Et voilà, je vous présente une seconde fiction sur Sherlock Holmes, mais dans une période proche de notre temps cette fois-ci. Dans cette fiction, tous les personnages sont identiques à ceux de la série, mais également avec la présence d'un OC : ce n'est pas le même OC que dans mon autre fiction, ici, il s'agit plutôt d'une parente des Holmes. Mais plutôt que de vous spoilez, je vous laisse découvrir. Bonne lecture !


John revenait juste d'Afghanistan. Et il venait de faire la rencontre de Sherlock Holmes. Drôle de personnage. Plutôt antipathique, mais le docteur Watson était quelqu'un de curieux. Alors il avait accepté de venir au 221B Baker Street. Et il fallait avouer que l'appartement avait du charme. Alors il s'était tourné vers celui qui s'auto-déclarait "détective consultant", afin de lui annoncer qu'il acceptait de faire une collocation avec lui, à la grande joie du grand brun, qui lui avait vivement serré la main.

Alors que John jetait un coup circulaire à ce qui allait devenir son appartement, une jeune fille sortit brusquement d'une pièce et se figea sur place en apercevant l'ancien soldat. Ce dernier songea que pour une petite fille, elle était déjà très belle. Elle devait avoir à peine 10 ans, et ses cheveux noirs lui tombaient sous les hanches. Sa peau était aussi livide que celle de Sherlock, mais son visage était parsemé de taches de rousseur. Elle était assez fine, et plutôt grande pour son âge. Finalement, ses yeux achevèrent de le convaincre sur sa filiation avec le sociopathe : deux iris bleus presque transparents le transpercèrent de part en part avant qu'elle ne se tourne vers le brun.

"- C'est qui lui ?" cracha-t-elle mesquinement.

"- Il s'appelle John Watson", rétorqua le blond d'un air vexé.

"- Je t'ai pas parlé à toi. Alors, c'est qui ?" renouvela-t-elle en plongeant ses yeux dans ceux de Sherlock qui les avait observés sans rien dire d'un air amusé.

"- Comme il vient de le souligner, il s'appelle John Watson. C'est notre colocataire, mon petit ange."

"- J'veux pas de colocataire."

"- Ne fais pas ta capricieuse, tu lui ressembles quand tu fais ça", souligna-t-il en souriant malicieusement.

Elle le fusilla du regard, et fit demi-tour avec grâce pour se diriger vers la pièce qu'elle avait précédemment quitté, non sans avoir récupéré deux cartons calés chacun sous un bras. La porte claqua. John laissa échapper un soupir agacé avant de passer une main dans ses cheveux. Il se tourna vers le détective, qui visiblement n'avait cure de ce qu'il venait de se passer. Il frappa le sol de sa canne.

"- Quelle petite peste !" s'exclama finalement John. "Et elle ne s'est même pas présentée !"

"- Elle s'appelle Angel Holmes", répondit le détective en observant son crâne de compagnie. "Mais ne lui en veut pas trop, elle a du mal avec les inconnus."

Le médecin se trouva surpris d'entendre le nom de Sherlock associé au prénom de la fillette. Qui eût cru qu'il avait une fille ? Certainement pas lui. Il soupira à nouveau -c'était bien sa journée, tiens-. Cependant, l'appartement lui plaisait, et peu importaient les réticences de la petite brune, elle n'allait pas dicter sa vie du haut de son mètre cinquante, après l'avoir vu deux secondes et demie ! Non mais ! Il sortit de l'appartement, non sans avoir prévenu le brun qu'il revenait avec ses maigres affaires pour s'installer dans la troisième chambre. Alors que la porte claquait derrière lui, l'autre homme soupira de désespoir avant de se diriger vers la chambre d'Angel. Il frappa doucement à la porte avant de rentrer, et sourit tendrement en la voyant jouer avec un squelette humain miniature sur son lit.

Il s'appuya contre la porte avant qu'elle ne daigne lui accorder de l'intérêt.

"- Je l'aime bien."

"- Ce n'est pas l'impression que tu lui as donné, en revanche, mon petit ange."

"- J'm'en fiche", affirma-t-elle en fronçant le nez. "Mais en tous cas", reprit-elle, "il a du répondant. C'est un cas d'étude intéressant."

"- C'est vrai. Il n'est pas très intelligent mais il n'a pas l'air compliqué."

Elle renifla dédaigneusement, et posa plus loin le squelette avant de perdre ses doigts dans sa chevelure brune. Sherlock s'approcha avant de s'assoir sur le bord du lit. Elle s'approcha de lui à son tour et posa sa main sur la sienne, tout en penchant la tête vers le côté. Elle fronça les sourcils, visiblement pour se concentrer.

"- Médecin militaire, non ? Et il revient de... d'Iran, peut être ? Il a été blessé, mais je pense que sa claudication est seulement psychosomatique. Et... il est célibataire, c'est sûr. Sinon il ne chercherait pas une collocation."

"- Tu as presque tout juste", la stoppa-t-il en souriant. "Il revient d'Afghanistan."

"- Je le savais", dit-elle en prenant un air sûr.

"- Bien sûr, Angel", pouffa-t-il discrètement.

Pas assez discrètement, visiblement, puisqu'elle dégagea brutalement sa main de la sienne avant d'entourer ses bras autour de ses jambes. Elle prit une moue boudeuse, et entrouvrit les lèvres pour parler à nouveau.

"- Et son téléphone lui a été offert par un proche, mais j'ai pas eu le temps de voir plus."

"- C'est déjà super. Moi", s'écria-t-il, "je crois que c'est son frère !"

"- Peut-être", soupira-t-elle en haussant les épaules.

