La chute
Jin était en retard, une dispute avec son oncle d'adoption avait retardé son départ. Il courait à toutes jambes, il fallait qu'il soit là. Il le voulait vraiment, de toute son âme, il pria pour qu'il soit venu et surtout, qu'il ne soit pas reparti en ne le voyant pas. Essoufflé, Jin atteignit le point de rendez-vous. Il leva les yeux et vit qu'il était là. Hwoarang attendait contre le tronc, les bras croisés. Jin ne put réprimer un sourire : Il l'avait attendu.
Lorsque Jin s'approcha de lui, Hwoarang lui lança un regard assez froid.
-Je suis désolé... lança directement le Japonais.
-Désolé ? Déjà que je suis venu ! En plus tu me fais poireauter comme un con !
-J'ai eu... ... laisse tomber... « Tu es là, moi aussi, c'est tout ce qui compte... »
-... quoi ?
Jin plaqua ses mains de chaque coté de la tête de Hwoarang, contre le tronc de l'arbre centenaire. Le rouquin avait eu un mouvement de défense, mais Jin réussit tout de même à l'embrasser du bout des lèvres. La surprise du Coréen permit au noiraud de briser sa protection et il put l'embrasser pour de bon.
Cette montée de chaleur.
Hwoarang n'arrivait plus à trier ses pensées, tout s'envolait, il ne pouvait plus s'accrocher à rien. Jin n'essayait même pas. Il voulait tellement retrouver les sensations éprouvées la dernière fois qu'il défaisait déjà tout ce qui gênait chez lui et Hwoarang. Les doigts du Japonais effleurant sa peau alors qu'il le déshabillait, ses lèvres.
-... « Merde... » pensa Hwoarang en attrapant une épaule de Jin et posant son autre main contre son torse.
Le noiraud passa une main aux fesses de son rival, puis lui remonta la cuisse sur son épaule, remerciant ses entraînements de l'avoir rendu aussi souple. Il glissa ensuite ses doigts en profondeur et Hwoarang se mordit la lèvre. Encore une fois, la question : Pourquoi je le laisse faire ?
Mais il sentit le plaisir monter contre son gré et il soupira, tirant un sourire en coin à son partenaire. D'ailleurs, cette fois-ci, ce dernier prenait son temps. Il cherchait à tirer à lui le plaisir de Hwoarang, de l'avant et de l'arrière. Le Coréen avait de plus en plus de mal à retenir sa voix. Il posa son front dans le creux du cou de Jin pour reprendre son souffle. Ce dernier se décida alors et entra en lui. Plus facilement que la première fois. Et savourant encore mieux. Hwoarang n'avait que peu senti de douleur cette fois-ci et les préliminaires ayant été plus poussées, il accueillit Jin dans un doux gémissement qu'il bloqua en se mordant la joue. Les premiers mouvements du noiraud furent encore un peu pénibles pour le rouquin, mais très vite, il fut pris par le plaisir. Jin cherchait à trouver les points sensibles de Hwoarang pour qu'il partage avec lui sa jouissance. Ce n'était pas simple car Hwoarang tentait d'en cacher le plus possible à Jin. Malgré tout, les assauts toujours plus intenses de Jin poussaient Hwoarang dans ses retranchements et il peinait de plus en plus à retenir sa jouissance. Il planta ses doigts dans une épaule de Jin et, de l'autre main, dans le tronc de l'arbre contre lequel il était appuyé. Le Japonais n'en pouvait plus, il ne voulait pas que ça s'arrête, mais le plaisir était trop haut. Il tint pourtant encore quelques puissants mouvements et Hwoarang ne réussit pas à se retenir :
-Ahhh !
Jin craqua en l'entendant. Il ne s'était pas imaginé prendre autant son pied à entendre sa voix.
