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Partie 2 : Ce que tu ne vois pas « Figure You Out »
Tout d'abord, merci à celles (et ceux ?) qui ont pris le temps de lire la Partie 1 qui est relativement longue, et un double merci à celles qui m'ont laissé une p'tite review (Aiko Yakira, Marine, PtitSaumonBleu, Eva-Gothika, jorkykiss, La patate Bleu et BlackNell), c'est adorable, et que dire encore de celles qui ont ajouté cet OVNI dans leur favoris ? Je ne m'y attendais pas, non mais vraiment. Je sais que ça fait cliché, mais c'est vrai ! Avant tout, je voudrais répondre à La patate Bleu qui n'a pas de compte, ou alors je ne l'ai pas trouvé...
« Si Smoker est OOC par moment, c'est voulut et en partie justifié, parce qu'Oda ne l'a pas vraiment fait pour éprouver des sentiments d'amour, ou encore s'attacher à un Pirate. Et puis n'oublions pas que c'est un UA, donc forcément, ça n'évolue pas comme dans le monde originel de One Piece, même si je fais en sorte de le respecter au maximum. En tout cas merci pour ta lecture, j'espère donc que la suite te plaira. »
D'ailleurs, à ce propos (respecter l'univers de One Piece) dans la partie précédente, j'avais complétement oublié Enies Lobby, en tant qu'Île Judiciaire pour le procès de Doflamingo... Mais on va dire que comme dans le manga, elle a été détruite, et ben ici aussi. Non sérieusement, ça m'était totalement sorti de l'esprit, mais la rajouté en cours de route m'emmerde profondément. Surtout qu'un procès comme celui de Dofy vaut bien d'avoir lieu à Marine Ford, non ?
Bref, ce n'est pas la question. Voici donc la suite que vous attendiez, qui est arrivée plus tard que je ne le pensais, problèmes personnels, soucis niveau électrique (allez taper à l'ordi quand il y a des coupures de courant uniquement dans votre quartier) et je l'avoue, beaucoup de flemme aussi. Mais comme on dit, mieux vaut tard que jamais. Promis, j'essaye de ne pas vous faire attendre dix ans pour avoir la suite. Dans cette partie, il y a plus ou moins des Spoils, donc si vous n'êtes pas à jour dans les scans, ne venez pas hurler après moi, je vous ai prévenu(e)s. Si vous voulez un petit classement des grades de la police de Grand Line, n'hésitez pas, je l'ai fait ! Et j'ai essayé de faire une mise en page plus correcte aussi. C'est mieux pour les nœils. Donc, cette partie est en musique avec Figure You Out de Nickelback. Allez, Enjoy ! (A la Antoine Daniel, bien sûr !)
One Piece ne m'appartient pas, mais est la propriété d'Oda Eiichiro, et je ne gagne rien en écrivant ceci. Tout cela n'est qu'un passe temps et pas un gagne pain. L'OC présent (Donquixote Apus), en revanche, m'appartient.
I like your pants around you feet
I like the dirt that's on your knees
And I like the way you still say please
While you're looking up at me
You're like my favorite damn disease
Il y avait énormément de voitures de police autour de l'entrepôt Punk Hazard. Une bonne douzaine, avec gyrophares et sirènes en marche. L'officier Monkey D. Garp était présent, ainsi que les inspecteurs Kizaru et Akainu (de leurs vrais noms, Borsalino et Sakazuki). Smoker dû se faufiler entre eux pour pouvoir rejoindre l'une des ambulances. Sauf que Garp le retint un long moment pour le féliciter. Donquixote Doflamingo était enfin arrêté, aucun de leur agent n'avait été grièvement blessé et Vergo le traître n'avait eu que ce qu'il méritait... Sauf que tout ce que voulait Smoker, c'était retrouvé celui qui avait servit d'appât, celui qui venait de risquer sa vie. Trafalgar Law.
Le flic passa à côté des ambulanciers qui lui dirent que le jeune homme était hors de danger, mais en état de choc. Ils le laissèrent le voir avant de l'amener à l'hôpital. Law était dans un sale état, son visage était tuméfié, son nez semblait cassé et son œil droit promettait un beau coquard. Dans les lueurs des gyrophares, Smoker pût voir que Law était encore sou l'effet des drogues. Celles qu'il avait ingurgité avant de partir pour l'entrepôt. Ses yeux orageux étaient entourés de cette brume caractéristique.
« Comment est-ce que tu te sens, Law ? » murmura le flic en le serrant doucement dans ses bras. « Ça va aller ? »
« Ça pourrait aller mieux... »
La voix de Trafalgar était faible et tremblante. C'était là première fois que le Chasseur Blanc le voyait dans un état aussi pitoyable. Au cours de ces dernières mois, il avait souvent vu le jeune homme revenir roué de coups, mais ce soir, c'était difficile à regarder, surtout en repensant à ce qu'il serait arrivé s'ils n'étaient pas entrés dans l'entrepôt. Le junkie tenta de lui rendre son étreinte, mais il se figea en voyant un brancard passer près d'eux. Smoker se retourna et ne pût réprimer un frisson de dégoût en reconnaissant le corps de Vergo.
Trois balles dans la tête, une à bout portant, les deux autres étaient des balles perdues. Dans la pagaille, tous avaient tirés un peu dans tous les sens et personne n'était capable de dire à qui appartenait les balles. Ni même qui l'avait abattu. Cela dit, Garp avait raison : il n'avait eut que ce qu'il méritait. Sauf que Vergo n'était pas le seul mort, Monet La Harpie s'était faite tuée, par Donquixote lui-même. Une balle en pleine poitrine. Smoker avait tenté de la protéger, mais il était arrivé trop tard, Le Flamant Rose avait cru qu'elle était aussi complice avec la police. Il avait vu la réaction de Law face à cette mise à mort, et contrairement à ce qu'il avait toujours dit, il s'était lié d'amitié avec Monet, c'était évident.
« C'est fini maintenant, » le rassura Smoker, « tu n'as plus à craindre le Démon au Bambou, il ne peut plus te faire de mal. »
« Il y a d'autres monstres, Smoker. Bien plus effrayants... »
Il y eut une petite pause pendant laquelle aucun des deux ne voulait croiser le regard de l'autre.
« Je t'accompagne à l'hôpital, ils t'examinent et je te ramène chez moi. »
« Chez toi ? Et j'aurais le droit de rester cette fois ? »
« Tant que tu le voudras. Il est hors de question que tu retournes dans ce que tu appelles ton appartement. À présent, tu vis dans le mien, point final. »
And I love the places that we go
And I love the people that you know
And I love the way you can't say no
Too many long times in a row
And I love the powder on your nose
« A quoi est-ce que tu penses ? » demanda Law, allongé sur le corps nu de Smoker, respirant avec bonheur son odeur. « Ton corps à des réactions étranges. »
Le flic, les yeux au plafond, fumait un cigare d'un air absent. Ou plutôt, il laissait son cigare se consumer.
« Je repensais à... non rien, laisse tomber. »
L'ex-junkie se redressa aussitôt, s'installant à califourchon sur son compagnon. C'était rare qu'il soit aussi absent après avoir le sexe. Et le plus jeune n'aimait pas du tout quand c'était le cas.
« Dis-moi. Il y a quelque chose qui cloche ? »
« Ce que je vais dire ne va pas te plaire. Pas du tout. »
Les mains du flic caressaient les hanches de Trafalgar et glissaient de temps en temps vers l'arrière.
« Je pourrais toujours te mettre mon poing dans la figure, » répondit Law en haussant les épaules, ses mains redessinaient les muscles de son amant.
« Et moi, je pourrais toujours te maîtriser en un rien de temps, comme je l'ai déjà fait. Tu te souviens ? »
« Mouais, bon, vas-y dis-moi ! »
Smoker l'agrippa par les hanches et le plaqua contre le matelas, tout en l'embrassant sauvagement.
« Je repensais à quel point tu semblais fragile par moments. Et justement, j'adore ces moments. Ces moments où tu ne contrôles rien, où tu te laisses aller dans mes bras et où tu me fais totalement confiance. »
Les yeux du jeune homme s'étaient assombris pendant quelques secondes, le flic savait qu'il détestait qu'on lui rappelle qu'il était un être humain comme tous les autres. Mais la fin de son petit discours lui plaisait, ça l'excitait à vrai dire.
« Tu parles de quand on baise, c'est ça ? »
Le flic dévora ses lèvres avec un grognement bestial, sentant son érection reprendre de la vigueur. Il adorait la vulgarité de son compagnon.
« Je ne parle pas seulement de quand tu as un orgasme. Mais aussi quand tu as peur de ton passé, ou de toi... Ou peur tout court. »
Cette fois, Law n'accepta pas et repoussa le flic loin de lui. Ce dernier, s'attendant à une réaction de ce genre, ne fit rien, se laissant retomber sur les oreillers. Law s'était assis sur le bord du lit, passablement énervé.
« J'avais dit que tu n'aimerais pas. Tu sais, Law, il va falloir que tu acceptes que tu es comme tout le monde. Tu n'es pas infaillible, et encore moins incassable. Pour être tout à fait honnête, je pensais dans quel état tu étais après l'arrestation de Donquixote. Ne crois pas que c'est ça qui m'excite, mais j'aime aussi cette partie de toi. Cette partie de toi que seul moi connais. Bon, et Aladdin aussi. Bref, ce que je veux dire, c'est que je t'... »
Ils s'immobilisèrent tous les deux, l'un effrayait d'entendre la suite, l'autre surpris que ses paroles dépassent sa pensée. Le plus jeune tourna la tête vers le flic, l'interrogeant du regard. Celui-ci se redressa sur les coudes, prenant bien le temps de réfléchir avant de reprendre la parole.
« Ce que je veux dire, c'est que je t'adore et que tu comptes énormément pour moi. Depuis qu'on a commencé à se fréquenter, j'ai vu tous les traits de ta personnalité, les bons et les mauvais côtés et je t'assure que je suis fier de t'avoir avec moi. »
« Est-ce que c'est une déclaration d'amour, Smoker-ya ? »
Law n'avait pas bougé et l'homme cru que le moindre mouvement brusque pourrait le faire fuir.
