Note de l'auteure: Voici mon deuxième chapitre, il est plus long que le premier mais je ne voyais pas où le couper alors voila ce que ça donne. L'univers de The Elder Scrolls ne m'appartient nullement. Je tiens a dire qu'il y aura du spoil que ce soit sur la quête principale ou certaines quêtes secondaires même si je vais parfois les tourner à ma sauce.

Sur ce, bonne lecture !

Corrigé le 23/11/2014


« Quand elle a débarqué, comme ça, et qu'elle est venue me dire que je devais la suivre je l'ai tout de suite détestée. Ensuite ? Ben disons qu'ils n'y a que les imbéciles qui ne changent pas d'avis » Lydia


Ambre ne savait pas si c'était vraiment la meilleure idée qu'elle ait eue de demander de l'aide. Depuis qu'elles étaient sorties de la ville, le moins qu'on puisse dire c'est que Lydia n'était pas ravie de la suivre. Son armure la ralentissait et Ambre s'arrêtait régulièrement pour l'attendre. Sentant que leur relation était en train de se bâtir sur de mauvaises bases, elle essaya de détendre l'atmosphère.

« Et tu es née à Blancherive ? » demanda-t-elle.

Ambre ne voyait pas vraiment de quoi elle pouvait parler d'autre, Lydia était aussi bavarde qu'une carpe du Hist.

« Qu'est-ce que ça peut te faire rougegarde ? » bougonna la nordique.

Bon ça s'annonce bien.Son père lui avait bien dit dans son enfance que les nordiques étaient un peuple fier et méfiant envers les étrangers. Jon, son mentor, pensait qu'ils appréciaient guère les rougegardes du fait de leur culture Yokudéenne complètement opposée aux leur et à la plupart des autres races humaines descendantes d'Atmora ou de Tamriel. Aujourd'hui,le brassage des peuples était devenu courant mais Lanclume, comme Bordeciel, restaient très attachés aux traditions.

«Je suis mi-rougegarde mi-nordique. Ma mère était de ce pays et s'est installée à Lenclume après avoir rencontré mon père, dit Ambre. En fait rougegardes ou nordiques vous êtes pas si différents que ça. On me traitait de bâtarde là bas à cause de mon sang en partie nordique.

- T'es de Lenclume. Vous apprenez tous à devenir des mercenaires ou des pirates. Je sais que vous avez une grande maitrise de l'épée. Je n'ai pas confiance en toi. Qu'est-ce qui me dit que tu ne vas pas me tuer et me voler dans mon dos, que tu ne vas pas nous mentir et nous manipuler ? Vous, les rougegardes, êtes imprévisibles et que tu sois à moitié nordique n'y changera rien ! cracha Lydia.

- Tu le crois vraiment ? Je serais aller prévenir le chef de Blancherive de l'attaque d'Helgen si j'étais une mercenaire ou une pirate ? s'indigna Ambre. Si je suis en Bordeciel, c'est pour des raisons personnelles et non voler ou trahir ou quoi que ce soit d'autre. Je rends ce service au jarl et je m'en vais ! Ça te va comme ça ?

- Ha ! Je vois, tu te sers du fait que nous soyons en pleine guerre pour te cacher ici !» s'exclama la nordique.

Ambre pria les divins de lui accorder une infinie patience, cette femme n'y comprenait rien. Pourquoi serait-elle venue ici ? Si elle avait eu le choix, elle serait restée avec son clan dans le désert Alik'r ou avec son père à Sentinelle pour devenir forgeronne ou commerçante dans la cité. Elle ne serait certainement pas venue dans ce pays si austère sans parler de ses habitants orgueilleux et racistes. Elle aurait pu partit pour Elsweyr ou continuer jusqu'à Morrowind mais quelque chose l'avait attiré ici. Elle ne savait pas vraiment quoi: peut être le fait que sa mère aie grandi dans ces paysage. Surement aussi qu'elle aurait espéré trouver en cette région sa patrie alors que Lenclume l'avait si mal acceptée ses vingt-six dernières années.

« Si c'était le cas, je ne me serait certainement pas présentée ici ! Je me serais cachée au fond d'un trou à ragnard pour rejoindre un groupe de ceux que vous appelez bandits. Si j'étais mercenaire, je n'effectuerais pas des services aussi mal rémunérés. Avant de me faire croire que tu me connais parce que je ne suis pas une authentique nordique, répète-moi en face que je suis une voleuse et une personne sans honneur. »

Le ton d'Ambre n'avait cessé de monter et elle lui cria même la dernière phrase. Lydia se contenta de la fixer, elle ne savait que répondre c'était évident pour Ambre, elle reprit contenance.

