Résumé du chapitre précédent: Alors que je devais passer une journée mémorable, j'apprends à la dernière minute que mes amies m'ont planté... Malgré tout je refuse de me laisser abattre et pars tout de même à Berlin. Dans le train, je fais la connaissance d'une femme qui s'avère être véritablement adorable...

Narration: normal: paroles; gras: narration; italique: pensées


Après plusieurs heures passées en compagnie de Catherine, la voix de l'hôtesse annonce l'arrivée imminente du train à la gare de Berlin. Je sens le stress remonter en flèche en moi, mais Catherine me lance un sourire rassurant et je me calme un peu. J'attrape mon sac et descend en courant sur le quai. Les panneaux publicitaires sont tous affichés en Allemand, ainsi que les pancartes et les menus des restaurants du quai. Je souris. Certes je ne comprends rien, certes je suis courbaturée et fatiguée, mais j'ai réussi, je suis à Berlin. Je me retourne vers Catherine en souriant. Ensuite elle me guide et je la suis. J'évite de m'attarder, elle a dit venir ici pour son travail alors je veux pas la mettre en retard. Déjà qu'on vient de passer la matinée dans ce train...

-Tiens voilà, à vue d'oeil ça doit être ici nan ? me dit-elle.

-Ouais, je crois bien... réponds-je, découragée.

Une queue immense s'étend devant mes yeux. Des filles. Une horde de filles. Qui hurlent, chantent, se bousculent et se piétinent allègrement.

-Je vais pas survivre, continue-je sur le même ton.

-C'est la première fois que tu vas les voir ? me demande Catherine.

-Oui. Je savais que c'était comme ça, j'avais déjà vu à la télé. Mais je m'étais dis que ça irait, vu que j'étais censée être avec mes amies...

-Oublie tout ça, tout va bien se passer ! Après tout tu es à Berlin nan ? Et tu vas voir l'un de tes groupes préférés. Alors arme toi de courage, oublie tes soucis, et jette toi courageusement dans cette fosse de...euh...

-D'hystériques ? propose-je.

-Bon courage Vanessa ! me dit-elle en me tapotant l'épaule.

-Merci, je vais en avoir besoin... Bon courage à vous aussi pour votre travail et... merci de m'avoir consacré du temps et permis d'arriver jusqu'ici. Je me serais probablement jetée sous le train quand il serait arrivé en gare si vous n'aviez pas été là.

-Oh mais non voyons c'est normal ! Allez je dois filer, les Allemands sont très gentils mais n'apprécient pas trop les retards ! Au revoir Vanessa !

-Au revoir ! Et encore merci !

Je la vois s'éloigner puis disparaître au coin d'une rue. C'est bon, cette fois je suis seule. Je me retourne vers la file d'attente, je vais devoir être patiente, très patiente... Et courageuse aussi. Je me dirige vers les autres, serrant de toutes mes forces la barrière pour éviter de tomber, tant ces filles sont capables de remuer. En plus y en a pas une qui parle français.

Ça aurait été trop beau...

-Hey t'as vu ta meuf la bas avec son décolleté de dingue ?

Euh... Elle parle français ou je comprends subitement l'allemand ?

-Ouais enfin si tu regardes bien elles sont toutes habillées comme ça. C'est pour draguer Bill !

-Biiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiill !

Je relève la tête tellement brusquement que c'est un miracle si je me suis pas rompue le cou. Ce cri je le reconnais. C'est le notre. Quand on s'amusait à imiter les filles en chaleur hurlant le prénom du célèbre chanteur. Alors elles sont là. Toutes les quatre, Ju, Tif, Gaby et Flo. Il manque que moi. Je les aperçois, à seulement quelques mètres de moi. J'ai une subite envie de les rejoindre mais ma fierté m'en empêche. Pas après ce qu'elles m'ont fait ce matin...

Plusieurs heures après, alors que je n'ai fait qu'une dizaine de mètres et que j'ai l'horrible sensation d'être compressée de toutes parts, j'entends mon portable vibrer dans ma poche. Je décroche rapidement sans regarder le nom de l'interlocuteur. J'aurais du.

-Allo ?

-Allo Vaness' ? C'est Ju ça va ?

-Tiens Julia ! Ça va à merveille et toi ? réponds-je d'une voix ironique.

-Laisse tomber c'est la misère ici, les Allemandes sont dingues. Je me suis fait embrouillée par une gosse de 11 ans !

-Ma pauvre je suis désolée pour toi, soupire-je, pas désolée du tout. Moi ça va, elles n'ont pas l'air de me porter dans leurs cœurs mais pour tout te dire je crois que je leur fais de la peine alors elles ont pitié de moi.

-Ah parce que... t'es dans la file d'attente là ? T'es où ? Tu nous vois ?

-Nan je vous vois pas, ment-je. Vous devez avoir beaucoup trop d'avance par rapport à moi vu que vous êtes partis avant !

-Oh Vaness' je suis vraiment désolée, on a déconné mais c'était pas contre toi !

-M'en fous de toute façon. Dis à la môme qui t'as embrouillé que je suis fière de ce qu'elle t'a fait. Au revoir.

Je raccroche sans lui laisser le temps de répondre et range à nouveau mon portable dans ma poche.

Je t'en foutrais moi des excuses !

Quelques heures après, je les vois quitter la file l'air énervé. Elles parlent fort et semblent se disputer. Peut-être à cause de moi. Je sens mon coeur se réchauffer, malgré moi.

Ce n'est que pure justice nan ?

Malheureusement pour moi, ma joie est de courte durée. A seulement quelques mètres, un colosse tente de se frayer un chemin dans la file et fait barrage de son corps. Il hurle en allemand des choses que je ne comprends évidemment pas, mais la réaction des filles devant moi m'aide à comprendre.

Il a arrêté la foule juste devant moi parce qu'on aura pas le temps de les voir !

Je fulmine intérieurement, tandis que les autres se lamentent ou pleurent. Pour le coup je les comprends, on était seulement à quelques mètres ! Guidée par une force inconnue, j'avance vers le garde du corps et commence à m'expliquer avec lui, non pas dans sa langue maternelle, ni dans la mienne d'ailleurs, mais dans celle de la communication : l'anglais.

-Excusez moi monsieur, mais je suis venue de France pour les voir ! S'il vous plait il nous restait que quelques mètres, laissez nous passer !

-Désolé, mais les règles sont les règles. Ce sont des humains, pas des machines à autographes ! Ils font ça depuis plusieurs heures !

-Et nous on attend de les voir depuis plusieurs heures ! réponds-je excédée.

Une grande fille commence alors à lui parler en allemand, et je suppose qu'elle me soutient. Très vite les autres nous rejoignent et s'expliquent avec le garde du corps. Mais celui-ci reste inflexible et croise les bras en hochant négativement la tête. Mon regard croise alors celui de la grande Allemande et je lis en elle ma propre déception. Pas besoin de parler la même langue pour se comprendre dans ces cas là...


Quand je disais que les galères s'enchainaient...

Voilà la suite, j'espère qu'elle vous a plu, lachez vos reviews please j'en ai pas :(

B'sous à tous !

VTK