Nouveau chapitre, rien que pour vous.
Merci pour vos commentaires ils me font très plaisir. Ca me donne envie de continuer.
Jafaden: j'avoue que j'ai pas trop réfléchi à ça, je me suis simplement dit que si Law était capable de séparer un coeur d'un corps, il pouvait en faire autant avec d'autre organes.
Désolée si l'histoire de l'oeil écrasé t'a choqué, ce n'était pas le but, mais Law n'est pas connu pour être un enfant de choeur. ^^"
Naheiah: La suite, la voilà. ^^
Skelisia: C'est la première fois qu'on me dit ça, c'est vrai que c'est rare.
J'espère que la suite te plaira.

Bonne lecture.


Chapitre 2:

Une enfant d'Atlantide.

− Une Atlante, hein? Répéta Law en se tournant à nouveau vers la fille. Rencontre peu commune.
Debout derrière les barreaux de sa cage, elle soutint son regard sans ciller. L'attention de la jeune femme était à présent tournée vers le pirate qui la scrutait, oubliant totalement la main qui rampait en cercle sur le sol, comme un animal désorienté. S'approchant des barreaux, Law jeta la tête et l'oeil du capitaine par dessus son épaule et les abandonna où ils étaient tombés sans même faire attention aux protestations de sa victime. Un instant, il resta planté devant la cage, immobile, inspectant sa prise.

La fille n'avait rien d'impressionnant au premier abord. A peine plus grande que la moyenne, des cheveux blonds sales et emmêlés retenus en queue de cheval par un ruban qui avait connu des jours meilleurs, des yeux bleus presque aussi cerné que les siens, le visage pale couvert de sang sec et de saletés, une robe déchirée dont la couleur était difficilement identifiable, il était évident qu'elle avait connu un voyage fort peu confortable. Pourtant elle était là, debout face à lui, lui rendant son regard scrutateur sans frémir. Elle semblait même le défier. Cependant, quand il dégaina son arme, il la vit se redresser et frémir. Ses lèvres pales s'ouvrirent comme si elle allait protester, mais aucun son n'en sortit. Elle sembla se raviser et serra les lèvres avant de faire un pas en avant d'un air déterminé. Ses yeux ne quittèrent pas la lame du sabre tandis que Law le levait pour frapper. Un instant plus tard les barreaux de la cage tombaient sur le plancher avec un tintement sonore et elle sembla particulièrement surprise d'être toujours en un seul morceau.

− Tu viens avec nous, ordonna Law tandis qu'elle contemplait ses mains comme pour s'assurer qu'elle avait encore tous ses doigts.
Entendant sa voix, elle leva les yeux vers lui mais ne bougea pas.

− Amène-toi, s'impatienta le pirate en tendant la main pour l'attraper par le bras.
Elle recula vivement, esquivant son geste, et lui lança un regard méfiant. Pendant un instant, ils se jaugèrent du regard puis, sans un mot, Seran hocha la tête, comme pour signifier son accord.

La jeune fille ne savait pas vraiment à qui elle avait à faire. Elle avait néanmoins compris que l'homme qui se tenait face à elle était un pirate, un ennemi de la marine, ce qui, dans sa situation, équivalait presque à un allié potentiel. Mais les pirates n'étaient pas connus pour leur bonté et elle ne savait pas ce qui était le pire: tomber entre les mains de la marine ou entre celles de cet homme et de ses étranges pouvoirs. Cependant, elle ne ressentait aucune peur provenant d'Esran, c'était bon signe. Seran avait une confiance aveugle dans le jugement de la créature, jamais ça ne l'avait trompé et si Esran, qui était pourtant méfiante, ne craignait pas cet homme, c'est qu'elle pouvait lui faire confiance. Dans une certaine limite, tout du moins.

Essayant de trouver un équilibre précaire sur ses jambes tremblantes, Seran enjamba les morceaux de corps et abandonna enfin sa cage. Law la regarda bouger un instant, les sourcils froncés, avant de se détourner pour retourner vers l'escalier mais au lieux de le suivre, elle s'accroupit près du tas de corps découpés et commença à fouiller dans la veste de l'un des soldat. La tête du capitaine laissa échappé un rire étouffé, tandis que les doigts malhabiles de la jeune femme fouillait dans la poche de sa chemise.

