Nouveau chapitre !

Je préviens d'avance : vous allez détester la fin ! Mais évitez de me tuer s'il vous plait, sinon la suite risque de tarder à arriver ^^

Bonne lecture.

Chapitre 2 :

La nuit ne fut absolument pas paisible pour Harry. Il ne cessait de s'imaginer les pires scénarios concernant Snape mais aussi à propos de Draco et de son père. Lassé de se retourner dans son lit, il finit par attendre l'aube accoudé à sa fenêtre, guettant ceux qui entraient ou sortaient de la maison. Il vit aussi Hedwige partir chasser mais sa chouette ne vint pas le voir. Et Harry ne l'appela pas non plus. Il aurait aimé pouvoir voler lui aussi. Son balai était rangé dans une de ses valises, inutile. Il n'avait pas le droit de s'en servir, ça aurait été trop dangereux. Enfin c'est ce que tout le monde lui disait. Tout le monde cherchait à le protéger à tout prix, l'empêchant presque de bouger, ce qui était vraiment pénible. Mais Harry savait très bien que si lui-même n'allait pas sur le champ de bataille, déjà il deviendrait fou d'inactivité, et surtout il perdrait toute crédibilité en tant que leader. Déjà qu'il n'avait pas demandé à jouer ce rôle alors si maintenant on l'empêchait de le faire comme il faut, c'était le monde à l'envers. Puis il avait la certitude que personne d'autre que Voldemort ne pouvait le tuer. Il interprétait la prophétie à sa manière et était persuadé qu'il ne mourrait pas avant. Cela n'empêchait pas la peur une fois sur le terrain mais le rassurait quand il était sauf en fin de journée ou le matin avant de partir.

Dumbledore surtout cherchait à le garder bien à l'abri. Harry avait bien compris depuis que l'ancien directeur voulait avant tout un symbole pour rallier tout le monde. Harry faisait office de bannière. Il n'avait aucune considération pour ce que pouvait éprouver le jeune sorcier. S'il avait pu le mettre sous une cloche en verre comme un objet, il l'aurait fait sans hésitation.

Harry détestait ces nuits d'angoisses. Il ressassait les mêmes pensées déprimantes encore et encore.

Il accusait de larges cernes noirs le lendemain matin qui s'ajoutait à celles déjà existantes. Il avait une vraie tête à faire peur.

Il fut le premier arrivé dans le réfectoire. Les elfes de maisons ne devaient même pas être encore levés. Il s'assit néanmoins à une des tables et attendit. Une heure plus tard quelques personnes apparurent. Harry les salua tous. Il reconnut deux trois visages ainsi que certains dont il était plus proches comme Ulrich ou Ethan. Les entrainements servaient autant à se renforcer soi-même qu'à renforcer les liens entre les combattants. Harry peinait parfois à retenir tous les prénoms.

A neuf heures Hermione descendit à son tour. Le brun lui fit croire qu'il avait déjà mangé pour échapper aux questions mais la jeune sorcière ne fut pas dupe. Elle laissa passer pour cette fois, sachant très bien les tourments qui agitaient son ami. Même elle ne se sentait pas vraiment en appétit.

Petit à petit le réfectoire se remplissait. Harry et Hermione se retrouvèrent entourés par leurs amis. Personne n'osa questionner le brun sur sa mine de déterré. Soit il repartait dans ses délires amoureux soit il faisait part de ses déprimes. Dans les deux cas il valait mieux qu'il ne dise rien. A la place ils parlèrent du programme pour la journée. Entre recherches à la bibliothèque, duels magiques, repos, tous avaient une idée bien précise de ce qu'ils comptaient faire, ou pas.

Délaissant son assiette – que de toute manière il avait à peine touchée - Harry finit par quitter la table, suivi par Ron et Hermione.

Ils passèrent dans l'entrée où de nouveaux réfugiés venaient d'arriver. Des anciens Aurors leur faisaient passer des tests pour être sûr de leurs intentions. Précaution prise depuis le début. Il ne fallait pas qu'un espion de Voldemort puisse entrer dans la maison et tout révéler à son maître plus tard. C'était donc le même cirque à chaque fois. Entre les cris des réfugiés qui étaient outrés d'être soupçonnés et les Aurors peu conciliants qui réagissaient parfois de manière un peu excessive. Puis ça finissait par se calmer d'une manière ou d'une autre et la série d'interrogatoire pouvait commencer.