Essoufflés, les deux hommes se laissèrent tomber au pied de l'arbre. Hwoarang ne savait vraiment plus quoi faire. Il ne voulait pas être comme ça, mais il ne pouvait s'en empêcher. Jin n'avait pas grand-chose à perdre. Qui pourrait lui en vouloir de coucher avec un homme ? Son père ? Non, il s'en foutait totalement. Des amis ? Aucun n'était réellement ce qu'on peut appeler ami. Mais Hwoarang ne pouvait pas. Il avait un gang dont il devait maintenir le respect et un maître qu'il ne pouvait décevoir. Pour lui, cette situation était la pire qu'il soit. Il posa ses mains contre son visage. Jin lui demanda :
-... Est-ce que... ça va ?
-... J'ai pas mal...
-Et... mentalement ?...
-... le chaos...
Jin ne savait pas quoi lui dire. Il ne pouvait pas le comprendre, ils n'avaient pas du tout les mêmes vies. Mais il ne voulait pas voir Hwoarang s'éloigner de lui. Il regarda alors son rival, puis soudain se souvint :
-Je m'excuse...
-... Quoi ?
-Je n'ai pas pu... me retenir...
Hwoarang mit quelques secondes : -Oh... ... (soupire) Laisse tomber...
Jin n'en rajouta pas. Il sentait déjà le désir remonter en lui et il le combattit de toutes ses forces.
Hwoarang s'assit et resta ainsi un bon moment. Jin regarda ailleurs, de peur de le gêner de son regard. Le rouquin finit par se lever et se rhabiller. Jin tourna les yeux vers lui.
-Heu... est-ce qu'on... ?
Il n'osa pas terminer sa question. Et Hwoarang avait la gorge nouée. Il lui fit juste un signe d'au revoir et s'en alla. Jin soupira, puis se rhabilla à son tour.
Toute la journée qui suivit, Jin se demandait ce qu'il se passait dans la tête d'Hwoarang. Il décida de le retrouver en fin de soirée, à la planque de son gang. Le soir venu, il arriva vers le gardien de la porte, toujours le même.
-Ton chef est là ?
-Le patron s'entraîne... ne le dérange pas...
-Promis.
Le gardien s'écarta pour le laisser entrer. Jin entra alors et vit qu'au milieu du carré de combat tracé à la peinture blanche sur le sol, Hwoarang se battait contre ses hommes, un par un. Il semblait s'entraîner à l'endurance en combat. Jin se posa et l'observa. Deux désirs distincts apparurent dans ses reins. La fièvre du combat qu'il ressentait dans sa force positive uniquement avec son rival et l'autre désir, celui de la chair, qui commençait à le faire brûler vif. Les mèches rousses du Coréen n'arrangèrent rien au problème, relevant chaque trait du visage de ce dernier alors que des gouttes de sueur perlaient le long de sa peau. Ce fut la première fois que Jin y pensa :
« Il est vraiment beau... ... »
Hwoarang avait remarqué Jin. Il avait senti sa présence dès qu'il avait passé la porte. Mais il se concentra sur ses combats. Pas question qu'il se trouble face à ses gars. Lorsqu'il finit de combattre chacun de ses hommes. Hwoarang alla boire un coup. Jin lui lança un regard et le rouquin laissa libre le reste de la soirée à son gang. Ceux-ci ne se firent pas prier pour aller boire et faire la fête. Seul Enry lança un regard triste à son chef avant de s'en aller à contrecoeur. Le Japonais se leva alors et avança vers son rival :
-Ça va ?
-Autant que la situation le permet...
-... tu... est-ce que nous... ?
Hwoarang sentit la question piège arriver et changea vite de sujet :
-Je vais aller me doucher. Attends-moi là...
Jin hocha d'abord la tête, puis, voyant son ennemi-ami se diriger vers les douches, il ne put s'empêcher de fantasmer. Il se mordit la lèvre, puis abandonna toute lutte et rejoignit Hwoarang. Dès que le roux le vit arriver, il rougit et l'agressa :
-Je t'avais dit de m'attendre !
-Désolé.
-Tu fais chier...
Il se remit à se laver, mais Jin alla le plaquer face au mur, se collant contre son dos. Hwoarang tenta de se dégager :
-Jin ! Pas ici !
