Alors oui, ce chapitre arrive plutôt (et je ne crois pas que ça vous dérange haha), car je me suis rappelé que ce week-end, je ne suis pas chez moi.
Ensuite, merci à tous pour vos reviews ! Ils me touchent :)
S'IL VOUS PLAIT, LISEZ LA NOTE EN FIN DE CHAPITRE ! C'EST TRES IMPORTANT!
Sur ce, bonne lecture.
Il portait une cravate gris argent et une chemise d'un blanc immaculé. Cette absence de couleur soulignait le noir de ses iris. Il se tenait là, tranquillement, la veste ouverte, les mains dans les poches de son pantalon, et j'eus l'impression de me heurter à un mur.
Je m'immobilisai, le regard rivé sur cet homme qui était encore plus beau que dans mon souvenir. Je n'avais jamais vu des cheveux d'un noir aussi profond. Brillants, et un peu longs, il les avait relevés – comme Kiba me l'avait fait, et les pointes effleuraient le col de sa veste. Une longueur sexy grâce à laquelle le côté bad boy l'emportait sur le côté businessman, pourtant affirmé – la crème Chantilly couronnant un sundae chocolat-caramel. Une coupe de cheveux de pirate ou de libertin, aurait dit ma mère.
Je dus serrer les poings pour résister à l'envie de les toucher, histoire de vérifier s'ils étaient aussi soyeux qu'ils en avaient l'air.
Les portes commencèrent à se refermer. Il s'approcha du panneau de commande et appuya sur le bouton qui les maintenait ouvertes.
- Il y a assez de place pour deux, Naruto.
Le son de cette voix aussi enveloppante qu'implacable me sortit de ma torpeur. Comment connaissait-il mon nom ?
Je me souvins alors qu'il avait ramassé mon badge dans le hall, la veille. L'espace d'un instant, je fus tenté de lui dire que j'attendais quelqu'un, mais la part rationnelle de mon esprit s'y refusa.
Qu'est-ce qui me prenait ? De toute évidence, cet homme travaillait au Uchiwafire Building. Je ne pourrais pas l'éviter chaque fois que je l'apercevrais, et pourquoi le ferai-je, du reste ? Si je voulais être en mesure de poser les yeux sur lui sans risquer de m'évanouir, je devais accepter de le croiser assez souvent pour finir par le considérer comme un élément du décor.
Doux rêve !
Je pénétrai dans la cabine d'un pas résolu.
- Merci.
Il relâcha le bouton et recula. Les portes se refermèrent et l'ascenseur amorça sa descente.
Je regrettai instantanément ma décision. La conscience aiguë de sa présence déclencha en moi un irrépressible frisson. Dans cette espace clos, son énergie, son magnétisme étaient si palpables que ma respiration et les battements de mon cœur s'affolèrent. Je me mis à me dandiner sur place. J'étais de nouveau la proie de cette inexplicable attraction, comme si mon corps répondait instinctivement à un ordre silencieux qui émanait de lui.
- Cette première journée s'est bien passée ? S'enquit-il, m'arrachant un sursaut.
Comment savait-il que c'était ma première journée ?
- Oui, répondis-je d'un ton égal. Et la vôtre ?
Sentant son regard glisser sur mon profil, je maintins obstinément les yeux fixés sur les portes d'aluminium poli de la cabine. Mon cœur tambourinait dans ma poitrine. J'avais l'impression de perdre pied.
- Ce n'était pas la première, répliqua-t-il d'un ton légèrement amusé, mais elle fut productive. Et il semblerait que cela se confirme.
Je hochai la tête avec un sourire machinal alors que je n'avais pas la moindre idée de ce que cela était censé signifier. La cabine s'arrêta au douzième étage et trois personnes qui discutaient avec animation y entrèrent. Afin de leur faire de la place, je battis en retraite dans l'angle le plus éloigné de M. Noir Danger. Hélas, celui-ci m'imita, si bien que nous nous retrouvâmes encore plus près l'un de l'autre.
