Désolée pour le retard, j'ai eu une énorme panne d'inspiration qui a fait que j'ai fini par complètement repartir de zéro pour un paragraphe complet... Je tiens à remercier ma bêta qui subit toutes mes hésitations sur Skype et à la patience de m'aider 3 Et un grand merci aux deux autres personnes qui acceptent de relire avant que je poste, ça m'aide énormément ! Je vous aime tous 3 J'espère que ça vous plaira encore ! N'hésitez pas à me dire si vous trouvez des problèmes dans le chapitre!

La « piaule » du Tueur était en fait une vieille maison perdue au fond d'une forêt, sans route ou voisin à proximité.

Même la maison de ce type paraissait malsaine, c'était dingue. Et pourtant, il l'avait suivi. Malgré les frissons, malgré ses tripes qui lui disaient de partir, il était monté dans la bagnole d'un parfait inconnu pour se retrouver au fin fond des bois dans une baraque pourrie. Il n'avait jamais été très doué pour faire des choix.

« Je vais faire des pâtes, t'as qu'à aller prendre une douche en attendant »

Max tressaillit en entendant la voix du type juste derrière lui.

« Je… Ouais, je vais faire ça. Merci.
-Pas de problème. La salle de bain est au fond du couloir, les serviettes dans les placards, tu te sers comme tu veux. »

Le type lui point la direction du doigt et se retourna pour fouiller les placards, en quête d'une casserole. Max fixa son dos pendant quelque secondes puis, prit d'une impulsion soudaine, il demanda:

« Tu m'as jamais dit ton nom en fait. »

Le Tueur se figea pendant une seconde, le bras perdu dans un placard. L'image aurait été presque comique si l'air ne semblait pas si lourd.

« Je suis pas le genre de mec qui raconte sa vie.

Max rit brièvement.

-Je croyais qu'on avait déjà établi que t'étais le genre de gars à n'être rien de toute façon. Tu me proposes d'être ton « partenaire », tu me ramènes chez toi. Si on va bosser ensemble, j'aurais besoin de connaître ton nom à un moment.

Le Tueur ne répondit pas, et se retourna ostensiblement, comme pour se cacher complètement de Max.

-Bon c'est quoi le problème. Je veux juste savoir ton nom pour arrêter de seulement penser à toi comme « ce mec bizarre sur le parking qui m'a parlé cinéma ». C'est long tu sais et… »

La porte du placard claqua violemment, faisant sursauter Max.

-Si j'te donne mon nom, t'arrêtes de faire chier et tu vas te laver ? »

L'autre homme avait un ton sec et froid et Max grimaça. Il l'avait énervé. Merde. Il acquiesça rapidement, en colère contre lui-même. C'était pour ça qu'il n'avait personne autour de lui. Il insistait trop, il s'accrochait trop rapidement. L'homme se retourna puis inspira

«Victor. C'est Victor.
-… Victor »

Ce n'était pas vraiment ce à quoi il s'attendait. Un prénom aussi banal, aussi simple. Pourquoi le protéger comme ca ? Enfin, il avait déjà trop poussé sa chance pour ce soir, il avait eu son prénom, il allait respecter sa parole.
Il venait à peine de se retourner pour sortir de la cuisine quand il entendit Victor l'appeler.

« Max… Je… J'suis désolé, j'aurais pas du m'énerver. C'est juste que… J'aime pas donner trop de détails aux gens. Déformation professionnelle on va dire.

Max eut un petit sourire

-T'en fais pas mec. On a tous des trucs dont on veut pas parler. J'aurais pas du pousser comme ça. C'est moi qui suis désolé. »

La douche détendit Max, c'était comme si l'eau chaude emportait sa détresse avec la poussière de l'aire d'autoroute. Il resta de longues minutes debout sous le jet brûlant, les yeux clos, à essayer de réaliser ce qui venait de se passer aujourd'hui. De suicidaire sur le point d'en finir, il était devenu « partenaire » dans une affaire qu'il ne comprenait même pas encore. Il avait l'impression de sortir enfin la tête de l'eau, après des années en apnée, d'apercevoir enfin le ciel.

