Disclaimer : les personnages d'Harry Potter ne sont pas ma propriété

Note de l'auteur : Publication d'un chapitre tous les deux ou trois jours

Bonne lecture !

Brisé

Chapitre 2

« - Vous devriez vous trouver quelqu'un. »

C'était ce que lui avait dit en plaisantant le professeur de sortilèges quelques mois plutôt, vers la fin de l'année scolaire. Il y avait répondu par un regard vide et le jeune homme avait laissé tomber.

Il avait eu un certain mal, au début, à s'adapter à cette vie. Poudlard privé de tous les professeurs qu'il avait connus, les fantômes ayant fuit le même jour que celui où la majorité des portraits avaient pris feu et aucune possibilité existante de créer des portraits possédant l'essence des anciens habitants du château. Les premiers temps, Harry avait vraiment voulu quitter l'endroit ; les souvenirs étaient là mais il n'y avait plus rien pour les faire vivre.

On pouvait s'habituer à tout, même à un monde où personne ne connaissait plus rien de vous à l'exception de votre place dans la guerre et dans sa fin. Les semaines et les mois qui avaient suivi en étaient la preuve.

« - Vous devriez vous trouver quelqu'un. »

Bien entendu l'homme qui lui avait dit ça s'imaginait en première ligne des candidats. Après tout, si on ignorait ses regards durs si fréquents et ses périodes dépressives quasi permanentes, depuis qu'il avait abandonné ses lunettes et que la guerre lui avait appris à rester dans une forme raisonnable tout au long des mois, il pouvait attirer le regard de certains. Et puis, il était toujours « Le Survivant ». Mais l'idée même de s'impliquer avec un collègue alors qu'il ne pouvait aller à lui que pour le sexe lui était rebutante. Le sorcier avait eu ses heures de vagabondage après la guerre – souvent en compagnie de moldus – mais il avait interrompu cette habitude qui ne le menait à rien.

Au début, il avait eu besoin de ces plaisirs fugaces pour tenir le coup. Et puis, le procès de Rogue avait commencé.

C'était assez ironique à penser mais le maître des potions restait le lien le plus tangible qu'il avait avec sa vie d'avant les combats. Et la comparaison avec Voldemort était, dans ce cas, totalement inadéquate. Le mage noir était apparu dans sa vie pour le détruire, dès le premier instant, son rôle avait toujours été clair, pas la moindre chance de voir les choses autrement.

Mais Rogue…

Rogue était celui qui l'avait empêché de tomber de son balai lors de sa première année à Poudlard déjà. Il était celui qui s'était interposé entre eux et un loup-garou. Celui qui avait semblé si prompte à agir pour le bien en dépit de ses erreurs passées…

« - Vous devriez vous trouver quelqu'un. »

En quelque sorte, c'était ce qu'il avait fait. Un homme vivait dans ses appartements depuis une semaine et il n'était pas près de le quitter. Certes, contraint et forcé mais c'était la réalité.

Rogue avait commencé son travail dès le premier jour et il avait pu constater lui-même – Hermione aurait été fière de le voir analyser ces potions avec attention et de pouvoir à ce point juger des résultats, son travail avait payé – que le serpentard était toujours aussi doué.

Leurs rencontres avaient été tendues dans les quelques jours qui avaient suivi son arrivée mais l'homme n'avait jamais assez perdu son calme pour que son cadet ait à jouer les tyrans. Harry n'avait rien à lui dire, si ce n'était concernant son travail, et son « invité forcé » ne semblait pas s'en plaindre. Et, bien qu'il comptait bientôt mettre ses plans à exécution, il ne parvenait par encore à se décider.

Seulement, depuis peu, quelque chose d'autre gênait le survivant. Comme par exemple – et ce n'était pas la première fois, en cet instant même, alors que Rogue avait quitté son laboratoire pour dîner (la potion en cours dégageait une odeur « normale » mais pestilentielle) et que cela tombait en même temps que la pause que le jeune sorcier avait prise dans la mise en place de ses plans de cours.

Le silence, ça c'était habituel. Les regards qui se voulaient discrets mais ne l'étaient qu'à moitié, cela l'était déjà un peu moins. Et la lueur intriguée et dénuée de mépris dans les yeux noirs était complètement inattendue.

- Monsieur Potter, commença le maître des potions d'un ton neutre.

Harry releva les yeux vers lui. Sa voix était différente des fois précédentes. Il y avait toujours eu un fond de rancune, et c'était une part de ce qu'il cherchait à voir en l'ayant mis dans cette situation, mais cette fois il n'y avait rien de tel, ce qui le mettait inexplicablement mal à l'aise.

- Si, comme vous le dîtes, vous ne me croyez pas et me haïssez tant… Pourquoi me donner une telle liberté et me conduire au sein même de votre vie ?

