Bonjour, Bonsoir à toutes et à tous ! Voici le deuxième chapitre. La suite est en cours d'écriture, j'ai un peu plus de mal parce que le chapitre suivant contient un lemon. J'en ai déjà écrit il y a cinq ans, mais quand je les relis, je me dis que je ne connaissais rien aux sentiments ahah. J'espère m'être améliorée (je vois la différence, c'est déjà ça). J'étais un peu déprimée ce week-end parce que je n'avançais pas tellement depuis quelques jours, mais publier le premier chapitre m'a donné la force nécessaire pour avancer.

Bonne lecture !


Disclaimer : Les personnages et l'univers appartiennent à J. K. Rowling.

Rating : M, relations sexuelles à venir


Amlou : Je te remercie pour ta review. J'ai mis à jour ce que tu avais demandé. J'ai peur de ne pas pouvoir t'éclairer au sujet du rythme de publication. Le chapitre 3 est déjà écrit, il ne demande qu'à être relu et corrigé. Je vais me mettre bientôt à la rédaction du suivant. Cependant, je pense publier au moins une fois par semaine (mercredi ou week-end). J'espère que le second chapitre te plaira. Bisous !

Angemewmew : Voici la suite. En espérant qu'elle te plaise ! Bisous !


Samedi 8 octobre, chez les Granger-Weasley. Hermione avait fait un effort, elle était rentrée plus tôt du travail pour l'occasion. À peine avait-elle franchi le seuil de la porte qu'elle s'était précipitée de monter les escaliers pour se changer. Elle enfila pour l'occasion une robe vert émeraude, une paire de collants noir et des escarpins de la même couleur. Elle redescendit les escaliers prudemment avant de rejoindre son époux qui gérait merveilleusement bien le repas du soir.

« B'soir 'Mione, dit-il la bouche pleine de chips au fromage.

- Tu pourrais au moins attendre nos convives avant de t'empiffrer comme tu le fais, ricana Hermione.

- Tu me connais, il ne faut pas m'en demander trop ».

Hermione sourit et l'embrassa tendrement. Leurs enfants débarquèrent au même moment dans la cuisine. Ils laissèrent échapper un « beurk » à la vue de cette marque d'affection. Ron leva les yeux au ciel tandis que sa femme prit Rose et Hugo dans ses bras.

« Tonton Harry sera là ce soir ? Demanda Hugo.

- Oui et il ne viendra pas tout seul, rappela Ron qui surveillait les lasagnes dans le four. N'oubliez pas ce que votre mère et moi vous avons dit au sujet du coucher de ce soir.

- On file au lit avant vingt-trois heures, on le sait, déclara Rose qui se servit à boire ».

Aidée des enfants, Hermione mit la table. Elle regarda sa montre. Les aiguilles affichaient vingt heures. Ils ne devaient plus tard. Elle fit asseoir Rose et Hugo dans le canapé devant un dessin animé. La télévision moldue avait trouvé sa place dans le foyer et elle avait été très vite adoptée par Ron qui semblait plus que passionné par les images qu'elles diffusaient. Bien qu'étant lui aussi un Auror, le Weasley n'avait pas le même emploi du temps que son meilleur ami. Il rentrait tous les soirs chez lui, bien avant sa femme, ce qui lui permettait de s'occuper de leurs enfants. Généralement, Hermione revenait du travail aux alentours de vingt-et-une heure, soit après le coucher des enfants les jours de semaine. Fort heureusement, Ron savait gérer une maisonnée aussi bien que sa mère Molly Weasley.

Pattenrond était lové sur les genoux d'Hugo et ronronnait délicatement. Il fut le premier à sursauter quand la sonnerie de l'entrée retentit. Il s'étira et se positionna sur le rebord de la fenêtre pour observer les vils êtres humains qui venaient de le sortir de sa courte sieste.

« J'y vais, s'écria le père alors qu'il se précipitait vers la porte.

- Salut Ron ! S'exclama Harry qui se retrouva très vite dans les bras de son meilleur ami.

- Ca fait du bien de te voir, mon pote.

- Je suis là aussi, plaisanta la petite-amie de Potter.

- Ginny, ce n'est pas comme si nous nous étions vus hier soir.

- C'est vrai. Je comprends ton enthousiasme. Harry se fait de plus en plus rare ces derniers temps.

- Nous nous sentons un peu coupables de l'accaparer pour cette soirée au lieu de te le laisser, souffla Hermione qui, à son tour, prit Harry dans ses bras. Tu as plutôt bonne mine.

- Je vais très bien, Hermione, rassura le survivant. L'air français m'a fait le plus grand bien.

- C'était donc là où tu te cachais, le taquina Ron ».

La petite troupe s'installa autour de la table, leur ventre criant famine. Après un apéritif où Harry raconta sa mission en détail à Ron qui n'en manqua pas une miette, Hermione lui fit part de ses inquiétudes.

