Je ne peux pas vous dire à quel point je suis désolée du temps que j'ai mis...Ce n'était pas du tout prévu, mais entre un projet à moi (forum rp hobbit/sda, criez si vous voulez l'adresse) qui m'a pris du temps et surtout un immense blocage-page blanche vis à vis de ce chapitre ( dont je ne me suis pas entièrement satisfaite, mais ça ne voulait pas s'améliorer )...J'ai la loose, désolée. Le point positif, c'est que le blocage concernait surtout ce chapitre : les prochains sont déjà esquissés/débutés donc le rythme un chapitre/semaine devrait être tenu ! * danse de la joie*

( J'espère qu'il y aura moins de fautes, j'ai relu...un volontaire pour beta ? )

Nana : Hihih j'espère qu'elle va être riche en émotions tiens *rire sadique* Thorin dépressif est

après il n'est pas « dépressif » comme une loque, mais... Il a de quoi en même temps, et les raisons vont s'allonger au fur et à mesure qu'il se décidera à s'ouvrir un peu pour expliquer tout ça ^^ Merci pour ta review

LouOak : Merci énormément pour ta review qui me rassure Et désolée pour le retard !

Green Eyes : Merci beaucoup pour ta review o/ Ah oui j'ai prévenu, ça va prendre du temps ils vont avoir pas mal de difficultés à surmonter xD Ils ne sont pas au point de départ mais au point – 56 là xD Normalement, j'udpate une fois par semaine ( soit le mercredi, soit le week end )

L : Merci pour ta review Je suis également normalement une puriste de l'orthographe, mais là j'ai gaffé et en me relisant ensuite j'ai cru que j'allais me tirer une balle, toutes mes excuses ! ( J'espère avoir moins gaffé sur ce chapitre . )

Bilbo ouvrit les yeux et, encore ensommeillé, resta un instant immobile, allongé sur le côté et les bras croisés sur son torse.

A travers le vitrail de sa fenêtre ronde, perçait un fin rai de soleil qui jouait sur son bureau et sur les feuilles qu'il y avait éparpillées. Vivre dans des trous creusés dans le sol avait le remarquable avantage que vous aviez assez de lumière du jour pour vous en réjouir - contrairement aux sombres cités naines - mais que les dits rayons n'étaient jamais assez téméraires pour se glisser jusqu'à votre lit et vous réveiller à des heures indécentes.

Bilbo fronça les sourcils tout en fixant le rayon. La timidité du rayon prouvait qu'il était bien trop tôt pour qu'il soit déjà réveillé.

Qu'est-ce qui l'avait réveillé ?

Sur son coude, Bilbo se rendit compte qu'il guettait machinalement les bruits de la forêt, le grognement des wargs et les branchages qu'on écrase. Ce n'était pas la première fois que les habitudes prises sur la route le rattrapaient...la première fois, son jardinier s'était évanoui de le voir surgir, dépenaillé et Sting à la main, car il avait confondu le son du raclement de sa bêche avec une arme qu'on dégaine.

Les oiseaux piaillaient, un hobbit chantait de l'autre côté de la colline, rien qui sortait de l'ordinaire ou capable de tirer un hobbit d'une sieste méritée. Par contre les rires et le fracas des assiettes et des couverts...

Des nains.

Groggy de sommeil, il s'achemina pieds nus jusqu'à la cuisine d'où provenait le joyeux tintamarre.

Le petit hobbit s'appuya contre le pilier de bois qui formait l'arche pour ne pas s'effondrer et observa la joyeuse assemblée de nains ils devaient être au complet ou presque, et étaient rassemblés devant un déjeuner copieux. Comme d'habitude ils montraient leur extraordinaire capacité à parler et à rire tout en mangeant, le tout avec un énergie qui fatiguait d'avance le hobbit.

A sa grande honte, il avait perdu l'habitude de se coucher tard et de se lever tôt et en payait le prix ce matin. Ses nains allaient se moquer de ses cheveux ébourriffés, ses yeux mi-clos et ses gestes maladroits. Ils l'avaient forcé à se contenter de trois repas et de cinq heures de sommeil durant des mois, mais depuis son retour en Comté, Bilbo tenait de rattraper son manque de sommeil, ne s'éveillant jamais avant midi et se couchant avec les poules du père Gamegie.