Mais trop tard, le Japonais avait déjà amené sa main à l'avant de son entrejambe et le titillait de ses doigts. Hwoarang réagit malgré lui sous ses touchés. Jin s'échauffa directement en le sentant et effleura de ses lèvres la nuque du rouquin à travers ses cheveux mouillés. Ce dernier n'arrivait plus à refouler ses montées de chaleur, il laissait faire Jin, désemparé devant les sensations qu'il ressentait. Le noiraud changea ses doigts de côté pour préparer son rival en profondeur. Celui-ci se mordit la lèvre et retint un gémissement. Jin ne sut résister à ça, il lui prit les hanches et le posséda avec douceur au début, puis avec passion. Il se colla contre le dos de Hwoarang et alla loin en lui. Hwoarang haletait déjà, les poings serrés contre le carrelage des murs, l'eau de la douche coulant encore en pluie sur lui et Jin. Les deux hommes recommencèrent à sombrer dans leur délire sensuel. À chaque assaut de Jin, Hwoarang émettait un son qui excitait encore plus son partenaire. Et quand le plaisir était monté à la limite. Le Coréen se cambra. Jin pu aller plus loin en lui qu'il n'avait été jusqu'alors. Cette sensation venait de repousser encore plus loin les limites de l'intensité. Les larmes montèrent aux yeux du roux et Jin poussa une dernière fois son mouvement... Hwoarang ne réussit pas tout à fait à retenir sa voix et son rival lâcha un râle de plaisir.
Heureusement que l'eau de la douche avait caché ses larmes. Hwoarang n'aurait pas supporté que Jin voie l'effet qu'il lui faisait. C'était de plus en plus intense, et toujours meilleur. Encore une fois, le rouquin avait quitté Jin avant qu'ils ne se mettent à parler. Il regardait le plafond de sa chambre chez son maître, perdu dans des questionnements sans réponse. Jin n'était pas rentré chez lui, il errait dans les rues, perturbé et perdu. Il aurait tellement voulu que Hwoarang l'accepte mieux. Surtout maintenant qu'il se rendait compte qu'il aurait vraiment du mal à se passer de son rouquin. Jusque-là, il n'avait jamais été réellement repoussé, mais il sentait bien qu'il faisait tout de même du mal à Hwoarang. Il aurait voulu que son rival lui parle de ce qui le gênait, de ce qu'il désirait vraiment. Peut-être qu'il aurait pu l'aider.
Hwoarang, toujours posé sur son lit, ferma les yeux et ce qui lui vint en esprit furent les sensations brûlantes éprouvées avec Jin. Il cria :
-MERDE !
Beak toqua alors à sa porte :
-Hwoarang ? Est-ce que tout va bien ?
-... Maître ? ... heu... bof...
Il ouvrit la porte :
-Est-ce que tu veux en parler ?
-Pas vraiment, non...
-Si jamais...
-Oui, je sais... merci.
Beak hocha la tête, resta encore quelques secondes, puis voulu partir. Hwoarang le retint :
-Maître ! ... qu'est-ce qui... pourrait vous décevoir vraiment... me concernant ?
-... me décevoir ? Tu veux dire, à part te voir perdre ?
Hwoarang eut un petit sourire :
-Oui, à part ça...
-Voyons... Que tu perdes confiance en toi.
Hwoarang le fixa comme un enfant fixerait son père lui disant qu'il faut qu'il croie en lui. Beak lui sourit :
-Il faudrait vraiment que tu deviennes le pire des mécréants et ce sans bonne raison pour que je sois déçu pour de bon.
Hwoarang rougit un peu :
-Merci, maître...
-Je suis là ce soir, si tu veux t'entraîner.
-D'accord. Je viendrais.
Beak sourit une dernière fois, puis le laissa dans sa chambre. Hwoarang repensa à Jin. Il ne lui avait pas demandé ce que lui pensait de tout ça et surtout, pourquoi il n'avait pas envie que ça s'arrête. Il n'avait pas eu envie d'entendre la réponse sans doute. Mais elle était indispensable pour qu'il puisse faire les bons choix. Demain, il irait le voir. Lui poser la question. Cette perspective lui donna un frisson et il soupira longuement.