« Tu n'en as pas assez d'être sans arrêt en déplacement ?

- Tu n'en as pas assez de te lever tôt et de te coucher tard tous les jours, de rentrer juste pour dîner et aller au lit ? Riposta gentiment Harry. Hermione, tu es probablement celle qui me comprend le mieux.

- J'aimerais tellement t'avoir plus souvent à la maison, avoua tristement Ginny.

- Je suis désolée.

- Je ne t'en veux pas, ce n'est pas comme si tu ne me l'avais pas dit dès le début de notre relation. Elle posa sa main sur celle d'Harry. Et puis, nous allons bientôt nous marier.

- Vous marier ? Ron resta immobile un instant, sa fourchette à l'arrêt entre sa bouche et son assiette.

- Oui, nous marier, Ron.

- Toutes mes félicitations, dit Hermione les joues un peu plus rose à cause de l'alcool. Avez-vous déjà fixé une date ?

- À vrai dire, pas vraiment. Nous songions à le faire en été ou bien en automne.

- Moi, je veux voir tonton se marier, déclara Hugo qui finissait difficilement son assiette. Faut le faire pendant les vacances, sinon la maîtresse ne sera pas contente ».

Tous sourirent à la remarque du petit Weasley dont les paupières se faisaient lourdes. Sa grande sœur aussi commençait à fatiguer. Hermione apporta bien vite les desserts puis les emmena au lit.

Son mari avait préparé le café en son absence. Tous en burent, excepté Harry qui n'aimait pas en prendre le soir. Ils délaissèrent la table au profit des fauteuils et du canapé qui faisaient face à la télévision. Ron avait choisi de mettre une rediffusion d'un de ses programmes télévisés favoris qu'il était le seul à suivre. Ginny était assise à côté d'Harry, sa main posée sur le bras de celui qu'elle aimait tendrement. Hermione remarquait le détachement dont faisait preuve son meilleur ami depuis la fin de leurs études et elle était d'humeur morose depuis qu'elle avait compris que le cœur d'Harry s'était fermé à la fin de la guerre. Mis à part elle, personne ne s'était rendu compte de l'état dans lequel se trouvait le jeune Potter. Tout le monde croyait aux sourires d'Harry, tout le monde pensait dur comme fer qu'il était heureux avec Ginny. Cela ne prenait pas avec Hermione. Cela ne prenait plus.

Ron s'esclaffait tout seul, tapant de la main l'accoudoir du fauteuil à chaque rire déployé par sa gorge. Hermione lui lança un regard froid pour lui faire comprendre que leurs enfants dormaient à l'étage. Ron se calma aussitôt et chercha à engager une nouvelle conversation.

« Maman sera folle de joie en apprenant la nouvelle !

- De ?

- Le mariage, Harry. Quoi d'autre ?

- Ah oui, quoi d'autre, répéta le brun qui n'avait toujours pas mesuré l'ampleur de l'engagement. Nous ne comptions pas lui en parler avant d'être sûrs de…

- Bien entendu que vous êtes sûrs ! Vous êtes faits l'un pour l'autre, affirma Ron sans douter une seule seconde de ce qu'il disait.

- Tu comprends, entre les déplacements de Ginny et les miens, nous ne pouvons pas promettre que nous allons nous marier l'année prochaine. À quoi bon annoncer une date si nous la décalions sans arrêt ? Ta mère, aussi gentille soit-elle, ne ferait qu'empirer le stress, Ron. Tu le sais ».

Ron hocha la tête avant de reporter son attention sur la télévision. Il allait devoir cacher un secret à sa mère, cette idée ne le laissait pas de joie. Les doutes d'Hermione se renforcèrent un peu plus. Les déplacements n'étaient qu'un prétexte de plus pour retarder un mariage qui n'avait pas l'air d'être désiré par l'un des deux partis. Elle se sentit mal pour son meilleur ami, mais ne pipa mot. Le moment n'était pas venu pour lui faire part de ses doutes. Harry devait se rendre compte tout seul qu'il n'était pas heureux. Elle l'empêcherait plus tard de commettre une erreur.

« Il est peut-être temps de partir, souffla Harry à Ginny qui riait aux côtés de son frère. Il est bientôt minuit et nous avons assez abusé de votre temps.

- Ne t'en fais pour ça, Harry. Ça nous fait toujours plaisir de te revoir et Ginny aussi, rajouta Hermione quand elle sentit le regard de la rousse peser sur elle. Prends soin de toi, ajouta-t-elle en le prenant une fois de plus dans ses bras.

- Pouvons-nous utiliser votre cheminée ? Demanda Ginny soudainement lasse.

- Quelle question ! Ron se positionna devant l'âtre et donna de la poudre de cheminette à sa sœur.