Entre ça et la vie sédentaire dans son fauteuil... Il avait vite repris ses joues de hobbit joufflu.

« - Bilbo ! »

Kili lui fit un grand sourire, malgré sa bouche pleine. Bofur leva sa pipe dans sa direction.

« -Enfin, sourit benoîtement Balin, en le saluant d'un signe de tête.

-Il n'est pas si tard, si ? »

S'inquiéta Bilbo en venant s'attabler entre Ori et Dori, dans le seul espace vide assez grand pour accueillir un petit hobbit.

Avec autorité, Bombur déposa devant le maître des lieux une assiette fort honorable pour un premier petit déjeuner; oeuf, saucisses, confiture et pain grillé, et bien sûr une tasse de thé. Avec le bonus qu'il avait été cuisiné par Bombur qui avait le pouvoir de transformer n'importe quoi en festin.

Bilbo eut une pensée fugitive pour son garde-manger qui avait encore une fois subis les assauts d'une bande de nains affamés. Mais si la première fois qu'il avait contemplé ses réserves vidées jusqu'à la dernière miette de fromage, il était amer et aussi agacé qu'un hobbit bien élevé pouvait l'être dans un tel cas, ce n'était plus le cas.

Il avait vu à quel point 1) les nains aimaient manger 2) mangeaient peu durant leur exil. Trois repas étaient déjà un blasphème aux yeux du hobbit, mais les portions du camp étaient minuscules par rapport à ce que la compagnie pouvait ingérer lorsqu'on leur donnait à manger à volonté.

En face de lui, Fili agita la tête, secouant les tresses de sa moustaches avec un sourire.

« - On attendait notre hobbit avec impatience, c'est tout.

- J'avais bien dit qu'il n'était pas nécessaire de se lever aux aurores, qu'il allait dormir jusqu'à midi, ce que nous aurions du tous faire. »

Kili s'étira avec exagération, envoyant son coude dans le visage de son frère - mais rapatriant son bras gauche avant qu'il ne heurte Dwalin et son regard noir. Il sourit à Bilbo d'un air si content de lui que le hobbit ne put que lui répondre de même, malgré le manque d'éclat présent dans les yeux du jeune nain.

« -C'est délicieux, Bombur, complimenta Bilbo en avalant une bouchée avec gourmandise faisant se rengorger le nain. Il faudra aller faire les courses, par contre; cela ira plus vite si vous m'accompagnez, d'accord ? »

Il agita sa fourchette dans la direction des nains réunis autour de lui, sans en visant aucun en particulier. Son garde-manger était assez résistant pour faire face à une meute de nains lors d'un repas ou deux, mais pourvoir à six repas par jour pour 14...

Le visage d'Ori s'éclaira, lui rappelant à quel point le nain était jeune.

« -Je viendrais avec toi. »

Il se pencha vers lui, les yeux brillants et les joues rouges. Lui, il avait quelque chose à lui demander :

« -Est-ce que tu pourrais me faire visiter la Comté ? Nous n'avons aucun livre sur la Comté dans nos bibliothèques, et j'aimerais beaucoup... »

Le petit hobbit acquiesca une ou deux fois, avant de laisser le nain déblatérer sur ses travaux actuels et sur son intérêt pour la Comté.

Visiter la Comté avec Ori serait une expérience qu'il attendait déjà avec impatience... Il pourrait lui montrer les plantes que cultivaient les hobbits, les quelques livres qu'ils avaient écrits et l'histoire de la Comté...il y aurait bientôt une fête ou une autre et l'idée même d'apprendre à ses nains comment danser les danses hobbites lui donnait envie de sauter dans toutes les sens.

Entre deux bouchées, Bilbo se prit à rêvasser à une vie où les nains restaient auprès de lui, en Comté.

Il avait une liste longue comme le bras de petits hobbits qui seraient ravis de faire les quatre cents coups avec Fili et Kili et de leur montrer toutes les bêtises à faire entre les collines, et les jouets fabriquaiés par Bifur et Bofur réjouiraient petits et grands... Quant à Bombur, il ne serait pas de trop lorsqu'il s'agirait de préparer des banquets pour tout le village !