Elle sauta de son lit, et jeta un coup d'œil aux murs de sa chambre. Ses grands yeux s'attristèrent avant qu'elle ne se décide à aller dans les bras de Sherlock. Il embrassa doucement son cuir chevelu en la serrant contre lui.

"- A ton avis", murmura-t-elle, "dans combien de temps mettra-t-il des caméras ?"

"- Angel..."

"- A ton avis ?"

Il soupira bruyamment en passant une main dans ses boucles brunes.

"- Tu sais aussi bien que moi qu'on sera sous surveillance toute la journée à la seconde où plus personne ne sera dans cet appartement."

"- Je le déteste", souffla-t-elle.

Il resserra son emprise sur elle. Elle était jeune, elle ne pensait pas ce qu'elle disait. Non, elle cherchait juste à attirer son attention par n'importe quel moyen. Il savait aussi que dans quelques jours, il viendrait pour dire à l'enfant de le suivre. Il n'avait pas envie que ce jour arrive, mais il arriverait. Il arrivait à chaque fois. Même si cette fois, Sherlock ne serait pas seul. Il ne serait plus seul. Il embrassa la tempe de la plus jeune avec douceur. Soudain, la porte d'entrée claqua et on entendit la voix de John appeler Sherlock. La petite brune sauta de ses bras avant de se diriger vers le salon, faisant grincer les dents du blond. Il tenait plusieurs cartons dans ses bras, et Angel lui en arracha un des mains. Il haussa les sourcils avec surprise.

"- Je vais te montrer ta chambre, John."

"- Heuuuu... Merci ?"

Surpris par ce changement de comportement pour le moins radical en plus de rapide, il supposa que Sherlock y était pour quelque chose avant que ce dernier ne secoue négativement la tête depuis le couloir. Non non. Il ne lui avait rien dit.

"- Arrête de penser si fort, tu me déranges", articula Angel en levant les yeux au ciel. "Je faisais simplement une étude sociologique, puisque Sherlock n'en fait jamais."

Elle termina sa tirade en les fusillant tous deux du regard avant de reprendre son chemin. Elle faisait une étude. Une étude sur la sociologie. Donc les caractères sociaux. Et elle avait 10 ans. Parfait. Mais... Attendez... Elle appelait son père Sherlock !? Par son prénom ?! Quelle drôle d'idée !

"- Tu..." balbutia-t-il. "Tu l'appelles Sherlock ?"

"- Bah c'est son prénom, comment veux-tu que je l'appelle ?"

"- Heuuu..."

Logique implacable. Sherlock était son prénom, pourquoi l'appeler autrement ? Le docteur serra la mâchoire. Quelle famille pour le moins étrange ! Il suivit néanmoins la fillette, qui commença à chantonner joyeusement en posant le carton sur l'imposant lit. Le médecin sourit. Elle avait beau être la fille de Sherlock, elle n'en était pas moins une petite fille.

"- Tu as une jolie voix."

"- C'est vrai ?!" s'exclama-t-elle en se tournant brutalement vers lui.

"- Heu... Bien sûr", affirma-t-il d'un air abasourdi. "On ne te l'a jamais dit ?"

"- Sherlock, oui. Mais c'est tout", murmura-t-elle d'un air triste.

"- Et ta maman ?"

"- Elle est morte."

La voix avait claqué avec froideur, son visage n'affichant aucune forme d'émotion. John commença à s'excuser d'un air gêné avant qu'Angel ne lève les yeux au ciel.

"- Tu n'as pas mon cerveau ou celui de Sherlock. Comment aurais-tu pu savoir ?" répliqua la fillette en lui tendant un sourire se voulant moqueur.

Et elle sortit sur ces mots d'une grande sagesse. L'ancien soldat se laissa tomber sur le lit. Bon sang... Dans quoi venait-il de s'embarquer ?


Dans une enquête sur d'étranges suicides, visiblement. Ok, ce duo était visiblement TRÈS particulier. Et dire que c'était la POLICE qui était venue les chercher. LA. POLICE. Sherlock tirait Angel par la main en direction de la scène de crime. Elle avait beau avoir les yeux de Sherlock et une chevelure du même noir, ses traits n'étaient définitivement pas les siens. Ceux de sa mère, sûrement ? Il n'avait pas le temps de songer à tout cela, qu'une femme fronçait les sourcils en apercevant l'étrange trio qu'ils formaient, et elle saisit un microphone avant d'ouvrir les lèvres.

"- Chef, le taré et sa morveuse viennent d'arriver."

"- Bonjour à vous aussi, Donovan. Et nous nous appelons Angel et Sherlock, je vous rappelle." rétorqua la petite brune avec un grand sourire hypocrite.

Elle passa sous la barrière en ignorant superbement le sergent qui se retenait de justesse de ne pas lui mettre une claque. Sherlock passa après avoir échangé quelques banalités avec Sally -par normalité, entendez "Holmesnésiennes"-, et présenta alors John, qui passa à son tour. Tous trois, ils se dirigèrent vers la scène de crime avec une altercation entre le détective consultant et le médecin en charge nommé Anderson. Ils rentrèrent rapidement, et alors que Watson enfilait une blouse, Angel s'apprêtait à filer avec aisance vers la scène de crime, lorsqu'une large main se posa sur son épaule pour la stopper dans son élan.

"- Hé !"

"- Ne sois pas si indignée, Angel, je voulais te donner des gants !" s'écria l'inspecteur venu les chercher une demie-heure plus tôt.

"- Oh." rougit-elle. "Merci, Lestrade."