− Ne crois pas que tu vas t'en sortir comme ça, morveuse, grogna-t-il une fois qu'il se fut repris. On va te poursuivre, jour et nuit, sans relâche, jusqu'à e que tu tombes d'épuisement et qu'on ai plus qu'à te cueillir.
Sans lui prêter attention, Seran extirpa de sa poche une petite clé argentée puis se releva en titubant un peu. Elle allait se retourner quand elle se ravisa et s'approcha de la tête tranchée de son tortionnaire qui continuait à l'admonester. Avec un sourire vengeur, la jeune fille lui flanqua un coup de pied qui l'envoya voler à l'autre bout de la pièce où elle heurta un mur avant de tomber dans un tonneau vide. Satisfaite d'elle, Seran se tourna vers le coin de la pièce situé sous l'escalier d'accès, n'accordant aucune attention au regard impatient et mécontent de son sauveur. La suivant du regard, Law remarqua seulement à cet instant la présence d'un coffre fermé par un solide cadenas que l'Atlante ouvrit avec la clé qu'elle venait de dérober.

Génial!
Sa voix rauque et enrouée de n'avoir pas servi depuis des jours, surpris bien moins les deux pirates que le mot prononcé. Ils échangèrent un regard afin de s'assurer mutuellement qu'ils avaient bien entendu la même chose: un mot qui ne voulait rien dire.

Tandis qu'ils s'interrogeaient tous deux, Seran se hâta de tirer ses maigres possessions du coffre. Elle n'avait pu emporter que peu de choses à son départ d'Atlantide et en avait perdu la majeure partie lors de son arrestation. Tout ce qui lui restait tenait dans cette caisse: une longue lame en forme de S étiré, typiquement atlante, camouflée dans un fourreau bardé de métal, une arme à feu dans un holster et un objet étrange, rond et plat ressemblant à montre à gousset. C'était, avec le pendentif de cristal qu'elle avait encore au cou, tout ce qui lui restait. Cependant, quand elle se redressa, elle tomba face à face avec Law qui tendait une main vers elle. Comprenant aisément ce qu'il voulait, Seran ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel avant de lui remettre ses armes. Elle garda cependant le boîtier semblable à une montre et le glissa dans son corsage. Le pirate ne sembla pas y voir d'inconvénient.

- Bepo, ordonna-t-il simplement avec un signe de tête en direction de Seran.
L'ours polaire acquiesça et Law fit disparaître les armes à l'indignation de la jeune femme. Sans prendre la peine de lui accorder son attention, il s'élança dans l'escalier. D'une patte sur l'épaule, Bepo incita Seran a suivre son capitaine. N'ayant pas d'autre alternative, la jeune femme fit ce qu'on lui demandait, un air boudeur sur son visage fatigué.

Le navire était sens dessus-dessus mais la lutte semblait être terminée. Sur les ponts qu'ils passèrent, les pirates tenaient divers groupes de soldats en respects, les officiers retenus séparément du gros de la troupe. Leur chemin était jalonné de morceaux de corps qui remuaient tout seul. Seran n'en revenait pas. Tout l'équipage, ainsi que la troupe chargé de la surveiller avait été vaincu en quelques dizaines de minutes à peine alors qu'ils étaient largement en supériorité numérique. Elle ne savait pas à qui elle avait à faire, mais une chose était certaine, ce n'étaient pas des petits joueurs.

− Capitaine! s'écria quelqu'un.
Elle se tourna dans la même direction que les deux autres et vit deux types portant des chapeau ridicules s'approcher. Ça devait être la mode dans le coin, se dit elle, son regard passant des deux nouveaux venus à Law qui se tenait toujours devant elle. Mais elle se garda bien de se faire remarquer, même s'il y avait peut de chance que ces hommes la comprennent. S'il y avait un mot qu'elle avait appris à reconnaître au cours de son voyage à bord de ce maudit navire, c'était bien "capitaine" et elle savait qu'il valait mieux éviter d'énerver quiconque portait ce titre.