« Je ne veux pas t'imposer ça, si tu ne veux pas venir retourne là bas ! Pars si tu veux, je ne te retiens pas ! Le jarl t'avais choisie parce qu'il pensait que tu étais quelqu'un de différente mais visiblement il s'était trompé. »

La voix d'Ambre était encore tremblante de l'accès de rage qu'elle avait eu mais elle était à présent résignée. La méfiance de Lydia ne serait pas exceptionnelle, cette situation lui arrivera certainement quotidiennement et peut-être même en bien pire. Cela ne faisait aucun doute. C'est à croire que tout le monde détestait ce qui était différent dans ce continent.

Lydia ne lui répondit pas, elle se contenta de la suivre sans plus rien dire et sans traîner des pieds. Elle devait avaoir touché une corde sensible. Mais il y a autre chose pensa Ambre. Malheureusement, voyant comment avait fini leur maigre échange, elle ne chercha pas à contrarier d'avantage la jeune femme. Au milieu de l'après midi, elles arrivèrent devant une tour abandonnée .

« Arrêtez-vous. » la prévint Lydia.

C'était la première fois depuis leur dispute qu'elle ouvrait la bouche. Ambre lui obéit mais lui adressa un regard interrogateur. Lydia lui désigna la vielle tour qui s'effondrait. En faisant attention, elle vit du mouvement devant la bâtisse. Des bandits.

Elle s'accroupit et sortit des flèches de fer de son carquois. Elle demanda à Lydia de la suivre silencieusement derrière un rocher.

« Tu sais tirer à l'arc ?

- Evidemment, je serai huscarl, il est de mon devoir d'être polyvalente.» répliqua froidement Lydia.

Ambre se retint pour ne pas lui flanquer son poing su la figure.

« T'as qu'à viser un des bandits en bas de la tour et moi je vais essayer d'éliminer celui qui est juste devant la porte. »

Lydia ne prit même pas la peine de lui répondre et se contenta de bander son arc.

Ce fut la nordique qui lâcha la première flèche. Elle ne fut cependant pas mortelle et un petit groupe de bandits sortit de la tour. Entre temps, Ambre avait réussi à annihiler celui au sommet, elle visait à présent un des bandits voisins de celui de la nordique. Vu que les bandits eurent rapidement détecté d'où provenaient les flèches, ils réussirent à anticiper leurs trajectoires et se ruèrent vers le rocher qui les couvrait. Les deux jeunes femmes ayant compris qu'elles finiraient à l'épée avaient déjà rangé leurs arcs et dégainé leurs lames. Le combat fut rapide, leurs coups étaient trop prévisibles, Ambre lisait leurs mouvements comme dans un livre ouvert. Pathétique, ce n'est même pas du combat. Deux des bandits furent rapidement hors-jeu. Ambre jeta un coup d'œil à sa partenaire. Elle était trop focalisée par un seul de ses adversaires, elle parait aussi le deuxième mais n'était pas aussi attentive qu'il le faudrait. Elle dépouilla quelques cadavres, ils n'avaient rien de vraiment interessant. Ambre remarquait cependant que Lydia n'en avait pas fini avec ses assaillants. Le bandit archer avait sorti sa dague et s'apprêtait à la planter dans la nuque de la nordique. Ambre était trop loin pour faire quelque chose, mais Ambre ne voulait pas qu'elle meure ainsi. Lydia avait beau être désagréable, ce n'était pas une raison pour l'abandonner.

« LYDIA DERRIÈRE ! » hurla Ambre.

Elle ne réfléchit pas et lança la dague qu'elle tenait actuellement de toutes ses forces vers le bandit. Lydia vit la dague passer, elle atteint sa cible : l'homme recula en poussant un cri de douleur alors que la dague lui laissa une sévère coupure au niveau de son épaule. La diversion fut suffisante pour que Lydia puisse lui administrer le coup de grâce.