Elle enfila rapidement les gants, avant de suivre le pas de Sherlock, qui demandait des infos sur la scène de crime. John fronça les sourcils. De plus en plus bizarre. Il ne comprenait pas ce qu'il faisait ici, et il comprenait encore moins qu'une enfant de dix ans soit autorisée à venir sur une scène de crime. Surtout une scène de meurtre. Ils rentrèrent dans la pièce et -OH MON DIEU UN CADAVRE ! Le blond arrêta brutalement la fillette en la serrant contre lui, lui criant de ne surtout pas regarder.

Angel écarquilla les yeux de surprise en se retrouvant nez à nez avec le torse du médecin, et releva la tête d'un air étonné. Comprenant soudainement ce qui s'était passé dans la tête de l'homme lui faisant face, elle échappa un rire mélodieux en se dégageant doucement de son emprise, avant de reculer de quelques pas sous le regard abasourdi de l'adulte, qui ne comprenait pas ce qui amusait la petite fille. Elle balança sa chevelure noire en arrière -un tic-, avant de plonger ses yeux dans ceux de John.

"- C'est gentil de t'inquiéter, mais je suis habituée, tu sais. Je suis la première assistante de Sherlock !" affirma-t-elle en relevant le nez avec fierté.

"- Mais... Mais..."

"- Taisez-vous, John, vous m'empêchez de réfléchir !"

Agacé, Sherlock le fusilla du regard, et se replongea presque aussitôt dans ses pensées. John venait de se tourner vers la petite fille qui le regardait avec un sourire. Quel changement par rapport à sa première impression ! Cette petite était une actrice époustouflante, et une enfant vraiment très curieuse. Elle semblait plus sociable que Sherlock, d'ailleurs. Soudain, ce dernier releva la tête à nouveau, le regard énervé.

"- Vous aussi, Lestrade !"

"- Mais je n'ai rien dit !" s'étonna l'inspecteur.

"- Vous réfléchissez. C'est dérangeant."

Angel leva les yeux au ciel pour faire un regard désolé aux autres hommes présents sur la scène. Mais à la seconde où son oeil fut attiré par le cadavre, toute personne présente dans la pièce disparut de son esprit. Sa pupille s'agrandit jusqu'à rendre son oeil presque complètement noir, et les informations qu'elle lisait commencèrent aussitôt à fuser dans son cerveau à toute allure. Alors que Sherlock exprimait à voix haute ses réflexions semblables à celles de la plus jeune, le détective se tournait vers John pour lui demander des informations sur le cadavre. Réticent, il s'exécuta néanmoins en lui contant les circonstances de la mort, lorsque Angel les coupa sans délicatesse.

"- Sherlock ?"

"- Quoi, Angel ?" s'énerva-t-il. "Je suis occupé, je te rappelle !"

"- Qui est Rachel ?"

Les yeux du détective s'illuminèrent, alors qu'il retirait un gant en latexte pour ébouriffer les cheveux bruns de l'enfant. Elle grogna de mécontentement -elle détestait qu'il face ça-, et elle lui jeta un regard noir. John et Lestrade échangèrent un regard perplexe. Rachel ? Comment ça, Rachel ? De quoi parlait-elle, et pourquoi Sherlock semblait-il si heureux ? Ils se tournèrent vers les Holmes dans une synchronisation parfaite, alors que les deux bruns se jaugeaient du regard. Lestrade leva les yeux au ciel

"- Mais bon sang, pourquoi diable cette question, Angel ? Pourquoi Rachel ?"

"- C'est quelqu'un qui compte pour elle." rétorqua le détective en indiquant la gravure d'un mouvement de tête, faisant s'approcher les autres hommes.

"- Elle a ÉCRIT Rachel ?!" s'écria Lestrade.

"- Non, elle a exprimé sa colère en allemand." rétorqua le brun en roulant des yeux. "BIEN SÛR, qu'elle a écrit Rachel, et notez qu'une enfant de dix ans est plus intelligente qu'Anderson."

"- Oh, oui, tu as raison." affirma Angel, perdue dans ses pensées.

"- Voilà qui ne va pas plaire à Anderson." pouffa Greg.

"- C'est quelqu'un qui compte pour elle", murmura-t-elle en l'ignorant superbement, "sinon pourquoi gaspiller ses dernières forces à graver son nom dans le plancher ?"

Alors que Sherlock et Lestrade débattaient à propos de la valise, Angel restait focalisée sur Rachel. Rachel. Une amie proche ? Non, non. Plutôt un membre de la famille. Sa mère ? Une soeur ? Une cousine, peut-être ? Non, pas une cousine. Plutôt mère ou soeur. Ou fille, peut-être ? Elle souffla d'un air agacé en suivant Sherlock qui filait à la recherche de la valise. Et alors que le détective s'apprêtait à disparaître, elle releva les yeux vers l'inspecteur. Elle aimait bien l'inspecteur, lui l'écouterait.

"- Lestrade", cria-t-elle du bas des escaliers, "pouvez-vous chercher qui est Rachel ? Je crois que c'est un membre de sa famille, mais pourrez-vous me le confirmer ?"

Lestrade aimait bien cette petite. Beaucoup plus aimable que le sociopathe. Elle, au moins, comprenait les autres êtres humains. Elle comprenait que ce que Sherlock et elle déduisaient n'était pas... commun. Bref, il aimait bien Angel. Alors il lui sourit avec douceur, et un grand sourire éclaira le visage de l'enfant qui comprit qu'il venait de silencieusement le lui promettre. Et elle disparut à son tour. Au grand désarroi du docteur Watson.


