Chapitre 2
Disclaimer : la fiction appartient à jhared17, l'histoire de base à JK Rowling, je ne fais que traduire.
Severus Snape avait craint ce jour pendant onze ans. Il avait toujours su que Harry Potter viendrait un jour à Poudlard – le nom du garçon y était inscrit depuis le jour de sa naissance, après tout – et il avait toujours su également qu'il devrait affronter le souvenir de James jour après jour, dans sa classe, dans la Grande Salle pendant les repas, et même dans les couloirs. Il avait composé avec cette crainte, l'avait travaillée dans son esprit comme de l'argile, modelée dans la parfaite incarnation de sa haine et de son désir de vengeance. Il s'était attendu à ce que l'enfant devienne la copie conforme de son père. Même après la mort de James et de Lily, il savait que le sang ne mentirait pas. Le garçon ne pourrait rien y faire, il en était sûr. Il deviendrait arrogant, cherchant toujours l'attention et mauvais, avec un particulier attrait pour le fait d'outrepasser le règlement.
Mais même avec tout ça, il n'aurait jamais pensé que le fils de James et Lily serait à Serpentard.
Lorsque le silence enroba la Grande Salle après l'annonce, Severus avait, pendant un moment, été sûr qu'il avait mal entendu. Ça devait être une erreur. Le précieux Garçon-Qui-A-Survécu n'aurait pu aller qu'à Gryffondor, comme son si adoré et si odieux père. Mais le garçon s'était tenu là, silencieux, regardant autour de lui comme si tous ses rêves s'écroulaient – et ils s'étaient écroulés ! Pas d'applaudissements, l'horreur ! - avant que son expression devienne neutre un moment plus tard, et son menton s'était relevé imperceptiblement.
Severus aurait pu applaudir le petit morveux pour ça – Ne les laisse jamais t'abattre, mon garçon ! - mais au lieu de ça, lorsque le garçon se tourna vers lui, il lui indiqua la table de Serpentard et Harry s'assit avec le reste de sa maison. Après tout, il était parfaitement du genre du fils de Potter de penser que tout le monde devrait l'applaudir, après avoir simplement mis un chapeau. La lèvre de Severus se releva en une moue dégoûtée.
Il regarda le garçon s'asseoir à côté de Nott, et Zabini s'asseoir avec eux un moment plus tard. Potter gardait la tête basse, cependant Severus remarqua qu'il jetait de brefs regards autour de lui, essayant probablement de trouver un moyen d'attirer l'attention sur lui. Sale gamin arrogant.
Albus fit un discours dénué de sens, le même que chaque année, malgré le fait que Severus aurait pu jurer avoir entendu une petite note de mélancolie dans la voix du Directeur. Ah, oui, bien sûr le vieil homme devait penser que le gamin Potter aurait dû aller dans son ancienne Maison. Bien sûr, qu'il devait être déçu. Ne l'étaient-ils pas tous ?
Enfin le festin commença, et comme il le faisait chaque année en mangeant, Severus regarda ce qu'il se passait aux tables des étudiants, et tout particulièrement Serpentard. Il faisait souvent des prédictions sur quels groupes allaient se former dans l'année, et il utilisait toujours ces informations à son avantage. A la table de Serpentard, il était intéressant de voir que, malgré le fait que le Baron Sanglant était assis près de Malfoy, le dérangeant fantôme avait les yeux fixés sur le rejeton Potter. Et il aavit l'air pensif !
Severus soupira. Ça ne présageait rien de bon.
Il regarda le Garçon-Qui-A-Survécu promener son regard le long des massifs plats de nourriture, et tourner ses yeux neutres sur les autres étudiants. Severus remarqua que le gamin ne prit pas à manger tant qu'il n'était pas sûr que les autres avaient empli leurs assiettes d'une façon conséquente. Et là, il prit une cuisse de poulet et tourna son corps, comme s'il était un sauvage, protégeant sa nourriture d'autres prédateurs. Naturellement, les petits serpents de Serpentard étaient des prédateurs, mais pas au point de voler la nourriture des autres, pour l'amour de Merlin ! Ils avaient des manières, pas comme le Garçon-Qui-A-Survécu-Pour-Être-Pénible !
Le dîner se poursuivit, et Severus se désintéressa bientôt des marmonnements bégayants du professeur au turban de défense contre les forces du mal à côté de lui, de même pour les soupirs de contrariété de Minerva alors qu'elle discutait de la répartition – clairement elle avait pensé que le gamin aurait atterri dans sa Maison, comme Albus le pensait. Pendant un moment, il considéra l'option de lui dire qu'il lui offrait avec joie ! Mais il n'avait jamais renvoyé un étudiant de sa Maison, et il ne le ferait pas maintenant. Pas avec Potter, pas plus qu'avec les autres.
