Voici le premier chapitre de ma fiction qui s'appelle (pour l'instant) "Ce n'est pas de l'amour, Granger". Je suis désolée s'il y a des fautes, mots mal orthographiés, écrits en double... Je n'ai personne qui relit mes chapitres avant qu'ils soient postés et malgré tout le mal que je me donne pour que mes écrits soient propres, parfois certains détails m'échappent !
Enfin bref, enjoy ! :)
Disclaimer : L'histoire m'appartient, le reste est à JKR !
LKWSM
Chapitre 1 : Pour une photo
- Lâchez-moi !
Des rires se firent entendre.
- On t'avait prévenu Colin, dis alors une voix grave.
- Et tu n'as pas écouté, ajouta une autre voix, dommage pour toi Crivey.
Drago Malefoy marchait d'un pas trainant en direction des voix, sachant très bien à quoi s'attendre en tournant à l'angle du couloir. Crabbe et Goyle, les deux sbires de Drago depuis la première année à Poudlard, avaient coincé cet insupportable Colin Crivey contre un mur et s'apprêtaient à lui faire payer quelque chose qui apparemment, les avait beaucoup irrités.
- Vous ne pouvez pas utiliser la magie contre moi ! s'écria alors le Gryffondor à peine âgé d'un an de moins qu'eux, mais bien plus petit et frêle cependant.
- Pas besoin de magie pour ça, espèce de sang de bourbe, grogna Goyle avec un poing en l'air.
- Lâchez le, intima Drago.
Au simple son de sa voix, les deux Serpentards se retournèrent d'un même mouvement vers lui. Le garçon aux cheveux blonds d'argent était appuyé nonchalamment contre un mur, les mains dans les poches, à quelques mètres d'eux. Crabbe et Goyle se sentaient bêtes d'avoir été pris sur le fait, et par peur plus que par loyauté envers leur chef de bande, ils lâchèrent leur cible cependant toujours bloquée contre le mur. Crabbe se sentit obligé de se justifier :
- Mais cette petite vermine de sang de bourbe n'arrête pas de nous suivre de partout, et il nous prend par surprise avec son appareil photo débile.
- Oh, dis Drago d'un ton las, ennuyé par cette conversation. Alors vous avez un admirateur secret, quelle charmante nouvelle…
Drago pinca ses lèvres et réprima un sourire moqueur. Colin avait pris ces deux grosses brutes pour cible depuis plusieurs jours, les prenant en photo lorsqu'ils s'y attendaient le moins, et dans des situations peu flatteuses. Il y a un an, il les aurait laissé faire, aurait peut-être même profité de la situation pour dénigrer le garçon également. Cependant, cette année, c'était différent. Non pas que son mépris pour les sorciers au sang impur se soit envolé, loin de là, seulement les gamineries entre élèves de Poudlard ne lui paraissaient plus aussi amusantes, mais plutôt futiles.
- Je vais rater mon cours de potion, laissez-moi passer maintenant !
Mais personne ne bougea. Alors Malefoy s'avança vers eux, intimant à Crabbe et Goyle de se pousser d'un revers de la main. Il baissa la tête pour regarder Colin Crivey droit dans les yeux, et lui dis tout simplement de déguerpir.
- Hors de question que je parte sans mon appareil photo ! osa alors le Gryffondor.
Mais Drago ne le lâchait pas du regard, un regard qui n'avait rien de sympathique. Alors Colin s'en alla en marmonnant qu'il se vengerait de ces maudits serpents.
Drago se tourna vers Crabbe qui avait toujours l'appareil photo de la victime en sa possession et lui pris des mains. Il leur ordonna ensuite de ne pas rester planter là, parce que leurs têtes d'idiot l'agaçaient au plus haut point. Les deux ne se firent pas prier et partirent en direction de leur salle commune.
