Chapitre 2 : Difficile d'oublier…

Dans le genre pas de bol. Parmi la montagne de croisières proposées aux vacanciers, il a fallu qu'il choisisse CETTE croisière. J'y crois vraiment pas. Il aurait choisit la période suivante , je n'aurais pas été à bord; mais non il a fallu qu'il embarque pile poil quand j'effectue ma dernière traversée. Et en plus il embarque avec sa fiancée et ne cesse de me mater alors qu'elle se trouve juste à côté de lui. Mais quel porc immonde!!!

Cagalli Yula Atha en était là dans ses réflexions. Deux heures, ils ont passé deux heures à cette foutue table tous les quatre et elle aussi.

Cagalli avait embarqué trois ans plus tôt en tant que croupière sur l'Archangel. En trois ans de croisières, elle avait côtoyé bon nombre d'hommes plus riches et plus entreprenants les uns que les autres. Mais, lui, lui c'était complètement différent.

Asran Zara, héritier des firmes Zara, fiancé de Lacus Clyne, la fille du grand patron. Bon Dieu c'est pas possible je suis maudite.

Il l'avait charrié à son arrivée à la table, mais elle savait que c'était lui, l'homme avec qui elle avait commit une erreur trois ans plus tôt.

Elle l'avait rencontré dans un bar, le Clover. Bar préféré de sa meilleure amie: Stellar. Elle avait rendez-vous avec elle ce soir là. Son mec l'avait planté et elle avait besoin de parler. Mais elle n'était jamais venue. A la place de ça elle avait fait la connaissance d'un homme terriblement séduisant.

Et elle avait aussi commis l'erreur de prendre son cocktail préféré, sachant pertinemment que ça lui tournerait la tête en moins de deux. Jusqu'ici elle n'avait jamais connu d'homme comme lui. Si beau, si calme et si…gentleman. Malgré la quantité astronomique de cocktails qu'ils avaient bu tout les deux , il était resté prévenant et respectueux avec elle. Et finalement ce qui devait arriver arriva, elle se retrouva dans son lit.

Quelle frayeur elle avait eu le lendemain matin: la gueule de bois et un homme qu'elle ne reconnaissait pas dormant à côté d'elle. Honteuse d'elle, elle avait fuit à toutes jambes, oubliant au passage une chevillière à laquelle elle était très attachée. Cagalli estimait qu'elle n'était pas une fille facile et que pour rien au monde elle n'abandonnerait ses principes et se laisserait entraîner par qui que ce soit. Mais là, elle les avait bel et bien laissé tombé ses beaux principes… Et tout ça pour quoi ? Pour passer la nuit dans les bras d'un inconnu. Aussi, oui, elle avait honte de son comportement. Et ce d'autant plus qu'à son réveil elle se souvenait de rien. Finalement au cours de la journée qu'elle passa à décuver, ses souvenirs lui revinrent et quand elle réalisa ce qu'ils avaient fait dans la rue sous la pluie, sa honte atteint alors des summums.

Elle maudit son amie et colocataire de lui avoir donner rendez-vous dans ce bar et se jura de ne plus jamais y retourner de toute sa vie. Pensant qu'ainsi cela diminuerait les chances de retomber à nouveau sur lui, quelle ne fut pas sa surprise lorsqu'en ouvrant le journal le surlendemain, elle se retrouva nez à nez avec une photo de son inconnu. Lorsque son amie Stellar la vit buger sur le journal elle se posa bien des questions. Mais Cagalli elle n'en revenait pas. Les gros titres annonçaient les fiançailles de deux héritiers fortunés: Asran Zara, de l'empire financier Zara et Lacus Clyne, des sociétés Clyne Corporation. Pour elle c'était impossible. Du moins c'est que son esprit logique lui disait: ça ne peut pas être lui, un homme comme lui ne va pas dans des bars comme le Clover et ne couche pas avec des femmes comme toi voyons. Mais si ce n'était pas lui , c'était un homme qui lui ressemblait comme deux gouttes d'eau.

Deux semaines plus tard Cagalli embarquait à bord de l'Archangel. Et ainsi elle n'eut jamais la réponse à la question: était-ce bien Asran Zara …ou pas ?

Seulement voilà, ce soir il l'avait regardé d'une telle façon et ses paroles... Cette voix, ce regard… Dieu sait si cet homme avait pu hanter ses rêves et ses souvenirs. Pour elle, elle avait eu la confirmation qu'il s'agissait bien de lui.

