Chapitre 2
Un silence oppressant accueillit les membres de l'ordre du phœnix lorsqu'ils transplanèrent devant l'hôpital. Sans concerter personne, Albus entra précipitamment dans le bâtiment. Il se doutait que tous les mangemorts étaient partis depuis bien longtemps mais cela ne l'empêchait pas d'être sur ses gardes. Un frisson glacial le transperça. Autour de lui les cadavres s'entassaient les uns à côté des autres, des morts de tout âge et de tout sexe. C'était bien là le mode de fonctionnement de Voldemort. "Pas de prisonnier" disait-il toujours. Des prisonniers? Pour quoi faire. Les torturer? Faire des expériences sur eux? Mieux valait mourir rapidement de toute façon.
Cependant, cette hécatombe ne pouvait laisser insensible. Aucun des membres de l'ordre n'osait briser le silence quasi religieux que l'horreur de la situation imposait. Il ne semblait y avoir aucun survivant.
Par acquis de conscience, Albus lança un sortilège visant à déterminer s'il restait des mangemorts dans l'hôpital. Lorsqu'il fut certain qu'aucun de leurs ennemis n'était présent il se mit à avancer, tentant de ne pas marcher sur les victimes qui parsemaient son chemin.
- Katline ! Cria-t-il. Katline !
Les membres de l'ordre se regardèrent interloqués. Qui était cette Katline qu'Albus appelait désespérément.
- Katline, je t'en prie répond moi, continua le vieil homme.
- Albus, pourquoi ne pas lancer un sort de localisation? Demanda Rémus après avoir réussi à détourner le regard du cauchemars qu'il avait sous les yeux.
- Ça ne marchera pas. Fut la seule réponse qu'il obtint avant que Dumbledore ne commence à monter les étages. Séparez-vous, cherchez les survivants.
Chacun put entendre "même si je doute qu'il y en ait" marmonné mais personne ne releva. Ils partageaient tous les craintes d'Albus mais la résignation n'était pas de mise dans une guerre telle que celle-ci. Autant abandonner les combats immédiatement dans le cas contraire. Un survivant, un seul, c'est tout ce qu'ils cherchaient. Un peu d'espoir aussi.
Les recherches furent éprouvantes pour tous. Chaque couloir débouchait sur des morts. Toujours de nouveaux morts et pas un seul blessé. Le silence. Ils auraient donné cher pour entendre autre chose que le bruit de leur pas claquant sur le carrelage.
Pendant ce temps là, Albus n'avait qu'une seule chose en tête : trouver Katline. Les scénarios tous plus morbides les uns que les autres s'infiltraient dans son esprit. La jeune femme était sans doute morte. Peut être avait-elle été torturé. Certains mangemorts aimaient se servir de couteaux. La jeune femme n'aurait eu aucune chance d'en réchapper. Il finirait par trouver son cadavre ensanglanté au détour d'un couloir. Le pire scénario possible était celui dans lequel Voldemort l'avait reconnue, enlevée et... Surtout ne pas penser à ça. Bloquant ses pensées autant qu'il le pouvait, le vieil homme continua ses recherches criant régulièrement le nom de sa protégée.
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Le brouillard. Un brouillard si épais qu'elle ne savait plus depuis combien de temps elle était couchée sur le sol. Comme entourée par un nuage. Une éternité sans doute. Ne pas penser. Ou était-elle? Ne pas penser. Ne pas bouger. Attendre.
Elle avait froid, si froid. Pourquoi avait-elle froid? Non ne pas bouger. Ne pas penser.
- Katline !
Une voix grave. Des pas précipités. Quelqu'un qui la touchait. Étrange sensation. Elle sentait sans sentir. Comme si elle n'était plus dans son corps mais comme extérieur à elle même. Elle avait déjà vécu ça. Lorsque les choses devenait trop dures. Trop insoutenables. Il y avait longtemps. Quand elle était petite. Son esprit quittait alors son corps. Il voyageait et regardait les événements d'en haut. Là où rien ni personne ne pouvait le briser ni même l'atteindre. Et ensuite, il revenait dans son corps. Quand ça allait mieux. Quand elle était enfin de nouveau en sécurité. Pour l'instant c'était mieux comme ça. C'était moins douloureux.
- Venez m'aider ! Je l'ai trouvé!
Quelque chose de doux se posa sur elle. Peut être un nuage? Une douce chaleur commença a se répandre dans son corps. La chose sur elle la réchauffait doucement. Une cape?
- Elle est vivante? Elle est gravement blessée?
Une autre voix. Plus jeune. Un homme.