Dans un des dortoirs vert et argent des Serpentards, Malfoy était allongé sur son lit, un bras derrière la tête. Il avait profité d'une sortie à Pré-au-Lard organisée par l'école pour pouvoir se retrouver seul. Pré-au-Lard était un endroit ridicule rempli de gens stupides, il n'avait rien à y faire. De plus, il ne supportait que très difficilement la compagnie de qui que ce soit depuis la rentrée. C'était leur septième et dernière année à Poudlard, et plus que jamais il se demandait ce qu'il faisait là. Il aurait pu être aux côtés du mage noir, avoir une place très importante et être respecté de celui qui fut son idole toute sa jeunesse. Cependant quelque chose avait changé cet été. Il ferma les yeux et se remémora une fois de plus l'image qui avait hanté toutes ses nuits depuis les dernières semaines.
Dans l'immense et sombre pièce principale du manoir des Malfoy, Lucius semblait nerveux. Il ne cessait d'aller et venir, sa baguette serrée dans la main. Drago était là, au fond de la pièce et assistait à la scène. Sa mère, Narcissa était assise dans un des grands fauteuils et malgré son visage impassible, on pouvait lire de l'inquiétude dans ses yeux. Après ce qui sembla durer une éternité pour tout le monde, un « crac » se fit entendre, suivit d'un autre. Au milieu de la pièce, le Lord venait de transplaner, suivi de très près par Bellatrix Lestrange, sœur de Narcissa et fidèle de Voldemort. Narcissa se leva aussitôt et baissa la tête en signe de respect devant le maître. Lucius s'avança alors vers lui :
- Maitre, honorable maitre… Merci de nous faire l'honneur de votre pré…
- Cesse, le coupa la grande figure encore encapuchonnée, tais-toi Lucius.
Lucius s'exécuta sur le champ et baissa également la tête en signe de respect. C'est alors que le Lord, d'un grand geste gracieux digne des mouvements d'un serpent, baissa la capuche de sa grande cape noire. Il chercha lors d'une fraction de seconde le regard de Drago et lorsqu'il l'eut trouvé, le fixa de ses yeux rouges.
- Bonjour, Drago, dit-il d'une voix aiguë et mielleuse, de celles qui glacent le sang.
Pour toute réponse, Drago le fixa sans dire un mot.
- Je suppose que tu sais pourquoi je suis là, mon garçon, continua Voldemort sans sourciller. Je t'avais laissé un délai de trois jours pour te décider. Evidemment, ce délai était pour la forme, je connais déjà ta réponse. Je suis ravi de savoir qu'un nouveau Malefoy rejoint le cercle de mes dévoués mangemorts.
Le mage noir fila alors à travers la pièce, en lévitation à quelques millimètres au-dessus du sol avant de se retrouver en face du jeune Malefoy.
- Tends ton bras, mon garçon.
Alors qu'il ne faisait aucun mouvement, la tension se fit sentir.
- Maitre, coupa alors Narcissa, tous les yeux désormais tournés vers elle. Pardonnez-moi de vous couper, Maître, mais nous vous avons appelé pour vous informer que Drago avait bien réfléchit et…
Avant même d'avoir pu terminer sa phrase, elle se retrouva à genou, le visage crispé de douleur sous le sortilège de Doloris qui lui avait été lancé. D'une voix qui ne semblait plus aussi doucereuse, il planta son regard glacial dans les yeux apeurés de la femme :
- Comment, Narcissa, siffla-t-il à la façon d'un serpent, oses-tu défier ton maître ? Comment, Narcissa, peux-tu te permettre de lui couper la parole ? Oh, dit-il en regardant son visage déformé par la peur, tu oserais déjouer mes plans… Que comptais-tu me dire ? Que Drago avait bien réfléchit et avait décidé de ne pas rejoindre mes rangs ?
L'atmosphère de la pièce était glaciale. Voldemort se tourna enfin vers Drago mais continua sa tirade à l'intention de la souffrante qui était désormais allongée sur le sol, réprimant des hurlements de douleurs atroces, et les larmes aux yeux.
- Mais ça ne se passera pas comme ça ! hurla-t-il, son sang-froid ayant disparu en une fraction de seconde.