L'homme l'étudiait attentivement, ne cherchant pas à atteindre son esprit de force – il l'aurait remarqué sinon, et il était apparemment déterminé à avoir la réponse. Ce n'était pas tous les jours que Rogue faisait preuve d'objectivité face à des faits qui le concernait et, qu'en plus, il prenait tant d'effort à masquer sa colère. D'ailleurs, même sous la menace, le mangemort paraissait toujours avoir des difficultés à dompter sa langue en sa présence.

Sa question était cependant légitime. Et Harry, pour la première fois, regretta presque la réponse qu'il lui donna.

- Vous comprendrez. Ce soir.

Sur ces mots, qui n'eurent que le don de faire froncer les sourcils à son aîné, il quitta la table et retourna à son bureau.

Alors, il l'avait fait. Le survivant avait finalement décidé du moment.

Un frisson d'excitation qui n'aurait pas dû être là fut repoussé par une lame de culpabilité. Un instant l'éventualité qu'il allait trop loin le traversa. Et s'il était innocent ? Et si…

Non, l'homme était coupable et le jeune sorcier avait plus que le droit d'agir selon sa volonté.

Harry ne sut pas dire si la nuit était tombée suffisamment tôt à son goût ou non mais, au moment où il frappa à la porte, il sut qu'il ne voudrait plus faire demi-tour.

Il pénétra dans la chambre à la voix, en se demandant encore pourquoi il avait fait preuve d'une telle politesse. Rogue était sur son lit, un livre entre ses mains. Dès que leurs regards se croisèrent, il se leva, prêt à retourner discuter dans le salon. Harry lui fit signe de s'arrêter et le serpentard attendit au centre de la pièce.

- Je croyais que-

- Vous avez sans aucun doute mal interprété ce que je vous ai dit, le coupa le survivant en s'adossant au mur de pierre. Je vous ai dit que vous comprendriez, pas que nous allions en parler.

Rogue semblait confus et, si l'esprit du jeune homme n'avait pas été tourné vers d'autres pensées, il aurait sans doute trouvé cela amusant.

- Déshabillez-vous.

Il y eut un long, profond et lourd silence.

- Qu'avez-vous dit ? demanda finalement Rogue semblant lutter pour garder contenance.

- Je vous ai dit : déshabillez-vous.

- J'ose espérer que c'est une mauvaise blague ! grogna l'homme déjà rouge de fureur.

- Je ne le répèterai pas, alors faites-le.

Rogue le fixait avec une grimace de dégoût et d'incrédulité peinte sur le visage.

- Et qu'avez-vous l'intention de faire ensuite ? Me…me violer, ou tout autre infamie du genre, simplement par vengeance ? Je refuse, vous m'entendez ? JE REFUSE ! cria-t-il en avançant vers lui d'un pas menaçant. JE NE SUIS PAS VOTRE JOUET, POTTER !

- Dolens.

Rogue tomba face contre terre et se mit à trembler violemment. Il faisait apparemment tout pour ne pas hurler.

- Presque aussi douloureux que le Doloris, n'est-ce pas, Rogue ? Je vous l'ai dit, j'attends de vous l'obéissance. Vous êtes mon esclave. Et, en tant que telle, je vous utiliserai comme cela me chantera ! Finite ! Maintenant, levez-vous et faîtes ce que je vous ai dit !

Harry pouvait entendre son aîné haleter pour reprendre son souffle.

- Je vous préviens, si vous ne vous décidez pas, je m'en occuperai moi-même, et je doute que vous apprécierez ça, menaça-t-il en voyant qu'il ne faisait toujours pas mine de se lever.

Le maître des potions prit finalement appui contre son lit pour se redresser et, sans lever les yeux vers son tourmenteur, défit lentement ses robes.

Pratiquement un an qu'il n'avait plus touché un homme. Et presque autant à songer qu'il allait briser Rogue de cette façon. Harry n'avait pu finir que par rêver de ce moment au cours de certaines nuits. Aussi malsaine qu'elle pouvait être, et aussi inintéressante qu'il aurait pu essayer de se l'imaginer, la situation l'excitait. C'était sombre, cruel, mais il en devenait fébrile et s'impatientait. Observer ces doigts qui tremblaient légèrement en enlevant boutons et couches de tissus, entendre le souffle saccadé, voir les cheveux masquant le visage connu tel un rideau de soie… Il en voulait davantage.

Enfin, la forme longiligne de Rogue se dévoila totalement et il put observer le corps trop mince, la peau trop blanche et les cicatrices qui s'étalaient sur cette peau. C'était Rogue, mais c'était un homme, et son dernier lien avec le passé. Et il voulait le soumettre, le faire payer pour tout ce qui lui avait fait perdre. Le prendre là, sans douceur aucune, dans l'instant.

Au lieu d'écouter cette voix sauvage en lui, il détailla seulement l'homme.

