Second chapitre!
Allen toujours perdu dans sur une ile que les survivants croyaient désertes se font attaquer... A peine agressé, Yu s'échappe et fait de lui son otage.
Voilà donc la suite, j'espère qu'elle vous plaira tout autant !
Disclaimer: Moyashi et bakandouille ne sont malheureusement pas à moi.
Chap 2: Fuite
« Avance ! »
Yu, car c'était bien lui, joignit la parole au geste en utilisant sa main comme accélérateur :
« Tu es sûr que c'est ton œil qui a été touché et pas ta cervelle de selsifi ?!
- On dit salsifi, inculte. »
Un violent coup s'affala sur ma tête, c'était plutôt lui qui essayait de l'atteindre… Ma cervelle, à coup de manche à couteau. Quelle idée de vouloir le sauver, ma bonté me perdra… Si ce n'est pas encore fait. Je ne savais absolument pas quel heure il était mais la nuit était toujours bien noir et l'ancien prisonnier ne semblait pas du tout avoir envie de s'arrêter en si bon chemin. Bien au contraire, il intensifiait le rythme de marche de plus en plus.
La fatigue commença à se faire sentir et dans une moment d'inadvertance je tribuchais sur une racine d'un arbre gigantesque, mon corps craqua sous l'effet de la chute tandis que mon visage allait baigner dans la mousse.
« Bon sang ! Siffla t'il en se retenant de m'hurler dessus. Tu ne peux pas faire plus de bruit encore ?!
- Désolé, je n'en peux plus… Avouai-je toujours à moitié allongé sur le sol humide de la forêt.
- Mais quelle mauviette ! »
Il m'attrapa par le bras et me souleva d'une seule main comme si je ne faisais pas mon poids, puis il me remit sur mes jambes avant un second coup sur le crane. Je plaquais mes mains sur celui-ci, gémissant doucement.
« Si tu fais encore du bruit et je te laisse là ! Me menaça-t-il.
- Bah voyons, comme si j'avais envie de suivre un évadé dans la forêt de la mort tout en étant poursuivis par je ne sais quoi.
- Je ne sais qui. Réfuta le brun.
-Hein ? »
Je faillis trébucher à nouveau, mais ce fut une fausse alerte. Que voulais-t-il dire par là ?
« Pas quoi mais qui. Répéta Yu.
- C'est passé devant moi et ça avait une forme plutôt humaine.
- Et il ne t'on pas tué ?
- J'étais dans l'ombre, ils ne m'ont peut-être pas vu… Ou alors ils sont venus vous zigouiller à cause du tapage nocturne, je les comprends. Vous êtes pire qu'un stade rempli de supporter.
- Je te signale que quelqu'un est mort ! Tu pourrais avoir du respect !
- Justement il est mort, et moi je suis en vie.
Je détournais les yeux, ce type était imbuvable… Il n'avait aucun respect autre que pour lui-même. L'évadé me poussa de nouveau, manquant de me faire tomber une énième fois. J'avais du mal à bouger, les feuillages étaient d'une telle densité qu'il m'éraflait la peau à chaque mètre parcouru. Et l'accident d'avion me faisait horriblement souffrir, mon bras gauche était pratiquement impossible à soulever… Quand à mon unique œil, la fatigue cumulée au stress rendait ma vision terriblement hasardeuse. Si la peur n'était pas une si bonne adrénaline, je me serais surement effondré par terre cinq minutes après notre évasion.
« Tu crois que les autres vont bien ? Demandais-je dans un murmure.
- Personnellement c'est le cadet de mes soucis, mais plus ils sont nombreux et plus on a de chance de survivre.
- Quel égoïste »
L'ex prisonnier m'attrapa fermement le bras et me ramena à lui, m'obligeant à le regarder dans les yeux.