« Non, » mentit-il, espérant que Trafalgar le croirait naïvement.
« Tant mieux, parce que si s'en était une, je ne voudrais pas l'entendre, » murmura le jeune homme en revenant contre lui.
« Tu es contre l'amour ? »
« Si on peut être contre quelque chose qui n'existe pas... »
Smoker ne dit rien, mais il était abasourdit. Il connaissait l'ex-junkie et savait qu'il ne montrait jamais ses sentiments et qu'un sujet comme celui-ci était délicat... Cela dit, sa réaction expliquait pas mal de choses concernant sa relation avec Donquixote Doflamingo.
Ooooh
Au QG du G1, tous les affiliés à l'affaire Donquixote croulaient sous la paperasse. Quatre mois après l'arrestation du Flamant Rose, il y avait beaucoup de papiers à remplir, sans compter ceux des nouvelles arrestations, comme Bellamy La Hyène. Aussi, se partageant un open space, on trouvait les sergents Tashigi et Hina, l'inspecteur Aokiji et l'officier Smoker, penchés sur des tonnes de papiers. Ce fut la femme aux cheveux roses qui abandonna la première, lançant son stylo sur deux de ses hommes, Fullbody et Jango qui l'observaient depuis le couloir.
« Si on avait dit à Hina que faire partie de l'affaire Donquixote serait aussi barbant... »
« N'exagères rien, » dit Kuzan, le nez sur un vieux dossier perdu sur son bureau, « tu as pris un grand plaisir à arrêter les méchants. »
« Hina prend toujours du plaisir à arrêter les méchants, » répliqua Tashigi se frottant les yeux d'une main, tenant ses lunettes de l'autre.
« C'est pour ça que cette histoire laisse un goût amère dans la bouche d'Hina, » susurra la femme flic en direction de Smoker.
« Fous la paix à Law tu veux... »
« Oh ça va, si on ne peut plus plaisanter. »
« Tu es très sérieuse à ce sujet, alors arrêtes ! »
Hina, vexée, se leva, cigarette au bec, et sortit dans le couloir, suivit par Fullbody et Jango. Smoker soupira, ne cessant pourtant pas son travail. Tashigi poursuivit elle aussi le sien en silence, tandis que Kuzan s'arrêtait à son tour.
« En parlant de Law, comment va-t-il ? »
« Ça va, il est sur la bonne voie et ses crises sont de moins en moins nombreuses. Dans une semaine, il a rendez-vous avec Crocus, le directeur de l'hôpital, pour euh... tenter un arrangement. »
« Tu crois vraiment qu'il va accepter de le reprendre ? »
« Je n'en sais rien. Ça lui ferait beaucoup de bien d'être assuré d'avoir un avenir professionnel. Il en a vraiment besoin... »
« Il a une solution de replis, en cas de refus ? » ajouta Tashigi, se mêlant malgré elle à la conversation.
« Aladdin a émis une proposition, mais Law n'y croit pas. On verra bien... »
Ils restèrent silencieux pendant un long moment où tous les trois avaient cessé le travail, perdus dans leurs pensées, quand il y eut du vacarme dans le bureau du Commissaire Sengoku. Le chef de la police était en grande conversation avec l'officier Monkey D. Garp, depuis une bonne partie de la matinée. Personne ne savait de quoi il s'agissait, mais tout le monde savait que c'était important. Aussi, quand ils virent Garp sortir du bureau de Sengoku en toute vitesse et furieux, ils comprirent que la nouvelle n'était pas très bonne. Les inspecteurs Kizaru et Akainu se montrèrent eux aussi, visiblement, ils partagèrent leur surprise. Sengoku sortit à son tour, depuis quelques semaines, il semblait plus vieux de dix ans.
« Qu'est-ce qui se passe ? » demanda Kuzan, son regard allant de ses collègues à ses amis et à Sengoku.
« Garp nous quitte, » annonça le Commissaire, sombrement. « Il a décidé de prendre sa retraite après tant d'années de bons et loyaux services... »
« Enfoiré ! » mugit la voix de Monkey D. Senior dans le couloir.
Il avait, de toute évidence, entendu leur conversation et cette justification de la situation ne lui convenait pas. L'annonce de sa retraite n'était pas une surprise en soi, elle était prévue depuis deux ans déjà, mais que sa réaction soit si violente, s'en était une. En entrant dans l'open space, il bouscula sans ménagement Akainu et attrapa Sengoku par le revers de son manteau. Personne ne s'interposa entre eux, c'était trop risqué. Sengoku soutint son regard pour toute désapprobation.
« Dis-leur ce que tu as décidé, vas-y, dis-leur ! Dis-leur que tu préfères la force à la sécurité des gens ! »
« Garp, mon vieux, » fit Akainu avec un mince sourire, « tu as peut-être un peu trop attendu pour prendre ta retraite... »
« Toi, connard, je ne veux pas t'entendre ! Ni te voir, dégage ! »
« Tu n'as plus d'autorité sur moi, vieille branche... »
« Sakazuki, sors, s'il te plais. N'envenimes pas les choses. »
Non sans avoir hésité, il quitta les lieux en échangeant un regard avec Kizaru. Entre temps, Hina était revenue et observait tous ses collègues avec appréhension. La colère de Garp au sujet d'Akainu n'était pas nouvelle, deux ans auparavant, il avait tué l'un des petits fils de Garp, Portgas D. Ace. Les circonstances de sa mort étaient encore sujet à controverse au G1, mais les faits étaient là, Akainu avait tiré dans le dos d'Ace, la balle avait touché son cœur, puis il avait tenté de supprimer Luffy, l'autre petit fils de Garp. Depuis, Monkey D. Senior le haïssait et avait déjà menacé et tenté de le tuer lui-même.
« Qu'est-ce qui se passe, chef ? » répéta Tashigi, craignant une très mauvaise nouvelle.
« Ce bon vieux Garp n'est pas le seul à prendre sa retraite, moi aussi je pars. Et j'ai choisi mon remplaçant parmi les inspecteurs Kizaru, Akainu et Aokiji. Borsalino, je sais que ce poste ne t'intéresse pas, et puis, tu n'as pas les épaules pour ça. J'étais donc dans un choix difficile. Kuzan, j'ai vu avec l'affaire Donquixote que tu étais un excellent enquêteur et plus qu'efficace à faire parler les suspects... »
« Mais, » répliqua l'intéressé, croisant les jambes, « il y a forcément un mais qui suis. »
« Mais, j'ai des obligations et reçu des ordres de mes propres supérieurs. Tu sais que j'apprécie ton travail, mais il faut être plus... Sévère. Aussi, votre nouveau Commissaire et Chef de la Police et Sakazuki. »
Ce fut un choc pour tout le monde – ou presque. C'était un très mauvais choix que de laisser la place à celui qu'on surnommait Le Chien Fou de la Police. Akainu était un vrai sanguinaire, parfois bien plus dangereux que la pire des crapules. Smoker comprenait mieux la fureur de Garp, en plus de ses raisons personnelles, il voyait très bien l'erreur de Sengoku.
« Je partirais dans une semaine, » poursuivit-il, « faites vous à cette idée, ma décision est prise. Sur ce, remettez-vous au travail. »
Tous se dispersèrent, hormis Hina, Tashigi, Smoker et Kuzan. Chacun avait repris place derrière son bureau, abasourdit par la nouvelle. Hina se tenait la tête entre les mains, Tashigi était totalement pétrifiée, Smoker fumait trois cigares à la fois, tête baissée et Kuzan fixait le mur face à lui. Ces quatre-là en que Sengoku portait Kuzan en haute estime, sauf qu'ils ne s'attendaient pas à ce que le chef de la police cède aux pressions venus de plus haut. Là-bas, c'était Akainu le favori, ça aussi ils le savaient. Et ils n'acceptaient pas d'être aux ordres du Chien Fou de la Police.
« Dites à Hina qu'elle cauchemarde, » murmura la femme au cheveux roses, « ou que Sengoku a pété les plombs, mais dites lui que c'est faux ! »
« Sengoku se fait vieux, c'est vrai. Il a besoin de s'arrêter, » murmura Tashigi. « Il fallait bien qu'il se décide. Et puis, on ne sait pas ce que ceux d'en haut lui ont fait pour qu'il fasse ce choix là. D'autant plus qu'il aurait dû prendre sa retraite il y a deux ans déjà. Mais avec ce qui s'est passé... »
« Faut dire aussi que personne ne voit la justice comme Akainu et ceux du dessus, » ajouta Smoker.
« Personne ne voit la justice de la même façon. Il faudrait quelqu'un qui soit réellement juste. Qui sache faire la différence entre le bien et le mal, et qui soit capable de pardonner. Si tu vois ce que je veux dire. »
« Oui, alors là, tu rêves. La place que j'occupe, Officier et chef de la première unité du G5, me suffit largement. On sait tous ce que veut dire prendre la place de Commissaire. Emmerdes et compagnie, heures sans fin, pas de vie privée, merci, ce n'est pas nécessaire. Y en a assez avec l'affaire Donquixote et tout le reste. »
Sur ce, Smoker reprit la paperasse devant lui. Tashigi et Hina échangèrent un regard, puis leurs yeux se posèrent sur Kuzan, toujours fixant le mur. Il n'avait pratiquement pas bougé.
« Kuzan, est-ce que ça va ? » demanda Hina. « Tu veux en parler ? »
« Non. Pardon, je réfléchissais... Quand le procès de Donquixote sera passé, je m'en irais aussi... »
« Quoi ? »
Les deux femmes ne purent retenir leur indignation. Smoker ne bougea pas, il le savait déjà. Son meilleur ami lui avait confié son désir de partir si Akainu devenait Commissaire. Il l'avait sentit venir. Il ne supportait pas l'homme, et encore moins ses méthodes de travail. Kuzan prenait sur lui d'attendre de boucler sa dernière affaire avant de quitter définitivement le G1. En vérité, Smoker avait espéré qu'il changerait d'avis.