Résumons la situation : les Holmes l'avaient littéralement abandonné sur une scène de crime. Aucun taxi ne s'était arrêté. Des cabines téléphoniques sonnaient sans cesse autour de lui. Il avait décroché. On l'avait fait monté dans une voiture (très classe, d'ailleurs) sans aucune explication. La jeune femme à ses côtés l'ignorait superbement en pianotant sur son téléphone. Et maintenant il se trouvait face à un homme qu'il ne connaissait pas dans un entrepôt TRÈS glauque. Parfait. Quelle merveilleuse soirée.

L'homme en question était nonchalamment appuyé sur un parapluie, vêtu d'un costume qui devait, au vu des tissus utilisés, coûter EXTRÊMEMENT CHER. Il avait le front légèrement dégarni, les cheveux ébènes retombant maladroitement en mèches courtes sur le reste de son crâne. Il avait un léger embonpoint, mais ce qui interpela vaguement John, ce furent ses yeux. Des yeux d'un bleu presque opaque, qui lui rappelaient terriblement quelque chose, mais actuellement, rien ne lui revenait. Tant pis. Il se souviendrait sûrement plus tard.

En attendant, l'homme face à lui lui proposait de le payer afin de surveiller Sherlock. Le payer. Ben voyons. Il ne savait rien de lui, de toute façon. Mais une phrase, rien qu'une, le fit tiquer.

"- Je m'inquiète pour lui. Sans arrêt. Et je ne parle même pas d'Angelina..."

"- Je vous demande pardon ?" le coupa John. "Angelina ? Qui est Angelina ?"

Un éclair de surprise passa dans les yeux de l'homme avant qu'il ne lâche un profond soupir de dépit.

"- Ça ne m'étonne même pas d'eux." lâcha-t-il dans un souffle. "La jeune fille qui est avec Sherlock Holmes. Elle s'appelle Angelina."

"- Et son diminutif est Angel..."

"- Exact."

"- Enfin, tout ça, c'est bien gentil à vous, mais la réponse est non."

L'homme eut beau insister, le médecin voulut partir après que l'autre ne lui ait annoncé que la guerre ne l'avait pas traumatisé, mais lui avait au contraire manqué. Ce qu'il avait déduit simplement de sa main gauche. Cependant, ce fut bien l'homme qui l'avait amené ici qui le quitta en premier, non sans avoir tendu un grand sourire moqueur à l'ancien soldat.

Et John se trouvait seul.

Encore.


Angelina était tranquillement assise sur un pouf, lisant un essai sur les cendres, alors que Sherlock était affalé sur le canapé, en pleine réflexion. Il avait mis trois patchs. TROIS PATCHS. Elle détestait cette habitude qu'il avait. Elle le lui avait fait bien comprendre, d'ailleurs. Elle l'avait superbement ignoré depuis qu'ils étaient rentrés. En effet, il lui avait fait part de sa future activité après qu'il ne l'ait traînée de force à travers les décharges alentours pour trouver une valise rose. Ils l'avaient finalement dégotée au bout d'une heure de recherche, et ils étaient rentrés à Baker Street. Le détective avait envoyé plusieurs messages à John -qui n'avait pas répondu-, et ils avaient donc choisi de l'attendre ici.

Lorsque le médecin rentra, il fut surpris de la scène à laquelle il faisait face, ce à quoi le brun lui répondit que c'était un "problème à trois patchs". Angel siffla de mécontentement entre ses dents, et tourna brutalement une page de son livre. Le blond décida d'ignorer ces attitudes contrariantes, et demanda pourquoi avait-il dû faire vite. La petite échappa un rire narquois, et le médecin se tourna vers elle en roulant des yeux.

"- Quoi ?"

"- Ça ne va pas te plaire." dit-elle avec un sourire moqueur.

Il ne répondit pas, arquant un sourcil alors que Sherlock réclamait son portable pour envoyer un message afin qu'on ne reconnaisse pas son numéro. Agacé, le médecin finit tout de même par s'exécuter sous le rire de la petite brune, ce qui lui valut un regard assassin. Lorsqu'il réalisa qu'il venait d'envoyer un message au psychopathe dont ils étaient à la recherche, Angel éclata d'un violent fou rire, manquant tomber de son repose-fesses. John se pencha alors vers la fenêtre, coupant net le rire de l'enfant, et attirant aussitôt l'attention du sociopathe.

"- Qu'est-ce qui se passe ?"

"- J'ai rencontré un de vos amis."

Curieuse, Angel se releva avant de répéter d'une voix fluette.

"- Un ami ?"

"- Plutôt un ennemi." soupira John.

"- Ah." fut l'unique réaction de Sherlock durant plusieurs secondes. "Lequel ?" finit-il par demander en tournant les yeux vers lui.

"- Votre meilleur ennemi, d'après lui. Ça se fait, ça, d'avoir un meilleur ennemi ?"

Angelina tourna aussitôt pâle, et son regard se fit plus dur. Sherlock garda un air neutre alors que la fillette s'asseyait près de lui sur le canapé. Il passa un bras autour d'elle, et frotta doucement son dos avant de demander si il lui avait offert de l'argent. John manqua s'étouffer avec sa salive, se tournant avec stupéfaction vers le détective, qui ne semblait pas y prêter plus d'importance que ça, contrairement à la plus jeune, qui menaçait pleurer d'une seconde à l'autre. Il hocha la tête, et lorsque le détective lui demanda si il avait accepté, John affirma que non. Visiblement soulagée, Angel bondit comme si elle était sur ressorts pour se réfugier doucement dans ses bras. Le blond écarquilla les yeux de surprise, avant de répondre à l'étreinte. Sherlock leva les yeux au ciel.

