Bonjour à tous.
Après une rencontre assez tendue dans une taverne, notre bosmer se prépare à embrasser sa nouvelle vie auprès de sa famille.
Ce chapitre, tout comme le suivant, poseront les bases de ses relations dans la Confrérie Noire ainsi que les bases du personnage.
Je précise que j'ai employé un mod de retexture pour l'armure sibylline, d'où la description que j'en fais plus bas. (Dark Brotherhood new look – USMCguy - nexusmods)
Le voyage n'a pas été de tout repos. Entre les bandits de grand chemin, les meutes de loup et un nécromancien, j'ai été assez occupée.
Mais j'y suis enfin.
La porte noire du sanctuaire. Elle n'est pas exactement comme je l'imaginais mais une chose est sûre, elle ne pourrait pas être plus à sa place. La mare d'eau noire, les battements de cœur réguliers lorsque l'on s'en approche, l'air froid qui englobe la porte et la couvre de condensation. Une scène parfaite pour la Confrérie Noire... Parfaite pour moi. Je n'ai plus qu'à toquer et …
- "Quel est … le chant … de la vie ?"
Rester calme … Surtout, rester calme. Ce n'est qu'une porte … une porte qui parle … d'une voix d'outre-tombe.
- "Silence, mon frère.
- Bienvenue … chez vous."
Elle s'ouvre sans bruit. Je m'attendais à un grincement assourdissant venant d'une porte aussi massive. Derrière l'huis, un escalier humide creusé à même la pierre, éclairé par deux braseros. Les bannières sur les murs exhibent une empreinte de main noire annonçant l'identité des occupants aussi sûrement que les motifs de la porte.
Plus de doute possible, je suis sur le point d'intégrer l'une des organisations les plus meurtrières de tout Tamriel. Du moins l'a-t-elle été. La Confrérie tenait le monde dans la paume de sa main … puis tout s'était écroulé. Elle avait été pourchassée … persécutée … réduite à néant.
Mais il se murmure encore, dans les tréfonds des cercles les plus obscurs que j'ai été amenée à côtoyer, qu'elle existait toujours … tapie en Bordeciel. Beaucoup de mes anciens … confrères, auraient payé cher pour être à ma place. J'ai la preuve que la Confrérie existe toujours … et je vais en faire partie.
- "Vous avez trouvé facilement j'espère."
La femme de la taverne, appuyée contre un mur, arborant un sourire bien plus amical que celui de l'avant-veille.
- "Vous ne seriez pas en train de remettre en doute mes compétences ?
- Oh, mais aucunement ma sœur. J'espère juste que vous irez remercier Arundil.
- Le vieil altmer ?"
Elle m'avait suivi … probablement depuis Le Clos et sans même que je m'en rende compte. Mais je n'allais pas m'en formaliser, cela voulais juste dire que j'avais beaucoup à apprendre entre ces murs.
- "S'il ne vous avez pas mis en garde contre les sorties de route, vous seriez dans La Crevasse à présent.
- Il l'a fait exprès ?
- En regardant vos yeux, il a compris le but de votre visite."
Le vieil homme savait qui j'étais, ou plutôt ce que j'étais, ainsi que ce que j'allais devenir. Et le plus beau, c'est qu'il s'en moquait.
- "N'est-il pas mécontent que votre sanctuaire se trouve si près d'Épervine ?
- La mort est une chose familière pour les prêtres d'Arkay. Ils ont un certain … respect … pour le travail que nous faisons.
- Et le jarl ?
- Il reste loin de nos affaires, nous restons loin de ses magouilles."
Meurtre et politique. Un bon mariage.
- "Et maintenant ?
- Maintenant, vous êtes libre. Nous allons faire ce qu'il faut pour faire disparaître la prime sur votre tête. J'irais même m'occuper de certains de vos vieux employeurs, comme cadeau de bienvenue."
Je l'accepte avec plaisir. Le monde se portera mieux sans eux.
- "Et n'oublions pas … ceci.