Il ajusta le nœud pourtant impeccable de sa cravate, m'effleurant le bras au passage. Je pris une profonde inspiration, puis tâchai de l'ignorer en me concentrant sur la conversation qui se déroulait devant nous. Impossible. Sa présence était trop obsédante... J'eus beau faire, mes pensées m'échappèrent et je commençai à fantasmer sur la fermeté de son corps, la douceur de sa peau, les proportions de son sexe...
Quand l'ascenseur atteignit le rez-de-chaussée, je réprimai de justesse un gémissement de soulagement. J'attendis non sans impatience que les autres occupants de la cabine sortent, puis leur emboîtai le pas. J'avais à peine amorcé un mouvement qu'il posa la main au creux de mes reins et sortit à ma suite. Je ressentis ce contact avec une acuité inouïe.
Quand nous atteignîmes les tourniquets, sa main s'écarta, et j'éprouvais un étrange sentiment d'abandon. Je lui jetai un coup d'œil. Il me regardait, mais son visage demeurait impénétrable.
- Naru !
La vision de Kiba, nonchalamment appuyé contre une colonne de marbre, fit tout basculer. Il portait un jean moulant et un ample pull marron clair assorti à la couleur de ses yeux. Il n'avait aucun effort à faire pour attirer l'attention des personnes qui traversaient le hall. Je ralentis le pas en arrivant à sa hauteur. M. Noir Danger nous dépassa, franchit la porte à tambour et se glissa sur la banquette arrière du SUV noir que j'avais vu la veille stationner devant la porte.
Kiba émit un long sifflement quand la Bentley démarra.
- Si je me fie à la façon dont tu le suis des yeux, c'est le type dont tu m'as parlé hier soir, pas vrai ?
- Oui, c'est lui.
- Tu bosses avec lui ? Demanda-t-il en glissant son bras sous le mien pour m'entraîner vers la sortie.
- Non, dis-je. Je ne sais pas qui c'est, mais il a voulu savoir si ma première journée s'était bien passée, alors je ferais bien de me renseigner.
- Je me demande comment on peut aller travailler à côté d'un type pareil, commenta Kiba. Rien que de le regarder passer, j'ai eu l'impression que mes neurones grillaient.
- Je crois qu'il produit cet effet-là sur tout le monde, déclarai-je. On y va ! J'ai besoin d'un verre.
°W°W°W°W°
Lorsque je me réveillai le lendemain matin, une pulsation moqueuse à l'arrière du crâne me rappela douloureusement les quelques verres de trop avalés la veille. Pourtant, tandis que je m'élevais en direction du vingtième étage de l'UchiwaFire, je ne ressentis aucun remords. J'avais eu le choix entre une cuite modérée et une séance main/sexe, et il était hors de question que je jouisse en pensant à M. Noir Danger. Non pas qu'il y ait le moindre risque qu'il apprenne dans quel état il me mettait (ou qu'il s'en soucie, du reste). Non, si je m'y étais refusé, c'était uniquement pour résister au fantasme qu'il m'inspirait.
Je laissai tomber mes affaires dans le tiroir du bas de mon bureau et, quand je vis que Neji n'était pas encore arrivé, j'allai me chercher un café avant de me connecter à mon blog de pub préféré.
- Naruto !
Je sursautai quand il surgit près de moi, un sourire radieux aux lèvres.
- Bonjour, Neji.
- Ce jour est plus que bon, Naruto. Je crois que tu me portes chance ! Viens dans mon bureau avec ta tablette. Tu peux rester plus tard, ce soir ?
J'attrapai ma tablette et lui emboîtai le pas, galvanisé par son excitation.
- Oui, bien sûr.
- Tant mieux, lâcha-t-il en se laissant tomber dans son fauteuil.
Je m'assis à mon tour et m'empressai d'ouvrir mon logiciel bloc-notes.
- Figure-toi que la vodka Kingsman a lancé un appel d'offres et qu'ils ont cité mon nom. C'est la première fois que ça m'arrive.
- Félicitations !
- Merci, mais tu me féliciteras quand j'aurai décroché le contrat. Rien ne garantit que notre proposition soit retenue. Ils veulent me rencontrer demain soir.
- Les délais sont toujours aussi courts ?
