Voilà le chapitre 2... Comme vous l'avez peut-être vu le rating est passé d en un chapitre... Je vous explique normalement, il y a un long chapitre 2 avec une scène qui aurait pu choqué certaine âme sensible. J'ai donc coupé le chapitre en deux parties. Chapitre 2: The Feelings war et Chapitre 2"': The Feeling War (facultative). En gros lire la première est obligatoire pour comprendre l'histoire et il n'y a aucun scène choquante. Ensuite soit vous patientez jusqu'à ce que je publie le Chapitre 3, soit vous lisez le chapitre facultatif mais c'est à vos risques et périls, je décline toute responsabilité si vous êtes choqué après cela. Ce chapitre n'apporte rien à l'enquête mais peut permettre la compréhension de certaines réflexions futures. Ne pas le lire pourrez aussi vous faire manquer quelque chose que beaucoup espère... Mais je vous laisse le libre choix.

Je voudrais en profiter aussi pour remercier TonieC une lectrice complétement crazy que j'adore et qui m'a permis d'avancer l'histoire grâce à ses idées complétements fofolles.

J'espère que vous allez aimer. Bonne lecture.

K.

Ps: oubliez pas les reviews. Je veux votre avis. surtout le chapitre 2'" lol.


Jane se réveilla d'un bond, encore ce cauchemar. Elle le chassa d'un geste de la main pensant que ses angoisses revenaient la hanter. Elle voulut se redresser mais une violente douleur à la tête la fit grogner, une main la repoussa délicatement contre les oreillers. Frankie était là, assis à côté d'elle. Qu'est-ce que son frère faisait là, dans son lit. Elle le regarda avec surprise et croisa un regard sombre qu'elle prit comme une gifle.

« - C'était pas un cauchemar ? Dit-elle sans obtenir de réponse. Quand ?

- Deux jours. Tu étais complètement sous le choc. On se relais avec les autres pour te surveiller.

- Il…

- Je suis désolé, Jane. Répondit Frankie avec douleur. »

Jane se leva d'un bond. Ses derniers souvenirs étaient les bribes de cauchemars qui hantaient son esprit. Elle alla s'enfermer dans la salle de bain. Il était hors de question de craquer de nouveau devant Frankie. Son reflet dans la glace faisait peur à voir. Une magnifique blessure à la base du cuir chevelu, une paumette brûlée et le visage aussi pâle qu'un vampire sortant de son cercueil. Elle se laissa glisser contre le meuble et fondit en larme, les sanglots venaient secouer son corps avec violence. Elle se fichait bien pas mal de ce qui allait se passer. L'homme qu'elle aimait ne reviendrait plus, cette fois, c'était définitivement fini. Son corps se vidait de tous ses sentiments, elle le laissait prendre le contrôle puis elle n'eut plus de larmes, elle était épuisée par cette rivière de sentiments douloureux qu'elle venait de déverser. Elle se releva, les yeux rougis par les larmes, les joues humides. Elle se déshabilla et se traîna sous une douche froide qui vint réveiller chaque muscle de son corps endolori par le deuil.

Quand elle quitta la salle de bain, Frankie eut comme un choc, Jane était de nouveau le détective forte et courageuse. La douleur avait quitté son regard, la détermination et la tendresse étaient venues la remplacer. Ce regard qu'elle posa sur son jeune frère vint le rassurer même si cela n'était qu'une carapace pour survivre.

« - Alors arrêter cette garce avant que mon envie de lui coller une balle ne revienne.

- Jane, tu n'es pas sur l'affaire. Je suis désolé mais…

- Pardon ?

- Jane, tu es une victime pas une flic sur ce coup-là.

- Une victime ? Ce n'est pas moi qui ait pris cette balle, c'est Casey ! Merde ! Je vais pas rester là à me tourner les pouces pendant que vous attrapez cette salope !

- Jane !