D'abord c'était sur les motivations qui les amenaient ici. Puis sur les points forts et points faibles. Les peurs aussi, dès fois que l'ennemi essaye de s'en servir. Venaient ensuite toutes les questions sur les liens familiaux. Les Aurors pouvaient remonter loin dans l'arbre généalogique et s'étendaient sur toutes les ramifications possibles. Puis c'était le contrôle de la baguette magique de chacun et son enregistrement. Rien n'échappait à la vigilance des anciens agents du Ministère, quand celui-ci existait encore.

Avant tous les interrogatoires se faisaient sous Vérisatérum. Mais avec les récentes difficultés à se procurer le moindre ingrédient, il avait fallu trouver un autre moyen. Pour le moment les Aurors utilisaient de simples sorts de vérité. Ce n'était pas aussi efficace que la potion cependant ils n'avaient pas d'autres alternatives. Et ils comptaient aussi sur le fait qu'il fallait être quelqu'un de puissant au niveau magique ou posséder un mental très résistant pour contrer ces effets.

L'entretien se finissait par un sort posé sur la personne qui faisait qu'il ne pouvait parler de la maison à quelqu'un. On leur disait que ça causerait leur mort mais Harry savait très bien que ça les priverait juste de leur magie. Ce qui était presque pire pour un sorcier. C'est pour ça que les réfugiés étaient toujours amenés par une personne qui vivait déjà sur place. Le bouche à oreille indiquait juste qu'un lieu existait. Parfois de fausses adresses étaient données, parfois c'étaient des pièges de Voldemort.

Harry aurait aimé pouvoir indiquer l'emplacement exact pour être sûr de pouvoir sauver plus de personnes. Mais il savait très bien qu'en agissant ainsi il provoquerait au contraire la chute de ce lieu. Alors il serrait les poings quand il entendait parler des nombreuses morts partout dans le pays. Puis il allait pleurer en silence. Si seulement Voldemort pouvait sortir de temps à autre de son manoir où il vivait reclus depuis des mois. Alors le Survivant aurait pu le tuer à nouveau et tout serait fini.

Le trio de Gryffondor resta un instant à observer les nouveaux venus. Il y avait une famille avec un enfant en bas âge qui s'accrochait aux jupes de sa mère. Derrière venait un jeune homme amaigri et au regard vide. Ils étaient presque tous dans le même état. Parfois pire. Venir ici leur apportait du réconfort et un but à suivre. En quelques jours ou en quelques mois ils finissaient par retrouver une certaine gaité. Il le fallait pour tenir le coup. La guerre s'était aussi ça. Un endroit pour se détendre, oublier ce qui se passe dehors. Ou du moins croire que l'on n'est pas concerné.

XXX

- Experlliamus !

- Protego !

- Diffindo !

- Reducto !

Les sorts fusaient dans tous les sens, rebondissant sur les murs. Harry et Ron étaient essoufflés et la sueur coulait sur leurs fronts. A côté Hermione observait et notait de temps à autre sur son parchemin. Elle marquait les défauts de chacun, les détails de postures à rectifier. C'était une habitude qu'ils avaient prise pour s'améliorer. Et c'était redoutablement efficace.

Harry fit signe qu'il voulait faire une pause. Ses membres étaient lourds et il était vraiment épuisé. Pas étonnant après une nuit blanche. Hermione leur fit apparaître des verres d'eau pour tous les deux. Elle allait se mettre à parler quand Dean entra en trombe dans la salle d'entrainement. Il se dirigea droit sur Harry et lui murmura à l'oreille.

- Snape est de retour.

Le brun ouvrit les yeux en grand et ne put retenir un large sourire. Il avait tout oublié de sa fatigue et de la douleur dans ses muscles en quelques secondes. Sans se soucier de ses amis, ni de sa tenue débraillée, il sortit de la pièce, traversa les longs couloirs et descendit les marches en les touchant à peine. Il s'arrêta juste avant la porte, écoutant ce qui se passait dans le hall d'entrée.

- Le conseil a duré la nuit entière.

Oui, c'était bien la voix de Severus, il n'y avait aucun doute. Lui aussi semblait fatigué et plutôt tendu.