« T'as pas l'air de te rendre comte de la situation moyashi alors écoute moi bien une bonne fois pour toute : Il y a quelques chose ici, quelque chose de vivant et qui n'est pas venu avec des colliers de fleurs pour nous souhaiter la bienvenu. On risque d'y passer en parlant à voix haute comme nous le faisons, à s'arrêter toutes les cinq minutes pour tomber bruyamment dans les fourrés où à chercher les autres en plein milieu de la nuit. Alors si t'as pas envie de crever, tu la fermes une bonne fois pour toutes. Sinon, je t'abandonne à ton triste sort.
- Je croyais que tu avais besoin de moi ? Fis-je cynique.
- Certes ça m'éviterais des problèmes si je tombe sur voter bande de joyeux lurons, mais vu tout le tintamarre que tu fais c'est les autres qui risque de se pointer. Et entre être bâillonner et mort, je choisis de vivre. »
Il me retourna aussi sec et me bouscula vers l'avant. Je me tus, il n'avait pas tord sur le bruit que nous faisions. Indiquer notre position n'était pas la meilleure solution pour aider les autres, surtout si nous nous faisions prendre aussi. Et puis vu mon état je ne pouvais guère faire grand-chose… Je serrais les dents : ce n'était pas mon genre de m'enfuir et de laisser mes camarades mourir. A l'intérieur de moi, je me promettais de tout faire pour les retrouver, qu'importe le temps que ça prendrait.
Finalement, le jour se pointa. Le soleil arrivait par la droite, pénétrant la forêt de ses rayons. Je plissais l'œil sous le coup de la lumière, elle était d'une incroyable beauté : d'un jaune-orangé particulièrement romantique… Dramatique aussi. Son éclat était gracieux et dure à la fois, irritant mes yeux qui baignaient dans une fatigue incommensurable. Mon cœur se serra, comment la journée pouvait sembler si belle et ensoleillé après ce qu'il venait de se passer ? C'était une douce et odieuse journée… Pleine de promesse, d'espoir.
« Arrête de pleurer moyashi.
-Je ne pleure pas. »
Yu soupira, je retins un sanglot. Tout cela était injuste.
Lorsque le soleil fut assez haut pour être totalement visible, il proposa qu'on s'arrête. Ne me faisant pas plus prier je m'asseyais au sol, éreinté. Calant mon dos à un arbre dont je ne voyais même pas la cime, celle-ci caché par d'autres plantes plus petit. Je fermais mon unique œil une bonne minute, ma tension était telle que je la sentais sursauté à l'intérieur de nerf optique. Mon corps tout entier respirait enfin, l'adrénaline commençait à disparaitre… Faisant place à une forte envie de dormir. Jamais je n'aurai pus croire que mon corps pouvait aller jusqu'à ce genre de limite, mais j'étais bien trop épuisé pour faire le point sur la prouesse dont j'avais fait preuve. Tout ce que je cherchais était un peu de sommeil, me détendre un moment et oublier toute cette nuit.
De son côté, l'évadé était toujours debout : scrutant l'horizon d'un œil aiguisé. J'avais entrouvert ma paupière quelques instants pour le voir, il restait là droit… Comme s'il cherchait à savoir si nous étions toujours suivis. Semblant écouter le bruit du feuillage, seul son qu'on pouvait entendre dans cette immense nature verdoyante.
Après quelques regards autour de nous, il s'assit à son tour, collé lui aussi contre un tronc pour mieux se dissimuler. Il plia ses jambes de façon à être devant son torse puis, après avoir croisés ses pieds, déposa ses bras sur ses genoux. Son regarde ne tarda pas à se poser sur moi, ses yeux m'observaient silencieusement, la fatigue semblait avoir creusé son visage à lui aussi. Le blanc était parsemé de veine rouge qui lui donnait un air de fatigue encore plus prononcé, c'est vrai qu'il n'avait pas bu depuis que je l'avais rencontré… Il devait être en pleine déshydratation.
« Ca va ? Demandais-je difficilement. Le souffle encore coupé.
-Tais-toi et dors.
- Tu ne vas pas te reposer ?
