Hey !
Donc voici le deuxième chapitre, sachez que je n'ai même pas commencé à écrire le trois, donc je n'ai absolument aucune idée de quand il sortira ! Bien... Maintenant que j'ai fais fuir tout le monde, bonne lecture ! Bye~
Réponse aux reviews :
Guest : Merci !
Tooran : Merci bien, j'espère que la suite te plaira !
Enhilaa : Eh bien, j'espère que la suite te satisfera !
Chapitre 2
Arthur sentit presque son estomac remonter dans sa gorge, alors que le clan Asiatique faisait son entrée. Peut-être était-ce à cause de Seamus et Allistor qui n'avaient jamais semblé aussi menaçants. Même Dylan, qui pourtant était un Beta, dégageait une aura assez effrayante. Sans compter sa mère. Jamais il n'avait vu sa génitrice dans un tel état, à mi-chemin entre méfiance et fureur. Il se ratatina sur lui-même, et du coin de l'œil, constata que même Aisling s'était légèrement rapprochée de Seamus.
-Vous avez commencé ? reprit la voix doucereuse
-Nous allions le faire.
Roma souriait toujours, mais ses yeux continuaient de briller, rouge sang. Arthur déglutit lourdement, et se força à regarder les nouveaux arrivant. Ils étaient assez peu nombreux. Leur chef n'était pas très grand, voire même sensiblement plus petit qu'Arthur. Ses cheveux bruns étaient assez longs, noués en une queue de cheval, et ses yeux dorés brillaient d'un éclat malsain. Il portait un long manteau noir et un foulard or, ses bottes claquaient à chaque pas sur le carrelage alors qu'il se dirigeait vers sa place. Si l'Anglais y avait prêté attention, il aurait remarqué que même le reste du clan Méditerranéen avait cessé de plaisanter et de sourire. Derrière le chef du clan qu'Arthur devina composé de démons, quatre jeunes adultes observaient la salle, ainsi que les autres personnes attablées. Cependant, ça ne semblait pas être leur première réunion. Le blond repéra immédiatement un garçon brun, qui arborait un large sourire espiègle. Ses yeux tirant légèrement sur le doré, mais majoritairement marrons, s'attardèrent sur le jeune futur chef du clan Germanique, qui resta impassible. Une jeune femme aux longs cheveux bruns le poussa soudain pour le faire avancer, ses mains dissimulées par les amples manches de sa robe rose pâle. Elle semblait assez mal à l'aise, et lançait des regards terrifiés autour d'elle, comme si elle s'attendait à ce que quelqu'un lui saute dessus et lui tranche la gorge. Les deux derniers étaient de jeunes hommes, l'un encore plus petit que le chef de clan et aux cheveux d'un noir d'encre, et l'autre aussi grand qu'Arthur, avec des cheveux bruns foncés. Les deux semblaient terriblement désintéressés, et suivaient simplement le mouvement en silence.
-Bien. Puisque nous sommes tous là, nous allons pouvoir commencer ! clama finalement Roma, qui semblait être le seul vraiment ravi d'être ici.
A côté du démon Asiatique s'assit le jeune homme aux cheveux d'ébène. Arthur les dévisagea quelques secondes, avant que le regard du chef de clan ne se pose sur lui. Son souffle se bloqua immédiatement dans sa gorge, et il se tassa contre Dylan. Un léger sourire étira les lèvres du démon, et ses yeux semblaient briller.
-Yao, gronda sourdement le Gallois. Il est chef du clan Asiatique depuis qu'il a dix-huit ans.
Arthur décida qu'il le détestait. Il n'aimait rien chez lui, encore moins la réaction qu'avaient eu les autres à son arrivée. Roma se racla la gorge et sortit un stylo de sa poche. Le blond n'avait même pas remarqué qu'il avait une liasse de feuille devant lui.
-Bien. Pour commencer…
-J'aimerais savoir une chose, l'interrompit Folker.
Plusieurs regards convergèrent vers lui, et le chef vampire plissa les yeux, n'appréciant visiblement pas d'avoir été coupé dans sa phrase.
-De quel droit les démons se sont-ils nourris d'énergie vitale humaine, et ce contre toutes les lois que nous avons mis en vigueur ?
Arthur resta blottit contre Dylan alors qu'un silence pesant s'installait. Tous les regards se dirigèrent vers Yao et le chef Soviétique.
