makoto.
Lorsque nous arrivons, un calme plat règne et un regard vers le bâtiment principal me confirme que tous sont en train de dormir. Cependant, trop heureuse de ma trouvaille, je cours vers le baraquement pour aller réveiller mes amis. Ceux-ci ne comprennent d'abord rien à mes propos, mais finissent par me suivre, encore endormis. J'aperçois Saito qui se lève pour comprendre d'où vient le raffut. Le mot surprise est à ce moment insuffisant pour exprimer leurs expressions. Deux de nos membres refont surface alors que nous les avions vu mourir et partir en poussière sous nos yeux.
Mes amis sont alors tous parfaitement réveillés. Quelques guerriers, attirés par le bruit sont également présents. Sanosuke et Shinpachi sont les plus réactifs et laissent éclater leur joie. Les deux hommes attrapent Heisuke qui en temps normal ne se serait pas laisser faire, mais visiblement, la joie des retrouvailles est trop importante. Sannan prend part aux embrassades quoi que plus dans la réserve, comme toujours. Je me fait la reflexion que je devrais lui parler des notes de Yamazaki quand nous en aurons le temps.
Alors que le vent souffle de nouveau je prends alors conscience de leurs tenues et le souvenir de leur visite médicale me revient en mémoire . Ma gêne est telle que je ne vois pas Saito s'approcher.
Contrairement aux autres, il a pris le temps d'enfiler un vêtement qu'il n'a cependant pas fermer. Il passe un bras autour de mes épaules tout en me regardant d'un air soucieux.
«- Quelque chose te tracasse ?
- Je ne peux m'empêcher de me demander pourquoi et surtout comment est-ce possible ? En si peu de temps, je me retrouve entourée de la plupart de mes compagnons. Moi qui avait été seule pendant ce qui m'avait semblé une éternité. Mes pauvres nerfs ne savent plus où donner de la tête.
- Je t'ai déjà dit que tu pouvais te reposer sur moi. Nous saurons bien assez vite par quel prodige ils sont revenus. Pour l'instant, il faut profiter de ce moment. C'est tellement rare.
- Dis donc, Saito. Essayerais-tu de garder Chizuru pour toi tout seul ?
- Absolument pas, Sanosuke. Elle semblait seulement un peu...abasourdie.
- C'est tout à fait compréhensible, répond Sannan.
- Je vais vous préparer quelque chose à manger, ça m'aidera à réaliser. Vous devez être affamé. »
Sans un mot de plus, je me détache de Saito pour me rendre dans les cuisines. En chemin je croise une des rares femmes de la résidence. Je lui demande de préparer deux nouvelles chambres pour nos nouveaux résidents. Demain matin elle ne fera pas sa ronde. Un prêté pour un rendu.
Rapidement, je leur réchauffe un peu du Oden(*) du jour. Lorsque je rentre dans la salle principale, mes amis sont en train de rire à gorge déployée, comme si le temps n'était jamais passé par là.
Lorsqu'ils s'aperçurent de ma présence, les rires redoublèrent.
«- Pourquoi ais-je l'impression que vous vous moquez de moi ?
- On ne se moque pas, c'est promis. Saito nous racontait que tu apprenais à te battre avec un katana. Répond Shinpachi.
- Et qu'est-ce qu'il y a de drôle là dedans. Il me fallait un minimum de crédibilité auprès des hommes.
- C'est tout à ton honneur, Chizuru.
- Merci Sannan.
- Cependant je suis assez curieux de voir ce que ça peut bien donner, dit Sannan.
- Dis, Chizuru, que dirais-tu de nous faire une petite démonstration ?
- Ce n'est pas une bonne idée Sanosuke. Tu sais qu'elle manque de sommeil. Pourquoi pas demain ? - Chacun sera en pleine possession de ses moyens.
- Dans ce cas, Chizuru, je seras ton adversaire.
- D'accord Heisuke, comptes sur moi.
- Dans ce cas, toi et moi, dans la cours, demain. »
Ces mots sonnent comme une promesse que j'accueille avec joie. L'heure se fait tardive et lentement nous regagnons nos chambre. Saito me raccompagne, comme toujours dans le silence. Beaucoup de choses ont changé, mais il est agréable de voir que certaines choses ne changent pas, et Saito en fait parti. Certes, nous nous sommes rapprochés, mais il a gardé cette neutralité, ce côté inaccessible.
« - C'était une sacrée soirée, hein ?
- Oui. Mais je continus de me poser des questions, beaucoup même. Je suis contente, vraiment. Mais je ne comprends pas.
- Nous tirerons ça au clair ne t'en fais pas. Mais pas maintenant. Il est temps de dormir à présent.
- Tu as raison. Bonne nuit, Saito.