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Lydia n'avait pas de grandes facilités avec son adversaire. Ses mouvements avaient beau être prévisibles, ils s'avéraient également rapides et puissants. Son autre opposant, l'archer et ne semblait pas enclin à tirer de peur de toucher son camarade. Il ne représentait pas un danger immédiat. Elle observa du coin de l'œil la rougegarde. Sa technique de combat était surprenante. Elle était rapide, souple et redoutable. Ses esquives étaient tellement rapides qu'elle semblait parfois ne même pas toucher le sol et chaque coup de lame qu'elle portait était juste et précis. C'est comme une danse, l'épée est le prolongement de son bras dans cette chorégraphie mortelle. Lydia savait que son adversaire n'était pas vaincu mais il n'était pas très doué et son ami ne pouvait rien faire contre elle. Ne voulant pas paraître plus faible que cette étrangère, elle se concentra à nouveau. Alors qu'elle donnait le coup de grâce à son adversaire, elle entendit Ambre hurler son nom. Par les neuf, l'archer ! Elle l'avait complètement oublié, il avait une sans aucun doute une dague, un archer n'est jamais armé que d'un arc. J'aurais du y penser, je suis plus lamentable qu'une novice !

Une dague provenant de la rougegarde fonçait sur elle. C'était évident, un moment de distraction et elle allait tenter de l'assassiner, le bandit devait être aussi en train de se préparer à la tuer. Ils ne valent pas un septim ! Cependant l'arme passa au dessus de son épaule, atteignant le bandit qui était plus près qu'elle ne l'imaginait. Lydia ne perdit pas de temps pour l'éliminer définitivement. Impossible, elle a vraiment songé à m'aider ? L'étrangère avait rengainé son arme et frissonna, elle piqua quelques fourrures aux bandits pour se couvrir.

« Qu'est-ce qu'il fait froid ici, j'espère que ce n'est plus loin maintenant. »

Lydia ne l'avouerait jamais mais elle n'avait pas vraiment chaud elle non plus. Rester dans la toundra autour de Blancherive ne l'avait pas vraiment préparée à la rudesse des hauteurs .Cela devait faire quelques mois maintenant qu'elle n'était pas allée dans les montagnes. C'était une faiblesse dans l'entrainement de la garde à laquelle elle devrait parler à Irileth.

« Merci.

- De quoi ? »

Ambre était maintenant occupée à dépouiller les bandits et ne lui portait pas vraiment attention.

« De m'avoir sauvée la vie. »

Ambre se contenta de hausser les épaules.

« C'est rien. Quand on bosse en équipe on doit compter l'une sur l'autre. Il faut savoir aussi passer outre certaines remarques. Ces bandits ne sont pas bien riches. Je pense qu'ils étaient des éclaireurs. remarqua la rougegarde en cherchant des pièces dans leurs poches sans trouver grand chose.

-Ecoute, je... »

Lydia était mal à l'aise, elle savait que son attitude avait été des plus exécrables mais pourtant Ambre ne l'avait pas abandonnée. Elle aurait pu laisser le bandit en finir avec elle après tout. Elle prit une inspiration.

«Je suis désolée. Je t'ai dit des choses blessantes et je le regrette. dit Lydia, un peu penaude.

- Tu veux que je te dises, à ta place je crois que j'en aurais fait de même. Les nordiques ne sont pas très appréciés à Lenclume non plus, répondit Ambre avec un sourire en coin. Ces bandits n'ont pas beaucoup de richesses et on été faciles à vaincre. Ils étaient préparés pour du 5 contre 1. Ils ne s'attendaient pas à recevoir des passants sachant se battre. J'espère que les autres seront un peu plus au niveau.»

Lydia n'avait pourtant pas trouvé que ce fut une partie de plaisir. Sa compagne au contraire semblait s'en sortir avec tant de facilité que la nordique n'en était qu'impresionnée. Ambre devait avoir cinq ou six ans de plus qu'elle, elle progresserait et serait aussi impressionnante que la rougegarde. Elle porterait serment devant les divins pour protéger son thane et le servir jusqu'à la mort, elle se devait d'être infaillible.

« Nous devons nous préparer, dit la nordique.

-T'as raison, je ne voudrais pas y passer la nuit. Avançons. »

Le tertre n'était plus qu'à quelques pas maintenant. Heureusement, le vent et la tourmente s'étaient levés avec la tombée du jour leut permettent de ne pas êtres remarquées. Mais si le temps s'avérait être un allié, il masquait aussi les bandits. De plus, elles devaient se dépêcher avant que la nuit ne les engloutisse et que la tourmente de plus en plus forte ne les congèle. Il leur fallait vite trouver un moyen de pénétrer dans le tertre. Faire marche arrière n'était plus envisageable.