Un léger sourire éclaira Bilbo, alors qu'il se resservait et hochait la tête pour lui-même. Oui, cela pourrait être bien. Les nains et les hobbits étaient très différents, il l'avait bien senti lors de son intégration ( difficile, c'est le cas de le dire ) dans la Compagnie, mais ils pouvaient...eh bien, être différents avec lui.

Les frontières se faisaient plus agitées depuis quelques temps, et Dwalin pourrait prêter main forte aux policiers de la Comté...ils pourraient faire leur trou, en quelque sorte. Bilbo posait son regard sur chacun des nains qui l'entourait, et lui cherchait une place dans la Comté.

Il se sentirait moins seul. Plus à sa place à partir du moment où il était entouré de ses amis, si bizarres et peu fréquentables soient-ils, qu'au milieu de ses parents généalogiques.

La Comté serait bouleversée par leur présence, mais la vie quotidienne deviendrait forcément plus excitante ! L'aventure en rentrant à temps pour dire, en quelque sorte.

« - Les poneys sont prêts ! »

Les rêves de bonheur pastoral de Bilbo volèrent en éclat lorsque Gloïn fit irruption dans la salle à manger. Habillé et armé de pieds en cape, le vigoureux nain roux croisa les bras sur la poitrine, et bomba le torse. Dans son dos, Bilbo aperçut Oin qui venait à sa suite.

Le hobbit baissa lentement la tartine qu'il s'apprêtait à enfourner .

« -Les...p-poneys ?

- Bien sûr, maître hobbit, nous n'allons tout de même pas voyager à pieds ! »

Ils auraient pu au moins lui laisser finir le petit déjeuner, songea sévèrement Bilbo. Tout cela n'était pas très convenable.

Pour autant, il repoussait déjà son assiette et essuyait précipitamment ses doigts sur la serviette posée en travers de ses genoux. Son coeur battait à tout rompre, et il se sentait aussi léger que s'il avait été amoureux. Amoureux de l'aventure. Pourquoi ne lui en avaient-ils pas parlé hier soir ? Il tendit son menton de hobbit, les yeux soudain pétillants :

« - Où... où allons-nous ?

- Dans les Montagnes Bleues, où veux-tu que nous allions ? Mon petit Gimli m'attends, je lui ai promis d'être de retour pour lui faire moi-même sa première tresse de guerrier ! »

On pouvait presque le voir hausser les épaules sous sa barbe.

« - Ma tarte n'a pas fini de cuire, protesta Bombur, la tête hors de la cuisine. Je voulais la laisser pour le goûter de Bilbo et de Thorin avant que nous ne partions. »

La connexion neuronale se fit enfin dans l'esprit de Bilbo, son coeur retomba lourdement au creux de son estomac et la serviette lui échappa des mains.

Ils partaient, il restait.

Encore.

Bag-End allait redevenir aussi silencieux qu'une tombe, plongé dans l'obscurité et le petit confort sédentaire. En à peine une soirée, les nains avaient dévastés la demeure où traînaient à présent en désordre armes, reliefs de repas, couvertures et manteaux de fourrure. Les nains feraient leur paquetage et plus rien ne resterait de leur passage.

« -Vous...vous p-partez ? Déjà ? Tous ? Aujourd'hui, je veux dire..Vous pouvez rester quelques jours, vous ne me dérangez pas, vous...je n'ai pas grand chose à faire ici. »

Il sourit aimablement, la gorge aussi nouée que lorsqu'il avait essayé de les mettre dehors la première fois.

Gloïn haussa les épaules et passa ses pouces dans sa ceinture.

« -Hmf. La Comté n'est pas un lieu pour les nains, maître hobbit. »

Bilbo sentit la main de Dori se poser sur son poignet avec une douce sollicitude, mais il l'ignora.

« - Vous venez à peine d'arriver, une nuit de sommeil ne suffit pas pour vous retaper de votre voyage ! Je vous en prie, restez quelques jours...Vous êtes sur les routes depuis des mois, Erebor est loin et...

-Les Montagnes Bleues ne sont qu'à quelques semaines de route, Bilbo, » rappela Bofur, même si son sourire s'était éteint devant la gaffe du hobbit.