Les trois hommes discutèrent un instants sans faire attention à elle, ce qui lui permis de s'éloigner pour dégourdir ses jambes encore ankylosées. Un étrange mat ne portant ni voiles ni drapeau témoignait de la présence du bateau des pirates sur bâbord. Elle s'approcha du bastingage, curieuse de voir l'embarcation qui avait réussi à arraisonner un navire aussi puissant que celui qui la transportait. Elle ne devait pas être très grande, vu que le mat dépassait à peine le pont supérieur du navire. Quand elle se pencha par dessus bord pour jeter un coup d'oeil en contrebas, cependant, elle eut une exclamation de surprise. Elle n'avait encore jamais vu un navire comme celui-ci, et la confusion qu'elle sentait de la part d'Esran prouvait que la créature ne connaissait pas plus qu'elle ce type de bâtiment.

Drôle de bateau, fit-elle pour elle même en s'accoudant au bastingage.
Son apparence particulière expliquait peut-être pourquoi il était parvenu à tromper la surveillance de la marine aussi facilement.

− Eh toi!
Seran se retourna et vit le capitaine pirate se diriger vers elle à grandes enjambées.

− Ne pense pas que tu vas nous échapper comme ça.
Elle le regarda en inclinant légèrement la tête sur le coté, ne comprenant pas un mot de ce qu'il disait. Mais son ton et son allure parlaient pour lui, elle compris qu'elle n'avait pas intérêt à essayer de lui fausser compagnie. De toutes façons, même si elle l'avait voulu, elle n'aurait probablement pas pu. Elle était pratiquement à bout de force et ne pourrait certainement pas aller loin dans son état. Sans compter que les navires étaient au beau milieu de l'océan et qu'elle ne pourrait certainement pas nager jusqu'à la prochaine île. Et puis, il fallait avouer qu'elle n'avait strictement pas envie de se retrouver en morceaux sur le pont, même si une partie d'elle se demandait quel effet ça pouvait faire.

Essayant de ne pas contrarier le jeune homme, Seran s'écarta du bord et s'avança vers lui, en prenant soin d'éviter tous mouvements pouvant être interprétés comme une menace par les pirates. Sans ménagement, Law l'attrapa par la peau du dos et la poussa devant lui vers le petit groupe formé par Bepo, Penguin, Shachi et quelques autres. Tous les yeux étaient braqués sur elle et ce n'est qu'à ce moment là qu'elle se rendit compte de son apparence négligée. Elle n'aurait pas dit non à une bonne douche, même glaciale. Ça et un bon repas était tout ce qu'elle désirait à ce moment.

− Qui c'est cette fille, capitaine? Demanda Penguin sans la quitter des yeux, bien que ceux-ci soient cachés sous les bord de son chapeau.

− Il semblerait que ce soit elle, l'arme de la marine, répondit Law. Il parait que c'est une Atlante.
Cette information provoqua un instant de confusion parmi les pirates. Atlantide, l'île cachée, était l'un des plus grand mystère de Grand Line. La plupart des civils croyaient qu'il s'agissait simplement d'une légende mais ceux qui parcouraient les mers en quête d'aventures et de trésors savaient que l'île existait réellement quelque part, bien cachée. On prêtait à ses habitants de grands pouvoirs et des capacités surhumaines et on disait que leur technologie n'avait pas d'égal sur cette mer dangereuse et méconnue. Mais personne ne savait ce qu'il en était réellement. Depuis des années le gouvernement mondial et la marine cherchaient à s'emparer de cette technologie et des secrets donnant aux Atlantes leurs capacités si extraordinaires. En vain. Enfin, jusqu'à aujourd'hui.

Pourtant à regarder la fille qu'ils avaient devant eux, ils avaient du mal à croire qu'elle puisse appartenir à cette race quasiment légendaire. Les histoires faisaient des Atlantes des êtres qui n'avaient plus grand chose à voir avec des humains, mais elle, elle ressemblait à une fille toute à fait ordinaire. Il n'y avait rien dans son apparence qui puisse confirmer de manière certaine qu'elle venait bien de l'île cachée. Toutefois, tous devaient convenir d'une chose: quelle que soit son apparence, il se dégageait d'elle quelque chose d'inhabituel. Bien qu'il leur aurait été difficile d'expliquer quoi.

− Si c'est vraiment une Atlante, elle ne ressemblent pas du tout à ce que les histoires racontent, fit remarquer Penguin.

− Je ne suis pas du genre à croire ce que racontent les histoires, répliqua Law. Mais tu as raison, rien ne prouve qu'elle en est vraiment une. Ni qu'il s'agit bien de l'arme que nous cherchons.
Il laissa passer un instant.

