Désolé pour avoir mis si longtemps avant de poster ce nouveau chapitre... Je n'ai hélas pas autant de temps que je le voudrais pour écrire.
Bonne lecture ! :)
Chapitre 2 : Sentiments
*Ding dong*
Je n'arrive pas à croire que j'ai le doigt posé sur la sonnette d'une autre porte que celle de ma maison... Jusqu'à présent je n'étais pas autorisée à sortir...
Ma dernière visite dans le village remonte à des années, lorsque père était malade et que je devais récupérer des provisions. Le monde des moldus est immense ! C'est beaucoup plus grand qu'une maison. J'ai le vertige... On dirait que la limite du ciel est à une distance phénoménale ! Il faudrait une très, très longue échelle pour...
- Oui ?
Il est là, juste en face de moi. Mon esprit se vide, à quoi pensais-je déjà ? Il me semblait pourtant avoir passé des heures à répéter ce que je devais lui dire... Pas même une syllabe ne me vient à l'esprit. Je regarde ses yeux, son regard est bizarre, il me considère différemment, comme si je ne devais pas me trouver là. Ses lèvres remuent, il doit dire quelque chose mais seule une agréable musique atteint mes oreilles. En me concentrant, j'arrive à reconstituer ses derniers mots :
- ...un serpent mort dans les cheveux ?
Il parle de Nagini ? Je suis sûre qu'il adore les serpents lui aussi ! Je suis si contente qu'il considère son état, peut être qu'il sera heureux si je lui en parle. Lentement j'articule une réponse :
- Elle... n'est pas morte... Elle dort.
Son regard change, comme si il s'était passé quelque chose d'inhabituel. Il reprend la parole :
- Tu te promènes avec un serpent vivant dans les cheveux ? Dit-il, interloqué.
Je ne sais pas quoi répondre, le ton sur lequel il a dit la phrase ne me donne pas envie de poursuivre le sujet... Je me souviens soudainement de ce que je tiens entre les mains et me rappelle l'objet de ma venue. Tremblante, je lui tends la bouteille d'hydromel que je serrais contre moi. Je me souviens de ce que je voulais lui dire et lui annonce d'une voix monocorde :
- Merci de m'avoir aidée.
Il observe la bouteille étrangement... Je ne connais pas vraiment les mœurs des moldus, mais j'imagine qu'ils n'ont pas coutume de s'offrir des bouteilles... J'espère qu'il ne me trouvera pas trop bizarre à cause de ce détail.
Il retourne son regard dans ma direction, me considérant comme une bête curieuse. Une troisième voix féminine s'élève depuis l'intérieur de sa maison :
- Qui est-ce ?
- Personne ! Répond Jedusor en regardant en arrière.
Personne ? Je vérifie... Il me semble pourtant que je suis toujours là... Que veut-il dire par personne ? Peut être qu'il n'a pas envie de me voir plus longtemps ? Son regard se redirige dans ma direction. Je prend la parole :
- C'est seulement pour toi.
Je lui jette la bouteille dans les bras et m'enfuis à toutes jambes. J'espère qu'il sera suffisamment curieux pour en goûter.
Il s'est écoulé plusieurs heures depuis que je suis revenue et je n'ai pas quitté la chaise de la salle à manger. Durant chacune des interminables minutes qui s'écoulent, j'imagine tous les scénarios qui pourraient avoir pour conséquence que Tom ne revienne jamais. Si il avait cassé la bouteille, si il l'avait jetée, ou si c'était en réalité du poison ? J'appréhende même des théories plus farfelues comme le cas où il se ferait dévorer par un monstre sur le chemin ou si lui même était un sorcier et qu'il avait reconnu l'odeur du philtre.
Mes pensées s'interrompent au bruit de la main qui frappe à la porte. Je me lève immédiatement et cours ouvrir sans savoir ce que je vais dire ou faire pour l'accueillir. J'ouvre la porte d'un coup sec et sans prendre le temps de considérer davantage l'homme qui se trouve en face de moi, je l'emprisonne dans mes bras et plaque mon visage au plus près de son cœur.
