Note de la Traductrice : Bonjour tout le monde ! Merci beaucoup à tous ceux qui m'ont laissé une review sur le premier chapitre. Je suis super heureuse parce que j'ai finie de traduire cette fic, il y aura donc bien six chapitres que je mettrais en ligne toutes les semaines !
Désolée pour le double email que vous avez dû recevoir x) j'avais espacé chaque partie en utilisant la petite étoile qui n'est pas reconnu sur ff, du coup ça faisait un gros bloc sans aucune délimitation et ce n'était pas agréable à lire. J'ai donc supprimé le chapitre le temps de tout changer sur Word.
Bêta : Rowena Cassandra Ravenclaw !
Auteur : Meri
Résumé : Après avoir été renvoyé en 1971 Harry a plusieurs choix à faire.
Note 1 : Pour une scène spécifique durant la cinquième année de Severus une grande partie des dialogues a été directement prise de L'Ordre du Phénix, Chapitre Vingt-Huit : Le Pire Souvenir de Snape
Note 2 : La description de Tom Riddle lorsque Harry le rencontre pour la première fois est directement prise du Prince de Sang-Mêlé Chapitre vingt : La requête de Lord Voldemort
Bonne lecture !
Escaping The Paradox
Partie 1B : Première année
- Excusez-moi Professeur Potter, quelqu'un tapota son épaule.
Harry se retourna et se retrouva face à face avec quelqu'un qui ressemblait à une plus vieille version de lui-même. Le brun n'avait pas réalisé que ses yeux verts se trouvaient des deux côtés de la famille.
- Monsieur ?
- Mon nom est Edward Potter…
- Et je suis James Potter, dit James la poitrine bombée.
- N'interromps pas ton père James. Je suis Rose, lui dit-elle.
Elle était merveilleusement belle et élégamment vêtue. Dans un sens, elle lui rappelait Narcissa Malfoy, pas vraiment à cause de son apparence : elle était petite et avait des cheveux noirs mais par son allure. Comme si elle savait la place qu'elle tenait dans la société depuis sa naissance.
James semblait aussi connaître sa place dans la société. Et, tout de suite, il avait l'air de penser qu'il était le centre de l'univers. Harry avait tenté de se préparer à cette rencontre mais même en sachant qu'elle allait avoir lieu, cela ne rendait pas les choses moins étranges. Clairement, ce n'était pas son père, pas encore, juste un enfant de onze ans pourri gâté.
Edward se racla la gorge.
- J'espère que vous m'excuserez la présomption mais je n'ai pu m'empêcher de remarquer votre nom et votre apparence…
Merde. Harry ne s'était pas attendu à les rencontrer comme ça. Il pensait vraiment que tout le monde ignorerait la chose.
- Je ne compte pas vous créer d'ennuis, si c'est ce qui vous inquiète…
- Non, non pas du tout, dit rapidement Edward en secouant la tête, ce n'étais pas ce que je voulais dire. C'est juste que j'ai pensé que nous pourrions avoir une parenté commune. Et clairement, vous savez que c'est le cas, êtes-vous l'un des enfants de mon frère ? Le fils d'Ignatius ?
- Non pas qu'il m'aurait reconnu comme tel, Harry essaya de faire sonner cette déclaration comme s'il était résigné.
Comme il détestait de devoir mentir mais il n'avait pas le choix. Il avait besoin d'un passé et celui-ci était beaucoup trop pratique pour qu'il l'ignore.
- Il n'aurait reconnu aucun de ses enfants illégitimes, quel idiot.
Etonnement, les manières et le ton d'Edward disait qu'il désapprouvait les actions de son frère. L'estime d'Harry vis-à-vis de son grand père monta d'un cran.
- Probablement pas un sang-mêlé comme moi de toute façon.
- Votre mère était une moldue ? Ou une née-moldue ? demanda Rose mais elle sonnait comme quelqu'un qui était vraiment intéressé par lui en tant que potentiel membre de la famille plutôt qu'un intrus.
- Moldue, elle est morte il y a quelques années. Ignatius a payé les frais de l'Institut Salem pour que j'y étudie.
- Mieux que ce qu'il a fait pour les autres, dit Edward, je suis content ; peut-être a-t-il appris le sens des responsabilités et de la compassion en devenant plus vieux. Vous êtes le plus jeune pour l'instant.
Ils semblaient prêts à l'accepter sans se poser de questions. Harry trouva cela… tellement invraisemblable, il n'avait jamais pensé qu'ils voudraient avoir quelque chose à faire avec lui.
- Combien y en a-t-il d'autres ?
- Il y en a quatre dont je connais l'existence. Et clairement Edward pensait qu'il pourrait y en avoir plus.
- Et que leur est-il arrivé ? demanda prudemment Harry ses instincts d'Auror en alerte.