« Je pense que nous devrions entrer discrètement dans le tertre. Pas d'arc c'est trop risqué.» suggéra Lydia.

A sa plus grande surprise, Ambre sortit une dague d'acier mais ne la contredit nullement. Lydia détestait se battre ainsi, c'était…dégradant pour une guerrière. L'entrée se fit assez facilement, aucun des bandits ne les repéra et Ambre assassina celui qui gardait la porte sans qu'il n'aie eu le temps de d'alertes ses camarades. Entrée dans la salle principale des ruines, Lydia allait soupirer de soulagement mais Ambre lui fit signe de ne faire aucun bruit. Il y avait deux personnes au fond de la pièce qui ne les avaient pas encore remarqués, elles devaient conserver l'avantage.

Lydia banda son arc. Sa flèche transperça le crâne d'une des cibles, elle mourut sur le coup. Ambre tira ensuite une flèche dans le cou de la femme. Elle s'effondra en produisant un affreux borborygme, le sang s'écoulant par la plaie et la bouche.

« Nous devrions nous reposer un peu, suggéra la rougegarde.

- Ça ne va pas !? Les autres bandits peuvent arriver ici d'un moment à l'autre, nous devons avancer ce n'est pas sur ici.

- Je ne pense pas qu'ils soient des millions.

- Peut être pas mais ce n'est pas une raison pour rester exposé au danger. Il vaudrait mieux avancer. » lança Lydia qui commençait à s'énerver.

Autant l'étrangère savait se battre et utiliser les avantages du terrain en extérieur autant elle était inconsciente des dangers qui peuplaient ces lieux. Vraiment, pourquoi ne pouvait-elle l'écouter un minimum ?

« Faut se méfier, il doit rester des bandits dans les galeries. Il doit aussi y avoir des ragnards, des givrépeires ou encore des draugr.»

Devant le regard interrogateur de sa collaboratrice, le rictus moqueur de Lydia ne put que s'élargir. Oh elle allait découvrir quelques trésors biens cachés de Bordeciel ...

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Il était évident que Lydia se moquait d'elle. Elle ne savait pas ce qu'étaient les draugr, et alors ? Lydia n'avait pas certainement vécu ce qu'elle, elle avait vécu. Qui pouvait se vanter d'avoir survécu à des ruine dwemers ? Pas grand monde c'était certain. Ambre pensait que depuis la tour, la situation se serait améliorée entre elle et Lydia mais elle se demandait maintenant si la nordique ne la voyait pas comme une sorte de rivale. Cela n'allait certainement pas arranger leur fragile entente.

« Continuons, je vais devant en éclaireur. » dit la rougegarde.

Elle avançait l'arc tendu, Lydia en retrait, l'épée dégainée. Ambre savait avancer silencieusement avec son armure de cuir mais celle plus lourde de Lydia n'était pas aussi discrète et l'étrangère était obligée de chercher à anticiper pour éliminer les adversaires. Heureusement pour elles, ils semblaient complètement idiots et Ambre n'eut aucune difficulté à les éliminer à distance. C'est trop facile.

Dans une galerie, alors qu'elles avançaient depuis un moment sans n'avoir plus croisé personne si on exceptait quelques cadavres de ragnards encore chauds, quelqu'un sembla les entendre cette fois. S'avançant prudemment, les deux aventurières virent un dunmer coincé dans une toile géante de givrépeire.

« Libérez-moi ! Je sais où est le trésor, je sais comment ouvrir la porte, je peux vous aider, leur disait-il visiblement effrayé. Dépéchez-vous, ce monstre est parti mais il peut revenir à tout moment.»

Ambre s'avança pour l'aider mais Lydia lui cria de reculer. Une araignée bien plus grande que celles qu'elle avait vues en s'échappant d'Helgen surgit des hauteurs de la pièce. D'une roulade, Ambre parvint à éviter la trajectoire de ses mandibules. Le monstre se posa en douceur au centre de la caverne. C'était vraiment une grosse bête. Cependant, elle était blessée : deux de ses pattes étaient tordues et ses mouvements s'en retrouvaient ralentis. Lydia parvenait à se protéger des jets de soie visqueuses et imbibées de venin tout en distrayant la bête comme elle pouvait mais aucune des guerrières ne voyait de faiblesse vraiment exploitable face à l'arachnide.