- Des nouvelles ?

Ça c'était Dumbledore.

- Plutôt. Mais je dirais tout à tout le monde, je n'ai aucune envie de me répéter.

Harry fit alors son apparition, essayant de calmer son cœur qui s'agitait bien trop dans sa poitrine alors que ses yeux se posaient sur le maitre des potions.

- Ah Harry, tu tombes à point nommé, s'exclama Dumbledore. Severus étant revenu, nous allons faire une réunion. Il semblerait qu'il a des informations à partager.

- Bien directeur.

- Tu devrais aller prendre une douche, intervint Remus. Tu risques de prendre froid comme ça et surtout ça ne sent pas la rose.

Il avait dit les derniers mots avec un grand sourire. Il était bien plus protecteur envers Harry maintenant que Sirius n'était plus là. Il était le dernier des Maraudeurs, enfin surtout le dernier loyal, et c'était pour lui un devoir de veiller sur le fils de James et Lily.

Le Survivant baissa les yeux et remarqua, qu'en effet, son tee-shirt lui collait à la peau à cause de la sueur et que ça allait vite devenir désagréable. Il devait afficher un spectacle pitoyable.

Bredouillant quelques excuses il remonta les étages aussi vite que possible et s'enferma dans sa salle de bain. Là il se passa rapidement sous le jet d'eau chaude et fit disparaître les traces de son entrainement. Il ne s'attarda pas devant le miroir. Un sort de séchage, suivi d'un autre pour s'habiller et il fut prêt. Un simple jean, un tee-shirt noir avec un col en V et des baskets en tissu pour la tenue. Ici le côté pratique primait avant tout le reste. Il se força à aller normalement jusqu'à la salle de réunion. Pas la peine d'arriver hors d'haleine de nouveau.

Quand il entra il y avait une bonne partie des personnes déjà assises. Dumbledore présidait. Autour de lui il y avait tous les membres de l'Ordre du Phénix qui étaient sur place. Hagrid et Tonks étaient en mission, Elphias Doge était à l'infirmerie pour un temps et Charlie Weasley n'était toujours pas rentré de Roumanie.

La salle était plutôt grande mais on ne pouvait se rendre compte de sa taille à cause de l'imposante table ronde qui occupait presque tout l'espace. Volonté d'égalité affichée et surtout pour s'opposer à la grande table longue où Voldemort aimait retrouver ses mangemorts et surtout afficher ses préférences en mettant les fidèles plus près de lui que les autres. Là il n'y avait pas de place attitrée même si les habitudes de certains en donnaient l'impression.

L'apparition d'Harry fut comme le signal de commencer. Le jeune sorcier alla s'installer entre Ron et Hermione. A la suite de la sorcière était assis Remus puis Dumbledore et Severus de l'autre côté, lui-même ayant Kingsley à sa gauche. Du côté de Ron c'était toute la famille Weasley, Ginny excepté car jugée trop jeune, qui avait pris place. Le reste des membres de l'Ordre formaient le cercle.

Dumbledore se leva

- Cette réunion exceptionnelle a pour but de vous tenir informé des dernières nouvelles concernant notre ennemi. Severus…

Le directeur laissa la place à son ancien employé qui, par contre, resta assis.

- Hier n'était pas qu'une simple escarmouche. Le lord a voulu s'assurer d'une chose.

- De quoi ? coupa Kingsley

- Si tu ne m'interromps pas, peut-être que j'arriverais à parler, siffla Severus. Je disais donc que Vous-Savez-Qui a eut hier la certitude que nous étions bien entrainés. Et s'il se doutait avant que notre refuge existe, il en est maintenant convaincu. Il a donc décidé de tout mettre en œuvre pour le trouver.

- Il enverrait des espions ? demanda Remus

- Peut-être, il ne l'a pas dit clairement. Il va sûrement piocher dans les basses sphères et agir en secret, même de ses mangemorts fidèles. Il faudra renforcer les contrôles. Et aussi demander à Draco une liste des jeunes qui sont là-bas.

- Vous lui en avez parlé ? intervint Harry. Ce sera peut-être lui que Vold… notre ennemi enverra.

Personne n'appréciait quand il disait le nom de Voldemort alors il essayait de se retenir le plus possible.