- Non, normalement, on attend la fin de l'appel d'offres. Il se trouve que Uchiwa Industries vient tout juste d'acheter Kingsman et possède une ribambelle de filiales, dont des agences de pub. Si on trouve un accord rapidement, ça arrangera tout le monde. Ils le savent et veulent nous tester. Première étape : l'entretien individuel.
- Normalement, toute l'équipe devrait être convoquée, non ?
- Oui, mais ce sont des pros. Ils savent très bien qu'une équipe dirigée par un senior leur vendra un concept et qu'au bout du compte, ils se retrouveront en face d'un chef de projet junior dans mon genre – du coup, ils m'ont choisi et veulent me passer sur le gril. Le bon côté des choses, c'est qu'à ce stade des négociations, l'appelant fournit bien plus d'informations qu'il n'en demande en retour. C'est une simple formalité ; je ne peux pas leur reprocher de se montrer exigeants. Ils sont simplement prudents. C'est le cheminement logique quand on traite avec un groupe aussi puissant que Uchiwa Industries.
Il se passa la main dans les cheveux, trahissant sa nervosité.
- Qu'est-ce que tu penses de la vodka Kingsman ?
- Heu... Eh bien... pour être franc, je n'en ai jamais entendu parler.
Neji se laissa aller contre le dossier de son fauteuil et s'esclaffa.
- Dieu merci ! Je craignais d'être le seul. Donc, si personne ne la connaît, l'avantage, c'est qu'elle ne souffre pas d'une mauvaise réputation. Pas d'image, bonne image.
- En quoi puis-je t'aider ? En plus de faire des recherches sur la vodka et de rester plus tard.
Il pinça les lèvres tandis qu'il réfléchissait à la question.
- Commence par noter ça...
Nous nous lançâmes à corps perdu dans le travail sans même nous interrompre pour déjeuner. Et nous y étions encore longtemps après que le bureau se fut vidé, passant en revue les informations communiquées par les stratèges de campagne. Un peu après 19 heures, la sonnerie du téléphone de Neji rompit si brusquement le silence que je sursautai.
Neji activa le haut-parleur tout en continuant à travailler.
- Salut, toi, dit-il.
- As-tu seulement pensé à nourrir ce pauvre garçon ? S'enquit une chaleureuse voix masculine.
Neji leva les yeux et me jeta un coup d'œil à travers la paroi vitrée de son bureau.
- Heu... j'ai complètement oublié.
Je détournai le regard et me mordis la lèvre pour réprimer un sourire. Un ricanement s'éleva dans le haut-parleur.
- Ça ne fait que deux jours qu'il bosse et non content de l'exploiter, tu le laisses mourir de faim ! Il va te plaquer, tu sais.
- Merde, tu as raison. Dei, mon trésor...
- Il n'y a pas de « mon trésor » qui tienne. Est-ce qu'il aime la cuisine chinoise ?
Je levai les deux pouces.
- Il adore, répondit Neji.
- Parfait. Je serai là dans vingt minutes. Préviens la sécurité de mon arrivée.
Vingt minutes plus tard exactement, j'actionnai l'ouverture de la porte vitrée depuis le comptoir de l'accueil pour laisser entrer Deidara Asuka*. C'était un véritable colosse. Vêtu d'un jean foncé et d'une chemise impeccablement repassée, il était chaussé de grosses bottes de travail. Blond, le regard bleu rieur, il était très différent de son compagnon. Nous prîmes place tous les trois autour du bureau de Neji pour déguster du poulet kung pao et du bœuf aux brocolis accompagné de riz gluant.
J'appris que Deidara était entrepreneur, et que Neji et lui étaient en couple depuis l'université. Il était originaire du Yorkshire de l'Ouest tandis que son conjoint était du Tokyo, au Japon. Dei avait décidé de poursuivre sa carrière ici, à New York, et Neji l'avait suivi. Leur façon d'être ensemble suscita en moi une admiration teintée d'envie. Leur relation semblait aller de soi si bien que c'était un bonheur de passer du temps en leur compagnie.
- Tu as un bel appétit, dis-moi, commenta Dei comme je me resservais pour la troisième fois. Où est-ce que tu mets tout ça ?
- Je l'emmène au gymnase avec moi, répondis-je avec un haussement d'épaules.