Et ainsi son malaise face à lui s'en trouva accru. Non seulement elle devrait faire face pour le reste de la croisière et en plus, il avait emmené sa richissime fiancée et ses richissimes amis avec lui.

- Putain fait chier ! S'exclama-t-elle.

Dire qu'Asran était surpris était un euphémisme. Ce soir, il avait parlé pour la première fois de sa mystérieuse inconnue, et tel un conte de fée : elle apparaissait. Et il était sûr et certain qu'il s'agissait d'elle. Toute la soirée , il n'avait cessé de l'observer, ses cheveux, son visage, son regard si troublant et ce corps qui le hantait encore. Sa voix, sa façon de manipuler les cartes, tout , tout chez elle lui rappelait sa mystérieuse inconnue. Il était resté jusqu'à la fermeture entraînant ses amis avec lui. Toute la soirée Lacus avait eu la main heureuse mais seulement parce qu'il n'avait pas pu se concentrer sur son jeu. Seulement voilà, il fallait qu'il lui parle. Aussi l'avait-il suivi dehors sur le pont supérieur et depuis dix minutes il l'observait à la dérobée. Accoudée sur une rambarde, elle paraissait songeuse. Il songea que l'uniforme lui allait à ravir. Composé d'une jupe longue noire fendue derrière à partir des genoux, d'une chemise blanche et d'un plastron bordeaux et du traditionnel nœud papillon, elle rayonnait d'une classe certaine. A peine arrivée au grand air frais de la nuit, elle avait immédiatement défait son nœud papillon et enlevé les épingles qui emprisonnaient ses cheveux blonds dans un chignon réglementaire. Il constata qu'elle avait les cheveux plus longs que dans son souvenir. Ils lui arrivaient aux omoplates à présent. Magnifique, songea-t-il.

Lorsqu'enfin il se décida à aller à sa rencontre il l'entendit pousser un bruyant: «Putain, fais chier ».

Et Asran sourit: oui , aucun doute possible c'est bien elle.

Faut que j'en parle à Miriallia ou je vais exploser, se dit Cagalli. Et alors qu'elle se retournait pour se rendre à sa cabine, elle fit un bond en le voyant, lui, appuyé contre l'encadrement de la porte. En jean malgré la chaleur et chemise blanche ouverte sur les clavicules, tout comme à leur rencontre. Il faisait nuit, et la lune n'éclairait qu'à peine le pont, mais elle pouvait distinguer son regard posé sur elle.

- Maintenant je sais ce que le C voulait dire, commença Asran

Stoppée net dans son élan, Cagalli ne bougeait plus. Cette voix si grave, qui l'avait tant faite vibrée…

- Hein ? Répondit-elle bêtement.

Asran sourit et s'avança quelque peu tout en conservant une certaine distance.

- Ça va bien faire trois ans maintenant non ?

- Trois ans que quoi ? Demanda-t-elle sèchement.

- Vous avez pu mentir tout à l'heure mais vous ne pourrez pas mentir éternellement. Je ne vous ai pas oublié Cagalli, et je doute pouvoir le faire un jour. Et je sais, vu votre trouble, que vous non plus vous n'avez pas oublié…

Cagalli expira bruyamment, que cherchait il à faire là ? Se souvenir du bon vieux temps ? S'il s'imaginait qu'ils allaient remettre ça alors que sa propre fiancée se trouvait à bord…

- Et alors ?

- …

Cagalli n'aimait pas tourner autour du pot, aussi allait-elle être directe:

- Je vais être claire , commença-t-elle. Je ne tire aucune fierté de ce que j'ai fais avec vous voila trois ans. Je ne suis pas ce genre de fille, ce n'était qu'une erreur de parcours. Et d'ailleurs si j'avais su que vous étiez fiancé je ne vous aurez même pas adressé la parole. Je n'ai pas pour habitude de voler ce qui appartient à autrui. Donc si vous espérez remettre le couvert, vous serez sacrément déçu. Pigé ?

Elle avait toujours ce franc parler limite agressif . Elle n'avait pas changé. C'était l'une des choses qui l'avait séduit chez elle, car cette liberté de dire ce qu'on pense, il ne la retrouvait guère dans son milieu.

- Vous savez Lacus et moi ne sommes fiancés que pour la presse et nos pères respectifs. D'ailleurs si vous l'observez bien vous constaterez que ses yeux ne sont dirigés que vers un seul homme et cet homme ce n'est pas moi. Et il en a toujours été ainsi, répondit-il imperturbable.