À cet instant, j'ignore s'il a bu la bouteille ou comment il pourrait réagir. Rien d'autre au monde ne pourrait donner un sens à ma vie. Si il me rejette, dans notre intérêt à tous je cesserai d'exister. Mais si il m'accepte...
Je sens son cœur s'accélérer contre ma joue. Est-ce de la colère ? Je me serre davantage contre lui, si il me frappe je sens que je n'y survivrai pas.
D'une façon tout à fait inattendue, je sens la chaleur de sa main contre ma nuque. Il la pose délicatement derrière ma tête et me rend mon étreinte avec son bras gauche. Mon corps entier est soudainement parcouru de frissons. Je voudrais que cet instant ne s'arrête jamais.
J'ignore complètement combien de temps il s'est écoulé durant cet instant. Je le relâche enfin et croise ses yeux. Je n'ai jamais vu un regard aussi passionné. Puis je me rend compte qu'il fait nuit et que la porte est encore grande ouverte. Timidement, je lui adresse un geste l'intimant à rentrer.
Il met un certain temps à pénétrer à l'intérieur du manoir. Il referme délicatement la porte comme si elle était en cristal et chacun de ses gestes semblent animé par la crainte d'engendrer quelque chose de maladroit. Finalement il prend la parole :
- Mademoiselle... Je voulais vous remercier... La bouteille... Désolé. Balbutia t-il alors que ses joues rougissaient.
- S'il te plaît, appelles-moi Mérope. Lui répondis-je en me surprenant moi-même pour ma spontanéité.
Avant que Tom n'ait le temps de répondre, quelqu'un frappa à la porte. Tom resta devant l'entrée pendant que Mérope ouvrait. Ils virent deux femmes sur le palier, celle avec les cheveux blonds prit la parole avec un air passablement énervé :
- Qu'est-ce que tu fichais Tom ? Tu as largement eu le temps de lui rendre la bouteille !
Celui-ci ne broncha pas. Il s'accorda quelques secondes avant de de lui répondre de façon posée :
- Amy... Je n'ai plus envie qu'on se marie...
Les visages des deux femmes se figèrent soudainement avec une expression grotesque comme si on venait de leur annoncer que la terre ne tournerait plus à partir d'aujourd'hui. Après une bonne minute, la blonde reprit la parole :
- Tu te fiches de moi ?
- Je me suis rendu compte que j'aimais une autre femme. Répondit-il immédiatement.
À ce moment là, les deux femmes me regardèrent pour la première fois, j'éprouvais un certain malaise car leurs yeux relevèrent chacun des détails qui me caractérisaient ; Mes hématomes, mes cicatrices, mon strabisme, mes cheveux terreux, les haillons sales et troués que je portais... Après avoir parcouru l'intégralité de mon corps, la blonde répliqua furieusement :
- Tu te fiches VRAIMENT de moi !
- Non, je suis sérieux.
- Tu veux dire que tu... TU PRÉFÈRES ÊTRE AVEC ÇA ? Cria-t-elle en me montrant du doigt.
La fille qui l'accompagnait devait être une de ses amies, mais celle-ci semblait trouver la situation amusante car elle plaqua sa main contre sa bouche et gloussa discrètement.
- N'insulte pas Mérope, c'est entièrement ma faute. Ajouta Tom en haussant un peu le ton.
- Mais qu'est-ce qu'elle peut bien avoir que je n'ai pas ?
Tom se mit soudainement à rougir, puis annonça d'une petite voix :
- Elle est jolie...
La réaction des deux filles fut instantanée ; La blonde fondit en larme et cacha son visage dans ses mains tandis que son amie ne put se retenir plus longtemps et hurla de rire. Je remarquais que j'étais moi-même en train de sourire. Je sais bien que je ne suis pas belle puisque père n'a jamais manqué une seule occasion de me le rappeler, mais j'éprouve un certain plaisir à observer la déconfiture de cette pimbêche.
