Je réupload les chapitres avec quelques corrections bonne lecture !
La flamme de la bougie léchait déjà la peau de sa main. La douleur ne le dérangeait pas vraiment, il en avait vu d'autres, la cicatrice sur son visage le prouvait. Cependant, même en donnant le maximum, il ne parvenait pas à remonter le bras de fer pour revenir au statu quo. La rapidité du garçon masqué l'avait surpris suffisamment pour qu'il se mette à douter de son identité. Son chef n'était pas du genre à utiliser la magie pour gagner, préférant montrer ses véritables capacités sans artifice, prouvant ainsi qu'il était meilleur que les autres. Alors que ses pensées tourbillonnaient dans sa tête, il banda tous les muscles de son bras pour redresser sa main, gardant les yeux fixés sur le masque gris en face de lui. Alors que l'effort des deux se faisait plus intense, inconsciemment, leurs têtes se rapprochaient l'une de l'autre. Felix gardait ses yeux fixés dans ceux de l'autre masque. Puis un petit « tonk » lui fit réaliser qu'ils venaient de se toucher. Front contre front, main contre main. Ils donnaient le meilleur d'eux-même dans ce duel. Puis, le chuchotement d'une voix féminine en face de lui se fit entendre.
« Tu n'as plus aucune chance avec Pan maintenant que je suis là... »
Une sueur froide le parcourut tandis qu'il sentait sa volonté s'ébranler. La force du bras de Felix faiblit, sa main se retrouva sur la flamme de la bougie encore une fois et il resta sous le choc quelques secondes avant que son corps ne réagisse à la douleur par réflexe. Son bras revint instinctivement vers son corps sans qu'il ne le demande, lui faisant perdre le duel. Les cris de joie qui s'élevaient des autres enfants ne lui parvenaient pas. Visiblement tout le monde avait été captivé par ce match, mais Felix était toujours interdit. Son esprit n'arrivait pas à comprendre ce qu'il venait de se passer. Puis ce fut l'illumination, la fête de ce soir était pour la nouvelle invitée. Il n'aurait jamais pensé qu'elle serait parmi eux de la sorte, ne s'attendant qu'à trouver d'autres garçons ici. Le brouhaha de la fête le heurta de plein fouet et c'est à moitié assommé par la révélation qu'il détailla la demoiselle. Les formes de celle-ci étaient bien cachées par ses vêtements, rendant impossible de l'identifier par ce moyen. Une fois que la foule fut dispersée, la personne au masque gris et aux yeux jaune s'approcha encore une fois de lui avant de lui chuchoter de nouveau dans le creux de l'oreille.
« Allons plus loin pour discuter, je suis sûr que tu n'aimerais pas mettre tout le camp au courant de ton petit secret. »
La regardant partir vers la jungle sans attendre de réaction et sans se retourner, Felix restait planté là, essayant de rassembler les pièces du puzzle dans son esprit. Il n'avait jamais vu Wendy et c'était bien la première fois qu'il se faisait battre par une fille. Non pas qu'il en avait vraiment honte mais celle-ci avait su le frapper où ça faisait mal. Comment avait-elle pu faire ça avec une telle aisance à leur première rencontre ? Peter lui avait raconté ? Non, ce n'était pas vraiment le genre de Peter de faire ça. Mais si elle l'avait deviné d'elle même, alors il comprenait un peu mieux pourquoi Pan l'appréciait autant. Il voulait tirer cette histoire au clair et finit par suivre la personne qui s'était dirigée plus loin dans la jungle. Après quelques minutes, il retrouva son adversaire adossé à un arbre en train de l'attendre. Le masque gris aux yeux jaunes se releva et se dirigea vers lui, s'arrêtant à quelques centimètres de Felix avant de lui glisser ces quelques mots de son murmure habituel.
« Je suis sûr que tu as toujours rêvé de savoir ce que ça faisait d'embrasser Peter Pan. Je pourrais te montrer si tu veux ? »
Felix resta silencieux et immobile à ces mots. Il ne bougea pas non plus lorsque son vis-à-vis remonta doucement le masque pour ne révéler que la bouche cachée derrière. Il ne protesta pas non plus quand les lèvres touchèrent les siennes, mais lorsque la langue quémanda l'entrée, sa bouche resta close. Quand finalement l'autre se recula passant sa langue sur ses propres lèvres, un sourire en coin se dessina.