"- Dommage, on l'aurait partagé. Réfléchissez, la prochaine fois !"

"- Qui est cet homme ? Comment sait-il qu'Angel s'appelle en vérité Angelina ?" questionna John de l'air le plus neutre qu'il avait en réserve.

"- Le plus dangereux des hommes", rétorqua le brun en ignorant sa seconde question, "mais là n'est pas le problème. Vous avez envoyé le texto ?"

Alors que le blond s'exécutait à finaliser sa tâche, la brune toujours accrochée à lui comme une moule à son rocher, Sherlock dictait à voix haute ce que devait écrire son colocataire, au grand désarroi de ce dernier. Les mots du plus jeune tournait dans son esprit, et il serrait doucement Angel dans ses bras, sans comprendre réellement sa réaction. Si il était dangereux, de quoi cet homme était-il capable ? Brutalement, Sherlock ouvrit une valise rose que John n'avait préalablement pas remarqué. Il haussa les sourcils de surprise en réalisant qu'il s'agissait de celle de la victime, tandis que le détective expliquait où et comment la petite brune et lui l'avaient trouvée.

Se laissant finalement détacher de John par ce dernier, Angel s'assit à contre-coeur sur son pouf. Elle jeta un regard à sa harpe, et hésita quelques secondes avant de tendre la main vers un autre étui. Elle l'ouvrit, et caressa doucement le saxophone en cuivre. Elle sourit. Elle aimait la musique, au moins autant que son père. Et chaque membre de sa famille, d'ailleurs. Pendant que Sherlock expliquait, elle joua quelques notes aléatoires en guise d'essai, puis quand le son la satisfit suffisamment, elle commença à jouer un morceau de blues. Elle jouait merveilleusement bien, et John dut prendre sur lui pour se concentrer sur les mots du détective.

Lorsque le meurtrier tenta de les appeler, et que le sociopathe décida qu'il fallait aller à l'adresse donnée sur le message, il se tourna vers Angelina pour lui sourire avec tendresse.

"- Nous ne serons pas trop longs, mon ange." murmura-t-il avec un sourire rassurant. "Essaie de ne pas te coucher trop tard, d'accord ?"

"- Tu me laisses encore en arrière." reprocha-t-elle en cessant enfin de jouer.

"- Je prend soin de toi, nuance. Bonne nuit, Angel."

"- Bonne nuit, Sherlock. Bonne nuit John."

"- Bonne nuit." murmura le blond.

Et les deux hommes disparurent alors qu'elle reprenait son morceau.


Angelina fut brusquement tirée de son sommeil par le bruit d'une porte ouverte à la volée. Méfiante, elle attrapa une batte de baseball qui traînait là -c'est une Holmes, ne soyez pas surpris-, et ouvrit discrètement la porte qui menait au couloir. La lumière était allumée dans le salon, et de nombreuses personnes qu'elle ne connaissait que trop bien étaient en train de remplir l'appartement. Elle resta quelques secondes muette, avant de se diriger d'un pas agacé vers le remue-ménage présent. Elle se planta face au dirigeant de cette mascarade, rouge de colère.

"- LESTRADE !" hurla-t-elle finalement. "MAIS QU'EST-CE QUE VOUS FICHEZ ICI ?! QU'EST-CE QUE VOUS FABRIQUEZ ?! VOUS AVEZ VU L'HEURE ?!"

"- Je suis désolé si nous t'avons réveillée, Angel, mais nous ne faisons que notre travail." répondit-il en posant doucement ses mains sur ses épaules.

Elle se dégagea avec brutalité, folle de rage, se tournant vers les autres policiers présents.

"- QU'EST-CE QUE VOUS CHERCHEZ ?! JE VOUS INTERDIS DE FOUILLER NOTRE MAISON !"

Lestrade saisit l'enfant contre lui, la forçant à le regarder. Il plongea ses yeux chocolat dans ceux clairs de l'enfant, et la força à s'assoir sur un des fauteuils avant de s'accroupir en face d'elle. Il chercha ses mots pendant quelques secondes, alors qu'elle bouillonnait sur place. De quel droit ses gens pénétraient chez eux, mettaient leur maison sans dessus-dessous ? C'était trop injuste. L'inspecteur finit par prendre la voix la plus rassurante qu'il avait pour ne pas effrayer l'enfant.

"- Angel... C'est une descente des stups."

"- Que... quoi ?" balbutia-t-elle en laissant tomber au sol sa batte, que Lestrade éloigna d'un coup de pied. "Je croyais que Sherlock était clea... Oh. OH."

Elle se leva brutalement du fauteuil, repoussant d'une manière agressive les mains qui cherchaient à la rassoir pour la calmer. Elle était ivre de colère.

"- VOUS ME PRENEZ POUR UNE IDIOTE, LESTRADE ?! JE N'AI PEUT-ÊTRE QUE DIX ANS, MAIS JE SUIS PLUS INTELLIGENTE QUE VOUS TOUS RÉUNIS ICI ! ANDERSON ET LES AUTRES NE SONT PAS DES STUPS ! TOUT ÇA N'EST QU'UNE EXCUSE POUR FOUILLER CETTE ENDROIT, PAS VRAI ?!"

"- Angel", tenta d'argumenter l'homme aux cheveux grisonnants, "calme toi, et assied toi le temps de la fouille, je t'en prie..."

"- Vous me décevez, Lestrade. Beaucoup." acheva-t-elle en se recroquevillant dans le fauteuil.