- Merci pour le repas, je reviendrai voir mes neveux la semaine prochaine, promit Ginny qui se glissa la première dans la cheminée ».

Elle prit une grosse poignée de la poudre, annonça sa destination avant de la jeter sur le sol. Elle disparut dans des flammes vertes. Lorsque le silence revint, Harry se plaça là où se trouvait quelques secondes plus tôt sa petite-amie. Il s'apprêta à prendre la poudre de cheminette, mais Hermione le retint.

« Ron, j'ai cru entendre Hugo pleurer. Il doit sûrement faire un cauchemar, peux-tu aller vérifier ? Demanda-t-elle alors qu'elle tînt le bras d'Harry.

- Pas de souci. Harry, à la prochaine. Fais attention à toi surtout, nous aimerions te revoir pour le Nouvel An, mais je doute que ce ne soit possible.

- Je n'en sais rien, mais je ferai mon possible pour me voir confier une petite mission avant la fin de l'année. À bientôt Ron ».

Le rouquin le salua de la main tandis qu'il leur faisait dos. Quand il disparut de la pièce, Harry scruta Hermione et fronça les sourcils. Elle avait pris soin d'écarter son époux pour se retrouver en tête-à-tête avec lui.

Hermione sortit le bout de parchemin de sa poche et le glissa dans la paume d'Harry.

« Je n'aime pas jouer les hiboux, mais vu votre état à tous les deux, je ne pouvais me résoudre à refuser de lui venir en aide.

- De qui parles-tu ?

- Tu le verras bien par toi-même lorsque tu liras ce mot. Elle entendit Ron descendre les escaliers. J'ignore ce qu'il t'a écrit. Je sais seulement qu'il essaie de te contacter. Il en a besoin et je pense que toi aussi, tu as besoin de quelqu'un comme lui.

- Je n'y comprends rien, répondit Harry un peu déboussolé.

- Il n'y a rien à comprendre. Bonne nuit ». Elle l'embrassa sur la joue et Harry disparut dans la seconde qui suivit.

Il tenait toujours le bout de parchemin dans sa main quand il atterrit dans sa propre cheminée. Ginny l'attendait dans le salon.

« Tu en as mis du temps, fit-elle remarquer.

- Hermione me parlait de son travail, mentit le jeune homme.

- Je vois, elle aurait pu le faire pendant le repas.

- Tu ne vas pas me reprocher d'être arrivé deux minutes après toi ?

- Pourquoi pas ?

- Je trouve ça complètement puéril, dit Harry qui n'avait pas la force de se disputer. Je vais me doucher, je te rejoindrai plus tard dans le lit ».

Ginny allait contester, mais Harry fut plus rapide. Il prit à la hâte le chemin de la salle de bain et il s'y enferma. Il n'avait pas envie d'être accompagné. Il voulait être seul. Il fixa son reflet dans le miroir et sourit. Il était épuisé. Il se déshabilla lentement et fit tomber ce qu'il tenait dans la main. Il ramassa le papier et le déplia.

Il reconnut de suite l'écriture sur le parchemin, il n'avait pas besoin de voir la signature de l'expéditeur. Cela venait de Draco Malfoy. Son cœur se serra, il se sentit étouffer. Sa respiration se fit beaucoup plus rapide. Il haletait. Il tremblait. Pourquoi réagissait-il ainsi ?

Ses yeux avaient parcouru le message assez vite. Il n'y avait pas grand-chose à lire.

« Potter, il faut que l'on se voie le plus tôt possible. Fais-moi connaître tes disponibilités, je te recontacterai. Draco Malfoy ».

Comment Hermione avait-elle pu lui faire ça ? Depuis quand Malfoy et elle étaient-ils amis ? Il se sentait complètement dépassé par ce qu'il venait de lire. Il ne comprenait pas. Il était partagé entre la curiosité et la crainte.

« Harry, tout va bien ? Je n'entends pas l'eau couler…

- Oui, tout va bien. Bonne nuit Ginny ».

Harry se glissa dans la cabine de douche et fit couler l'eau chaude. Ce contact sur sa peau l'apaisa, mais ses pensées étaient décidément tournées vers Malfoy. Ce grand imberbe à la peau laiteuse, aux yeux orageux et à la langue de serpent. Celui-là même qu'il avait sauvé à deux reprises, de la mort et de la prison. Celui qu'il avait intronisé au Ministère de la Magie. Celui qu'il avait pris soin d'éviter depuis la mort de Voldemort. Mais aussi celui qui cherchait à le revoir. Celui qui avait souhaité sa mort. Celui qui l'avait insulté autant que possible. Celui qui l'avait toujours méprisé.

« Que veux-tu Malfoy ? ».