« Ne vous en faites pas les filles, il nous reste encore deux mois à passer ensemble. Et nous nous verrons en dehors du poste. J'ai bien l'intention de me tenir le plus loin possible du G1. »
« Y en a encore beaucoup des comme ça aujourd'hui ? » s'écria Hina tapant dans son bureau. Qu'est-ce que c'est la prochaine nouvelle ? Que Tashigi va se fiancer avec un criminel ? »
Smoker se leva brusquement, sous le regard ahuri de ses amis. Une chose lui était brusquement revenu en tête à propos de l'enquête. Il se précipita dans la salle des archives et embarqua avec lui tout ce que qui n'avait pas encore était prit concernant le Flamant Rose et retourna à son bureau. Le flic fouilla pendant quelques minutes dans les cartons avant de tomber sur ce qu'il cherchait : le CD d'écoute le soir de l'arrestation. Ils avaient fait porter à Law un micro pour la première et dernière fois alors qu'il allait rejoindre Vergo et Doflamingo dans leur planque.
« Qu'est-ce que tu fous ? » fit Kuzan en s'approchant de son ami.
« Je m'assure que Donquixote restera à Impel Down après son procès, » murmura Smoker, glissant le CD dans son ordinateur. « La Donquixote Family sait quelque chose sur lui que l'on ignore et je veux savoir quoi... »
« Law nous a déjà tout dit en ce qui le concernait, » fit Tashigi, s'asseyant à côté de son coéquipier.
« Il nous a dit tout ce qu'il savait, mais Donquixote ne lui a pas tout dévoilé. Le seul en qui il avait totalement confiance, c'était Vergo. »
« Oui, sauf qu'il est mort et enterré, » coupa Hina. « Comment fait-on pour l'interroger ? On appelle un médium ? »
« Attendez, je crois que j'ai trouvé... »
Ils firent silence tandis que l'officier lançait l'écoute.
« _Tu ne comprends pas que s'en est fini du règne de Doflamingo ?!
_C'est toi qui ne comprends rien, gamin. Tu ne sais rien du passé de Doflamingo ! »
Smoker arrêta l'enregistrement et se tourna vers ses amis, qui gardèrent le silence, un peu déçus.
« Et ? » firent Kuzan et Hina.
« Qu'est-ce qu'on sait du passé du Flamant Rose ? Justement rien, à part qu'il était au pouvoir de Dressrosa depuis dix ans, juste après le règne de sa mère, Donquixote Apus. Law nous a dit qu'elle était morte dans un accident d'avion qui avait aussi coûté la vie à plusieurs employés de la famille, comme le pilote. Qui était-elle ? Qui est le père de Donquixote ? »
« Ce n'est vraiment pas le moment de faire l'arbre généalogique de leur famille, » râla Hina, s'allumant une cigarette.
« Je suis sûr qu'en creusant de ce côté nous découvrirons quelque chose de très gros. S'il cache cette partie de sa vie, il doit bien avoir une raison. »
« Il faut que l'on interroge ceux qu'on a arrêté, » fit Kuzan en faisant les cent pas dans le bureau. « Il y en a forcément un qui est au courant de quelque chose. »
« Alors, Hina, » susurra Smoker s'appuyant contre son fauteuil, « tu trouves toujours que cette affaire est barbante ? »
And now I know who you are
It wasn't that hard
Just to figure you out
And now I know who you are
It wasn't that hard
Just to figure you out
Quand Smoker rentra chez lui, il trouva Law dans la cuisine, tremblant de tous ses membres, assis sur le carrelage. En pleine crise de manque. Rapidement, il prit le torchon le plus près, l'humidifia et lui appliqua sur le front. L'ex-junkie se laissa aller contre lui, tentant vainement de se contrôler. La crise ne dura pas longtemps, mais ils restèrent dans cette position encore un long moment.
« Dure journée ? » murmura Smoker, jouant avec les doigts de son compagnon.
« Pas vraiment... j'ai téléphoné à Chopper. Il m'a engueulé pendant un long moment avant que je puisse en placer une. Puis on a fini par discuter normalement, en gens civilisés. Ça faisait du bien de se retrouver après tout ça... » répondit Law avec un fin sourire.
« Tu as finalement suivit les conseils d'Aladdin. C'est bien. »
Ils se regardèrent dans les yeux quelques secondes avant que le flic ne sourit et tente de l'embrasser. L'autre le repoussa vivement.
« Qu'est-ce que tu veux dire ? Arrêtes de croire que je n'en fais qu'à ma tête. Ça m'arrive de suivre les conseils qu'on me donne. Je ne suis pas un de ces demeurés qui ne réfléchissent et n'écoutent pas les paroles sensées. Ne me mets pas au même niveau qu'Eustass Kidd, s'il te plais. »
Le plus vieux se releva, l'entraînant avec lui et se prépara un café.
« J'oubliais que tu avais rencontré tes pairs, ceux de la Pire Génération. Ceux qui finiront derrière les barreaux. »
« Mais pas moi. Disons que j'ai su me débrouillé pour éviter Impel Down. »
Smoker suspendit tous ses mouvements. Law aussi. Encore une fois, les paroles avaient dépassé les pensées. Trafalgar eut l'air gêné pendant un instant avant de reprendre son masque habituel.
« Tu sais que ce n'est pas ce que je voulais dire... Et toi, dure ta journée ? »
Valait mieux changer de sujet, penser que l'ex-junkie pourrait l'utiliser pour éviter la prison lui faisait mal, autant que ça le rendait furieux.
« On fait aller. Garp a finalement pris sa retraite et Sengoku a annoncé la sienne. D'ici demain ou après-demain ça sera officiel, autrement dit, la presse sera mise au courant. Et elle s'y donnera à cœur joie. »
« Je suppose que le vieux Sengoku a annoncé qui était son successeur ? Laisse-moi deviner, le nouveau Commissaire de la Police est... Akainu ? »
« Exact. Tu imagines donc facilement quel effet ça a fait au poste. Et encore, ce n'était pas une déclaration officielle. »
ça n'était pas une surprise pour Law, depuis le début, il savait que Akainu finirait à ce poste, d'une manière ou d'une autre. Ils allèrent dans le salon tout en continuant de parler. La table basse était recouverte par un tas de livres de médecine, des tonnes de feuille de cours et le téléphone portable du jeune homme. Smoker se laissa tomber sur le canapé et Law s'installa sur ses genoux.
« Kuzan a donc aussi annoncé son départ ? »
« Seulement à Hina et Tashigi. Sengoku sait ce qu'il en ait et je doute qu'Akainu l'ignore. Bref, la journée a été mouvementé. »
« Allez, ne t'en fais pas, je vais te faire oublié tout ça. Te faire penser à autre chose... »
Law l'embrassa et se serra contre lui. Les câlins étaient les bienvenues aussi bien pour l'un que pour l'autre. Plus les semaines passaient et plus ils étaient demandeurs d'affection. Ce qui changeait le flic, il n'avait l'habitude que de relations brèves et uniquement basées sur le sexe. Mais il avait déjà eut deux histoires qui avaient duré un certain temps où les sentiments amoureux étaient apparus, puis disparus. En son fort intérieur, il espérait que cette relation avec Trafalgar Law allait vraiment duré et être solide, car il aimait sincèrement le jeune homme. Il voulait le sortir de l'enfer dans lequel il était plongé depuis tant d'années et pourquoi pas, faire sa vie avec lui. Ils avaient tous les deux besoin de stabilité.
Smoker sortit de ses pensées lorsque son regard se posa sur une photo servant de marque page dans un bouquin. C'était quelques années en arrière apparemment, deux ou trois ans, peut-être quatre. Law était souriant, ses yeux toujours soulignés par des cernes, moins marquées qu'actuellement, et entouré de deux jeunes hommes de son âge. Tous deux portaient des lunettes de soleil et leurs têtes étaient recouvertes, pour l'un d'une casquette laissant voir ses cheveux roux, et un bonnet péruvien tricolore pour l'autre. Avec eux, il y avait aussi l'ours en peluche, Bepo.
Le flic l'attrapa, non sans effort et la regarda de plus près. Le paysage derrière eux laissait à penser qu'ils étaient à Dressrosa. Law se pelotonna davantage contre lui, suivant les yeux du plus vieux.
« Qui est-ce ? » demanda le flic ne quittant pas la photo du regard. « Tu ne m'as jamais parlé d'eux... »
« Ce sont Shachi et Penguin, mes meilleurs amis... Enfin, c'étaient. Ils étaient de North Blue aussi et ont grandit à Dressrosa. Je les connaissais déjà avant de rencontrer Doflamingo, je le soupçonne même de les avoir fait venir dans son pays pour moi. Ils étaient les seuls enfants qui n'avaient pas peur de moi et avec qui je m'étaient lié d'amitié, » raconta le jeune homme se serrant encore contre son compagnon. « Doflamingo a permis à leurs familles de travailler pour les Donquixote et eux ont pratiquement été élevé avec moi. On était inséparable tous les trois, ils m'ont permis d'avoir une enfance à peu près normale et une adolescence plus ou moins correcte. »
« Que leur est-il arrivé ? Donquixote vous a séparé ? »
« Plus ou moins... ils... ils sont mots. »
Smoker sentit Law se remettre à trembler et son cœur se serra en voyant son visage ravagé par les larmes. Cette fois, ça n'avait rien à voir avec une crise. Cela prit un moment avant qu'il puisse contrôler ses sanglots et reprendre la parole. Un flic l'encouragea en lui caressant le dos.