Elle remonta ses pieds nus sur le siège, enroulant ses bras autour de ses genoux avant d'y enfouir sa tête. Sa gorge se noua brutalement, jusqu'à la rendre douloureuse. Elle se mordit la lèvre lorsqu'elle sentit l'inspecteur se relever en face d'elle, et grogna légèrement de mécontentement. Elle aimait bien Lestrade. Pourquoi est-ce qu'il faisait ça ? C'était trop injuste, c'était trop cruel, c'était trop... tellement pas lui. Ses collègues avaient-ils tant insisté pour faire ça ? Elle préférait cette hypothèse aux autres qui germaient dans son esprit.

Elle releva légèrement la tête pour voir Lestrade assis dans le fauteuil en face, qui jetait des regards noirs à la valise rose. Elle se mordilla la lèvre. Ah oui. C'était quand même une bonne raison d'être en colère. Après tout, Sherlock lui avait caché une preuve. Bon. Mais ce n'était pas une raison pour retourner toute la maison ! C'était carrément cruel ! Soudain, la porte s'ouvrit à nouveau, laissant apparaître Sherlock et John, le premier visiblement furieux. Son regard croisa celui d'Angel, et il se précipita pour la prendre contre lui avant de demander à Lestrade ce qu'il faisait ici. Il lui jeta un regard accusateur en affirmant qu'il avait trouvé la valise, et lorsque Sherlock lui demanda s'il était entré en effraction, il rétorqua la même chose qu'à la petite brune.

"- Saisie des stups. Tous volontaires, quelle chance, n'est-ce pas ?"

"- Vous voulez rire ? Ce gars, un junkie ?!"

Alors que John commençait à faire un scandale, le détective tenta de le faire taire, mais ce qui le fit définitivement stopper, ce fut le pied d'Angelina écrasant le sien. Il écarquilla les yeux de surprise, avant de murmure un "nooooooon ?" de surprise. Elle soupira, mais hocha néanmoins la tête alors que Sherlock se détournait pour continuer à crier sur l'inspecteur. Il hurla de colère qu'il était clean, et Lestrade arqua un sourcil en demandant si l'appartement, lui, l'était.

"- Bien sûr qu'il l'est !" explosa Sherlock. "Je ne fume même plus, pour Angel !"

"- Félicitations. Moi non plus, je ne fume plus." affirma-t-il en montrant son patch. "Bon", soupira-t-il finalement, "maintenant que vous êtes disposés à coopérer, je peux vous dire qu'on a trouvé Rachel."

"- Ah ! Et alors ?"

"- C'est la fille de Jennifer Wilson."

"- Ah-ah !" s'écria vivement Angelina. "Je le savais !"

"- Et où est-elle, maintenant ?" insista Sherlock.

Lestrade prit une lourde inspiration, alors qu'Anderson osait pointer sa tête dans leur direction. Il cracha quelques méchancetés au détective, ce à quoi il rétorqua qu'il n'était qu'un sociopathe de haut niveau, et qu'il devait se renseigner. Un seul regard assassin supplémentaire de John et la fillette et le médecin retournait fouiller l'endroit aussi vite qu'il était arrivé.

"- La fille est morte."

"- Génial ! Où, quand, comment, il y a forcément un lien !"

"- Sherlock..." dit Angel en roulant des yeux au plafond.

"- Ça j'en doute", répliqua Lestrade, "elle est morte il y a 14 ans. En théorie, elle n'a même jamais été en vie."

"- Une fille morte née..."

"- Exact, Angel." dit-il en hochant la tête.

Sherlock commença à réfléchir à la raison qui aurait poussé Jennifer a gravé à l'aide de ses ongles le nom de sa fille morte née, alors qu'Angelina plongeait ses yeux dans ceux de Greg. Elle prit l'air le plus scandalisé qu'elle avait en réserve, et même si l'inspecteur avait voulu l'ignorer, il n'en aurait pas été capable. Il aimait bien cette gamine, et ça lui faisait de la peine de la voir dans cet état. Un cri de Sherlock rétorquant que la mort de sa fille n'aurait plus dû bouleverser la victime les sépara finalement de leur bataille de regard, et Angel se tourna vers son aîné en prenant doucement sa main.

"- C'est pas bon ?" questionna-t-il en se tournant vers le blond suite aux regards choqués qu'il avait reçu.

"- Non, pas très." répliqua John.

"- Lorsqu'un enfant meurt, le sien, surtout, on est marqué à vie, Sherlock..." murmura la plus jeune avec tendresse.

Il leva les yeux au ciel avant de repartir dans ses réflexions, coupées lorsque Mrs Hudson affirma que le taxi commandé par Sherlock venait d'arriver, ce à quoi il cria qu'il n'avait jamais commandé de taxi. Angel fronça les sourcils, piquée de curiosité, lorsque le brun hurla que tout le monde se taise et qu'Anderson tourne son visage vers le mur. Après quelques secondes de silence, il s'écria vivement que Jennifer était maligne, et que ce prénom, ce simple prénom, était le mot de passe permettant de retrouver le téléphone qu'elle avait caché sur son assassin.

John appela son colocataire lorsqu'il vit que le téléphone se trouvait à Baker Street, et tous partirent à la recherche du téléphone. Excepté Sherlock, qui disparut sans un mot, et Angelina qui réfléchissait, les yeux fermés, mains sur ses oreilles, rassemblant à toute allure toutes les informations qu'elle possédait. Elle les essayait, les mêlait ensemble pour voir un résultat, et quand John dit que Sherlock avait pris un taxi, elle poussa finalement un hurlement de pure panique en comprenant. Lestrade arqua un sourcil, se penchant vers elle pour comprendre alors qu'elle criait le nom de Sherlock par la fenêtre, le suppliait de revenir en pleurant.