Au bout de quelques secondes, le rythme des spasmes de la blonde commençaient à diminuer. Je ne veux plus que cette fille revienne et une idée me vint à l'esprit. Docilement, faisant mine de compatir à ses larmes, je sortis le torchon sale que je porte toujours sur moi et lui tendit en y ajoutant un sourire sarcastique. L'hilarité de son amie redoublât d'intensité au point qu'elle semblait cette fois au bord de l'évanouissement, alors que l'ex fiancée découvrait lentement ses yeux pour constater le geste.
- Espèce d'immonde salopard pervers ! Lança-t-elle à Tom. Je te déteste ! JE VOUS DÉTESTE TOUS !
Elle gratifia le protagoniste d'une gifle mémorable, puis s'enfuit en courant suivie par son amie qui ne parvenait pas à suivre l'allure tant son souffle était secoué par les spasmes de son fou rire.
Tom referma la porte derrière elles avec le même soin que la première fois. Après quoi son regard se tourna vers moi pour me dire :
- Désolé pour ce qu'il vient de se passer...
- Non, au contraire, je suis heureuse...
Je ne sais plus quoi dire, et apparemment lui non plus car nous restons un moment en ne faisant rien d'autre que nous regarder dans les yeux. J'aimerais qu'il me prenne à nouveau dans ses bras mais j'ai l'impression qu'il n'ose pas trop.
Finalement, je trouve le courage de lui proposer :
- Il est tard, tu veux rester ici cette nuit ?
Son regard s'écarquilla soudainement. Il prit quelques secondes puis répondit :
- J'aimerais bien, mais je ne veux pas te déranger... Ni déranger ta famille. Confia t-il, hésitant.
- Ne t'inquiète pas pour ma famille. Elle ne reviendra pas avant longtemps ! Lui dis-je avec un sourire sincère.
- Vraiment ? Dans ce cas j'accepte avec plaisir !
- Suis-moi, je vais te montrer où tu pourras dormir.
Je l'entraîna dans l'escalier puis le fit traverser le couloir pour lui indiquer la chambre de mon père. Mais il s'arrêta net devant ma propre chambre dont la porte était restée ouverte. Il resta quelques instants pour la contempler puis prit la parole :
- À quoi sert cette pièce ? Demanda t-il en me rappelant que c'était à cet endroit qu'il m'avait vue la première fois.
Je me rapproche et constate l'état de la chambre : Il n'a pas tord de me le signaler, je n'y ai pas fait le ménage depuis quelques jours et je n'ai pas pensé à nettoyer le sang que j'avais perdu lors de ma blessure au pied. Timidement, je lui réponds :
- C'est ma chambre. Désolée, elle n'est pas très propre.
- Ta chambre ? Mais il y a des chaînes ! Et il n'y a pour tout lit qu'une planche avec de la paille dessus ! Me lança t-il avec inquiétude.
- Bien oui ; Nous n'avons pas de cave donc je dois rester dans ma chambre lorsque je suis punie.
- Tu veux dire que ton père t'enchaîne pour te punir ? Demanda t-il, comme si c'était particulièrement choquant.
- Évidemment. Tes parents ne t'enchaînent jamais ?
- Bien sûr que non ! Quel genre de père enchaînerait ses propres enfants ! Cria t-il. Où sont tes parents ? J'aimerai leur parler !
En l'écoutant, je me sentais rassurée. C'est agréable de savoir que nous n'aimons pas les mêmes personnes.
- Père est probablement à la prison d'Askaban. Et je ne connais pas ma mère. Lui expliquais-je simplement.
- Quel... ! Dit-il sans placer le dernier mot. Te faire ça à toi ! À une femme aussi belle et gentille ! Ajouta t-il en serrant le poing.
- Oui, j'aimerai bien qu'il meure en prison. Lui dis-je avec le sourire.
- Si jamais il en sort je l'empêcherai de te faire du mal. Me répondit-il en me regardant tendrement.
Cela ne me rassure pas vraiment. Père a appris à utiliser la magie. J'imagine que si il réapparaissait et qu'il nous voyait, il n'hésiterait pas à torturer Tom avant de le tuer puis il me crucifierait pour l'avoir emmené ici. Si seulement j'avais moi aussi des connaissances en magie noire je pourrais nous défendre...