Lorsque le dîner se termina, il regarda les préfets de Serpentards emmener leur maison en dehors de la Grande Salle. Ils s'alignèrent derrière leurs pas, de la première à la septième année, silencieusement et dans une parfaite formation. Il hocha la tête poliment vers eux, alors que les autres Directeurs de Maison reconnaissaient, dont les étudiants sortaient de la Salle dans un brouhaha de cris et de bruit de pas, que leurs maisons ne sembleraient jamais aussi organisés et précis, même après bien des jours à l'école. C'était l'une des choses qu'il adorait chez ses Serpentards.
Après avoir attendu encore dix minutes, assez de temps pour que les préfets aient mené les nouveaux serpents dans la salle commune, Severus se leva dans la table des Professeurs et se dirigea vers les cachots. La première nuit était toujours la plus longue pour les nouveaux Serpentard, puisque Severus préférait fixer les règles immédiatement, pas comme d'autres maisons – Gryffondor, peut être ? - qui étaient rarement encadrés, et qui avaient accès à des bribes de cadres de la première année à la dernière. Stupide. Si un enfant ne connaît pas les règles, on ne peut pas attendre de lui qu'il réalise lorsqu'il dépasse ce qui lui est autorisé, et ne peut pas être remis dans le droit chemin, même avec l'aide des punitions.
Severus se tint devant l'entrée de la salle commune, prit une grande inspiration, et mit sa plus belle expression féroce sur son visage, et ouvrit le passage. Il positionna ses bras juste assez pour réussir son fameux mouvement de chauve souris, ses robes flottant gracieusement derrière lui. Il avait mis plus de temps que ce qu'il admettait pour parfaire ce mouvement.
Dans la salle commune, encore répartis par année, ses petits serpents attendaient silencieusement. Il hocha la tête en direction des préfets, Flint et Torrence, pour leur laisser savoir qu'ils avaient bien fait leur travail, et se dirigea vers le devant du groupe. Ses douze première année – autant que ceux dans l'année supérieure, d'ailleurs – le regardaient avec peur... Excepté pour deux d'entre eux. Malfoy le Fils avait ce petit sourire arrogant que Severus aurait adoré déchiqueter et le Gamin Potter regardait le sol.
Pauvre petite chose.
Severus se racla la gorge, et fut ravi de voir que le gamin sursauta comme s'il avait reçu un sort et leva les yeux vers lui. Cependant, il était très ennuyé de voir que le fils Potter n'avait pas remarqué son entrée. Bien... Il devait faire quelque chose à propos de ça.
« Vous êtes tous des Serpentard, » dit-il sans préambule et les fixant tous d'un air exigeant. « Votre maison est un endroit de fierté et de pouvoir. De ruse et de survie. D'unité et de force. En tant que membres de cette maison, j'attends de vous de faire l'objet de suspicion et de peur, des autres étudiants, des professeurs, et même du Directeur lui-même. Oh, oui, ils vous craindront, vous et ce que vous pouvez devenir. Salazar Serpentard était célèbre pour son pouvoir, et il était célèbre également pour ses critères collant parfaitement à la maison à laquelle il a donné son nom. Vous avez le potentiel pour un grand pouvoir, et le reste du monde vous envieront ça.
« Donc laissez-moi vous dire ça maintenant alors que vous allez aiguiser certains de vos talents en ces lieux, en dehors de ces murs, vous agirez comme un seul corps, avec une seule ambition. L'unité de la maison. Vous devez être unis. Ceux qui vous craindront ne penseront même pas à vous monter les uns contre les autres, et ce faisant, vous utiliser. En dehors des murs des cachots de Poudlard, personne ne vous aura à sa merci.
Severus faisait les cent pas alors qu'il parlait, lui qui ne restait jamais au même endroit. En tant qu'étudiant, ça lui avait causé quelques problèmes. En tant que professeur, on disait de lui qu'il était partout à la fois. Il était gratifiant de voir comment les points de vue changeaient d'un statut à un autre.
« La règle numéro un. Mr. Flint, s'il vous plaît ? »
Marcus Flint se tint encore plus droit qu'avant. « Oui, monsieur. Règle une : les Serpentards sont la maison. »
« Merci, » dit Severus. « Peu importe où vous êtes ou ce que vous faites à Poudlard, vous aurez de la fierté et serez unis pour votre maison. Ce qui veut dire que si un membre de votre maison est en danger ou a besoin d'aide, vous l'assisterez. Cela ne vaut pas pour le sport, ou les duels – qui sont, bien sûr, interdits à tous les étudiants, n'est-ce pas Mr. Higgs ? - mais pour le travail scolaire, les projets et arriver en classe à l'heure.
