CHAPTER 1

Deux ans…

Voilà maintenant deux ans que j'ai perdu les personnes les plus importantes de ma vie… Que j'ai perdu ma famille…

Désormais, je vis seule avec, comme unique compagnie, la fortune de mes défunts parents, à Toriko. Je n'ai plus personne…

Mon nom est Lapis Anazumi, et voici mon histoire.

Je parcours les couloirs aux murs blancs et aux vastes fenêtres rendant les lieux très lumineux et créant une ambiance d'hôpital. Je foule le sol en bois des chaussures que l'établissement offre à chaque élève tous les ans, combinés à l'uniforme scolaire du lycée Mc Gregorian, composé d'une robe arrivant à mi-cuisse de couleur noire, deux rayures rouges au bord de la jupe, du col et des manches, courtes, ainsi que l'emblème du lycée, un faucon blanc prenant son envol, entouré de deux cercles fins couleur sang. J'entortille une mèche de cheveux bleue autour de mon doigt, anxieuse, me demandant pourquoi le directeur m'avait appelée.

Le directeur, Mr MIROTON, était un vieil ami de mon père. Il connaissait ma situation mieux que quiconque et il m'a apporté de l'aide dès que j'en ai eu besoin, lors de la mort de ma mère, de Béryl et de Zircon, ainsi que toutes les autres fois où j'eu des problèmes. De plus, lorsque j'ai dû voir un psychologue, ce fut lui qui paya les frais des consultations, sans qu'il ne me laisse le rembourser.

« De cette façon, je rends la mise à ton père, m'avait-il dit. Il a tant fait pour moi ! »

Pourtant, même à cet homme qui m'a énormément aidé, je ne peux esquisser un sourire. Les évènements me l'avaient ôté, si je puis dire. Désormais, je ne peux que pleurer et m'apitoyer sur mon sort, pensant à ma famille.

J'arrive devant une imposante porte en bois sombre aux délicats détails sculptés et je donne trois coups en utilisant mes jointures. Quand il me le permit, j'entre dans la pièce du proviseur. Celle-ci avait les murs couverts d'étagères, hautes jusqu'au plafond, emplis de livres de tout âge. Certains semblaient avoir quelques années seulement alors que d'autres, qui étaient plus fascinant selon Luka, devaient avoir près d'une centaine d'années, ou plus, âge donné par les couvertures en cuir abimé.

Au fond du bureau se tenait Mr MIROTON, assis derrière son bureau en chêne, face à une grande baie vitrée remplaçant le quatrième mur. Il s'agissait d'un homme qui avait atteint la cinquantaine, des cheveux noirs grisonnants au niveau des tempes, des rides sur le front, de petits yeux intelligents et un sourire empli d'affection. Il portait un costume de la même couleur que ses yeux gris et une cravate noire dont aucun pli n'avait assommé le bout de son nez.

- Ma chère Lapis Anazumi ! Comment vas-tu ?

Je m'approche de lui et serra la main qu'il me tend. Je fus surprise quand il m'attira vers lui en une étreinte affective. Il se sépara et me regarda droit dans les yeux.

- J'ai une excellente nouvelle pour toi !

- Et qu'est-ce donc, Monsieur le Proviseur ? Demandais-je froidement.

Il s'assied sur son siège et commença à chercher entre la paperasse de son bureau.

- J'ai entendu dire que tu rêvais d'entrer à Sweet Armoris, la très célèbre école d'Arts située à Sweety City, me dit-il.

- Oui, je l'ai noté dans ma liste de souhaits pour l'année prochaine, il y a quelques temps, déjà.

L'homme fit un sourire en arrêtant ses recherches.

- Et aimerais-tu y entrer maintenant ?

- Bien évidemment, dis-je au quart de tour.

Il replongea son nez dans la paperasse et y resta concentré quelques minutes qui me paraissaient durer une éternité, jusqu'à ce qu'il s'exclame, un papier en main :

- Le voilà !

- De quoi parlez-vous ?

- De ceci !

Il me tendit la feuille avec un enthousiasme impressionnant. Je me concentre sur le bout de papier et lis :

« Mr MIROTON,

C'est avec plaisir que nous acceptons d'accueillir cette élève dont vous nous avez envoyé le dossier. Celui-ci étant très bon, et les notes sur les matières requises pour entrer dans notre établissement étant excellentes, je pense que son transfert pourrait avoir lieu dans les prochaines semaines, voire dans les prochains jours.

Aussi, son comportement et la lettre de recommandation que vous nous avez envoyé il y a maintenant deux mois, ont fait pencher la balance en sa faveur.

Cordialement,

Mme PINKY, directrice du Lycée Artistique Sweet Armoris. »

Mon cœur battait à tout rompre. Je relis la lettre afin de m'assurer que ce que j'avais lu était bien vrai. Puis, je posai la lettre sur la table pour me pincer la joue. Ce n'était pas un rêve.

- Qu'en dis-tu, mon enfant ? dit le directeur, les yeux souriants. Tu veux y aller ?

- Bien sûr !

Et, sur ces mots, j'esquissai un grand sourire, le premier depuis des années. J'allais réaliser mon plus grand rêve !