- Très peu probable. C'est trop évident. Je n'ai pas eu le temps de le voir, je suis parti dès que possible pour vous prévenir. Lucius devrait faire la commission normalement. Il voulait revenir aussi mais il est encore plus surveillé que moi en ce moment.

- Merci mon petit.

- Ce n'est pas tout directeur…

Snape marqua une pause, un peu comme s'il cherchait ses mots.

- Le lord compte attaquer Londres demain. La rumeur courait déjà parmi les mangemorts mais il l'a confirmé dans la nuit. Dès l'aube ses troupes prendront d'assaut la côté Nord de la ville. Il y aura le plus gros de son armée. Et surtout c'est lui-même qui sera aux commandes des opérations.

- Il sera là ! Vraiment ?

Harry ne s'était pas retenu de crier. Severus hocha la tête pour confirmer. Déjà tout le monde se penchait vers son voisin pour exprimer son avis à voix basse. Il y avait comme un bourdonnement dans la salle qui ne cessait d'enfler. Le Gryffondor trépignait sur sa chaise. Demain peut-être. Demain tout pouvait finir.

- J'irai ! annonça-t-il à voix forte pour faire taire tout le monde. Nous irons demain, assez nombreux pour leur faire mordre la poussière. Et je tuerai ce salaud !

- Harry, réfléchis un peu avant, tempéra Remus. Ça pourrait être un piège.

- C'est forcément un piège oui ! approuva Mr Weasley. Il n'est jamais sorti du manoir Malfoy alors pourquoi maintenant.

- Peut-être qu'il s'emmerde chez lui, marmonna Ron.

Personne ne fit attention à sa remarque.

- Mais si ce n'est pas un piège, poursuivit Harry, nous perdrons une chance formidable.

- Dans ce cas, proposa McGonagall, une première vague d'attaquants ira sur le terrain. Ils communiqueront avec nous et si effectivement notre ennemi principal est là, vous pourrez vous y rendre à votre tour.

- Et voir ainsi mourir tout le monde pour rien ? Non merci !

- Tu risquerais de mourir aussi si tu y allais. Reste avec nous, implora Mrs Weasley.

- Ils ne me feront rien ! Aucun mangemort ne peut me tuer.

- Harry, nous savons tous ce que tu penses, dit Albus. Mais les prophéties ne sont pas toutes simples à déchiffrer. Et ton interprétation pourrait être erronée.

- Qui ne tente rien n'a rien, proverbe Moldu. Si demain il y a un combat alors j'y serai.

- Et si notre ennemi n'y est pas et que c'est effectivement un piège ? demanda Kingsley.

- Alors nous tuerons le plus de connards possibles.

Il n'y avait plus aucun prisonnier de fait depuis que l'un d'eux avait réussi à s'échapper et avait torturé puis tué ses geôliers. Surtout qu'il était rare qu'on puisse en tirer quelque chose. Ils étaient entrainés à supporter les Doloris à haute puissance.

- Si Le lord noir est là alors ses plus fidèles mangemorts devraient y être, confirma Severus. Même si je suis aussi d'avis que c'est un piège. C'est un peu trop soudain comme mouvement.

- Et pourquoi attaquer Londres en particulier ? interrogea Fred.

- Le chemin de Traverse est presque vide, confirma George. Il n'y a rien d'intéressant dans la ville.

- Il doit penser que c'est là que nous avons notre planque, avança Hermione. Après tout c'est de là que vous partiez quand vous avez atterri dans la plaine. S'il a remonté votre trace, il est tombé sur Londres et a fait la déduction.

- C'est bizarre quand même, déclara Remus. Quelque chose ne colle pas.

- Il n'a donné aucune raison, expliqua Severus. Et personne n'a posé de question. Mais en effet le ministère étant tombé, le chemin de Traverse et l'allée des Embrumes étant déserts, il n'y a normalement rien qui peut l'intéresser personnellement.

- Nous somme donc d'accord pour dire que c'est un piège, dit Mr Weasley.

- Il nous suffira donc de prévenir les habitants sorciers, d'envoyer les Moldus à un autre endroit et ce sera bon.

Le plan d'Hestia Jones était bien trop compliqué à mettre en place, elle-même le savait pertinemment. Surtout en si peu de temps. Et transposé la ville ailleurs aurait demandé bien trop d'énergie magique.