"- Angel, Angel, calme toi, et explique moi ce qui se passe, Angel, je t'en prie, parle moi..."

"- Greg", hocheta-t-elle, et il fut surpris qu'elle utilisa son prénom, "c'est Sherlock, il... c'est le taxi, le meurtrier, il est parti avec le taxi, il va mourir, oooh, je veux pas qu'il meurt, Greg, sauvez le, sauvez Sherlock, s'il vous plaît, je vous en prie, Greg..."

Il souleva l'enfant dans ses bras pour la serrer contre lui, et elle renifla dans sa nuque, relevant ses yeux vers John, à qui l'inspecteur tournait le dos. Il lui fit un vif hochement de tête après avoir vérifié où se trouvait le téléphone, et disparut à son tour, alors qu'Angelina se laissait enlacer par Lestrade qui cherchait tant bien que mal à calmer l'enfant. Il la reposa doucement sur son fauteuil, affirmant qu'ils partaient, lui et ses hommes, n'ayant visiblement pas écouté la confession de l'enfant, mais elle s'accrocha à sa veste d'un air désespéré.

"- Ne me laissez pas toute seule... S'il vous plaît..."

Il ignora le regard superbement lassé de Donovan, et il prit la petite fille par la main, la traînant derrière lui. Elle soupira de soulagement. John allait sauver Sherlock, et après, Greg la ramènerait auprès d'eux, et tout irait bien. Ça allait toujours bien. Et puis, Lestrade avait dit qu'un jour, Sherlock pourrait être quelqu'un de bien. Et elle, elle le croyait. Alors elle se laissait faire, sa main dans la sienne. Il n'était pas très très malin, c'était vrai. Et il ne l'avait même pas crue quand elle avait dit que le taxi était le meurtrier. Mais tant pis. Il allait prendre soin d'elle le temps que Sherlock résoudrait l'enquête. Elle était en sécurité.

Il l'amena jusqu'à son appartement, et alors qu'il s'apprêtait à proposer une boisson chaude à la fillette, son téléphone sonna. Il fronça les sourcils alors qu'Angel souriait malicieusement. Il se tourna vers elle, et ses yeux s'écarquillèrent en rencontrant le sourire de l'enfant. Elle s'assit sur le canapé, face à la télé, et enroula une mèche brune autour de son doigt, avant de la fixer d'un air brillant d'intelligence. Il soupira et croisa ses bras sur sa poitrine, son téléphone sonnant dans sa main.

"- Qu'est-ce qui t'amuse ?"

"- C'est John qui appelle. Vous devriez décrocher."

"- John ? John Watson ?" articula-t-il, incrédule. "Pourquoi il m'appellerait ?"

"- Parce que lui, contrairement à vous, il m'a crue." dit-elle d'un ton accusateur. "Et il a compris que je disais la vérité. Le taxi est le meurtrier, Lestrade. Je vous jure que c'est la vérité, que c'est complètement vrai, je vous en fait la promesse. Maintenant, décrochez. John doit avoir trouvé où sont Sherlock et le psychopathe."

Après un profond soupir dépité, le DI obéit, et décrocha le téléphone. Au bout du fil, la voix de John se fit entendre, répétant les mots d'Angelina à la perfection. "Le taxi est le meurtrier, Lestrade." Après avoir promis qu'il ramènerait des hommes et qu'il se rendait aussi vite que possible sur les lieux donnés par le médecin, il raccrocha et saisit sa veste à la volée. Angel ne se leva pas tout de suite, n'osant relever les yeux vers le policier. Elle poussa un léger soupir.

"- Lestrade ?" appela-t-elle.

"- Oui ?"

"- Est-ce si difficile, de me croire ?"

Il ne répondit pas, se tournant vers l'enfant d'un air embarrassé. Il vit son regard fuyant, ses yeux translucides se teinter de tristesse, et il attrapa ses mains dans les siennes en la faisant se lever, essayant de lui sourire pour la rassurer.

"- Angel. Tu es une enfant brillante, bien sûr que tu l'es, tu es comme lui. Mais tu dois comprendre que tu n'as que dix ans. Et nous, on ne peut pas se permettre de se reposer sur les dires d'une enfant de dix ans, même toi."

"- Mais moi, je ne suis pas comme les autres enfants." protesta-t-elle.

"- Non, c'est vrai. Mais aux yeux de la loi, de mes collègues, tu l'es."

Elle ne dit rien, et il la serra doucement dans ses bras, lui proposant de rester ici. Elle hésita un instant. Elle voulait aller sur la scène, connaître le fin mot, c'était vrai. Mais elle était aussi tellement fatiguée. Ses jambes la portaient à peine, ses yeux la picotaient, ses paupières étaient lourdes. Elle avait sommeil. Il était minuit passé. Elle se laissa soulever du sol par l'inspecteur, qui l'emporta dans sa chambre et la posa sur son lit. Il lui sourit avec douceur, promettant de la ramener à Baker Street dès le lendemain. Elle le remercia d'un sourire, avant de partir pour le pays des songes.


Lorsque John et Sherlock étaient arrivés à Baker Street, le détective avait bien fait comprendre à John qu'il ne devait parler sous aucun prétexte de l'homme qu'ils avaient vu la veille. Le "gouvernement britannique" qu'ils avaient croisé suite à l'incident avec le taxi. Angelina ne devait pas savoir qu'ils l'avaient croisé. Mais le médecin ne comprenait toujours pas. Son lien, avec eux deux, pourquoi ses yeux lui semblaient si familiers, pourquoi est-ce que sa façon d'être lui semblait si... connue, presque. Qui était-il vraiment ? Il soupira, et passa sa main sur son visage. Mais lorsque la porte s'ouvrit pour laisser apparaître le visage d'Angel, il décida de mettre ça de côté, et sourit avec douceur alors que Sherlock la serrait avec tendresse dans ses bras.