- Non ! Si tu ne veux pas m'accompagner, j'irai seule. Et crois-moi, elle va aller rejoindre son mari, vite fait, bien fait ! »

Jane haïssait quand elle était mise à l'écart d'une enquête. Elle attrapa ses affaires et quitta son appartement. Son esprit était embrouillé, son cœur courait un marathon et sa tête était envahie par le bruit d'un marteau piqueur qui lui vrillait les tempes. Elle allait retrouver la responsable de son état et lui faire payer dans les règles de l'art. Quand elle arriva au commissariat, elle eut le droit à une ribambelle de regard compatissant qui lui vrilla les entrailles. Elle aurait voulu se planter au milieu du hall et hurler à tout le monde d'aller se faire voir mais elle préféra se rendre à la morgue là où elle trouverait la présence réconfortante de son amie Maura. C'était sans compter que Maura était en plein travail. Quand elle entra dans la morgue, son amie était penchée sur la table d'autopsie, scalpel à la main, elle disséquait avec minutie le corps qui reposait sur sa table depuis deux jours déjà.

« - Jane ? Qu'est-ce que… »

Elle jeta son scalpel sur le chariot, recouvrit le corps et tenta de repousser Jane vers la sortie. Mais c'était trop tard, la jeune détective en avait déjà trop vu. Elle s'écroula contre le bureau de son amie qui crut défaillir face à tant de détresse. Jane avait remonté ses genoux contre sa poitrine, les bras croisé autour, elle plantait ses ongles dans ses chairs pour ne pas craquer. Maura vint s'asseoir à ses côtés et posa sa main sur le genou de son amie qui sanglotait.

« - Hey, Jane. Tu ne devrais pas être là. Frankie s'occupe de Marissa avec Korsak et Frost. On est tous sur la passerelle.

- Sur le pont. Murmura Jane, le visage enfoui dans ses genoux.

- Quoi ?

- On dit pas sur la passerelle mais sur le pont. L'expression vient des pirates. Il faut être sur le pont du bateau. Dit-elle avant de se mettre à rire.

- Qu'est-ce qui te fait rire ?

- Je viens de t'apprendre quelque chose à miss-je-sais-tout.

- Je ne sais pas tout, Jane et tu le sais très bien. Allez, viens partons d'ici. Dit-elle en se levant.

- Non, je reste là.

- Jane, debout, allez, je t'offre un café… instantané. »

Jane grogna et fini par se lever pour suivre Maura jusqu'à la cafétéria. Les deux femmes étaient à peine rentrées dans le café que déjà Angela les accueillait avec inquiétude. Jane se dégagea de l'étreinte de sa mère en grognant que tout allait bien. Maura récupéra les gobelets et entraina Jane jusqu'à son bureau mais quand elles atténirent l'ascenseur, le téléphone de Jane sonna, c'était Frost, il avait une enquête. Korsak et Frankie s'occupaient de l'affaire Casey Jones pendant que Jane et lui allaient s'occuper d'un nouveau cadavre trouvé sur le terrain du Gillette Staduim.

« - Come on, Maura. On va chez les Patriots.

- Pardon ?

- Les Patriots ? L'équipe de Football, enfin, Maura, réveille-toi.

- Pardon, l'équipe de football, d'accord. Et pourquoi, j'irai là-bas ? On ne m'a pas appelé ?

- Maura ! »

Jane allait partir sans elle quand le téléphone de Maura lui donna raison. La légiste la rattrapa alors qu'elle allait démarrer sa voiture. Durant tout le trajet, Jane écouta Led Zepplin à fond, le message était clair, je ne veux pas avoir de discussion pour le moment. Maura respecta ce choix et se perdit dans ses pensées. Elle savait que Jane souffrait mais si son amie ne lui demandait pas de l'aide, elle ne pouvait rien faire de plus qu'attendre. Jane finirait bien par craquer et Maura serait là pour la réconforter.

