Bonjour chers lecteurs.
Je me suis dit que je n'allais pas vous laisser avec seulement le premier chapitre...alors voici le second avec un peu d'avance.
J'espère qu'il vous plaira ainsi que l'histoire entière.
Encore une fois, n'oubliez pas la chanson "Vanilla Twilight" et de commentez pour que je m'améliore et vous faire passer un bon moment.
Chapitre 2 : Hiver dans deux mondes
Et si nous jetions un coup d'œil à ce qui se passe dans un autre pays, un pays où les enfants ne grandiraient jamais s'ils y restaient pour toujours. Oui, j'imagine que vous avez tous en tête une superbe image du Pays imaginaire avec un ciel azur, un océan clair, et des forêts et vallées à perte de vue où le soleil règne en maître.
Mais aujourd'hui, il n'en est rien. Le froid, la neige et la glace étaient les nouveaux dominants de ce pays qui n'est plus ce qu'il était autrefois. Une tension est sans arrêt ressentie. Mais me direz-vous, qu'est-il arrivé aux différents habitants ? Et bien ils continuent de vivre normalement, s'habituant au froid qui dure depuis presque cinq ans…depuis le départ des enfants Darling. Mais une seule personne n'avait pas repris une vie presque normale : Peter Pan.
En effet, Peter Pan avait bien changé, tant physiquement que mentalement. C'était lui la cause de cet hiver interminable à cause de ses émotions. Depuis le départ des Darling, il ne se sentait plus capable de jouer comme autrefois ; et pour une raison qu'il ignorait, il pensait sans arrêt à Wendy.
Oui… Peter est devenu l'ombre de lui-même, à fleur de peau, froid, distant avec les autres – si bien que le capitaine Crochet a décidé de ne plus le poursuivre tant qu'il serait dans cet état par peur de s'ennuyer et de ne pas le voir souffrir. Les garçons perdus n'arrivaient pas à lui redonner le sourire. Tous espèrent que ce mal-être passera…mais cinq ans ont passé et l'impensable s'était produit : Peter avait grandi. Maintenant, il paraissait avoir dix-huit ans, était bien plus grand que lorsque nous l'avions vu à bord du Jolly Roger, sa musculature s'était aussi développée. Mais ces traits de visage étaient les mêmes, comme ses cheveux roux qui paraissaient plus négligés qu'à l'accoutumer.
Il sentait que dans sa tête aussi, tout se bousculait. Il était sans arrêt dans ses pensées, soit au lagon des sirènes – même si elles essayaient de lui redonner le sourire – ou au bord de la mer, sur la plage. Il ne sait plus quoi penser de quoi. Une seule chose le hante : Wendy, et il aimerait savoir de tout son cœur pourquoi. Il ne pouvait se confier à personne excepter à Clochette. D'ailleurs depuis le début de cet hiver, les fées sont de plus en plus faibles, en particulier pour ce qui est de voler, elle se fatigue très rapidement et peuvent vite en tomber malade. Peter a lui aussi de plus en plus de mal à voler, les pensées heureuses se font de plus en plus rares avec le temps…
Tout semble perdu…jusqu'au jour où Clochette décide d'aller à Londres pour voir si Wendy est dans le même état.
Elle était arrivée à la fenêtre de Wendy la nuit de la veille de son rendez-vous avec Edward – mais ça Clochette l'ignorait. Même si elle était épuisée, elle devait le faire pour Peter. Depuis la fenêtre, Clochette voyait Wendy qui n'arrêtait pas de se retourner dans son lit, bougeant sans cesse. Et elle hurlait… si fort que Clochette put distinguer très clairement ce qu'elle n'arrêtait pas de crier : Peter.
Décidément, tout nous ramène à Peter.
Clochette dût partir parce que sinon, elle n'aurait pu rentrer au Pays car ça lui demandait un effort considérable. Quand elle vit l'île au petit matin, elle vola du plus vite qu'elle pouvait pour rentrer à l'arbre du pendu. Quand elle arriva dans la grande pièce principale, Peter venait justement de sortir de sa chambre et les garçons perdus dormaient toujours. Clochette alla se poser dans le trou d'un mur fait exprès pour elle. Peter avait remarqué qu'elle était plus fatiguée que d'habitude.