- Ils ont tous quitté le Monde Magique. Deux d'entre eux étaient des Cracmols, un frère et une sœur, et ils vivent maintenant en Allemagne. Je n'ai pas réussi à trouver leur nom, mais Tamara Talbot est partie en Australie et je ne suis pas sûr de ce qui est arrivé à Bradford Hanta… il a complètement disparu. Bien sûr, il vous a envoyé aux Etats-Unis.
- Comme je vous l'ai dit, je ne compte pas vous causer le moindre problème. Je dois accompagner le reste des enfants à bord du train, Harry fit un pas en arrière et regarda avec espoir dans la direction de celui-ci.
Edward ne sembla pas vouloir laisser Harry s'échapper.
- J'aimerais vous parler à nouveau à propos de tout ceci. L'avez-vous rencontré avant qu'il ne meurt ?
- Non, répondit Harry en secouant la tête, je n'ai jamais fait sa connaissance.
- Si je viens à Pré-Au-Lard, pourriez-vous déjeuner ou diner avec moi ?
- Oui, j'aimerais bien. La pensée de rencontrer sa famille pétilla en lui mais cela serait une bénédiction à double tranchant, il devrait mentir à ces personnes.
Le sifflet du train retentit.
- Je vais te conduire à bord James, lui dit Harry, vous pouvez faire venir sa valise de ce côté.
- Je prends mon chat avec moi. James souleva son chat noir, il était énorme et siffla en direction d'Harry, il lui rappela Pattenrond.
- Bonne idée, lui répondit Harry en le menant vers les escaliers qui menaient à l'intérieur du train.
- Je peux y aller, n'est-ce pas Professeur Potter ? James le regardait, l'implorant de lui donner une réponse positive.
- Dis correctement au revoir à ton père et ta mère.
Ses parents le prirent dans leurs bras et l'embrassèrent alors qu'il se tortillait comme tout enfant de onze ans embarrassé.
-ETP-
Tous les professeurs lui avaient dit que la première semaine était la plus compliquée. Et ce n'est pas vraiment qu'Harry ne les croyait pas mais il ne s'était pas attendu à ce que cela soit aussi dur. Harry arriva à survivre jusqu'au samedi de justesse.
Il s'assit à l'une des grandes tables de la bibliothèque et commença à y poser des livres. Ses espoirs de trouver une solution simple avaient disparu après la première semaine de recherches. Il n'y avait pas tant d'objets et ceux qu'il avait trouvés ne ressemblaient en rien à celui qui l'avait envoyé là. La plupart d'entre eux, comme le Retourneur de Temps, renvoyait dans le passé mais pas dans l'avenir. Il était toujours infiniment plus compliqué d'aller dans le futur parce que celui-ci changeait toujours à chaque décision qui était prise.
Durant la semaine, il avait été trop fatigué pour faire plus que feuilleter le livre qu'il avait commencé à lire.
- Qu'est-ce que vous cherchez ? lui demanda Severus en s'asseyant à sa table sans recevoir d'invitation.
Il n'avait aucune raison de lui mentir.
- Un moyen de voyager dans le temps.
- Pourquoi vous intéresseriez-vous à cela ? s'enquit Severus et cela se voyait qu'il trouvait l'idée idiote.
Harry essaya difficilement de ne pas sourire face à son expression.
- Pourquoi pas ?
Snape leva les yeux vers lui.
- Vous voulez juste savoir ?
- Vous semblez trouver cela étrange.
- Je pense que vous êtes plus du genre à passer à l'action qu'à lire un livre.
Severus était plus observateur qu'Harry ne l'avait pensé, il sourit.
- C'est assez vrai, comment le savez-vous ?
- Cela semble juste être le cas. Severus ouvrit son livre et soupira.
- Comment se passent vos cours ? demanda Harry lorsque Severus ne retourna pas à sa lecture.
- Bien. Je suppose que vous savez que j'ai été envoyé à Serdaigle.
- Le badge sur votre robe était un premier indice.
Severus lui lança réellement un sourire.
- J'ai utilisé votre conseil à propos du Choixpeau.
- Vous lui avez demandé de ne pas vous envoyer à Serpentard ?
- Il m'a dit que j'étais suffisamment ambitieux pour Serpentard mais je suis aussi brave et que j'aimais apprendre de nouvelles choses. Il m'a demandé ce que j'aimais le plus.
- Et vous lui avez dit que c'était d'apprendre de nouvelles choses ?
- Je lui ai dit que je ne voulais pas aller à Serpentard. Ma mère était surprise.
- Je m'en doute. Il se fait un peu tard, ne devriez-vous pas retourner dans votre salle commune ?
- Je dois lire ça, il fit un geste vers le livre ouvert devant lui.
