Pardon.

- Scott -

3 jours avant le départ de Scott.

C'était mon anniversaire. C'était mon anniversaire et Peter avait apparemment oublié... ça faisait presque un an qu'on était ensemble, il avait pensé aux anniversaires de tout le monde, je suis sûr que si on lui demandait celui de la voisine, il le saurait ! Et pourtant, il n'y avait pas pensé au matin, ni à midi, ni tard le soir quand je revins enfin du boulot. Au contraire même, il dormait tranquillement. Il continuait sa petite vie tranquille alors qu'il avait oublié mon anniversaire ! Ça confirmait juste ce que j'avais toujours pensé, Peter me prenait pour un objet. Un petit truc décoratif. Un truc dont il pouvait se servir à l'occasion. C'est pour ça qu'il était capable de vivre avec moi. Je ne voyais que ça, sinon, je ne comprenais pas...

C'est ce que j'ai pensé sur le coup mais je me suis vite repris, ce n'était pas possible, Peter ne pouvait pas être aussi ignoble que ça, peut-être qu'il veut m'embêter et pour être sûr que ça me surprenne, il me le souhaitera demain... Au pire, il finira bien par s'en rappeler à un moment ou à un autre. Mais oui. C'est évident. C'est Peter après tout, rien ne devrait me surprendre venant de lui. Alors, je me montre patient. Un peu trop.

Trois jours passent, et j'essaie de garder mon calme que je perds finalement peu à peu. Il se montre toujours aussi condescendant avec moi alors qu'il a oublié... Il oublie mon existence sauf quand il s'agit de la rabaisser, c'est ça ? Il a décidé de me montrer à quel point il me méprise, à quel point je suis insignifiant à ces yeux, c'est ça le plan ?

« - J'en ai marre. » Il m'a regardé surpris, ne s'attendant apparemment pas à ce que je dise ça tout à coup.

« - Quoi ?

- J'en ai marre que tu me traites comme ça.

- Et je te traite comment ?

- Comme un idiot et un chien que tu te permets d'éduquer, et encore, je ne suis pas sûr que tu m'aimes.

- Hé bien ça ne tient qu'à toi que ça change, je ne te traiterais pas comme ça si tu ne l'étais pas, ce n'est quand même pas ma faute si tu resteras toujours un bêta raté ! »

Silence. Gros silence. Tout était clair à présent, au moins. Il ne me traitait pas juste comme ça, il me considérait comme ça. Mais je réprimais ma peine, cette fois. Je ne lui montrerais pas mes larmes. Ni ma douleur ou ma peine. Je me suis contenté de prendre un sac, quelques affaires, et je suis partis. Il n'a pas esquisser le moindre geste pour me retenir, et pourtant, il voyait bien que je partais. Pour de vrai.

Je ne sais même pas comment j'ai réussi à tenir jusque chez Stiles. Ce n'était pas comme les autres fois où il m'avait fais pleurer, c'était différent cette fois. Comme dans un état de catatonie. Je me souviens de Stiles, inquiet en me voyant, j'imagine à peine la tête que je devais faire, il m'avait demandé ce qui m'arrivait, et tout un tas d'autres questions, et tout ce que j'avais réussi à bredouiller c'est que je m'étais disputé avec Peter. Il voyait bien que j'allais pire que pas bien, c'est comme si j'étais... Fracasser, je n'ai pas de meilleur mot.

Même par la suite, je n'ai pas pleuré. Je ne pouvais pas. Plus rien ne m'atteignait et c'est comme si j'étais dans un monde, ailleurs. Je ne faisais plus partis de la réalité. Les jours s'écoulaient sans même que je m'en rende compte, je ne faisais rien, j'étais dans le lit de la chambre d'ami et j'attendais simplement que le temps passe en observant dehors. Je n'espérais rien. Je ne me faisais plus d'illusion. C'était terminé. Tout était terminé. Je mangeais à peine, ce qui inquiétait Derek et Stiles, on n'avait jamais vu un loup-garou mourir de faim mais sait-on jamais... Mon meilleur ami ne m'a pas dis qu'il m'avait prévenu, qu'il savait que ça finirait comme ça, mais il devait le penser très fort. Il a essayé de prendre soin de moi, du mieux qu'il le pouvait, on a eu une longue conversation où je lui ai enfin raconté ce qui s'était passé...

Puis, finalement, il a dû penser que la seule façon que j'aille mieux c'était d'appeler Peter, il ne m'en a pas parlé mais c'est ce qu'il a fais. Pendant que je dormais et rêvais du Peter de mes rêves. Celui qui prenait vraiment soin de moi. Celui qui tenait à moi. Il m'enlaçait tendrement et je pouvais sentir sa joue contre la mienne. C'était agréable. Réconfortant.

« - Tu pourrais être avec le vrai Peter...

- Non... Je crois que ça n'arrivera plus... Il ne se donnera jamais la peine de me courir après...

- Ha ça, qui sait, j'ai toujours été surprenant, non ?

- J'aimerais que tu ais raison, vraiment...

- Je ne pourrais jamais apaiser ta douleur.

- Ne dis pas ça, s'il te plait...

- C'est la vérité, tu le sais. Il est là, il est venu te chercher. Réveille-toi.

- Non, je ne veux pas... »

Trop tard, j'ouvris finalement les yeux. Enfin, j'ai eu un doute sur le coup vu que je retombais sur le visage de Peter...