- Je vous en supplie, Maître, murmura alors la femme presque muette tant elle agonisait.
- AVADA KEDAVRA !
Un éclair vert jaillit de la baguette de Voldemort pour atteindre Narcissa. Alors seulement, il parut recouvrir son calme et se retourna de nouveau vers Drago, dont les yeux brillaient de larmes qu'il réprimait tant bien que mal.
- Ça ne se passera pas comme ça. Ton insolente de mère pense peut-être avoir réussi à te convaincre que me rejoindre n'était pas prudent, mais tu sais, Drago, que la décision la plus sage est de suivre les traces de ton père.
Drago lâcha le regard de Voldemort pour croiser celui de son père qui n'avait pas manifesté sa présence depuis le début. Il pouvait voir, même à l'autre bout de la pièce, l'expression de Lucius déformée par le chagrin. Drago sentit une boule dans sa gorge. Une boule de haine, qui le déchirait de l'intérieur. Il revint alors aux yeux froids qui étaient désormais si près de lui qu'il put voir son reflet blafard à l'intérieur.
- Je reviendrais, Drago. Et tu as intérêt à ne pas me contrarier une nouvelle fois, où tu risquerais de subir plus grave que la mort de ton imbécile de mère.
Sur ces dernières paroles, il transplana de nouveau, toujours suivi par Bellatrix qui semblait n'éprouver aucun sentiment face à la mort de sa sœur, lâchant même un petit ricanement propre à elle.
Drago rouvrit les yeux et fixa le plafond de son dortoir. Les serpents qui ornaient la tenture semblaient le toiser de leurs billes rouges, et narguer les larmes qui commençaient à perler le long de ses joues. Il s'assit alors d'un geste sec, essuya ses larmes d'un revers de la manche et se leva.
Il resta debout quelques secondes, et son regard se tourna alors vers sa table de nuit, sur laquelle était posé l'appareil photo de Crivey. Il le saisit et sorti en trombe de la pièce, décidé à se changer les idées.
Il traversa plusieurs couloirs et monta deux étages avant de pénétrer dans la salle sur demande. Dans le monde des sorciers, les appareils photos étaient faciles d'utilisation. Un simple sort et les images en mouvement des photos apparaissaient toutes seules sur du papier. Cependant, Colin utilisait un appareil de moldu qu'il avait emprunté à ses parents, pensant que de cette façon les élèves de Poudlard qu'il photographiait à leur insu ne pourraient pas l'utiliser. Drago essaya tout de même quelques sorts, qui ne fonctionnèrent pas. Déçu de ne pas pouvoir se moquer de ses camarades de Serpentard, il laissa tomber l'appareil et sorti de la pièce.
Pendant ce temps à Pré-au-Lard, Harry, Ron et Hermione sortaient du pub Les Trois Balais, riant aux éclats. Pour eux, l'été avait été un de leurs meilleurs. Ils l'avaient passé ensemble tous les trois, dans l'ancienne maison de Sirius qui servait désormais de refuge. Malgré le règlement strict imposé par l'ordre qui leur interdisait de sortir en pleine journée, Harry et Ron une fois la nuit tombée volaient parfois sur leurs balais au-dessus des nuages, mais seulement après avoir pris du polynectar, ordre intimé par Molly qui leur refusait déjà beaucoup de choses. Les garçons avaient accepté, comprenant ses inquiétudes et voulant la rassurer. Hermione quant à elle, n'eut pas besoin de ces sorties nocturnes car elle découvrit au bout de quelques jours l'ancienne bibliothèque de la famille Black. Même si la plupart des livres qui la composait étaient tournés vers la magie noire, certains appartenaient à Sirius, et Hermione passa l'été à les lire. L'ambiance était assez chaleureuse puisque la maison accueillait la famille Weasley au complet ainsi qu'Harry, Hermione et Sirius, et recevait plusieurs fois par jour la visite de membres de l'ordre tel que Remus, Tonks ou Alastor Maugrey. De plus, ils n'eurent pas le temps de s'ennuyer avec les nombreuses réunions privées de l'ordre auxquelles le trio avait maintenant le droit d'assister.