-Je ne vois pas de quoi vous parlez, répondit calmement le démon Asiatique.
-Je n'ai eu aucune information à ce sujet, compléta le vieux Russe.
-Vraiment ? intervint Alicia. Pourtant il me semble bien que ce sont des humains de votre territoire, Winter, qui ont été tué.
Le chef Soviétique fusilla la mère Kirkland du regard, avant de se redresser sur sa chaise.
-Je répète que je ne sais rien de cette affaire. Si effectivement de tels actes ont été commis sur mon sol, ça ne venait pas de mon clan.
-C'est clair que les démons, on en trouve à tous les coins de rue… ricana Matthias en levant les yeux au ciel.
-Quoi qu'il en soit, Winter, merci de te renseigner, et de faire en sorte que ça ne se reproduise pas. Si les humains se rendent compte de notre existence et qu'ils décident de se lancer dans une chasse au monstre, je ne suis pas sûr que nous pourrions faire grand-chose d'autres que de les éradiquer, ce qui est loin d'être une perspective réjouissante, énonça calmement Roma.
Après un très léger silence, les discussions reprirent, sur des sujets tellement variés qu'Arthur perdit rapidement le fil. En fait, c'était même plutôt ennuyeux. Seamus s'était finalement calmé à côté de lui, mais conservait ses attributs animaux, au contraire du blond qui avait réussi à les faire disparaitre. Allistor ne prit presque pas la parole, à l'instar des autres futurs chefs de clan.
-Bien… Je pense que ce sera tout pour cette fois, s'exclama soudain Roma, en s'étirant.
La nuit était tombée depuis longtemps, et la pièce n'était plus éclairé que par le grand lustre qui pendait au-dessus de la table. A travers la longue baie vitré, Arthur pouvait apercevoir quelques étoiles, et la lune qui en était à son premier quartier. L'inquiétude commençait doucement à le gagner. Sa mère avait accepté de passer la nuit dans ce manoir, entouré au moins de vampires, et le jeune Anglais était loin d'être prêt pour ça.
Roma Vargas se leva de sa chaise, imité par les autres chefs et leurs successeurs. Arthur sembla hésiter quelques secondes, avant de jeter un coup d'œil interrogateur à Dylan. Devait-il lui aussi se lever ?
-Attend un peu, des fois ils discutent, et ça peut être long.
Allistor s'approcha d'eux, et regarda simultanément Seamus et Arthur, avant de soupirer. Il semblait épuisé.
-Francis va nous montrer nos chambres. On repart demain, un peu avant midi.
Dylan acquiesça et se leva, imité par le reste de la fratrie.
-Il y en a d'autres qui restent… ? demanda sourdement Seamus, ses oreilles bien droites sur sa tête.
-Les Germaniques, je crois. Il me semble que les Nordiques mangent ici ce soir, mais les démons rentrent directement.
-Pas plus mal… marmonna l'Irlandais.
Allistor hocha la tête et regarda par-dessus son épaule. Arthur se sentait mal. Pourtant, tout son stress s'était évaporé pendant la réunion, il ne s'était pas sentit menacé ni rien, pas vraiment à sa place non plus, bien sûr… Mais maintenant, il avait l'impression que la pièce se refermait sur lui, l'aspirait tout entier, et les conversations animés autour de lui n'aidaient pas. Une douloureuse sensation de vide s'installa dans son ventre, et sa tête se mit à le lancer violemment. Il allait vomir…
-Arty ?
La voix était lointaine, tellement lointaine… Il ne la connaissait même pas, après réflexion… De toute façon ça n'avait aucune importance… Et ce gouffre dans son ventre… Il fallait qu'il fasse quelque chose, que la douleur cesse… Juste… Il devait… Un brusque gout métallique envahit sa bouche, et ses yeux s'écarquillèrent. Sans même se rendre compte de ce qu'il faisait, il se redressa brusquement et attrapa la première chose qui lui tomba sous la main, enfonçant plus profondément encore ses crocs dans la chaire. Peu importe qui, peu importe quoi, il avait besoin de sang, il avait besoin de…
-Si tu pouvais juste éviter de pomper tout mon awesome sang, ça m'arrangerait… Je sais qu'il est super bon, mais j'en ai un peu besoin.