- Ne fais pas attention à lui, intervint Neji. Il est simplement jaloux. Il surveille de très près sa silhouette de jeune fille.
- Je devrais l'emmener manger avec mes ouvriers. Je pourrais gagner gros en pariant sur les quantités de nourriture qu'il est capable d'ingurgiter.
- Ça pourrait être amusant, répondis-je.
- Je me doutais que tu avais un grain de folie. Je l'ai tout de suite perçu dans ton sourire.
Je me concentrai sur ma nourriture, refusant de laisser mes pensées dériver du côté des folies que j'avais pu commettre au cours de ma phase rebelle et autodestructrice. Neji vint à mon secours.
- Cesse de harceler mon assistant, Dei, lâcha-t-il. Que sais-tu du grain de folie des gens, de toute façon ?
- Je sais que certaines personnes apprécient la compagnie des homosexuels. Surtout les femmes je crois... elles aiment bien notre façon de voir les choses, répliqua Deidara. Et je sais deux ou trois choses aussi... Hé ! Pas la peine de prendre ces mines offusquées, vous deux. J'ai eu envie de vérifier si la réputation de la sexualité hétérosexuelle était justifiée, c'est tout.
Visiblement, Neji n'était pas au courant des incursions de son compagnon dans ce domaine mais, à en juger par son demi-sourire, il avait suffisamment confiance en Deidara pour s'en amuser.
-Vraiment ?
-Et quelle a été ta conclusion ? Demandai-je.
Dei haussa les épaules.
- Je n'irais pas jusqu'à dire qu'elle est surfaite parce que je n'en ai eu qu'un bref aperçu. Je suis toutefois en mesure d'affirmer que je peux très bien m'en passer.
- Étant donné ton mode de vie actuel, observa Neji en saisissant un bouquet de brocoli entre ses baguettes, je dirais que c'est une excellente chose.
-Ne te vexe surtout pas Naruto.
-Ne t'en fais pas Deidara. Je suis moi aussi homosexuel, le rassurai-je.
Dei s'affaissa sur son fauteuil en soupirant de soulagement.
- Oh, dit Neji en me faisant un clin d'œil.
- Tu vois Nejichou, que j'avais raison d'être jaloux, décréta-t-il.
Une fois notre dînette achevée, il était plus de 20 heures et les employés chargés de l'entretien commençaient à investir les lieux.
- Tu veux que je vienne plus tôt demain matin ? Proposai-je à Neji.
Dei donna un coup d'épaule à ce dernier.
- Toi, tu as dû faire quelque chose de vraiment bien dans ta vie antérieure pour avoir décroché une telle perle.
- Te supporter dans celle-ci suffit amplement, rétorqua Neji, pince-sans-rire.
- Hé ! S'insurgea Deidara. Je suis un garçon très bien élevé. Je veille toujours à baisser le siège des toilettes.
Neji me lança un coup d'œil faussement exaspéré, débordant visiblement d'affection pour son compagnon.
- Et tu peux m'expliquer en quoi c'est utile chez nous ?
°W°W°W°W°
Neji et moi passâmes toute la journée du jeudi à préparer son rendez-vous avec l'équipe de Kingsman, prévu à 16 heures. Nous mangeâmes sur le pouce en discutant avec deux créatifs qui participeraient au pitch le moment venu, puis passâmes en revue les sites et les réseaux sociaux mentionnant Kingsman.
À 15 h 30, je sentis la nervosité me gagner parce que je savais que la circulation serait infernale, mais Neji continua de travailler comme si de rien n'était après que je lui eus signalé que l'heure approchait. À 15 h 45, il émergea de son bureau, le sourire aux lèvres, tout en enfilant sa veste.
- Tu m'accompagnes, Naruto, annonça-t-il.
- Tu crois ? Répondis-je en battant des cils.
- Tu as travaillé dur pour m'aider à préparer cet entretien, non ? Tu n'es pas curieux de voir comment ça va se passer ?
- Si, bien sûr, répondis-je en me levant d'un bond. Merci, Neji.
