Eclipse1995: Et oui, Elena va en voir de belles avant la fin. Et son dos aussi xD. Tu ne crois pas si bien dire pour ce pauvre psy...Moi je veux bien un cookie :3

Un petite review, ça n'est pas de refus !

Ps: Je fais les réponses aux reviexs en début de chapitre ;)


Chapitre 1 : Être moi, c'est être ça

Lentement, je tournai la tête alors que j'appuyai sur la détente, les doigts presque tremblants. C'était pourtant une chose dont j'avais l'habitude, mais la manière dont me regardait ce pauvre homme me crevait le cœur. Lui, tout vêtu de aillons, sorti des taudis et traîner vers la mort sur un seul ordre de notre chef. Et comme toujours, j'ignorais la raison exact de ses crimes. Lorsque la détonation se fit, j'osai un regard vers sa dépouille qui s'écroulait doucement sur le goudron craquelé de la ruelle dans laquelle nous l'avions isolé. Son sang dégoulinait le long de sa tempe, brunissant alors qu'il rencontrait l'eau sale des égouts.

J'abaissai mon arme avant de la ranger, presque écoeurée. Et pourtant, j'étais habituée à ce genre de chose. A ma droite, Reno haussa un sourcil, les mains dans les poches. Lui et les autres ne cessaient de répéter que les femmes n'avaient pas leur place parmi les Turks, et qu'ils ne m'avaient accepté que parce que j'étais forte. Forte, mais pas pour autant dénuée de sensibilité.

- Et bien, on va être rentré pour le dîner, me lança alors un Reno toujours aussi joyeux.

Croisant les mains derrière son crâne, il se mit à siffloter en gagnant notre véhicule. Il pleuvait tellement que les gouttes martelait son part brise avec une telle force qu'elles auraient pu le briser. Et je sentais cette même force dégouliner dans le creux de mon coup, laissant friser mes cheveux au contact de l'humidité. Je détestais d'ailleurs qu'ils gonflent de la sorte. Pourquoi le boss nous faisaient ils sortir avec de si fortes averses ?

- C'est ça, grognai-je en emboîtant le pas au rouquin. Je vais surtout rédiger le rapport jusqu'à pas d'heure pendant que tu seras entrain de t'envoyer en l'air !

Reno tourna vers moi un regard moyennement innocent, semblant presque étonné de mon accusation.

- Alors, je vais être rentré pour le dîner, se moqua-t-il en prenant le volant.

Je secouai la tête. Il était agréable de travailler avec Reno. Sincèrement. Il s'avérait drôle, moqueur, réconfortant, bon équipier. Mais pour ce qui était des rapports, j'aurais pu tomber mieux. Il ne les faisait jamais. C'était toujours à moi de terminer le boulot. Et lorsque la journée, il était contraint de rester au bureau, il me regardait depuis le sien, juste en face du mien, les deux pieds sur sa table et un café dans la main. Alors que je m'acharnais à tout faire pour boucler la pile de dossier posée là le matin même.

Je me sentis poussée en arrière alors que le rouquin démarrait violemment. Il nous tira en quelques coups de pédales des méandres des taudis, avant de prendre la route du bâtiment Shinra. Au début, j'avais eu peur de prendre la route avec cet homme. En même temps, n'importe quelle personne censée n'en serait pas rassurée. Il conduisait clairement comme un dingue, et largement au dessus de la vitesse réglementaire. Mais bon, il semblait savoir ce qu'il faisait, alors maintenant, cela me passait un peu au dessus des cheveux. Cheveux que l'énorme averse que nous nous étions pris sur la tronche avaient rendu immondes. Soupirant, j'attrapai un minuscule peigne dans la poche de ma veste, avant d'entreprendre la lourde tâche qu'est discipliner ma chevelure folle. Sans résultat, vu que Reno explosa de rire au bout de quelques minutes lorsque le peigne resta coincé dedans. Sans rire, comme faisaient mes cheveux si courts, si droits, pour se changer en jungle dès l'instant ou l'orage gronde ?