C'était la fin d'après-midi, et les trois amis décidèrent de quitter Pré-au-Lard et rentrer à Poudlard avant que la nuit ne soit complètement tombée, rigolant toujours sur leur chemin.
Alors qu'ils venaient de passer les grandes portes de Poudlard, Hermione fut heurtée violemment par quelqu'un qui sortait à toute vitesse et tomba à terre. Harry lui tendit une main pour se relever, et alors qu'elle se remettait de sa chute, elle chercha du regard la personne qui l'avait bousculée et qui n'avait même pas pris la peine de s'arrêter. Elle n'eut pas à chercher longtemps en voyant Drago Malefoy s'éloigner sans même se retourner.
- Eh Malefoy, cria Ron à sa silhouette qui s'éloignait, ne t'excuse pas surtout, crétin !
Drago s'arrêta mais ne se retourna pas. Les trois amis se regardèrent d'un air interrogateur et furent surpris de voir qu'il reprit sa route, sans répondre quoi que ce soit.
- Je comprends pas Malefoy, ces derniers temps, lâcha Ron tandis qu'ils se dirigeaient vers la salle commune des Gryffondors. C'est vrai, depuis la rentrée il a pratiquement pas fait de vagues, que ça soit en cours ou dans les couloirs de l'école.
- Peut-être qu'il s'est rendu compte que c'était un crétin qui agissait comme... un crétin, plaisanta Harry.
- Hmm… c'est louche, dit Ron, mettant fin à cette conversation.
Le lendemain, les Gryffondors avaient cours de défense contre les forces du mal avec les Serpentards. Remus Lupin avait accepté avec honneur de reprendre le poste qu'il occupait quelques années plus tôt, sachant très bien la double mission qu'il occupait : Dumbledore avait demandé à plusieurs membres de l'ordre de surveiller de près Harry et ceci tout au long de l'année, afin d'être présent en cas d'une attaque du Mage Noir.
Lupin, qui était d'humeur taquine, crut drôle de demander aux élèves des deux maisons de faire des équipes de deux. Alors que chaque élève s'alliait à un de ses amis, Lupin leur intima de faire pair avec quelqu'un de la maison opposée. Après des protestations non cachées des deux côtés, il trancha, légèrement agaçé :
- Bien, nous aurons donc recours à un tirage au sort !
Harry fut mis avec une élève de Serpentard qu'il ne connaissait que de vue mais qui n'avait pas l'air enchantée par son binôme. Il se dit en lui-même que de toute façon, il ne pouvait pas y avoir pire que de tomber avec Drago Malefoy et relativisa. Ron quant à lui tomba avec Crabbe, et malgré ses supplications auprès du professeur Lupin, fut résigné à partager tout un cours avec cet idiot de Serpentard. Enfin, alors qu'il ne restait que quelques élèves qui n'avaient pas de binôme :
- Bien, à ton tour Hermione, dis alors Lupin.
Il fit un petit mouvement avec sa baguette au-dessus du chaudron qui ne contenait plus que quelques petits morceaux de papiers pliés en deux. Un des petits papiers vola alors jusqu'à elle. Elle l'ouvrit et lu avec une horreur non dissimulé dans la voix :
- Drago Malefoy.
Cependant Hermione, à l'instar de ses camarades, ne protesta pas et alla se placer à côté de Malfoy. Lui non plus ne dit rien, se limitant à souffler et à secouer la tête d'un air résigné.
Le cours débutât dans un brouhaha d'élèves qui, apparemment, ne s'entendaient pas avec leurs partenaires respectifs.
- Ecoute Potter, râla la jeune Serpentard qui s'impatientait, ce n'est parce que tu es vénéré par la moitié de l'école que je vais te laisser faire comme bon te semble. Tu es peut-être doué dans cette matière, mais si tu fais tout comment je peux progresser ? Ne soit pas si égoïste.