Sachant l'importance que revêtait l'apparence dans ce genre d'entretien, je lissai mon pantalon crayon noire et tirai sur les poignets de ma chemise de soie écarlate. Par heureux hasard, celle-ci était assortie à la cravate de Neji.
Nous rejoignîmes l'ascenseur, et je fus pris de court en constatant que la cabine s'élevait au lieu de descendre. Au dernier étage, nous débouchâmes sur un palier autrement plus vaste que celui du vingtième. Des paniers suspendus garnis de lys et de fougères s'échappait un délicieux parfum, et sur la porte de verre fumé étaient gravés les mots UCHIWA INDUSTRIES.
Une fois le seuil franchi, on nous demanda de patienter un instant. Nous refusâmes l'un et l'autre les rafraîchissements qui nous furent proposés, et moins de cinq minutes après notre arrivée, une hôtesse nous escorta jusqu'à une salle de conférences.
Neji tourna vers moi un regard pétillant tandis que l'hôtesse refermait la main sur la poignée de la porte.
- Paré ?
- Paré, répondis-je.
La porte s'ouvrit et Neji s'effaça pour me laisser passer. Le sourire avenant que j'avais pris soin de plaquer sur mes lèvres se figea à la vue de l'homme qui venait de se lever pour nous accueillir.
Je m'étais immobilisé si brutalement que Neji me heurta, m'envoyant chanceler en avant. M. Noir Danger me saisit par la taille et m'attira contre lui. Mes poumons se vidèrent d'un coup, et le peu de bon sens que je possédais encore disparut dans la foulée. Sous mes paumes, ses biceps étaient d'une dureté minérale, son abdomen aussi rigide qu'une planche contre le mien. Il inspira, et les pointes de mes tétons durcirent, stimulées par le frottement de son torse.
Oh non ! J'étais maudit. Une suite d'image crépita dans mon esprit, illustrant les mille et une manières dont je pouvais tituber, trébucher, glisser, tomber, m'affaler et m'étaler devant ce dieu du sexe au fil des jours, des semaines et des mois à venir.
- Rebonjour, murmura-t-il, la vibration de sa voix se répercutant dans tout mon corps. C'est toujours un plaisir de tomber sur vous, Naruto.
Je rougis, partagé entre la honte et le désir, incapable de m'écarter de lui malgré la présence de deux autres personnes dans la salle. Le regard ouvertement sensuel dont il m'enveloppait ne m'aidait pas vraiment.
- Désolé pour cette entrée, monsieur Uchiwa, s'excusa Neji dans mon dos.
- Il n'y a pas lieu d'être désolé, monsieur Hyuuga. C'était une entrée mémorable.
Je chancelai sur mes bexley quand Uchiwa s'écarta. Il portait un costume noir et une chemise et une cravate gris pâle. Et il était beaucoup trop séduisant, comme d'habitude.
Quel effet cela faisait-il de se savoir aussi spectaculairement beau ? Impossible d'aller où que ce fût sans causer une émeute.
Neji vint spontanément à la rescousse pour m'aider à retrouver l'équilibre.
Le regard de l'Uchiwa demeura rivé sur la main que Neji avait glissée sous mon coude jusqu'à ce qu'il me lâche.
- Bien. Parfait, déclara mon chef en reprenant contenance. Permettez-moi de vous présenter mon assistant, Naruto Uzumaki.
Encore mal remis de mes émotions, je me tournai vers Neji en quête de soutien.
Uchiwa se pencha davantage vers moi.
- Asseyez-vous, Naruto, ordonna-t-il tranquillement.
Neji approuva un léger hochement de tête, mais j'étais en train de m'asseoir, mon corps ayant obéi d'instinct à l'ordre du ténébreux avant même qu'il ait atteint mon esprit et que ce dernier ait le temps de se rebeller.
Au cours de l'heure qui suivit, alors que l'Uchiwa et les deux cadres de chez Kingsman bombardaient Neji de questions, je dus faire de gros efforts pour ne pas me tortiller sur mon siège. Les cadres en question étaient des femmes, deux belles blondes élégantes en tailleur pantalon. Celle en tailleur framboise semblait particulièrement désireuse d'attirer l'attention de l'Uchiwa tandis que sa collègue, en tailleur crème, se concentrait sur mon patron. Tous trois parurent impressionnées par l'habileté de Neji à leur démontrer que le travail fourni par l'agence accroîtrait significativement le prestige de la marque.