« On a partagé beaucoup de choses, et notamment la drogue. On a commencé ensemble , et ça les a dépassé. Ils sont devenus plus accro que moi à cette époque et... ils sont morts d'une overdose. Alors que je bossais un soir pour Doflamingo, ils ont fait un cocktail arc-en-ciel, c'est-à dire un mélange mortel. Les connaissant, je savais qu'ils n'avaient pas réfléchit un seul instant aux conséquences. C'est Doflamingo qui me l'a annoncé. J'ai appris quelques années après, que c'était lui-même qui a causé leur mort. Il les a encouragé à faire ce cocktail, prétextant que je serais fier d'eux s'ils l'essayaient... »
« C'est donc ça qui t'a poussé à le trahir. C'était donc leur mort dont tu m'avais parlé implicitement. Maintenant je comprends mieux ta colère, Law. »
L'ex-junkie essuya son visage avec les manches de son sweat-shirt, luttant contre ses derniers sanglots. L'officier l'embrassa dans le cou, profitant de sa faiblesse émotionnelle pour sentir son parfum enivrant. Celui-ci se laissa faire, perdu dans ses souvenirs.
« Quand j'ai demandé à Doflamingo pourquoi il avait fait ça, pourquoi il avait tué mes meilleurs amis, il m'a répondu que c'était pour me prouver que je lui appartenais et que s'il le voulait, il détruirait tout ce qui m'entourer. La suite, tu la connais... »
« Le chagrin, la rage... et dans un sens, heureusement que tu l'as trahis, non ? »
« Ouais, c'est une façon de voir les choses... »
« Relativiser, ce n'est pas ce qu'Aladdin te dit ? »
Law se permit d'avoir un sourire tandis qu'il se laissait glisser à côté du flic, pour le soulager un peu de son poids. Quand ses yeux se posèrent sur la table, il eut soudain conscience qu'il prenait un peu trop de place dans l'appartement de Smoker. Il commença alors à rassembler ses affaires, sous le regard de son amant. Ce dernier, toujours la photo en main, prit le livre dépourvut de son marque page et reconnu quelques lignes. Des Souris et des Hommes de Steinbeck. Le livre était dans un piteux état, il semblait avoir beaucoup voyagé, aux vues des pages, il avait prit l'eau. Smoker glissa la photo à sa place, referma le livre et le renifla, il avait cette bonne odeur de vieux papier. Une odeur qu'il appréciait et qui lui rappelait beaucoup de choses.
« Tu te sens bien, Smo ? » demanda Law, prenant sa tasse de café posée sur l'accoudoir du canapé qui avait faillit chuter.
« Oui, ne t'en fais pas. Je ne savais pas que tu aimais Steinbeck. C'est ton préféré ? »
« En vérité, c'est le seul que j'ai lu. En entier. J'ai essayé Les Raisins de la Colère, mais ça ne m'a pas autant plût que celui-ci. Tu es fan de cet auteur ? »
« On peut dire ça. Laisse-moi deviner. Dans ce livre, tu trouves Lenny très attachant, , mais tu t'identifies plus à George, bien qu'il se défini lui-même comme pas très malin. Dis-moi jusqu'à quel point tu es lui. »
Law se leva, posa la tasse sur la table, prit ses livres et feuilles de cours et disparu dans le bureau que Smoker avait aménagé pour lui pendant quelques minutes. Smoker garda le livre dans une main, reprit sa tasse dans l'autre et avala une gorgé de café devenu tiède, puis commença à feuilleter les pages. Le jeune homme revint dans le salon, ce qui le fit lever les yeux.
« Je ferais exactement ce que George a fait*, si tu tiens à le savoir, » murmura Trafalgar sombrement.
« C'est bien ce que je me disais... »
Le flic reprit son feuilletage tandis que l'ex-junkie aller à la cuisine se faire un café lui aussi.
« Smoker-ya ? »
« Oui ? »
« Tu as réussi à oublier un peu ta journée ? »
« Moui, mais je connais un autre moyen et bien plus efficace que la conversation... »
« C'est pour plus tard voyons. »
I like the freckles on your chest
And I like the way you like me best
And I like the way you're not impressed,
While you put me to the test
I like the wine stains on your dress
Ce matin là, quand Smoker arriva au poste, Kuzan l'attrapa au vol et l'entraina vers une salle d'interrogatoire, la même que celle où eux et Law avaient des heures.
« Tu arrives au moment moment ! » s'exclama l'homme haut de plus de deux mètres. « On a besoin de toi ! L'avocat de Bellamy a accepté qu'on ait une entrevue avec La Hyène, en sa présence, évidemment. Et cette tête de nœud ne veut parler qu'en ta présence. »
« Quel emmerdeur celui-là... »
Les deux flics entrèrent dans la salle, où Bellamy attendait, assis derrière la table, à la même place que Trafalgar, accompagné de son avocat, un type avec des lunettes, dans un costume gris, son attaché-case devant lui. La Hyène eut un sourire en voyant le Chasseur Blanc.
« Bonjour Officier Smoker. Je vois que l'Inspecteur Aokiji a réussi à vous faire venir, » commença-t-il, prenant ses aises. « Trafalgar est très... accaparant. Vous voyez ce que je veux dire, n'est-ce pas ? »
« Parfaitement, » fit Smoker en s'asseyant face à lui. « Surtout en ce qui concerne Donquixote Doflamingo, n'est-ce pas ? Il l'a tellement accaparé que tu n'as pas pu te glisser dans le lit du Flamant Rose. »
L'avocat se leva d'un bond, tandis que son client devenait livide. Il redressa ses lunettes avec le bas de sa paume de main.
« Je me présente, Maître Crow. Officier Smoker, je vous prie de ne pas parler à mon client de cette façon. »
« Mon commentaire va vous paraître enfantin, Maître Crow, mais c'est votre client qui a commencé. Et puis, c'est mon boulot de frapper là où ça fait mal. »
« Beau métier... » commenta Crow en fronçant les sourcils.
Plus Smoker le regardait et plus il avait envie de le frapper. Kuzan s'installa à côté de son ami et se pencha vers lui.
« Hina et Tashigi sont en train d'interroger Baby 5 à côté. Je crains qu'elles parviennent plus rapidement que nous à diriger la conversation vers ce qui nous intéresse. »
« C'est ce qu'on va voir. »
Ils retournèrent leur attention sur le complice de Donquixote et son avocat.
« Bellamy, j'imagine que c'est Donquixote qui t'a recommandé cet homme pour te défendre ? » demanda Smoker avec un faux sourire.
« Qu'est-ce que ça peut vous foutre ? » grogna La Hyène, croisant les bras.
« Tiens, qu'est devenue la politesse de tout à l'heure ? Tu l'as perdu ? » fit remarqué Kuzan, « Réponds à la question. »
« Oui, c'est lui. Doflamingo nous a tous donné des avocats qu'il connait bien. Il veut assurer la meilleure défense à sa famille. »
« Tu es conscient que ton procès ne se fera qu'après le sien ? »
« Et quand auras lieu celui de Trafalgar ? »
Smoker sentit la colère monter en lui. Déjà qu'il ne pouvait pas voir La Hyène, ça ne s'arrangeait pas. Il dû lutter contre lui-même pour ne pas lui éclaté sa tête balafrée contre un mur et faire bouffer ses lunettes à l'avocat qui ne cessait de les remonter de la même manière étrange.
« Il n'aura pas lieu. »
« Evidem... »
« Si je peux me permettre, » les coupa Kuzan en prenant une cigarette et en l'allumant, « tu ne sembles pas l'aimer beaucoup. »
« Et pourquoi est-ce que je devrais l'aimer ? Ce bâtard nous a trahit, nous sa famille, et Doflamingo, celui qui l'a élevé. Pourquoi est-ce que je devrais éprouver de la sympathie pour lui ? »
« Je dis ça, parce que les autres, ceux de ta famille, l'appellent par son prénom. C'est vrai qu'ils ne disent pas du bien de lui, mais tu es le seul à le haïr autant. Et il nous a dit que tu ne l'aimais pas beaucoup au départ. Pourquoi ? »
Le Chasseur Blanc profita du silence de Bellamy pour prendre un cigare et l'allumer. L'avocat eut une grimace. Ce qui fit plaisir aux deux flics qui ne l'appréciaient guère.
« Parce que Trafalgar était le favori de Doflamingo. Dès le premier jour où il l'a ramené à Dressrosa. Avant qu'il arrive, c'était moi. Et plus les années ont passé, plus j'étais réduit au rang d'Homme de Main, tandis que Trafalgar avait compliment et honneur. »
« Et le lit de Donquixote, » ajouta Smoker.
« Il avait tout et ça ne lui a pas suffit ! Dofy à tout fait pour lui, tout et il l'a trahi. Moi, jamais je ne lui aurais fait ça ! Jamais je ne lui aurait fait du mal. J'aurais tout fait pour lui, si seulement il m'avait laissé cette chance ! »
Bellamy commençait à se mettre dans tous ses états et le fumeur de cigare commençait à regretter de ne pas lui avoir mis les menottes. Le jeune homme était très fort et, lors de son arrestation, Kuzan et Hina en avaient bavé. S'il se mettait en rogne, ils allaient devoir maîtriser d'une façon très violente et Crow prendrait cela comme une violence policière. Ce qu'ils n'avaient pas vraiment besoin (encore de la paperasse et des emmerdes).
« Donquixote l'aimait plus que toi, on a compris. Mais quelle était ta relation avec lui ? »
Bellamy s'appuya davantage contre son siège, de plus en plus tendu.
« J'étais l'un de ses lieutenants. Un de ses meilleurs soldats qui grimpait les échelons un par un, comme l'a fait Vergo-san avec vous. Puisque Doflamingo ne voulait me voir que comme ça, j'ai toujours donner le meilleur de moi-même dans toutes mes tâches. Un peu plus et je devenais un membre à part entière de la Donquixote Family. »
Smoker et Kuzan échangèrent un regard perplexe. La raison pour laquelle Bellamy avait été arrêté, était qu'il faisait parti des proches du Flamant Rose. Si la Hyène disait à présent que ce n'était pas le cas, ils étaient dans de beaux draps.
« Tu veux dire que tu n'étais pas accepté à Dressrosa ? » reprit l'Inspecteur, tentant de de masquer une quelconque émotion dans la voix.