− Penguin, Shachi, fouillez ce navire de fond en comble et prenez tout ce dont nous avons besoin. Cherchez le moindre signe de cette arme. Toi, Jean Bart, veille à ce que les marines se tiennent tranquilles. Si vous avez besoin de moi, je serai à bord du Heart.

Les hommes approuvèrent d'une même voix et se précipitèrent vers l'intérieur du navire. Law les regarda disparaître dans le bâtiment avant d'adresser un signe de tête à Bepo lui faisant silencieusement comprendre de le suivre. L'ours invita Seran à suivre son capitaine avant de lui emboîter le pas. Une échelle avait été installée entre les deux navires afin de passer plus facilement de l'un à l'autre, mais Law se contenta de sauter sur le pont de son sous-marin. Seran ne se sentait pas dans l'état d'en faire autant et opta pour une descente plus lente mais plus sûre le long de l'échelle tandis que Bepo la suivait. Elle n'eut pas vraiment le temps de regarder autour d'elle avant d'être invitée à entrer dans le bâtiment.

L'intérieur ne ressemblait à rien de ce qu'elle connaissait. Au lieux des mur en bois attendus, elle ne trouva que des parois composées de plaque de métal rivetées entre elles. Des tuyaux de toutes les taille courraient au plafond, entant ou sortant des salles devant lesquelles ils passaient. Quelques hommes en combinaison blanche allaient et venaient dans les couloirs, l'air très affairés. Toujours guidés par Law, ils passèrent un sas étanche et descendirent une échelle avant de longer une autre coursive, assez étroite et plutôt basse de plafond qui débouchait sur l'infirmerie du sous-marin. Devant la porte, Law se retourna et lança un regard vers Bepo.

− Je l'examinerai tout à l'heure. Emmène la aux douches, elle en a bien besoin. Et veille à ce qu'elle ne nous fausse pas compagnie.
L'ours hocha la tête et posa l'une de ses grosses pattes sur l'épaule de la jeune femme pour attirer son attention. Il lui fit signe de la suivre et s'éloigna. Seran regarda Law s'enfermer dans la pièce en se demandant ce qui se passait puis consentit enfin à suivre l'ours polaire. Il la guida parmi d'autres coursives guère plus large que celles qu'ils venaient de quitter. Seran regardait partout autour d'elle, ne comprenant rien à ce qui l'entourait. Jamais elle n'avait vu de bateau de comme celui là. Les navires qu'elle avait pourtant eu l'occasion de voir, ou d'emprunter, depuis son départ d'Atlantide n'étaient pourtant pas si différents de ceux que les Atlantes construisaient, alors que celui-ci était d'un genre totalement inédit pour elle.

Ils firent une halte à la blanchisserie ou Bepo fouilla un instant à la recherche de quelque chose pour vêtir Seran, tandis qu'elle inspectait la pièce, et les énormes machines, avec curiosité. Quand il eu trouvé ce qu'il cherchait, il l'invita à la suivre et la mena vers les quartiers de l'équipage. Ils ne croisèrent personne, les pirates étant certainement sur le navire de la marine, occupés à le piller. L'ours ouvrit une porte devant elle et la fit entrer. Seran claqua des mains comme une petite fille satisfaite quand elle compris où elle se trouvait.

C'est pas trop tôt, je vais enfin pouvoir me débarrasser de toute cette crasse!
Elle allait entrer dans la salle quand Bepo la retint. Il lui indiqua de la suivre et se dirigea vers un coin de la pièce. Il fouilla un instant dans un placard avant de lui mettre ce dont elle aurait besoin dans les bras.

− Voilà pour toi, fit-il. Et quand tu aura fini, mets ça.
Il étendit un teeshirt noir, marqué du drapeau de l'équipage, devant lui. Bien que ne comprenant pas un mot de ce qu'il disait, Seran compris tout de même l'intention. Elle hocha la tête et jeta le teeshirt à cheval sur son épaule.

− On a pas de vêtements féminins, précisa l'ours en baissant la tête. Désolé.
Seran le regarda un instant en inclinant la tête sur le coté, puis elle lui adressa un sourire avant de s'enfermer dans la première cabine qu'elle trouva.