Félicitations, Bilbo Baggins pour mettre les pieds dans le plat et appuyer là où ça fait mal, comme toujours se morigéna mentalement celui-ci. Et il était censé changer les idées à Thorin ? On était mal.

En effet, il avait assez étudié les cartes de la Terre du Milieu pour voir que les Montagnes Bleues étaient bien plus proches - et surtout il n'y avait pas les Monts Brumeux à franchir.

Peut-être pourrait-il leur rendre visite, de temps à autre ?

« - Vous partez, tous ? »

Bilbo avait le souffle coupé et la gorge nouée.

Il ne comprenait pas pourquoi il réagissait comme un hobbit d'à peine trente printemps particulièrement émotif. Cela n'avait rien à voir avec leur précédente séparation; accompagné de Gandalf et de Beorn, il était reparti sans avoir la possibilité de dire au revoir à ses amis, fâché avec Thorin, banni de la Montagne Solitaire et certain de ne jamais les revoir.

Il ne voulait pas rester seul avec Thorin, réalisa soudainement Bilbo. Cela tombait mal puisque les nains avaient apporté leur roi dans sa demeure dans cet objectif précis.

Si, depuis des mois, il se répétait sans cesse qu'il n'était pas en tord, qu'il n'avait rien à se reprocher, qu'il n'est pas le coupable dans l'histoire, et que le roi devrait s'agenouiller devant lui pour lui présenter ses excuses et le supplier de lui accorder un pardon qu'il ne mérite pas... en réalité Bilbo avait l'estomac noué à l'idée de se retrouver seul à seul avec Thorin.

Se retrouver seul à seul avec le nain équivaudrait à une discution qu'il n'était pas sûr de vouloir avoir. Il y avait trop de chances pour qu'elle se transforma en dispute, ou pire qu'elle n'aille pas dans la direction supposée.

Bilbo était innocent et il a vait fait ce qu'il fallait faire, mais il savait que Thorin lui en voulait. Le fait que le roi savait que le hobbit avait pris la seule décision qui pouvait tous les sauver ne changeait pas ce fait – la mauvaise foi de Thorin Oakenshield était légendaire.

Il avait longtemps eu peur du leader de la Compagnie car il l'impressionnait et qu'il ne se sentait pas à sa place parmi les robustes nains. Cela lui a pris du temps pour se tenir face à lui la tête haute, pour prouver sa valeur et acquérir son respect, mais Bilbo avait peur que tout cela ait été balayé par sa « trahison. »

Lorsqu'il repensait à Thorin, c'était toujours leur dernier face à face qui revenait le hanter. Les pupilles sombres dilatées, qui obscurissaient les habituelles prunelles bleutés, le visage déformé par la haine et la cupidité, les mains pressées sur sa gorge...

Il avait peur de Thorin. Peur de sa colère, peur qu'il lui en veuille. Peur qu'il le pardonna et lui demanda pardon, aussi. C'était irrationnel, mais il n'étaitt pas sûr de contrôler ses réactions face au roi sous la Montagne.

« -Gloïn doit rentrer auprès de sa famille, et Oïn est demandé à la Montagne pour ses talents de guérisseurs et si Bombur reste trop longtemps éloigné des cuisines royales, je connais une naine qui sera ravie de lui voler sa place. » Balin s'interrompit un instant pour lancer un regard amusé au cuisinier. « Quant à moi, mes fonctions de conseiller m'appellent.

-J'ai quelques affaires à mener dans les environs, je reviendrais peut-être passer une nuit ou deux ici, si cela convient à notre maître cambrioleur ? »

Le regard pétillant de Nori s'arrêta sur Bilbo qui hocha la tête, machinalement. Kili se cala confortablement sur sa chaise, jonglant avec une pomme qu'il passait d'une main à l'autre Bilbo envisageait de la lui ôter de force avant quelqu'un se la prenne en plein visage quand le jeune nain vint ôter le poids de sa poitrine :

« -Nous resterons quelques jours, n'est-ce pas ? . »

Nous incluant évidemment Fili, et sans doute Ori, qui acquiesçait en rythme à côté.

« - Je reste aussi.

- Non Dwalin, » refusa doucement le frère de celui-ci.