- Non, Merlin soit loué, elle va bien... Physiquement en tout cas. Elle est en état de choc. Vous avez trouvé des survivants?
Le silence à nouveau. Seulement quelques secondes mais si lourd de sens. Un sanglot. Venait-il d'elle? Surement, c'était sa voix.
On la souleva. Qui? Aucune importance. Rien n'est important. Ne pas penser. Plus tard, beaucoup plus tard.
Le froid à nouveau et le clair de lune. Elle était dehors. Elle avait les yeux ouverts mais regardait les images défiler comme lorsqu'on regarde un film avec ennui. Elle eut la sensation d'être retournée dans tous les sens. Lorsque ses yeux s'ouvrirent à nouveau, elle constata sans émotion que le paysage avait laissé place à un salon. L'homme qui la portait la posa délicatement sur un sofa.
Puis une dame s'approcha lentement. Elle la regarda longuement puis voulu lui faire boire quelque chose. Surement une potion. NON il ne fallait pas. Jamais ! Ne jamais boire de potion. Katline protesta autant qu'elle le pu. Elle tenta de forcer son esprit à revenir dans son corps. Le peu de conscience qui lui restait lui hurlait de ne pas boire. Surtout pas. Elle n'en connaissait que trop bien les conséquences.
- Non Poppy ! Elle ne doit pas boire de potion. Son organisme ne le supporte pas. Elle va se remettre... seule... Comme toujours.
La voix encore. Celle qui l'a aidé. Elle connait cette voix depuis longtemps maintenant. Elle sait qu'elle peut lui faire confiance. La prise sur elle se relâche et la femme s'éloigne doucement. La voix se rapproche.
- Dors mon enfant. Tu es en sécurité maintenant.
Son corps obéît, s'alourdit et tout devint noir.
§§§§§§§
katline se réveilla lentement. Elle avait chaud. Elle devait être dans son lit à l'hôpital. Un fin sourire éclaira son visage en pensant à la journée de travail qui l'attendait. Et aux enfants... les enfants !
Elle ouvrit brusquement les yeux. Elle n'était pas dans sa chambre mais couchée dans un lit inconnu. Ses yeux se remplirent de larmes de tristesse alors que les souvenirs qu'elle avait enfouis la vieille revenaient en force. Les mangemorts, les cris, la course, les sors et l'attente interminable. Elle avait entendu les hurlements pendant ce qui lui avait paru être des heures.
Il l'avait retrouvé. Ce fou furieux savait qu'elle était vivante. Le mangemort le lui avait dit. "tu n'es pas celle qu'on cherche". Elle ne devait sa survie qu'à ses maigres talent de comédienne. Mais les enfants? Personne ne les avaient sauvé. Peut être qu'un ou deux avait réussi à s'échapper? Mais les autres? Ces petits anges innocents? Malades et infirmes pour la plupart, ils avaient déjà tant soufferts durant de leur courte vie. Ils ne méritaient pas d'être abattus comme des animaux par ces monstres. La tristesse et la colère se disputaient en elle et elle sentait qu'elle n'allait pas tarder à craquer.
- Doucement katline. Tu es en sécurité.
La jeune femme releva la tête et tomba directement dans le regard apaisant d'Albus Dumbledore. Il était là. Elle n'avait donc pas rêvé. Il était venu la sauver. Encore.
Peut être un miracle avait-il eu lieu. Peut-être avait-il également secouru ses chers petits pensionnaires?
Comme s'il avait deviné ses pensées, le vieil homme tourna lentement la tête de gauche à droite l'air sombre. Il n'en fallut pas plus pour que Katline soit prise de lourds sanglots déchirants. Albus s'approcha et la sera fortement contre lui.
- Pleure mon petit. Pleure.
- Pourquoi? Lui demanda-t-elle la voix enrouée de tristesse et bien qu'elle sache que le vieil homme ne connaissait pas plus la réponse qu'elle. Pourquoi ça arrive toujours? Je... Je le hais tant.
- Je sais. Mais il paiera. De toute façon, maintenant qu'il sait que tu es en vie, il ne s'arrêtera pas de te rechercher. Mais je te protègerai de lui. Je t'en fais le serment.
Ils restèrent de longues minutes ainsi, silencieux, se soutenant l'un l'autre. Puis, doucement, Katline releva la tête une lueur nouvelle dans le regard.
- Il va me le payer. Oh oui, il va me le payer cher. Je les vengerai tous.
A cet instant, Albus n'aurait pas souhaité être Voldemort. Grace à Katline, Harry Potter avait désormais une chance de vaincre le mage noir et son armée.
