Hellow, lutins !

Je crois qu'il faut que je dise que Vampire Knight n'est pas de mon invention… Eh bien, c'est fait !

J'espère que le précédent chapitre vous aura plu et je suis sincèrement désolée d'avoir mis autant de temps à écrire celui-ci. Mais l'inspiration n'était pas là et j'ai laissé tomber pendant un certain temps… D'ailleurs, au milieu du chapitre, vous verrez un . C'est pour marquer l'endroit où j'ai eu ma panne d'inspi'. Dites-moi si je me suis un peu améliorée ou pas… u.u

En se réveillant le lendemain matin, Thaïa eut un sourire malveillant. Se dirigeant vers la salle de bain, elle se maquilla et rajouta quelques effets à son uniforme. De quoi passer pour une gourde, quoi.

Chantonnant, elle prit son sac et sortit à l'extérieur du dortoir, pour se poser dans la forêt quelques instants. Elle le savait, ses seuls moments de répits seraient le matin, très tôt, et le soir. Les moments où personne ne la verraient.

Un bruit derrière elle la fit se retourner. L'albinos était là, un regard pas forcément bienveillant sur le visage.

« Qu'est-ce que tu fais là ? Tu n'as pas le droit d'être ici avant les cours, qui commencent dans une heure.

- Je me promène, pourquoi ? J'ai l'air de poser une bombe dans la forêt ? Si c'était le cas, je n'en verrais pas l'intérêt, dans un endroit sans personne comme celui-ci. »

Elle se maudit intérieurement pour sa remarque. Comment paraître totalement stupide après avoir dit ça ? Zero lui lança un regard noir avant de s'en aller. Super, le chargé de discipline.

Plusieurs minutes plus tard, Thaïa se levait en soupirant. Il s'en était fallu de peu pour qu'il la renvoie au dortoir, ce qui aurait signifié la fin de son moment à elle. Elle marchait d'un pas lent à travers les arbres, en direction du bâtiment principal. Une fois arrivée dans une grande cour en pierre, elle put voir que quelques élèves étaient déjà là, en train de discuter. Elle regarda sa montre. Encore une dizaine de minutes et il serait huit heures, instant où elle devrait aller en cours.

Elle fit une moue boudeuse avant d'arborer un sourire particulièrement idiot, avant de se diriger vers un groupe de jeunes filles. Il était temps de reprendre son rôle !

L'une d'elles, une fille avec des cheveux blonds attachés en deux couettes lui donnant un air débile, se rapprocha d'elle en souriant.

« Oh, tu veux venir avec nous ?

- Oui ! C'est quoi ta marque de vernis, c'est trop beau !

- Tu as vu ? Mais je n'aime pas beaucoup cet orange, je préfère le rose… »

S'en suivi une longue discussion durant laquelle Thaïa n'écouta rien, se contentant d'hocher la tête et de sourire à tout va. Elle venait de se faire un groupe d'amis.

La sonnerie retentit enfin, la sortant de ce bourbier. Une fois en classe, les professeurs se présentèrent un à un, Thaïa s'ennuyant fermement. Elle avait toujours eu des facilités à l'école, elle trouvait les cours ennuyeux. En plus, la blonde à couette, Yua, si elle se souvenait bien, était à côté d'elle. Un véritable moulin à paroles.

Le dernier professeur arriva enfin, se présentant, mais rajoutant quelque chose :

« …Je serai vôtre professeur de philosophie. Au fait ! On ne vous l'a peut-être pas dit, mais vous avez une étrangère dans votre classe. Thaïa Verte-Feuille. Elle est française. »

Presque immédiatement, tous les regards se portèrent sur elle, avant que certains ne s'approchent pour lui poser des questions sur son pays natal. Elle détestait ce prof pour avoir prévenu les autres. Elle étouffait ! Souhaitant tout de même garder son image d'idiote invétérée, elle fit un grand sourire en penchant la tête sur le côté.

« Prenez soin de moi, je suis un peu fragile ! »

Intérieurement, elle eut un rire mauvais. Elle, fragile ? Fallait pas rêver non plus. Elle était plus forte que la plupart des élèves de son ancien collège et était respectée par tous grâce à cela.

Pas une terreur, non ! Juste une fille forte qui l'avait montré à plusieurs reprises.

Thaïa en était d'ailleurs particulièrement fière. Etre forte était un avantage non négligeable pour être tranquille. Grâce à cela, elle n'avait jamais eu peur de passer devant un groupe d'élèves perturbateurs ou de prendre part à des discussions qui l'intéressaient, tout comme elle n'avait pas peur de dire haut et fort ce qu'elle pensait. Mais ce n'avait pas été toujours le cas. En fait, ses amis avaient eu très peur pour elle, pour son entrée au collège, quand elle n'était encore qu'en primaire. Dans cette période-là de sa vie, elle parlait faiblement et restait un peu en retrait. Elle était protégée par ses amis et tremblait rien qu'en regardant dans les yeux les caïds de l'école.