Harry n'était pas un idiot.
- Pour quand devez-vous rendre le devoir ?
- La semaine prochaine.
- Au lit.
Severus se renfrogna mais il prit son livre et partit.
-ETP-
- Alors Harry, comment s'est passée votre semaine ? lui demanda McGonagall en s'asseyant sur l'une des confortables chaises de la salle des professeurs avec un grand soupir.
- Réveillez-moi au printemps, ok Minerva ? Harry trouvait cela étrange d'appeler les professeurs par leurs prénoms mais ils lui avaient tous demandé de le faire.
McGonagall pouffa.
- C'est horrible n'est-ce pas ?
- Non, juste harassant et j'ai le plus bizarre des mélanges entre des sang-purs libéraux et de naïfs nés-moldus. Tout le monde veut me corriger, j'ai peur que les livres ne soient pas aussi corrects que nous le pensions.
- Je pensais que vous étiez Né-Moldu.
- Je suis un sang-mêlé mais j'ai été élevé par des moldus. Et clairement, pas aussi bien informé que je le pensais.
En vérité ce n'était pas vraiment surprenant puisque même lorsqu'il avait été dans le monde moldu, il n'en avait pas vu grand-chose. Ses informations avaient au moins vingt ans de retard.
- Suivez-vous le programme ?
- Oui, l'année prochaine, si je reste, je trouverai un meilleur livre.
- Bonne idée ! J'ai toujours pensé que le programme de cette classe devait bénéficier d'une refonte totale mais il n'y avait personne pour le faire. Je crois que les livres que vous utilisez datent du début du siècle.
- Quasiment, je ne l'ai pas remarqué avant d'arriver et après il était beaucoup trop tard pour tout changer.
- Vous avez des étudiants qui sortent du lot ?
- Pas encore et vous ? demanda-t-il.
- En première année, il y en a pas mal qui sont bons. Lily Evans par exemple, lui dit McGonagall.
- Comme je ne les ai pas avant la troisième semaine, je n'ai pas encore eu à faire à eux. J'en ai croisé quelques-uns pendant que je patrouillais par contre.
Sa bouche se serra.
- Et de la façon dont vous le dîtes, ce n'était pas une bonne rencontre.
- James Potter et Sirius Black sont tranquilles séparément, ensemble ils sont… Harry secoua la tête les mots lui manquant, j'aimerais les frapper tous les deux.
Face à l'expression horrifiée de McGonagall, il rit.
- Oh, je ne le ferai pas mais je peux fantasmer n'est-ce pas ?
- Un jeune homme de votre âge devrait fantasmer à propos d'autres choses, elle leva les sourcils de manière explicite.
La douleur qu'il ressentait dans la poitrine et qui n'avait jamais faibli le frappa d'un coup. Il détourna le regard.
- Oui, vous avez probablement raison…
- Oh, très cher, je suis désolé…
- Non, j'ai récemment perdu ma fiancée et je n'ai pas encore réussi à faire mon deuil.
Il espérait trouver un moyen pour rentrer chez lui, cela devait être dur pour Ginny, pensa Harry. Au moins avait-elle sa famille pour lui apporter du réconfort. Il ne pouvait parler à personne d'elle ou de ses amis perdus.
- Je suis désolée, soupira-t-elle, c'est dur quelquefois. Est-ce la raison pour laquelle vous êtes venu enseigner ici ?
- C'est l'une des raisons. J'espère toujours que cela va marcher et que je vais trouver un moyen de rentrer chez moi.
Même s'il réussissait à s'intégrer dans cette vie, il ne préférait pas penser au fait qu'il allait devoir rester ici pour toujours.
- Je n'avais pas réalisé que vous ne comptiez pas rester. McGonagall semblait légèrement désapprouver comme s'il était impossible d'enseigner pendant seulement une année.
- Je ne suis pas sûr de ce que je vais faire, soupira Harry.
Qu'il ne fasse pas plus de progrès dans l'identification de l'objet qui l'avait amené ici était une véritable source de frustration.
- Donc, dîtes-moi à propos de Mr. Black et Mr. Potter. Ils vous rendent fou n'est-ce pas ?
- Black ne sait strictement rien à propos du monde moldu mais fait quand même des blagues dénigrantes à ce sujet, James est un peu mieux. Mais ensemble, ils sont complètement impossibles.
En général, Harry n'avait pas beaucoup de problèmes avec la discipline mais James et Sirius le poussaient dans ses retranchements. James semblait penser que parce qu'Harry était son cousin, il avait le droit à certains privilèges et il avait été quelque peu désappointé lorsqu'il s'était rendu compte qu'Harry traitait tout le monde de la même façon.
- Potter se pense au-dessus de tout le monde et Black lui donne la réplique.