– Ça va Clochette ? {Et je mets directement la traduction de Clochette}
– Oui, tout va bien.
– Je sais que tu mens. Qu'est-ce que tu es allée faire si tôt dehors ?
– …
– Et bien répond !
– Tu ne me crieras pas dessus ?
– Pourquoi je ferais ça ?
– Parce que je suis allée à Londres.
Peter fut alors surpris. Il n'avait pas entendu le nom de cette ville depuis très longtemps, ce qui fit encore une fois divaguer ses pensées vers les enfants Darling, en particulier vers Wendy.
– Qu'est-ce qui t'as pris à la fin ?!
– J'en ai juste assez que tu ne sois plus toi-même ! Et comme tu m'as dit que tu ne pensais qu'à Wendy, je suis allée à Londres pour voir si elle était comme toi. Et devine quoi ? Elle est pire.
– Elle a déclenché un hiver interminable ?!
– Non chez eux c'est l'hiver chaque année et là il y ait. Mais je l'ai vu dormir et elle n'arrêtait pas crier ! Ton nom Peter ! Elle t'appelait dans son sommeil.
Encore une fois, Peter ne s'attendait pas à tout ce que venait de lui raconter Clochette. Non seulement c'étaient les premières nouvelles de Wendy qu'il avait depuis des années, mais en plus, elle est au plus mal…comme elle vient de le lui affirmer.
– D'accord ! Et qu'est-ce que tu veux que je fasse ?! Elle a décidé de grandir ! Qu'elle reste là-bas avec les grandes personnes !
– Tu peux parler ! Tu as aussi grandi !
– Sans le vouloir ! Je ne l'ai pas choisi ! Je l'ai subi !
– Si tu veux savoir, je pensais que tu te précipiterais à Londres pour la revoir !
Si seulement elle savait combien de fois il a voulu y retourner, ne serait-ce que pour apercevoir quelques millièmes de secondes la jeune fille de ses pensées. Mais à chaque fois, il se retenait car elle a voulu grandir.
– Je n'irais pas !
– Peter mais réfléchis à la fin ! Je viens de te dire que Wendy souffre plus que toi. Car à ce que je sache, je ne t'entends pas crier son nom la nuit. Mais tu penses à elle à longueur de temps !
– Oui et j'aimerais savoir pourquoi ! Mais personne ne peut m'aider ! Personne !
– Si, commença la fée d'une voix plus douce que lors du dernier échange. Elle…
– Tu rêves complètement Clochette !
– Cela ne coûte rien d'essayer…
Là, Peter avait soigneusement écouté chaque parole de sa meilleure amie. Mais leur « discussion » mouvementée avait réveillé les garçons perdus, interloqués lorsqu'ils sortirent chacun de leur lit derrière des rideaux.
Alors qu'ils allaient demander quelque chose, les yeux de Peter changèrent totalement.
– Il se passe quoi Peter ? demanda la Plume.
– … je ne serais pas là cette nuit.
– Pourquoi ? continua Bon Zigue.
– Je vais à Londres pour ramener Wendy ici.
Voilà ce que Peter avait retrouvé : la détermination, l'ambition, l'espoir. Il sortit de l'arbre du pendu et s'envola jusqu'à la plage où il s'assit sur le sable quasi-gelé. Il observait au loin le bateau du capitaine Crochet – qu'il n'avait pas croisé depuis un moment aussi – couvert de glace et de givres mais qui bougeait très légèrement à cause du mouvement des vagues.
Pour la première fois depuis longtemps, un petit rayon de soleil, très léger, éclaira l'île.
Wendy venait de finir de se préparer dans sa chambre pour son rendez-vous de ce soir avec Edward. Toute la journée, Gloria lui avait fait essayer des dizaines robes pour une simple soirée au restaurant. Le choix s'était donc porté sur une robe vieux rose à la limite du mauve, bustier avec deux bandes de tissu tombant au bas de ses épaules. En bas, il y avait quelques petits volants et la robe lui arrivait jusqu'aux chevilles. Wendy a décidé de rester coiffer de ses anglaises sauf qu'elle mettrait un ruban assorti.