- C'est …
- L'armure sibylline de la Confrérie Noire. Après notre première rencontre, j'avais d'abord pensé vous donner l'une de nos robes, mais j'ai pu constater que vous n'étiez pas vraiment … versée dans les arts mystiques."
Maintenant c'est sûr, elle m'a suivie. Elle vient de faire une discrète allusion à ma rencontre avec le nécromancien et à mon entêtement à m'occuper des squelettes au lieu du marionnettiste qui les manipulait. Quand je revois la scène, j'en ai honte.
- "Ma chambre est juste ici, si vous désirez vous changer. Quand vous serez prête à rencontrer vos frères et sœurs, prenez ces escaliers. Ils vous attendent."
Je ne suis pas fâchée de me débarrasser de ces loques. Je ne les ai pas quittées depuis mon arrivée en Bordeciel et le tissu commence à s'effilocher de façon dramatique. J'en aurais volontiers achetée d'autres, mais le passeur qui m'a fait franchir la frontière a pris jusqu'au dernier de mes septims. Des années de primes … évaporées en deux jours. Mais ça n'a plus d'intérêt. L'argent ne m'est plus nécessaire et cette armure qui m'est offerte possède tout ce que je recherche.
Le cuir fin qui compose le vêtement ne gène pas mes mouvements, tandis que les nombreux étuis et autres poches secrètes assurent une répartition optimale du matériel que j'utilise. Quand à la coule, elle est parfaite pour dissimuler mes traits et me permettre de me fondre dans la nuit. L'habit tout entier est conçu comme une arme et semble prêt à réclamer du sang.
Mais ce que j'aime le plus, c'est le message que l'armure transmet. Où que me mène ma route, j'arborerai avec fierté l'empreinte de main rouge qui orne ma poitrine ainsi que la traîne qui passe sur mon épaule droite avant de me tomber dans le dos. Je m'imagine déjà la terreur dans les yeux de mes cibles impuissantes lorsqu'elles contempleront ces marques, comprenant qu'elles méritent amplement ce qui vient les chercher … le néant.
Je suis fin prête, il est temps pour moi de rencontrer les autres occupants des lieux. Mais je ne peux m'empêcher de m'interroger sur ce demi-sourire que ma nouvelle sœur tente de masquer. Pourquoi me regarde-t-elle ainsi ?
- "Je vois qu'elle vous va parfaitement."
Pas de moquerie, pas de sarcasme. Juste une remarque … presque un compliment.
- "Merci.
- C'est tout naturel.
- J'insiste ma sœur.
- …
- Merci … pour tout.
- Vous n'avez pas à me remercier. Contentez-vous de servir le néant et de toujours faire honneur à votre famille.
- … Notre famille."
Un sourire en coin. Approbateur.
- "Notre famille."
Un sourire aussi chaleureux et affectueux, étonnant venant d'une nordique. On dit son peuple froid et brusque … mais elle n'est pas comme ça. Elle est forte, imposante et elle tient à sa … notre famille. Elle me plaît déjà.
- "Et … ma sœur ?
- Oui ?
- Vous saviez, n'est-ce pas ?
- Pardon ?
- Dans la taverne. Vous n'avez pas cillé quand j'ai mentionné la Confrérie Noire.
- ... Je savais.
- Comment ?
- Votre dague.
- ... La lame de souffrance.
- Perdue, reforgée par l'ancienne Oreille Noire et mainte fois utilisée lors de la guerre contre les Thalmors."
Encore un sourire. Beaucoup plus marqué cette fois.
- "Je vois que vous apprenez vos leçons.
- J'essaye ma sœur.
- Je vous en prie … appelez-moi Astrid."
Ce chapitre a un peu trainé, mais je tiens vraiment à développer les relations qu'entretiennent les personnages et le ressenti de la bosmer.
Le prochain sera pour elle l'occasion de rencontrer sa famille et marquera le véritable commencement de cette vie qu'elle veut reprendre en main.
Sachez que je partage mon temps libre entre Skyrim, cette histoire et mon roman "Hors-Temps". Mais je termine mes cours demain après-midi donc la suite arrivera normalement assez vite.
Quoi qu'il en soit, j'espère que vous apprécierez le voyage.