Harry ferma les yeux. Son cœur ne cessait de battre la chamade. La nuit promettait d'être longue et pleine de questions. Il n'avait pas envie de rejoindre Ginny dans ce grand lit froid qu'il ne retrouvait qu'une fois par mois. Ce lit même qu'il fuyait et auquel il ne manquerait pas d'être davantage rattaché une fois marié.

Pourquoi allait-il se marier déjà ? Ginny l'avait fait plier. Ginny le faisait toujours plier à ses envies. Il n'aimait aucune autre femme comme il aimait la rousse, mais la jeune Weasley préférait les actes aux paroles. Un mariage viendrait solidifier leur relation qui battait de l'aile. Il n'était pas aveugle.

Il était responsable en grande partie de cet échec.

Il sortit de la douche sans s'essuyer. Il prit à nouveau le parchemin dans ses mains pour se rassurer de ce qu'il avait lu. Non, il n'avait pas rêvé. En le retournant dans tous les sens, il se rendit compte qu'une autre écriture figurait au dos du papier. C'était celle d'Hermione. Il avait été tellement tourmenté par ce que lui avait écrit Draco qu'il ne s'était pas aperçu que la jeune sorcière avait ajouté l'adresse du Serpentard. Il serra le papier dans sa main et regarda l'heure sur la pendule. Il était presque une heure du matin. Harry n'était plus habitué aux longues nuits de sommeil. Il était certain que Ginny, elle, dormait déjà emmitouflée sous deux grosses couettes. Cependant, il n'avait pas envie d'avoir chaud. Il voulait avoir froid pour calmer les palpitations de son cœur. Il enfila des habits propres, mais n'arrangea pas ses cheveux. À quoi bon ?

Après avoir chaussé une paire de vieilles baskets, il sortit de chez lui et transplana dans la rue. En l'espace de quelques secondes, il était dans sa rue. Il regarda le numéro des maisons et chercha le numéro sept. Quand enfin il l'aperçut, son cœur manqua un battement. Pourquoi était-il venu ? Pourquoi s'était-il déplacé à une heure aussi incongrue ? Malfoy lui rirait au nez s'il le découvrait en tee-shirt dans les rues du Londres moldue. Peut-être avait-il mal interprété le message ? Peut-être lui cherchait-il un sens qui n'existait pas ? Malfoy voulait probablement lui parler d'une affaire particulièrement difficile à résoudre ? Il aurait dû répondre tout simplement par un autre message plutôt que de se précipiter tête baissée devant la maison de son ancien rival. Il était ridicule.

De toute façon, il agissait toujours de manière ridicule quand il était question de Malfoy. Pourtant, il avait eu l'impression dans sa salle de bain que s'il ne s'était pas déplacé ce soir, il ne l'aurait jamais fait. Même s'il était certain que le blond dormait, venir lui donnait du courage pour une future rencontre. Il ne s'était pas défilé.

Une ombre passa devant l'une des fenêtres du dernier étage dont la lumière venait tout juste d'être allumée. Harry resta interdit. La rue était mal éclairée et cela faisait plusieurs mois qu'il ne l'avait pas vu. Les chances pour être reconnu à cette distance étaient faibles, mais elles n'étaient pas nulles. L'ombre fit à nouveau son apparition derrière le carreau. Elle ne bougeait plus. Elle l'avait remarqué. Qu'il se sentait absurde ! Il voulait rentrer chez lui.

Harry ne put retenir un sourire quand il vit la lumière s'éteindre et l'ombre disparaître avec elle. Une seconde plus tard, un souffle chaud se fit sentir dans sa nuque.

« Bonsoir Malfoy.

- Tu t'es perdu, Potter ? ».

Harry déglutit. La conversation promettait d'être intense comme autrefois. Malfoy vint se planter juste devant lui. Il portait sa longue cape de sorcier, un pull vert, un pantalon noir et des chaussures vernies. Il faisait tâche à côté de lui.

« J'ai cru comprendre que voulais me voir.

- À une heure pareille ? Draco leva un sourcil et cacha son soulagement.

- Je ne trouvais pas le sommeil. Je suis venu me dégourdir les jambes et le hasard a voulu que je m'arrête juste devant chez toi.

- Pas de mensonge. Pas avec moi, ça ne prend pas, Potter, grinça Draco l'air mécontent. T'es venu me voir, avoue-le.

- Effectivement.

- Tu avoues être venu pour me voir ?

- Je m'ennuyais, répondit-il agacé par toutes ces questions qui le faisaient se sentir pris au piège. N'oublie pas que c'est toi qui m'as appelé.

- Je n'étais pas si pressé, Potter.

- Alors je peux repartir. J'ai l'air de déranger.

- Non. Maintenant que tu es là, ce serait stupide de programmer un autre rendez-vous. J'avais aussi envie de marcher un peu le long de la Tamise. Tu m'accompagnes ? ».