Une douce chaleur se répondit dans tout le corps d'Arthur, le ramenant doucement à la raison. La douleur avait disparu. Un profond sentiment de satisfaction l'avait remplacé.
-Arthur, lâche-le, marmonna une voix à son oreille.
Un vague grognement lui échappa. Il n'avait pas à obéir. Il faisait ce qu'il voulait. Il enfonça donc plus profondément encore ses crocs dans ce qui semblait être un bras, et y planta également ses ongles. Avant de croiser un regard rouge sang, qui le ramena à la réalité encore plus brusquement que tout ce que Arthur n'avait jamais connu. C'était presque comme un électrochoc. Il retira immédiatement ses dents et ses griffes de la chaire, et put à peine reculer avant de buter contre quelqu'un. Il avait encore le goût si plaisant du sang en bouche. Il pouvait presque encore sentir le liquide glisser dans sa gorge avec une facilité déconcertante. Un bras passa autour de sa taille, et il se retrouva debout. Le monde se mit brusquement à tourner, et il crut qu'il allait vomir tout ce qu'il venait d'avaler.
-On va l'amener dans une chambre.
-Il lui faut quelque chose à manger.
-Matthias, n'essaye même pas de t'approcher de lui !
Il ne reconnaissait plus aucune voix. Il se laissa trainer hors de la salle, et la fraicheur du couloir lui fit le plus grand bien. Il sentait sa queue cogner contre ses jambes à chaque pas, sans avoir aucune idée du moment où il avait effectué une semi-transformation.
-Putain, t'aurais pu prévenir que t'avais la dalle.
Ca c'était Allistor…
-Pas rendu compte… Je…
L'Ecossais claqua sèchement sa langue contre son palet et ajusta sa prise sur sa taille. Arthur était vidé. Et la douleur dans son ventre revenait doucement.
-De la viande cru, ça fera l'affaire ?
-Ce sera très bien, assura Allistor.
Cette vois aussi, Arthur la connaissait… Il ne l'avait pas beaucoup entendu, mais…
-Désolé pour tout ça… grommela le rouquin. Il est super stressé depuis ce matin.
-C'est inévitable, je suppose. Et ce n'est pas à moi qu'il faut dire pardon. C'est Gilbert qui a donné son sang.
-Cet idiot…
Arthur réussit à relever la tête, et à connecter suffisamment de neurones pour identifier Francis. Le grand blond marchait à peine un mètre devant eux, et jeta un regard en coin au blond. Arthur pu enfin voir la couleur de ses yeux : de grandes iris bleues, plus foncées que celles de Ludwig ou Matthias.
-Tu te sens mieux ? demanda-t-il avec un léger sourire.
Un pitoyable gémissement échappa à Arthur. Son ventre lui faisait toujours un mal de chien. Il avait faim. Pendant un bref instant, il se demanda s'il aurait le temps d'échapper à la poigne d'Allistor pour se jeter sur Francis et planter ses dents dans sa chaire. Il avait tellement faim. Mais l'instant d'après, un brusque sentiment de terreur s'empara de lui. Tellement qu'il cessa d'avancer, et se terra contre Allistor avec un gargouillis d'effroi.
-Tu fous quoi… grommela le rouquin en regardant son jeune frère se terrer sous son bras, refreinant au possible ses instincts protecteurs.
Arthur ne répondit pas, et jeta un coup d'œil terrorisé au vampire, qui le fixait désormais avec curiosité. Puis, sa mine surprise se transforma en un sourire rassurant.
-Ca doit être ma présence qui le dérange.
Allistor passa de Francis à Arthur, avant de soupirer.
-Arthur, tu as été dans une salle remplis de démons, de loups et de vampires, ne me dis pas que ce n'est que maintenant que tu réagis…
Francis continua de sourire à Arthur, et fit les trois pas qui les séparaient. Un grognement naquit dans la gorge de l'Anglais, qui serrait plus fort la veste de son aîné, attendant qu'il réagisse, qu'il le protège.
-Je ne vais pas te mordre. Je ne bois que du sang d'animaux, tu sais.
-Evidemment… Que je le sais…
Seigneur, il n'avait jamais eu la gorge aussi sèche. A nouveau, il se sentit affaibli comme rarement il l'avait été. La douleur dans son ventre supplanta sa peur, et ses jambes cédèrent sous son poids.
-La chambre n'est plus très loin.