- Je pense qu'ils sont juste fougueux mais ce sont de bons garçons. Le sourire de McGonagall s'estompa quelque peu, j'ai remarqué que vous vous intéressiez à Severus Snape, rusé comme un renard ce garçon. Je suis surprise qu'il n'ait pas été envoyé à Serpentard.
Harry n'apprécia pas son ton et fronça les sourcils.
- Je pense que c'est aussi un bon garçon et très intelligent en plus de cela.
- Je ne remets pas en cause son intelligence mais il y a quelque chose à propos de lui…
- La pauvreté n'est pas un crime, lui dit Harry probablement plus brusquement qu'il ne l'aurait dû.
Elle le regarda et ensuite baissa le regard vers ses mains.
- Non bien sûr que non, j'ai bien vu que vous lui apportiez votre soutien.
- Je pense qu'il a beaucoup à offrir et si quelqu'un le met dans la bonne direction, il utilisera son talent pour quelque chose de bien plutôt que l'inverse.
Et avec cela, Harry se leva. Il n'avait rien d'autre à dire sur le sujet donc il partit de la salle.
-ETP-
- Merci de me rencontrer, lui dit Edward alors qu'il se levait et lui tendait la main.
- Je suis intrigué par le fait que vous m'ayez demandé. Je veux dire… Harry détourna le regard.
- Non, je comprends. Edward se racla la gorge. Vous êtes mon neveu, je voudrais que vous fassiez partie de ma famille.
Harry voulait cela. Il voulait connaitre son grand-père même dans ces circonstances.
- Pourquoi ? Pourquoi même vous en souciez-vous ? Pourquoi maintenant ?
- Vous voulez dire après tout ce temps ? J'ai appris votre existence après la mort d'Ignatius, Edward soupira, je me suis rendu à son bureau au Ministère et l'un de ses enfants, Miss Talbot, en sortait. Je l'ai confronté à ce propos et il a fait pire que se défendre. Il m'a dit qu'il ne la considérait même pas comme une personne parce que sa mère était une moldue.
C'était horrible, Harry ne pouvait s'imaginer avoir un enfant et le rejeter de cette façon. Pour quelques raisons que ce soit.
- Oh… je ne sais pas quoi dire. Harry baissa les yeux. Je lui suis reconnaissant pour l'éducation qu'il m'a offerte même si je ne l'ai jamais connu.
- J'ai été choqué par son attitude mais je ne pouvais rien faire avant sa mort. Comme sa femme est morte avant lui, toutes ses possessions me sont revenues. Je me suis fait un devoir de retrouver les enfants dont je connaissais l'existence. Mais aucun d'entre eux ne voulait avoir quoi que ce soit à faire avec lui. Je ne les blâme pas, c'est juste un hasard que vous vous soyez présenté à Poudlard.
- C'est vrai, je ne veux aucun argent de votre part. Mais j'aimerais…
Une Famille. Les Weasley lui manquaient tous, comme si on lui avait coupé un membre et pour la première fois en treize ans, il allait être complètement seul à Noël, pourquoi cela devrait-il être ce qui lui faisait le plus mal alors que son monde entier avait disparu. Harry ne le savait pas.
- Je n'ai jamais vraiment eu de famille.
Edward sourit.
- Cela me plairait. J'aimerais apprendre à vous connaitre, vous semblez être un bon garçon.
Harry essaya de ne pas se hérisser à l'usage du mot « garçon », il n'était pas suffisamment vieux pour trouver ce surnom amusant.
- Oh, ne me regardez pas comme cela. A mon âge, tous les jeunes sont des garçons, je sais que vous êtes responsable de votre propre bien être et probablement depuis longtemps.
Harry rit, il était dur de rester fâché contre quelqu'un d'aussi génial.
- Très bien, j'aimerais apprendre à vous connaitre Rose et vous.
- James fait partie du lot aussi vous savez ?
- Bien sûr, il est…
- Pénible ? Rose et moi le savons et nous avons aggravé les choses en le gâtant mais… Edward haussa les épaules. Il est notre fils et nous avons attendu longtemps pour l'avoir. C'est le problème avec le Monde Magique. Les Sang-Pur se sont beaucoup trop mariés entre eux. Nous avons de moins en moins d'enfants et ils sont moins puissants. J'encouragerai James à se marier avec une Née-Moldue comme ça il pourra avoir des enfants puissants.
Harry voulu lui dire que cela allait fonctionner mais il sourit juste.
- Je suppose que vous avez raison, pourtant James semble suffisamment puissant.
- Il est aussi puissant que n'importe quel Sang-pur mais il n'est pas aussi puissant que, disons, un sang-mêlé.
Une très jeune Rosmerta vint les voir pour prendre leur commande et leur repas arriva rapidement.