Sans perdre de temps, Seran se débarrassa de sa robe sale et déchirée et la laissa tomber sans cérémonie sur le carrelage. Elle tira l'objet semblable à une montre gousset de son soutient gorge et le déposa sur une serviette à l'abri des éclaboussures avant de finir de se débarrasser de ses vêtements et d'ouvrir les robinets. Avec un soupir de satisfaction, elle laissa l'eau couler sur son corps fatigué. Bon sang, elle en rêvait de cette douche. Bien qu'elle n'eut aucun moyen de voir passer les jours et les nuits, elle savait exactement combien de temps elle avait passé enfermé dans cette cage humide et crasseuse. Huit jours, vingt deux heures, quarante trois minutes et dix-sept secondes exactement. Elle pouvait remercier sa capacité à ressentir le passage du temps, sans elle elle aurait certainement perdu le compte dès le premier jour et aurait été complètement désorientée. C'était certainement le but de ses geôliers d'ailleurs.

Après avoir laissé l'eau couler pendant de longues minutes, la jeune femme s'empara des affaires de toilettes données par Bepo et entreprit de se laver de la tête aux pieds sans oublier ses cheveux, masse informe et dégoûtante sur son crâne. Quand elle coupa l'eau, de longues minutes plus tard, la vapeur planait dans la cabine mais elle se sentait mieux, comme nettoyée de sa fatigue autant que de sa crasse. Elle s'essuya sommairement avec une serviette qu'elle enroula autour d'elle avant de sortir pour essorer se cheveux. Elle leur donna ensuite un bon coup de peigne, n'hésitant pas à arracher les mèches qui refusaient de se démêler puis les laissa tomber, encore humides, dans son dos. Quand elle en eut fini avec ses cheveux, elle abandonna sur le sol la serviette qui la couvrait sans prêter attention à la présence de Bepo qui la surveillait toujours. Tandis que l'ours écarquillait les yeux, stupéfait mais gère intéressé, Seran enfila le teeshirt qu'on lui avait prêté. Trop grand pour elle, il lui arrivait à mi-cuisse et couvrait la majeure partie de sa silhouette.

Ça fait du bien, fit-elle en se tournant vers son gardien. Merci.
L'ours ne répondit rien, bien entendu, se contentant de lui faire signe de le suivre.

Ils reprirent le chemin en sens inverse, mais cette fois, quelques pirates croisèrent leur route. Ils les regardèrent passer sans un mot, partageant toutefois le même air perplexe. Une fois devant l'infirmerie, Bepo ouvrit la porte et annonça leur arrivée à Law qui leur tournait le dos. Le capitaine ne daigna pas répondre, mais ça n'empêcha pas l'ours blanc de pousser Seran vers la porte. Voyant les instruments et machines gardés dans cette salle, Seran sentit la panique la gagner. Qu'avaient-ils l'intention de faire au juste?

Doucement, Bepo la poussa dans la pièce d'une patte dans le dos. La jeune femme déglutit difficilement en approchant de la table d'examen trônant en plein milieu de l'infirmerie. Elle resta plantée près de la table d'acier sans oser bouger tandis que Law fouillait dans les tiroirs préparant quelque chose qu'elle ne pouvait voir. Curieusement, Esran ne semblait pas inquiète. Elle lui envoyait même des images réconfortantes pour tenter de la rassurer. La créature semblait avoir confiance en cet homme malgré la situation. Seran avait pris l'habitude de suivre l'instinct de la créature, ainsi se laissa-t-elle faire quand Bepo l'aida à s'asseoir sur la table. Law se retourna à ce moment et posa un plateau d'inox portant divers instruments médicaux sur une chariot roulant près de la table.

− Première chose, fit-il, en enfilant des gants stériles. Tu comprends ce que je te dis?
Il leva la tête et riva ses yeux gris à ceux, bleus, de la jeune femme. Elle le regarda un instant sans répondre, un air perplexe s'inscrivant sur son visage fatigué.

− Tu parles notre langue? Demanda-t-il en détachant chaque mot comme s'il parlait à une demeurée.
Elle le regarda un instant avant de porter son attention sur ses mains la concentration remplaçant la perplexité sur son visage. Law soupira en se retenant de lever les yeux au ciel. Ce petit jeu commençait à émousser sa patience.