« Pas tout à fait. Disons que je n'était qu'un invité dans les lieux, pas un habitants. Doflamingo m'invitait très souvent au pays, je dormais quand même dans sa grande villa. Mais quand j'allais là-bas, c'était pour affaire. Jamais pour flâner. »
Ils gardèrent le silence pendant un long moment. Les deux flics commençaient à craindre la colère de Dieux quelconques pour échouer pitoyablement. Crow jouait nerveusement avec les attaches de sa mallette, une première dans ce poste de police, un avocat plus nerveux de son client. Est-ce que c'était un bon avocat au moins ? Bellamy se calmait petit à petit, ce qui apaisa un peu l'ambiance dans la salle d'interrogatoire.
« Bien, un autre point que nous voudrions aborder avec toi, » lança Smoker, « est-ce que tu as connu Donquixote Apus ? »
« Qui ne la connaissait pas ? »
Sur Grand Line, mise à part qu'elle était la mère de Doflamingo et reine de Dressrosa, Apus était connu pour ses participations à un bon nombre d'œuvre caritatives et d'être à la tête de beaucoup d'associations humanitaires. Elle avait également fait construire beaucoup d'hôpitaux pour les enfants ainsi que des maisons pour des jeunes en difficultés. C'était une femme de haute lignée et d'une grande bonté, voilà comment les continentaux la connaissaient. Une image un peu trop étincelante qui faisait douter la police sur le côté immaculé.
« Je veux dire, est-ce que tu l'as côtoyé ? »
« Pas tant que ça. Trafalgar est plus âgé que moi, quand il est arrivé à Dressrosa, j'étais un des orphelins que Doflamingo avait décidé de formé et qu'Apus avait réuni dans un petit centre en centre ville de Dressrosa. Trafalgar a donc pris ma place de favoris et celui de fils auprès d'Apus. Je ne la voyait que très rarement, seulement en bienfaitrice quand elle venait nous rendre visite au centre. Mais je suis le seul des orphelins qui ait assisté à ses funérailles et que Doflamingo a gardé à ses côtés. »
« Ah bah tu vois, il avait quand même de l'amour pour toi, » ironisa Smoker en souriant.
« C'est tout ce que tu sais d'Apus ? » demanda Kuzan, ne tenant plus qu'un mégot entre ses doigts.
« Oui. Pourquoi est-ce que ça vous intéresse ? »
« Ça ne te concerne pas. »
« Si mon client vous donne des informations, qui font avancé l'enquête qui plus est, il doit y avoir un accord. » coupa Crow.
« Pour ça, il faut que ça fasse réellement avancé l'enquête. Ce qui n'est pas le cas. Dernière chose, qu'est-ce que tu sais du passé de Donquixote ? »
« Rien ! Comme je vous l'ai déjà dit, Doflamingo ne m'accordait pas autant de confiance. Vergo connaissait tous ses secrets, et Monet aussi. »
Les flics sentirent le ciel leur tomber sur la tête. Ils avaient espéré beaucoup de Bellamy, il était le seul de la Donquixote Family a parler aussi facilement. Évidement qu'ils allaient interrogé à nouveau les autres membres de la famille, mais ils restaient tous muets face à toute personne touchant de près ou de loin à la police.
« Bien. On va te ramener à ta cellule. Au revoir maître Crow, » fit Kuzan, dépité.
Il se leva et se dirigea vers la porte, mais son ami ne le suivit pas. Smoker fixait Bellamy d'un air qu'il n'aimait pas vraiment.
« Tu es jaloux de Law, pas vrai ? » siffla-t-il, La Hyène hocha la tête. « Tu vas être ravi d'apprendre qu'à partir de dix ans, Vergo l'a tabassé et pratiquement laissé pour mort, Donquixote l'a violé à seize ans, puis Vergo s'est ajouté. Il a été séquestré pendant plus d'un an, et ton Flamant Rose a tout fait pour le détruire mentalement tandis que Vergo le faisait physiquement. Alors, tu es toujours envieux de son sort ? »
A peine avait-il fini de parler que l'Officier Smoker se levait et quittait la salle d'interrogatoire, laissant un Bellamy abasourdit et un Crow complétement choqué.
And I love the way you pass the check
And I love the good times that you wreck
And I love your lack of self respect
While you're passed out on the deck
I love my hands atound you neck
C'était le dernier jour de l'Inspecteur Monkey D. Garp et du Commissaire Sengoku. Sauf que l'ambiance était loin d'être festive, elle était carrément maussade au G1. Personne n'était visiblement d'humeur à se réjouir, d'autant plus que l'affaire Donquixote planait sérieusement. Aucun membre de la Donquixote Family n'avait parlé. La plupart ignorait effectivement tout du passé de Donquixote Doflamingo, les autres refusaient de parler de ce qu'ils savaient. Ça ne les empêchaient pas de sourire aux quatre gradés chargés de l'enquête, leur donnant froid dans les dos et jouant méchamment avec leurs nerfs. Ils devaient à tout prix découvrir ce que le roi de Dressrosa cachait avant que Marine Ford ne bloque le dossier et ne permette aux avocats de Donquixote de préparer leur défense.
Sans compter qu'au poste de police, la majorité des hommes craignaient de passer à la politique d'Akainu, bien trop stricte pour leur petit confort. Akainu clamait, depuis l'annonce de sa promotion, que les horaires de travail allaient sensiblement changé. Voilà pourquoi aucun d'eux n'avait hâte d'être au lendemain...
Smoker et Kuzan étaient dans la grande salle de réunion, avec les autres gradés, où un petit banquet avait été improvisé pour les futurs retraités. Les conversations étaient faites à voix basse, forcément portées sur Akainu, Garp et Sengoku. Les deux amis étaient présents plus par obligation morale pour leur supérieurs que par envie. Le seul point positif qu'ils trouvaient à cette petite sauterie : ils avaient leur après-midi et leur soirée de libre, c'étaient leur subordonnés qui faisaient tout le boulot. Eux, ils avaient juste à faire acte de présence tout l'après-midi, jusqu'à ce qu'ils craquent.
« Sinon, qu'est-ce que tu as prévu de faire ce soir ? » demanda Kuzan à Smoker, tournant délibérément le dos au futur Commissaire – il ne supportait pas de le voir.
« Aucune idée. A part canalisé Law, je ne vois rien de plus pour occuper ma soirée... »
« Ah c'est vrai, c'est aussi un grand jour pour lui demain. Il est stressé ? »
« Il l'était ce matin quand je suis partis. Aladdin voulait le voir aujourd'hui, justement pour le calmer. J'espère seulement qu'il a réussi. »
Kuzan sourit en finissant la dernière gorgée de son verre. Smoker lui avait déjà raconter le comportement d'un Law stressé et pour rien au monde il ne voulait être à sa place. Ils s'installèrent à une table un peu l'écart des autres.
« Et toi, ta soirée ? »
« Hina m'a invité à boire un verre. Plus exactement, elle veut m'empêcher de quitter la police en me faisant boire comme un trou. Mais j'avoue, vu ce qui nous attends, ce soir, je veux bien rouler sous la table. »
Smoker émit un léger ricanement. Ce n'était pas vraiment une nouveauté, Hina invitant Kuzan, cela faisait des années qu'elle lui tournait autour. Le fumeur de cigares ne savait si Kuzan en était conscient, mais de toute façon, il ne voulait pas se mêler de leurs affaires. A moins que l'un d'eux ne souffre, auquel cas, il referait le portrait de l'autre. Oui, oui, même si c'était Hina.
La sonnerie d'un téléphone les fit réagir, les lançant dans une espèce de course puérile, au premier qui sortirait son portable. Le plus grand des deux hommes fut vainqueur, sauf qu'en réalisant que c'était celui de son ami qui sonnait, il s'avoua vaincu.
« Officier Smoker, » annonça t-il avec un sourire amusé.
« Bonjour Smoker, c'est Aladdin à l'appareil. Est-ce que je te dérange ? »
« Au contraire. Qu'est-ce que je peux faire pour toi ? »
« J'aurais une requête à te faire. Au nom de Law, bien sûr. Crois-tu que tu pourrais prendre ton après-midi, et la soirée tant qu'à faire ? »
« Ça dépend pourquoi. »
« Pour le bien de ton compagnon. Pourrais-tu l'amener sur la tombe de ses parents ? »
Smoker resta silencieux un moment, les yeux fixés sur son meilleur ami, qui n'entendait que la moitié de la conversation. Il ne voyait pas trop comment aller sur la tombe des morts aidait à régler les problèmes intérieurs.
« Smoker, tu es toujours là ?
« Oui, je réfléchissais. Oui, on peut faire la route jusque là-bas, mais pourquoi ? Tu as réussi à le faire parler de ses parents ? »
« Non, j'ai tenté, mais il a fait une crise d'angoisse. J'ai bien peur que les seuls qui sauront jamais ce qui est arrivé ce jour-là soient Law lui-même, Doflamingo et le tueur. Bref, je pense qu'aller les voir permettra à Law de soulager un peu sa douleur, vu qu'il n'y ait pas retourner à North Blue depuis que Donquixote l'a amené à Dressrosa. »
« Tu es sûr de toi ? »
« De nous deux, qui est le médecin ? »
Smoker renifla bruyamment. Ce n'était pas Aladdin qui allait ramasser Law à la petite cuiller si ça tournait mal... Ce qui, de toute évidence, allait arriver.
« Ne m'obliges pas à réclamer des réponses construites toutes les deux minutes, Smoker... »
« Excuses-moi, je me prépare mentalement à voir mon compagnon sombrer dans la dépression... »
« Ça n'arrivera pas, fais-moi confiance. »
« Ce n'est pas que je doute de tes compétences, mais c'est une très mauvaise idée. Surtout la veille de son entretien avec Crocus. »
« Fais-moi confiance. »
« D'accord, très bien ! Mais si jamais je suis obligé de l'empêcher de se tuer, tu en subiras les conséquences. »
« Les menaces verbales ou physiques n'ont pas d'effet sur moi, tu devrais le savoir. Cela dit, oui, j'ai compris. »
« Parfait. Je passe à ton cabinet ?