- J'aimerais mieux qu'on ait une bonne note, si ça te dérange pas, répliqua alors Harry en soufflant.
Plus loin, deux voix graves se disputaient vivement.
- Mais par Merlin, qu'est-ce que tu fais Crabbe !
Ron se relevait en frottant son pantalon. Crabbe, au lieu de le laisser se faire attaquer puisque chacun devait s'entrainer à lancer des sortilèges, avait désarmé Ron et fait tombé à la renverse. Crabbe rigolait, la baguette de Ron à la main.
- T'es un idiot, j'ai pas envie que tu me tues en te trompant de sort, Weasmoche.
Plus loin, Drago et Hermione se lançaient des sorts chacun leur tour, essayant d'éviter l'attaque de l'autre. Même si Hermione était très concentrée, Drago ne fut touché aucune fois, se contentant de balayer d'un geste las de sa baguette les sorts de la jeune Gryffondor qui se contentaient de ricocher. Il commençait à s'ennuyer fermement et bailla de façon à provoquer la sorcière qui elle, se faisait désarmer pour la troisième fois du cours.
- Dis donc Granger, tu es sûre d'être considérée comme la première de ta classe ? ricana-t-il.
Hermione rougit et lança un énième stupefix qui se fit arrêter net par la baguette du blond. Elle commençait sérieusement à s'énerver, se sentant honteuse de ne pas pouvoir se défendre contre un simple élève, qui plus est le plus prétentieux de tout Poudlard.
- Tu te crois vraiment aussi supérieur, Malfoy ? lanca t-elle, complètement essoufflée.
- Eh bien, dis Drago qui s'était rapproché d'elle après avoir fait voler la baguette sa partenaire jusque dans sa main, je ne le crois pas non. Je le sais.
Il lui tendit alors sa baguette en la regardant droit dans les yeux, et Hermione qui était remontée contre lui s'apprêtait à lui renvoyer une réplique bien cinglante mais elle ne put pas. Son regard resta accroché à celui de son binôme. Il la fixait de ses yeux gris, les mêmes yeux qui l'avaient fixée depuis 7 ans, mais cependant à cet instant là quelque chose d'infime dans son regard semblait différent. Elle resta la, plantée devant Malefoy, une main levée qui s'était apprêtée à récupérer sa baguette mais qui avait été comme stoppée par une force invisible. Le professeur Lupin mis alors fin aux activités des élèves en frappant dans ses mains, au plus grand soulagement de tous, surtout d'Hermione qui sortit enfin de son inertie et lâcha le regard gris afin de se retourner vers Lupin.
- Je ne pourrais pas assurer mon cours la semaine prochaine…
Il continuait de parler mais Goyle qui était flanqué aux côtés de Malefoy, lui souffla en ricanant :
- On se demande bien pourquoi.
Les deux se mirent à rire et discuter jusqu'à ce que les élèves quittent la salle. Drago sorti lui aussi et commença à se diriger vers l'extérieur de Poudlard pour aller respirer autre chose que de l'air pollué par des Gryffondors. Cependant, il s'arrêta net lorsqu'il entendit quelqu'un l'appeler au loin.
- Malefoy ! criait Hermione en courant pour le rattraper. Eh, pourquoi tu es parti comme ça ? dit-elle une fois qu'elle l'avait rattrapé.
- Peut-être parce que le cours était fini ? Tu voulais quoi Granger, que je t'attende peut-être ? cracha-t-il avant de se remettre à marcher.
- Oui, en effet, souffla Hermione qui n'arrivait pas à suivre son pas trop pressé.
Drago s'arrêta cette fois ci et se retourna vers elle. Elle continua alors, soulagée de ne plus avoir à courir :
- On fait comment pour le devoir ?
- Le devoir ? dit Drago, agaçé. Mais quel devoir ?