Il se sentit soulevé du sol, et ne résista pas. Il avait faim… Tellement qu'il aurait pu se mordre lui-même… Tient, ce n'était pas une mauvaise idée… Il leva le bras, épuisant le peu de force qui lui restait, et y planta ses crocs. La douleur qu'il ressentit n'était rien comparé à la faim qui ne semblait que croitre. Il voulait arracher le morceau de chaire, il ne pouvait pas se contenter de sang, il avait besoin de viande, mais soudain, il fut allongé sur un lit, et un juron lui parvint.
-T'es beaucoup trop con !
Une main ferme saisit son avant-bras, l'autre sa mâchoire, et il n'eut d'autre choix que de lâcher prise.
-Je vais chercher de la viande !
Arthur n'était plus conscient de rien, si ce n'était du vide immense dans son corps et de la douleur fulgurante qui semblait frapper partout à la fois. Il haletait désespérément, couinait, suppliait, à moitié tourné sur le flanc pour ne pas en plus se faire mal en écrasant sa queue. Une main passa dans ses cheveux, et bien que le contact aurait dû l'apaiser, il était à un stade où ce n'était même plus suffisant.
-Tu as beaucoup mangé, ce matin ? demanda Allistor en caressant paresseusement les oreilles dorées de son frère.
-Comme… Comme d'habitude…
C'était si difficile de parler… Il sentit le rouquin prendre précautionneusement son avant-bras pour examiner la plaie sanguinolente qu'il s'était lui-même infligé, et il ne fit rien pour l'arrêter. Sa tête tournait trop. Il avait tellement chaud… Mais bientôt, son échine se glaça alors que des sueurs froides coulaient dans son dos.
On le redressa alors, et il n'eut pas la force de couiner. Il se laissa manipuler, sans protester, à peine conscient. L'odeur du sang frappa soudain ses narines, et ses yeux s'écarquillèrent. On lui tendit un bout de viande, et à peine fut-il à sa portée qu'il s'en emparait avec violence, sans se soucier d'avoir griffé ou non la main qui l'avait nourri. Il ne prit pas le temps de mâcher, dévorant littéralement les pièces de viande crue ruisselante de sang. Alors que la faim commençait à s'estomper, il devint un peu plus lucide. Juste assez pour pouvoir piocher lui-même dans l'assiette, et reconnaitre Allistor, assit à côté de lui sur le lit, et Francis, debout juste à côté. Il ne leur prêta cependant aucune attention.
La porte de la chambre s'ouvrit à la volée, et Arthur sursauta violemment. Le morceau de viande qu'il venait d'avaler se coinça dans sa gorge, et il toussa jusqu'à en avoir les larmes aux yeux.
-Comment il va ?! Mon Dieu, son bras est…
Aisling… ? Ou sa mère ? Non, sa mère n'était jamais aussi catastrophée…
-Il s'est mordu, grommela Allistor. Laisse pas Seamus rentrer, il va tailler Francis en pièce.
La vue obstruée par les larmes, Arthur ne fit que deviner la silhouette de Dylan qui s'asseyait à côté d'Allistor, et celle d'Aisling qui s'arrêtait à côté de Francis.
-Comment va Gilbert ? demanda ce dernier.
-Arthur l'a bien mordu, mais il va guérir vite. Il avait l'air plutôt en forme quand on est parti.
-En même temps c'est Gilbert… marmonna l'Ecossais. Même après s'être fait arracher un bras il aurait l'air en pleine forme.
Francis rit légèrement, et malgré son état de conscience assez précaire, Arthur décida que c'était un joli son. Il fixa l'assiette presque vide posée sur ses genoux, mais n'y toucha plus. Il n'avait plus vraiment faim. Il se sentait juste épuisé, désormais. Tellement épuisé qu'il aurait pu s'endormir ici et maintenant…
-Je suis désolé… murmura-t-il, incapable de parler plus fort.
La main douce de Dylan se posa sur sa tête et lui ébouriffa les cheveux, butant dans ses oreilles au passage.
-C'est rien. Seamus a gerbé, lors de sa première réunion, si ça peut te rassurer.
Ca ne le rassurait absolument pas. Vomir, ce n'était pas pareil que mordre un autre loup, que se mordre soi-même (son bras lui faisait terriblement mal, d'ailleurs). Il venait de se ridiculiser devant tout le monde, et il avait horreur de ça.