« - Bonjour, Scott. » Ha bas non, c'était bien Peter en chair et en os apparemment, mais c'était vraiment rare qu'il m'appelle par mon prénom. Je l'observais avec des yeux ronds tout en me redressant, mon cœur battant déjà à tout rompre.

« - Qu'est-ce que tu fais là... ?

- Je suis venu te chercher, ça me paraît évident. » Voyant que je gardais le silence, parce que l'information refusait d'aller jusqu'à mon cerveau, il reprit. « - Je veux bien admettre, que pour cette fois, c'est peut-être un peu ma faute... »

De... Hein ? Quoi ? Naaaan... Je dois être toujours en train de rêver, ce n'est pas possible autrement. Sinon comment expliquer que Peter Hale est venu me chercher et qu'il tente de faire, ce qu'il me semble être, des excuses ? Alors que je clignais des yeux, encore sous le choc de ce qui se passait sous mes yeux, il me tendit finalement une petite boite, où je posais mon regard, perplexe.

« - C'est ton cadeau d'anniversaire. Je l'avais déjà acheté avant, mais je sais pas comment, j'ai oublié... Je ne l'ai vraiment pas fais exprès. »

Je le regardais à nouveau, il avait une expression que je ne lui connaissais pas... Il semblait... Inquiet, voilà. Peter était toujours sûr habituellement. Mais pas là. J'ouvris finalement la petite boite pour y découvrir une chaîne, avec en pendentif une moitié de cœur, le tout en or, je la pris doucement pour la faire glisser entre mes doigts, et je découvrais même qu'il y avait une date inscrite dessus.

« - Comme je ne savais pas quand est-ce qu'on pouvait considérer que nous avions été en couple, j'ai mis la date de notre rencontre. Tu sais, la nuit dans les bois, alors que je t'ai agressé sauvagement pour te transformer... Follement romantique, n'est-ce pas ? »

Il essayait de faire de l'humour, mais je n'avais franchement pas de mots, tout ceci me paraissait tellement irréel, et en même temps, je me sentais tellement heureux... Peter avait pensé à moi. Bien plus que je ne pouvais l'imaginer. Il se rappelait même la date de notre rencontre alors que moi, pas du tout... Il prit la chaîne dans ma main et me l'accrocha autour du cou. Je savais ce que ça signifiait. « Tu m'appartiens ». Il n'avait pas besoin de le dire. Mais une question se posait... Je tendis la main pour découvrir le début de son cou et voir qu'effectivement, il avait bien l'autre partie. Il m'appartenait en retour. Je l'attirais alors à moi pour l'embrasser. Qu'est-ce qu'il m'avait manqué... Qu'est-ce qu'il pouvait me rendre heureux à cet instant... Je sais que ça n'arrivera certainement pas souvent, que c'est Peter et qu'à la première occasion il va recommencer à se comporter comme il l'a toujours fais. On s'engueulera peut-être même à nouveau. Mais je pourrais me souvenir de ce moment. Et ça suffira.

« - J'ai le droit de te traiter d'imbécile ? » Peter fit une petite moue.

« - Juste cette fois alors.

- Tu es vraiment un imbécile, juste cette fois. »

Il esquissa un sourire et me plaqua doucement contre le lit en se remettant à m'embrasser. Je passais mes bras autour de ses épaules, profitant de ce moment fort plaisant. Et le mot était faible. Je ne m'étais jamais sentis aussi bien de toute ma vie.

« - Je t'aime, Peter, ne me refais plus jamais un coup pareil...

- Non, toi, ne me refais plus jamais ça, je dépéris sans mon Scott pour prendre soin de moi. » Voyant mon air surpris face à cette déclaration, parce qu'il fallait bien avouer que les mots d'amour ce n'était pas son fort, il fit une petite grimace. « - On m'a demandé d'être gentil, alors...

- Peter... Tu sais bien que je ne te jugerais pas, non ? Tu as toujours été quelqu'un de mystérieux qui prenait tout en dérision, mais ça me ferait plaisir de savoir, en toute honnêteté, ce que tu penses vraiment... Je t'assure que ça ne gâchera rien à ton charme.

- Bon, juste aujourd'hui, je vais faire un effort... Je sais que je ne suis pas tendre avec toi et que n'importe qui d'autre aurait déjà pris ses jambes à son cou, ce qui serait normal. Alors, c'est vrai, je te traite comme un idiot à cause de ton côté gentil et naïf, mais en réalité, je trouve ça adorable. Ça me rappelle que moi aussi j'ai été plus humain autrefois. Je n'ai jamais été un grand sentimental, alors si tu ne l'étais pas pour deux, ça ne tiendrait pas, nous deux... »

Peter se confiait enfin à moi, après tout ce temps. C'était agréable, et tout ce que je voulais. Il me faisait enfin assez confiance pour s'ouvrir à moi. Je ne pense pas que comme il le dit, il n'est pas un grand sentimental, je pense juste qu'il ne le montre pas. Il ne s'en rend peut-être pas compte lui-même, mais il a sûrement peur de faire confiance et être trahis à nouveau. Blessé, au plus profond de son âme. Il ne veut plus être faible, plus jamais, il se doit d'être fort en toute circonstance pour ne pas répéter les mêmes erreurs... Je me sers davantage contre lui et l'embrasse tendrement. Je me sens comblé. Je ne veux plus le quitter. Plus jamais. Je ne peux pas vivre sans lui.

« - Ne pleure pas, Stiles va m'en vouloir... » Me murmure-t-il en balayant la perle salée de son pouce, m'embrassant à nouveau.