- Le devoir que le professeur Lupin nous a donné alors que toi et ton imbécile de clone étiez en train de discuter et de ne rien écouter du tout ! On a un devoir à faire ensemble, Malefoy, et je te préviens qu'il est hors de question que je le fasse toute seule, alors tu as intérêt à te pointer pour qu'on fasse ça ensemble. Il est à rendre pour dans deux semaine mais je préfèrerais le faire au plus vite, parce qu'on a aussi un parchemin à rendre à Madame Chourave sur les particularités des plantes sous-marines, et aussi un devoir en potions et…
- C'est bon, c'est bon, arrête de jacasser Granger, supplia Malefoy qui commençait à avoir mal à la tête, je ferais ce stupide devoir avec toi mais je t'en supplie, la ferme.
Il fixa alors Hermione qui ne trouva rien à dire, et profita de son silence afin de partir pour de bon. Hermione elle, resta pour la deuxième fois de la matinée plantée là à regarder Malefoy. Elle suivit des yeux sa silhouette qui sortait par les grandes portes de l'entrée principale de Poudlard. Elle aurait surement pu rester là une bonne partie de la journée si Ron et Harry ne l'avait pas rattrapée et sortie de ses pensées.
- Alors, qu'est-ce qu'il t'a dit Malefoy ? Il accepte de faire le devoir avec toi ? demanda Harry.
- J'espère que oui, continua Ron, parce que sinon je lui flanque une raclée à cette petite fouine.
- Il a accepté, se contenta de répondre Hermione dans un souffle.
Les deux garçons parurent surpris.
- Tu vois Harry, je te l'avais dit ! Malefoy agit bizarrement depuis la rentrée. D'abord il arrête d'embêter les premières années, ensuite il ne nous cherche plus quand il nous croise dans le château et maintenant il accepte sans broncher l'idée de passer du temps avec Hermione qu'il considère comme de la vermine depuis toujours, qui plus est pour travailler. Et tu sais Hermione, sans vouloir te vexer, même si c'est agréable de passer du temps avec toi, pour travailler c'est une autre histoire…
- Comment ça ? se vexa-t-elle.
- Oui eh bien, c'est pas complètement faux, Hermione, continua Harry, tu sais quand il est question des cours tu es un peu…
- Hystérique, coupa Ron.
Les trois amis se regardèrent et se mirent à rire.
Un peu plus loin, près du lac, Drago était allongé dans l'herbe et se maudissait pour ce qu'il venait de faire.
Mais quel imbécile, Malefoy. Te voilà résigné à devoir travailler avec cette insupportable Granger. Mais qu'est-ce qu'il t'a pris ? Ça ne peut pas être par simple gentillesse, un Malefoy n'est pas gentil, jamais. Oui je sais, c'est de la pitié. La pauvre Granger était ridicule tout à l'heure, à essayer bêtement de me stupefixer. Si elle savait que j'apprends à me protéger de sorts bien plus noirs et dangereux qu'un petit stupefix depuis mes 10 ans. C'est ça, j'ai eu pitié. Et je vais devoir supporter ses longs monologues inutiles sur les bienfaits de faire ses devoirs à l'avance.
Drago se releva en position assise et se mis à fixer le lac d'un air sombre. Il savait très bien que la pitié n'avait jamais été dans sa nature. Du moins, il n'en avait jamais montré une once à qui que ce soit. Il se devait d'être le Malefoy froid et distant qu'il s'entrainait à être depuis toujours. Alors pourquoi, au bout de 17 ans d'existence, fallait-il qu'il se montre clément pour la première fois et avec une sang de bourbe ? Pourquoi elle ? Il était idiot.
Le lendemain, un peu après midi, Hermione était toujours à la table des Gryffondor après le déjeuner, dans la grande salle de Poudlard, à bavarder avec ses amis.