-Donne ton bras, que j'y jette un œil, soupira Aisling. Est-ce que je pourrais avoir des compresses et du désinfectant ? Une aiguille et du fil, aussi. Ca à l'air assez profond.
-Pas de soucis, je vais chercher tout ça.
-Je viens avec toi.
Allistor se leva, et Arthur ressentit comme un soupçon de panique. Mais la main de Dylan toujours occupée à jouer avec ses cheveux le calma assez pour qu'il ne produise pas de bruits gênants.
-Si Seamus te croise seul dans les couloirs, ça va être un carnage… L'odeur du sang d'Arthur est accrochée à toi, maintenant.
Francis ne protesta pas, et quitta la chambre en compagnie du rouquin. Arthur poussa un profond soupire. Il avait honte. Seigneur, il n'avait jamais eu aussi honte de toute sa vie. Qu'est-ce qu'il ferait si le chef du clan Germanique prenait ça comme un affront, ou une déclaration de guerre ? L'Anglais savait que des conflits étaient déjà nés pour moins que ça…
-Gilbert s'est porté volontaire pour te calmer.
Arthur releva les yeux vers Dylan, qui lui souriait doucement, comme s'il savait à quoi il pensait.
-La plupart des Alphas ont un peu pété les plombs quand tu t'es transformé, et comme Gilbert est un Beta… Je t'aurais bien donné mon sang, mais ça aurait beaucoup moins bien marché.
Effectivement, il était inutile de mordre un membre de sa famille pour se rassasier. Le sang avait un goût différent, plus fade, et ne nourrissait presque pas. De la même façon, son propre sang ou sa propre chaire ne le nourrissait pas du tout.
-Maman va…
-Elle n'a rien dit, le coupa Aisling, agenouillée près du lit. Elle sait que c'est très stressant pour toi. Elle ne va pas t'engueuler parce que tu avais faim. Même Seamus commençait à avoir la dalle.
-Tu devrais enlever tes fringues, tu es couvert de sang. De toute façon, tu vas rester te reposer ici.
Arthur passa de sa sœur à Dylan, sans trop comprendre comment ils pouvaient rester aussi calme. Il venait de mordre un loup d'un autre clan. Le fils du chef dudit clan, qui plus est. Comment pouvaient-ils agir comme si ce n'était rien ?
-Allez, dépêche. Ce sera plus simple pour faire les points de suture, de toute façon, soupira Aisling en commençant déjà à déboutonner sa chemise, à l'origine blanche.
De larges traces de sang couvraient désormais le tissu, et le liquide pourpre avait également coulé sur les draps. Il décida de ne pas y prêter attention, et alors que Dylan retirait l'assiette de ses genoux, il fit un effort pour aider sa sœur à lui retirer son haut et son pantalon. Son bras le lançait terriblement, et plus le temps passait, plus la douleur semblait s'accroitre. Il était en train de se mettre sous les draps quand la porte se rouvrit sur Francis et son frère aîné. Le vampire tenait une boîte en fer dans une main, et il la tendit à Aisling. Ce n'est qu'à ce moment qu'Arthur remarqua à quel point ses yeux oscillaient désormais entre le bleu et le rouge.
-Désolé, c'est l'odeur du sang, expliqua-t-il avec un sourire penaud. Je ne vais pas te sauter dessus, ne t'inquiète pas, mais ça titille quand même mon instinct.
Loin d'être rassuré, le petit blond jeta un regard effrayé à Allistor, qui leva simplement les yeux au ciel. Il détestait quand il avait ce genre de réaction… C'était parfaitement normal de craindre qu'un putain de vampire ne plante ses crocs dans son cou, non ?! Surtout vu la plaie béante qu'il avait au bras !
-Serre les dents, lui ordonna sa sœur.
Il n'eut pas le temps de tourner la tête vers elle pour voir ce qu'elle fabriquait qu'elle avait déjà appliqué une compresse imbibée d'alcool sur la plaie à vif. Impossible de réprimer le cri de douleur, plus proche d'un glapissement d'ailleurs, qui naquit dans sa gorge. Son corps entier se tendit, et il se serait débattu si Dylan n'avait pas fait en sorte de l'immobiliser au maximum, presque à quatre pattes sur lui.