- Donc si nous voulons protéger tout le monde, nous n'avons pas d'autre choix que d'aller nous-mêmes au devant de l'affrontement, conclut fièrement Harry.

Lui aussi pensait que ça pouvait être un traquenard mais cette petite voix était étouffée à la pensée que demain il allait sûrement pouvoir venger ses parents.

- Ta décision est prise n'est-ce pas ? demanda Dumbledore.

- Irrévocable.

- Bien. Puisque nous n'avons pas le choix.

Harry fronça les sourcils. C'était presque trop facile. A tous les coups le vieux directeur chercherait une excuse pour que son petit protégé ne bouge pas de là. Mais le Gryffondor ne comptait pas se laisser faire sans rien dire.

- Autre chose ? demanda Minerva.

- J'ai réussi à subtiliser quelques ingrédients dans le laboratoire qui m'a été installé au manoir Malfoy. Je ne pourrais pas le faire souvent et je ne peux en prendre beaucoup à la fois. Mais je pense pouvoir rationner et disposer ainsi des potions les plus urgentes.

En disant ça son regard se dirigea vers Remus. Le message passa et le lycanthrope soupira de soulagement. Il avait donc un peu de répit.

La réunion continua ensuite sur d'autres sujets certes de moindre importance mais dont tout le monde devait être informé. Puisque le plus grand nombre était présent, autant en profiter.

XXX

- Tu es sérieux là ?

La réunion était enfin finie, après s'être éternisé sur des broutilles. Ils avaient mangé dans la salle tout en continuant à débattre. L'après-midi était à présent bien entamée. Le trio de Gryffondors avait rejoint le reste de l'équipe et leur avait raconté tout ce qui avait été dit et décidé durant la matinée. Les réactions avaient été mitigées.

- Et tu es absolument sûr que ce n'est pas un piège pour te tuer ? demanda Dean.

- Tu vas pas t'y mettre toi aussi !

Harry pensait qu'au moins ses amis comprendraient.

- Il faut que j'y aille ! Je ne veux pas passer pour un lâche qui se planque derrière les autres.

- Non mais on comprend ça, s'expliqua Dean. Juste que si c'est effectivement un traquenard, faudrait prendre des précautions pour que tu ne crèves pas bêtement.

- Aucun mangemort n'osera lever la main sur moi, ils laisseront ce plaisir à leur maitre. Au pire je serais capturé.

- T'as l'air d'en parler comme si ce n'était rien, intervint Ron.

- Je n'ai juste pas envie de paniquer tout de suite. Je suis mort d'angoisse à longueur de temps. Demain il y aura une guerre. Et il y a des chances pour que notre ennemi principal y soit. Voilà tout ce que je me dis pour le moment.

- Tu as une réaction très saine, rassura Luna.

Venant d'elle le compliment sonnait bizarre mais Harry l'apprécia. Il sentait le regard de ses amis sur lui mais n'y fit pas attention. Ils cherchaient sûrement tous les moyens possibles de le dissuader. Le brun se tourna vers la fenêtre. Le ciel était plus tôt dégagé, si ce n'était quelques nuages paresseux qui trainaient sur le fond bleu. Mais ce temps n'était pas fait pour durer et la pluie ne tarderait pas.

Seamus se racla la gorge avant de parler d'une voix faible.

- Dis… tu as bien pensé que tu pouvais mourir demain…

- Je sais ! le coupa violemment Harry. Et j'aimerais qu'on cesse de me le répéter !

- Non mais écoute jusqu'au bout. Demain tu meurs ou tout au contraire on peut gagner. C'est ça ?

- Oui… Et alors ?

- Alors tu ne crois pas que c'est le bon moment pour sauter sur Snape ! déclara fièrement l'Irlandais.

Harry se retourna si violemment vers son ami qu'il aurait pu se faire un torticolis.

- Ça va pas bien dans ta tête ?

- Qu'est-ce que tu risques après tout ! Si tu meurs demain, soit il t'aura rejeté la veille et dans ce cas aucun regret, soit il t'accepte, vous couchez ensemble et pas de regret non plus. Si on gagne, pareil. S'il t'a dit non, au moins tu seras fixé et s'il t'a dit oui, alors vous pourrez continuer en couple.