- J'ai entendu dire que vous aviez pris sous votre aile le jeune Severus Snape, lui dit Edward après quelques bouchées de son repas.
Harry s'étouffa.
- Quoi ? Ou avez-vous entendu cela ? Et quelles différences cela pourrait-il bien faire ?
- Surement vous êtes-vous rendu compte que vous viviez dans une petite communauté, Madame Malkin l'a dit à Rose le jour même, elle a été surprise par votre générosité.
- Oh, et bien, je sais ce que c'est de vouloir quelque chose et de ne pas pouvoir l'avoir.
- Je suis désolé, je suis sûr que c'est le cas. Mais c'était un geste très galant.
- J'apprécie Severus, il est très intelligent et j'espère que lui montrer le bon chemin l'aidera dans le futur.
- Il vient d'un milieu tellement pauvre que vous devrez faire plus que lui acheter ses livres et ses robes.
- Comment connaissez-vous autant de choses à propos de lui ?
Edward le regarda et soupira.
- C'est une petite communauté et j'entends par là toute la Grande-Bretagne Sorcière. Sa mère était l'une d'entre nous.
- Si c'est vraiment le cas, pourquoi personne n'essaye de l'aider ?
- Parce qu'elle refuserait cette aide. Son père n'était pas riche mais le nom des Prince est vieux et respecté, elle était déterminée à épouser Tobias Snape et son père l'avait menacée de la déshériter si elle le faisait. Elle est aussi têtue que lui et la plupart des gens ont l'impression qu'elle s'est jetée toute seule dans cette situation et qu'elle la mérite.
- C'est dur vu à quel point cette situation est inconfortable. Elle aurait pu tenter de partir depuis.
- J'ai entendu dire que certain de ses amis ont tenté de l'aider mais qu'elle a refusé. Elle aurait pu rentrer chez elle en prenant Severus avec elle. Son père est mort il y a seulement deux ans et le fait qu'il n'ait jamais vu son petit fils était un véritable crève-cœur pour lui.
- Il aurait pu lui laisser quelque chose. Mais Harry n'y croyait pas vraiment.
- Réellement, à part un vieux Manoir en ruine, il n'y avait pas grand-chose. Et tout ce qui restait est revenu à un cousin, je n'ai jamais dit qu'il n'était pas aussi têtu qu'elle.
- Je pense que Severus a de qui tenir.
- Le connaissez-vous bien ?
- Je fais des recherches et il passe beaucoup de temps dans la bibliothèque.
- J'ai entendu qu'il était intelligent.
- Il est brillant mais il a d'autres problèmes.
- Je suis sûr que c'est le cas. Les robes et les livres vont sans doute aider mais rien n'effacera la vie qu'il a eue avant d'arriver à Poudlard.
Harry le savait parfaitement. Mais il pouvait l'aider et il le ferait.
-ETP-
Deux jours avant les vacances de Noël, Harry trouva le temps de se rendre à la bibliothèque. Entre les devoir à noter, les entraînements de Quidditch et les retenues, il n'avait pas le temps de dormir certaines semaines alors encore moins de faire des recherches. Il voulait récupérer sa vie mais il ne trouvait pas les informations dont il avait besoin.
S'il était chez lui, il aurait passé Noël avec les Weasley, Molly aurait créé un festin qui aurait fait gémir tout le monde, Ron et Hermione auraient été là, flirtant dans un coin. Bill et Fleur. Quand il était parti, Victoire était née et ils parlaient d'avoir un autre enfant. Andromeda et le petit Teddy. Et Ginny. Merde. Il prit une grande inspiration pour réduire l'élancement qu'il ressentait dans la poitrine.
Il avait promis de rester à l'école pendant une semaine pour aider à s'occuper des enfants qui ne rentraient pas mais il passait Noël avec les Potter. L'invitation était arrivée comme une surprise même s'il avait apprécié son déjeuner avec Edward, il ne s'était pas attendu à grand-chose de leur part.
- Professeur Potter, la voix de Severus pénétra ses rêveries.
- Mr. Snape, n'est-il pas un peu tard pour vous pour hanter la bibliothèque ?
- Je travaille sur un devoir que je dois rendre demain, je voulais y ajouter des choses. Severus jeta un coup d'œil à ses livres. Vous travaillez toujours sur le voyage dans le temps.
- Oui toujours, Harry leva les yeux vers lui et soupira. Les cheveux de Severus étaient particulièrement gras aujourd'hui et il avait entendu des enfants se moquer de lui plus d'une fois à cause de cela. Peut-être n'était-ce pas sa place mais quelqu'un devait le lui dire. Mr Snape vous devriez vous laver les cheveux.
Le visage de Severus devint rouge et il baissa rapidement le regard.
- Quelle différence cela peut-il faire ? Ce sont mes cheveux pas les vôtres.
