Voici la suite de Lettres dans l'au-delà. En espérant qu'elle continue de vous satisfaire.
Kiss,
Eternely Snape.
Lettre n° 2
Mon amour,
Tout d'abord, je te demande mille fois pardon. Pardon de t'avoir fait espérer. Pardon d'être entrer dans ta vie. Pardon d'avoir été égoïste. Pardon de t'avoir abandonné. Pardon de te faire souffrir aussi cruellement. Surtout, ne t'en veux pas, Severus. Tu sais, tu n'aurai rien pu faire : j'étais condamnée, je l'ai été dès lors que j'ai reçu ce sort pendant la Bataille dont je ne connaissais rien. Mais comment aurai-je pu me résoudre à te l'avouer ? Je voulais passer mes derniers instants avec toi. Aurai-je pu le faire si tu avais été au courant de mon triste sort ? Nous connaissons tous deux la réponse. Je te connais trop bien pour savoir que tu aurai tout fait, tout tenter pour me sauver et je ne voulais pas que tu espères, que tu te tues en même temps que je périssais. Rien, absolument rien, je te l'affirme, n'aurai pu venir bout de cette maladie ignoble. Tu sais, j'ai souvent entendu venter mes qualités « exceptionnelles » de Sorcière, malheureusement, j'étais capable de beaucoup choses mais pas de sauver ma propre vie.
Je voudrai que tu saches que ces quelques mois passés auprès de toi étaient les plus beaux et les plus inoubliables de toute ma vie. Tu es quelqu'un d'exceptionnel, Severus, même s'il t'arrive d'en douter, et je t'aimais, cela n'en doute jamais. Toi et ton passé. Toi et tes qualités. Toi et tes défauts. Je t'aimais à en damner un Saint et pour rien au monde je ne changerais ce que j'ai vécu avec toi. Pas même pour ma vie. Je tiens trop à toi pour perdre ces précieux souvenirs.
J'ai beaucoup de choses à te dire et plus encore à te demander ; j'espère que tu n'es pas pressé.
Pour commencer, j'aimerai que tu dises à Ron et Harry que je suis désolée. Je sais que tu ne les porte pas dans ton cœur, mais ils sont mes amis, ma famille et je les aime. Harry ne te l'a sans doute jamais avoué, mais il t'est très reconnaissant de tout ce que tu as fais pour lui. Pour nous tous. Ron a toujours eu plus de mal, mais il a accepté notre relation, cela prouve qu'il a plus confiance en toi qu'il ne voudrait bien l'admettre. C'est bien le plus important à mes yeux.
Ensuite, remercie Minerva pour moi. Elle a été une amie merveilleuse cette dernière année. C'est une femme formidable qui avait foi en moi et qui m'a permis d'avoir confiance en mes capacités. C'était quelque chose d'inestimable pour moi, elle le savait. Dis-lui merci pour toi, également, elle comprendra. Et toi aussi, le moment venu.
Quoi d'autre ? Ah oui ! Drago... Je me suis bien donné du mal avec lui. Préparer sa défense a été la chose la plus difficile que j'ai jamais entrepris de faire. Mais j'ai appris à le connaître et ai découvert un garçon, un homme généreux, bien qu'apeuré. Adorable malgré les apparences. Dis-lui. Je sais, même s'il ne l'avouera jamais, qu'il tenait à savoir ce que je pense de lui. C'est quelqu'un de bien promis à un bel avenir d'Auror ou de Potionniste. Je sais qu'il hésitait. Je sais aussi qu'il t'aime comme un père et qu'il compte énormément pour toi. Prends soin de lui, il le mérite.
Autre chose, mais cela te concerne directement. Je veux que tu vives. Pas qu te laisses dépérir parce que je suis morte. Je m'en veux déjà bien assez comme cela, je ne me pardonnerai jamais d'être la cause de ta propre destruction. Je ne sais si cela te consolera, mais si j'avais vécu, j'aurai accepté ta demande en mariage. Eh oui ! je le savais. Comment ? Cela semblait évident pour moi. Nous nous aimions. À part ma mort, c'était la seule issue à notre histoire. Malheureusement, je suis morte avant d'avoir pu devenir Madame Rogue et d'avoir pu te donner des enfants. Oui, Severus, je t'aimais à ce point et plus encore. Tellement plus encore...Je ne sais comment te le dire autrement et j'espère te l'avoir assez montrer de mon vivant. Dans tous les cas, je t'aimais à en crever.