- On fera à tour de rôle, je prends le premier tour de garde. »
Je le regardais incrédule, du moins intérieurement…. Vu mon était d'harassement, il était peu probable qu'on puisse deviner quoi que ce soit.
« Tu n'as pas peur que je m'enfuisse ?
-Pour aller où ? Abruti »
Je fermais l'œil, pas faux. A deux on avait surement plus de chance de s'en sortir.
« Et si je te frappe pendant que tu dors ?
- Comme si j'avais à craindre un handicapé doué d'un moyashi. Dors maintenant, ou je t'assomme. »
Ni une ni deux je m'exécutais, rembourrant mon dossier du mieux que je pouvais.
Le sommeil me gagna rapidement, malgré le froid de la nuit qui m'avait collé à la peau. J'étais bon pour un rhume en me réveillant… Tant pis. Mon corps se détendit lentement et ma tête partit sur le côté, glissant sur l'écorce de l'arbre contre lequel je m'étais accoudé. Il ne me fallut pas plus d'une ou deux minutes pour rejoindre les bras de Morphée et de laisser la peur et les problèmes de la soirée passé en suspens.
Je fus réveillé par un mouvement répétitif contre corps, quelqu'un m'agrippait fermement l'épaule gauche. Je crus au départ que c'était mon tuteur avec sa délicatesse légendaire mais lorsque mon œil s'ouvrit et aperçu le prisonnier, j'eus un mouvement de recul et laissait échappé un gémissement. Il plaqua sa main libre contre ma bouche, resserrant mes lèvres d'une poigne ferme et efficace. Le bruit s'évanouit dans sa paume, après quelques secondes à le regarder effarer… MA mémoire revint : L'avion, la plage, l'attaque… Ce n'était pas un mauvais rêve, je vivais réellement ce cauchemar.
De son côté Yu relâcha mon épaule et me fit signe de me taire, j'acquiesçais, il relaxa ma bouche aussitôt. Puis toujours avec des gestes, il me demanda de le suivre. Je le suivais accroupis, frottant mes genoux contre le sol humide de la forêt. Après quelques mètres, nous arrivâmes à un buisson épais. Il pointa quelques chose du doigt. Curieux, je tournais la tête vers ce point précis, tout en restant prudemment derrière le bosquet pour ne pas être aperçu : Au loin quelque chose se tenait.
Il ou elle, se tenait debout sur deux jambes. A environ une vingtaine de mètre de nous, son corps placé de trois quart de là où nous étions, regardais à notre droite. Le seul bras qui nous étaient possible de voir semblait tenir quelque chose de lourd qui semblait fortement aiguisé. Impossible de décrire ses vêtements, il était trop loin mais on pouvait aisément deviner qu'il portait une sorte de capuche sur la tête puisque son crane était dissimulé entièrement.
Je reculais un peu, tournant mon regard vers Yu qui ne me le rendit pas, observant toujours cet étrange personne aussi immobile qu'une statue. Des feuilles craquèrent, je regardais de nouveau : l'intrus avait tourné les talons dans l'autre direction, d'un pas lent et désarticulé. Il continua de marcher paisiblement dans la même direction avant de disparaitre enfin, de notre champ de vision.
Mon cœur qui c'était arrêté de battre, reprit du souffle. Je ne pouvais empêcher mes jambes de trembler. J'observais l'ex prisonnier à nouveau, il n'avait pas cillé comme s'il vérifiait qu'il ne reviendrait pas sur ses pas. Au bout de quatre ou cinq minute, il recula à son tour.
« Il est partit ? » Murmurai-je le plus doucement possible.
Pas de réponse, mon compagnon d'infortune préféra regarder ce qui se trouvait autour de lui et attrapa la machette qu'il avait gardée plus tôt. A côté d'elle, des lianes préparées comme des cordes étaient entreposées. Pendant ma sieste, il ne semblait pas avoir perdu de temps. Il les enroba autour de son épaule gauche puis, après une seconde vérification, se redressa et sortit des fourrés. Je le suivis silencieusement, regardant dans la direction de chaque bruit que j'entendais.