Pourtant, au collège, elle avait réussi à se montrer forte, et à le rester. Elle n'était pas devenue froide, imbue d'elle-même ou je ne sais quoi d'autre. Elle avait juste prit du poil de la bête.

Néanmoins, ses idiots de camarades de classe ne virent pas le subterfuge et lui répondirent de concert que oui, ils allaient la protéger, qu'elle n'avait pas à s'en faire.

À la pause de midi, elle mangea avec Yua et son groupe d'amis sur l'une des nombreuses pelouses de l'académie. En fait, elle s'était trompée. Il n'y avait pas que des imbéciles dans cette classe. Un garçon, brun et grand, semblait avoir un niveau légèrement au-dessus de la moyenne. Il était d'ailleurs à sa gauche, entre elle et Yua. Il avait l'air de bien s'entendre avec chacun d'entre eux. Si elle ne devait pas garder son intelligence secrète, elle lui aurait bien demandé comment il faisait.

« Vous vous connaissiez déjà avant ? osa-t-elle demander.

- Oui, répondit le garçon. On était dans le même établissement l'année dernière. Ah ! Au fait, je ne me suis pas présenté. Je m'appelle Edwin. Tu es peut-être française, mais moi, je suis anglais, à la base !

- Ah. Thaïa, enchantée ! »

Elle lui serra la main. Celle de son interlocuteur était chaude, grande et douce. Son camarade sembla surprit par le geste, mais sourit quand même. Ben quoi ? Vous serrez pas la main des gens quand vous les rencontrez, vous ? Il n'empêche, ce gars débordait de gentillesse. Enfin, c'est l'impression qu'il donnait. Pour rester avec des idiots pareils plus d'une année entière… Elle-même n'aurait pas pu le faire. Enfin. Elle disait ça un peu vite. Après tout, si elle voulait toujours passer pour une idiote, il allait falloir qu'elle reste avec ces mêmes idiots. Pourquoi faisait-elle ça, déjà ? Ah oui. Pour son rêve. Elle se demanda un fugace instant si le jeu en valait la chandelle, mais balaya vite cette pensée de son esprit. Bien sûr que oui.

Alors que les filles étaient en train de parler garçons, Edwin la regarda.

« Tu sais, elles sont un peu bêtes, commença-t-il en balayant son groupe d'amies du regard. Sûrement plus que toi, d'ailleurs, ajouta-t-il malicieusement. En tout cas, elles ne sont pas méchantes. Quitte à avoir des amis, autant qu'ils soient idiots et fidèles qu'intelligents et manipulateurs, non ? »

Thaïa frissonna. Premièrement, parce qu'il avait percé sa couverture. Jouait-elle si mal que cela ou était-il juste très observateur ? Deuxièmement, parce qu'elle était intelligente, et qu'elle manipulait les amies du garçon, d'une certaine façon. Elle lui lança un regard froid, avant de répliquer, d'une voix faussement niaise :

« Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, Edwin-kun. »

Et elle partit, prétextant un besoin pressant d'aller aux toilettes. Elle entendit un « Vraiment ? Tu devrais… », mais n'en tient pas compte, alors qu'elle était à présent assez loin d'eux.

Sur le chemin, elle shoota dans un caillou. Très bonne idée. Ça lui permettait d'évacuer l'agacement qu'elle ressentait envers Edwin. Ce mec… Elle ne trouvait pas un mot pour décrire ce qu'elle ressentait par rapport à lui. Une sorte d'agacement mêlé à de la colère, de la curiosité et une pointe de défit, un peu comme une rivalité. Elle se jura qu'elle allait lui pourrir l'existence pour au moins une semaine. On verra s'il fera toujours le malin, après !

Elle eut un rire malsain à cette pensée. Les quelques personnes qui se trouvaient non loin d'elle s'écartèrent légèrement. En même temps, quand on voyait une fille avec une aura meurtrière se mettre à rire comme une possédée… Ça avait de quoi réfréner quelques ardeurs.

La fin des cours arriva plus vite que prévu. Thaïa était en train de ranger ses notes et s'apprêtait à sortir de la salle de cours quand Yua s'approcha d'elle, un grand sourire aux lèvres, rouges, sûrement dût à un maquillage express.

« Au fait… Puisque c'est ton premier jour ici, tu ne connais sans doute pas la Night Class... J'ai raison ?

- Oui… Et ?

- Je vais immédiatement remédier à cela ! s'extasia-t-elle en frappant dans ses mains. »

Bons dieux, qu'avais-je fais pour mériter cela ? Le pluriel pour le « dieux » était d'ailleurs tout à fait intentionnel. Thaïa était plus tournée vers la mythologie grecque que toute autre religion. Quoique, elle aimait bien la religion nordique… Bref.