- Oui c'est le cas mais vos camarades de classes et moi-même devons les regarder.
- Dans ce cas, ne les regardez pas.
- Préfériez-vous que je ne vous parle pas ? Harry savait que c'était un risque mais cela le ferait peut-être comprendre.
Les yeux de Severus brillèrent de colère et pendant une seconde il pensa que Severus pourrait exploser.
- Je veux parler avec vous.
- Je suis heureux que ce soit le cas. J'aime parler avec vous aussi mais vous devez quand même vous laver les cheveux.
- Ce n'est pas que je ne veux pas le faire, c'est que…
- Juste qu'il n'y a pas toujours du shampoing pour pouvoir le faire ? Harry savait exactement ce que c'était.
Il utilisait ce qu'il pouvait trouver dans la salle de bain parce que les Dursley ne lui achèteraient jamais quoi que soit. Quand il retournait chez les Dursley pour l'été, il en ramenait suffisamment avec lui pour pouvoir tenir un mois ou plus, il utilisait ce qu'il pouvait jusqu'à la dernière goutte.
- Quand nous n'en avons pas, ma mère me dit que je dois juste les rincer à l'eau. Le visage de Severus était rouge et sa voix n'était plus qu'un murmure.
- Je sais. Mais il y a suffisamment de shampoing et de savon à Poudlard, je pense que vous devriez les utiliser. Vraiment.
- Je sais que je devrais mais je déteste quand les gens me disent ce que je dois faire.
Harry se mordit les lèvres pour ne pas sourire, il pouvait clairement voir l'adulte dans cet enfant.
- Je vous le dis et il est dans votre intérêt de m'écouter. Je ne vous mentirai pas.
- Tous le monde ment. Severus était beaucoup trop jeune pour être sûr de ce fait.
- Vous avez raison, la plupart des gens mentent. Mais j'essaierai de ne pas vous mentir.
Mais il le ferait aussi longtemps qu'il se trouverait ici. Cela fit mal à la conscience d'Harry.
- Essaierai. Severus avait l'air sceptique. Ce n'est pas vraiment la même chose.
- Non c'est vrai, mais parfois c'est tout ce que vous pouvez avoir.
Severus sembla y penser pendant un moment.
- Je suppose que vous avez raison.
-ETP-
Harry ne savait pas à quoi s'attendre lorsqu'il sortit de la cheminée de la maison des Potter. Par rapport à ce qu'il savait et tous ce qu'il avait entendu à sa propre époque, les Potter s'en sortaient plutôt bien et un manoir n'aurait pas été bizarre. Même si la maison était grande et magnifiquement décorée, elle n'était pas à la même échelle que le Manoir Malfoy, il en fut reconnaissant.
- Viens, puis-je te servir un verre de lait de poule ou veux-tu quelque chose de plus fort ? lui proposa Rose en le conduisant dans le salon.
Grande et aérée, il y avait des étagères de livres le long d'un des murs de la pièce et une large cheminée sur un autre. Des portes fenêtres menaient à un patio et Harry pouvait voir un jardin de l'autre côté.
- Du lait de poule, lui répondit Harry en lui tendant les cadeaux qu'il avait apportés pour eux.
Acheter quelque chose pour James s'était révélé un peu compliqué puisqu'il était l'un de ses étudiant, il avait finalement choisi un livre sur le Quidditch qui venait juste de sortir.
- Suis-je en avance ?
- Pas du tout, lui dit Edward en entrant dans le salon et en lui tendant la main. Cela me fait plaisir de te voir à nouveau Harry.
- Pour moi aussi Monsieur, Harry se demandait s'il était impoli de demander si d'autres personnes allaient venir, il pensait que cela allait être une fête.
- La veille de Noël a toujours été une fête familiale. Malheureusement, il n'y a plus grand monde de des deux côtés de la famille, j'en ai peur. Edward baissa la tête et soupira, Mon frère Charlus s'est marié avec Dora Black et ils ont eu un fils, Devlin. Il est en Roumanie en train d'élever des Dragons.
Comme Charlie, Harry sourit à cette pensée. Oh attendez, Charlie n'était pas encore né.
- Il sera la demain mais il est compliqué pour lui de venir. C'est la saison des accouplements.
- Je pensais que c'était en automne. Pas que Harry s'y connaisse tant que ça en Dragons à part qu'il faille être très prudent autour d'eux.
- Apparemment, l'espèce de dragon avec laquelle il travaille doit être enfermée dans une grange pour faire éclore ses œufs et ils préfèrent le faire en hiver, Edward sourit, Devlin est un gentil garçon…
- Il est difficilement un garçon, dit Rose en souriant, il a quasiment quarante ans.