− Peu de mot, fit alors Seran, très concentrée sur ce qu'elle disait.
La traduction instantanée ne faisait pas parti des dons octroyés par Esran, bien que la présence de la créature et leur connexion aidaient Seran à assimiler ce qu'elle apprenait plus vite que la moyenne.

− C'est toujours ça. C'est quoi ton nom?
Elle le regarda un instant cherchant les mots pour lui répondre.

− Nom? ... euh ... Seran.
Law haussa un sourcil.

− Seran, répéta-t-elle en posant une main sur sa poitrine. Nom à moi.
Elle lui adressa un sourire mais à sa déception, le jeune homme ne prit pas la peine de se présenter, se contentant de se tourner vers la table portant les instruments qu'il avait préparé.

Seran le regarda préparer une seringue avec méfiance, pourtant quant il passa un garrot autour de son bras et le serra, elle se laissa faire, observant l'opération avec attention. Il nettoya le pli de son coude avec un coton imbibé d'alcool puis piqua l'aiguille dans une veine. Il préleva trois échantillons qu'il déposa sur le plateau, dans une sorte de râtelier avant de coller une boule de coton sur la piqûre et de relever son avant bras jusqu'à ce que son poignet touche son épaule. Seran resta dans cette position tandis que le médecin préparait un autre examen. Elle se laissa manipuler sans opposer de résistance tandis qu'il prenait sa tension, vérifiait ses réflexe ou l'écoutait respirer. Quand il écouta son coeur cependant, un froncement de sourcil apparut sur son visage et il s'y repris à deux fois.

− Capitaine? Interrogea Bepo, remarquant la réaction du jeune homme.

− J'entends comme un écho, annonça Law. Deux battements de coeur.

− Deux?
Law ne daigna pas répondre. Il passa son stéthoscope autour de son coup et fit signe à Seran de retirer son teeshirt. La jeune fille le regarda un instant, perplexe, avant d'obtempérer. Elle ôta le vêtement et le posa sur la table à coté d'elle, ne semblant pas éprouver la moindre gêne à se montrer nue devant lui. Cependant, ce ne furent pas ses formes qui attirèrent l'attention du jeune homme, mais bien la longue cicatrice qui courrait le long de son sternum.

− Opération à coeur ouvert? Interrogea Bepo.

− Peut-être. Mais ça n'explique pas pourquoi j'entends deux battements de coeur. Prépare la radio.
Tandis que l'ours polaire s'affairait autour de l'appareil, Law replaça son stéthoscope dans ses oreilles et écouta à nouveau ce qui se passait dans la poitrine de la jeune femme. Le premier battement était bien audible, clame et rythmé, rien d'inhabituel à ça. Le second était plus sourd, presque imperceptible pourtant bien présents. Les deux battements étaient parfaitement synchronisés. Law n'avait jamais rien rencontré de tel.

− C'est prêt capitaine, annonça Bepo après un instant.
D'un geste, Law indiqua à Seran de se positionner devant la machine, ce qu'elle fit, non sans y lancer un coup d'oeil méfiant. A gestes rapides, il lui indiqua comment se placer, avant de prendre plusieurs clichés de face et de dos. Il laissa Seran se rhabiller le temps que les radios se développent et consacra ce court moment à l'examen des échantillon de sang, ce qui sembla le laisser encore plus perplexe.

− Vous devez voir ça capitaine, s'écria Bepo, alarmé, en revenant, les cliché sous le bras.
Il alluma une table lumineuse et y accrocha les radios. Law y jeta un coup d'oeil avant de se passer une main sur le front. Toutes les radios montraient la présence d'une sorte de parasite bien installé près du coeur de la jeune femme.

− Qu'est-ce que c'est que ce truc à votre avis? s'affola l'ours blanc. Un parasite?

− Peut-être, répondit son capitaine qui, lui, gardait son calme.
Il se rapprocha pour mieux voir. La bestiole avait l'air d'une sorte de crevette géante, ou d'un vers replié sur lui même. Des filaments semblaient relier cette créature au coeur et aux poumons de Seran et probablement à tous ses autres organes vitaux.

− La cicatrice, fit Law, en passant pensivement une main sur son menton. Comme si on lui avait ouvert la poitrine pour lui implanter cette chose.

− Volontairement? Demanda Bepo qui commençait à avoir des sueurs froides.