Quand elles arrivèrent au Gillette Staduim, Frost était déjà sur les lieux à discuter avec le policier responsable des allers et venues des gens sur la scène de crime. Maura et Jane passèrent le ruban jaune et traversa une grande partie du terrain avant de rejoindre le corps qui reposait sur la ligne des 10 yards. Jane eu un mouvement de recul, elle connaissait le joueur de réputation et elle savait que l'équipe venait de perdre un talentueux linebacker.

« - Merde, Graham Fulson, 29 ans, célibataire et l'un des meilleurs joueurs de sa génération, il faisait encore gagner son équipe, hier avec un sublime touchdown après une interception digne de l'exploit.

- Tu le connaissais ? Demanda Maura accroupie à la hauteur du corps.

- Pas personnellement mais je suis le football, Maura. Et l'équipe vient de perdre un excellent élément.

- Il a des ecchymoses sur les bras et sur l'abdomen. Mais il ne semble pas dater d'aujourd'hui.

- Surement des restes du match, d'hier.

- Je te dirai ça à l'autopsie… Euh, Jane ?

- Oui ?

- Regarde. Dit-elle en retournant le corps. Je crois qu'il est mort en faisant ce qu'il aimait. Du football.

- Maura ! Tu sais ce que cela veut dire ? S'exclama Jane en prenant le ballon qui reposait sous le corps de la victime.

- Qu'il était perfectionniste et qu'il s'entraînait même en dehors des entraînements.

- Non, il se remémorait les meilleurs moments de sa carrière.

- Comment tu peux savoir ça, avec un simple ballon ?

- Un joueur, en dehors des matchs et des entraînements, ça fait la fête, ça drague et ça oublie le terrain. S'il était là, cette nuit, c'est qu'il a fait son nostalgique.

- Tu veux dire qu'il allait perdre le football ?

- Quatre possibilités, il voulait prendre sa retraite, mais à 29 ans, ça fait un peu tôt, soit on l'a viré de l'équipe mais je ne vois pas pourquoi étant donné qu'il était leur carte chance.

- Et les deux autres ?

- J'ai besoin de les vérifier avant de t'en parler. »

Jane alla retrouver Frost qui semblait perplexe sur l'état de santé de sa coéquipière. Il ne pouvait pas croire qu'elle était rétablie de la mort de son fiancé, cela n'était pas possible, pas après la crise d'hystérie qui l'avait envahi dans l'église et l'état de choc qui avait suivi. Pourtant elle était là, souriante et pleine de motivation.

« - Qu'est-ce qu'on sait ? Demanda Jane.

- Il est venu, ici à deux heures du matin, sa carte magnétique a enregistré son arrivée mais il est jamais ressorti.

- Normal, il est resté sur le gazon.

- C'est son coéquipier là-bas qui l'a découvert ce matin en allant préparer l'entraînement. Un certain Ryan…

- McGrath, cornerback de l'équipe. Le meilleur intercepteur de l'histoire des New England. Il est aussi le roi de la faute mais ça on lui pardonne.

- Tu te charges de l'interrogatoire ? Il semblerait que tu le connais mieux que personne.

- Il faut vraiment qu'un jour je t'emmène voir un match, ce n'est pas possible. Dit-elle avec le sourire. »

Ryan McGrath n'était pas que le cornerback de l'équipe, il était aussi le plus séduisant de l'équipe et même Jane Rizzoli n'était pas indifférente à son sourire. Malheureusement, ce jour-là, le sourire n'était pas au rendez-vous. Jane s'agenouilla à la hauteur du séduisant athlète assis contre le mur et croisa un regard vert émeraude rempli de tristesse.

« - Inspecteur Rizzoli ? Vous êtes responsable de l'affaire ?

- Euh, oui. Pourquoi cette surprise ?

- Disons que je pensais que… Enfin, vous savez les informations, votre ami.

- Oh ! Eh bien, rien de mieux que le travail pour surmonter la douleur. Ce n'est pas à un sportif de haut-niveau comme vous que je vais l'apprendre.

- C'est vrai. Dit-il avec un petit sourire timide. Vous savez ce qui s'est passé avec Graham ? Il n'aurait pas dû être là !