- J'ai dû supporter Pansy toute la matinée, se plaignait Neville. J'ai essayé d'être gentil avec elle mais on n'a jamais réussi à se mettre d'accord sur notre sujet et du coup, on n'a pas avancé…
- Je peux en dire autant Neville, essaye de travailler avec Crabbe pendant 30 minutes et je peux te jurer que tu iras courir jusqu'à la salle commune des Serpentards en priant pour que Pansy veuille bien te reprendre comme partenaire. Ce crétin est insupportable, et par Merlin, il est bête comme ses pieds.
- Arrête de râler, Ron, finit par dire Harry. Montre plutôt un peu de compassion à Hermione… C'est vrai Hermione, dit-il en se tournant vers elle, comment tu fais pour gérer cette petite fouine de Serpentard ?
- Eh bien… en réalité, je dois avouer qu'on n'a pas vraiment encore commencé… en fait, je… on ne s'est pas revus depuis hier matin. Je me demande si ça ne serait pas mieux que je fasse le devoir toute seule, finalement.
- Mais Hermione, tu peux pas faire ça, Lupin est pas bête il verra très bien que le devoir est trop brillant pour avoir été écrit par quelqu'un comme Malefoy et il comprendra.
- Non Ron tu ne comprends pas. Je ne suis pas inquiète pour mes notes, c'est juste que travailler avec Malefoy, passer du temps seule avec lui… je ne sais pas si c'est judicieux.
Tout le monde se regardait, silencieux. Personne ne comprenait l'attitude d'Hermione. Jamais personne ne l'avait entendue dire qu'elle ne s'inquiétait pas pour ses notes. Les regards commençaient à la gêner, et elle se leva alors de table, prétextant avoir besoin de se reposer.
Enfin seule dans les couloirs de Poudlard, Hermione s'accorda une minute de répit après avoir vivement marché pendant plusieurs minutes pour mettre de la distance entre elle et les regards curieux de ses amis. Elle s'arrêta et s'adossa contre un mur, pour finalement se laisser glisser contre ce dernier. Elle se trouva assise, les bras croisés sur ses genoux repliés. Elle réfléchissait à la conversation qu'elle avait eue dans la grande salle, et sentait sa tête tourner. Elle ferma alors les yeux et posa sa tête contre le mur de pierre. Après plusieurs minutes de concentration sur sa respiration, Hermione se sentit mieux et s'apprêtait à se relever. Elle ouvrit alors les yeux pour se retrouver, à sa grande surprise, face à Drago Malefoy qui l'observait en silence d'un air contrarié.
- Je ne t'ai pas entendu arriver, Malefoy…
- Sans blague Granger ? J'ai presque cru un instant que tu m'ignorais. Mais on sait tous les deux que tu es bien trop bête pour te tenir éloignée.
- Je te demande pardon ?
Hermione s'était relevée et était désormais à la hauteur de Drago. Elle s'efforça cependant de ne pas le regarder dans les yeux, par peur de se retrouver une fois de plus tétanisée. Comme il ne répondait pas, elle entreprit de s'en aller.
- Pourquoi tu ne veux pas faire équipe avec moi, Granger ?
Cette question soudaine la stoppa. Comment peut-il déjà être au courant de la décision que j'ai pris i peine quelques heures ? Oh, je parie que c'est Ron qui a dû gaffer, trop content de pouvoir balancer quelque chose d'énervant à Malefoy. Si seulement il pouvait s'occuper de ses affaires…
- Si tu pouvais me répondre, repris Malefoy en l'extrayant de ses pensées.
- Tu crois tout ce qu'on te raconte ?
- Je ne comprends pas ce que tu dis, Granger. Il va falloir que tu t'exprimes un peu mieux, je commence à perdre patience.
- Qui t'a dit que je ne voulais plus faire équipe avec toi ?
- Parce que c'est vrai ? En réalité je l'ai juste supposé, puisque en tant que miss-je-sais-tout, je m'attendais à ce que tu réclames ma présence à la bibliothèque à 6h tapantes ce matin. Mais tu ne l'as pas fait. Aucun signe de ton ennuyeuse petite personne. Alors, je me trompe ?