- Mais tu es complètement crétin ! s'exclama Ron. Déjà que demain est un piège et toi tu veux qu'il meurt dès ce soir ? On ne sait même pas si Snape est gay. Harry ne fera jamais ça.

Cependant quand il se retourna pour avoir l'approbation du Survivant il vit que celui-ci n'était déjà plus là. Et il y avait le bruit de quelqu'un qui montait les escaliers en courant.

XXX

Malgré son enthousiasme évident, Harry se stoppa net une fois arrivé à l'étage des chambres. Il avait encore quelques doutes. Il alla directement dans sa propre chambre et s'enferma pour réfléchir.

Seamus n'avait pas tort. Depuis des mois qu'ils étaient là, c'était la première fois qu'ils avaient comme une échéance, une possible date de la fin de la guerre. Et si le brun laissait passer cette occasion, il n'en aurait peut-être jamais d'autre. Mais arriver la bouche en cœur devant le maitre des potions était le risque de se retrouver renvoyé dans ses appartements et muselé d'un sort sans avoir eu le temps de quoi que ce soit.

Il y réfléchit tout le reste de l'après-midi, laissant passer aussi l'heure du dîner. Personne ne s'étonnerait de ne pas le voir descendre, ça lui arrivait souvent. Harry mangeait encore moins qu'avant. Il était bien trop préoccupé pour avoir faim. Par contre si Severus était au réfectoire, ses amis risquaient de penser qu'il avait tué Harry. Ou simplement que ça s'était mal passé et que le Survivant voulait rester seul.

La nuit tomba doucement et du bruit se fit entendre dans le couloir. Harry serra les poings et prit sa résolution. Il jeta d'abord un coup d'œil dehors pour voir s'il y avait quelqu'un. Il se glissa discrètement le long du mur, attentif au moindre son. Il n'avait pas allumé la lumière pourtant il savait très bien où il allait. La sensation de la magie sur sa peau nue lui indiquait le chemin. Une fois devant la porte de Snape, il prit une grande inspiration et frappa quelques coups discrets contre le panneau en bois.

- Entrez.

Au moins il était bien là. La voix était plutôt sèche. Mais plus question de reculer à présent. Harry rentra et tenta de gagner quelques secondes en fermant la porte comme il faut.

Il appréhendait ce qui allait se passer ensuite. C'était soit un de ses plus grands rêves qui allait se réaliser, soit sa condamnation.

- Potter ! J'espère que vous avez une bonne excuse pour venir me déranger un tel soir.

Avant de répondre Harry détailla rapidement les lieux. Même disposition que dans sa propre chambre. Hormis que les draps du lit étaient d'un vert émeraude très Serpentard, alors que les siens étaient noirs. Sinon tout était parfaitement semblable. Pas de décoration, d'ornements, de souvenirs. On avait l'impression que personne ne vivait ici. La seule lumière provenait de la lampe de chevet et éclairait à peine toute la surface. La scène avait l'air surréaliste dans la pénombre.

Cependant le brun ne pouvait trainer plus longtemps.

- A propos des ingrédients de potion, improvisa t-il. J'y ai réfléchi et j'ai peut-être une solution pour vous. Les elfes de maison arrivent à avoir de la viande, ils peuvent aussi vous trouver de quoi vous fournir.

- Me prenez-vous donc pour un adolescent abruti ? J'y ai bien pensé ! Mais s'ils me dépannent effectivement pour certaines choses, pour d'autres ils refusent catégoriquement. Ça ne résout pas le problème en entier.

- Ah.

Maintenant il n'avait plus rien à dire et le Survivant se triturait les mains, nerveux. Ce que remarqua bien l'ancien professeur de potions.

- Autre chose Mr Potter ? Vous devriez plutôt vous reposer demain. Puisque vous avez l'intention de vous jetez droit dans la gueule du loup. Et je ne parle pas de Remus.

- Pas le choix, marmonna l'adolescent

- Si vous comptez mourir jeune…

- Surtout… sans regret.

Ce fut comme le signal pour lui d'agir. En quelques enjambées il était contre Severus, il agrippa la robe noire à boutons et plaqua ses lèvres sur les siennes.

Il ferma ensuite les yeux pour savourer la sensation et aussi pour ne pas voir le coup qui allait fatalement s'abattre sur lui. Mais ce qui se passa fut bien plus surprenant.