- J'ai compris, j'abandonne, maugréai-je alors que nous gagnions le garage de notre bâtiment.

Reno hocha gravement la tête en se garant.

- Allez Eli, à demain, me dit il en m'ébouriffant plus encore les cheveux.

Je restai interdite devant cet acte de vandalisme envers mes cheveux, avant de soupirer de plus belle en sortant de la voiture. Pour voir son conducteur repartir immédiatement, sans doute pressé de traîner les bras en quête d'une fille à cajoler pour la nuit. Pendant que moi, j'allais rédiger notre rapport. Maudit soit cet homme et sa fainéantise sans borne.

Reprenant un air à peu près sérieux, je me dirigeai vers l'ascenseur, étouffant au passage un bâillement. Je mourrais d'envie de rentrer chez moi, de m'enfoncer dans mes draps, de prendre un bain, de me servir un verre de Jack Daniel garnis de glaçons. Mais ce n'était pas pour tout de suite. Tapotant du pied, j'attendis patiemment que l'ascenseur ouvre ses portes pour monter dedans. J'avais quarante deux étages à monter. Autant dire que cela allait être long. M'adossant une paroi, je tapai ma destination sur l'interface, avant de soupirer encore une fois. Tseng allait m'engueuler, de rester si tard au bureau. Et demain, il engueulerait Reno, de me laisser passer autant de temps devant NOTRE rapport.

Alors que je ruminais, la porte de l'ascenseur s'ouvrit de nouveau. Surprise d'être aussi vite arriver, je jetai un coup d'oeil à l'interface. Je n'étais pourtant pas au bon étage ! Fronçant les sourcils, je décroisai les bras en regardant par la porte, jusqu'à ce que quelque chose ne me pousse violemment en direction de la paroi opposée. Un instant sonnée, je relevai la tête pour tomber sur celle de...mon patron. En discussion visiblement endiablée avec une de ses nombreuses secrétaire. Il la tenait par la taille, la main allègrement fourrée sous son chemisier impeccable, et très certainement sous le reste, l'embrassant copieusement sans même se soucier de ma présence. J'en restais médusée, alors que les portes de l'ascenseur se refermaient. Avant que je n'ai penser à me tirer de là. Je passai une main tremblante dans mes cheveux, en tentant de me tasser du mieux que je le pouvais contre cette paroi, alors que la grande blonde s'empressait d'enrouler mon boss d'une de ses longues jambes galbées.

Ma mâchoire manqua de se décrocher lorsque la jeune femme poussa un gémissement. Je trépignais d'impatience d'arriver à mon étage. Voir mon patron s'envoyer ses secrétaires dans le même ascenseur que moi n'était pas ce que je préférais. Surtout qu'ils ne semblaient même pas avoir remarqué ma présence. Lui continuait toujours plus d'embrasser la mâchoire de sa conquête, s'accordant une vue plongeant sur le décolleté largement dégagé sous ses yeux avides. Je crois que je vais haïr cet homme encore plus, maintenant. Il se permettait tout. Même ça. C'était un manque de manière qui me répugnait.

Je roulai des yeux en ne sachant vraiment plus où me mettre. J'en rougissais d'être témoin d'une telle scène. Mais qu'il s'envoie ses secrétaires, ce mufle ! Et pourquoi pas tout le personnel, tant qu'on y est ? Je crois que lui décocher un coup de pied dans les bijoux de famille à cet instant précis m'aurait fait le plus grand bien. Je n'aimais pas du tout la manière dont il se servait des femmes. Je sentais ma condition rabaissée à l'état d'objet par ce salopard. Comme si toutes les dames se laissaient prendre dans un ascenseur.

La tant attendue ouverture des portes finit par se faire au bout d'une interminable attente, plaquée contre une paroi. Sans perdre une seule seconde, je me ruai vers la sortie de ce cauchemar. Bousculant au passage notre cher patron, qui ouvrit de grands en s'apercevant de ma présence dans l'ascenseur. Sa conquête blonde Me lança un regard outré, auquel je répondis par un haussement de sourcils agacés. En plus, il fallait qu'elle ait les cheveux de la même couleur que les miens.