- Racontez-moi, ce qui s'est passé. Dit-elle en l'invitant à s'asseoir sur le muret.

- Je suis arrivée à six heures et demie pour mettre le matériel en place. Hier après-midi, j'ai perdu la course de fin d'entraînement du coup, c'était moi qui était de corvée. Quand je suis arrivé dans le vestiaire, j'ai vu qu'il y avait le sac de Graham mais son ballon avait disparu. J'ai commencé à paniquer parce que ce ballon était une pierre précieuse pour lui, c'est son idole qui lui a offert quand il était gamin. Il voulait le donner à son fils, à la fin de cette saison.

« - A son fils ? Je croyais qu'il était célibataire.

- Oh, non, madame. Graham était le plus sérieux d'entre nous. Il n'avait pas trente ans, mais il avait déjà une femme merveilleuse et un petit garçon adorable. Une vraie famille qui était sa force. Il disait être célibataire pour les protéger de la célébrité. Il voulait que son fils, Jason, grandisse en paix et fasse ce qu'il voulait dans sa vie sans être traqué par les journalistes. Et comme son père, il voulait devenir un champion.

- Vous étiez proche de lui ?

- C'était mon meilleur ami, madame. On a joué toutes nos années ensembles. Tamara ne va jamais s'en remettre.

- Vous savez où nous pouvons joindre la famille de Graham ?

- Je vous y accompagnerai si vous me le permettez.

- Euh, oui d'accord. Restez là. Dit-elle en se rapprochant de la scène de crime. Frost ?

- Oui ?

- Je vais voir la famille de la victime avec notre témoin et je le ramène au bercail pour sa déposition.

- Bien reçu. Soit prudente. »

Jane entraina le joueur jusqu'à sa voiture. Elle hésita quelques minutes avant de démarrer. Ryan McGrath se faisait discret comme s'il savait que la jeune femme n'était pas d'humeur à converser. Il se reporta donc sur son téléphone et se mit à travailler les statistiques de l'équipe qu'il allait affronter au prochain match. Il sentait le regard de la jeune femme faire des allers-retours entre la route et lui mais il fit comme si de rien était. Ce fut finalement Jane qui craqua.

« - Vous jouez contre les Giants, la prochaine fois, non ?

- Oui, le rêve de Graham allait se réaliser enfin. Il allait rencontrer son idole, non plus en tant que fan mais en tant que joueur.

- Il allait jouer contre son idole ? Demanda Jane avec surprise.

- Oh, non, son idole a pris sa retraite. Jason Sehorn, vous connaissez ?

- Jason Sehorn ? Vous plaisantez comment ne pas connaitre ? Si je pouvais, je l'épouserai sans hésiter. Dit-elle avec le sourire.

- Vraiment ?

- C'est le fantasme de beaucoup de femme d'épouser un sportif de la trempe de Sehorn.

- Je pensais que vous étiez plus, disons, journaliste ou médecin.

- Ouh, non. Médecin, ma meilleure amie l'est et les termes médicaux à longueur de journée, s'est bien suffisant pour ne pas en rajouter le soir. Et les journalistes, c'est disons, un point rédhibitoire chez un homme.

- Alors, c'est quoi votre type d'homme ?

- C'est moi qui pose les questions, habituellement et puis, je crois que nous sommes arrivés, non ?

- Malheureusement, oui. Nous sommes arrivés. »

Jane descendit de sa voiture et réajusta sa veste. S'il y avait bien une chose qu'elle détestait dans son métier, c'était bien ça. Venir annoncer à une famille, qu'un père, un mari, un fils ne rentrerait plus jamais à la maison. Elle savait ce que c'était de perdre un être cher et elle ne le souhaitait à personne, pas même à son pire ennemi. Elle regarda Ryan qui semblait mal à l'aise. Elle ne put s'empêcher de le raisonner.

« - Vous devriez rester dans la voiture.

- Non, je lui dois au moins ça.

- ça va aller ?