-Ca va faire mal, Arty… Mais ce sera bientôt finit, je te le promets.
Francis quitta la pièce, Mais Arthur s'en foutait. Tout ce qui comptait, c'était la douleur intense qui rongeait son avant-bras, et qui lui faisait regretter de ne pas avoir laissé la plaie saigner.
-Allistor, tu devrais sortir, toi aussi, lança Dylan par-dessus son épaule.
C'est à peu près à ce moment-là qu'Arthur perdit complètement le fil, rongé par la douleur, les larmes dévalant ses joues, au bord de l'évanouissement.
-J'ai juste à faire quelques points… Juste ça… marmonna Aisling.
Le blond ayant une peur panique des aiguilles, il jeta un regard suppliant à sa sœur, qui s'appliqua à l'ignorer pour ne pas céder.
-Hey, Arty… Regarde ailleurs… lui souffla Dylan.
Même si le Gallois disait ça, il ne pouvait tout simplement pas quitter la fine aiguille d'argent des yeux. Elle allait bientôt se planter dans sa peau, lui faire horriblement mal, et il ne voulait certainement pas que ça arrive. Il recommença à se débattre sans vraiment s'en rendre compte.
-Arthur, si tu bouges ce sera pire, et tu vas aggraver ta blessure ! siffla Aisling.
Mais rien à faire, le blond ne se calmait pas, loin de là. Il sanglotait comme un fou, s'agitant pour échapper à l'emprise de Dylan, qui pesait pourtant de tout son poids sur lui.
-Je vais chercher quelqu'un, on s'en sortira jamais à deux… grommela la rousse, visiblement furieuse.
Elle reposa l'aiguille dans la boîte et se leva d'un bond, ses chaussures claquant sèchement alors qu'elle quittait la pièce. Même s'il se sentait coupable, Arthur n'arrivait juste pas à se calmer et à se laisser faire. Dylan resta silencieux, jetant de nombreux coups d'œil à la porte, comme s'il craignait que quelqu'un n'entre. Quelqu'un qui n'aurait visiblement rien à foutre ici. Arthur n'était pas assez lucide pour paniquer. Sa tête s'était mise à tourner, et il se sentait à nouveau vidé de ses forces. Pas à cause de la faim, cette fois. La seule chose qui le maintenait conscient était la brûlure ignoble qui enserrait son bras.
La porte se rouvrit au bout de ce qui semblait être une éternité, et Arthur ne put que couiner de protestation. Dylan le lâcha doucement, et alors que le blond allait se rouler en boule, bras sanguinolent ou pas, une poigne beaucoup plus ferme lui saisit les épaules.
-Tient son bras, juste au niveau de son coude, s'il te plait… Il ne faut pas qu'il bouge…
Arthur ne comprenait pas, ne comprenait plus. Il essayait de se débattre mais il était complètement bloqué. Même Allistor n'avait pas une force pareille.
-Ludwig, si à un moment tu sens que…
-Ces hormones ne m'atteigne pas.
Cette voix… Il n'était pas sûr de la connaitre. Si c'était le cas, il l'avait très peu entendu. Il fit l'effort d'ouvrir les yeux, d'essayer de comprendre, de reconnaitre un visage. Et en effet, il le reconnu. Sa gorge sembla soudain se resserrer, alors que la peur prenait littéralement le pas sur tout le reste. Un Alpha. Un putain d'Alpha. Il était en train de se faire immobiliser par un Alpha, sur un lit, un alpha d'un autre clan, qui allait le…
-Dylan, ferme la porte à clef !
Le gallois eu à peine le temps de tourner le verrou qu'un bruit sonore retentissait. Visiblement, quelqu'un venait de s'écraser contre le battant, et un grondement furieux s'éleva. Les yeux d'Arthur s'écarquillèrent, alors que sa panique ne faisait que croitre. Seamus. Il aurait reconnu la voix de son frère n'importe où.
-Dylan, ouvre cette putain de porte ! gueula l'Irlandais dans le couloir.
Ludwig s'efforça de ne pas serrer trop fort le coude et l'épaule de l'Omega qui se débattait furieusement sous lui, mais cela devenait compliqué.