La maquillée –enfin, c'était un peu vite-fait que de le dire. Après tout, Thaïa aussi s'était maquillée le matin- lui prit la main et la traîna dehors, avant de s'arrêter au milieu d'un groupe de filles en train de scander des… noms (?) à tue-tête. Thaïa leva un sourcil. Oui, et… ? Elle crut distinguer un « WILD-SEMPAI ! » et son incompréhension monta d'un cran. Houlà… C'était mauvais. Là, elle allait très vite avoir une migraine. Une bonne grosse migraine qui ne la lâcherait pas de la journée. Elle se tourna vers son « amie ».

« Je croyais que tu voulais me montrer la classe de nuit… Non ?

- Oui, exactement, confirma Yua.

- Alors, pourquoi diable ais-je l'impression d'être au milieu d'une foule, à l'attente d'un concert ? De plus, je croyais qu'on ne devait pas approcher la Night Class…

- Tout à fait, répondit-elle en éludant le début de ma question. C'est pour ça que les chargés de discipline sont là ! À ton avis, on n'aurait pas fait ce poste pourri si personne n'en avait besoin ! »

Ah. Maintenant qu'elle en parlait, Thaïa pouvait voir la chevelure argentée du chargé de discipline qu'elle avait vu la dernière fois.

« Où est l'autre ? »

Yua la regarda avec incompréhension, un peu genre : « L'aut' quoi ? ». Thaïa soupira.

« Je vois Zero, mais je pensais qu'ils étaient deux chargés de disciplines…

- Tu l'appelles déjà par son prénom ? N'aurais-tu pas des choses à cacher, Thaïa-chan ? (grimace de la part de la concernée sur le « -chan ») Pour en revenir à ta question, si, c'est la fille, là-bas. Yuki Cross.

- Cross ? Comme Kaien Cross ?

- Yep ! C'est sa fille adoptive ! »

Oh. Le directeur ne pouvait pas avoir de gosses ou était-il juste célibataire ? À moins qu'il soit juste une espèce de gardien de la paix dans le genre Baba-cool… Bizarrement, toutes ces solutions lui paraissaient vraisemblables, allez savoir pourquoi…

Un grincement de la part d'un portail qu'elle n'avait pas vu à cause du groupe de filles devant elle la ramena à la réalité. Il s'ouvrait. Et des gens en sortaient. La première chose qu'elle remarqua fut qu'ils avaient tous un uniforme blanc. Pour mieux se voir la nuit, peut-être ? Il y avait peut-être des risques pour qu'ils se rentrent dedans sans faire attention… La deuxième chose, c'est qu'ils étaient une majorité de garçons. Dans son ancien collège, la plupart des gens le savaient : elle était une sorte de grosse féministe. Quelle horreur que de voir que la classe des « génies » était composée essentiellement de mecs ! La troisième chose… Ils étaient tous vraiment, vraiment, vraiment beaux gosses. Wahou.

En tête de cortège, il y avait un gars avec des cheveux bruns, qui lui arrivaient jusqu'aux épaules. Pas trop son genre de mec. Les cheveux longs, ça faisait vieillot et assez déplacé… Peut-être qu'en fait, ils faisaient un club de Baba-cools avec le directeur ? Ensuite, il y avait une fille aux longs cheveux bruns… Ou blonds. Thaïa n'arrivait pas à se décider. En tout cas, elle suivait le premier comme son ombre. Ohhhh... Il y a de l'amûr dans l'air ! Suivaient une foule de beaux gosses, se terminant par un roux avec un regard qui faisait froid dans le dos, le fameux « WILD-SEMPAI » et un blond aux yeux bleus qui lançait des baisers à la foule. Tiens, il embêtait la chargée de discipline, aussi. Elle croisa son regard un centième de seconde, mais ce simple contact la glaça entièrement. Il y avait quelque chose, au fond de ces yeux, une chose qu'elle ne pouvait pas s'expliquer, qui semblait l'attirer et la repousser en même temps, comme s'il y avait une sorte d'alarme dans sa conscience qui se mettait à sonner tout en beuglant « DANGER ! DANGER ! DANGER ! ».

Ce mec était pas normal. D'ailleurs, en fixant un autre gars de la classe de la nuit, elle vit que sa conscience la prévenait aussi. En fait, ils étaient tous dangereux. Étrange. Mais ce n'étaient pas ses affaires. Aussi, elle oublierait ce qui (oh. On dit bien « ce qui » et non « ce qu'il », rassurez-moi ?) venait de se passer pour se concentrer sur autre chose de bien plus important. Son rêve.