- Non. »

Jane lui offrit un sourire désolé avant de s'engager dans l'allée, Ryan sur ses talons tentait de garder son calme et sa constance. La jeune femme frappa à la porte et attendit les mains croisées devant elle. Ryan l'observait avec surprise. La jeune femme qu'il avait devant lui n'était pas la femme qui l'avait conduit jusqu'ici. Elle avait perdu toute confiance dans son regard, ce côté distant qui la rendait si sérieuse et légèrement froide s'était totalement envolé. Elle avait le regard d'une femme brisée par la vie, les traits tirés de fatigue. S'il ne l'avait pas vu agir quelques minutes plus tôt, il aurait cru voir une femme sur le point de craquer et s'engouffrer dans les méandres sans retour de la dépression. Alors que la porte s'ouvrit, Jane se redressa et alla puiser dans ses dernières ressources de courage pour parler au petit garçon qui les regardait avec surprise.

« - Maman, y'a tonton Ryan avec sa copine. »

Les joues de Ryan devinrent pivoines alors que Jane le regardait avec un sourire amusé. La réputation de Ryan venait d'être dévoilée au grand jour.

« - Désolé.

- J'ai connu pire. Dit-elle avant de reporter son attention sur le petit garçon. Tu peux aller chercher ta maman et lui dire que le détective Rizzoli veut lui parler ?

- Oui, madame. »

Le petit garçon disparu et Ryan alla s'asseoir sur le banc qui se trouvait sur la terrasse. Jane s'en voulait de l'avoir embarqué dans cette galère. Elle lui tendit les clefs de la voiture et lui ordonna d'aller l'attendre dans le véhicule. Il commença par refuser mais le regard de Jane le fit changer d'avis. Elle attendit qu'il soit hors de vue pour laisser une larme perler le long de sa joue. Frankie n'avait peut-être pas tort, elle n'était pas encore prête à affronter le travail. Elle n'eut pas le temps de se poser la question plus longtemps, une jeune femme se tenait devant elle.

« - Vous vouliez me voir ?

- Tamara Fulson ?

- Oui, c'est moi.

- Je… Je suis l'inspecteur Rizzoli, je voudrais vous parler de votre mari, Graham.

- Il a des problèmes ? Demanda la jeune femme tout à coup, inquiète.

- Il a été retrouvé, ce matin au Gillette Stadium, il est mort. Je suis désolée. Répondit Jane d'une voix monotone à la limite de la failure.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? Ajouta Tamara avant de s'effondrer dans les bras de Jane.

- C'est ce que nous voulons savoir. »

Jane l'aida à s'assoir sur le banc. Elle vit du coin de l'œil, Ryan appuyé contre la portière de la voiture. Elle le voyait hésiter, tiraillé entre l'envie de venir consoler la veuve de son amie et le devoir de respecter l'ordre de Jane. Il finit par observer Jane de loin, elle tentait d'obtenir, malgré la situation, les réponses à ses questions. Après de longues minutes, elle aida la jeune femme pour rentrer et la laissa seule à contrecœur. Sans un mot, elle monta dans sa voiture et attendit que Ryan soit assis pour démarrer. Elle se perdit dans la contemplation de la route, il était hors de question de parler. Ce fut le silence total, un silence qui vous fait froid dans le dos et que Ryan eut beaucoup de mal à respecter. Il ne fit rien paraître mais à peine la voiture s'était-elle arrêtée qu'il bondit hors de sa place et entra dans le commissariat. Jane les mains sur le haut du volant tentait de retenir sa colère mais s'était peine perdue. Elle laissa aller sa tête contre le volant et fondit en larmes. Elle qui se croyait vide, sauvé du deuil de Casey, se retrouvait à le pleurer comme le commun des mortels. Oui, Jane Rizzoli était forte et indestructible mais à cet instant, Jane était redevenue le petit bout de femme sensible et amoureuse que Casey avait su faire renaître sous ses tendres caresses et ses mots doux. Ce fut la sonnerie de son téléphone qui la sortie de sa tourmente. C'était Frost qui s'inquiétait de ne pas la voir revenir alors que Ryan McGrath attendait patiemment dans la salle de réunion.