À l'évidence, Uchiwa dominait l'échange, et j'admirai le calme dont Neji fit preuve sous la pression que ce dernier exerçait sur lui.
- Bien joué, monsieur Hyuuga, le félicita le PDG d'UchiwaFire quand vint le moment de conclure. Je suis impatient de découvrir votre projet. Qu'est-ce qui vous inciterait à essayer la vodka Kingsman, Naruto ?
Pris de court, je battis des paupières.
- Je vous demande pardon ?
L'intensité de son regard me transperça, et mon respect pour Neji, qui avait supporté le poids de ce regard braqué sur lui pendant plus d'une heure, s'en trouva accru.
Uchiwa avait fait pivoter son fauteuil de façon à me faire face. Son bras droit reposait sur le bois lisse du bureau que ses longs doigts élégants tapotaient en rythme. Pour une raison inexplicable, le ruban de peau doré, semé de poils mi-clairs mi-sombres, qu'on apercevait au ras de sa manche de chemise retint mon attention. Il était tellement... viril.
- Lequel des concepts suggérés par Neji préférez-vous ? S'enquit-il.
- Je pense qu'ils sont tous excellents.
- Je peux demander à tout le monde de quitter la pièce pour que vous me donniez une opinion sincère, s'il le faut, déclara-t-il en conservant une expression imperturbable.
Mes doigts se replièrent sur les accoudoirs de mon siège.
- Je viens de vous la donner, monsieur Uchiwa, mais, si cela vous intéresse, je suis persuadé qu'un produit symbolisant luxe et sensualité à moindre coût est susceptible de plaire au plus grand nombre. Cela dit, je n'ai pas les compét...
- Je suis d'accord, me coupa-t-il en se levant. Vous voyez quelle direction creuser, monsieur Hyuuga. Nous nous reverrons la semaine prochaine.
Je restai interdit face à cette accélération des événements, puis jetai un coup d'œil à Neji, qui semblait partagé entre joie et stupéfaction.
Je me levai à mon tour et me dirigeai vers la porte, conscient de la présence de l'Uchiwa à mes côtés. Sa façon de se mouvoir, cette grâce associée à une économie de mouvements m'excitaient, il fallait l'avouer. Uchiwa incarnait jusqu'au bout des ongles l'amant expert et exigeant. Il devait si bien s'y prendre que les femmes – et les hommes qui sait, devaient lui donner ce qu'il voulait avant même qu'il le leur demande.
Il nous accompagna jusqu'à la rangée d'ascenseurs tout en parlant vaguement de sport avec Neji, mais j'étais trop concentré sur la façon dont mon corps réagissait à sa proximité pour m'intéresser à la conversation. Quand l'ascenseur arriva enfin et que les portes coulissèrent, je laissai échapper un soupir de soulagement et m'empressai de pénétrer dans la cabine en même temps que Neji.
- Un instant, Naruto, m'arrêta le ténébreux en m'attrapant par le coude. Il vous rejoint tout de suite, ajouta-t-il à l'attention de Neji tandis que les portes de l'ascenseur se refermaient sur le visage ahuri de mon patron.
L'Uchiwa demeura silencieux le temps que l'ascenseur amorce sa descente.
- Tu couches avec quelqu'un ? Demanda-t-il en pressant de nouveau le bouton d'appel.
La question avait été posée avec une telle désinvolture que je mis un moment à comprendre et que je ne réalisai même pas qu'il m'avait tutoyé.
Je pris une brève inspiration.
- En quoi cela vous regarde-t-il ?
Il me fixa et je retrouvai dans son regard ce que j'y avais vu lors de notre première rencontre – puissance hors norme et contrôle d'acier. Je reculai involontairement. Comme la première fois. Cette fois, cependant, je ne tombai pas à la renverse – j'étais en progrès.
- Cela me regarde parce que j'ai envie de coucher avec toi, Naruto. J'ai besoin de savoir quels obstacles se dressent entre toi et moi, si tant est qu'il y en ait. Et le fait que je sois un homme n'en est évidemment pas un. Je sais que tu es gay, Naruto.