La terreur des cachots resserra ses bras autour de son ancien élève et il répondit au baiser. Le cœur de Harry s'emballa. C'était presque trop beau pour être vrai. Tentant sa chance un peu plus il passa sa langue sur les lèvres fines, quémandant l'entrée à cette bouche dont il rêvait tant. Ses mains remontèrent et se perdirent dans les longues mèches noires, savourant leur douceur. Et non ce n'était pas gras, il avait raison. Harry n'avait que quelques centimètres de moins que son ainé à présent.

Severus le retourna et le plaqua violemment contre le mur, sans jamais interrompre le baiser. Les langues finirent pas se mêler et dansèrent un ballet endiablé. Les deux hommes se battirent un moment pour la dominance, chacun refusant de se laisser mener. C'était si bon. Le Gryffondor avait l'impression que tout tournait autour de lui, il était comme grisé, ivre de toutes ces sensations. Les mains de Severus passèrent sous son tee-shirt et caressèrent le dos du lionceau. Ils n'avaient presque plus de souffle mais aucun des deux ne pensa arrêter un seul instant.

Harry sentait son sexe se gorger de sang et la sensation dure sur sa cuisse lui prouvait que son ancien professeur était dans le même état que lui. Ils n'allaient pas tenir longtemps s'ils continuaient comme ça.

Se souvenant de la disposition de la chambre, Harry fit reculer Severus de quelques pas et le fit tomber sur le lit, se faisant entrainer dans le mouvement, coupant coup au baiser. Plongeant ses yeux dans les prunelles grises que le désir obscurcissait, le Survivant commença à défaire lentement chaque bouton de la lourde robe noire. Autant pour se calmer que pour profiter pleinement de l'instant. Il ouvrit ensuite la chemise blanche en grand, se libérant ainsi l'accès au torse presque imberbe, hormis une bande de poils noirs en dessous du nombril, et d'une blancheur d'ivoire. Snape était bien plus musclé qu'il ne le laissait suggérer quand il était vêtu. Sa main effleura doucement chaque parcelle de peau comme s'il essayait de tout mémoriser.

Harry avala sa salive, soudain nerveux. Severus se redressa pour l'embrasser doucement, sa main se glissant dans la nuque du Gryffondor pour le rapprocher.

Aucune parole n'avait été prononcée depuis le début. Et c'est toujours dans ce silence que les vêtements, et les lunettes dans le cas du plus jeune, furent enlevés un par un. Les lèvres des deux hommes ne restaient jamais éloignées bien longtemps.

Toujours à quatre pattes au-dessus de son amour, Harry fit descendre sa main vers la verge tendue. Severus ne put retenir un gémissement profond quand les doigts s'enroulèrent autour de son membre. Le Gryffondor joua d'abord avec le gland d'où s'échappaient déjà quelques gouttes puis il entama de lents va-et-vient.

Le Serpentard ne se laissa faire bien longtemps et il commença à masturber Harry à son tour. Son autre main se fraya alors un chemin vers l'anus du plus jeune.

Le Survivant voulu protester quand il sentit un sort de lubrification et un premier doigt pénétrer entre ses fesses. Il n'était pas d'une nature à se laisser dominer et préférait largement mener lors de ses ébats. Parce que même s'il était amoureux de Severus depuis des années il avait aussi flirté gentiment avec deux trois garçons hors de l'école. Bon peut-être plus que flirter. Et il n'avait été le dominé qu'une seule fois. Mais là il n'avait pas vraiment envie de débattre sur qui allait prendre l'autre. Pas alors qu'il avait enfin la chance d'être dans un lit avec son professeur de potions.

Il grimaça quand un deuxième doigt humide rejoignit le premier mais tenta de ne rien montrer. Severus était doux dans ses gestes et il embrassa son partenaire pour le distraire. Il cherchait la petite glande de plaisir qui ferait très certainement réagir le lionceau. Il sut qu'il l'avait trouvé quand celui-ci s'arqua soudainement en gémissant de manière si sensuelle que son ancien professeur aurait pu jouir dans l'instant.

En quelques secondes Harry n'était plus qu'une loque pantelante qui avait du mal à se tenir. Ses membres tremblaient et son cœur battait comme s'il voulait sortir de sa poitrine. La sensation combinée de la main de son amour sur son sexe et des doigts jouant dans son anus, lui faisait totalement perdre la tête.