- Je suppose que tu as raison ma chère, répondit Edward, comme je le disais, à part lui, il n'y avait personne jusqu'à ce que James arrive. Et il était une véritable surprise.
Rose haussa les épaules.
- J'étais un peu trop vieille pour me retrouver enceinte. Mais j'étais très très heureuse.
- Evidemment que tu l'étais, dit James, tu m'as eu moi.
- C'est vrai.
James s'assit pendant un moment avant de sauter à nouveau sur ses pieds.
- Je dois aller voir si Sirius peut venir demain !
- N'est-il pas avec sa famille ? demanda Edward.
- Je ne pense pas qu'il aime beaucoup sa famille, ils croient à tous ces trucs de sang-pur. James ferma la porte derrière lui.
- Il est une vraie pile électrique n'est-ce pas ? Harry espérait avoir gardé un ton neutre.
James amenait sa patience à sa limite, après avoir appris à connaître l'enfant, il avait été étonnement facile de ne pas penser à lui comme à l'un de ses parents. Cela pourrait être plus compliqué lorsque James vieillirait mais pour l'instant, il était l'adulte et James était juste l'enfant.
- Des fois, nous n'arrivons pas à le suivre, Rose soupira, comme Edward était en train de le dire, toi et James êtes les seuls de la même génération.
- Vous ne considérez pas le reste des enfants de Ignatius comme faisant partie de cette génération mais c'est le cas pour moi ?
Edward secoua la tête.
- S'ils avaient pris le nom Potter, j'aurais pu les reconnaitre en tant que parents. Il leva une main. Mais je peux parfaitement comprendre pourquoi ils l'ont rejeté, ils ont été injustement traités. Je doute de vouloir le nom d'un homme qui m'aurait rejeté de cette façon non plus. Tu es la seule exception.
- Et bien, répondit Harry en baissant les yeux, il détestait devoir mentir. Il a payé mon éducation et ma mère voulait que j'aie son nom. Je pense que c'est parce que je lui ressemble tellement.
- Tous ses enfants lui ressemble mais il a refusé de reconnaitre ceux qui venaient du Monde Moldu comme de réelles personnes. Edward secoua la tête, semblant perplexe face à cette idée.
- Je ne comprends pas cette manière de penser, dit Harry, il y a bien trop de gens qui pensent comme cela même après Voldemort.
- Je ne comprends pas non plus, répondit Edward.
- Je pense que c'est une plus grande surprise.
Et l'une des plus plaisantes qu'Harry ait eut depuis qu'il été arrivé à cette époque.
- Pas vraiment, il y a beaucoup de sang-pur qui pensent que toutes les personnes sont égales. Dumbledore les attire.
- Je suis sûr qu'il est doué pour cela.
Dumbledore était incroyablement le même.
- En parlant de Dumbledore et de Poudlard, intervint Rose, comment se passe l'enseignement ?
Ce n'était pas vraiment subtil mais Harry la laissa faire, il ne voulait pas penser à ce que Voldemort était en train de faire ou il pourrait avoir envie d'y faire quelque chose. Et il voulait rentrer chez lui, dans son temps un jour.
- Je suis assez surpris d'à quel point cela me plait.
Les sourcils de Edward se haussèrent.
- Tu as accepté un travail en pensant qu'il n'allait pas te plaire ? Etais-tu désespéré ?
- Pas désespéré à ce point mais ce travail m'est un peu tombé dessus par hasard et j'aurais été fou de ne pas le prendre.
- Y a-t-il quelque chose que tu préfèrerais faire ? La question était posée de façon si décontractée mais il était clair que Edward voulait l'aider.
- En vérité, pas vraiment. J'aurais aimé être un Auror mais maintenant, je suis assez heureux d'enseigner. D'avoir un rôle actif dans l'épanouissement intellectuel des enfants.
Et il aimait vraiment les enfants, surtout les plus jeunes. Ils avaient l'attention d'un poisson rouge la plupart du temps mais ils avaient aussi soif d'apprendre surtout lorsqu'ils étaient dans sa classe.
-ETP-
Harry posa plusieurs livres sur la table à laquelle était assis Severus. Malgré l'heure tardive, la bibliothèque était bondée et il était sûr que cela ne dérangerait pas Severus de partager sa table.
Severus leva la tête, son œil entouré de noir.
- Commet avez-vous eu cet œil au beurre noir ?
Avec difficulté, Harry réussit à garder sa voix neutre. La provenance de cette blessure était plus qu'évidente.
- Quoi ? Pas de « Comment se sont passées vos vacances Mr. Snape » ? Juste une explication de comment… Il s'arrêta réalisant qu'il allait sûrement dépasser les bornes.
Quelque part, même avec cet air renfrogné, il ne semblait pas si en colère que cela.
- Vous avez raison, comment se sont passées vos vacances Mr. Snape ?