Harry acquiesça sans dire mot et emboîta le pas à Malfoy. Marcher à ses côtés, à sa hauteur, le gênait terriblement. Il était en retrait ou bien il marchait devant lui. Leur cadence n'était pas synchronisée, ce qui n'avait rien d'étonnant.

Draco se trouvait dans le même état qu'Harry. À dire vrai, il avait pensé que ses yeux lui jouaient un tour quand il remarqua la présence du sorcier en bas de chez lui sur le trottoir d'en face. Il avait manqué d'air et son rythme cardiaque avait dangereusement augmenté. Il avait dû respirer calmement et compter dans sa tête pour reprendre une respiration des plus normale. Il ne se serait jamais attendu à voir Harry dans sa rue, certainement pas quelques heures après son retour au pays. Harry avait des tas d'amis, une petite-amie et du sommeil à rattraper. Pourtant, c'était lui qu'il avait choisi à cette heure de la matinée. Draco ne s'était jamais senti aussi important et fier de toute sa vie. Toutefois, il n'avait jamais songé au sujet de discussion qu'il engagerait avec son ancien ennemi une fois qu'il l'aurait revu. C'était bien la peine de remuer ciel et terre pour juste marcher de nuit dans le froid et le silence. Quel putain de programme !

« J'étais plus que surpris de recevoir ce message de ta part. Hermione me l'a remis tout à l'heure avant que je ne parte de chez eux.

- Devant les Weasley ? S'offusqua Malfoy.

- Non, après le départ de Ginny. Ron était occupé avec les enfants.

- Ce n'est pas que je cherche à ce que cette entrevue reste secrète, quoique… Je préfère ne pas ébruiter tout cela.

- Pourquoi ? Demanda sérieusement Harry.

- Tu es Celui-qui-a-survécu-deux-fois. Je suis un Malfoy. Cela me semble être une raison suffisante pour vouloir éviter toute sorte de commérages.

- Je suis d'accord avec toi. Je ne veux pas que ça se sache.

- On dit que tout finit par se savoir, ajouta Draco l'air pensif.

- Pourquoi moi ? Pourquoi maintenant ? Que veux-tu, Malfoy ?

- Pourquoi pas ?

- Très bien, je n'insisterai pas davantage. J'avoue que je suis très intrigué, mais cela me fait plaisir de te voir. Nous n'avons jamais pris la peine d'avoir une discussion sérieuse, toi et moi.

- Nous sommes plutôt occupés ces derniers temps, toi plus que moi. On te dit souvent à l'étranger et rarement en Angleterre. Quelle est cette situation à laquelle tu cherches à te soustraire ? ».

Harry savait Malfoy perspicace, mais pas à ce point. La question était pertinente. Il se débinait depuis la fin du conflit. Draco s'assit sur un blanc, tandis que lui s'avançait plus près du fleuve. Le vent soufflait doucement dans ses cheveux à présent secs. Ses poils étaient tous hérissés sur sa peau, il avait si froid et tellement chaud à la fois. Ce n'était pas la chaleur de l'excitation sexuelle qui avait pris possession de son corps. C'était seulement son cœur qu'il sentait à nouveau vivre.

Il n'y avait presque personne dans les rues, un miracle pour Londres, même la nuit. La métropole était encore plus belle une fois le soleil couché. Draco préférait la nuit à la journée. Tout était plus calme le soir. Les circulations étaient moins nombreuses et les gens confinés chez eux. Tout était plus beau la nuit, surtout l'Auror.

Draco fixait Harry de dos. Harry qui ne bougeait pas d'un centimètre. Harry qui regardait l'eau de la Tamise. Harry qui était venu le voir.

« Parle-moi plutôt de toi, Malfoy.

- Comme tu le sais déjà, je travaille pour le Ministre. Mes subordonnées sont tristes à mourir et incompétents pour la plupart. Shacklebolt ne me fait pas confiance et seule Hermione me juge compétent dans mon travail. Je suis plutôt bien payé pour résoudre des affaires inintéressantes. Je rentre tous les soirs dans mon appartement retrouver Pansy. Il marqua une pause. Ma vie est assez monotone.

- Ma vie ressemble beaucoup à la tienne, si on en oublie la durée de mes journées de travail.

- Ce que tu fais te plaît ?

- J'ai toujours voulu devenir Auror. J'aime être en mission, partir loin et être seul. Je suis un solitaire. Tu le crois, ça ?

- Oui, j'y crois.

- Rien de bien excitant. Seule l'adrénaline ressentie au cours de mes déplacements me fait sentir vivant et heureux.

- Au moins tu n'as pas à supporter la présence de quelqu'un, dit-il en pensant à Pansy. Ce doit être agréable de se déplacer continuellement sans avoir personne derrière soi. Toutefois, je ne pourrais supporter avoir des relations sexuelles avec ma compagne uniquement une fois par mois. Je ne sais pas comment tu fais.