- Non… bafouilla Harry. Pas… pas comme ça. Je veux…

Toujours sans dire un mot, Severus arrêta sa torture et ses mains trouvèrent leur place sur les hanches du jeune sorcier. Ce dernier changea sa position et doucement, commença à s'empaler sur le pénis érigé. Il prit appui sur les épaules de son partenaire pour se stabiliser.

Une fois complètement enfoui dans cet antre de plaisir, Severus attendit un peu pour être sûr de ne pas blesser Harry. Puis il commença à bouger doucement.

Au début le jeune sorcier ne ressentit rien d'autre que la gêne et la douleur puis le plaisir prit vite sa place. Il avait l'impression que ses organes fondaient sous la chaleur, que tout son corps se liquéfiait. Il se pencha un peu pour embrasser son aîné, ce qui modifia l'angle de pénétration, augmentant encore plus le plaisir, bien qu'il ne pensait pas que ce puisse être possible.

Il était enfin uni à l'homme qu'il aimait. Rien d'autre n'avait d'importance. Il avait oublié qui il était, il avait oublié ce qui l'attendait demain, il avait tout oublié de la guerre et des morts. Il ne pensait qu'au corps bien vivant sous lui et à ce sexe qui le pilonnait à présent.

Le rythme devint effréné. La chambre n'était remplie que par des gémissements et des cris. Normalement toutes les chambres étaient naturellement insonorisées par un sort et Harry en était plutôt heureux à l'instant. Ses mèches collaient à son front à cause de la sueur.

D'un coup Severus se retira totalement. Mais l'adolescent n'eut pas le temps de protester car il fut basculé et se retrouva étendu sur le dos, la tête dans les oreillers, sans trop savoir comment. Le Serpentard s'allongea sur lui et lui couvrit le cou de baisers tout en le pénétrant de nouveau. Les bras d'Harry se refermèrent naturellement autour de son aîné. Sans même s'en rendre compte il planta les ongles dans la peau tendre du dos et laissa de longues traces rouges.

Sentant qu'il n'allait plus tenir longtemps, Severus fit glisser sa main entre leurs deux corps et masturba Harry en rythme avec ses propres mouvements de hanche.

Un blanc se fit dans l'esprit du Gryffondor. Il eut l'impression de tomber dans un vide sans fin. Il éjacula à longs traits dans la main de son professeur. Ce dernier ne tarda pas à le rejoindre.

Essoufflé, la terreur des cachots eut juste la force de se mettre sur le côté pour ne pas écraser son ancien élève. Harry mit un peu de temps à reprendre ses esprits. A demi engourdi il se pelotonna contre Severus et se mit à somnoler. Il eut tout juste le temps de murmurer :

- Je t'aime.

Puis il sombra dans le sommeil.

Snape se mordit la lèvre inférieure. Il voulut répliquer, bouger mais la fatigue l'emporta et il se mit à somnoler à son tour.

XXX

Harry était vraiment heureux en se réveillant. Il devait même afficher un sourire béat totalement idiot mais il s'en fichait. Par contre il était seul dans le lit quand il ouvrit les yeux. Il faisait encore noir, la nuit n'était pas finie. Il prit ses lunettes sur la table de chevet et les mit sur son nez. En se redressant un peu il vit que Severus s'était déjà rhabillé et se tenait à l'autre côté de la chambre, occupé à quelque chose que le jeune sorcier ne pouvait voir. Le professeur se retourna en entendant le mouvement des draps. Il fit disparaître ce qu'il avait dans la main d'un sort et se désintéressa une fois de plus de l'adolescent. Celui-ci sentit que quelque chose n'allait pas. Il se dit que Severus stressait à cause de la bataille qui les attendait dès la levée du jour.

- Tu penses qu'il y a une chance pour que nous puissions encore être ensemble après aujourd'hui ?

Ça sonnait peut-être un peu trop fille ou fleur bleue à son goût mais il n'arrivait pas à s'exprimer autrement.

Par contre il ne s'attendait vraiment pas à la réponse de Severus.

- Il n'y a pas de « nous » Mr Potter. Et il n'y en aura jamais.

Avis ? Commentaires ? Menaces ?

A bientôt ! Je ne sais pas quand, en ce moment j'ai un planning de folie.