NdA : ... Comment vous remerciez assez pour toutes vos incroyables reviews et tous vos encouragements ? Vous m'avez décidemment donnée l'envie d'en écrire plus, ça, c'est sur ! Cependant, pour être honnête avec vous, comme je ne m'attendais pas du tout à ce genre de réponses si enthousiastes, je n'ai pas vraiment réfléchi très loin en écrivant le premier chapitre. Donc cette suite est encore un peu brouillonne, désolée, mais je vous promets que je travaille désormais sur une trame concrète qui, je l'espère, vous plaira ! :).
Précédemment : Wyatt Halliwell arrive dans le passé pour retrouver son frère. Piper et Chris discutent presque aimablement de fantômes et de la perte d'une soeur/d'un frère avant de concocter une potion. Ils vont être rudement interrompu par Wyatt.
Disclaimer :Non, rien de rien... J'ai même fait pire, j'ai glissé une phrase de l'épisode 7x20 dans ce chapitre. Enfin pas sure que ce soit exactement la même, mais c'était une phrase en or qui allait très bien avec la situation, et je n'ai pas pu m'en empêcher...
Chapitre 2
Bienvenue chez les Halliwell.
Un nombre infini de sentiments contradictoires se battaient furieusement dans l'esprit de Chris quand son regard croisa les prunelles océan de son frère aîné.
Le léger sourire qu'abordait Wyatt, visiblement fier de lui, l'agaçait. Le souvenir de leur dernière rencontre lui donnait envie de se jeter sur lui et d'en finir pour de bon avec ce tyran qui avait tué sa fiancée, frère ou non. Le fait que Piper soit toujours vers le chaudron, figée par l'apparition de son fils adulte, les yeux écarquillés d'un mélange étrange de joie et d'horreur, le rendait mal à l'aise et aussi inquiet – qui pouvait savoir ce que Wyatt allait dévoiler en parlant sans réfléchir ? Savoir que Wyatt avait pu être dans la pièce depuis bien longtemps sans qu'il ne le remarque le rendait en colère contre lui-même et faisait ressortir l'horrible mais familier sentiment d'infériorité qu'il avait toujours éprouvé devant le pouvoir de son aîné. Chris pouvait se cacher de Wyatt de façon générale – mais dans la même pièce ? Il n'avait jamais été capable de le surprendre.
Enfin – mais il ne l'avouerait jamais à voix haute – une infime partie de lui était heureux de revoir un visage familier... Un visage aimant. Autant que puisse l'être la Source de tous les démons tyrannisant pour son plaisir le monde entier, en tout cas. Chris cacha un soupir en prenant son air le plus impassible. Il était masochiste. C'était la seule explication à l'histoire de sa vie.
« Wyatt. » salua-t-il finalement son frère d'un hochement raide de la nuque.
« Wyatt. » répéta Piper dans un souffle.
« Maman, c'est un plaisir de te voir. » déclara Wyatt avec un sourire soudainement plus doux qui lui donnait l'air terriblement... angélique.
Chris se tendit davantage encore en voyant le visage de Piper devenir plus calme et chaleureux. Une dangereuse idée venait de le secouer... Et si Wyatt prétendait être bon ? Il ne faisait aucun doute que les sœurs, Piper la première, seraient absolument convaincues par le cinéma du jeune homme – il avait réussi à en convaincre bien d'autres auparavant, et des beaucoup plus sceptiques. Et alors, Chris apparaitrait comme le méchant de l'histoire... Elles étaient déjà toutes persuadées qu'il n'était qu'un menteur... La panique devant ce scénario menaça pendant une brève seconde de le submerger avant que son esprit éternellement calculateur reprenne le dessus.
Il pouvait déjouer ce genre de ruse. Il suffisait de pousser les bons boutons pour que la colère de Wyatt éclate. Et puis son entrée en scène, bien que théâtrale, donnait clairement l'avantage à Chris.
« Qu'est-ce que ce que tu fais là, Wyatt ? » demanda-t-il avant que Piper ne reprenne la parole.
Celle-ci lui jeta un clair regard de reproche qu'il ignora sciemment. Wyatt se retourna vers lui.
« Je m'ennuyais. » répondit-il. « Depuis que tu as décidé de faire cette petite épopée dans le passé, la Résistance se contente de se faire massacrer. Personne n'est là pour réellement combattre, ils meurent tous trop facilement. »
Le visage de Chris pâlit malgré lui, autant pour les nouvelles que pour le ton désinvolte, presque taquin de son frère. Il lui parlait de batailles comme d'un match de football. Il entendit clairement le hoquetement horrifié de Piper, mais n'y prêta aucune attention, décidant de jouer le jeu de Wyatt. Celui-ci semblait plus d'humeur à parler qu'à frapper ce qui, bien qu'il répugnait à l'avouer, le soulageait fortement.