« Non, Law est rentré en taxi. »
« Dans quel état ? »
« Le même que d'habitude. »
« J'ai du mal à le croire... »
« Tu verras bien. Bon, et bien prépare des pneus neiges et de bons manteaux, il fait plus froid à North Blue que dans la zone interdite de Punk Hasard. Bonne route. »
« Merci des conseils, Aladdin... »
« Je t'en prie. »
Le flic raccrocha, ne sachant pas trop comment réagir. Kuzan, toujours face à lui, haussa les sourcils.
« Changement de programme ? »
En rentrant dans son appartement, Smoker s'était attendu au pire (appartement saccagé, Law dévasté), il fut donc surpris de le trouver paisiblement allongé sur le canapé en train de lire. Sa surprise grandit davantage quand Law lui dit qu'il avait déjà préparer leurs manteaux pour North Blue. Aucune trace d'un mal-être quelconque ou de douleur psychologique, rien. C'était le même Law que celui qu'il avait quitté le matin. Quoi que sans le stress. C'était comme s'il s'apprêtaient à rendre visite à Kuzan ou Tashigi. Le flic ne chercha pas à détruire cet équilibre, c'est pourquoi ils partirent dans l'heure qui suivie.
Ils se mirent d'accord pour dîner à North Blue et de rentrer seulement après, histoire de ne pas reprendre la route tout de suite après. Du Nouveau Monde au pays enneigé, ils en avaient pour trois heures de route, et si tout allait bien sur la route, ils seraient au village natale de l'ex-junkie avant le coucher du soleil et la fermeture du cimetière. Cela dit, Smoker était prêt à braver l'interdiction et user de ses pouvoirs de flic. Law était toujours aussi calme dans la voiture alors qu'à l'extérieur le paysage changeait considérablement et que la température chutait de plus en plus. En clair, c'était le silence le plus total dans le véhicule.
Le flic ne savait pas trop quoi dire de la situation. Le sujet des parents Trafalgar était l'un des plus sensibles qui soit, il en savait le minimum, à savoir qu'ils avaient été tué sous les yeux de leur fils et que Donquixote avait tout vu. Il savait aussi comment ils étaient morts, Smoker avait consulté les archives de la police du Nord... et avait regretté pendant plusieurs jours sa curiosité, car ce qu'il avait vu était tout bonnement monstrueux. Pas étonnant que Law soit traumatisé.
And now I know who you are
It wasn't that hard
Just to figure you out
And I know who you are
It wasn't that hard
Just to figure you out
La neige tombait paresseusement sur le village, comme toujours le sol était recouvert d'une couche de blanc et l'air était glacial. Pas de doute, ils étaient bien à North Blue. Smoker eut même du mal à allumer ses cigares à cause du froid, son briquet refusait de délivrer autre chose que du gaz, absolument pas habitué à cette température. Law restait toujours aussi silencieux, ayant retrouvé son masque dépourvu de toute émotion que le flic lui connaissait. Ce dernier sentait l'angoisse monter en lui, le calme apparent de Law s'était envolé, bien entendu.
Ils arrivèrent au cimetière alors que le soleil commencé à décliner et que le gardien du cimetière faisait le tour des allées. Smoker lui expliqua rapidement qu'il était de la police, qu'ils venaient de loin et qu'ils n'en avaient pas pour longtemps. Le vieil homme hocha simplement la tête en continuant son tour. Il lança un coup d'œil à Law qui se dirigeait lentement entre les tombes à la recherche de ses parents.
Smoker resta à l'entrée du cimetière, il ne se sentait pas vraiment à l'aise au milieu des morts. Et puis, d'où il était, il pouvait voir son amant. Law s'était arrêté, face à une large pierre tombale, une pour deux. Les Trafalgar. L'ex-junkie s'agenouilla devant la tombe et posa une main dessus. L'Officier ne le quittait pas des yeux, prêt à le récupérer en cas de crise... Aussi, il sursauta quand le vieux gardien le tira par la manche de son manteau.
« Excusez-moi, Officier Smoker, » fit-il en croisant son regard, « est-ce que c'est le fils Trafalgar ? »
« Oui, c'est lui. Pourquoi ? »
Le gardien écarquilla les yeux. Sa main qui tenait toujours la manche du manteau se crispa. Le fumeur de cigares crut pendant une seconde qu'il allait se sentir mal, mais le vieux reprit la parole à voix basse.
« Cela va faire dix-huit ans que tout le monde le croit mort. Il a donc survécut à cette boucherie ? »
« Vous ignoriez que Donquixote Doflamingo l'avait prit sous son aile ? »
« Le roi de Dressrosa ? »
Visiblement, les nouvelles n'étaient pas très fraîches à North Blue. Le gardien chercha à s'appuyer contre la grille du cimetière, totalement abasourdit. Smoker aussi était surpris de voir que la visite du jeune Trafalgar fasse cet effet là aux locaux.
« Tout le monde pensait que le tueur du couple Trafalgar avait aussi tué le gosse, se débarrassant du corps dans l'océan... Pourquoi est-il revenu ici ? »
Le flic fronça les sourcils, le ton du vieil homme ne lui plaisait absolument pas. Beaucoup trop d'amertume et de dégoût à son avis.
« Nous n'allons pas rester, rassurez-vous. »
« C'est vous qui l'avez amener ici ! Pourquoi est-ce que vous avez fait ça ?! »
Le vieux commençait à s'énerver contre lui Smoker l'aurait bien calmer à sa manière, mais il avait des scrupules à frapper une personne âgée. Cela dit s'il continuait, à être aussi méprisant vis-à-vis de Law, il pourrait vite mettre son sens morale de côté.
« Je peux savoir ce qu'un gamin de huit ans vous a fait au juste ? »
« Il est démoniaque ! »
Ça y était, Smoker en avait marre. Il serrait les poings pour s'empêcher de rapprocher le gardien de ses protégés. Son attention fut détournée une nouvelle fois quand Law les rejoignit, il semblait apaisé, mais il retrouva son masque neutre en voyant le gardien. Celui-ci frissonna lorsqu'il fut à leur hauteur. Smoker se retint de lui mettre son poing dans la figure.
« Si vous en avez fini avec ces pauvres gens, allez-vous en. Je ferme, que les morts puissent reposés réellement en paix... »
« Qu'est-ce que... »
« Laisse tomber, Smo-ya, » fit le jeune Trafalgar, toisant le vieil homme, visiblement ils s'inspiraient l'un l'autre autant de dégoût. « Surveiller les morts ne l'a pas rendu aimable... »
L'ex-junkie sortit du cimetière entraînant avec lui un Smoker irrité. Si tous les habitants du village étaient comme le vieux gardien, la soirée promettait d'être tendue.
Ils étaient entrés dans un restaurant le plus proche de l'endroit où la voiture était garée. On avait reconnu Trafalgar Law dans toute la salle et l'Officier Smoker était prêt à parier que c'était la même dans les cuisines. Les regards qu'on leur jetait le mettait mal à l'aise, très mal à l'aise. Law ne semblait pas en être affecté, il mangeait tranquillement, ignorant les murmures autour d'eux. Au bout d'un moment, le flic laissa tomber ses couverts contre son assiette. Les murmures se suspendirent quelques secondes avant de reprendre de plus belle.
« Comment est-ce que tu fais pour supporter ça ? » grogna-t-il en s'allumant deux cigares.
Depuis l'annonce de la promotion d'Akainu, il avait repris sa mauvaise habitude. Law posa tranquillement sa fourchette sur la table et glissa une main dans ses cheveux.
« Disons que j'y suis habitué. Pendant huit ans, tout le village se comportait comme ça avec moi. J'ai certes très peu de souvenirs de ma vie ici, mais ça, je m'en souviens très clairement. Souvent on m'a traité de démon, et autres noms de ce genre là. »
Smoker prit sa main dans la sienne, inconsciemment.
« Pourquoi ? »
« Demande-leur. Tout ce qu'ils m'ont toujours dit ne dépassaient jamais le vocabulaire démoniaque... Ou des insultes plus ou moins prononcées. J'avais demandé à mes parents pourquoi les gens du village agissaient ainsi... mais je n'ai jamais eu de vraies réponses. Finalement, je remercie Doflamingo de m'avoir amener à Dressrosa. Je ne sais pas ce qui me serait arriver si j'étais resté... ils m'auraient sûrement brûlé vif...
Smoker fronça les sourcils, l'ex-junkie disait cela tellement calmement que s'en était terrifiant. Les locaux de North Blue étaient décidément des arriérés... Le flic s'était quand même attendu à ce genre d'accueil en venant ici, plus ou moins. Il savait que ce village du Nord était en quelque sorte rustique, éloigné des grandes villes, placé au pied des montagnes... Ses collègues nordiques étaient surtout débordés par des affaires de voisinage. Quand le couple Trafalgar a été tué, cela avait dû en choquer plus d'un...
« Je me trompe ou le superbe Officier Smoker n'est pas à l'aise ? »
Law avait ce petit sourire moqueur qui avait le don de l'agacer autant qu'il lui plaisait. Ce sourire qui le rassurait : Aladdin ne s'était donc pas trompé.
« Le comportement de ces gens à ton égard me donne envie de vomir. Je n'arrive pas à comprendre comment un enfant de huit ans a pût les terroriser à ce point. »
Cette fois, le jeune homme perdit son sourire. Il récupéra sa main et s'enfonça dans son siège. Smoker connaissait cette attitude, celle du Trafalgar qui cachait quelque chose et qui lui était douloureux d'avouer. Cela dit, ce n'était pas comparable aux autres fois, dans la salle d'interrogatoire. C'était plus léger, moins tendu.
« Tu leur as fait quelque chose par le passé ? » finit-il par demander à Law. « Est-ce que tu es moins innocent que je ne le penses ? »
« J'ai toujours été un enfant... différent. A huit ans je voulais déjà devenir chirurgien. Je me souviens que j'essayais toujours de disséquer les animaux morts que je trouvais dans la neige, pour savoir ce qui les avait tué. Je ne m'intéressais pas aux autres, sauf s'ils étaient blessés. Quand il y avait un accident, j'étais toujours là pour voir. Alors, si c'est ça qui les fait me traiter de démon, oui, je suis coupable. »
Le chemin du retour fut aussi silencieux que pour l'aller. Il était déjà tard et en quittant North Blue, ils avaient fait face à une tempête de neige. Rien de bien grave, mais suffisamment pour faire ralentir Smoker et lui faire réaliser qu'il ne dormirait pas beaucoup cette nuit là. Ils avaient allumé la radio, arrêtée sur la seule station qu'ils pouvaient capter dans la voiture. En vue de l'heure, la radio ne passait que de la musique. Pas très diversifiée, avait remarqué Law alors qu'ils entendait pour la troisième fois la voix de Soul King.