Elle se détourna de cet étrange spectacle et se rendit dans sa chambre. En plus, ils avaient rien de bien intéressant, ces gars bizarres… Cette phrase était en soi particulièrement paradoxale, mais elle ne s'en formalisa pas.

S'affalant sur son lit, elle regarda le plafond et souffla. Et… Souffla encore une fois. Bordel, qu'est-ce qu'on se fait chier ici. Elle n'allait pas aller dehors, après tout, elle devait attendre encore un peu pour mettre son plan à exécution en ne se faisant pas remarquer. Et donc en passant pour une idiote. Quoique, avec ce que lui avait dit Edwin, elle n'était pas sûre que sa couverture tienne. Edwin… ! Une veine se forma sur sa tempe. Oh, ce qu'elle avait envie d'aller lui faire regretter de l'avoir percée à jour ! Genre, en lui renversant de l'eau glacée dans le dos le matin pour le réveiller. Sauf que pour faire ça, il fallait déjà entrer dans sa chambre. Et soulever son t-shirt pour pouvoir lui mettre de l'eau dans le dos. Est-ce qu'il a des abdos ou pas ? J'aimerai bien savoir…

Thaïa bava pendant quelques secondes avant de se redresser, une expression horrifiée sur le visage. Je viens de penser à quoi, là ?!

Le lendemain, Thaïa se réveilla plus tôt que prévu. Elle venait de faire un rêve terrifiant dans lequel une tablette de chocolat avec la voix d'Edwin lui répétait de ne pas approcher ses amies, tandis qu'elle regardait des yeux bleu glacier, qui se transformaient en mer dans laquelle elle se noyait. Brrr !

Ne voulant pas perdre une seule minute à rêvasser, elle se leva, se prit une douche et s'habilla, avant de sortir du bâtiment et de se diriger vers la forêt. Quand elle y arriva, elle considéra un arbre un instant. Elle avait toujours bien aimé monter dans des arbres. Quand elle était assise sur une branche, elle se sentait à l'abri de tout, dans son monde. Elle avait l'impression que tout ce qui était autour d'elle n'avait aucune importance. C'était relaxant.

Sans réfléchir, elle attrapa une branche basse et se hissa dessus, avant d'en trouver une un peu plus épaisse et solide et de s'assoir dessus et de s'accouder sur le tronc. Ahhh… Comme c'était bon… Peut-être que si elle y pensait très fort, elle pourrait ne faire qu'un avec l'arbre, et laisser ses problèmes d'humaine derrière elle ? Peut-être que si elle était un arbre, elle pourrait voir les lutins, les fées, les elfes ? Elle sourit à cette pensée. Un sourire amer. Elle savait parfaitement que jamais elle ne les verrait, ces créatures. Elle savait très bien que ce n'était que des contes faits pour endormir les enfants. Mais son rêve était au-dessus de ça. Et elle savait qu'elle ne pourrait jamais rien que le toucher du doigt sans les fées (*). Alors, elle se forçait à y croire, et au fil du temps, elle en était presque persuadée.

Presque.

Wow ! C'est quoi toute cette mélancolie ?! Allez, Thaïa, ressaisis-toi ! C'est pas comme ça que tu pourras avancer ! Ouais. Sa conscience avait raison.

« Eh, toi ! Qu'est-ce que tu fais là-haut ? »

Thaïa se baissa. La chargée de discipline. Oh shit.

« Moi ? Euh… Rien, pourquoi ? »

Sourire forcé. Si elle n'avait pas été plongée dans ses pensées, elle aurait sûrement entendue… Yuki ? Oui, c'était ça, si elle se souvenait bien. Il n'empêche qu'elle était dans la bouse de licorne jusqu'au cou. Si Yuki l'amenait au bureau du directeur, alors ce dernier serait méfiant envers elle.

C'est alors que Thaïa eut une idée stupide.

« Je suis nouvelle dans la Night Class. Je me suis perdue alors je suis restée ici. Tu veux bien m'accompagner au dortoir ? »

Très stupide.

(*) Je parle des fées au sens large. C'est-à-dire, comme en Angleterre, où un lutin et un elfe sont aussi des fées. Tout comme la plupart des créatures imaginaires, d'ailleurs…

Bon ! Ce chapitre est déjà fini ! Pour tout vous dire, je n'avais absolument pas l'intention de mettre ce caractère à Edwin. Je le voyais intelligent, mais doux. Et moins calculateur. Là, il a tout pour plaire aux filles… Zut. Mais bon. Il est bien comme ça… *bave*

Si vous avez des questions, n'hésitez pas ! Au fait… Je remercie pour son gentil commentaire. Et vu que je ne sais pas utiliser , je vais répondre ici :

Merci ! Mais comme tu te doutes, tu ne sauras pas quel est le rêve de Thaïa avant un bout de temps ! Niark niark niark !