La soudaine palpitation entre mes cuisses m'obligea à prendre appui contre le mur pour garder l'équilibre. Comment était-il au courant que j'étais gay ? Il tendit sa main, mais je l'arrêtai d'un geste.
- Peut-être que je ne suis pas intéressé, monsieur Uchiwa.
Une ombre de sourire passa sur ses lèvres. Seigneur, il pouvait être irrésistible...
J'étais dans un tel état de nerfs que la sonnerie annonçant l'arrivée de l'ascenseur me fit sursauter. De ma vie, je n'avais été à ce point excité, aussi brutalement attiré par un autre être humain, et je ne m'étais jamais sentie aussi grossièrement insulté.
Je pénétrai dans la cabine et me retournai pour lui faire face.
Il sourit.
- À bientôt, Naruto.
Les portes se refermèrent et je me laissai aller contre la rampe de cuivre en m'efforçant de retrouver mes esprits. Je n'y étais toujours pas parvenu quand elles s'ouvrirent sur Neji, qui arpentait à grands pas le palier du vingtième étage.
- Naruto, murmura-t-il en s'immobilisant, tu peux m'expliquer ce qui vient de se passer ?
- Je n'en ai pas la moindre idée.
Je poussai un long soupir. J'aurais aimé pouvoir raconter à Neji l'échange perturbant que je venais d'avoir avec l'Uchiwa, mais j'étais bien conscient que mon patron n'était pas l'exutoire idéal.
- Cela dit, quelle importance ? Ajoutai-je. Il a a été conquis par ta prestation, non ?
Un grand sourire éclaira ses traits.
- Je crois bien, oui.
- Comme dirait mon colocataire, il faut fêter ça. Veux-tu que je réserve une bonne table pour Deidara et toi quelque part ?
- Pourquoi pas ? Pure Food and Wine à 19 heures, s'ils arrivent à nous trouver une place. Sinon, je te laisse carte blanche.
Nous venions à peine d'atteindre le bureau de Neji que Michael Waters, Jade Field, et Roger Leaman – respectivement P-DG, directrice exécutive et vice-président – déboulaient.
Je regagnai discrètement mon espace de travail pour appeler le restaurant et leur demander de me dénicher une table pour deux. Après avoir tant et tant supplié, l'hôtesse finit par céder.
Je laissai un message sur la boîte vocale de Neji : « C'est vraiment ton jour de chance. Tu as une table pour deux à Pure Food and Wine à 19 heures. Bonne soirée ! »
°W°W°W°W°
- Il a dit quoi ? S'exclama Kib depuis l'autre bout du canapé, en élevant sa voix sur le dernier mot.
- Je sais, j'ai réagi comme toi, avouai-je avant d'avaler une gorgée du délicieux sauvignon dont j'avais fait l'emplette sur le chemin de retour. Et j'en suis encore à me demander si je n'ai pas imaginé cette conversation alors que j'étais bombardé par ses phéromones.
- Et alors ?
Je calai les pieds sous mes fesses et me blottis dans l'angle du canapé.
- Quoi, et alors ?
- Tu sais très bien quoi, Naru, répliqua-t-il.
Il récupéra son netbook sur la table basse et le posa sur ses jambes croisées.
- Tu vas conclure ou pas ?
- Je ne le connais pas ! M'insurgeai-je. Je ne connais même pas son prénom et il se permet de me balancer ça de but en blanc !
- Lui connaît le tien, me rappela-t-il tout en pianotant sur son clavier. Mais à quoi rime cette histoire de vodka ? Pourquoi avoir demandé ton patron ?
La main que je passais dans mes boucles s'immobilisa.
- Neji est très doué. Si Uchiwa a le moindre sens des affaires, il l'a remarqué et a décidé d'exploiter son talent.
- Je pense que son sens des affaires ne fait aucun doute, déclara Kiba en tournant l'écran de son netbook vers moi.
La page d'accueil de Uchiwa Industries s'y étalait, illustrée par une superbe photo de l'Uchuwafire Building.