Pour ne pas attraper froid avec la neige tombante dehors, elle a mis un chandail framboise, à peine plus foncé que sa tenue, et ses bottines à talons étaient parfaitement assorties au chandail.
Elle entendit sa mère d'en bas lui dire qu'Edward était là. Wendy se leva de sa coiffeuse et descendit à la porte d'entrée où Edward lui faisait face.
– Bonjour, commença-t-elle.
– Bonsoir plutôt.
– Tu n'as pas changé depuis la dernière fois.
– Difficile en un mois.
Wendy regarda ses parents qui n'avaient pas la même expression. Mary semblait heureuse que Wendy ait enfin un rendez-vous avec un garçon hors du cadre des présentations de prétendants. George, lui, avait un véritable regard de tueur face à Edward. S'il ose lui faire du mal, attention.
Et Edward l'avait bien remarqué ce regard. Il tendit sa main à Wendy.
– Prête ?
– Hum, dit-elle en prenant la main du jeune homme.
Edward la conduisit en dehors la maison. Wendy jeta un dernier coup d'œil vers le dernier étage, aux trois fenêtres, chacune une chambre elle au milieu et ses frères l'entourant. D'ailleurs elle vit Jean et Michel à la fenêtre de la chambre de ce dernier qui avaient de drôles de regard… dans le sens moqueur pour des garçons de quinze et dix ans. Cela fit rire Wendy quelques secondes, juste avant qu'Edward ne les conduisent dans une petite voiture {je rappelle qu'on est dans les années 20, oui il y avait déjà la voiture mais pas très développée} avec un chauffeur qui démarra dès que le jeune garçon le lui avait demandé.
Ils arrivèrent dans le restaurant le plus chic de Londres quelques minutes après leur départ. Jusqu'à leur arrivée à table, Edward avait été extrêmement galant avec Wendy…et cette dernière se demanda si Peter aurait agi de la même manière : probablement pas pour elle.
Edward passa commande pour eux deux mais en ayant assez de ce silence pesant, il parla le premier.
– Bon, alors tu n'as rien dit depuis qu'on est parti. Qu'est-ce qui se passe, Wendy ?
– Pourquoi tout le monde me pose cette question ?
– Parce qu'on tient à toi.
– Edward, on ne s'est vu qu'une seule fois, alors je ne vois pas comment tu aurais pu t'attacher si vite à moi.
Sans le faire exprès, Wendy venait de toucher un point sensible chez Edward. Certes, ils ne s'étaient vus qu'une seule fois, mais Edward avait tout de suite été charmé par la beauté et le mystère qui planait autour de cette fille qui parait si pure et innocente.
– On va devoir passer la soirée ensemble. Il vaudrait mieux qu'on s'intéresse un peu l'un à l'autre si on ne veut pas mourir d'ennui.
– Entièrement d'accord sur ce point.
– Alors qu'est-ce qui ne va pas ?
– Si je réponds, tu me laisseras tranquille ?
– Pour quelques instants.
– Ce sera au moins ça.
Mais que pouvait-elle dire à cet inconnu ? Qu'elle hurlait toutes les nuits en criant le nom d'un garçon qu'elle n'a pas revu depuis cinq ans ? Qu'elle ignore pourquoi elle pense à lui sans arrêt ? Et que sa mère pense qu'elle en est amoureuse ?! Elle allait devoir trouver une parade pour éviter d'en parler…
– Pour être honnête…c'est la première fois que je suis invitée par un garçon. C'était très vrai, mais au moins, elle avait réussi à ne pas parler de Peter.
– Voilà le fond du problème.
– Depuis quand il y a un problème ?
– Depuis qu'il existe des réceptions où des filles doivent choisir leur futur mari en quelques minutes parmi pleins de gars diaboliquement beaux.