« - Je passe voir Maura et j'arrive. »

Ce fut les seuls mots qu'elle fut capable de sortir. Elle prit son courage à deux mains et sans interruption elle monta les escaliers, traversa le hall, s'engouffra dans l'ascenseur et descendit jusqu'à la morgue. Elle stoppa son apnée à l'entrée du bureau de Maura qui semblait plongée dans l'écriture d'un de ses rapports. Jane ne dit pas un mot et s'allongea sur le canapé de son amie.

« - Tu ne devrais pas être là, Jane.

- Et je devrais être où ? A aider l'ex de Casey à préparer l'enterrement, ou peut-être aller sur les docks du port et me jeter du haut de la falaise. A moins que tu me propose une autre idée aussi joyeuse que celles-ci ?

- Rentrer chez toi, dormir et arrêter de te torturer l'esprit en te disant que tu es responsable de ce qui s'est passé. Dit-elle sans même lever le nez de son écran.

- Mais, je suis responsable, Maura ! Dit-elle en se levant d'un bond. Je suis responsable de la mort de Casey, comme je suis responsable de tout ce qui s'est passé avec elle ! J'ai arrêté son mari le jour de leur mariage. Maura, j'ai détruit le plus beau jour de sa vie. Elle n'a fait que me rendre l'appareil ! S'écria Jane avec colère et douleur.

- Non, Jane ! Son mari était un pédophile et un tueur en série et si tu ne l'avais pas arrêté, quelqu'un d'autre s'en serait chargé ! Tu as fait ton boulot ! S'énerva Maura.

- Résultat, Casey est mort et personne ne semble se bouger pour rattraper la responsable. Je te promets que si je l'attrape avant eux, je la tue ! Tu m'entends, Maura, je la tue ! »

Maura voulu la calmer mais sa technicienne de labo venait d'entrer dans la pièce. Jane s'excusa avant de quitter les lieux, furieuse de ne pas avoir trouvé le réconfort qu'elle recherchait auprès de son amie. Elle retourna à l'étage et se plongea dans le nouveau dossier. Elle ne pouvait s'empêcher de regarder le dossier qui reposait sur le bureau abandonné de Korsak. Elle regarda aux alentours, personne ne semblait intéresser à elle. Elle se leva et ouvrit le dossier. Il y avait le rapport de Maura, les pistes explorées et une photo de la suspecte. Jane vérifia que personne ne la voyait et déroba la photo. Elle referma le dossier et retourna à son bureau. Maintenant, il fallait trouver une preuve sur le meurtre de Graham Fulson pour ne pas éveiller les soupçons. Frost réapparu quelques minutes plus tard, surpris de voir Jane concentré sur le passé de leur victime.

« - Pourquoi tu ne m'as pas rejoint ?

- Je voulais vérifier les antécédents de Fulson avant de préparer mes questions. McGrath est toujours dans les locaux ?

- Non, il est allé consoler la veuve de Fulson. Mais, il a été bizarre tout le long de l'interrogatoire, je le sens pas ce type.

- Il est surement choqué par ce qu'il vient de vivre. Ce n'est pas parce qu'il encaisse les coup à longueur de saison qui est plus solide mentalement qu'un autre homme.

- Depuis quand tu défends les suspects ?

- Je ne défends pas un suspect, je te fais juste remarquer que tu n'es pas objectif, simplement parce qu'il t'a blessé dans ton ego avec sa réussite.

- La méchanceté ne te va vraiment pas, Jane. Intervint Korsak en rentrant dans la pièce.

- Désolée, j'n'ai pas mieux pour le moment. »

Tout au long de la journée, Frost et Jane interrogèrent chaque membre de l'équipe des Patriots, Korsak semblait déstabilisé et Frankie au bout du rouleau. Il voulait que sa sœur soit fière de lui. Qu'elle sache qu'il était prêt à tout pour la revoir sourire mais là, c'était l'impasse et en plus quelqu'un avait fouillé dans leur dossier.