− Il semblerait.
Il se tourna vers Seran.

− J'aimerai bien qu'elle parle notre langue pour nous expliquer ça.
Ayant surpris son coup d'oeil vers elle, Seran abandonna l'examen d'une coupe anatomique de cerveau pour le rejoindre. Elle regarda un instant les radio avant de pointer la créature du doigt.

− C'est Esran, affirma-t-elle avec un grand sourire, avant d'ajouter dans sa langue, c'est la première fois que je peux la voir depuis l'implantation.
Les deux autres la regardèrent un instant comme si elle descendait de la lune.

− Esran? Cette chose à un nom?
Seran se tourna vers Law et hocha la tête.

− Oui, un nom ... C'est Esran, fit-elle avec un sourire. Amie à moi.
Le capitaine pris une lente inspiration en se massant les tempes. Sa migraine ne le lâchait pas et la situation ne l'aidait pas à se calmer.

− On ne pourra rien tirer d'elle tant qu'elle ne pourra pas parler correctement, soupira-t-il. Je te la confie Bepo, apprends lui notre langue, et veille à ce qu'elle ne dérange personne à bord, et surtout, qu'elle ne nous fausse pas compagnie.
Il récupéra son nodachi posé contre le mur près de la porte et fit mine de sortir.

− Installe là dans une cabine vide, fit-il sans se retourner, qu'elle y reste tant qu'on en saura pas plus. Appelle moi si tu te rends compte que sa santé se détériore. On devra peut-être lui extraire cette chose.
Avec ça il sortit sans un regard pour Seran. La jeune femme regarda la porte un instant, l'air dépité avant de se tourner vers son gardien.

J'ai dis quelque chose de mal?

Bepo s'excusa d'une petite voix, bien qu'il n'eut pas compris la question. Un silence s'installa dans la pièce pendant un instant et c'est juste à ce moment que l'estomac de Seran choisit de se faire entendre, provoquant la gêne de la jeune fille. Comprenant ce qu'il avait à faire, Bepo lui fit signe de le suivre. Se demandant encore ce qu'on allait faire d'elle, Seran le suivit sans résister.


Law s'était enfermé dans sa cabine depuis un moment déjà, afin d'essayer de calmer sa migraine, quand on frappa à sa porte. Ouvrant les yeux, le jeune homme se redressa sur son siège avant d'autoriser son visiteur à entrer. La porte s'ouvrit sur Shachi et Penguin qui entrèrent sans faire de bruit. Law se cala contre le dossier de son fauteuil avant de demander:

− Alors, cette arme?

− Il semblerait que ce soit bien la jeune femme que tu as trouvé, capitaine, informa Penguin en tendant à Law une liasse de papiers d'allure officielle. Et il semblerait également qu'elle soit bien une Atlante. Enfin, c'est ce dont la marine était persuadée en tout cas. Tout est là.
Law pris la liasse de papiers et la laissa tomber sur son bureau déjà bien garni en la matière.

− Fait moi la version courte, je lirai ça plus tard.

− Hé bien, les renseignements sont assez lacunaire mais en gros, la demoiselle a été capturée il y a une dizaine de jours environ. La marine lui courrait après depuis un sacré bout de temps, elle aurait tué quatre officiers.

− Pourquoi donc?
Penguin secoua la tête:

− Ce n'est pas précisé.

− Quoi qu'elle ait fait, la marine avait l'air plus intéressée par ce qu'elle porte que par ses crimes, intervint Shachi. On a pas très bien compris, mais visiblement elle a quelque chose en elle qui devait absolument arriver vivant à Portcalora.
Law posa la tempe sur son poing, tournant les pages des documents volés à la marine de l'autre.

− Ils en avait après cette espèce de parasite? Qu'es-ce que ça peut bien être.
Penguin et Shachi le regardèrent sans comprendre.

− Quand je l'ai examiné, tout à l'heure, j'ai découvert une sorte de parasite dans sa poitrine. Probablement implanté volontairement. C'est certainement ça que voulait la marine. Je me demande bien pourquoi.
Un parasite portant un nom, qui plus est!

− Pourquoi ne pas lui avoir demandé, interrogea Penguin en fronçant les sourcils.

− Je l'aurais bien fait, si elle avait parlé notre langue.