Je finis par leur tourner le dos, me mordant la lèvre de rage. Je détestais les manières de cet homme, et je rougissais de colère.

- Bonsoir Elena.

Cette voix suave résonnant dans mon dos me glaça le sang, alors qu'une boule de chaleur m'envahissait le ventre. Tournant la tête au ralenti, je croisai le regard enflammé de mon chef, les deux mains plaquées sur les hanches de sa secrétaire, un sourire angélique collé sur son visage si bien taillé.

Monsieur, marmonnai-je en reprenant contenance.

En face de moi, mon patron semblait s'amuser de ma gêne, sans être un seul instant dérangé par sa posture. Et moi, je mourrai d'envie de lui faire bouffer mon point serrer, alors qu'un frisson me parcourait l'échine.

Finalement, la porte de l'ascenseur se ferma sur son regard de braise, me laissant pantoise sur la moquette rouge du 42ème étage de notre bâtiment. Je n'avais aucune envie d'imaginer ce qu'allait subir le si beau bureau de Rufus ce soir. Heureusement qu'il était ciré tous les deux jours. Tournant les talons, je tentai de dissiper mon humeur noire en plaignant les agents de nettoyage, mais elle revenait à la charge. Je maudissais plus encore Reno de m'avoir laissé seule sur ce coup. Lui au moins, il se serait fait remarqué, dans cet ascenseur, et m'aurait épargné un spectacle des plus désagréable. Moi, j'étais bien trop petite pour cela.

- Cet homme est un bel enfoiré trop friqué, lâchai-je pour moi même.

Je relevai la tête en gagnant mon bureau, et m'y écroulai sans aucune grâce. Et un rapport rédiger, un !

- Elena ?

Surprise, je tournai la tête vers mon interlocuteur.

- Bonsoir, Tseng, marmonnai-je en apercevant le Wutaïen.

Debout dans le couloir, il haussa un sourcil, une pile de dossier entre les mains. Mon humeur maussade et mon allure peu glorieuse devait l'avoir alerté.

- Reno n'est pas avec toi ?me demanda-t-il très sérieusement.

Et presque tous les soirs c'était le même cinéma. Tseng le protocolaire. Il me parlait toujours avec sérieux, et s'étonnait toujours de l'absence du rouquin à son bureau à une heure si tardive. Chose que je ne comprenais pas, vu qu'après tout ce temps à bosser ensemble, il aurait dû saisir que cet homme était un gros flemmard et un coureur de filles. Enfin bon, il faisait ses missions, c'était déjà ça.

- Non, je cois qu'il est une fois de plus parti s'amuser un peu, soupirai-je en me massant les tempes.

Tseng me fixa un instant, moyennement convaincu, alors que je sortais de quoi écrire.

Il fallait à tout prix que je me mette à ce rapport, ou il n'allait jamais être prêt.

Tseng resta planté quelques minutes devant moi alors que je commençai à réfléchir.

- Elena, tu es toute pâle, tu devrais rentrer chez toi, finit-il par soupirer.

Je relevai vers lui mon visage le plus sérieux.

- Non, j'ai un rapport à écrire, lui répondis-je en osant défier son autorité.

Mon vis à vis secoua la tête avant d'abandonner, me laissant à mon rapport de mission. Tseng et moi n'entretenions pas des relations très simples. Nous savions restés dans un cadre collègue-supérieur, tout en étant étrangement complice. Il n'était pas rare que je lui adresse un sourire depuis mon bureau lorsqu'il passait devant, ou encore que je me permette une pause café à ses côtés. Il avait beau être des plus froid et pas évident à dérider, comme disait Reno, c'était un homme que je respectais énormément. Après tout, il m'avait donné ma chance au sein de son équipe, sans jamais me dénigrer à cause de ma condition de femme. Une femme qui tient un flingue aux yeux du monde, c'est déplacé. Mais aux yeux de Tseng, ça ne l'a jamais été. Au contraire, mieux je savais le tenir, plus il m'estimait.