Alors que la journée touchait à sa fin, Jane recroisait encore et encore les alibis. Rien de rien. Tout était parfaitement solide. Personne n'avait pas de faux alibis, personne n'avait un casier à l'exception du coach mais cela remontait à sa jeunesse, il avait fait son mea culpa depuis le temps.

« - Jane rentre chez toi. Tu t'endors sur ton clavier.

- Je dois vérifier quelque chose avant de partir.

- Non, s'exclama Frost en se levant, tu rentres te reposer, tu dois être en forme pour samedi.

- Pourquoi ?

- Le… L'enterrement de Casey, tu t'en souviens ? Répondit Frost avec crainte.

- Bien sûr que j'm'en souviens. Dit-elle en se levant d'un bond. Bonsoir, à demain. »

Dans l'ascenseur, elle jouait avec la bague qu'elle n'avait pas eu le courage de retirer. Leur mariage n'était pas officiellement déclaré à cause de cette folle mais pour Jane, cette bague lui donner comme un espoir que le soir, en rentrant, elle trouverait Casey, assis sur le canapé à regarder la télévision. Mais ce soir-là, il n'était pas là. Elle posa ses affaires, se changea et après quelques secondes de réflexion, elle attrapa la photo qu'elle avait dérobé à Korsak. Poser des questions dans des lieux stratégiques n'était pas un crime. Certes ce n'était pas un crime mais cela n'avait rien de bon pour son état qui à chaque échec se détériorait un peu plus.

« - Vous avez vu cette femme ?

- Non, désolée. »

Voilà ce qu'elle entendait depuis deux longues heures quand elle décida d'abandonner. Elle était exténuée et à quelques rues de chez sa meilleure amie. Elle rangea la photo dans sa veste et se rendit chez Maura qui a cette heure tardive devait être chez elle depuis un moment déjà. Elle sonna, réajusta sa longue chevelure et attendit l'arrivée de Maura qui semblait se faire désirer. Quand la jeune légiste ouvrit, Jane eut un instant d'arrêt. Maura en peignoir, c'était synonyme de « Je ne suis pas seule, tu viens de me déranger. »

« - Oh, tu n'es pas…

- Non, tu ne dérange pas, j'allais prendre une douche, entre. »

Jane entra mais ne put s'empêcher de faire un rapide état des lieux. Pas de verre de vin hors de prix, pas d'odeur d'after-shave, pas de vêtement masculin… En effet, Maura était seule, ce soir. La jeune détective se laissa tomber sur canapé de son amie et ôta son manteau avec lassitude. Maura lui offrit une bière qu'elle accepta sans hésiter. Maura en profita pour aller prendre sa douche. Elle se fit aussi rapide que possible, elle savait que Jane avait besoin d'elle et il était hors de question qu'elle manque cette occasion d'être auprès de son amie. Quand elle sortit enfin de la douche, elle remarqua que Jane avait gentiment dévalisé le stock de bière. La jeune flic était recroquevillée sur le canapé. Le visage enfoui dans un coussin pour étouffer le bruit de ses larmes. La douleur et la solitude avaient fini par avoir raison de la grande détective. Maura se précipita vers son amie et la serra dans ses bras. Assises à même le tapis, dans les bras de Maura, Jane était inconsolable. Elle ne cessait de répéter, « ne m'abandonne pas. » La jeune légiste savait que cela ne lui était pas destiné mais elle ne put s'empêcher de lui répondre avec tendresse.

« - Je n'te quitterai pas. »


Alors? ça vous a plus?

Désolée, j'ai encore étalé ma passion pour Jason Sehorn mais ce n'est pas de ma aute, si cet homme est un Dieu vivant :) hihihi.

Bonne lecture pour ceux qui lise le chapitre suivant... A bientôt pour ceux qui attendent le chapitre 3.

Merci d'avance.

K.