Le lendemain, Hwoarang alla donc à la rencontre de Jin, à son Université. Lorsque le Japonais vit son rival à l'entrée, il sentit son cœur monter dans les tours. Il était venu pour le voir ? Où il n'était pas là pour lui ? Hwoarang leva la tête et le regarda. Il l'attendait bien. Jin eut un mouvement pour vérifier que Ling Xiaoyu n'était pas dans les parages et alla à la rencontre de son rival.
-Salut... lança-t-il.
-... j'ai des questions à te poser...
-Bien sûr... allons dans le bar à côté...
Hwoarang hocha la tête.
Les deux hommes allèrent donc se prendre un saké dans le bar en face de l'université. Jin attendit que Hwoarang prenne la parole en premier. Celui-ci but son saké cul sec, puis lança :
-Je sais que c'est une question conne, mais... pourquoi ?
-Je n'ai pas vraiment de "parce que" à te donner... mais... je peux juste te dire que c'est plus fort que moi...
-...
-Dans un sens, c'est assez déroutant et gênant, mais... en même temps... je n'ai pas envie que ça s'arrête...
Hwoarang avala difficilement son deuxième verre de saké. Jin leva les yeux sur lui, guettant une réaction. Hwoarang passa une main dans ses mèches rousses et soupira :
-Je ne sais pas où l'on va... et franchement, je crois que c'est la première fois que je crains quelque chose qui n'est pas encore arrivé...
-... Hwoarang...
Pourquoi devait-il prononcer son nom de cette manière ? Le rouquin dut faire un grand effort pour garder une contenance :
-Est-ce que tu sais ce que tu veux, toi ?
-... Je crois...
-... tu crois ?... et c'est quoi ?
-En fait... je sais ce que je veux... je ne sais juste pas comment faire pour que ça marche...
-Explique-toi mieux que ça...
-C'est toi que je veux.
Hwoarang resta figé, le regard de Jin le vrillait. À nouveau, les deux sentaient cette alchimie qui leur semblait autant contre-nature que profondément ancrée en eux et qui les poussait à se désirer avec force. Les tripes du Coréen se déchirèrent. Jin le voulait au point de se ficher totalement du reste et ça ne le laissait pas indifférent. Mais il rassembla toute sa volonté et réussit à détourner les yeux du Japonais :
-Tu sais ce qui nous arrivera si quelqu'un apprend ça... ?
-Moi, je sais que ça ne changerait pas grand-chose... ma famille me déteste et je la hais aussi... alors... Mais je sais que c'est différent pour toi...
-Oui... ... Je ne peux pas... quoi que je veuille...
-Tu ne peux vraiment pas ?
-... ...
Retenir sa respiration, calmer ses battements de cœur, détacher ses yeux des siens. Les efforts d'Hwoarang semblaient tellement inefficaces contre les pulsions qui l'animaient qu'il ne savait plus comment résister. Surtout que Jin était insistant dans son attitude et dans son regard. Le rouquin se leva alors en sortant son porte-monnaie :
-On s'en va... suis-moi...
Surpris, Jin ne sut quoi faire d'autre qu'obéir. Hwoarang paya et sortit, son rival sur ses talons à éperons. Il emmena Jin dans un quartier quasiment abandonné et il monta dans un des immeubles, par les escaliers extérieurs. Le Japonais le suivit sans un mot. Puis, ils arrivèrent dans un petit appartement presque vide, juste de quoi survivre et très peu de couleurs. Hwoarang expliqua :
-C'était mon chez-moi avant l'arrivée de mon maître.
-Eh bien... c'est peu confortable pour y vivre...
-C'était gratuit et discret... ça l'est toujours d'ailleurs...
-C'est vrai...