« Viens. »
Sur cet ordre, le brun avança d'un pas décidé mais toujours sans aucun bruit. J'essayais de faire de même, avoir dormis m'avait considérablement redonné de la santé. Mais Yu n'avait pas prit de tour de garde, après avoir ni mangé, ni bu et passer une nuit blanche… Il devrait être mort de fatigue.
« Yu ? Essayais-je
- Je t'ai déjà dit de te taire moyashi et ne m'appelle pas comme ça.
- Et je dois t'appeler comment alors ?
- Tu comprends pas qu'on risque de crever si tu beugles ?!
- On le risque encore plus en suivant un jeune homme dans ton état. »
Le dit jeune homme se retourna, surpris.
« Je vais très bien, on n'est pas tous comme toi : nourrit au plume d'oie et à cinq repas par jour. »
J'ouvris la bouche pour protester fortement, mais il posa son doigt sur ma bouche pour demander le silence. Je ne bougeais plus, observant seulement son visage devenu totalement attentif à ce qui l'entourait. Finalement il parla :
« On va longer le bord de la forêt au niveau de la plage, mais interdit d'aller sur le sable. On serait trop repérable. »
Il relâcha mes lèvres et recommença la marche, je le suivis sur ses talons :
« Pourquoi on ne retourne pas au camps ? Demandais-je
- Y'a que les animaux qui se réfugient dans leur antre en croyant qu'ils seront en sureté.
- Mais où on va-t-on alors ?
- Bonne question, on est chez eux ou tout du moins sur leur terrain. Se déplacer est la meilleure des solutions, si on reste camper à un endroit et qu'il quadrille on est fichu. »
Yu avait dit ça avec une telle facilité, d'où tirait il toute ses connaissances ? Et ce sang froid ? Même si il était un peu marqué par la fatigue, n'importe qui serait déjà évanoui alors que lui… Il était là, alerte, toujours sur ses gardes et réfléchissait à une vitesse impressionnante. D'où sortait-il ?
« Comment tu fais tout ça… Murmurais-je plus pour moi-même que pour lui.
-Plait-il ?
- Savoir quoi faire ou non, tu sembles en savoir plus qu'il n'en faut. Pourquoi ?
-Ah ça… » Commença-t-il.
Il pivota un instant vers moi, me dévisageant réellement pour la première depuis notre escapade.
« T'a pas du tout envie de le savoir. »
Sur ce, il reprit la marche. Je le rejoignis rapidement, je me sentais de moins en moins en sécurité…
Nous marchions depuis un long moment maintenant, la fureur de l'évadé à mon égard c'était un peu calmé. Tant mieux… Pas plus d'un découpeur à la fois, ce serait bien.
La plage fut enfin à porté de nez : L'odeur salée emplissait mes narines de sa douce senteur on pouvait déjà entendre les vagues se fracasser sur les récifs qui entouraient l'ile.
Yu maintenant devant, brandit sa machette vers moi comme une barrière : je m'arrêtais aussitôt, le dévisageant ensuite d'un air interrogateur. Tout en gardant le silence, la séance de tout à l'heure m'avait laissé un assez mauvais souvenir.
« Suis-moi »
Il attrapa mon col avec la machette dans la même main, quel fou ! Il avait l'intention de me scalper ou quoi ?
Mais au lieu de me faire quoique ce soit, l'évadé continua de me tirer à lui pour aller vers un point bien précis. Il écrasa tout ce qui se trouvait sur sa route, prendre note : Eviter d'être devant lui à l'avenir.
Nous débouchâmes dans ce qui semblait être une petite clairière, les arbres avaient laissé place à un petit jardin miniature où se trouvait…
« Qu'est-ce que c'est ? Demandais-je entre surprise et un soupçon d'inquiétude.
-Aucune idée. »