« Est-ce que tu es entrain de dire que je suis un challenge à ta hauteur, majesté ? »
« Oh, tu es un challenge, c'est sur. » rétorqua Wyatt. « Les enfants désobéissants le sont toujours, n'est-ce pas ? »
« Enfant ? »s'indigna-t-il malgré lui.
Les mains dans les poches, l'apparence même de la nonchalance, Wyatt se contenta de pencher légèrement la tête en haussant un sourcil, sans faire mine de retirer ses paroles, ses lèvres s'étirant dans un rictus condescend, comme si la réaction de son petit frère prouvait justement son point. Chris serra les poings, se forçant à rester calme.
« Qu'est-ce que tu fais là ? » répéta-t-il entre ses dents.
Wyatt se redressa et son visage devint plus sérieux, transformant le grand frère agaçant en tyran maléfique. Chris ne bougea pas un cil, déterminé à montrer qu'il n'était absolument pas terrifié.
« Et bien, je pourrais dire que je suis venu voir comment ta mission pour me 'sauver' se déroulait, mais comme je suis toujours le même, je suppose que tu n'as encore abouti à rien. Tu es parti tellement vite la dernière fois, Christopher. Tu n'as pas attendu la fin de mon offre avant de t'enfuir. Encore une fois. »
« Excuse-moi de ne pas avoir très envie de mourir. » répliqua Chris, la voix dure.
Le regard de Wyatt s'assombrit brusquement.
« Je ne t'aurais pas tué, Chris. » cingla-t-il sur le même ton.
« Oh, tu crois vraiment que tu aurais su maîtriser ta colère ? »
« Tu sais que je ne t'aurais pas tué ! » gronda Wyatt en faisant un pas vers lui.
« Non. Non je sais pas, Wyatt ! » s'exclama Chris, incapable de contenir sa colère plus longtemps.
Les deux frères s'échangèrent un regard furieux avant que Wyatt ne balance sa main avec brusquerie. Chris se sentit voler de nouveau jusqu'au mur, et ne put empêcher cette fois-ci un gémissement de douleur tandis qu'il retombait lourdement au sol. Il ne tenta pourtant même pas de se relever avant de lever à son tour les doigts en direction du jeune homme blond. Mais celui-ci avait visiblement prévu son attaque, puisqu'il ne recula que de quelques pas, ce qui fit grincer des dents son cadet. Stupide être magique tout-puissant !
« Est-ce que c'est sensé me prouver que tu ne me tueras pas ? » railla-t-il pour cacher sa jalousie importune.
Il chercha à se remettre sur ses pieds avant de se rendre compte qu'il en était incapable. Un point invisible s'était abattu sur son dos. Il jeta un coup d'œil aux mains de Wyatt. Elles semblaient être tranquillement le long de ses flancs, mais sa paume droite était tendue vers le sol. Chris jura silencieusement et se concentra mentalement pour se libérer de son emprise, sans grand succès.
« Non Chris. » déclara Wyatt, la voix basse et les yeux glacés s'accroupissant près de lui. « J'ai dit que je ne t'aurais pas tué. C'était il y a deux mois. Maintenant, les choses ont changé. »
Les entrailles de Chris se glacèrent. Ce n'était pas la première fois que Wyatt lui professait des menaces de mort, malgré ses beaux discours fraternels quand il était de bonne humeur. Plusieurs fois, déjà, depuis qu'il était devenu la Source, il avait bien failli les mettre à exécution. Chris se souvenait encore de nombreuses séances de torture auxquelles il pensait ne pas survivre. Et pourtant, à chaque fois, au dernier moment, Wyatt le soignait. Ça ne l'empêcha pas de prendre cette nouvelle promesse au sérieux – il n'avait aucun moyen de savoir quand l'amour fraternel que lui portait Wyatt finirait par disparaître pour de bon, comme toutes ses autres émotions positives.
« Je te manquerais. » lâcha-t-il simplement avec autant de panache qu'il pouvait avoir dans cette situation peu rassurante.
« Tu es bien sur de toi. » riposta son frère, le visage impassible.
« Tu es ici, non ? »
« Je suis venu éliminer une menace. »
Chris roula des yeux, peu convaincu. Pour un maitre du monde maléfique, Wyatt était vraiment nul côté mensonges.
« Et tu n'aurais pas pu envoyer un de tes démons, peut-être ? Bizarrement, je ne pense pas que tu quittes ton grand empire pour éliminer n'importe qui. Je me trompe ? »
« Si sur de toi... » murmura simplement Wyatt, la voix basse et dangereuse. « Tu ne sais jamais quand te taire, Chris. Ça a toujours été l'un de tes plus grands défauts. »
Du coin de l'œil, Chris vit sa main gauche se lever doucement, une boule d'énergie se formant au creux de sa paume. Il fronça les sourcils, et tenta de nouveau de se libérer, espérant vainement que Wyatt aurait relâché son emprise un minimum pour entreprendre son attaque. Malheureusement, il n'arrivait même pas à bouger un doigt.