- Sommes-nous réellement en train de parler de sexe ?

- Nous sommes adultes, Potter. Ne me dis pas que t'es encore vierge ?

- Bien sûr que non, contra Harry en se retournant. Et puis, Ginny n'est pas tout à fait ma première petite-amie.

- Je suis ravi pour toi.

- Pour en revenir au sujet précédent, je ne le supporte pas non plus. Je n'ai pas tellement le choix, d'autant plus que Ginny n'est pas très portée sur la chose. Il est arrivé à plusieurs reprises qu'elle refuse tout contact avec moi. J'ai souvent eu l'impression de l'implorer lorsque j'en avais envie. Maintenant, je ne dis plus rien. Il n'y a rien de pire que de voir sa copine nue pour te faire plaisir.

- Bordel, Potter. Tu aurais pu m'éviter ces détails…

- Je t'en prie, Malfoy, fais pas ta prude. Tu es le premier à avoir parlé de sexe !

- Je ne m'attendais pas à une telle confession, déclara-t-il les mains dans ses poches. Si ça peut te rassurer, ma vie sexuelle est aussi fantastique que la tienne. Non pas que j'aie à supplier, un Malfoy ne supplie jamais, tu connais la chanson, mais madame ne fait jamais le premier pas. Il peut se passer des semaines sans sexe.

- Nous sommes donc logés à la même enseigne, voilà qui est drôle, ironisa Harry.

- Il faut croire, sourit Draco. Pourquoi restes-tu avec elle ?

- J'ai déjà pensé à la quitter, mais il y a plus d'avantages à rester en couple qu'à être célibataire. Harry réfléchit un instant. Que dirait sa mère si elle apprenait notre séparation ? Je n'ose l'imaginer. On ne quitte pas quelqu'un pour le sexe, c'est moche.

- C'est moche de rester avec une frigide, si tu veux mon avis.

- Je ne t'ai pas demandé ton avis, Malfoy. Le sexe ne fait pas tout dans un couple.

- Je trouve que, conjugué à tes absences répétitives à durée indéterminée, c'est la preuve que vous deux n'êtes pas faits pour vivre ensemble. Le sexe est important dans un couple, c'en est même la base, le pilier, le socle… Appelle ça comme tu veux, mais deux individus qui ne baisent pas ensemble ne peuvent tout simplement pas former une union harmonieuse.

- Et comment pourrait-on qualifier ton couple ?

- Je n'ai jamais affirmé que mon couple était un exemple à suivre. Loin de là. Tu l'aimes ?

- Voilà une autre question qui sort de nulle part. Tu en as beaucoup d'autres des comme ça ?

- Suffisamment pour que tu restes aussi longtemps que je le souhaite, avoua Draco avec son plus beau sourire.

- Les sentiments et moi ça fait deux.

- Cette réponse n'est pas digne de celui-qui-a-survécu-deux-fois, plaisanta le blond. Néanmoins, je n'insisterai pas plus. Même le héros du monde sorcier a le droit d'avoir ses petits secrets.

- Je t'en suis reconnaissant. C'est donc pour parler de banalités que tu voulais me voir ?

- Je pourrais te répondre que tu es incompatible avec la banalité, mais je vais m'en tenir à un simple oui. Je voulais voir ce qu'était devenu Saint Potter le survivant.

- Aurais-tu l'amabilité d'arrêter avec tous ces surnoms. Tu es bien le seul à m'appeler de la sorte.

- Alors je continuerai. Ne compte pas sur moi pour faire comme les autres, Potter !

- Génial ».

Draco remarqua que la lune était magnifique ce soir-là. Silencieusement, ils se mirent d'accord pour rebrousser chemin. Le trajet du retour fut tout aussi passionnant que celui de l'aller. Aucun des deux n'engagea la discussion, chacun repensait à ce qu'avait confié l'autre au sujet du sexe. Harry n'aurait jamais pensé déballer un jour devant son pire ennemi ce qu'il faisait ou plutôt ce qu'il ne faisait plus avec Ginny. Pourtant, celui lui avait semblé tellement naturel de se confier. Il en avait eu besoin. C'était difficile de ne pas se sentir désiré et partager cette souffrance l'avait rapproché du blond. Il était très étonné que quelqu'un comme Draco rencontrât le même problème que lui qui n'avait jamais été doué avec la gente féminine. Comme quoi tout pouvait arriver.

Ils se retrouvèrent bien vite devant la maison du fonctionnaire du Ministère de la Magie qui regrettait déjà de retrouver la chaleur de son foyer. Il ne voulait pas rentrer, mais le moment n'était pas au caprice. Il était deux heures passé et, même s'il ne travaillait pas le dimanche, il devait aller se coucher. Il devait retrouver Pansy qui ne s'était pas aperçu de son absence. Heureusement !