- Peu importe, répondit-elle agacée. Vous êtes un passager et je suis une employée de ce paquebot et...

- Et il est interdit de fréquenter les passagers pour les employés. Je sais, Dearka s'est souvent heurté à cet argument avec votre amie Miriallia.

Il semblait bien comprendre la situation mais il y avait quelque chose dans son regard qui ne lui disait rien qui vaille. A l'évidence tout comme son ami, Asran Zara se montrerait sûrement insistant…

- Bien donc puisque les choses sont claires, je vais retourner à ma cabine, ajouta-t-elle sèchement et elle se dirigea donc vers la porte. Il s'écarta alors galamment afin de la laisser passer. Mais alors qu'elle passait à sa hauteur il murmura:

- Tu es toujours aussi belle quand tu te mets en colère Cagalli…

Elle ralentit mais ne s'arrêta pas, mais alors qu'elle descendait vers le pont inférieur, elle sentait son cœur battre furieusement dans sa poitrine.

Asran pour sa part souriait de plus belle, car tandis qu'elle passait à sa droite il avait vu le trouble dans ses yeux…

Cagalli de retour dans sa cabine laissa alors libre cours à sa colère au grand dam des tympans de sa colocataire : «

- Tu le crois ça hein ? Tu le crois ? Et ben pas moi. Pile lors de ma dernière croisière en plus. C'est dingue ça, dingue. Et v'la qu'il me sort qu'ils ne sont fiancés que pour la presse, non mais tu te rends compte ? Comme si ça me ferais changer d'avis. C'est honteux.

- Cagalli…

- Je suis sûre qu'il finasse quelque chose pour que je tombe à nouveau dans les bras et bin il rêve. Jamais je ne cèderais!

- Cagalli…

- D'accord il est toujours aussi beau, et il reste quand même toujours assez gentleman, mais ce qu'il pense et veut au fond ça n'a rien de gentleman.

- Cagalli, vas-tu …

- Oh bon dieu mais qu'est-ce que je vais faire Miriallia ? Alors que je distribuais les cartes je gardais les yeux obstinément fixé sur les mains de mes joueurs mais si tu savais le souvenir que j'en ai de ses mains à lui. Bon sang si jamais il me touche…Nan, nan, nan, nan, faut pas que je pense comme ça…

- Cagalli bon sang…

- Le mieux ce serait que je l'évite. La journée ça ira mais le soir il viendra sûrement au casino. Merde comment je vais faire…

- Mais non d'un chien de qui est-ce que tu me parles ? Beugla une Miriallia passablement sur les nerfs.

A peine s'était-elle laissé tomber sur son lit qu'elle s'était endormie., complètement crevée. Et voila que la tornade Cagalli déboulait pour la secouer comme un prunier et démarrer une tirade sans queue ni tête. Et là Miriallia avait un peu de mal à suivre…

- Mais d'Asran Zara enfin!

- Asran Zara ? Quoi il t'a fait un numéro de drague ?

Histoire d'essayer de se calmer, la petite blonde s'assit finalement sur sa couchette et redémarra :

- Rhaaaaa. Bon tu te souviens de cette histoire que je t'ai racontée à propos d'un gars que j'avais rencontré dans un bar et avec qui j'avais couché en pleine rue.

- Euh…oui.

Les deux jeune femmes ayant vite sympathisé à l'arrivée de Cagalli, elles en étaient rapidement arrivées à se raconter beaucoup de choses les concernant. Devenues des amies très proches, Cagalli en était alors venue à lui parler de cette nuit mémorable qu'elle avait passé avec un homme ressemblant énormément à Asran Zara, le célèbre héritier. Et Miriallia fut très surprise par les confidences de son amie.

- Attend Cagalli, si mes souvenirs sont bons, tu disais que le type ressemblait trait pour trait à Asran Zara mais que ce n'était pas Asran Zara.

- Oui c'est-ce que je m'étais toujours dit. Mais ce soir j'ai eu la confirmation qu'il ne s'agissait pas d'un sosie mais du vrai.

Miriallia à présent réveillée murmura alors un :

- Waouh…

- Bon sang comment je vais faire…En plus sa fiancée est avec lui tu te rends compte ?

- Attends qu'a-t-il dit au juste à propos de ça ?