Ok, maintenant c'est le moment de paniquer un peu, Chris. Songea-t-il en regardant la boule d'énergie devenir de plus en plus grosse.
« NON ! » s'écria soudain une voix féminine.
Il y eut un petit 'bang' et Wyatt disparut soudainement de son champ de vision, à son tour balancé contre le mur par l'attaque de... Piper ?
Les deux frères se relevèrent en même temps, regardant leur mère bouche-bée. Avec un léger sentiment de honte, Chris réalisa qu'il avait complètement oublié qu'elle était dans la pièce avec eux. Au vue du regard choqué de Wyatt qui se tenait l'épaule, légèrement blessée, c'était également son cas. Ou alors, il n'en revenait pas que Piper l'ai attaqué lui, son propre fils.
À vrai dire, Chris avait du mal à croire qu'il n'était pas en train de rêver lui-même.
« Et dire que tu as toujours dit que frapper ses enfants était barbare ! » grinça finalement le blond, jetant une œillade furibonde à la jeune femme.
Piper semblait partagée entre la désolation, l'horreur et la colère. Cela lui donnait une drôle d'expression.
« Je suis désolée, Wyatt. » déclara-t-elle cependant, le regard sévère. « Mais fils ou non, tu es ici dans ma maison, et on ne menace pas de mort mon être de lumière sans conséquences ! Maintenant tu vas me faire le plaisir de laisser Chris tranquille, et de m'expliquer clairement ce qui t'es arrivé pour que tu... Tu deviennes... »
Sa voix se brisa sur la fin, et elle ne termina pas sa phrase. Chris se sentit accablé à l'idée qu'elle est eut à voir ce genre de scène. Il avait tout fait pour la protéger pendant tellement de temps ! Et voilà que Wyatt et lui ruinaient tout avec leur stupide bagarre en quelques minutes... ! Il tenta (vainement) de se rassurer en se disant qu'au moins, elle n'était pas au courant que son fils menaçait de tuer son propre frère. Il n'était pas sur qu'elle aurait résisté au choc.
« Très bien. » approuva Wyatt, soudain très calme.
Chris lui jeta un regard médusé. Piper écarquilla elle aussi les yeux. Visiblement, elle ne s'était pas attendu à ce que son petit discours est un véritable impact sur son clairement maléfique fils.
« Qui serait-je pour désobéir à ma propre mère, n'est-ce pas ? » continua le jeune homme, imperturbable, en lui décochant même un léger sourire. « Je vais partir, cependant. J'ai des affaires qui m'attendent ici. »
« Quoi ? » s'exclama Piper. « Non, Wyatt... »
« Ne t'en fais pas, maman. » la rassura-t-il tout en regardant de nouveau Chris, droit dans les yeux. « Je reviendrais bien vite. »
Avec les années, Chris aurait pourtant du comprendre ce qui allait se passer. Mais il avait visiblement été dans le passé depuis trop longtemps, puisque la boule de feu l'atteignit de plein fouet dans le flanc, et il s'effondra par terre dans un cri de douleur.
« Premier avertissement, Christopher. » lâcha Wyatt froidement.
Puis il disparut dans une nuée de flammes, et Chris s'autorisa à fermer les yeux en gémissant.
Masochiste. Complètement, irrévocablement, in-du-bi-ta-ble-ment masochiste. Pensa-t-il vaguement alors qu'au loin (en tout cas, le son paraissait lointain) Piper criait le nom de Léo.
Paige Mattews arriva dans le salon pour le découvrir saccagé. Inquiète, elle regarda autour d'elle en espérant voir un signe de Piper, mais il n'y avait personne, ce qui fit davantage grimper son angoisse. Le cœur battant plus vite, elle appela sa sœur à voix haute. Le seul bruit qui lui répondit fut un faible cri venant des étages.
Elle allait se précipiter en haut quand un jeune homme blond apparut de nulle-part en bas des escaliers. Chacun surpris de voir l'autre, il y eut un instant de flottement avant que Paige ne se reprenne – le garçon venait d'apparaitre entouré de flammes. Ce qui ne voulait dire qu'une chose : ce n'était pas un garçon, c'était un démon.
Elle jeta un coup d'œil à ce qu'elle pourrait utiliser comme arme quand le démon dit la dernière chose à laquelle elle s'était attendue :
« Tante Paige ! Tu es encore dans ta période rousse ? Laisse-moi te donner un conseil : retourne vite au brun. Tu intimideras bien plus tes ennemis. »
« Tante Paige ? » répéta-t-elle stupidement.