« Lydia, il faut l'affaiblir. Tranche-lui les pattes, je m'occupe de l'arrière. » suggéra la rougegarde.

Peut être que si elles parvenaient à terminer de détruire ces pattes, elles pourraient l'immobiliser et la bête se retrouverait sans défense. Lydia était concentrée dans son combat mais Ambre vit qu'elle partait sur le côté. La nordique eut tôt fait de lui démembrer une patte. La danse mortelle entre la créature et les deux combattantes se déroula alors. La créature perdait l'usage de ses pattes et eut vite fait de se retrouver au sol, impuissante. Voyant sa fin arriver, la givrépeire parvint à planter une de ses mandibules dans la chair d'Ambre alors qu'elle lui portait le coup de grâce.

« Merde ! » jura la rougegarde.

Elle sentait le venin glacé se répandre dans ses veines et geler le moindre des muscles de son bras. Heureusement, le venin de givrépeire n'était pas mortel et vite éliminé par l'organisme. Il ralentissait les mouvements mais le plus dangereux était encore que la plaie s'infecte. Elle sortit de sa sacoche quelques plantes qu'elle avait prélevées et dont elle avait appris leurs vertus. Elle les mâchonna pendant qu'elle se rinçait la plaie avec un peu d'eau tout en faisant une grimace. Pourquoi il faut toujours que les plantes médicinales aient un gout infect ? Elle plaça ensuite cette bouillie sur la blessure et la fixa en la serrant entre sa peau et un bout de tissu relativement propre. Elle attrapa ensuite une bande de cuir.

« Lydia, est-ce que tu pourrais me bander le bras ? Je ne peux pas le faire toute seule. »

Lydia, qui jusqu'à présent la regardait faire de loin, s'avança vers elle le regard froid mais l'aida sans rien dire. Elle demanda cependant ensuite pourquoi ne pas avoir pris plus simplement une potion.

« Ça ne valait pas la peine pour ça. Ce n'est pas dans mon habitude de gaspiller des potions pour des blessures mineures.» expliqua Ambre.

La réponse sembla adoucir Lydia et son regard se fit instantanément moins froid.

« Hep, libérez-moi maintenant. Je vous aiderai je le jure, reprit l'elfe après que les deux guerrières se soient remises de leurs combat.

- Tu aurais pu nous dire pour la givrépeire géante, accusa Lydia.

- Je croyais qu'elle était partie, je le jure. Libérez-moi s'il vous plait, la position n'est vraiment pas des plus confortables. »

Lydia recula et alla se caler contre le mur à l'opposé du dunmer. Elle s'adressa ensuite négligemment à Ambre.

« On fait quoi ? Personnellement je ne le libérerai pas, je ne fais pas confiance aux elfes et encore moins aux bandits alors les deux combinés… »

Le prisonnier se mit à supplier Ambre devinant que son salut ne viendrait certainement pas de Lydia. Ambre quand à elle était surprise de la familiarité et du détachement avec laquelle lui parlait Lydia. Elle avait fini par lui faire confiance et l'apprécier un peu on dirait.

« Je ne vois aucune issue elfe. Où est cette porte dont tu nous parlais ?

- Derrière cette toile. Je vous y conduirais. Si vous voulez vous aussi continuer pour trouver le trésor vous serez obligés de me libérer de toute manière. »

Ambre soupira. Il semblait évident qu'elles devraient passer au travers du bandit, vivant ou mort. Ambre était réticente à tuer sans raison. Elle n'était pas une meurtrière. Le trésor lui était bien égal, ce qui lui importait c'était la pierre de dragon que lui avait demandé Farengar. Cet être cupide n'y porterait certainement même pas attention. Elle s'avança pour le libérer. Lydia resta en retrait, son arc en main, prête à riposter si jamais le bandit ne se montrait pas aussi coopératif qu'il le prétendait.

« Je sens la toile me lâcher, encore un peu et ce sera bon. »

Après quelques coups d'épées, le bandit atterrit au sol mais plutôt que de rester en place et s'accepter la main que lui tendait Ambre, il se dépêcha de disparaître dans les sombres couloirs que cachait la toile.