- Vous êtes… laid.

Il n'avait pas dit « vous êtes maigre » ou « vous êtes pâle », ce qui avait voulu franchir ses lèvres car il avait réalisé un instant comme la vie à Azkaban avait dû être rude, non, il avait juste dit une chose qu'il ne pensait même pas à l'heure actuelle, par esprit de revanche. Le mangemort devait se sentir humilié, non ? Il l'espérait bien.

Rogue avait d'ailleurs déjà repris l'un de ses vêtements pour cacher sa nudité après qu'il ait remarqué son regard furieux (ou blessé ?).

- Allongez-vous sur le lit, ordonna-t-il d'un ton brusque.

- Jamais. Vous vous êtes assez amusé. Je ne vous laisserai pas me faire une telle chose, vint la réponse dangereusement basse, alors qu'il tentait de se rhabiller en dépit de ses mains tremblantes.

Oh, non, il n'avait pas le choix, et c'est ce qu'il lui fit bien comprendre en venant sur lui et en attrapant fermement son bras gauche, serrant durement ses doigts autour de l'horrible marque noire.

- Ne me touchez pas !

Avant qu'il ne puisse même essayer de se libérer, Harry l'avait tiré jusqu'au lit et l'y avait fait tomber. Les yeux de Rogue étaient emplis de panique, de haine et d'un tourbillon de sentiments. Mais c'était bien la dernière chose qui comptait à ses yeux. L'homme était faible comme jamais et ne possédait même pas de baguette, il ne pourrait pas lui résister.

- Soit vous vous laissez faire…, murmura le survivant en l'écrasant de son corps, et vous gagnez une chance d'en ressortir sans une blessure…

Il prit la main tremblante de Rogue dans la sienne pour qu'il se touche lui-même.

- Ou alors nous luttons aussi longtemps que vous en avez la force avant que je ne vous arrache ce que je veux, termina-t-il.

Harry fixa les yeux noirs pour voir la tempête qui les habitait refluer lentement. Il abandonnait, il était, semblait-il, suffisamment conscient de la différence de force entre eux pour savoir qu'il ne pourrait pas s'en sortir. Mais tous ses muscles étaient encore tendus et il savait que, s'il avait donné la moindre occasion à Rogue de lui échapper, le serpentard aurait saisi sa chance.

- Bien, souffla-t-il presque d'un ton réconfortant.

Il voulait pouvoir profiter au maximum de cette première nuit et il avait besoin de sa coopération pour cela. Peu importait le temps que ça prendrait, il était bien décidé à lui laisser un souvenir impérissable de cette nuit.

Mais bien sûr, Rogue était écœuré par sa situation et son esprit semblait toujours avoir plus de pouvoir que son corps. Il avait beau guider la main blanche, l'homme gardait les yeux fermés et refusait toute excitation de l'atteindre.

Harry murmura un accio et une fiole vint à lui.

Les yeux de son aîné étaient chargés d'humiliation et d'une certaine honte mais ça ne lui importait vraiment plus.

- Ne faites pas ça, Potter… Ne le faites pas…

Une minuscule fraction de seconde, Harry se sentit abject et ignoble.

Et puis il se laissa guider par ses plus bas instincts et le calvaire de Rogue commença.

Il prit ce qu'il désirait sans même se soucier des quelques gémissements de douleur qui échappèrent au sorcier alors qu'il n'avait même pas émis un son sous le Dolens.

Lorsque cela s'acheva, il fallut plusieurs minutes au jeune homme pour que les derniers échos de son orgasme disparaissent et qu'il s'éloigne de lui. Il se rendit seulement compte à ce moment-là que Rogue le fixait avec impassibilité. Son regard était froid, insondable, comme s'il était indifférent à ce qu'il venait de se produire. Ignorant même qu'il était couvert de son propre sperme et que le sien coulait encore entre ses fesses.

Harry eut un haut le cœur et quitta le lit.

En d'autres circonstances, l'image aurait pu être belle. La scène devant lui ne lui paraissait qu'obscène, et il en était le responsable.

Il agita rapidement sa baguette pour effacer du lit, et d'une partie du corps pâle, toute trace de leur acte avant de se détourner et de quitter la chambre d'un pas rapide. Il avait l'impression que les yeux noirs le suivaient encore. Même pas accusateurs - à ce moment il aurait pu penser que ce n'était qu'une bien petite punition pour ses crimes. Non, juste… Non, non, pas vides… déçus ? Comment auraient-ils pu l'être alors que ce mangemort n'avait jamais été dans leur camp ? Non, ça devait être simplement le choc, il n'avait pas dû s'imaginer qu'il irait si loin. Et il était parvenu à le briser comme il le souhaitait.

La scène qu'il venait de quitter revint à la surface de sa mémoire et, dès qu'il claqua la porte de sa salle de bain, il vomit.

A suivre…

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