« Il est temps de se dire au revoir, Malfoy.

- Oui, souffla Draco en regardant une dernière fois le ciel étoilé. Quand penses-tu que…

- Bientôt. Je ferai en sorte de revenir le plus vite possible ».

Harry se voulait rassurant. Il sourit une dernière fois puis transplana. La rue était à présent déserte. Draco ne s'était jamais senti aussi seul qu'à ce moment même. Pourtant, il avait le cœur léger, très léger. Il était heureux. C'était comme s'il respirait à nouveau après avoir eu la tête plongée dans l'eau.

Harry transplana en bas de chez lui. Il monta les escaliers sans faire de bruit et retrouva Ginny endormie. Il se déshabilla puis se glissa sous les couvertures, côté fenêtre. Les rideaux n'étaient pas tirés alors il en profita pour regarder le ciel. Le sommeil ne tarda pas à venir l'emporter et ce fut avec le sourire aux lèvres qu'il s'endormit. Pour la première fois depuis longtemps, Harry Potter passa une bonne nuit.

Jeudi 3 novembre, Londres.

« Je t'ai manqué à ce point, railla Draco lorsqu'il traversa la route.

- Je peux toujours repartir, ne l'oublie pas, répliqua Harry sur la défensive.

- Si on ne peut plus plaisanter, Potter. Aurais-tu passé une mauvaise journée ?

- Elle était exécrable, effectivement. Je n'en parlerai pas, je suis venu passer un bon moment en ta compagnie. J'aurais droit au bilan et autres reproches demain matin au Ministère.

- Oh oh ! Cela a donc un rapport avec ta dernière mission en Australie. Les koalas t'auraient-ils attaqué ?

- Décidément, tu es très drôle. Tu devrais songer à faire carrière comme clown.

- J'ignore ce qu'est un ''clown'', mais ça ne semble pas flatteur.

- C'est surtout incompatible avec ton nom, Malfoy ».

Harry rit à gorge déployée, alors que Draco le dévisageait. Il se renseignerait plus tard au sujet du clown. En attendant, il avait décidé de ne pas contrarier le Gryffondor et de profiter de sa présence.

« J'ai déjà trompé Ginny, avoua Harry alors qu'il faisait face à la Tamise. Deux fois. La première fois, je suis allée jusqu'au bout avec la demoiselle. Je n'ai pas su en faire autant la seconde fois.

- C'est-à-dire ? Tu n'en avais plus envie ?

- Non, rien à voir. J'ai débandé.

- Sympa. J'ai une sale image dans ma tête, Potter. Je t'avais pourtant confié ne pas être friand de ce genre de détails.

- Tu fais ta prude, Malfoy.

- Ferme ta gueule, Potter. Moi, au moins, je n'ai pas la queue qui se ramollit en présence d'une donzelle comme on en rencontre tous les jours.

- Pas étonnant, personne ne te touche, cracha Harry.

- C'est bas, Potter, surtout venant de toi. Sache qu'il y a des femmes qui désirent coucher avec moi, pour ce que je suis, et non pour ma soi-disant célébrité.

- Le grand frisson d'avoir un rapport sexuel avec quelqu'un qui porte la marque des ténèbres, je suppose…

- Tu es pathétique, asséna Draco. Moi qui pensais que tu pouvais me comprendre, je m'étais trompé.

- Toujours dans la demi-mesure ! Ce n'est pas la peine de t'emporter.

- Merci du conseil, j'y penserai à l'avenir.

- Arrête, je n'aime pas me disputer avec toi. Je n'aime plus ça. Cela me met mal à l'aise, justifia Harry en l'empoignant. Je n'ai pas envie de me prendre la tête avec toi. Pas ce soir, s'il te plaît. Je suis désolé de t'avoir vexé.

- Je te crois, dit Draco tout bas. Si tu veux savoir, j'ai déjà flirté avec d'autres femmes que Pansy. Je n'ai jamais été plus loin que les préliminaires. Je n'en avais plus envie sur le moment ».

Harry avait toujours vu Draco comme un individu asexuel dont le seul plaisir consistait à humilier l'autre. Un genre de sadique qui n'avait cessé de le fasciner. Cependant, à la suite de ces révélations, l'Auror ne le voyait plus habillé en Préfet de Serpentard, les traits tirés en un sourire méprisant, la langue sifflant des injures et le regard lançant des éclairs. Il le voyait davantage comme un être humain brisé.

« Il fait de plus en plus froid. La prochaine fois, on se verra chez moi, dit Harry la tête ailleurs.

- Ginny risque d'être sacrément heureuse de me voir, dit Draco sur le ton de l'ironie.

- Je ferai en sorte qu'elle ne soit pas là. La coupe du monde de Quidditch l'occupe beaucoup en ce moment. Nous serons ainsi au chaud, à moins que tu ne préfères marcher...