Le grand guerrier se leva d'un bond et son poing vient heurter la table avec violence. La confection hobbite trembla et une marque s'imprima dans le bois taillé par les ancêtres de Bilbo, à leur arrivée à Bag End.

Mais Bilbo était occupé à se faire tout petit sur son siège.

Dwalin était l'un des nains les plus loyaux et courageux qu'il ait jamais connu, et la moyenne de loyauté et de bravoure était déjà élevée dans les rangs de la Compagnie. Il lui faisait confiance, malgré son caractère d'ours qui n'avait pour égal que celui de Thorin. Mais dès qu'il fermait les poings et grognait de manière agressive, Bilbo redevenait le petit hobbit qui avait laissé le nain prendre ses cookies sans réagir. Et dévorer son garde-manger.

Dwalin l'impressionnait toujours autant et Bilbo s'efforçait de se rassurer en disant que c'était une bonne nouvelle : il n'avait perdu le sens des réalités et n'était pas devenu totalement inconscient, malgré l'avis de ses voisins.

« -Il est hors de question que je laisse mon roi seul et sans protection dans une contrée étrangère ! J'ai juré de mourir pour mon roi, et je ne l'abandonnerai pas, » tonna Dwalin d'une voix qui n'appelait aucune contestation.

Bilbo avala sa salive dans le silence de mort qui était retombé autour d'eux. Le regard du guerrier indiquait qu'il passerait par la hache quiconque contesterait son rôle auprès de Thorin, mais le hobbit savait que c'était à lui de rappeler que le plus grand danger que Thorin pourrait rencontrer en Comté était de s'ébouillanter avec son thé ou d'être renversé par une brouette.

« -Je ne suis pas ton roi, » corrigea une voix profonde.

Le dos de Bilbo se tendit brusquement. Il n'y avait nulle tristesse dans cette voix, nulle rancoeur. Elle était d'un calme absolu et établissait un constat sans la moindre émotion.

Bilbo se pencha en avant pour jeter un coup d'oeil en direction de la voix. Thorin était là, était là depuis le début, réalisa-t-il avec un malaise. Le leader de la Compagnie était adossé à un mur, les bras croisés et les fixait sans la moindre émotion apparente.

Cette fois ce fut en direction de Thorin Oakenshield lui-même que Dwalin leva le poing.

« -Tu es le roi du peuple de Durin, Thorin, ne dis pas le contraire. Nous avons toujours combattu ensemble, et ce n'est pas... »

Le feu se ralluma brusquement dans les prunelles bleues, durant une seconde à peine, aussi rapide qu'un éclair tombant dans la nuit. Bilbo aurait pensé avoir rêvé si la voix du nain ne tremblait pas de force lorsqu'il reprit :

« -Je ne suis rien. Le peuple des Montagnes Bleues mérite ta protection bien plus que moi. Si tu veux mourir pour quelqu'un, rentre les protéger, mais ne te soucie pas de ma personne.

Bilbo avait l'impression que Smaug venait de lui marcher dessus et qu'il était actuellement en train de machouiller son cœur devant l'air farouche qu'adoptait Thorin.

Il en fallait beaucoup pour réduire une meute de nains au silence même face à Smaug pour ne pouvait pas dire qu'ils s'étaient montrer discrets et calmes.

C'était dire que l'heure était grave quand un silence de plomb tomba dans le trou du hobbit qui se demandait pourquoi on lui infligeait ça.

Dori lui envoya un coup de coude discret, et Bilbo ouvrit machinalement la bouche, le cœur battant. Pour dire quoi ? Dwalin jurait de protéger Thorin, mais vu l'expression de son visage il envisageait actuellement de le tuer lui-même. La Compagnie toute entière était plongée dans un silence totale et regardait ses pieds.

Pourquoi ne pouvait-il pas disparaître sous terre, se faire encore plus petit qu'il ne l'était déjà et éviter... Bilbo Baggins, hobbit simplet, tu as un anneau qui rend invisible !

Au moment même où Bilbo Baggins, porteur de l'anneau unique, effleurait la poche de sa chemise pour se saisit de l'anneau, il revit la chemise qu'il avait porté la veille et ôté pour passer celle qui lui servait de pyjama. Extatique et épuisé après la soirée passée avec la Compagnie, il n'avait pas pensé à l'anneau une seule seconde. La chemise était sur une chaise à côté du lit, avec l'anneau.

