Chapitre 2

Voilà la suite ! Merci à Yuumi pour avoir relu mon texte.

Disclaimer : Pokémon ne m'appartient pas. Dommage.

Tout est dit, sauf "bonne lecture".


Arène de Rivamar, début d'après-midi

« Non ! Vortente! Je t'en prie, relève-toi ! On peut encore gagner ! »

Le jeune dresseur tentait d'exalter son Pokémon à continuer, mais le Pokémon plante, malgré tous ses efforts, n'en pouvait plus et ne parvenait pas à se relever.

Finalement, le robot qui servait d'arbitre coupa court à la tentative du jeune garçon :

- C'est terminé ! Vortente n'est plus en état de se battre. Le champion d'arène remporte donc le match !

Acceptant sa défaite, celui qui avait tenté sans succès d'obtenir le badge Phare ramena son Pokémon dans sa Pokéball. Dans les tribunes, le groupe d'amis qui l'accompagnait et qui avait eux aussi échoué poussaient des soupirs de déception. Ils prirent tous le chemin de la sortie, la tête basse et disparurent rapidement.

Une fois seul, Tanguy passa sa main dans la crinière sombre de son Luxray, qui poussa une sorte de ronronnement de satisfaction. Et voilà. Il avait encore battu son lot de dresseurs quotidien, cette fois-ci une bande de jeune amateurs qui s'était présentés dans la seule optique du « on ne sait jamais, avec un petit peu de chance, on l'aura, ce badge. » Les dresseurs de la veille s'étaient quand même bien mieux défendus. Sur-ce, il sortit de la cour de duel et rentra à l'intérieur de son arène, par la porte privée qui donnait dans ses appartements de fonction.

En regardant du coin de l'œil le calendrier, Tanguy compta rapidement les jours qui s'étaient écoulés depuis le départ d'Adrien. Ça ferait deux semaines dans trois jours. Apparemment, la situation s'était révélée plus complexe qu'elle ne le semblait déjà, et les deux régions n'arrivaient pas à trouver un terrain d'entente. Lucio, qui en avait fini avec la Bibliothèque, s'était lui aussi envolé pour Hoenn pour tempérer la situation qui se transformait en nid de crabes. Tanguy imagina Adrien en train de subir deux semaines de débats intensifs et de réunions interminables, lui qui n'était pas vraiment quelqu'un qu'on pourrait qualifier de patient, au milieu d'orateurs à la langue de bois, et avec pour seule connaissance le membre de la Ligue avec lequel il s'entendait sans doute le moins bien. Il sourit. Le pauvre. Il le plaindrait presque. On était plus tranquille en restant un humble champion d'arène quand même. Voilà ce qu'on gagnait à faire partie du Conseil 4.

Arène de Rivamar, dans la soirée

Tanguy regarda une énième fois son reflet dans la glace pour vérifier s'il était acceptable avant de revenir se rasseoir sur le canapé. Il se trouvait ridicule à se soucier à ce point de son apparence, lui qui d'ordinaire n'y attachait pas une grande importance, et il ne comprenait pas pourquoi il était aussi nerveux, même si la soirée allait être un peu plus spéciale que d'autres. Depuis quand n'était-il pas sorti avec une fille, fusse-t-elle une simple connaissance, jusqu'à aujourd'hui ? Il fallait qu'il remonte à trop loin dans les méandres de sa mémoire pour s'en rappeler, et il n'en avait pas envie. L'horloge digitale lui indiqua que celle qu'il attendait avait un quart d'heure de retard par rapport à l'heure prévue. Enfin, il entendit le bruit de la sonnette, et se leva pour aller ouvrir.

Héléna était adossée contre l'encadrement de la porte, jouant négligemment avec l'un des pans de son écharpe.

« - Tu es enfin là ? Tu es en retard. »

« On est tellement impatient de me voir qu'on compte les minutes ? » répliqua t-elle au tac au tac avec un gloussement.

Cette remarque arracha un sourire à Tanguy qui proposa du ton qu'il voulait le plus neutre possible :

« Alors ? qu'est ce qu'on fait ce soir ? »

- J'ai ma petite idée là-dessus. »

Alors qu'ils s'asseyait tous les deux autour d'une table sur la terrasse d'un restaurant chic de Rivamar dont la spécialité étaient les fruits de mer, Tanguy se remémora comment il en était arrivé là.

Lorsqu'ils étaient repartis chacun de leurs côtés le jour de leur première rencontre après avoir échangé quelques paroles en remontant la rue jusqu'au centre-ville, Tanguy avait pensé qu'ils allaient en rester là. Il n'avait réalisé l'intérêt que lui portait la jeune femme que lorsqu'il avait eu la surprise de la voir, le surlendemain, lui rendre visite dans son arène. Elle était revenue régulièrement le voir, pour des durées variables et Tanguy avait fait la découverte plutôt agréable qu'il appréciait sa compagnie, quoi que particulière. Elle restait très évasive sur elle-même, restait parfois longtemps sans rien dire, comme plongée dans ses pensées, ne retenait jamais sa langue pour une remarque acide et pouvait disparaître aussi rapidement qu'elle était apparue. Par certains côtés, il devait avouer qu'elle lui ressemblait.

De plus, il devait bien avouer qu'elle était une variante plutôt satisfaisante à la compagnie d'Adrien. Une variante moins … exubérante .

Lors de leur dîner en tête à tête, le vin jaune et le plateau de fruit de mer aidant, il arriva à la faire parler un peu d'elle. Elle était originaire de Jotho, plus précisément de la ville balnéaire d'Oliville, et elle avait déménagé à Rivamar suite à une envie de changement d'air. Actuellement, elle louait un appartement. Quand il l'interrogea au sujet de son travail, elle laissa juste entendre qu'elle travaillait pour une entreprise.

De son côté, elle le bombarda aussi de questions au sujet de son rôle en tant que Champion d'arène. Elle sembla particulièrement intéressée lorsqu'il embraya sur ses derniers exploits en mécanique et en électronique. Il était vraiment intarissable sur ce sujet-là, et il remarqua que les connaissances d'Héléna dans ce domaine étaient elles aussi étrangement pointues car elles suivaient sans peine les descriptions techniques les plus élaborées. Il ne lui partagea cependant pas son impression à voix haute, de peur qu'elle prenne mal le fait qu'il puisse mettre en doute ses connaissances ou quelque chose de ce genre. De plus, il était plutôt heureux de pouvoir discuter de la puce électronique de sa dernière machine avec quelqu'un qui le comprenait. Le hochement de la tête de Héléna pour lui signaler qu'elle suivait le changeait agréablement de l'air complètement paumé qu'arborait invariablement Adrien à chaque fois qu'il essayait de lui expliquer le fonctionnement d'une de ses inventions.

A la fin du repas, lorsqu'ils se levèrent pour partir, elles se positionna sans crier de gare à quelques centimètres devant lui, les mains sur les hanches, une étrange flamme dans le regard.

« Demain, tu me fera visiter ton arène. Je veux les voir par mes propres yeux. Tes inventions. La machinerie de l'arène. Cela promet d'être … très intéressant. »

Son ton n'admettait aucune réplique. Elle viendrait le lendemain après midi.

Elle repartit chez elle à pied, mais refusa que Tanguy la raccompagne. Resté seul, le jeune blond se sentait troublé sans trop savoir pourquoi.


C'est bon pour cette fois. Laissez donc un p'tit commentaire ! ^^