- De toutes façons il ne devrait pas revenir avant longtemps. Lui dis-je pour clore le sujet. Suis-moi, je vais te montrer où tu vas dormir.
Après lui avoir attrapé la main, je l'entraîna au fond du couloir en direction de la chambre de père. En ouvrant la porte, il contemplât la pièce. Celle-ci est assez propre, bien rangée. Il observa le grand lit en vieux bois et les draperies ostentatoires que j'avais arrangées ce matin. Il était rassurant que la quasi-totalité des artéfacts maléfiques qui étaient présents dans la chambre auparavant avaient été vendus.
- C'est ici que tu dormiras cette nuit. Lui annonçais-je.
- Mais toi ? Où est-ce que tu dormiras ? Me répondit-il d'un air angoissé.
- Bah... Dans ma chambre.
- Tu ne vas tout de même pas dormir sur la paille alors que ton père n'est pas là !
- D'accord, alors je dormirais avec toi.
Curieusement, cette phrase le laissa bouche-bée. Il ouvrit plusieurs fois la bouche mais la referma aussitôt. Finalement il réussi à articuler :
- Tu veux dire dormir ensemble tous les deux ?
- Évidemment, à quoi ça servirait de dormir à tour de rôle dans un lit aussi grand ?
Il me sourit bizarrement, comme si quelque chose le mettait mal à l'aise. Finalement, il accepta.
Le reste de la soirée se passa rapidement, il n'avait pas faim mais semblait heureux de me voir manger l'équivalent de mon propre poids. Je suis contente qu'il soit avec moi même lorsqu'il ne dit rien.
Le repas terminé, nous allons directement nous coucher. Je n'ai jamais dormi dans un lit aussi grand et aussi chaud avant. Tom me regarde, puis il me rejoint timidement. Je ne sais pas ce qui peut le rendre aussi mal à l'aise. Peut être que les moldus n'ont pas pour habitude de dormir à deux dans un lit ?
- Est-ce que tu veux le faire ? Me demande t-il soudainement en me regardant étrangement.
- Le faire ? Tu veux dire dormir ?
- Heu... Je voulais dire... Tu sais quoi ?
- Manger ? Mais tu m'as dit que tu n'avais pas faim ?
- Non, je voulais dire... Faire ce que font un homme et une femme lorsqu'ils sont seuls ?
Je cherche... Père est un homme. Qu'aimait-il faire à part manger et dormir ? Je ne vois qu'une seule hypothèse :
- Tu veux me faire souffrir ?
Son visage blanchit immédiatement. Il répondit immédiatement sans même réfléchir :
- Bien sûr que non ! Je ne veux surtout pas que tu souffres !
Je le regarde avec curiosité... De parle t-il ? Quelques secondes s'écoulèrent sans qu'il détourne son regard de mes yeux. Finalement, il dit :
- Je pense que nous pourrons voir ça plus tard. Il vaut peut être mieux dormir pour cette nuit. Proposa t-il avec un regard bienveillant.
Je préfère ne rien répondre... Je lui fais confiance et j'attendrai qu'il soit prêt... À quoi n'ai-je pas pensé ? La cuisine ? Le ménage ? Le jardinage ? Rien de tout ça ne se fait à deux...
Je ferme les yeux. Je me souviens qu'il est encore sous l'effet du philtre... Et si le charme avait cessé demain ? Si il n'est plus là lorsque je me réveille ? Et que vais-je faire lorsque j'aurai épuisé les bouteilles ?
Je sais ! Je vais tout faire pour qu'il soit réellement amoureux ! Je ferai tout ce qu'il me dira, je m'appliquerai dans la cuisine et le ménage. S'il est heureux avec moi il n'aura pas de raison de partir.
Doucement, je me colle contre lui et l'entoure de mes bras puis je ferme les yeux. Je t'offrirai la plus agréable des vies que tu n'as jamais souhaité, car tu m'appartiens, petit serpent.