Lorsqu'ils furent de retour sur Grand Line, le jeune Trafalgar s'était endormi, la tête posée contre la vitre. Smoker lui jetait des coups d'œil de temps en temps. Il adorait l'observer dormir, l'ex-junkie était tellement paisible et serin lorsqu'il dormait. C'était dans ses ces moments-là que le flic se laissait à penser qu'ils avaient un avenir ensemble. C'était dans ses moments qu'il se permettait d'être amoureux. Car oui, il ne le disait pas à voix haute, ou ne le disait pas tout court, mais il était amoureux. Amoureux d'un homme de dix ans son cadet. Un ancien criminel et drogué qui plus est. S'il restait silencieux, c'est parce qu'il savait que Law ne voulait pas l'entendre. Law avait peur de l'amour. Ça, Smoker l'avait compris.
Il savait peu de choses sur la relation de Donquixote et de son compagnon, mais il avait compris beaucoup. Évidement que Law avait toutes les raisons du monde de trahir celui qui l'avait élevé : passage à tabac, drogues, viols, prostitutions et meurtres ; mais aucun de ses arguments n'avaient convaincu Smoker, jusqu'à ce que la réponse lui fut évidente : Trafalgar Law avait aimé Le Flamant Rose.
Pourquoi l'ex-junkie refusait-il d'entendre parler d'amour si on ne lui avait pas broyé le cœur avant ? Smoker n'était pas un sentimental, mais il savait qu'un être humain, élevé à la dure ou pas, ne pouvait décemment pas nier l'existence du sentiment le plus répandu au monde. Le flic n'était pas psychiatre, mais pas naïf non plus.
En quelque sorte, il essayait de protéger Law tout en lui ouvrant doucement les yeux. Si ce n'était pas de l'amour qu'il y avait entre eux, qu'est-ce que c'était ? Plus le temps passait, plus il commençait à comprendre le jeune homme, bien qu'il ne le laissait pas voir.
Smoker espérait juste que son compagnon ne resterait pas aveugle longtemps. Si un autre que Law lui-même lui faisait comprendre, son équilibre mental en serait plus qu'ébranlé. Aladdin aussi en était venu à cette conclusion, le flic le savait. Qui mieux qu'un psy peut comprendre ces choses là ?
En arrivant dans le Nouveau Monde, l'Officier Smoker coupa la radio, il en avait assez de ce Soul King et préférait entendre la respiration calme de l'ex-junkie. Il était très tard, et rien que de penser au lendemain, il sentait ses nerfs s'enflammer. Au final, il ne dormirait sans doute pas cette nuit. Mais ça lui était égal, tant que Trafalgar, lui, trouvait le repos.
I like your pants around you feet
And I like the dirt that's on your knees
And I like the way you still say please
While you're looking up at me
You're like my favorite damn disease
La journée avait bien commencé, trop bien d'ailleurs. En arrivant au G1, Smoker fut accueillit par Akainu lui-même, ce qu'il trouva très louche. Jamais Le Chien Fou de la Police n'avait fait preuve d'une quelconque sympathie à son égard, alors l'accueillir avec un sourire et un café, ça sentait le plan foireux. Le nouveau Commissaire le guida jusqu'à l'open space qu'il partageait avec Kuzan, Hina et Tashigi, tout en lui demandant joyeusement comment il aller. Cette amabilité était très suspecte, alors qu'il avait clairement dit à l'Officier qu'il n'acceptait pas sa liaison avec Trafalgar Law.
Quand le fumeur de cigare s'installa à son bureau, il croisa le regard de son meilleur ami, qui semblait aussi choqué que lui. Akainu s'installa sur le bureau d'Hina, tout en continuant de faire la conversation tout seul. Ce n'était pas normal. Pas normal du tout. Ça ne ressemblait pas du tout au Akainu tant redouté et haïs par la plupart de leurs collègues.
Kuzan avait l'air d'être là depuis un moment à supporter les bavardages du nouveau Commissaire, et Smoker pût constater qu'il n'était pas encore totalement descendu de sa nuit d'ivresse avec Hina. Il se tenait la tête avec une main (il alternait, la droite, puis la gauche), ses yeux étaient vitreux et il grimaçait à chaque fois qu'il y avait le moindre petit bruit.
« Qu'est-ce que vous avez fait des femmes ? D'habitude, elles sont déjà là, non ? » lâcha le Commissaire après un moment béni de silence.
« Tashigi est dans les bouchons, elle m'a appelé pendant que je me garais, » répondit Smoker, « et Hina... »
Il se tourna vers son ami qui commençait à s'avachir sur son bureau. Akainu ne fit aucune remarque vis-à-vis de ce manque de tenue. Même parfaitement sobre, Kuzan était comme ça.
« Hina ? Aucune idée, elle ne s'est sûrement pas réveillée. Ou alors elle titube encore et essaye de rejoindre le G1, » murmura le plus grand, la joue sur ses bras croisés. « En tout cas, elle était vivante quand je l'ai ramené chez elle cette nuit. »
Smoker ricana en allumant ses cigares, Hina savait très bien se débrouiller avec les gueules de bois. C'était une seconde nature chez elle.
« Bon, je comptes sur vous pour leur répéter ce que je vais vous dire. Tant que Marine Ford n'a pas bouclé le dossier de l'affaire Donquixote, je veux que vous vous concentriez dessus. Vous ne devez vous occuper d'aucune autre enquête. Il faut mettre toutes les chances de nôtre côté. En gros, vous êtes libres d'agir comme bon vous semble, tant que vous ne faites rien d'illégal. Je veux que ce Flamant Rose de mes deux passe sa vie derrière les barreaux pour s'être foutu de notre gueule. »
Akainu était redevenu celui que Kuzan et Smoker connaissaient. Tout dans sa voix débordait d'amertume. La trahison de Vergo était loin d'être digérée au G1, à commencer par ceux qui lui avaient accordé leur confiance, les trois Inspecteurs et tous les Officiers. Bref, le Commissaire Akainu réclamait justice et il comptait sur eux pour boucler proprement le dossier. Rien d'inhabituel en fin de compte...
Hina apparue à ce moment précis et foudroya du regard Akainu, toujours installé à son bureau. Cela dit, elle avait l'air de ne pas avoir dormi de la nuit. Et Smoker était prêt à parier qu'elle s'était aspergée de parfum et avait mis la triple dose de dentifrice pour masquer l'odeur d'alcool. Elle avait quand même meilleure mine que Kuzan.
« Bien, je vous laisse. Tenez moi au courant du moindre avancement de l'affaire. »
Akainu quitta tranquillement l'open space,non sans avoir reniflé Hina avant. Elle se retint de lui mettre son poing dans la figure. Sauf que ça n'aurait pas aider... pas le premier jour en tant que Commissaire d'Akainu.
« Bon, alors, quel genre de corvées nous a-t-il refilé ? » questionna la femme flic en observant son bureau comme si elle voulait le désinfecter.
Ce n'est que lorsque Tashigi arriva qu'ils se mirent sérieusement au travail, alors qu'autour d'eux, le peste était en perpétuelle ébullition. Seuls Kizaru et Fujioka se tournaient les pouces. Fujioka avait été nommé Inspecteur à la place d'Akainu par Sengoku. L'homme était aveugle, mais il avait largement fait ses preuves comme policier, c'est pourquoi il était très respecté du G1. Sa promotion n'était pas une surprise. Donc Kizaru et lui flânaient dans les couloirs, se moquant discrètement de leurs collègues surchargés de travail. Hina était soulagée de ne plus avoir Fullbody et Jango dans les pattes. Ses hommes avaient été affecté à la circulation le temps de leur trouver une place adéquate.
Smoker, Kuzan, Hina et Tashigi étaient chacun devant son ordinateur, plongés dans le passé de Donquixote quand Yarisugi vint les voir. C'était un des trois Lieutenant du G1 et l'un des chefs d'unités du G5 . En d'autres termes, il était le supérieur de Tashigi et Hina, mais le subordonné de Kuzan et Smoker. Aussi, il s'inclina devant les hommes et salua les femmes en inclinant simplement la tête, qui hochèrent simplement la tête en le voyant.
« Lieutenant Yarisugi, » fit Kuzan en se détachant de ses recherches, « que nous vaut cette visite ? »
« J'avais une entrevue avec le Commissaire ce matin, » commença-t-il en se tenant bien droit au milieu de la pièce, « pour la plainte anonyme qui a été déposé contre moi. »
Tashigi resta aussi naturelle que possible, alors que ses trois amis tentaient de ne pas sourire.
« Il a dit que je devais voir avec l'Officier Smoker pour ma sanction, puisqu'il n'y a plus de Commandant pour le moment au G5. »
Le fumeur de cigare soupira bruyamment. Vergo était l'ancien Commandant du G5 et personne ne lui chechait de remplaçant. Contrairement à ce qu'il était en réalité, Vergo avait toujours eut un comportement irréprochable qui lui avait valut de monter en grade et avoir de hautes responsabilités. Les hommes du G5 le considéraient comme un père, plus qu'un supérieur. C'était en partie pourquoi le poste de Commandant était vide. L'autre raison était que le G5 était la pire section de la police, tout était border line là bas.
« Officier Smoker, j'accepte ma punition la tête haute ! » continua Yarisugi, les jambes légèrement tremblantes.
« Je ne suis pas le Commandant, je n'ai donc pas ce pouvoir sur vous, Lieutenant. Lorsque le Commissaire Sakazuki aura nommé ce nouveau Commandant, c'est vers lui que vous irez, » répliqua Smoker froidement, les yeux fixés sur son écran.