Je te demande aussi d'arrêter de culpabiliser en ce qui concerne Albus. Je sais qu'il était ton am, ton mentor, un peu le père que tu n'avais jamais eu, mais tout n'est pas ta faute. Il avait planifier sa propre mort et tu lui a plus rendu service que toute autre chose, j'en suis persuadée. Tu devrais te souvenir des mots qu'il t'a dit : « Vous seul pouvez savoir si le fait d'aider un vieil homme affectera votre âme. » Tu vois, Severus, ce qu'il a voulu dire ? Sûrement. Tu es un homme intelligent. Je le sais. Et Dumbledore le savait aussi. Je suis sûre qu'il ne voudrai pas voir celui qu'il considérait comme un fils – même s'il ne te le montrait pas toujours de la bonne manière – culpabiliser pour une mort dont il n'est pas réellement responsable.
Alors voilà, mon amour. C'est tout ce que j'avais à te dire. J'espère que tu prendras mes conseils en considération. J'ai toujours su que tu étais une véritable tête de mule. Au revoir, Severus Rogue. Merci de m'avoir rendue heureuse même si ce fut court. Tu as été la vie que je ne pouvais avoir. Je t'aime, Severus, n'en doute pas une seule seconde. Tu n'es plus seul. Tu ne le seras plus jamais.
Hermione Rogue.
Cette signature faisait toujours tressaillir Severu. Il aurait tant aimé que ce fût vrai. Au moins, ne chose l'était : Hermione l'avait véritablement aimé. Et il n'était plus seul. Hermione avait raison : il devait vivre. Et s'il ne le faisait pas pour lui, il le ferait pour elle qui n'avait plus cette chance. Oui, il la ferait vivre à travers lui. C'était décidé : Severus Rogue allait vivre. Alors, lentement, dans un geste presque tendre, il prit un autre parchemin et s'empara de sa plume.
Chère Hermione,
J'ai mis un bout de temps à te répondre et à comprendre réellement ce que tu attendais de moi. Alors je t'écris cette lettre que, bien que tu sois morte, je sais que tu liras. Tu es là, je le sais, près de moi. J'ai, moi aussi, un certains nombres de choses à te dire. Je sais que tu adores lire, je ferais en sorte que tu aies de quoi te satisfaire.
Tout d'abord, tu es mille fois pardonné. Tu as raison, tu n'aurai pu vivre es derniers instants pleinement si j'avais su. J'aurai tellement voulu te sauver que je t'aurai négliger et tu ne m'aurai plus vu. Tu aurai fini par me détester et c'est la dernière chose que je souhaitais. Dire que je ne souffre pas serait mentir, en revanche, ce n'est pas ton mensonge qui me détruit ; c'est le simple fait que tu sois morte. J'aurai voulu profiter de toi plus longtemps. Faire de toi Madame Rogue, ma mère de nos enfants. J'aurai voulu apprendre à te connaître mieux, apprendre chaque parcelle de toi, chaque recoin de ton être. J'aurai souhaité – et je le souhaite toujours – t'entendre rire, te voir sourire. Simplement te voir vivre. Malheureusement pour nous deux, ce vœux ne sera jamais exaucé. Bien sûr, il me reste nombre de souvenirs, mais tu n'es plus là, avec moi, et je n'aurai plus jamais de nouveaux souvenirs de toi. De ton visage. De ton corps. De ta voix que j'ai tant peur d'oublier par la force du temps qui passe. Du temps qui casse. Une chose est certaine : toi, je ne t'oublierai jamais. Tu as réussi à me redonner le sourire – mais est-ce possible alors ? – le vrai. Pas le rictus que tout le monde me connaissait. Tu m'as appris à aimer et à être aimé. Moi qui avais si peur des sentiments et de ce qu'ils pouvaient apportés. Moi qui avais si peur de vivre...Cela vaut bien plus que tout l'or du monde. Tu étais quelqu'un de tellement merveilleux. Tu m'as permis d'être libre, acquitté, accepté et cela sans rien demander en échange, pas même des Gallions que je n'avaient pas. C'est toi qui a fait de moi ce que je suis maintenant : un être humain doté de sensibilité. Et ça, je n'aurai jamais assez de mots pour te dire ce que ça vaut.
Ensuite, ne t'en fais pas pour Potter et Weasley, ils te pardonnent eux aussi. Ils ont compris pourquoi tu ne leur avait rien dit. Ça a été dur pour eux de perdre leur meilleure amie, mais il t'aime tellement qu'il leur est impossible de t'en vouloir plus que de raison. Comment le pourraient-ils ? Finalement, ils ne sont pas aussi mauvais que je me plaisais à le penser. Potter est toujours aussi inconscient et Weasley toujours autant puéril, mais ils sont intelligents et d'excellents Aurors. Je te le dis à toi, cela reste entre nous bien sûr. Molly a été anéantie elle aussi. C'est comme si elle avait perdu une fille. Elle était en colère, elle ne comprenait pas pourquoi la mort t'avais arraché à nous. Aujourd'hui encore, il lui arrive de t'appeler. C'est déchirant...