Higgs eut la grâce de paraître confus, puisque son duel à la fin de l'année d'avant avait été un absolu désastre, requérant pas moins de trois professeurs pour réparer les dégâts. Severus se détourna de lui et fixa ses première année. « Être fier d'être à Serpentard veut aussi dire être toujours dans une tenue correcte. Et à chaque fois que vous êtes hors de ces murs, vous vous conduirez comme des jeunes garçons et jeunes filles de bonne société sorcière. Vos préfets vous donneront des listes de choses à retenir et à suivre, et vous devriez comprendre que je n'accepterai aucun manquement à ces critères, aucun, qui sont en activité dès maintenant. »
Leurs yeux étaient tous sur lui, et il leur laissa un moment pour assimiler ce qu'il venait de dire avant de continuer. Même le fils Potter était attentif, et même un peu apeuré, ce qui était un peu choquant. « Il y a de stricts emplois du temps pour les devoirs et l'heure du coucher, ce que vous suivrez rigoureusement, et vous serez debout, habillés, et dans la Grande Salle avec votre maison à sept heure trente chaque matin. Et ceci incluant les weekends, Miss Hutching, suis-je clair ?
La paresseuse seconde année hocha la tête rapidement.
« L'emploi du temps pour le soir est affiché sur le tableau, juste ici, » leur dit Severus, et il pointa du doigt le tableau d'affichage juste à côté de l'entrée de la maison. « Tout comme votre emploi du temps pour la salle de bain. Toute déviation à ces horaires ne sera pas tolérée, » gronda-t-il, et il jeta un regard aux quatre filles de sixième année, qui étaient connues depuis leur débuts à Poudlard pour prendre bien trop de temps dans la salle de bain, souvent au détriment de leurs camarades.
Étonnamment, la tête du rejeton Potter se leva à cette mention, et il y avait un air paniqué dans ses yeux, qu'il cacha rapidement. Qu'est-ce que... ?
Severus revint à ce qui le concernait, et continua son énonciation pour encore une heure et demie, les informant des autres règles et des conséquences de tout manquement, et encouragea les serpents à se familiariser avec les autres maisons, pour être préparés à la grande arèhne qu'était Poudlard.
Enfin, la dernière partie de son discours arriva, celle qu'il redoutait le plus. « Il y a des questions ? »
La main de Malfoy se leva. Aucune surprise.
« Oui, Monsieur Malfoy ? »
« Quand sont les essais de Quidditch, monsieur ? »
Severus ricana. « Vous attendez ça avec impatience, n'est-ce pas ? » sans attendre une réponse, il continua, « les essais pour l'équipe seront postés au tableau par le Capitaine de cette année, Marcus Flint. Au sujet de ce tableau, ceux qui sont au delà de la cinquième année sont autorisés à poster sans autorisation. Les autres doivent requérir l'approbation d'un préfet. Autre chose ? »
Il ricana encore lorsque la main de Potter se leva. « Monsieur Potter ? Vous avez une question ? »
« Oui, monsieur. » le garçon ne réagit pas du tout à son ton condescendant, comme s'il s'y attendait. « Sommes-nous autorisés à utiliser les hiboux pour les colis ? Je veux dire, du Chemin de Traverse par exemple ? »
Severus retroussa la lèvre supérieure en une moue de dégoût. « Vous n'avez plus de vos friandises préférées, déjà ? Ou bien le célèbre Harry Potter a oublié d'empaqueter ses plumes ? »
Quelques étudiants plus vieux ricanèrent, et le garçon regarda autour de lui avant de mordre sa lèvre. Puis il se détendit, et son menton se releva encore, comme s'il se préparait à ce qui allait arriver. Severus se souvint brièvement d'un autre temps, d'un autre garçon, et sa propre expérience de ce besoin d'être vu comme quelqu'un de courageux. « Oui, monsieur. Quelque chose dans ce goût là. »
Severus secoua la tête devant l'énormité de l'idiotie du garçon. Il avait eu une liste, quand même. « Oui, vous pouvez utiliser les hiboux, ceux de l'école ou le vôtre, pour ce genre d'achats. Est-ce qu'il y a d'autres questions ? »
Quand plus aucune main ne se leva, Severus se tourna vers ses préfets, qui devaient afficher les listes de règles, créer les emplois du temps pour les première années, et qui devaient également montrer aux plus jeunes serpents leurs dortoirs.
Lorsque le dernier d'entre eux partit de la salle commune, il se retira. Pas mal, décida-t-il alors qu'il entrait dans ses appartements et se servait deux doigts de Whisky-Pur-Feu pour profiter de sa dernière lettre de l'Alliance Européenne des Maîtres des Potions.
Tout aurait été parfait si seulement il n'avait pas été confronté au Gamin-Qui-Continuait-De-Le-Surprendre.
A suivre...