Il finit de se savonner et de se rincer puis, enroulant une serviette autour de sa taille, il jeta un regard dégoûté à ses vêtements sales éparpillés sur le sol. Ils sentaient la sueur et la poussière de l'aire d'autoroute, la tristesse et la dépression. Tout ce qu'il voulait laisser derrière lui. Max les écarta du chemin avec son pied puis sortit de la salle de bain. Peut être que Victor pourrait lui prêter quelque chose.

«Hé, Victor. T'aurais pas des fringues pour moi ? Victor ? »

Aucune réponse… Pourtant, Max entendait des éclats de voix dans la cuisine.

« Après tes conneries de l'autre fois, c'est hors de question putain ! T'es instable !»

Victor serrait un téléphone dans sa main, le visage déformé par la colère. Max recula légèrement. Victor paraissait perdre graduellement son calme à mesure que la conversation avançait jusqu'à ce qu'il raccroche brutalement et se laisse tomber, assis contre le mur.
Victor cacha son visage dans ses mains tout en continuant de murmurer, désespéré :

« Mais qu'est ce que t'as fait, merde, qu'est ce que t'as fait »

Max se sentit paniquer en voyant Victor aussi impuissant, aussi… faible. Il ne savait pas quoi faire, quoi dire. Il s'approcha, toujours incertain.

« Victor ? »

Le Tueur se releva brusquement, comme électrifié.

« T'as fini ?
-Ouais, et j'aurais besoin de fringues. C'était qui ? » Demanda Max, désignant d'un coup de tête le téléphone.
- Rien d'important. Juste… Un associé. Tu voulais des fringues ? »

Victor essayait clairement d'esquiver le sujet et Max décida de ne pas insister. Il se souvenait encore de la réponse glaciale qu'il avait eue juste pour un prénom.

La chemise que Victor lui avait donné était un peu large et il avait du serrer sa ceinture pour maintenir le pantalon pourtant, il ne s'était jamais senti aussi bien. Il savait bien que ce n'était qu'une illusion, que tout ce qui allait mal dans sa vie ne s'arrangerait pas en changeant bêtement de chemise mais pour le moment, il voulait y croire. Il ferma les yeux un instant en avalant une bouchée de pâtes au beurre. Il redécouvrait tout, les goûts, les saveurs. Pour la première fois depuis des années, il se sentait vivant.

Tout en mangeant, il réfléchissait à la proposition qui lui avait été faite. Il n'avait toujours aucune idée de ce que Victor voulait vraiment de lui ni même de ce qu'était le partenariat en question mais il connaissait déjà sa réponse. Le choix était facile, entre la solitude froide de sa voiture et la chaleur passionnée de Victor, oui, il avait déjà fait son choix. Il leva la tête, prêt à annoncer à Victor sa décision lorsqu'une sonnerie stridente le coupa. A la manière dont Victor décrocha le téléphone et l'air inquiet sur son visage, ce devait être la même personne que tout à l'heure.

« T'es où putain ?! T'es OU ? Qu'est ce que tu-…. » Victor se tut soudain, horrifié. « C'était quoi ça. … Je te demande ce que c'était que cette voix ! »

Quoi que ce soit à l'autre bout du fil, ça l'avait complètement figé et il restait debout, le téléphone plaqué contre son oreille, répondant uniquement par monosyllabes. Lorsqu'il raccrocha enfin après quelques minutes qui semblèrent à Max une éternité, il saisit sa veste et l'enfila, prêt à partir.

« J'ai un… un truc à régler. »

Max pouvait sentir que Victor ne lui disait pas tout et tout le mystère qui l'entourait, lui et sa proposition, ne faisait que l'intriguer encore plus.

« Un truc ? Quel genre de truc ?
-C'est trop long de t'expliquer ça maintenant, faut que j'aille régler ça avant que ce connard foute encore plus la merde. » Victor hésita une seconde avant d'ajouter
« T'as qu'à venir avec. Je t'expliquerai tout dans la voiture. »