« Imbéciles vous croyiez vraiment que j'allais partager le trésor ? Plutôt mourir hahaha…argh ! »

Le rire du bandit se transforma en un cri de terreur avant de se terminer dans un grognement agonisant. Qu'est-ce que… ? Ambre accourut pour rattraper le dunmer mais ce qu'elle vit la figea. Le pauvre être était lamentablement étalé au sol, entaillé et visiblement mort. Aucun souffle ne soulevait plus son corps.

Les deux créatures qui l'avaient tué étaient hideuses. Leur chair était blanchâtre, séchée voire pourrie au dessus de leurs ossements parfois visibles. Des cheveux épars et ternes garnissaient leurs crânes et leurs visages émaciés montraient des yeux haineux brillant d'un éclat bleu qui n'avait rien d'humain. Sa mère aurait parlé à son père à l'époque de ces créatures. Elle racontait qu'ils étaient des serviteurs des dragons et que pour les punir de leur infidélité, les divins condamnèrent leurs âmes ainsi que l'esprit de ces êtres. Depuis ils veillaient pour leurs chefs impie dans ces tertres abandonnés depuis des millénaires. Son père ne manquait jamais de leur raconter ces histoires de momies quand Ambre et Seren partaient à l'aventure dans les rues de Sentinelle et échappaient trop longtemps à la surveillance de leurs parents.

Le choc passé, elle se prépara au combat alors que ces choses lui arrivaient dessus. Elle les trancha facilement, leurs os bien plus vulnérables que les êtres bien vivants. Leur odeur de pourriture envahissait ses narines, la salle puait la mort. Ambre supportait mal cette sensation. Lydia semblait aussi choqué qu'Ambre elle-même.

« Qu'est-ce que c'était que ces choses ? J'ai vu des nécromanciens ressusciter des squelettes mais ça… Je croyais qu'ils n'étaient que des légendes !

- Ce sont des draugr, il y avait toujours eu des rumeurs sur leur existence de la part d'aventuriers mais ils restaient pour moi des légendes qu'on raconte aux enfants pour qu'ils restent sages. Je ne savais même pas qu'ils existaient réellement.

- C'est quoi qui les réveille ? Des sorciers ? demanda la rougegarde.

- Non, c'est plus compliqué. La légende veut que ceux qui on servi les dragons soient réveillés pour servir leurs maitres à leur retour. J'espère juste que nous ne rencontrerons pas de prêtre-dragon. Il parait qu'ils sont aussi forts que des archimages ou pire encore. On ne ferait pas le niveau. »

L'inquiétude de Lydia était palpable. Si c'était vrai, aucune des deux n'avait un niveau exceptionnel, très bon surement, mais loin de surpasser de telles créatures.

« Que fait-on ? On retourne en arrière ? Je ne pense pas que le jarl soit ravi mais mourir pour rien n'est pas mieux. »

Lydia la regarda les yeux ébahis.

« Je croyais que tu te battrais jusqu'au bout ? Je préfère mourir en affrontant un prêtre-dragon plutôt que de montrer ma lâcheté devant le jarl. Sovngarde n'est ouverte qu'aux braves et je veux y aller comme tout bon nordique ! Je n'ai pas peur de mourir au combat.

- S'il le faut, soupira la rougegarde. Avant cherchons la clef dont nous parlait l'elfe.»

Elles ne trouvèrent aucune clef sur lui, juste une poignée de septims, un journal et une griffe d'or. Elle correspondait à celle que Lucan Valérius, un commerçant de Rivebois s'était faite voler. Il faudra que je passe le voir pour lui rendre la griffe. Le journal parlait juste de quelques raids des bandits jusqu'au vol à Rivebois. Le dunmer expliquait comment il comptait rapidement duper ses collègues pour toucher l'intégralité du trésor. La fameuse clef se tenait apparemment dans la paume de sa main. Ne sachant que faire, les deux femmes décidèrent de prendre la plupart de ses possessions et d'aviser plus tard. Le salaud n'en n'aurait plus besoin de toute manière.

Les draugr qu'elles croisèrent ensuite ne semblaient pas plus redoutables que les bandits, juste plus idiots et téméraires peut-être. Aucune des deux guerrières n'eut de difficultés à les éliminer. Ils n'étaient pas aussi dangereux que ce que lui avait laissé craindre Lydia. Le plus surprenant était encore de voir ces cadavres desséchés s'animer et les attaquer. Après quelques heures de marche, elles arrivèrent devant une grande salle fermée au fond par ce qui semblait être un immense portail de pierre scellé par des anneaux portant des symboles d'animaux. Elles étaient toutes les deux exténuées, cela devait faire des heures qu'elles avançaient dans le tertre sans s'être reposées. Elles sentaient qu'elles n'étaient pas prêtes à affronter d'avantage de draugrs ou encore moins un prêtre-dragon.