Yarisugi fit la révérance, remercia le chef de la première unité du G5 et sortit, les jambes toujours aussi tremblantes. Tashigi avait porté plainte anonymement contre lui pour son comportement odieux avec les civils vivants près de la base du G5.
« Bravo Smo, je ne voyais pas comment tu allais t'en débarasser, mais là, bravo. Faire la carpette, comme ça, bien joué ! » sourit Kuzan, de nouveau au travail.
« Oh la ferme ! »
Tout à coup, Tashigi poussa un juron qui fit sursauter les trois autres. Ce n'était pas dans son genre d'être vulgaire.
« Je crois que j'ai trouvé quelque chos de très intéressant, » dit-elle les joues rosies d'excitation et d'un peu de honte.
Smoker ne comprenait absolument pas pourquoi Akainu avait convoqué tous les gradés alors qu'ils s'étaient déjà tous réunis la veille. Si c'était pour faire une annoncé, il aurait très bien pû attendre un peu, soit demander aux Inspecteurs de faire passer le message. Ils s'étaient donc tous installés dans la grande salle de réuinon, attendant de savoir ce que le Commissaire leur voulait. Smoker était assis entre Tashigi et Hina, tandis que Kuzan était resté debout, installé près de la sortie.
« Mes chers camarades, collègues et amis, si je vous ai tous réunis ici, c'est pour vous annoncer une grande nouvelle. Beaucoup d'entre nous sont encore sous le choc en ce qui concerne Vergo... »
« C'est peu de le dire ! »
Le Chasseur Blanc reconnu la voix de l'Officier Dalmatien.
« Mais nous devons aller de l'avant, oublier cette tâche sur l'honneur de la police et nommer un nouveau Commandant pour le G5. »
Il y eut un brouhaha dans la salle de réunion, toutes les personnes présentes parlaient en même temps, contestaient et protestaient cette décision. Tashigi et Smoker échangèrent un regard, trouver un remplaçant à Vergo n'était pas forcément la meilleure idéee pour ne pas laisser le G5 face à la débandade.
« S'il vous plais, fermez-là ! » cria Akainu, perdant patience face à tant de rébellion. « Le G5 a besoin d'un Commandant pour rester dans le droit chemin, je crois que l'Officier Smoker et le Sergent Tashigi seront d'accord avec moi. C'est pourquoi, j'ai choisis l'homme qui sera à la tête de cette section, un homme d'honneur et qui sait se faire respecter par ses subordonnés, j'ai nommé, Smoker le Chasseur Blanc ! »
Une longue seconde de silence se fit avant que des applaudissements retentissent dans la salle de réunion. Akainu fit signe au nouveau Commandant du G5 de venir le rejoindre. Ce qu'il fit sans vraiment s'en rendre compte. Il ne s'attendait pas à ça, pire encore, il ne voulait pas de cette promotion ! Être à la tête du G5 allait lui apporter plus de problèmes que d'en faire parti. D'autant plus qu'il avait déjà énormément de boulot avec l'affaire Donquixote... Une fois aux côtés du Commissaire qui lui fit une accolade et un sourire, aïe. En faisant face aux autres gradés, il croisa le regard de Yarisugi. Et merde.
Oui, sa journée avait vraiment trop bien commencé pour être vraie.
And I hate the places that we go
And I hate the people that you know
And I hate the way you can't say no
Too many long times in a row
And I hate the powder on your nose
« Dure journée ? »
La voix de Law semblait venir au salon. Smoker avait claqué la porte d'entrée, sans vraiment s'en rendre compte. Il enleva sa veste en se dirigeant dans le salon qu'il trouva vide. L'appartment n'était certes pas grand, mais ne pas trouver son amant, l'inquiéta un peu.
« On peut dire ça... Où est-ce que tu te caches ? »
« C'est-à-dire ? Bonne ou mauvaise ? Je suis dans la salle de bain, et je ne me caches pas. »
Le flic jeta sa veste sur le canapé et en quelques enjambées, il trouva l'ex-junkie, qui sortait visiblement de la douche, simplement vêtu d'un caleçon. Smoker ne pû s'empêcher de venir derrière lui et de le serrer dans ses bras. Leurs lèvres se rencontrèrent un bref instant, puis le jeune homme le repoussa pour enfiler son jean.
« Alors, bonne ou mauvaise, ta journée ? » insista Law.
Smoker s'appuya contre le mur et soupira.
« Bonne, puis mauvaise. Ou l'inverse... Non, pas l'inverse. Je ne sais pas trop. Je n'arrive pas à savoir si Akainu essaye de sympatiser ou non. »
Law restait torse nu, s'asseya sur le rebord de la baignoire et observa le flic.
« Qu'est-ce qu'il a fait ? »
« Il m'a nommé Commandant du G5. »
Law partit dans un fou rire incontrôlable, mais Smoker était loin de partager son hilarité. Il attendit calmement que Trafalgar se reprenne, veillant quand à ce qu'il ne se fracasse pas le crâne contre la baignoire.
« C'est officiel, Akainu te hais. Sérieusement, à part Vergo, je ne vois pas qui d'autres peut réussir à fraîner l'agressivité vois pas qui d'autre peut réussir à fraîner l'agressivité et la violence des gars du G5. Et passer après lui sachant que tu vis avec celui qui a foutu la merde dans leur petite vie... Oui, il te hais. »
Le flic grogna en se rapprochant du jeune homme. Il le saissit par les hanches, le souleva et le plaqua contre son corps.
« Mettrais-tu en doutes mon autorité ? Tu es plutôt mal placé pour dire ça... »
« C'était une simple remarque, Smo. Je suis sûr que tu feras un bien meilleur Commandant du G5 que Vergo. »
« Arrêtes de te moquer... »
« C'est sincère. »
Plus ils parlaient, plus leurs lèvres étaient proches. Law avait entouré ses hanches de Smoker avec ses jambes.
« Et toi, dure journée ? »
L'ex-junkie balança la tête en arrière en expirant. Le flic n'aurait peut-être pas du dire ça maintenant. Le plus jeune remit les pieds à terre, mais resta dans les bras de son compagnon.
« Plutôt dure. J'ai passé trois heures dans le bureau de Crocus, il m'a interrogeait sur mon traitement et mon suivit, il adiscuté au téléphone avec Aladdin et il m'a posé des questions de théorie pour voir si je n'avais pas régresser. Jusque là, pas de problème. Ensuite, il m'a annoncé qu'il ne pourrait jamais me reprendre au sein de son hôpital par conscience professionnelle. »
Law s'était arrêté, mais Smoker savait qu'il y avait une suite, sinon il ne serait pas aussi joueur et enjoué sans en savoir trop l'air.
« Mais... ? »
« Mais, il a dit qu'il pouvait me conseiller au Dr Kureha, qui n'est autre que la mère de Chopper. A la condition que je travaille une que je travaille une journée entière au dispensaire de l'hôpital, avec pour mentor Chopper. Le Dr Kureha sera là pour m'osbserver et s'assurer que je suis à la hauteur de ses exigences. Et Chopper s'est porté garant en cas de problèmes. Donc, je garde l'espoir de devenir chirurgien. »
Smoker, ravi d'apprendre la nouvelle, offrit un vrai baiser à son amant. Celui-ci se laissa aller dans ses bras, puis colla sa joue contre son torse.
« Elle fait quoi, ce Dr Kureha, exactement ? Si elle n'est pas à l'hôpital de Crocus, où est-elle ? »
« Elle a sa propre clinique privée. Elle a des méthodes particulières, ce qui lui a valut plusieurs altercations avec Crocus. C'est pourquoi elle a sa clinique qui fonctionne approximativement comme un dispensaire. A la différence qu'elle demande à ses patients de la payer une fois qu'ils sont guérris et qu'elle leur dit quoi leur donner s'ils n'ont pas d'argent. »
Le fumeur de cigare hassa un sourcil.
« C'est légal, ça ? »
« Mais oui, ne t'inquiètes pas. Le Dr Kureha est très particulière, mais c'est quelqu'un de bien. »
« Tu m'as l'air bien informé, toi. »
« Je te rappelle que c'est la mère de Chopper, donc, oui, je connais le specimen. »
Ce même soir, ils restèrent à l'appartement à se détendre. Le programme de la soirée était simple : télé, pizza, bière. Smoker avait les pieds sur la table bassa tandis que Law avait la tête posée sur sa cuisse, les jambes pliées. Le flic ne regardait pas vraiment l'écran, il pensait à ce que Tashigi avait découvert sur Dressrosa. Il avait envie d'en parler avec l'ex-junkie, sauf que ça ne servirait à rien. Law avait déjà tout dit de ce qu'il savait sur le passé des Donquixote, c'est-à-dire pas grand chose. Lui livrer cet élément n'avancerait pas les choses, que ce soit pour l'enquête ou pour la thérapie du jeune homme.
Et de toute façon, à partir de maintenant, Akainu leur avait annoncé quand ils avaient fait leur rapport, qu'ils n'avaient plus le droit de parler de l'enquête Donquixote avec leurs proches, à moins que le Commissaire rende un élément publique. Et ça gênait beaucoup Smoker de cacher ces choses à son compagnon, lui qui lui accordait sa confiance. Il était quand même très concerné par ce qui se passait, c'était lui le témoin clé de l'enquête. Vu de comment les choses prenaient formes, le Chasseur Blanc craignait qu'Akainu ne veuille seulement se servir de Law pour boucler Donquixote. Ce qui ne lui plaisait pas du tout.
« Un problème, Smoker ? » demanda Law, se redressant sur ses coudes.
« Non, j'étais perdu dans mes pensées, c'est tout. »
Il se rallongea tout en embrassant sa cuisse et en la caressant. Le plus âgé glissa ses doigts entre les mèches brunes.
« Law ? »
« Ouais ? »
« Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour te protéger, tu sais... »
« Je sais... »
Smoker sourit et se détendit. Mieux vallat ne pas penser au lendemain sans profiter de l'instant présent. Et c'était inutile de s'inquiéter pour des suppositions, bien que trop sûres.