Soudain électrisé, Bilbo bondit sur ses pieds, aussi tendu qu'un ressort. L'anneau. Le cœur battant à tout rompre dans sa poitrine, il ne se rendit pas compte ni de sa chaise tombée au sol, ni des regards ahuris posés sur lui.

« - Maître Baggins ?

-Je...je reviens, j'ai oublié ...quelque chose. »

Sans un mot de plus, le hobbit quitta la pièce d'un pas précpité. Il s'efforçait de ne pas courir alors que ses jambes étaient tremblantes et que ses pensées tournoyaient autour d'un unique objet.

Lorsque ses doigts se refermèrent sur l'anneau d'or, Bilbo ne retint pas un soupir de soulagement. Il est là, toujours là, aucun nain ne le lui a volé durant la nuit ou quand il avait le dos tourné. Son précieux anneau. Bilbo se perdit un instant dans la contemplation fascinée de l'anneau qu'il faisait tourner entre ses doigts. Il semblait énorme par rapports aux petites mains du hobbit, mais il savait que s'il le passait à son doigt, juste s'il...

Bilbo s'immobilisa, le souffle soudain coupé.

Le sixième sens du paranoïaque ou bien l'alarme de l'anneau ?

Il n'était plus seul, il referma brutalement son poing sur le bijou et se retourna.

Thorin.

Le roi... l'ancien roi se tenait sur le seuil de la chambre du hobbit. Il n'était pas adossé au chambranle, les bras croisés sur sa poitrine et le jugement présent dans le regard. Il ne fixait pas le hobbit d'un air inquisiteur, il ne lui demandait pas ce qu'il faisait là, il ne lui disait pas de revenir avec les autres et ne critiquait même pas la décoration chaleureuse et douce de la chambre.

Il se tenait droit, les bras le long du corps.

Son regard était vide.

« - Hm, je ... »

Bilbo fit un pas de côté, puis un autre, marchant en crabe le long du lit, sans lâcher Thorin du regard. Dans son poing, l'anneau pulsait gentiment, se rappelant à son souvenir. Ses genoux heurtèrent le matelas et il s'assit lentement sur son lit.

Thorin n'avait pas bougé d'un pouce, il ne semblait même pas respirer. Ni être vivant. Bilbo se sentait soudain à la place du feu qu'on fixe, plongé dans ses pensées, ou du meuble sur lequel le regard se pose sans qu'on le réalise.

Bilbo s'aperçut qu'il tapotait nerveusement le drap à côté de lui et cessa immédiatement ce mouvement sa main glissa le long des draps, les lissant dans une faible tentative pour retrouver une contenance. De détourner l'attention de son autre poing, fermé sur sa cuisse.

Il n'avait pas peur que Thorin prenne cela pour une invitation et s'assoie à côté de lui. Thorin assis, souriant à côté de lui sur son lit, prêt à l'écouter était une hypothèse plus étrange qu'un dragon ravageant la maisonnée.

Il avait plutôt peur de son regard méprisant pour ses habitudes bourgeoises et confortables, qu'il se moque de lui et de ses petites habitudes. Encore

Pire, qu'il demande ce qu'il tenait en main.

Pourtant, le ciel ne lui tombait pas sur la tête, et le silence se prolongeait, inconfortable. Thorin avait toujours eu le don de mettre son interlocuteur mal à l'aise sans

Bilbo inspira profondément, gonflant sa poitrine d'air et de courage pour prendre la parole, mais l'herbe lui fut coupée sur le pied lorsque quelqu'un sonna à la porte. Le hobbit sursauta violemment, mais le regard bleu ne dévia pas d'un pouce.

« -Hem, je-je vais, répondre. »

Il ne valait mieux pas qu'un membre de la Compagnie ouvre à un hobbit innocent, ou bien toute la Comté allait lui en rabattre les oreilles jusqu'à son cent-dixième anniversaire.

Et les coupables ne subiraient pas cette pénitence avec lui.

Raide comme un piquet, et sers enjambées trop grandes pour être naturelles, Bilbo passa devant Thorin sans lui accorder un regard.