« Trouvons comment ouvrir cette porte et je pense que nous devrions nous reposer un peu. Personnellement, je ne serai pas capable d'affronter une armée de ces immondes créatures maintenant.

- Je suis d'accord. »

Lydia s'avança et examina de plus près le portail.

«Je crois que la clef dont le dunmer parlait est la griffe d'or, si on l'enfonce, elle s'adapte parfaitement.

- Il y a surement un code, ces symboles sur la porte, ils doivent représenter la solution. » dit Ambre en venant examiner la porte à son tour.

Ambre et Lydia réfléchissaient, elles n'étaient cependant pas très efficaces. Maintenant que la tension était retombée d'un cran, elles se rendaient compte à quel point elles étaient affamées et épuisées. Ambre consulta le journal du dénommé Arvel le Vif.

« La solution se trouve dans la paume de la main. » récita Ambre.

Soudain elle eut une illumination.

« Il n'y a pas les mêmes symboles sur la griffe ? On devrait peut être les accorder à ceux sur la porte ! »

Enthousiaste, Lydia regarda la griffe.

« On dirait que le symbole de l'anneau central correspond à celui de la griffe, tournons les autres. »

Elles s'attelèrent à bouger les symboles et ne s'arrêtèrent que lorsque que tout correspondit. Ambre avait volé de la nourriture sur les dépouilles des bandits, elles se la partagèrent. C'était frugal mais ça donnait au moins l'illusion d'avoir quelque chose dans le ventre. Ambre dormit la première. Quand elle se réveilla, Lydia put dormir à son tour. Ce ne fut cependant pas très long. Chacune devait avoir dormi 2 ou 3 heures au maximum mais ça leur était suffisant. Ambre devinait que la vie de Lydia aussi avait dû être rude.

« Alors on y va ? demanda Ambre. »

Lydia aquiesca. Elles enclenchèrent le portail. Quand elles retirèrent la griffe, elles entendirent des engrenages s'enclencher au sein même des pierres et la porte se baissa lentement laissant place à une pièce immense. Ça a marché !

Toutes les deux avancèrent, attentives. Au fond de l'immense salle se trouvait un sarcophage seul devant un immense mur en demi-cercle avec des gravures. Ambre examinait les alentours, elle sentait quelque chose battre en elle de plus en plus fort au fur et à mesure qu'elle approchait du mur étrange. Doucement, elle laissa des doigts tracer les gravures étranges sur la pierre. La roche lui semblait tiède. L'écho devenait de plus en plus intense au cœur de son être.

« Ambre qu'est-ce que tu fais ? »

- Tu ne sens pas? Il y a quelque chose sur ce mur.»

Ambre était comme hypnotisée et ne portait pas attention aux avertissements de , certains des symboles du mur s'illuminèrent d'un léger halo bleuté. Passant ses doigts dessus, elle eut l'impression qu'un mot forçait le passage dans son esprit. Le monde autour d'elle devenait flou et étrangement lointain. Une seule chose la captivait. Fus. Ce son l'hypnotisait mais elle ne parvenait pas à le prononcer, il restait à l'intérieur d'elle. C'était étrange de connaitre un mot et de ne pouvoir le prononcer.

« AMBRE QU'ES-CE QUE TU FICHES ! »

La sensation de vertige disparut aussi vite qu'elle apparut, elle se retourna pour voir Lydia au sol en train de tenter de se relever alors qu'un draugr portant un vieux casque rouillé et encore plus imposant que tous ceux qu'elle avait vus bandait son arc dans sa direction.

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A leur sortie, Ambre insista auprès de Lydia pour passer par Rivebois. D'après le soleil, cette dernière devinait qu'on devait être en début d'après-midi. Ce dernier combat l'avait ébranlé. Tout d'abord Ambre qui semblait possédée par un mur aux gravures étranges. Un draugr avait surgi alors du sarcophage et Ambre n'avait même pas réagi ! Elle s'était ruée sur la créature mais cette dernière cria des mots incompréhensibles et elle se retrouva projetée violemment en parmis eux et la rougegade élimina difficilement le monstre. Elles trouvèrent la pierre dans son sarcophage ainsi qu'on véritable trésor dont elles pourraient tirer quelques centaines de septims dans le coffre près du cercueil. Ambre avait dit à Lydia qu'elle voulait passer par Rivebois rendre la griffe à son propriétaire légitime et c'est ce qu'elles firent.