Alors que je tentais de me re concentrer sur mon rapport et les quelques lignes que j'avais déjà écrite, je sentis mes paupières se faire lourdes.

- Je crois que je vais dormir ici, moi, grognai-je en me redressant.

J'allais avoir une de ces têtes, moi, le lendemain. Pas coiffée, crevée, pas lavée. Ma féminité actuelle frisait le zéro absolu. J'en soupirai de plus belle. Je crois que jamais je n'avais autant soupirer en une seule et même journée.

J'allais m'amuser à compter mes soupirs, lorsque mon portable sonna violemment dans la poche de mon pantalon. L'attrapant en quatrième vitesse pour décrocher, je n'eus même pas le temps de m'annoncer qu'une voix que je ne connaissais que trop me salua.

- Reno, marmonnai-je.

- Ouais, Eli, me répondit-il. Je suis devant l'ascenseur là. Je trouvais ça vraiment cruel de te laisser toute seule pour bosser ce soir, surtout que t'avais l'air carrément crevée.

J'ouvris des yeux si grands que je crus qu'ils allaient sortir de leurs orbites. Reno ? Travailler ? Ou même me tenir compagnie ?

- B...bon, très bien alors, balbutiai-je en l'entendant raccrocher.

Peut être la soirée n'allait elle pas être si pénible, en fin de compte. Les histoires de Reno allaient me donner mal au crâne, mais au moins, je n'en serais pas réduite à parler au mur. Me replongeant pour la énième fois sur mon rapport largement inachevé, j'entendis la porte de l'ascenseur s'ouvrir. Surprise de la rapidité avec laquelle Reno était arrivée, je m'accordai le droit de sourire. Relevant la tête vers la porte de notre bureau commun, je me sentie très vite déchanter en reconnaissant le costume blanc et les cheveux blonds de notre patron.

- Patron, me forçai-je à articuler.

- Tu travailles bien tard, ma chère Elena, me glissa Rufus en s'approchant de moi.

Et lui, il semblait avoir finit plus rapidement que prévu. Il n'était même pas un poil décoiffé, alors que sa blonde devait être plus échevelée que jamais.

Je sentis le rouge me monter au joue alors qu'il s'emparait d'une mèche de mes cheveux rebelles.

- Il serait dommage que des cernes viennent entacher ton si joli visage, murmura-t-il alors que des picotements me parcouraient le cuir chevelu.

J'avais l'impression dérangeante d'être à la merci d'un fauve. Je n'aimais pas du tout la manière trop familière qu'il avait de s'adresser à moi, quoique cela crispe les muscles les plus profonds de mon ventre. Je déglutis silencieusement en tachant de ne pas trembler.

- Allez plutôt dire ça à votre secrétaire, répliquai-je en essayant de ne pas le regarder. L'exercice physique n'est pas conseiller aux femmes passant leur vie sur une chaise.

Lentement, Rufus lâcha mes cheveux pour faire glisser sa main contre mon visage. Avant d'enfin s'éloigner. Je sentis la pression dans mes côtes se relâcher d'un seul coup, alors que je me sentais incapable de rester les yeux rivés contre mon bureau. Cet m'énervait. Il était trop beau pour qu'on ne le regarde pas. Et il semblait s'en délecter.

- Il est vrai que l'exercice physique t'est plutôt réservé, Elena, susurra Rufus en envoyant valser une mèche pendu devant ses yeux.

Je me sentis violemment rougir devant son sourire carnassier. Et plus encore lorsque je vis Reno, médusé, dans l'entrebâillement de la porte.

- Finis moi ce rapport, m'ordonna enfin mon patron en contournant le rouquin.

- Bien, patron, soupirai-je en posant une main contre mon front.

- Je sais bien que je suis le patron, l'entendis-je rétorquer avant que ses pas ne s'éloignent définitivement.

Et il espérait sincèrement que je termine son rapport après ça.