-Je n'en aurais pas pour longtemps, marmonna Aisling, occupée à stériliser son aiguille avec un briquet. Il y a juste quelques points à faire…
Seamus continuait de buter contre la porte, visiblement difficilement retenu par Allistor. Arthur finit par ne plus avoir assez de force pour bouger violemment, et il se contenta de sangloter en tentant faiblement de dégager son bras, sans succès.
-J'y vais.
Ludwig raffermit sa prise, et regarda attentivement la précision dont faisait preuve la rouquine. Elle avait certainement fait d'autre points avant, et elle rapprocha les bords de la plaie avec une maitrise évidente. Un cri à fendre l'âme s'éleva alors qu'Arthur se remettait à se débattre, secoué de sanglots et de spasmes. La main d'Aisling ne trembla pas.
-J'en fais quatre. Ce sera vite terminé.
Le jeune Beilschmidt hocha simplement la tête, en désespoir de cause, et essaya de se concentrer sur autre chose. Tout sauf la plaie que soignait la jeune femme, et l'Omega en détresse qu'il était chargé de garder sous contrôle. Ceci étant dit, l'Alpha qui tentait de démolir la porte pour venir l'égorger n'était pas une source de distraction transcendante. Alors il attendit, les yeux clos, essayant de ne pas trop se concentrer sur les couinements de plus en plus aigu et épuisés d'Arthur. Il avait cessé de se débattre, tant et si bien que Ludwig n'avait plus grand-chose à faire.
-Finit.
Aisling coupa le fil qu'elle venait de nouer, et jaugea son travail d'un œil critique.
-Ludwig, tu devrais descendre d'Arty… Seamus va vraiment finir par enfoncer la porte, et tu aimerais pas qu'il te trouve dans cette position, intervint Dylan.
Les joues légèrement rouges, l'Allemand se redressa doucement, grimaçant en constatant qu'il avait quand même laissé des marques sur le jeune Omega. Ce dernier était livide, en sueur, et très probablement inconscient.
-Allez… Tout le monde dehors, ordonna Aisling après avoir rangé tout son bazar dans la boîte métallique et apposé un bandage pour couvrir la plaie. Il a besoin de repos.
Dylan déverrouilla prudemment la porte. Seamus avait arrêté de s'y écraser il y avait à peine une minute, aussi n'était-il pas vraiment serein. Mais l'Irlandais était fermement maintenu par Allistor, qui semblait furieux.
-Putain de journée de merde… grommela-t-il.
A côté de lui, Francis était appuyé contre le mur, un léger sourire aux lèvres.
-Ca pourrait être pire… Ce n'est pas comme s'il y avait eu des morts.
-Merci de ne pas oublier que j'ai sacrifié mon awesome bras !
-Gilbert, ton bras n'est pas mort… soupira le vampire.
-Tu as une idée du nombre de mes génialissime cellules qui ont rendu l'âme ?!
Francis renonça à argumenter, et sourit à Dylan.
-Comment il va ?
-Comme quelqu'un qui vient de se faire recoudre le bras, grommela Aisling en sortant de la pièce. Merci pour la boîte.
Elle lui rendit son kit médical, et fusilla Seamus du regard.
-Je vais prévenir maman. Personne ne rentre dans cette chambre, vu ?
-Oui m'dame… murmura Gilbert.
La rouquine tourna les talons, et disparu à l'angle du couloir.
-Scotty, ta frangine me fous les j'tons.
-Appelle moi encore une fois « Scotty » et je te castre.
-Merci de laisser mes awesome bijoux de famille en place.
Ludwig sortit de la pièce, avant que Dylan ne referme doucement la porte. Il reçut immédiatement un regard meurtrier de la part de Seamus, mais il préféra l'ignorer.
-Comme va ton bras, Bruder ?
-Je suis awesome, donc ça ne peut qu'aller bien !
Le blond leva les yeux au ciel, et soupira. C'était difficile de tenir une conversation sérieuse avec Gilbert…
-On devrait aller manger, les autres nous attende… Et je crois que certains ici ont faim, intervint Francis, avec un coup d'œil vers Seamus.
Allistor hocha la tête, et poussa son jeune frère loin de la porte de la chambre d'Arthur. Dylan, Francis et Ludwig les suivirent, alors que Gilbert restait assis en tailleur, à fixer la porte de la chambre. Son frère finit par s'en rendre compte, et il se retourna, les sourcils froncés.
-Bruder ?
L'albinos haussa les épaules et se leva souplement.
-J'arrive.