- Bien.
- Et comment avez-vous eu…
- C'est bon, d'accord ? Si je voulais vous en parler, je l'aurais déjà fait. Severus baissa les yeux sur son livre, ignorant Harry royalement.
- Mr. Snape, je pense que vous dépassez les bornes. Harry lui lança un regard dur jusqu'à ce que Severus se tasse encore plus. Maintenant, comment avez-vous eu cet œil au beurre noir ?
- Mon père m'a frappé, éructa Severus énervé, êtes-vous satisfait ?
Même si donner la fessée à un enfant indiscipliné pouvait aider parfois, Harry n'approuvait pas cette manière de faire. Frapper un enfant de douze ans sur le visage n'était acceptable dans aucune société civilisée peu importe la raison. Harry prit une inspiration et retint son besoin de jeter un sort à Tobias Snape.
- Non, je suis plutôt en colère, pourquoi votre mère ne vous a pas soigné ?
- Parce que si elle l'avait fait, mon père aurait juste recommencé à nouveau. Savez-vous à quel point je déteste les moldus ? Je les déteste…
- Ce ne sont pas tous les moldus qui vous ont fait cela, juste un seul d'entre eux. Harry pouvait voir qu'il n'allait pas le faire changer d'avis là-dessus. Pourquoi n'iriez-vous pas voir Madame Pomfresh ?
Severus haussa les épaules.
- Je devais y aller hier lorsque je suis revenu mais je n'en ai jamais eu l'occasion.
- Je pense qu'il est temps pour vous d'y aller, tout de suite. Harry en fit un ordre.
- Je suis occupé. Severus baissa les yeux vers son morceau de parchemin. Cela peut attendre.
- Maintenant Mr. Snape.
Severus se leva en se renfrognant.
- Voyez, c'est pour ça que je ne voulais pas vous en parler en premier lieu.
- C'est vrai, un professeur méchant et irresponsable aurait pu vous dire d'aller à l'infirmerie faire soigner votre blessure.
Cela ne fit même pas sourire Severus.
- Allez-y. Harry lui montra la porte.
-ETP-
Contrairement à lorsqu'il était étudiant, la fin de l'année arriva rapidement sans qu'il ne s'en rende compte. Il ne s'était jamais rendu compte de l'effort qu'il fallait pour enseigner et noter les élèves jusqu'à ce qu'il doive le faire. Et même si cela lui avait plu, la quantité de travail demandée était stupéfiante.
- Mr. Snape, n'avez-vous pas un train à prendre ? demanda Harry en levant les yeux des copies qu'il notait pour voir Severus debout devant l'entrée de son bureau.
- J'ai encore un peu de temps, je voulais juste… Severus prit une inspiration. Vous remerciez.
Un pur plaisir envahi Harry, il était extraordinaire de voir Severus commencer à développer une certaine sociabilité. Peut-être ne finirait-il pas en l'homme aigri et asociale qu'Harry avait connu.
- Tout le plaisir était pour moi, puisque vous avez eu les meilleures notes de toute votre année, je vous rencontrerai au Chemin de Traverse en août pour vous acheter vos robes et livres pour l'année prochaine.
Severus eut l'air surpris et devint suspicieux d'une façon qu'Harry n'avait pas vue depuis longtemps.
- Pourquoi feriez-vous cela ?
- N'ai-je pas dit que je paierais pour vos robes et vos livres si vous travailliez bien à l'école ?
Si tout se passait bien, alors il trouverait un moyen de rentrer chez lui cet été. Harry mettrait en place un arrangement avec Dumbledore pour être sûr que Severus ait ce dont il avait besoin pour ses années d'études à Poudlard. Il serait alors toujours sur un même pied d'égalité avec ses camardes. Ce qu'il déciderait de faire ensuite serait son choix.
- Mais vous ne vouliez pas vraiment dire cela. Pourquoi le feriez-vous ?
Il regarda Severus dans les yeux.
- Parce que je sais ce que cela fait de ne rien avoir, je sais ce que c'est de ne pas pouvoir être à la hauteur parce qu'on n'a pas ce que les autres personnes ont.
-Mais… Severus s'arrêta, qu'est-ce que vous y gagnez ?
- La satisfaction de savoir que j'ai pu aider quelqu'un d'autre. Beaucoup de gens m'ont aidé et je le leur rends en vous aidant à mon tour.
- Je ne comprends pas.
- Je sais, je pense que vous allez devoir l'accepter comme l'une de mes nombreuses bizarreries. Tant que vous travaillez bien, je ferai en sorte que vous ayez des nouvelles robes et de nouveaux livres au début de chaque année.
Severus ne bougea pas durant un moment, ses sourcils haussés.
- D'accord, dit-il finalement, merci.