« Tu préfère peut-être quand on te malmène ? »
Le ton de sa voix était clairement joueur et avant même que Felix n'ait eu le temps de répondre, Il se sentit acculé avec force contre un arbre et l'arrière de sa tête cogna l'écorce.
« Qu.. ? »
L'instant suivant, des lèvres étaient à nouveau sur les siennes. Son crâne était encore sous le choc et il ne résista pas lorsque la langue vint jouer avec la sienne dans un baiser sauvage. Sans vraiment en prendre conscience, son corps réagit pour lui encore une fois et il finit par répondre à ce baiser furieux, tenant l'autre par le cou pour approfondir. Il réalisa que des mains étaient en train de le caresser au travers de ses vêtements que bien trop tard. Puis il se séparèrent de nouveau, l'un encore un peu étourdit, l'autre riant presque aux éclats.
« C'est donc ça que vaut ta loyauté envers Peter Pan ? Je comprends qu'il n'ait pas hésité à changer ! »
« Quoi ?! Non ! »
Mais alors qu'il s'approchait de l'individu pour l'attraper, celui-ci partit en courant sans l'attendre. Au final il n'avait rien pu faire. Il ne l'avait suivi que pour avoir des réponses et il n'avait eut que d'autres questions et un sentiment de honte aussi grand que le pays imaginaire. Maudissant son propre corps de réagir ainsi contre sa volonté, il frappa du poing contre l'écorce de l'arbre jusqu'à ce que sa main soit en sang, se rappelant un peu plus à chaque coup tout ce qu'il avait ressenti à chaque instant de cette immonde traîtrise. Puis il se résigna à retourner au camp, peut-être pourrait-il retrouver la personne pour essayer de s'expliquer mais il était certain que ça ne serait pas gratuit, ça ne l'était jamais. Seulement, en revenant au camp, il ne retrouva pas le porteur du masque aux yeux jaunes. Il y avait un peu moins d'enfants perdus, certains avaient dû s'amuser dans la jungle ou en avaient simplement eu marre. Mais pour Felix c'était fini, il n'y avait plus rien à faire ici. Il retira son masque et le jeta à ses pieds sans se retourner. Il se retira dans la jungle laissant ses pas le guider sans qu'il ne sache ou il se rendait.
Pendant toutes ces années où il avait été avec Peter Pan, il avait toujours fait attention à ne pas dépasser les limites. Il était son lieutenant, il savait que c'était une récompense que son chef lui fasse une telle confiance. Mais cette nouvelle arrivante avait mis un tel chaos par sa simple présence, il se sentait comme inutile désormais. Totalement à bout de force physiquement et mentalement, il se laissa tomber contre un arbre, totalement abattu. Il observa sa main et constata que la brûlure s'y trouvait toujours en plus du sang de tout à l'heure. Passant ses doigts dessus pour accentuer la douleur, il éprouva un certain soulagement à cette sensation. Qu'allait-il faire maintenant qu'il n'était plus d'aucune utilité pour Peter ? S'il avait trouvé un meilleur Lieutenant que lui, Felix ne voyait plus où était sa place désormais. Mais les mots que l'autre lui avait résonnait dans sa tête.
« Je suis sûr que tu as toujours rêvé de savoir ce que ça faisait d'embrasser Peter Pan... »
Avait-elle vraiment embrassé Peter ? Même si cela provoquait un sentiment étrange de jalousie, il tenta d'imaginer les deux adolescents s'embrasser ; puis il essaya de trouver la saveur des lèvres de Peter sur les siennes. Serait-elle comme le baisé qu'il avait échangé avec l'autre tout à l'heure ? Un peu sauvage et plein d'énergie ? Et pourquoi son corps avait-il agit de la sorte ? Il s'était fait manipuler si facilement, lui qui pensait que son corps ne pourrait réagir qu'à la présence de Peter. Est-ce que l'évocation de son nom avait fini de le persuader que c'était bien lui qu'il embrassait ? Oui ça devait être ça, il voulait tellement Peter Pan qu'il avait cru que c'était lui et s'était laisser aller. Il se cherchait mille et un prétextes pour excuser sa traîtrise sans pour autant parvenir à se convaincre totalement. C'était un idiot. Un idiot débile qui se laissait mener par ses bas instincts et qui ne parvenait même pas à respecter ses propres promesses. Mais à force de se tourmenter, il finit par s'endormir contre l'arbre, fatigué et seul.