Elle l'observa plus attentivement. Des longs cheveux blonds cendrés, des yeux bleus foncés, et ce sourire, étrangement paisible, qu'elle avait déjà vu un million de fois sur un visage semblable... Oh mon dieu.
« Wyatt ? »
« Salut ! » lâcha-t-il, très décontracté, sans quitter son sourire.
Un sourire qui, bien que calme et gentil, la rendait étrangement nerveuse. Elle allait lui demander ce qu'il pouvait bien faire là quand elle entendit la voix à la fois inquiète et furibonde de Piper s'élever :
« LEO ! Ramène immédiatement tes fesses de fondateur ici ou je te jure que je trouverais un moyen de te faire exploser définitivement ! »
« Je crois que tu devrais aller les voir. » conseilla Wyatt.
Il lui adressa un dernier signe de la main, très amical, avant de partir, à nouveau au milieu des flammes. Interdite, Paige resta immobile pendant une minute, les yeux rivés sur l'endroit où son neveu – son neveu adulte – venait de disparaître. Elle en vint même à se pincer pour être sure qu'elle ne venait pas d'imaginer cette rencontre improbable. Puis la voix de Piper résonna à nouveau, et la jeune sorcière se remit brusquement en mouvement.
Est-ce que Wyatt n'avait pas dit les ?
Le monde souterrain. Des torches immenses, plantées dans le sol rocheux, qui éclairent une scène étrange. Deux hommes – non, deux garçons, vraiment, sont en train de se battre comme des chiffonniers, sans magie. Bientôt, il est clair que celui qui est blond – le plus musclé et le plus grand, a l'avantage. Il finit par coincer le brun au sol, l'écrasant à moitié en même temps. L'autre tend sa main brusquement, l'air absolument furieux, et le blond vole plus loin, mais l'impact reste léger.
Gros plan sur le visage du garçon brun. C'est un visage connu... Ensanglanté, mais connu... Chris !Visiblement, il est trop gravement blessé pour se relever. Sa respiration est haletante et ses yeux... Est-ce qu'il est sur le point de pleurer ?
Le blond revient vers lui, essaye de le toucher, mais Chris se désiste d'un geste abrupt.
« Chris... » gronde l'autre.
Son ton est celui qu'un parent inquiet pourrait utiliser sur son enfant. C'est un paradoxe évident avec la scène précédente. Chris tourne la tête, et essuie une larme traîtresse.
« On pourrait arrêter tout ça. » reprend, presque gentiment cette fois, son... Son quoi ? Ennemi ? Camarade ? Ami ?
« Tu as peut-être raison. » souffle Chris, la voix rauque, son visage obstinément tourné vers le mur. « Peut-être que j'ai juste voulu croire que tu pouvais être sauvé. Peut-être que je me suis juste caché le fait que c'était toi, sans aucune influence extérieure, qui a fait tout ça. »
L'autre paraît presque anormalement heureux de cette constatation, malgré le ton défaitiste de Chris. Il y a tellement d'espoir dans le regard qu'il porte désormais sur lui...
Mais alors, la voix du jeune homme se fait plus dure, et il fait de nouveau face le blond quand il déclare, la mâchoire serrée :
« Mais alors, tu vas devoir me garder ici longtemps, Wyatt. Parce que si vraiment je ne peux pas te sauver, alors je n'hésiterais pas à tuer ta version miniature dès que je mettrais la main sur lui. »
Phoebe Halliwell se réveilla brusquement dans un cri horrifié d'un rêve particulièrement vivide. Près d'elle, son petit-ami et patron, Jason, grogna doucement et se retourna sur le côté sans pour autant se réveiller. Pendant quelques secondes, elle laissa son pouvoir d'empathie s'éveiller, pour voler un peu du calme à l'homme qui dormait paisiblement. Quand sa respiration se fit moins rapide, elle sortit doucement du lit et se dirigea sur la pointe des pieds jusqu'au salon où trônait le téléphone.
Lui jetant un regard anxieux, elle se refit lentement le film de son cauchemar, analysant le plus logiquement qu'elle le pouvait la vision qu'elle avait eut – car ça ne pouvait être qu'une vision, n'est-ce pas ? Jamais ses rêves n'avaient un impact si fort...
Cependant, elle ne revoyait que le visage triste, mais plein de colère et de détermination de Chris, et cette phrase... « Je n'hésiterais pas à tuer ta version miniature dès que je mettrais la main sur lui..». Elle regarda tour à tour la porte de la chambre toujours ouverte, où la silhouette de Jason se dessinait sous le drap, puis le téléphone, puis ses mains qui tremblaient encore, avant de pousser un profond soupir.
« Paige ! Paige, s'il-te-plait ! »