- Qu'ils étaient fiancés qu'aux yeux de la presse et y'avait une histoire avec leur pères aussi. Ah oui, et elle n'avait d'yeux que pour un autre homme que lui…

- Ça peut être des fiançailles arrangées. Ça se fait encore de nos jours chez ces gosses de riche. Et l'autre homme en question je dirais à vue de nez qu'il s'agit sûrement de Kira Yamato…

- Quand bien même. Ça ne m'aide pas à me sentir mieux…

- Qu'est-ce qui te perturbe tant au juste ? Il n'est pas le premier homme à te courir après. On en a connu des très collants toi et moi. Tiens tu te souviens de ce type qu'on avait surnommé Hot Chiotte ?

- Hein ?

- Mais si rappelle toi. Son père possède beaucoup de pétrole ou je ne sais plus quel autre combustible.

- Ah oui Yuna machin chose. Je me souviens il m'avait tellement énervé que sans l'intervention de Maryu il se serait pris un bon coup de genou dans les…

- Valseuses. Et tu te souviens de ce que Maryu nous a toujours dit à propos des passagers trop collants ?

- Qu'il fallait venir lui en parler.

- Exactement, car la dernière fois cette histoire a fini dans le bureau du commandant, qui n'était pas très content d'ailleurs…

- Mais justement il va jamais me croire lui !

- Attend déjà il n'a pas forcément besoin de savoir et Maryu n'est pas chienne. Elle, elle comprendra et elle ne lui en parlera pas forcément.

- Mouais…

A en juger par la mine de son amie, Miriallia vit qu'elle n'était pas convaincu.

- Aller Cagalli. Tu as toujours su te défendre jusqu'ici non ?

- Oui mais lui c'est pas pareil. Tu sais il…il m'a dit qu'il n'avait pas oublié et qu'il n'oublierait peut être jamais. Et il s'est souvenu que notre rencontre date d'il y a à peu près trois ans. Miriallia, moi non plus je n'ai pas oublié et je sais même pas si je pourrais oublier ça.

- Cagalli essaies-tu de me dire que cet homme te fait encore de l'effet ?

- Je n'ai pas une expérience importante des hommes…mais…avec lui…enfin c'est difficile à dire, c'était comme si nos corps étaient fait pour s'imbriquer.

- C'est le cas de le dire.

- Miriallia !

- Pardon, mais je suis fatiguée là. Excuse moi.

- Ce soir, il était à une certaine distance de moi quand il m'a parlé. Mais lorsqu'il est plus près…ses yeux…sa voix…je comprend pas pourquoi mais ça m'hypnotise. Et ses mains, seigneur si tu savais …

- Le souvenir que tu en as. Oui tu l'as déjà dit.

- S'il me touche… comme avant…je…je serais bien capable de perdre mon self-control. Surtout que depuis lui je n'ai pas connu d'autres hommes. Je n'avais pas le temps avec toutes ses croisières.

- Ça beau être un homme je pose quand même la question: tu penses qu'il ne va pas te fiche la paix ?

Cagalli n'eut pas à pousser bien loin la réflexion pour répondre:

- Je suis certaine que non et le pire dans tout ça c'est que j'ai peur de ne pas parvenir à lui résister.

- Et bien, voila qui va ajouter du piment à ta dernière croisière, lâcha finalement Miriallia après un long silence.

- Rhaaaaaaaaaaa, chiotte !

Et voila, c'est tout pour ce deuxième chapitre mes petits loups. Mais rassurez-vous le troisième est en bonne voie…

A ma petite Shaman adorée : C'est sympa d'être venue voir même si tu connais pas les personnages, ça me fait très plaisir. Mais ne t'en fais pas, si tu continues je pense que tu arriveras à t'en sortir.

A Junon 2 : Je suis honorée que tu adores ma petite fic ( vue que moi je suis complètement mordue des tiennes) et j'accepte volontiers quelques conseils. Je ne suis qu'une amateur de chez amateur donc je ne vois aucun problèmes à ce qu'on veuille m'aider à m'améliorer. Je tâcherais de tenir compte des avis de chacun du mieux que je peux (par contre quand je dis avis j'espère que personne ne se défoulera sur moi non plus).

A Rika 01: Merci à toi de me laisser une petite review c'est sympa et je suis contente que mon histoire te plaise.

Bisous à tous et merci encore pour les com, cela m'aide toujours et m'emplis de joie.

Mi-chan.