− Parlé notre langue? s'étonna Shachi. Mais ... On parle cette langue d'un bout à l'autre du monde. Il y a des siècles que le gouvernement mondial a obligé toutes les îles et tous les pays à parler cette langue. N'hésitant pas à employer la force contre ceux qui se montrait réfractaire.
Penguin hocha la tête, appuyant les propos de son compère à chapeau.

− Toutes les îles sauf celles qui n'ont jamais pu être trouvé, fit remarquer Law. Et autant que je sache, le gouvernement cherche toujours Atlantide.
Les deux autres restèrent muets.

− Et il y a ça aussi.
D'un geste, il attrapa la lame étrange que la jeune femme avait récupéré sur le bateau de la marine et qu'il lui avait confisqué presque aussitôt. Il avait pris le temps de l'inspecter avant de l'abandonner sur son bureau. Il la lança vers Penguin qui l'attrapa avec habilité avant de la sortir de son fourreau.

A peine plus longue qu'un sabre normal, la courbure de la lame était cependant plus prononcée et, chose étrange, la fusée de la poignée était courbée dans l'autre sens de manière à ce que l'ensemble forme comme un S très allongé. Dépourvue de garde, la lame comportait tout de même deux encoches en forme de crochet destinés à protéger la main de son porteur, l'une sur le dessus de la lame, juste à la jonction avec la poignée, l'autre sur la face tranchante à un doigt environ de la poignée. Mais ce n'était pas ce qui était le plus étonnant. En plus de sa forme inhabituelle, la lame avait été forgée dans un métal étrange parcouru d'irisations blutées qui chatoyaient à la lumière de la lampe. Des ciselures courraient tout le long de la lame formant des arabesques élégantes et des lettres qu'aucun des trois hommes n'avait vu auparavant. Pour couronner le tout, la lame était légère, parfaitement adapté à des mains de femme. On était loin des armes rustiques et souvent souvent grossières utilisées par les pirates comme par la marine.

− Jamais rien vu de pareil, avoua Penguin en faisant tourner l'arme entre ses doigts pour l'inspecter sous toutes ses coutures.
Le silence de son capitaine indiquait que lui aussi était dans le flou.

− Si vous voulez mon avis, il y a trop de mystères autour de cette fille, fit Sahchi en retenant un frisson. Ça va nous apporter des ennuis.

− Les ennuis nous courent déjà après, fit remarquer Penguin en remettant la lame dans son fourreau.
Il allait poser l'arme sur le bureau de Law quand la porte s'ouvrit sur un autre membre de l'équipage, un jeune mousse qui ne les avait rejoint que récemment.

− Capitaine, on a reçu une communication de l'équipage du Chapeau de paille, annonça-t-il. Ils se dirigent vers Midona et demandent quand on doit les rejoindre.
Un long soupir s'échappa de la poitrine de Law. Il se tourna vers ses deux autres subordonnés.

− Quand pouvons nous partir?

− Le chargement est presque terminé, annonça Sahshi. On devrait pouvoir y aller d'ici une heure.

− Bien, quand tout sera prêt, mettez le cap sur Midona et prévenez Chapeau de paille.
Comprenant que ça mettait un terme à l'entrevue, Shachi et Penguin hochèrent la tête d'un même mouvement et sortirent de la cabine en entraînant leur jeune compagnons avec eux.

Resté seul derrière son bureau, Law se passa une main sur le visage en soupirant avant de lancer un regard vers l'arme atlante toujours posée devant lui. Dans quelle situation s'était-il encore fourré? Au lieu d'une arme, il venait de récupéré une fille incapable de prononcer le moindre mot correctement ni d'expliquer clairement tous les mystères qui l'entouraient. Sans compter que d'ici quelques jours, il aurait rejoint son turbulent et imprévisible allié. Il ignorait ce que tout ça mis ensemble provoquerait mais il était sûr d'une chose: sa migraine n'était pas prête de le lâcher.


Vous l'avez compris, les paroles en italique sont dans une langue étrangère que les Heart ne comprennent pas.
Si la description de l'arme de Seran vous laisse perplexe, vous pouvez aller voir sur mon blog j'y ai posté l'image qui me l'a inspiré. Vous trouverez l'adresse dans mon profile.

A la semaine prochaine, j'espère. ^^