- Tu repars bientôt ?

- Demain soir. Je serai de retour dans quatre semaines, le premier jeudi du mois prochain. Tu devras patienter plus longtemps que la dernière fois.

- Je ne t'ai rien demandé, Potter.

- Garde la tête froide, Malfoy ».

Puis Harry repartit comme il était venu, silencieusement. Draco ferma les yeux et porta sa main à sa poitrine. La situation ne s'améliorait pas, elle empirait. Il savait pertinemment que ces rendez-vous les conduiraient à franchir le point de non-retour. Qu'importe ! Draco aimait jouer avec le feu. Draco était prêt à se jeter corps et âme dans une aventure d'un soir. Draco faisait fi de la raison, seul son cœur importait. Il le désirait. Il voulait que Potter s'abandonne à lui, entièrement. Que Potter l'embrasse. Que Potter se déshabille pour lui. Que Potter soit dans le même lit que lui. Et il savait que Potter désirait la même chose. Au moins pour une nuit.

Et cette nuit apparaissait de plus en plus concrète dans l'esprit de Draco. Une date semblait avoir été décidée. Le premier jeudi du mois de décembre. Le blond était impatient, euphorique et paniqué. Ce serait la première fois qu'il tromperait sa copine de la sorte, la première fois qu'il toucherait un homme et pas n'importe lequel, s'il-vous-plaît. Il serait intime avec Potter, le sauveur de l'humanité. Celui-là même que son père avait détesté, celui que Voldemort avait tenté de détruire et celui que Draco n'avait cessé de jalouser.

Mais que s'apprêtait-il à faire ?

Ginny était assise dans la cuisine quand Harry pénétra dans l'appartement. Il fut plus que surpris de la trouver debout. Elle le fixa avec froideur comme elle savait très bien le faire. Harry ne soutint pas son regard et tourna la tête. La rousse vint se planter devant lui, les pieds bien ancrés au sol et l'empêcha de se rendre dans une autre pièce.

« Où étais-tu passé ? Je me suis réveillée et tu n'étais pas dans le lit.

- Je me suis promené.

- En plein milieu de la nuit ?

- Comme tu peux le voir, oui.

- Pourquoi ?

- J'en avais envie.

- Seul ?

- Tous mes amis dorment à cette heure ».

Ginny n'insista pas plus et mit le comportement étrange de son futur époux sur le dos de sa dernière mission. Elle ne trouvait pas non plus le sommeil ces derniers temps à cause du prochain match de Quidditch qui la stressait particulièrement. Elle avait tendance à se réveiller plusieurs fois dans la nuit depuis quelques jours.

Harry se sentit obligé de l'embrasser sur le front pour la réconforter. Ginny en profita pour renifler son cou. Elle ne perçut ni odeur féminine ni odeur étrangère. Elle était rassurée. Non pas qu'elle croyait Harry capable de la tromper, mais elle n'appréciait pas que d'autres, en dehors de ses meilleurs amis et elle-même, l'approchent. Elle était de nature possessive et jalouse. Son caractère bien trempé avait réussi à tenir à l'écart une bonne partie de ses fans hystériques. Aucune demoiselle ne voulait provoquer Ginny sous peine de recevoir un sort. La jeune Weasley était assez fière de la crainte qu'elle inspirait aux personnes du même sexe. Elle était certaine qu'aucune autre femme ne pouvait s'emparer d'Harry. Aucune autre qu'elle ne pouvait le combler et le rendre heureux. Et Merlin, merci ! De plus, Harry ne fréquentait qu'une poignée de Sorcières et de Moldues. Sa carrière d'Auror l'obligeait à être uniquement en contact avec des hommes. Et Ginny savait qu'Harry n'était pas de l'autre bord.

Harry quitta la cuisine le cœur un plus léger. Sa compagne ne se doutait de rien et c'était tant mieux. S'il lui avait raconté qu'il rejoignait Malfoy la nuit, elle serait sortie de ses gonds. Draco faisait partie des gens qu'elle détestait le plus. Ces deux familles ne s'étaient jamais entendues et n'étaient pas faites pour s'entendre, comme aimait à le répéter Ron. Si Molly considérait Harry comme l'un de ses enfants, Harry n'en restait pas moins un Potter et non un Weasley. Certes, la relation avec Draco ne s'était pas présentée sous les meilleurs auspices, mais Harry n'avait-il pas appris tout au long de sa scolarité à approcher le danger ? À vivre au milieu d'un environnement hostile ? Qui d'autre que Draco incarnait le mieux ce passé tumultueux qui avait fait de lui un être sans repère ? Harry voulait goûter à nouveau à toutes ces épreuves. Harry voulait goûter Draco. Harry voulait Draco. Au moins pour une nuit.