- Bonne nuit Chizuru. »
Tendrement, il pose une main sur mon épaule et dépose un baiser sur mon front avant de faire demi-tour et de partir ce coucher. Ce geste me surprend. D'habitude il n'est pas dans la démonstration, mais aujourd'hui, c'était différent. Peut être perçoit-il mon inquiétude ? Peut être se fait-il du soucis et qu'il tente de me rassurer ? Qu'en sais-je ?
Je rentre finalement dans ma chambre. Cette nuit je ne lutterais pas. Je suis bien trop fatiguée. Alors cette nuit, j'accueille le sommeil à bras ouverts, comme un vieil ami. Et pour la première fois depuis longtemps, je passais une réelle nuit.
*o*o*o*o*o*o*o*o*o*o*
Lorsque je daigne enfin ouvrir les yeux, la lumière a dors et déjà envahie la pièce de telle façon que s'en est presque aveuglant. Je n'ai aucune idée de l'heure qu'il est. Mon esprit est embrumé et c'est encore à moitié endormie que je me lève pour manger un peu. En ouvrant la porte, je peux voir que le soleil est déjà bien haut dans un ciel bleu. Une belle journée s'annonce. Toujours autant dans le brouillard, je m'en vais rejoindre mes amis qui doivent être levés depuis longtemps. N'étant pas encore réveillée, je manque plus d'une fois de tomber en m'emmêlant les pieds.
A moment où je me vois réellement à terre, deux mains me rattrapent et me maintiennent à une distance raisonnable du sol. Il faut vraiment que je me réveille.
« - Et bien, Chizuru, tu n'as pas l'air très réveillée !
- Hein ? Heisuke ?
- Lui-même. Tu en fais une tête ? Tu n'as pas dormi ?
- Je...Ce n'était donc pas un rêve, vous êtes bien revenus !
- Tu ne dois vraiment pas être dans ton état pour dire ça, mais je sais ce dont tu as besoin : remplir ton estomac ! »
Cette remarque me fait sourire. Non, je n'avais pas rêvé. Ils sont bien là, assis en train de manger leur déjeuné parlant et riant comme si le temps n'avait jamais fait son œuvre. Observant,et écoutant, je m'assois. La vie semble vouloir reprendre son droit dans cette bâtisse qui fût si longtemps déserté. Je ne m'en plaindrais pas, je suis bien trop contente pour ça. Soudain, un constat s'impose à moi. Si Sannan et Heisuke sont désormais en vie, cela signifiera-t-il que je ne les verrais plus dans mes songes ? Cette nuit j'étais bien trop fatigué pour rêver. J'avais atteint ma limite. Je saurais bien assez tôt ce que mes songes me réservent. Pour l'instant, je tiens à profiter du retour de mes amis. Entre deux bouchées, Shinpachi ne peut s'empêcher de me rappeler mon petit « duel ». Dans quoi me suis-je lancé encore ? Je suis bien loin d'avoir leur niveau que je me suis fixé, malgré quelques entraînements avec Saito. Mon but est loin d'être atteint. Peu de temps après que nous ayons fini de manger, je pars revêtir les vêtements adéquats acquis lors de mon retour. Après un bref moment d'hésitation, je m'empare du katana de mon frère en plus de celui que je porte depuis ma rencontre avec le Shinsengumi. Je n'aurais très probablement pas à m'en servir, mais l'avoir me met en confiance. Dehors, tous m'attendent. Le stress s'empare de moi, et d'instinct, mon regard se porte sur Saito. Son aura m'apaise. Je sais qu'il interviendra si nécessaire. Je sens également les regards à la fois amusés et curieux de mes amis. Eux qui avaient pour obligation de me protéger pour la simple et bonne raison que j'étais à peine capable de tenir un katana seule...
« - Et bien, Chizuru, tu es prête ?
- Je continus de penser que ce n'est pas une bonne idée.
- Aller, c'est juste histoire de voir ce que tu sais faire. J'irais doucement, je te le promets.
- Très bien, mais je n'attaquerais pas le première.
- Je vois. Tu me laisses le plus difficile... »
Nous nous mettons en garde. L'un en face de l'autre, étudiant le moindre geste de l'autre, près à anticiper. Heisuke prend une profonde inspiration avant de finalement s'élancer.
Le choc entre les deux épées est rude, me forçant à reculer sous l'impact. Je le repousse avant d'attaquer à mon tours. Les coups se succèdent. Les esquives aussi. Progressivement, quelques hommes de la caserne sont venus admirer le spectacle.
Contrairement à ce que je pensais, je ne faiblis pas et riposte avec entrain. Après une énième esquive, je parviens à le déséquilibrer un bref instant, mais suffisamment pour parvenir à provoquer sa chute.