Le début de soirée arrivait alors qu'elles approchaient Blancherive. A Rivebois, Lucan Valerius était tellement ravi de retrouver sa griffe qu'il récompensa grassement l'étrangère et leur offrit même de quoi de restaurerr gratuitement à toutes les deux. Camilla, sa sœur préparait un ragoût que le jarl aurait lui-même apprécié. Elle échangea cependant quelques gemmes précieuses qu'elles avaient trouvées dans le tertre pour que le change soit plus 'juste'. Ce mot lui semblait étranger, surtout venant d'une rougegade. Mais il était clair qu'Ambre n'était pas comme les autres, cette aventure lui a permis de gagner le respect de Lydia. Dorénavant elle réfléchirait à deux fois avant de juger les gens. Perdue dans ses pensées, elle ne vit pas qu'elle arrivait à l'entrée de Fort-Dragon. Elle sursauta.

« La fin du voyage hein ?

- Oui, maintenant tu peux te débarrasser de moi. » rigola la rougegarde.

Lydia commença à prendre congé mais Ambre la rattrapa par le bras.

« Ne pars pas maintenant. Sans toi je n'aurais pas réussi. Le jarl doit le savoir. »

Lydia ne put que lui sourire. Elle n'était visiblement pas égoïste et n'avait pas honte d'être aidée. Rares sont les personnes, mêmes nordiques, à partager ainsi leur honneur... C'est ensemble qu'elles pénétrèrent à Fort-Dragon.

Elles partagèrent une bière ensemble. Elles étaient fatiguées mais c'était leur façon de fêter ça. Farengar était ravi de pouvoir tenir enfin cette pierre entre ses mains et entama une vive conversation avec son associé qui s'était camouflé derrière son capuchon. Cependant la fierté du jarl était plus grande encore. Lydia avait pu voir son son soulagement à leur arrivée et sa joie lorsqu'Ambre livra la pierre si désirée. Il récompensa l'étrangère qui partagea ensuite la moitié de la prime et des pierres qu'elles avaient prises dans les tombes avec Lydia. Mais pour cette dernière, la véritable récompense était de voir la joie de Balgruuf et la satisfaction d'Irileth, qu'elle devinait, s'adressait uniquement à elle. Elles décidèrent ensuite d'aller boire une dernière chope avant de se dire au revoir. Elles rigolèrent ensemble, retraçant leur aventure et parlant avec un peu moins de complexe des riverains de Rivebois et de Blancherive, l'alcool déliant un peu les langues. Après un temps, elles ne surent plus vraiment quoi se dire quand Ambre demanda.

« Tu crois que je pourrais rejoindre les Compagnons ? Je n'ai pas grand-chose pour m'installer ici et il parait qu'ils sont des guerriers valeureux et honorables.

- Qui ne tente rien n'a rien. Mais franchement tu as toutes tes chances. Il faut que tu ailles voir. Pour moi, tu mérites ta place là bas.

- Merci, Ambre rougit légèrement. J'irai demain. Je te tiendrais au courant.

- Je suis souvent là le soir. Sinon va voir Irileth, je dois toujours lui dire où je suis de toute façon. »

Ambre laissa échapper un long bâillement et laissa sa chope sur la table

« Bon je crois que je vais me coucher, je suis épuisée, finit par dire Ambre.

- Moi aussi je vais y aller. Un bon bain chaud et du repos.

-Je ne dirais pas mieux ! »

Ambre se leva, s'étira et monta dans sa chambre où Hulda avait demandé à Saadia, la nouvelle servante de lui préparer un baquet d'eau chaude et du savon.

« Bonne nuit. »

- 'Nuit. » répondit Lydia.

Elle ne tarda pas non plus à quitter la Jument Pavoisée pour ses baraquements. Elle n'avait pas vécu de telle aventure de sa vie et Ambre s'était révélée être une personne tout à fait honorable. Elle mériterait parfaitement sa place au sein des Compagnons.