- L'immeuble lui appartient, Naru. Sasuke Uchiwa en est le propriétaire.
Je fermai les yeux. Sasuke Uchiwa. Ce nom lui allait comme un gant.
- Il emploie des tas de gens parfaitement qualifiés pour gérer les campagnes de marketing de ses filiales. À mon avis, il n'a même pas l'embarras du choix.
- Tais-toi, Kiba.
- Il est beau, riche et bisexuel. Et il meurt d'envie de te prendre. Je ne vois pas où est le problème.
Je levai les yeux vers lui. Sasuke... Uchiwa... Danger... est bisexuel.
- C'est affreusement gênant. Je vais être amené à le croiser sans arrêt. Je n'ai pas l'intention de plaquer mon job, ce que je fais me plaît vraiment et je m'entends très bien avec Neji. Il m'a complètement impliqué dans le développement de ce projet et j'ai déjà beaucoup appris avec lui.
- Tu te souviens de ce que disait le Dr Travis à propos des risques calculés ? Quand ton psy te conseille de prendre un risque calculé, c'est que tu peux y aller. Tu sauras gérer, Naru. Vous êtes des adultes, Uchiwa et toi.
Il se concentra sur ses recherches Internet.
- Est-ce que tu savais qu'il n'a même pas trente ans ? Il en a vingt-huit, pour être précis. Il faut penser endurance sexuelle, Naruto.
- Moi c'est plutôt à sa grossièreté que je pense. Je me suis senti insulté par ses avances. J'ai horreur d'être perçu comme une bite sur pattes.
Kiba m'adressa un regard compatissant.
- Désolé, blondi. Tu es tellement solide, tellement plus fort que moi que j'ai tendance à oublier que traînes un bagage aussi lourd que le mien.
- La plupart du temps, je l'oublie aussi, répondis-je en détournant les yeux – je n'étais pas d'humeur à évoquer nos épreuves passées. Je n'en suis pas à demander qu'il m'invite à sortir avec lui en bonne et due forme, mais il y a quand même d'autres façons de faire savoir à un homme qu'on a envie de lui.
- Tu as raison. C'est un goujat arrogant. Fais-le saliver jusqu'à ce qu'il n'en puisse plus. Ça lui fera les pieds.
Je souris. Kiba a le don de me faire sourire en toutes circonstances.
- Je doute que quiconque soit jamais parvenu, pourtant c'est un fantasme qui a le mérite d'être amusant.
Il referma son netbook d'un claquement sec.
- Qu'est-ce que tu as envie de faire, ce soir ?
- J'envisageais d'aller faire un tour dans cette salle de krav maga, à Brooklyn.
Je m'étais renseigné sur cette discipline depuis ma rencontre avec Arthur Smith, et l'idée de me libérer du stress en pratiquant un sport de combat intense avait fait son chemin dans mon esprit.
Je savais bien que ce ne serait jamais aussi intense que de m'envoyer en l'air avec Sasuke Uchiwa, mais j'estimais que ce serait autrement moins dangereux pour ma santé mentale.
Voilà la fin du chapitre deux. J'espère que vous avez aimé ^^
*Nom de famille inventé ^^
IMPORTANT
Voilà, j'ai reçu ce review "Pourquoi ne pas remettre tous les chapitres déjà postés en une fois et pourquoi ne pas dire "à la semaine prochaine pour un chapitre inédit". Ça fait plus d'un an qu'on attend la suite, donc je suis assez agacée de devoir attendre encore 14 semaines pour espérer avoir enfin la suite. Mais bon, à dans 14 semaines." Après l'avoir lu, je me suis dit qu'elle ne doit pas être la seule à penser cela. Donc, j'aimerais votre avis. Soit, je fais comme j'ai dit donc poster un chapitre par semaine. Soit vous attendez 3/4 semaines et je vous poste tout les chapitres de 3 à 14 d'un coup... Pourquoi 3/4 semaines ? Car vendredi 04 septembre, je reprends les cours donc j'aurais moins de temps pour moi. Et donc, j'aurais moins de temps pour retranscrire.
Enfin bref, à vous de me dire ce que vous préférez.
Sur ce, à la prochaine :)