Alors que je pense avoir gagner, il se relève brusquement. C'est alors que sous mes yeux, les cheveux d'Heisuke changent de couleur, virant au blanc. A ma plus grande surprise, ses yeux virent au doré tandis que deux cornes sortent de son front.
Dire que je suis surprise est un euphémisme. Par cette transformation, il me pousse dans mes retranchements. Il me provoque ouvertement. Mais je refuse.
« Ne compte pas sur moi pour ça, Heisuke. Il est hors de question que n'importe quel démon, quel qu'il soit se serve de sa capacité ici, toi y compris, puisque visiblement, le terme de rasetsu de s'adresse plus à toi... »
Lentement je me redresse et range mon katana avant de quitter la cours partagée entre un sentiment de peine et de profondes interrogations. Cette démonstration a suffisamment durée à mon goût.
*o*o*o*o*o*o*o*o*o*o*
D'un pas qui se veut sur, Chizuru quitte la cours sous les regards ahuris de ses compagnons. Tous sont incrédules. La jeune fille qu'ils ont connus a tellement changé. Que lui est-il donc arrivé ?
Saito pressent les interrogations.
«- Dis Saito, que vient-il de se passer exactement ?
- Je pense Sanosuke, que Chizuru a paniqué. Le fait est qu'elle s'en tirait parfaitement bien et qu'elle n'étais pas au maximum de sa capacité, parce qu'elle combattait un ami. Heisuke l'a parfaitement senti et son caractère fonceur l'a amené à utiliser son pouvoir de démon. Il ne faut cependant pas comprendre que tout ce qu'elle a traversé, c'est à cause des démons. Elle renie sa condition. La vérité c'est qu'elle ne se transforme jamais à moins d'y être fortement contrainte. Elle déteste cette partie d'elle-même.
Il faut aussi savoir qu'avant de mourir, le Vice Président s'est battu avec un démon qui l'a reconnu comme son égal. Ça ne fait qu'aggraver la situation.
- Je vois. Il est plus facile de comprendre le profond changement de notre jeune amie. Je pense qu'il vaudrait mieux faire taire notre nouvelle condition. Pour le bien de tous. »
La discussion est close. Saito quitte les lieux. Il veut savoir comment elle va. Ce duel n'était décidément pas une bonne idée. Il l'avait pressentie mais n'avait rien dit. Il avait voulu voir lui aussi de quoi elle était capable. Elle avait facilement gagné en aisance avec lui, et il n'avait pas non plus osé forcer. Force était d'admettre que son niveau était plus que correct désormais.
En entrant dans la chambre de la jeune femme, la culpabilité le gagne.
Chizuru est bel et bien là. Elle est étendue sur le sol, reposant sur son flanc, seul les soubresauts de ses épaules trahissent ses pleurs. Doucement il s'approche de celle qui n'est plus une enfant, celle qu'il commence à si bien connaître. Celle qui manque cruellement de ce flux vital qu'est le sang tandis que sa chevelure perd progressivement de sa noirceur pour finir immaculée. Loin d'être inquiet, il porte une main sur ses frêles épaules.
Deux grands yeux ambrés le fixent, emplis de larmes. Elle ne doit pas y voir grand chose, alors d'une main légère il efface les traîtresses.
Toujours sans prononcer un mot il se lève pour prendre le coupe papier avant de s'entailler le poignet. Les gouttes tentatrices apparaissent, faisant redoubler les pleurs de la jeune femme. Elle ne sait que trop bien ce que signifie le geste de l'homme à ses côtés.
Alors comme pour l'encourager il l'amène appuyer son dos contre son torse. C'est là sa façon à lui de lui dire que ce sera là leur secret. Un de plus.
Il ne parvient pas à retenir un frisson lorsque les lèvres de Chizuru se posent sur la peau fine de son poignet. Il serre prestement les dents lorsque le flux vital quitte ses veines sous l'impulsion de la jeune femme.
Pourtant, à cet instant, Saito Hajime se sent bien. Il se sent apaisé par cette proximité si intime. A cet instant, Saito prend conscience que la jeune femme qui boit son sang dans ses bras est désormais la seule chose qu'il souhaite protéger et garder auprès de lui. Dusse-t-il se battre avec ses camarades et adversaires. Il sait parfaitement qu'aucun d'entre eux n'a jamais été insensible à sa fragilité, sa force, cet air si enfantin qui l'a aujourd'hui quitté. Il a comprit qu'il tient à elle, comme il n'a jamais tenu à personne. Mais elle, le sait-elle ? L'envisage-t-elle seulement ? Peu importe, à cet instant il se sent bien. Il sait qu'à cet instant, ce n'est pas à lui qu'elle pense.
(*) Oden : Sorte de pot au feu