Hermione fut surprise de sa réponse, et se sentit coupable. Attend Hermione, tu te sens coupable ? Pour LUI ? N'importe quoi, surtout qu'il vient de te traiter de miss-je-sais-tout et d'ennuyeuse. Mais qu'est-ce qu'il t'arrive ?
- J'ai juste pensé que te contraindre à faire un travail que de toute façon tu ne voulais pas faire serait inutile, nous ferait perdre du temps et de l'énergie à tous les deux. Alors j'ai décidé de ne pas t'inclure. Je travaillerais seule. Evidemment, je ne dirais pas au professeur Lupin que tu n'as pas participé. Je pensais que ça te conviendrait.
- Et tu n'as pas pensé que j'avais envie de le faire, ce devoir ?
Pris d'une soudaine colère, Drago s'en alla à pas rapides, laissant Hermione de nouveau seule dans ce long couloir. Sur son chemin, il réfléchit à ce qu'il venait de se passer. Il venait de s'emporter parce qu'on lui proposait d'éviter un travail long et barbant avec une Gryffondor agaçante. Mais que lui avait-t-il prit ? D'ordinaire, il aurait lui-même ordonné à sa partenaire de travailler seule, l'obligeant à accepter par la menace. Mais là, il s'était tout simplement emporté. Qu'est-ce que ça veut dire ça ? Est-ce que j'avais envie de travailler avec Granger ? Non, impossible. Elle est agaçante sous ses airs de première de la classe. Personne n'aurait envie de travailler avec elle…
Il ne put continuer son monologue intérieur car il se rendit compte qu'il marchait avec tellement de conviction depuis plusieurs minutes qu'il avait dépassé sa salle commune depuis longtemps. Il regarda autour de lui. Il était au sixième étage, tout près de la salle sur demande. Il en profita alors en se rappelant qu'il y avait laissé l'appareil de Colin Crivey deux jours plus tôt. Il entra en vérifiant que personne ne le suivait, puis lorsque la porte fut refermée, il chercha vivement l'appareil photo afin de le détruire. Il avait vraiment besoin de quelque chose sur laquelle reporter sa colère. Alors qu'il s'approchait de la table où il l'avait posé l'avant-veille, il remarqua que l'objet avait disparu. A la place, était disposé en un petit tas, des morceaux de papiers rectangles où étaient affichées des images qui bizarrement, ne bougeaient pas. Il ramassa les photos moldues et s'assis sur le fauteuil le plus proche afin de pouvoir les regarder.
Il faisait défiler les photos à la vitesse de l'éclair. Toutes plus stupides les unes que les autres Crabbe et Goyle se cachant d'un professeur dans un couloir en train d'engloutir des gâteaux, des élèves de Serdaigle perchés sur leurs balais lors d'un entrainement de quidditch, des élèves en train de travailler à la bibliothèque… Soudain, il raffermi sa poigne sur les photos lorsqu'il en aperçut une du trio de Gryffondor qu'il aimait le moins : Harry, Ron et Hermione en train de discuter. Il allait jeter ces photos ridicules, lorsqu'il tomba sur une image qui fit arrêter les battements de son cœur l'espace d'une seconde. Un portrait d'Hermione riant aux éclats. La photo ne bougeait pas mais on pouvait lire la joie dans ses yeux, et l'air si innocent qu'elle portait sur sa bouche qui dévoilait des dents blanches parfaites.
Drago n'avait jamais vu Hermione Granger de la sorte en six années à Poudlard. Elle était soit toujours trop concentrée sur ses devoirs qu'elle en devenait imbuvable, soit énervée contre Drago qui l'avait traitée de sang-de-bourbe. Tout d'un coup, il se sentit très contrarié. Oui, contrarié de n'avoir jamais pu voir un de ces sourires-là, et surtout de n'avoir jamais pu en être la raison.
Et voilà, fin du premier chapitre... J'espère que ça vous plaira ! N'hésitez pas à me laisser une review pour me dire ce que vous en pensez, ça me permettra d'avoir des avis constructifs pour m'améliorer ;)
Bisous