Pour ce qui est de Minerva, ça a été une autre paire de manche. Elle n'a pas parlé pendant près d'une semaine. Elle semblait détruite et ne cessait de regarder cette photo de vous deux le jour de ton anniversaire. Comme je la comprend...tu es magnifique dessus. Elle m'a proposé de revenir à Poudlard, mais je pense que tu le sais déjà. Nous parlons beaucoup de toi. De vous. De nous, aussi. Elle dit souvent que le monde magique a perdu un héros, un génie, une femme merveilleusement intelligente...enfin, tu connais Minerva, elle en fait toujours trop. Je pense qu'elle s'ennuie de toi, de vos conversations, de votre amitié, de cette complicité née entre vous après la Guerre. Tu avais raison, une fois de plus, c'est une amie formidable...
En ce qui concerne Drago...Il ne l'avouera jamais, mais il a été très triste d'apprendre ton décès. Je crois même qu'il a pleuré à l'enterrement. Tu connais les Serpentard, évidemment. Saleté de fierté. Auror, c'est ce qu'il a choisi. Il m'a même dit : « Granger était meilleure que moi en Potion. Maintenant qu'elle est morte, je n'ai plus envie de lui prouver le contraire... » Il avait la voix brisée et la gorge serrée. Je pense qu'il n'oubliera jamais ce que tu as fais pour lui. Et pour moi. Crois que tu avais raison, je suis un peu comme son père et, au fond, je l'aime bien ce gamin. Je suis heureux de l'avoir empêché de tuer Albus. Il méritait mieux qu'un avenir à Azkaban pour un meurtre qu'il n'avait jamais eu envie de commettre. C'est un bon gars.
Pour ce qui est de ta dernière requête : je vais faire au mieux. Tu sais combien j'affectionnais Albus et à quel point lui ôter la vie a été insupportable. Il est difficile d'oublier qu'on a tué son ami, même si c'est lui qui vous l'a demandé. Ou plutôt supplié. Parce que c'est ce qu'il a fait ce soir-là, en haut de la Tour d'Astronomie. Il m'a supplié de le tuer. Il était mon ami, Hermione, je n'ai jamais su lui rendre son affection. Je n'ai jamais été à la hauteur de son amitié... De plus, tu me demandes de vivre. Comment te résister ? Je vais essayer. Tu n'es plus là, mais je sais que tu veilles sur moi. Pour rien au monde je ne voudrai te décevoir. Ne t'en veux pas être partie, c'est pas comme si tu l'avais choisi. Je te pardonne, fais en autant. Dans ta lettre, tu disais que tu aurai accepté de prendre mon nom, de porter mes enfants...C'est la plus belle chose que tu pouvais me dire. Comment veux-tue je sois en colère après toi ? Impossible ! Tu m'as aimé comme je n'avais jamais pensé être aimé. Tu m'as fait découvrir les joies de la vie à deux. Tu m'as tout simplement fait revivre. Comment pourrai-je ne pas continuer à le faire alors que tu n'en a plus le droit ? Ce serai te trahir et je t'aime trop pour cela. Peut-être ne te l'ai-je pas assez dit. Aujourd'hui je le fais. Je t'aime comme je ne pensais plus en être capable. J'aimais tout de toi : ton agaçante envie de tout savoir, de tout connaître, ton entêtement, ta bonté, ta gentillesse et même ton indomptable chevelure, c'est pour dire ! Alors je n'ai pas eu le temps de le faire et cela peut paraître flippant mais...Qu'est-ce que je risque à part l'asile ? Hermione Jean Granger, acceptes-tu de devenir ma femme, Hermione Jean Rogue ? Je n'ai pas le privilège de te passer la bague au doigt, mais elle sera conservée avec cette lettre et ce, jusqu'à ma mort.
Je crois que je n'ai plus rien à te dire. J'espère que tu auras assez de lecture pour les années à venir. Ne t'abîme pas trop les yeux tout de même...Au revoir. Je te dis à bientôt. En attendant, prends soin de toi. Dis bonjour à Albus de ma part, m dis-lui aussi d'effacer ce sourire malicieux de ses lèvres, c'est exaspérant.
Je t'aime, Hermione. Ici et maintenant, Merlin m'en soit témoin, je t'aime jusqu'à ma fin.
Severus Rogue.
Le Maître des Potions relut la lettre, puis un sourire apparut sur ses lèvres. Il apposa sa plume, une dernière fois, sur le parchemin parsemé d'encre.
P.-S. : Tu as raison, je ne suis plus seul.
Et voilà ! C'est fini. J'espère que cela a été à votre goût. À très bientôt !