Le matin même, Lestrade était rentré chez lui, exténué. Il avait souri avec douceur en remarquant la petite toujours endormie dans son lit, et il l'avait laissée dormir encore quelques minutes, durant lesquelles il avait préparé des boissons chaudes et de quoi manger. Alors qu'il portait son breuvage fumant à ses lèvres, il réalisa que sa femme n'était pas rentrée, hier soir. Encore. Il soupira. Les signes étaient présents, mais il avait toujours espoir. Peut-être que leur couple tiendrait la route. Il se décida à finalement aller réveiller la fillette, et il se dirigea à nouveau vers sa chambre. Il s'assit sur le bord du lit, et secoua doucement son épaule. Elle se tourna dos à lui en grognant.

"- Laisse moi, papa..." marmonna-t-elle dans son sommeil.

"- Papa ?" répéta Greg d'un air incrédule.

C'était la première fois qu'il entendait Angel dire ce mot. Ses yeux écarquillés de surprise, il attrapa doucement son bras pour la tourner à nouveau vers lui. À nouveau, ce fut un petit grognement qui lui répondit, et il posa sa tasse sur la table de chevet en faisant un sourire amusé. Ce qu'elle avait dit la veille venait de perdre toute sa crédibilité. Elle était comme les autres enfants, bien sûr. Quand elle ne réfléchissait pas. Ce qu'elle faisait... beaucoup trop souvent. Il tira le drap au pied du lit, et souleva la petite brune dans ses bras, ce qui la réveilla d'un coup sec. Elle prit un air bougon, et fronça les sourcils en reconnaissant le visage du DI. Il la tenait comme un bébé dans ses bras, et elle commença à se débattra en couinant d'indignation.

"- Reposez moi, Lestrade ! J'suis pas un bébé !"

"- Ce n'est pas l'impression que tu m'as donné..." rétorqua-t-il d'un sourire moqueur.

"- Allez vous faire voir ! Reposez moi !"

"- Pas question !"

Mort de rire, il se leva en oubliant sa tasse ici, et, Angelina toujours dans les bras, se dirigea vers la cuisine alors qu'elle s'agitait dans tous les sens. Il finit par capituler, et l'assit sur une chaise. Il lui tendit une tasse, et lui demanda avec un sourire attendri si elle voulait une boisson chaude. La mine boudeuse, elle hocha la tête, son petit nez froncé et ses bras croisés sur sa poitrine se voulant autoritaires. Il attrapa la bouteille de lait, et pendant qu'il faisait chauffer ce dernier, il récupéra sa tasse de café. Il éclata de rire en revenant, prenant sur le fait la brune en train de tremper son doigt dans de la confiture. Elle rougit comme une tomate avant de lécher son doigt avec un sourire faussement désolé.

"- La confiture te plaît ?"

"- Je... J'aime bien." admit-elle d'un air embarrassé. "Surtout celle à la cerise."

"- C'est ma mère qui les fait." Il hésita un instant en regardant la table avant de sourire. "Je te la donne, si tu veux, celle à la cerise."

"- Pour de vrai ?!" s'écria-t-elle, un grand sourire aux lèvres.

"- Bien sûr. Mais mange, tu dois prendre des forces pour retrouver Sherlock et John."

"- Mh-mh." dit-elle en opinant du chef.

"- Et, Angel ?"

"- Mmmmmh ?" fit-elle en tartinant généreusement de la confiture sur du pain, ayant visiblement perdu l'usage de la parole.

"- Tu peux m'appeler Greg." lâcha-t-il dans un souffle.

"- Oh. Heu, d'accord." dit-elle d'un air surpris.

Elle attrapa une tartine et mordit dedans à pleines dents sous les yeux attentifs de Greg. Il n'était pas habitué à s'occuper d'enfants. Et elle pouvait dire ce qu'elle voulait, actuellement, elle se comportait comme une enfant normale. Et c'était très mignon, à vrai dire. Elle attrapa la tasse de chocolat chaud qu'il lui avait préparé, et la but à toutes vitesses, manquant se brûler, et faisant apparaître une belle moustache sur ses lèvres. Il rit, avant de lui tendre un mouchoir qu'elle attrapa avec un grand sourire reconnaissant.

Finalement, il laissa tout sur la table en recevant un texto de Sherlock réclamant "Son Angel", et il saisit la main de cette dernière avant de se diriger vers sa voiture pour lui rendre la petite fille. Il se gara dans Baker Street, et elle attrapa sa main sans rien dire, le tirant derrière elle. Il se laissa faire, et fut surpris lorsqu'elle s'arrêta devant la porte sans l'ouvrir. Elle fixa ses pieds pendant quelques secondes, avant de relever ses yeux clairs vers l'inspecteur en lui faisant signe de se pencher. Il s'exécuta, et écarquilla les yeux en sentant les lèvres de l'enfant se poser sur sa joue. Puis, sans rien ajouter, elle ouvrit la porte et se jeta dans les bras de Sherlock en poussant un hurlement de joie.

Lestrade sourit à nouveau.

Il aimait vraiment bien cette gamine.

En fait... Non, elle n'était pas comme les autres enfants.

Elle était tellement plus. Elle était tellement exceptionnelle.

Après tout, c'était une Holmes.


Et voilà, j'espère que ce premier chapitre vous plaît ! À plus tard pour le prochain chapitre !