Jin se demanda durant une seconde pourquoi Hwoarang l'avait amené ici, mais il n'eut pas à chercher plus longtemps car son rival venait de l'embrasser. Le fait que Hwoarang ait pris l'initiative fit perdre les pédales à Jin. Il renouvela son baiser à plusieurs reprises et passa ses mains sur lui, commençant à le déshabiller. Hwoarang fit pareil sur Jin et ce dernier était déjà tendu de désir. Le rouquin le tira vers le canapé-lit ouvert et le noiraud l'y fit tomber pour mieux glisser ses lèvres et sa langue le long de son cou, de son torse. Hwoarang haletait d'envie et crispa une main dans les cheveux de Jin. Mais celui-ci ne s'arrêta pas là et descendit ses lèvres bien plus bas...
-Jin... souffla Hwoarang.
Dès qu'il sentit la langue de son rival, le Coréen gémit. Il se mordit le poing pour s'empêcher de recommencer, mais peine perdue. Jin adorait ça, le voir se cambrer de délice. Il remonta à ses lèvres et le rouquin lui mordilla les siennes en remontant ses cuisses le long de ses flancs. Jin ne contrôlait plus rien. Il croyait rêver et n'en pouvait plus d'envie. Il embrassa Hwoarang avec passion et lui remonta plus encore les jambes.
« Mh... cette souplesse... » pensa-t-il alors qu'il parvint à remonter les genoux d'Hwoarang aux oreilles de ce dernier.
Le Coréen s'agrippa aux épaules de Jin et le laissa entrer en lui dans un soupir. Le plaisir était monté directement, puissant, impossible à réprimer. Un nouveau baiser et les deux mirent leurs bassins en action. Cette fois-ci, Hwoarang se laissa plus aller et Jin eut le bonheur d'entendre sa voix à de nombreuses reprises, ce qui le plongea dans une jouissance au-dessus de tout. Alors qu'ils arrivaient au bout, Hwoarang lâcha un râle presque crié et Jin se perdit.
Les jambes redescendues, le rouquin avait toujours son rival contre lui. Les deux reprenaient leurs souffles et leurs esprits. Ils étaient encore dans un état second, leur rythme cardiaque peinant à redescendre, mais ils se sentaient vraiment bien. Puis, alors que la réalité revenait doucement, Jin effleura les lèvres de Hwoarang des siennes. Le roux apprécia et lui rendit sa tendresse. Ils s'embrassaient tendrement, du bout des lèvres et de la langue. C'était étrange tout de même. Hwoarang avait plus l'habitude de donner de la tendresse à des femmes et Jin n'avait juste jamais reçu d'autre tendresse que celle de sa mère avant sa mort.
Peu après, Hwoarang passa aux toilettes et revint avec une couverture qu'il jeta sur le lit avant de se poser à côté de Jin, mais dos à lui. Le Japonais fut un peu déçu, mais ne dit rien. Après ce qu'il venait de recevoir, il ne pouvait pas en demander encore plus. Mais le Coréen soupira doucement avant de se retourner face à Jin. Ce dernier ne sut retenir un sourire et posa son front contre celui de Hwoarang avant de fermer les yeux.
Le lendemain, le rouquin se retrouva enfermé entre les bras de Jin. Ce dernier le serrait contre lui en dormant. Hwoarang souffla alors :
-Jin... ... il faut que j'y aille...
Ses bras se desserrèrent alors. Hwoarang s'assit sur le rebord du canapé-lit en se frottant la nuque. Jin parlait en dormant. Curieux, le Coréen se tourna pour écouter. Jin soufflait :
-Tu es tout ce que j'ai...
Le cœur de Hwoarang se serra. Il passa ses doigts sur le visage de Jin qui eut un petit sourire. Le roux craqua et déposa un tendre baiser sur les lèvres du noiraud. Puis il lui laissa un message et retourna voir son gang. Lorsque Jin se réveilla, il chercha Hwoarang des yeux, puis trouva le message :
-Je devais tabasser quelques gangs adverses. Je ne me suis pas enfui.
Jin sourit en lisant et se reposa sur le lit en se remémorant la nuit parfaite qu'il venait de vivre. Il relut le mot et remarqua en le tournant qu'il lui avait laissé son numéro de portable. Le Japonais sut alors que rien de ce qui arriverait aujourd'hui ne pourrait lui gâcher sa journée.