Un rire s'échappa de la bouche de Wendy. Un vrai rire. Elle en avait même oublié la sensation.
– Je suis entièrement d'accord. Pourquoi ça existe d'ailleurs ?
– C'est pour que les gens riches s'affichent l'air de dire : « Regardez ma fille ou mon fils, comme il est beau et que nous sommes riches. Nous pouvons racheter votre maison à la place d'un mariage arrangé si vous le souhaitez. »
Et pendant pratiquement toute la soirée, Wendy avait redécouvert son rire, grâce à l'humour d'Edward.
La nuit était tombée sur Londres. Il n'était pas loin de 23h15. Pourtant dans le ciel, Peter était en train de survoler la capitale anglaise, en direction de la maison des Darling. Il avait décidé de venir seul, sans Clochette puisqu'elle était encore épuisée et avait besoin de repos. Pendant tout son trajet, Peter s'était posé mille et une questions sur les potentielles réactions de Wendy. Il imaginait les pires comme les meilleures.
Il vit finalement la maison, toujours à la même place que la dernière fois qu'il est venu. Le quartier n'avait pas tellement changé, si ce n'est l'apparition massive de neige, comme au Pays imaginaire. Aucune lumière n'était allumée dans la maison. Peter se posa sans bruit sur le toit, devant la fenêtre du milieu celle de la nurserie. Mais quand il regarda dedans, tout avait changé. Plus aucun jouet, ni même la niche du chien. Et il n'y avait plus trois petits lits mais un seul, très grand.
C'était une chambre maintenant. Mais où sont passés les enfants ? se demanda Peter.
Il alla regarder à la fenêtre de gauche et vit une autre chambre, mais il remarqua qu'un garçon assez jeune dormait dans le lit. Il alla regarder à la fenêtre la plus à droite et vit la même chose, mais avec un garçon plus âgé. Est-ce qu'il s'agissait de Michel et Jean ? Probablement… ce qui voulait dire que l'ancienne nurserie était devenue la chambre de Wendy.
Mais elle n'était pas là.
La joie et l'enthousiasme qui pouvaient se lire sur le visage de Peter venaient de disparaître pour laisser place à de la déception. Alors ce n'est pas cette nuit qu'il reverrait sa Wendy. Demain, il sent bien qu'il ne pourrait pas revenir. Alors il s'envola pour repartir vers la deuxième étoile à droite, mais alors qu'il passait près de Big Ben et du London Bridge, il crut voir quelqu'un en bas, au bord de la Tamise. Il se cacha derrière le toit d'une maison pour regarder deux personnes, une jeune fille et un jeune garçon d'à peu près le même âge. Ils avaient l'air de rigoler. Quand la jeune fille se tourna, Peter put voir son visage : Wendy.
Comment se fait-il que Wendy soit avec un autre garçon que lui en pleine nuit ? Elle a l'air de l'apprécier, et cette pensée ne fit qu'accroitre un sentiment qui tordait le cœur de Peter. Il ne pouvait voir le visage de l'homme qui était de dos, mais il n'avait aucun mal à regarder Wendy. Elle avait grandi et changé physiquement. Mais son visage et ses yeux étaient les mêmes, comme ses cheveux aussi. Elle n'en était que plus belle.
Mais pendant que Peter admirait Wendy, il a été brutalement sorti de ses pensées quand il vit Wendy et l'inconnu s'embrasser.
Tout venait de s'effondrer dans le cœur de Peter. Alors Wendy avait un autre garçon dans son cœur… Alors qu'elle reste avec lui ! Des larmes arrivèrent aux yeux de Peter. Jamais avant, il n'avait pleuré : c'était la première fois.
Alors pour fuir, il s'envola à nouveau. Il avait du mal à voler, il était épuisé, fatigué, anéanti, si bien qu'il avait du mal à se concentrer pour voler correctement. Il était près de la deuxième étoile mais un cri strident le fit s'arrêter.
Il se retourna et le cri se fit de nouveau entendre. Reconnaissant la voix même en criant, il fit demi-tour aussi vite que possible.
