Lorsqu'Harry se réveilla le lendemain matin, il ressentit aussitôt les effets de la purge, effectuée par le sang de Sassi, et devina que ça avait un lien avec son familier, même si ce dernier était encore plongé dans le sommeil.

Le feldor se sentit extrêmement redevable envers le spirital, et se promit de lui rendre la pareille à la première occasion. En attendant l'enfant se permit d'observer de plus près la créature, et se dit qu'il s'agissait du plus beau serpent qu'il ait jamais vu.

Il comprenait aisément pourquoi le reptile, avait voulu se cacher dans la boue. Avec des écailles d'un turquoise pâle, aussi nacrées que les plus belles perles du monde, et des yeux argentés, où se reflétait l'intégralité du spectre lumineux, il était difficile de passer inaperçu, même si on ne mesurait que quarante centimètres.

Et dire qu'Harry avait bêtement causé la mort, d'un être aussi fabuleux, dans son ancienne vie. Quel gâchis !

Finalement ce n'était pas si mal que ça, qu'il soit retourné dans le passé. Il venait déjà de réparer, l'une de ses plus grosses erreurs.

Ce fut donc avec un sourire satisfait, que le jeune sorcier déverrouilla par magie, la porte de sa pseudo-chambre, pour aller prendre sa douche. Ce qu'Harry aimait le plus dans le fait d'être un feldor, c'était qu'il pouvait faire de la magie, sans formules ni baguette. Ce qui la rendait d'autant plus difficile à détecter, car elle était arbitrairement assimilée à de la magie instinctive –généralement associée aux enfants, et donc dangereusement sous-estimée.

Dans un certain sens, il comprenait pourquoi, Dumbledore avait restreint ses pouvoirs. Vu à quel point il était puissant, il constituait autant une menace, pour le chef de l'Ordre du Phœnix, que pour celui des Mangemorts. Et ils avaient raison de le craindre.

D'ailleurs les Dursley s'apprêtaient à l'apprendre à leur dépend, à commencer par Pétunia, qui en descendant réveiller sa « saleté » de neveu, eut la surprise de le voir non pas enfermé dans le placard sous l'escalier, mais plutôt gaillardement installé à table, dans la cuisine, et en train de déguster un savoureux petit déjeuner, sous une nouvelle apparence.

Sous le choc, la femme essaya d'abord de se convaincre, qu'il s'agissait sûrement d'un rêve –ou plutôt d'un cauchemar. Mais lorsqu'elle se pinça pour vérifier que c'était bien le cas, elle dut se rendre à l'évidence, que cette scène surréaliste était bien réelle.

L'enfant lui, continuait de manger, sans lui accorder le moindre regard. Ce qui ne put que la mettre en colère.

-Que crois-tu faire là, petite vermine ?! Qui t'a donné le droit de sortir de sortir de ton placard pour aller manger ?!

Loin d'être impressionné, Harry la toisa avec mépris, avant de répondre.

-Les services sociaux, la Protection de l'enfance, et l'UNICEF.

C'était simple et percutant.

La dame demeura interdite un long moment –prenant progressivement conscience de toutes les implications de cette réponse. Ce serait catastrophique, si on venait à découvrir qu'elle maltraitait un enfant. Elle pourrait tout perdre. Sa réputation serait foutue, son entourage lui tournerait le dos, et on pourrait même lui prendre son « Dudlinouchet ».

Elle tenta de se persuader, qu'Harry ne pourrait jamais la dénoncer, elle était censée être sa dernière famille. Sans s'en rendre compte, elle pensa à voix-haute.

-C'est du bluff ! Je suis ta tante ! Personne d'autre ne pourrait, ni ne voudrait s'occuper d'une abomination comme toi !

Harry ne parut pas du tout ébranlé par ces propos, et répliqua même avec un large sourire.

-C'est là que tu te trompes ! Non seulement tu n'es pas ma vraie tante, mais en plus sache que des milliers de sorciers, se battraient pour avoir ma garde !

Pétunia en tomba sur les fesses, se demandant comment le « petit morveux » pouvait savoir tout ça. Il n'était apparemment pas en train de blaguer. Et elle réalisa avec effroi que c'était lui qui menait le débat.

Puis elle entendit les pas lourds, de son énorme mari, qui descendait les escaliers, et regagna espoir. Elle était sûre qu'une bonne correction de la part de Vernon, remettrait le gamin à sa place. Elle se releva donc rapidement, pour aller informer son époux de la situation.

Harry l'observa faire d'un air placide, et elle crut naïvement, que c'était parce qu'il appréhendait la réaction de son « oncle ».

Mais là encore la désillusion fut de taille, lorsqu'en tentant de s'approcher du « sale mioche », Vernon fut projeté contre le plafond, où il se cogna violemment la tête, avant de retomber lourdement sur le sol, fissurant par la même occasion le carrelage de la cuisine.

Mais Harry ne se limita pas à un essai, et répéta impitoyablement l'expérience, jusqu'à ce que Pétunia le supplie en larmes d'arrêter, en promettant qu'elle ferait tout ce qu'il lui demanderait.

Vernon lui, avait déjà perdu connaissance, à cause de ses nombreuses fractures. Son état était tellement critique, que sa femme eut l'autorisation, de l'amener à l'hôpital sur le champ.

De toute façon, maintenant qu'Harry avait fait sa démonstration de force, il avait la garantie que les Dursley, ne lui manqueraient plus jamais de respect. Il pouvait donc se permettre, d'attendre encore un peu, avant d'entamer les négociations.