Il rencontra Lee, Kazuya et même Heihachi, mais il leur envoya à chaque fois un tel sourire, méprisant, inattaquable, qu'ils restèrent à chaque fois cloués sur place.
Hwoarang, lui, après avoir gagné sans avoir de blessés contre le gang qui l'emmerdait depuis des jours et après avoir fêté ça avec les membres de son gang, rentra chez Beak. Il regarda son téléphone et vit un message. Jin. Il ne lui avait mis qu'un mot : Merci. Hwoarang effaça le message et se mordit la lèvre. Il devrait en parler à son maître... mais... pas totalement... pas tout de suite du moins...
Alors qu'ils mangeaient ensemble, Hwoarang lança :
-... j'ai.. un problème...
-Quoi donc ?
-Je ne sais pas très bien comment gérer...
-Dis-moi...
-... j'ai un peu peur de vous le dire en même temps...
-... Maintenant que tu as commencé...
-Je... ne vous dirais pas les détails... du moins... pas tout de suite, mais...
-Qu'est-ce que tu n'arrives pas à gérer... ?
-Je... j'ai...
Beak attendit. Il savait que certaines choses devaient mettre le temps de sortir.
-... j'ai vraiment peur de votre réaction...
-Oh, peut-être que je te frapperais, mais après, je ne t'en voudrais plus.
Hwoarang eut un sourire. Il avait presque oublié. Chaque fois qu'il faisait quelque chose qui ne plaisait pas à son maître, ce dernier lui flanquait une raclée, puis tout redevenait comme avant, il avait compris, Hwoarang aussi. Du coup, il se sentit plus léger. Même si l'appréhension restait. Il tenta tout de même :
-Mon problème... c'est... que j'ai couché avec un mec...
Hwoarang ferma les yeux, prêt à s'en prendre une. Mais rien ne vint. Beak lança juste :
-Oh, ce n'est que ça !
Hwoarang resta choqué. Il ouvrit les yeux et regarda étrangement son maître :
-Que ça ?
-Bha quoi, j'ai aussi goûté à l'homme, mais pour finir, les femmes restent quand même dans mes préférences.
La mâchoire d'Hwoarang alla heurter la table. Beak éclata de rire :
-Ça te surprend tant que ça ?
-Heu... ouais, un peu quand même...
-Bon, maintenant, je peux comprendre que ça t'emmerde par rapport à ton gang...
-Ouais...
-Mais, c'était un coup d'un soir ou... ?
-Je crois que ça va être un peu plus compliqué que ça...
-Oh...
-Mais je... vous en parlerais plus tard...
-Très bien.
Et le jour suivant, Jin avait envoyé un sms à Hwoarang qui disait qu'il avait envie de le voir. Hwoarang lui proposa son ancien appartement et les deux s'y retrouvèrent. Alors qu'ils s'embrassaient, ils tentaient tout de même d'engager une conversation ce qui donna quelque chose comme :
-Mh... tu sais... j'ai dit à mon ... mh... maître que j'avais couché avec... mh...
-Moi ?
-Non, juste un homme... Mh...
-Et ? Mh... il ne t'a pas jeté à la rue ? Mh...
-Non... mh... pire ! Mmmh... Il m'a dit qu'il avait déjà testé ça... mh.
-Eh bha ! Je n'y aurais pas pensé ! Mmh...
-Je suis resté... Ahh... sur le cul...
-D'ailleurs, en parlant de ça...
Jin passa ses mains à l'arrière de Hwoarang qui sourit :
-Connard...
Encore une fois, ils s'unirent, puis ils recommencèrent plus souvent, et à d'autres endroits, toujours plus dangereux, comme s'ils étaient pris d'une crise de libido irrépressible. Ils ne pouvaient pas se voir sans se battre ou coucher ensemble. Tout cela commençait à prendre sérieusement trop d'ampleur et Hwoarang craignait de plus en plus pour sa réputation. Blood Talon se faisant enculé par son rival, mauvaise pub.
